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La lumière de la nuit – HIGASHINO Keigo

L’action se déroule sur deux décennies depuis le meurtre initiale jusqu’au dénouement de l’histoire.

Nous suivons ainsi les personnages principaux, même si certains jouent à cache-cache. Un, en particulier, qui trempe dans des affaires louches de copies de jeux vidéos (le premier Mario Bross) puis de piratage informatique.

L’enquêteur Sasagaki ne lâche pas l’affaire, même en retraite. Grâce à lui, nous découvrirons le fin mot de l’histoire.

Et puis il y a la mystérieuse et envoûtante Yukiho, d’abord petite fille puis femme d’affaire accomplie. Toutefois, autour d’elle, il arrive de drôles de choses à ses rivales.

Pas de sang, pas de violence, mais une bien sombre histoire de moeurs.

Monsieur Higashino, merci beaucoup pour vos histoires. Depuis Un café maison, je ne me lasse pas de vos polars.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tunnel du temps par lequel les enfants sont passés pour découvrir le premier mort sur leur air de jeux.

Actes Sud, Actes noirs, mai 2015, 669 pages

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Chanson douce – Leïla SLIMANI

Pas de mystère, on sait dès les premières lignes que la nounou a tué les enfants. Reste à découvrir, au long des 180 pages comment et pourquoi le drame se met en place.

Un coup moderne parisien : monsieur n’a pas d’horaire et madame, qui recommence à travailler, privilégie sa carrière.

Et puis la nounou est efficace : elle récure tout du sol au plafond, mitonne des petits plats, et les enfants l’adorent.

Mais petit à petit, la nounou installe son emprise sur l’appartement. Le couple s’en rend compte, mais leur tranquillité d’esprit et leur confort de vie ont raison de leur méfiance.

Et puis, au fil des chapitres, on découvre le passé de la nounou, à peine brossé, mais très révélateur.

Le style est sec et sans fioritures, et la psychologie à peine esquissée. Je ne peux donc pas dire que ce Prix Goncourt me restera en mémoire pour sa langue et son histoire.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures de la nounou, qu’elle astique consciencieusement.

Lu sur Liselotte

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La baleine thébaïde – Pierre RAUFAST

Thébaïde ? Vous avez dit thébaïde ?

Cette baleine ne serait-elle pas plutôt endémique ?

Trêve de perlocutions, car ce roman n’est pas verbeux.

Encore une fois, j’ai aimé les histoires racontées dans ce roman : l’aventure du baleinier et de ses hommes ; la start-up de Richeville (est-ce son prénom ?) ; son histoire d’amour avec la libraire et son Front de Libération des Crabes.

J’ai aimé les baleines high-tech à la façon des Nabaztag (le nôtre trône toujours sur le frigo, inactif).

Des clins d’oeil à ses précédents romans, que j’ai attendu, cherché et trouvé.

Bref, une belle après-midi de lecture.

Ecrivez-nous encore des histoires, Monsieur Raufast, j’adore voyager avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la baleine jouet high-tech que toute la Californie a dans sa piscine. Je ne regarderai plus un jouet de façon innocente, maintenant.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 218 pages

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Dans les prairies étoilées – Marie-Sabine ROGER

Encore une belle galerie de personnages dans ce nouveau roman de Marie-Sabine Roger.

J’ai aimé découvrir Prune l’originale qui invente des noms charmants aux objets de brocante qu’elle tente de vendre.

J’ai aimé le dessinateur de BD et accessoirement de bestiaire si peu sûr de lui.

Leurs deux chats si opposés : l’un est une carpette qui ronronne, l’autre ne cherche qu’à griffer.

J’ai aimé leur maison à retaper sans eau chaude.

J’ai aimé l’amitié avec Laurent, qui décède. Laurent qui a une passion pour les whiskies.

J’ai aimé l’Oncle et la Tante Foune qui n’en fait qu’à sa tête.

Et bien sûr, Marie-Sabine Roger nous parle d’amour.

Comme le narrateur, j’ai regretté que ce livre se finisse trop vite, je serai bien resté encore un peu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Tante Foune et du Cousin Matthias fouillant l’appartement de Laurent à la recherche d’un testament qu’ils ne respecteront pas.

Rouergue, 4 mai 2016, 256 pages

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La doublure – Meg WOLITZER

Ce roman pourrait être un roman sur le difficile métier d’écrivain, ou plutôt de femme d’écrivains.

Mais il est, pour moi, un roman sur le couple.

La narratrice accompagne son mari pour la remise de son Prix à Helsinki récompensant l’ensemble de son oeuvre littéraire. Dans l’avion, puis lors de la remise du Prix et de la réception, elle nous raconte sa rencontre avec ce professeur de littérature qui deviendra son mari.

Elle nous parle de ses choix de femme : élever ses enfants, accompagner son mari (même dans ses démarches les plus extravagantes pour ses recherches littéraires).

Mais, au fil des pages, et en regardant le titre, on se doute que Joan ne nous dit pas toute la vérité sur les vrais rapports dans son couple.

J’ai aimé retrouver le récipient en verre plein de bonbons à la menthe ; les livres jamais lus qui se retrouvent chez le bouquiniste.

J’ai moins goûté la présence des noix et autres noisettes que Joe mange à tout bout de champ.

L’image que je retiendrai :

Celle de Joan demandant à la reine de Finlande si elle aime sa vie….

Mercis à Kathel, Clara et Cathulu pour cette idée de lecture.

Rue Fromentin Editions, 21 janvier 2016, 250 pages

 

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Un enfant plein d’angoisse et très sage – Stéphane HOFFMANN

Pauvre petit garçon dans son pensionnat en Suisse, qui doit passer ses vacances chez sa grand-mère à Chamonix, car sa maman ne peut l’accueillir pendant les vacances.

Une maman à la carrière prometteuse, patronne d’une entreprise de BTP, nommée depuis peu chef du Syndicat des entrepreneurs, et peut-être futur ministre.

Son père ? Il ne l’a jamais rencontré. Ce lord anglais cultive l’art du fare-niente.

Quant à sa grand-mère qui le recueil à chaque vacances, son passé de chanteuse est bien mystérieux.

Ajoutez à cette galerie de personnages le chien Jojo qui suit le garçon partout ; une blonde dont on ne sait qui elle est vraiment (une psychologue ?) ; un manager qui veut absolument faire revenir la grand-mère sous les feux de la rampe.

L’auteur croque un monde d’adultes pitoyable avec humour.

L’image que je retiendrai :

Celle de la virée en voiture du garçon avec son père en Italie, avec un aller-retour à Monaco.

Albin Michel, 17 août 2016, 263 pages

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Arrêt non demandé – Arnaud MODAT

Nouvelles ? Roman à six portes ? Comment savoir ?

L’auteur ne manque pas d’humour et croque ses personnages avec talent. J’ai beaucoup ri et souri à la lecture des premières histoires.

L’avant-dernière, plus grave, m’a mis mal à l’aise.

Les titres posent question d’entrée de lecture : La dernière nuit du hibou ; La fourchette à poisson.

On sent l’attachement de l’auteur à la ville de Strasbourg (ville que j’aime beaucoup par ailleurs).

Du léger, du plus grave, ne passez pas à côté de ce livre.

L’image que je retiendrai :

La liste des remerciements en fin de volume est fort drôle aussi.

Sur les conseils judicieux de Yv.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 144 pages

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De nos frères blessés – Joseph ANDRAS

Actes Sud Editions, 11 mai 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Alger, 1956. Jeune ouvrier communiste anticolonialiste rallié au FLN, Fernand Iveton a déposé dans son usine une bombe qui n’a jamais explosée. Pour cet acte symbolique sans victime, il est exécuté le 11 février 1957, et restera dans l’Histoire comme le seul Européen guillotiné de la guerre d’Algérie. Ce roman brûlant d’admiration, tendu par la nécessité de la justice et cinglant comme une sentence, lui rend hommage.

Mon avis :

Le roman commence fort : arrestation, torture, Fernand subit les pires outrages de la part de l’armée française.

Puis le roman alterne entre le récit de la rencontre entre Fernand et Hélène, comme une respiration, et l’emprisonnement de Fernand et son procès.

Le parti communiste reste étrangement muet ; les avocats de Fernand ont même audience chez le Président Coty ; Fernand répète qu’il ne voulait blesser personne avec ses bombes qui ne devaient que détruire du matériel ; ses bombes n’ont même pas explosé ; mais rien n’y fait.

Une citation en début de roman nous apprend que le destin tragique de Fernand Iveton est resté comme une blessure dans la vie de François Mitterand.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Hélène se démenant pour rendre visite à Fernand à la prison, forçant l’admiration du directeur.

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La couleur des âmes mortes – Gilles CAILLOT

Editions du Caïman, 22 septembre 2015, 550 pages

Présentation de l’éditeur :

Jusqu’où pouvons-nous aller pour satisfaire notre soif de vengeance ? Jusqu’à la perversion de notre propre âme ? Jusqu’à l’affadissement de nos convictions les plus profondes ? Tout est possible, d’autant plus que la douleur décuple les ressentis, exacerbe les passions, allant jusqu’à travestir nos propres croyances et interdits. Si vous aviez le destin du meurtrier de votre fille entre les mains, que feriez-vous ? Moi, je le sais…

Mon avis :

Quel roman fort ! Quelle descente aux enfers vivent les personnages.

Des parents à priori comme tout le monde perdent leur fille, tuée par un pédophile. Mais le mari découvre qui est le coupable et décide de se faire vengeance lui-même. Mais sa femme découvre l’homme retenu dans la cave, et l’enfer s’ouvre pour elle aussi.

Sans oublier un amant machiavélique qui tire les ficelles en arrière-plan.

Certains personnages sont un peu caricaturaux (les deux enquêteurs sont brossés à gros traits), mais ce n’est pas le plus important.

Certains passages sont un peu longs et n’apportent pas grand chose à l’histoire, mais le suspens ne faiblit pas.

Une lecture passionnante.

L’image que je retiendrai :

Celle du bracelet électronique du pédophile resté chez lui, alors qu’il est enfermé dans la cave des parents.

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Evaporé – Anne-Solen KERBRAT

Edition du Palemon, 7 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Pierre Alleux, courtier en assurances, doit se rendre à Bruxelles pour négocier un gros contrat. Il n’y arrivera jamais. Il disparaît des écrans radars avant d’attraper son train. Inquiète de son silence, son épouse s’en ouvre aux forces de l’ordre. Mais elle n’est pas la seule à s’interroger sur cette « évaporation » soudaine. Pierre avait une existence moins lisse qu’il n’y paraissait…

Mon avis :

Qui est vraiment Pierre Alleux ? Le doute plane lors de son « évaporation » dans la nature.

Qui lui en veut vraiment ? Menait-il une double vie ?

Un roman plein de suspens du début à la fin.

Je n’avais pas forcément fait le rapprochement avec les évaporés japonais, ces adultes qui disparaissent un jour, sans que jamais personne ne les retrouve. L’auteure place son action en France, et finalement, ça fonctionne plutôt bien.

Je rejoins toutefois l’Oncle Paul et son bémol sur la fin du roman : un peu rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle du quai de la gare où tout se joue.

Je remercie Babelio et les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Le chat du rabbin Tomes 4 – 5 et 6 – Joann SFAR

Dargaud, de 2005 à 2015

Présentation de l’éditeur :

Tome 4 : Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

Tome 5 : Alors que Zlabya s’ennuie au côté de son époux, le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l’Afrique pour retrouver la douzième tribu d’Israël. Cinquième tome du best seller de Joann Sfar, Jérusalem d’Afrique est un éblouissant voyage dans une Afrique sublimée, croisement improbable sur plus de 80 pages entre Tintin au Congo et les chefs-d’oeuvre d’Albert Cohen. Et en plus le chat reparle.

Tome 6 : Le Chat est désespéré : sa maîtresse, Zlabya, est enceinte… Que va-t-il se passer ? S’intéressera-t-elle encore à lui ? Pourra-t-il encore être caressé, pourra-t-il la voir quand il le voudra ? Quelle sera sa place ? Ne devrait-il pas partir et chercher une autre maison ?

Mon avis :

J’ai aimé le Tome 4, et les histoires du Malka des lions : quelle imagination !

J’ai moins goûté le tome 5 et la quête de la Jérusalem d’Afrique noire. Mais le clin d’oeil à Tintin m’a fait sourire.

Des trois, j’ai préféré le tome 6, plus philosophico-religieux, à l’image du premier tome.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du mari de Zlabya, tout deux exclus lors de l’arrivée du bébé.

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L’insouciance – Karine TUIL

Gallimard, 18 août 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

En 2009, de retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes au cours d’une embuscade tendue par les talibans, le lieutenant Romain Roller souffre d’un syndrome de stress post-traumatique. Durant le sas de fin de mission qui a lieu sur l’île chypriote de Paphos, il a une liaison passionnée avec une jeune journaliste et romancière, Marion Decker. Il revoit également Osman Diboula, un ancien éducateur social, fils d’immigrés ivoiriens, qu’il a connu pendant son enfance à Clichy-sous-Bois, et devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité montante de la vie politique française.

Le retour en France de Roller auprès de sa femme et de son fils se passe mal. Seule sa liaison avec Marion Decker parvient à le sortir de sa torpeur, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’elle est mariée à l’un des plus grands chefs d’entreprise français, le flamboyant François Vély, fils d’un ancien ministre juif ayant participé à la résistance dans le maquis de l’Yonne. Grand patron de presse, François Vély est un homme d’influence. Mais à la veille d’une importante fusion avec une société américaine, il pose pour un magazine sur une oeuvre d’art représentant une femme noire et il est accusé de racisme. Son empire est ébranlé par ce scandale, qui inonde les réseaux sociaux. Osman Diboula va prendre sa défense, bien qu’il soit lui-même récemment tombé en disgrâce aux yeux du Président de la république, qui l’a écarté brutalement de ses proches conseillers. Le destin de ces trois hommes se trouve alors inextricablement lié…

Mon avis :

Une grande fresque, passionnante, où les personnages se croisent et se recroisent.

Je les ai aimés, tous, dans leurs différences, leurs petites lâchetés  et leurs conflits.

Ils ont pourtant des postes clés, mais une inattention va les précipiter dans un avenir incertain.

Les scènes d’amour sont passionnelles, comme si les seuls points d’encrage des personnages étaient ces moments de corps à corps passionnels.

Il y est question de la guerre en Irak où personne ne fait confiance à personne ; du racisme anti-noir et anti-juif, ainsi que du cyber-harcèlement ; du retour des ultras religieux.

Les personnages grandissent dans la douleur : oui, le temps de l’insouciance est fini pour eux.

L’auteure termine toutefois son roman sur une note optimiste : c’est grâce à la famille que nous pouvons surmonter les épreuves.

L’image que je retiendrai :

Celle du Grand Cercle dans lequel rêve d’entrer Osman.

Quelques citations :

« – Les blessures d’humiliation sont les pires, rétorqua son père. Pourtant, on n’en meurt pas. Regarde-moi, je suis toujours là… » (p.218)

« On voit mieux certains choses avec des yeux qui ont pleuré. » (p.219)

« Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » (p.307)

« Peut-être qu’il ne faut pas chercher à être heureux mais seulement à rendre la vie supportable. » (p.509)

Merci Eve pour ce très bon conseil de lecture.

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Le sanglier – Myriam CHIROUSSE

Buchet Chastel, 25 août 2016, 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Christian et Carole vivent dans une vieille bicoque délabrée et isolée. Une fois par mois, ces néo-ruraux, vivant « loin de tout » sur le Plateau, prennent la voiture pour faire leurs courses dans la zone commerciale la plus proche.

A partir d’un rien, ce jour-là, tout part de travers. De la maison au centre commercial, avec des haltes dans un restaurant chinois et chez la grand-mère, puis une expédition nocturne finale vers un distributeur automatique, Carole et Christian traversent les orages et les affres d’une odyssée ordinaire, sans grandeur ni victoire.

Pour qui sait regarder, au cours d’une journée de ce genre, il se passe mille choses qui en disent long sur nos vies : des instants de rien du tout, presque des flashs, mais qui contiennent nos fêlures toutes entières. Ce qui nous hante nous accompagne toujours.

Mon avis :

Ces petits riens qui font la vie de tous les jours : les courses aux enseignes et à la mise en scène prometteuses ; les publicités des banques ; les restaurants chinois qui proposent tous les mêmes plats….

Tout est uniforme dans cette ville qui ressemble à tant d’autres.

Mais les personnages, eux, ont du caractère : lui est un taiseux, elle un peu tête en l’air.

Une lecture belle et pas déprimante sur la ville qui nous entoure et où l’animalité a disparu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la dentition de Christian, en référence au titre du roman.

Merci Antigone pour cette très belle idée de lecture.

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La disparition de Jim Sullivan – Tanguy VIEL

Minuit, 3 janvier 2017, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Du jour où j’ai décidé d’écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s’appellerait Dwayne Koster, qu’il enseignerait à l’université, qu’il aurait cinquante ans, qu’il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu’il détestait.

Mon avis :

Comment vous parler de ce livre ?

Je vais plutôt vous parler de ma lecture : l’auteur est malicieux, qui place des références et des bons mots qui font forcément sourire son lecteur (dont moi).

L’auteur nous présente le roman américain qu’il veut écrire : le choix des noms des personnages, des lieux, du déroulé de l’intrigue, tout en restant très français dans sa démarche.

Et au fait, Jim Sullivan, dans tout ça ? Je ne vous en dis pas plus.

Une histoire intelligente qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Je ne peux que vous inciter, si ce n’est déjà fait, à lire cet OLNI.

L’image que je retiendrai :

Celle des antiquités dans le coffre de Dwayne, qui vont servir à financer la prochaine campagne électorale de l’ancien président des Etats-Unis.

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Euphoria de Kusmi Tea

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Euphoria est une heureuse association de maté grillé aromatisé chocolat et orange. Plante tonique, le maté est consommé depuis des millénaires par les indiens du Brésil et du Paraguay. Le chocolat est quant à lui LE remède instantané, qui apporte joie et bonheur. Fruit du soleil par excellence, l’orange parfait la recette, pour un goût chaleureux et réconfortant.

L’alliance du maté, du chocolat et de l’orange fait d’Euphoria la boisson idéale pour faire le plein de bonne humeur. Les gourmands et gourmandes qui aiment le chocolat pour son goût mais aussi et surtout pour le plaisir qu’il apporte peuvent désormais craquer à volonté, sans culpabilité.
Un mélange gourmand pour un moment de plaisir…

Se déguste idéalement l’après-midi
Saveur : Chocolat et orange

Mon avis :

Découvert dernièrement chez cette grande et ancienne maison de thés, c’est un thé dont je ne me lasse pas en rentrant du travail, avec son petit goût de chocolat qui m’évite de croquer dans la tablette….

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La fille dans le brouillard – Donato CARRISI

Calmann-Lévy, 31 août 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé le premier roman de l’auteur : Le chuchoteur, beaucoup moins la suite, et je dois avouer que je l’avais un peu abandonné. Mais toutes les critiques sont dithyrambiques concernant ce dernier roman, alors, je me jette à l’eau.

Et je dois avouer que j’ai aimé me rendre dans cette petite ville italienne un peu particulière avec sa Communauté.

J’ai aimé le personnage de Vogel si sûr de lui, dont on découvre, petit à petit, le passé professionnel trouble.

Et puis l’accusé semble si innocent….

J’ai aimé le jeu avec les médias qui font feu de tout bois.

Sans oublier le psy à qui Vogel se confie.

Tous les personnages ont leu importance, mais le plus important de tous reste l’absente, celle qui a disparu.

L’image que je retiendrai :

Celle du brouillard qui enveloppe cette petite ville italienne pas si paisible.

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Radeau – Antoine CHOPLIN

La fosse aux ours, 27 août 2003, 134 pages

Présentation de l’éditeur :

En pleine débâcle, Louis, au volant d’un camion, fuit devant l’arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu’il faut mettre à l’abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan  » Hirondelle  » sont strictes. Il ne doit pas s’arrêter. Et pourtant..

Mon avis :

J’ai toujours un peu de mal avec le style sec de l’auteur en commençant la lecture d’un de ses livres. Mais, petit à petit, le charme agit.

D’autant plus dans ce roman où les personnages sont rudes et usent de peu de mots.

Pourtant, ils sont solidaires, ceux qui peuplent ces pages ; ils aiment boire et manger et profiter de la vie. En pleine guerre, ce n’est pas toujours facile.

On devine les caractères au travers d’attitudes et de répliques. Tout est toujours esquissé.

En contraste avec le fameux tableau du Radeau de la Méduse, qui donne à voir les corps dans une mise en scène sombre.

Encore une fois, je me suis émue avec les mots de M. Choplin.

L’image que je retiendrai :

Celle des habitants disparates du château devant les toiles sorties sur l’herbe pour qu’elles prennent l’air.

Une citation :

« Alors la faim l’emportera sur le chagrin ! » (p.112)

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Le dimanche des mères – Graham SWIFT

Gallimard, 12 janvier 2017, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche.

Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désoeuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie.

Mon avis :

Avec ce court roman, je découvre la plume de l’auteur. Une plume envoûtante, toute en redites, sachant créer une ambiance particulière pour décrire cette journée que l’on croirait estivale.

Oui, l’auteur  » dépeint avec sensualité et subtilité une aristocratie déclinante, qui porte les stigmates de la Première Guerre – les fils ont disparu, les voitures ont remplacé les chevaux, la domesticité s’est réduite… « .

Oui, l’auteur « célèbre le plaisir de la lecture et l’art de l’écriture. »

Mais ce roman restera avant tout pour moi le roman d’un amour interdit et secret, un attachement trop vite rompu par le décès de l’amant.

De très belles pages sur après l’amour, avant le départ de chacun, quand, dans le lit, on grappille encore un peu de la présence de l’autre.

Et puis Graham Swift pose une question : l’oeuvre d’un auteur ne tourne-t-il pas toujours autour du même acte fondateur, qu’il ne peut révéler ?

Un très beau roman que j’ai quitté à regrets.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tâche sur les draps du lit de Paul, symbole de leur amour mais aussi de la condition de chacun.

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Un jour on fera l’amour – Isabelle DESESQUELLES

Belfond, 12 janvier 2017, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle, c’est Rosalie Sauvage. Lui, Alexandre.
Ils se rencontrent et aussitôt se perdent.
Ils sont aussi semblables qu’ils diffèrent l’un de l’autre et n’ont que vingt-quatre heures pour se retrouver. Après quoi la possibilité du bonheur sera à jamais derrière eux.
Ils sont leur première et dernière chance d’aimer.

Mon avis :

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé Les âmes et les enfants d’abord, un texte fort et engagé. Ce roman-ci est différent, bien que l’on y retrouve le style si particulier d’Isabelle Desesquelles.

Avant de le commencer, je me disais : « encore un roman sur l’amour, bof.« 

Mais ce livre est plus que cela. C’est un livre qui nous parles des amours : l’amour difficile entre une mère et sa fille ; l’amour inconditionnel d’un père pour son fils ; l’amour dans un couple où arrive un enfant ; l’amour adultère impossible ; et bien sûr, l’amour coup de foudre.

Si le triangle amoureux ne m’a pas franchement parlé, j’ai beaucoup aimé l’analyse qu’en fait l’auteure.

Quel bel amour que celui du père d’Alexandre pour son fils : il lui a offert en plus l’amour du cinéma.

Quel magnifique coup de foudre improbable entre Rosalie et Alexandre, qui se croisent et se recroisent tout en se cherchant, mais sans jamais se rencontrer.

Faire l’amour n’est au fond pas si important ; le vivre est en revanche vital.

L’image que je retiendrai :

Celle du nom du cinéma du père d’Alexandre : le Rosebud.

Je remercie les Editions Belfond pour l’envoi de ce très beau roman d’une auteure que j’apprécie.

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Extermination des cloportes – Philippe SEGUR

Bouchet-Chastel, 3 janvier 2017, 285 pages

Présentation de l’éditeur :

En dehors de sa passion pour sa femme Betty, Don Dechine a un but dans la vie : écrire. Seulement voilà, pas facile d’écrire un roman fracassant quand on est prof de lycée et qu’après les avanies de la journée, il faut encore affronter un voisin pas content, les tracas de la copropriété, le harcèlement fiscal et les PV pour stationnement interdit. Rien de plus normal, pour se détendre, que de consacrer ses soirées à l’intégrale des six saisons des Soprano. Sauf que ça n’aide pas non plus à trouver la fortune et la gloire littéraire. Il y aurait bien une solution : tout plaquer pour aller vivre à la campagne. Comme l’explique Don Dechine, il n’y a que dans la nature qu’on peut valablement produire un chef-d’oeuvre. Armés d’une confiance et d’un humour à toute épreuve, Betty et lui vont donc se lancer dans la quête de la maison idéale, tenter de se débarrasser d’un appartement invendable et se perdre dans un monde inconnu et atroce : la jungle impitoyable de l’immobilier. Une sacrée aventure quand on est un futur génie de la littérature et qu’on se réveille un matin avec un cloporte dans l’oeil !

Mon avis :

J’aime bien procrastiner (le ménage peut attendre, et le repassage aussi, d’ailleurs, je ne le fais plus). Mais dans ce roman, le personnage principal a propulsé cette activité au rang de Grand Art.

Il échafaude pourtant des plans sur la comète pour enfin se mettre à écrire. Mais voilà : la réalité reprend le dessus, et puis Les Sopranos n’attendent pas.

J’ai trouvé ce roman plein d’humour et les situations bien vues.

Le personnage de Betty qui arrive toujours à ses fins tout en jouant les ingénues m’a plu ; sans oublier le voisin procédurier.

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture, malgré les cloportes dans l’oeil de Don.

L’image que je retiendrai :

Celle de leur salle de bain ravagée par un plombier pendant 3 semaines.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique, ainsi que les Editions bucher-chastel pour l’envoi de ce roman qui m’a fait passer un très bon moment.

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Fils du feu – Guy BOLEY

Grasset, 24 août 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ?

Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.

Mon avis :

J’ai trouvé que ce roman commençait poussivement : trop de comparaisons à des légendes, des dieux, des grands hommes.

Et puis vient l’épisode de la mort des grenouilles, et là, le texte prend son envol pour nous conter une perte douloureuse.

Un récit magnifique et touchant sur le deuil et notre rapport à la mort.

Car même si l’homme a domestiqué le feu, il n’a jamais réussi à domestiquer la mort.

L’image que je retiendrai :

Celle du linge lavé à la main, étendu sur des fils, et qui est inlassablement souillé par les vents noirs.

Une citation :

« La force de forger des armures pour protéger l’adulte, ce roitelet débonnaire sommeillant sous l’enfance.« 

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14 juillet – Eric VUILLARD

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Paris est désormais au peuple. Tout chaviré. Aiguisé. Se baignant aux fontaines. La nuit est tombée. De petits groupes marchent sur les barrières. Ce sont des bandes d’ouvriers, de menuisiers, de tailleurs, gens ordinaires, mais aussi des porte-faix, des sans-emplois, des argotiers, sortis tout droit de leur échoppe ou du port au Bled. Et dans la nuit de la grande ville, il y eut alors une étincelle, cri de mica. L’octroi fut incendié. Puis un autre. Encore un autre. Les barrières brûlaient. Ce qui brûle projette sur ce qui nous entoure un je-ne-sais-quoi de fascinant. On danse autour du monde qui se renverse, le regard se perd dans le feu. Nous sommes de la paille.

Mon avis :

Moi qui ai horreur des accumulations en littérature, on peut dire que j’ai été servi avec ce texte.

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à me passionner pour tel ou tel individu.

Oui, il y a un travail certain de recherche, mais la mise en forme m’a rebuté.

La fresque créée par l’auteur ne m’a pas parlé.

Tant pis pour moi.

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911 – Shannon BURKE

Lu sur mon Cabinet de Lectures Virtuelles

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’il devient ambulancier dans l’un des quartiers les plus difficiles de New York, Ollie Cross est loin d’imaginer qu’il vient d’entrer dans un monde fait d’horreur, de folie et de mort. Scènes de crime, blessures par balles, crises de manque, violences et détresses, le combat est permanent, l’enfer quotidien. Alors que tous ses collègues semblent au mieux résignés, au pire cyniques face à cette misère omniprésente, Ollie commet une erreur fatale : succomber à l’empathie, à la compassion, faire preuve d’humanité dans un univers inhumain et essayer, dans la mesure de ses moyens, d’aider les victimes auxquelles il a affaire. C’est le début d’une spirale infernale qui le conduira à un geste aux conséquences tragiques.

Mon avis :

Oui, il y a des villes dans le monde qui connaissent cette violence de tous les jours. L’auteur ne prend aucun gant pour nous en parler.

Faits après faits, jours après jours, son personnage se professionnalise puis apprend à connaître ses co-équipier. Mais il se rend également compte qu’il perd pied avec la réalité.

Deux drames successifs risquent de le faire basculer du côté obscur, comme certains de ses collègues.

Je n’ai pas compris tout de suite le rôle du texte en gras (je suis un  peu lente à la détente), mais j’ai fini par percevoir sa place dans le récit.

Une lecture et des personnages qui vous poursuivent longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette dame obèse emmenée nue aux urgences psychiatriques, et qui sort une salade de son sexe.

Merci Hélène pour cette très bonne idée de lecture.

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La danse des vivants – Antoine RAULT

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Eté 1918. Dans un hôpital militaire, un jeune homme se réveille amnésique. Il a tout oublié de son passé, jusqu’à son nom, mais parle aussi bien le français que l’allemand. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils lui donnent l’identité d’un mort allemand. Mais peut-on être un autre quand pour soi-même on est personne ?

Grande fresque historique et roman d’aventures captivant, où personnages imaginaires et réels se côtoient, La danse des vivants nous entraîne dans une épopée à travers l’Allemagne de Weimar. C’est toute l’Europe de l’entre-deux-guerres déchirée par la violence des nationalismes et des idéologies que nous dépeint l’auteur à travers ce héros sans mémoire. De surprises en surprises, une réflexion sur l’identité et le destin de l’homme emporté et bouleversé par la marche de l’Histoire.

Mon avis :

J’ai aimé suivre ce héros sans mémoire : qui est-il ? Il ne le saura jamais, le lecteur, si.

Comment va-t-il gérer cette double identité d’espion ? Ne va-t-il pas se dévoiler malgré lui ?

J’ai aimé également suivre l’après-guerre du côté français et allemand : la façon dont les hommes politiques ont géré la victoire ou la défaite vis-à-vis de l’opinion publique.

J’ai ainsi appris que les soldats allemands, après la démobilisation, sont partis directement se battre dans la Baltique contre les Bolchéviques.

On découvre Clemenceau dans ses tractations. Un roman riche historiquement et qui pose la question de la fin de la guerre et de l’identité.

L’image que je retiendrai :

Celle du traitement à l’électricité que subit Charles, censé faire retrouver la mémoire. Une torture avant l’heure (serions-nous, nous français, les spécialistes de la torture à l’électricité ?…..)

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Plumes… et emplumés – Gérard CHEVALIER

Editions du Palémon, 7 octobre 2016, 176 pages

Présentation de l’éditeur :

Catia, minette quimpéroise « surdouée », mène l’enquête en assistant son maître, journaliste d’investigation, dans ses recherches. Elle maîtrise le langage humain et emploie parfois des termes fleuris pour juger les comportements des « bipèdes ».

Mon avis :

Troisième volet des aventures de Catia (découverte de ce chat pour moi) dans lequel, jalouse de la naissance de la petite Rose, elle organise son propre enlèvement avec la complicité de ses « amis bipèdes ».

J’ai aimé retrouver certains comportements typiquement félins : s’endormir n’importe où, aimer se faire caresser.

En plus de pouvoir communiquer avec les bipèdes par le biais d’une tablette, cette chatte est aussi une vraie gourmette de bons petits plats mitonnés.

Mais quelle jalousie !

J’ai aimé le personnage de Môssieur le commissaire, même si il crie un peu trop à mon goût, ainsi que le policier à l’accueil, rugbyman un peu lent.

J’ai également appris plein de vocabulaire breton, l’auteur n’hésitant pas à en parsemer son texte, avec une traduction en bas de page.

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture félin.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chanson du SDF qui reste en tête longtemps après avoir fini le livre : Un clair de lune à Maubeuge….

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi des aventures de Catia.

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Vie et oeuvre de Constantin Eröd – Julien DONADILLE

Grasset, 13 janvier 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Yves Kerigny, jeune attaché culturel à l’ambassade de France à Rome au milieu des années 1990, fait la connaissance du prince héritier de Slovanie. Ce doux vieux monsieur, Constantin Erod, a avec lui des conversations charmantes, il est affable et attachant. A la suite des guerres yougoslaves. Constantin devient roi de Slovanie. Et c’est avec consternation qu’Yves découvre par les médias quel usage sanglant M. Erod fait de son pouvoir recouvré.

Quinze ans après ces événements, il est convoqué à l’ambassade de Slovanie à Paris pour y apprendre que son « ami » maintenant mort lui a légué un coffre. Que contient-il ? Qu’a été la vraie vie de Constantin Erod ? Celle d’un vieux monsieur exquis, ou celle d’un roi tyrannique ? Peut-on véritablement connaître les hommes ? Un roman tout en intrigues et en pièges, en sous-entendus et en mensonges, sur les postures et les impostures de la personnalité.

Mon avis :

Ce roman se déroule avec comme toile de fond la ville de Rome : le narrateur s’y promène souvent, nous faisant découvrir la ville et les saisons qui rythment sa vie. J’ai aimé ces promenades dans la ville éternelle.

Qui est vraiment Constantin ? Nous ne le saurons qu’à la toute fin du roman : ce fut une telle surprise !

Il est souvent fait référence à un poème de Gérard de Nerval. Constantin y glisse un document important.

Un roman que j’ai pris plaisir à lire, tentant de cerner le personnage du vieux monsieur érudit qui se prend d’amitié pour Yves.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bibliothèque personnelle de Constantin que Yves et sa collègue mettent plusieurs jours à vider.

Une citation :

« – Eh bien Michel-Ange, c’est pareil, la coupole de Saint-Pierre, c’est l’estocade qu’il porte à Rome et à l’architecture. Depuis, Rome n’est plus qu’un cadavre abandonné dans une arène, sanglant et putrescent. » L’image ne manquait pas de vérité. »

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L’arabe du futur 3 – Riad SATTOUF

Allary Editions, 6 octobre 2016, 160 pages

 

Présentation de l’éditeur :

Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

Mon avis :

J’ai moins goûté ce tome de l’enfance du petit Riad. Certes, le Noël en Syrie ne se déroule pas pour tout le monde pareil, et la vie est chère, mais j’ai trouvé que les personnages évoluaient peu.

On découvre la corruption jusque dans les copies universitaires. Ce qui prévoit un avenir difficile pour le pays.

Heureusement, la dernière page annonce un sacré rebondissement.

L’image que je retiendrai :

Celle du Goldorak géant que Riad réclame à corps et à cris pour Noël puis pour sa circoncision.

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L’extinction des cougars – Françoise LE MER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Nathalie Nicette, professeur de Lettres Classiques à Quimper, est une femme de quarante-sept ans, apparemment sans histoires. Veuve depuis trois années, elle vit seule, recevant de temps à autre la visite de ses deux grands enfants. Son existence, douillette mais morne, va basculer le jour où, par hasard, elle retrouve Crista, sa meilleure amie de lycée. Tout semble les séparer. Crista est délurée, joyeuse et décomplexée. Elle va entraîner une Nathalie étonnée par sa liberté de penser dans le monde festif de la nuit et l’initier aux réseaux sociaux. Mais dans l’ombre sévit un prédateur, déterminé à parvenir à ses fins, quitte au passage à se débarrasser de quelques victimes collatérales… Pourquoi la sage Nathalie intéresse-t-elle autant cette bête tapie, qui peut changer de profil autant qu’elle le veut ?

Mon avis :

Je découvre avec plaisir cette série des enquêtes de Le Gwen et Le Fur, même si ils n’apparaissent pas tout de suite dans le récit.

L’auteure préfère camper le personnage principal Nathalie, professeur de lettres classiques (excusez du peu) dans un grand établissement quimpérois. Et de nous dévoiler ainsi ce qu’il se passe dans une salle des profs : les rapports conflictuels entre les vieux-de-la-vieille et les frais-émoulus de la profession.

L’auteure, sous couvert de son personnage découvrant les réseaux sociaux, nous parle de leurs faces cachées et des précautions à prendre (très didactique, tout cela).

Enfin, une mystérieuse jeune fille se prostitue avec un grand patron, sous l’oeil bienveillant de son père, poivrot notoire.

Sans oublier la fille de Nathalie, caricature de la jeune femme vertueuse rêvant de s’élever par un beau mariage ; et la bonne copine retrouvée qui, à cinquante ans, n’a plus rien à perdre et drague effrontément.

Vous l’aurez compris, un récit entraînant avec des personnages intéressants.

J’ai regretté toutefois que la solution de l’énigme soit cachée jusqu’au bout au lecteur (ou alors c’est moi qui n’ai pas été assez attentive).

L’image que je retiendrai :

Celle du clochard Dédé que Nathalie aide parfois, et qui devient son ange gardien.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman dont la lecture m’a ravi.

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Les onze – Pierre Michon

Grand Prix du roman de l’Académie Française 2009

Folio, 2 février 2011, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère,

Lindet, Saint-Just, Saint-André. Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur. Mais qui fut le commanditaire de cette oeuvre ? A quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Elie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?

Mêlant histoire et fiction, Michon fait apparaître, avec la puissance d’évocation qu’on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l’expression de Michelet qui, à son tour, devient l’un des protagonistes du drame.

Mon avis :

Que de découvertes littéraires en ce début d’année.

J’ai choisi ce titre de l’auteur, car le propos de base est de décrire un tableau et d’imaginer le commanditaire.

J’ai été quelque peu désarçonné par le style de l’auteur à la fois érudit et gouailleur. Qui répète à l’envie que « Dieu est un chien » (sic), allant même le proférer en patois.

Il a d’ailleurs la dent dur contre les Limousins. Posture du narrateur ?

Et puis j’ai appris un joli mot à replacer dans une prochaine conversation : anacréontisme. Parfaitement. Ne le cherchez pas dans le dictionnaire, il n’y est pas.

Mais là où l’auteur excelle, c’est à nous parler d’un tableau qui n’existe pas, allant jusqu’à citer Michelet pour preuve de l’existence du-dit tableau.

L’image que je retiendrai :

Celle que désire le commendataire : que parmi les onze personnages du tableau, on n’en remarque que trois.

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Double nationalité – Nina YARGEKOV

P.O.L., 8 septembre 2016, 688 pages

Présentation de l’éditeur :

Vous vous réveillez dans un aéroport.

Vous ne savez pas qui vous êtes ni où vous allez.

Vous avez dans votre sac deux passeports et une lingette rince-doigts.

Vous portez un diadème scintillant et vous êtes maquillée comme une voiture volée.

Vous connaissez par coeur toutes les chansons d’Enrico Macias.

Vous êtes une fille rationnelle.

Que faites-vous ?

Mon avis :

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman Prix de Flore. Et je dois dire que j’ai beaucoup aimé.

D’abord le ton, qui m’a enchanté : c’est décalé, drôle, et toujours juste. Quel dilemme d’être prise entre deux nationalités, deux cultures, deux façons de penser. Sans oublier les clichés sur l’une et l’autre culture.

J’ai aimé cette étrange Yazigie, le second pays du personnage principal, que l’on découvre, dans la seconde moitié du roman, être un vrai pays (dont je tairai le nom pour plus de suspens). J’aurais dû m’en douter avec l’histoire du dessin animé de La Petite Taupe, mais je suis passée à côté.

On sent une passion du personnage principal pour Enrico Macias et Dalida, un peu décalé en ce 21e siècle.

Un roman qui se déguste, même si l’explication finale m’a quelque peu déçue.

L’image que je retiendrai :

Celle du SDF dans la rue du personnage principal à qui elle donne son diadème à son arrivée à Paris.

Merci Keisha pour cette très belle idée de lecture.

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La veuve – Fiona BARTON

Fleuve Editions, 12 janvier 2017, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

Si le début du roman m’a fait penser à « La femme du monstre » de Jacques Expert, l’histoire prend vite une autre direction.

Oui, il est question d’une « femme de monstre » qui nous livre sa version de son histoire, mais aussi celle du policier chargé de l’enquête, ainsi que celui d’une journaliste ambitieuse et plutôt douée qui se fait ouvrir la maison de Jane.

Dans la première partie du roman, l’auteure plante le décor : Jane jeune mariée que l’on devine sous la coupe de son mari. Le comportement bizarre de celui-ci : d’abord employé de banque, il se fait renvoyer mais refuse d’avouer que c’est de sa faute.

Comment le policier mène l’enquête de son côté : les différentes pistes suivies, y compris la mise en accusation de la petite Bella disparue jusqu’à arriver au mari de Jane.

Puis la seconde partie retrace le déroulement des événements depuis l’enlèvement jusqu’à la mort de Glen.

Enfin, la troisième partie la plus palpitante, nous délivre la clef de l’histoire.

L’auteure nous dévoile les coulisses de la cyber-pédopornographie sans jamais être voyeuse ou vulgaire : avatar, forums, chat-room n’auront plus de secret pour nous après cette lecture.

Mais il est également question des relations de couple : Jane devine, dès les premiers soupçons des enquêteurs, que son mari est impliqué dans la disparition de la petite Bella. Mais elle ferme les yeux, et défend même son mari jusqu’au bout.

Pourtant, au fur et à mesure de la lecture, il apparaît que Jane est une femme en mal d’enfant, n’ayant jamais pu en avoir à cause de la stérilité de son mari. Une question se pose alors : qui est le plus manipulateur des deux dans le couple ?

J’ai aimé cette histoire qui rebondit à chaque nouveau chapitre, nous dévoilant des éléments nouveaux et une autre façon d’envisager les rapports de ce couple explosif. Jusqu’au dénouement final, inattendu.

Un premier roman maîtrisé et réussi.

L’image que je reteindrai :

Celle de Jane maîtrisant parfaitement son discours et ce qu’elle dévoile à la journaliste, toujours devant une tasse de thé.

Je remercie Fleuve Editions pour l’envoi de ce roman en avant-première, ainsi que lecteurs.com pour m’avoir désigné lectrice du mois de janvier. Ce fut un réel plaisir.

Cassandre et Marine ont beaucoup aimé également.

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Un paquebot dans les arbres – Valentine GOBY

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 268 pages

Présentation de l’éditeur :

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d’Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car à l’aube des années 1960, la Sécurité sociale ne protège que les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui, par insouciance, méconnaissance ou dénuement ne sont pas soignés à temps. Petite mère courage, Mathilde va se battre pour sortir ceux qu’elle aime du sanatorium, ce grand paquebot blanc niché dans les arbres, où se reposent et s’aiment ceux que l’enfance ne peut tolérer autrement qu’invincibles.

Mon avis :

Je retrouve la plume de Valentine Goby, parfois sèche, mais avec un tel pouvoir d’évocation.

L’enfermement, cette fois-ci, est celui de la misère. Celle des années 50-60 en France, sans protection sociale encore balbutiante.

La générosité des parents jamais récompensée ; le dévouement jusqu’à l’extrême de la seconde fille qui cherche inlassablement le regard du père qui jamais ne viendra.

La mère, amoureuse aveugle de son mari ; la fille aînée qui se protège en s’éloignant et construisant sa propre famille.

Et puis l’argent qui manque, tout le temps ; la maladie, insidieuse et silencieuse, qui finit par marquer le corps, et le détruire.

Une plongée dans les années 50-60, où l’on buvait jusqu’à plus soif, où l’on fumait dans un sanatorium même avec un poumon en moins.

J’ai aimé retrouver les pointes de couleur jaune dans le texte, celles qui ont sauvé Mathilde quand elle n’avait plus rien à manger, et qui ont sauvé son premier emploi.

Le paquebot, lui, m’a moins parlé : trop peu présent physiquement, sans doute.

En revanche, j’ai trouvé les Evénements d’Algérie trop présent en fin de roman. Une comparaison un peu trop appuyée à mon goût.

Il n’en demeure pas moins que je lirai les prochains romans de cette auteure qui sait créer un univers différent à chaque roman tout en continuant de nous parler du corps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison familiale que Mathilde habite de nouveau malgré les scellés.

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Le chat du Rabbin – Tomes 1 ; 2 et 3 – Joann SFAR

Dargaud, 2003, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Au début, le chat du rabbin ne parle pas. Il est simplement libre comme un chat et ronronne dans les bras de la fille du rabbin, Zlabya, sa maîtresse adorée. Mais dans la maison du rabbin, il y a ce perroquet qui jacasse sans arrêt, et le chat le bouffe.

Maintenant, il peut parler, et il commence par mentir : le perroquet est allé faire une course, dit-il, la gueule pleine de plumes. Mentir, c’est mal. Le rabbin décide donc de remettre le chat dans le droit chemin et d’en faire un bon Juif. Moyennant quoi, le chat exige de faire sa bar-mitsva.

Têtu comme une bourrique et pas toujours avenant (bien que capable de tendresses renversantes), il a aussi avalé ce qui se fait de mieux en matière de raisonnement vicelard, thèse, antithèse, etc. Le résultat est une sorte de conte initiatique d’une grande beauté, où l’on apprend bien des choses sur l’usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d’émotion et d’ironie.

Mon avis :

Il n’est jamais trop tard, la preuve : je découvre enfin cette BD devenue un classique.

Le chat est plutôt rachitique, mais qu’est-ce qu’il est gonflé ! J’adore.

Son maître rebondi toujours lui aussi malgré quelques situations difficiles, et ne s’embarrasse pas forcément de la doctrine la plus pure.

J’ai aimé les préfaces écrites par des personnalités juives, certaines avec un goût de passé retrouvé.

J’enchaîne les trois premiers tomes, et j’ai déjà réservé les 3 suivants. Un chat et son rabbin passionnants.

L’image que je retiendrai :

La scène du restaurant parisien dans lequel le rabbin commande tous les plats qu’il n’a jamais pu manger.

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L’amie prodigieuse 3 : Celle qui fuit et celle qui reste – Elena FERRANTE

Gallimard, 3 janvier 2017, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Après L’amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.

Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’Ecole normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver Lila et Linù que tout oppose, si ce n’est une amitié indéfectible et qui sera mise à rude épreuve dans ce troisième roman.

Une toile de fond plus politique, puisque l’Italie traverse une crise majeure dans ces années 70.

Si Lila semble trouver un équilibre au fil du roman, Linù, en revanche va faire basculer sa vie en s’amourachant de Nino, devenu un collègue de son mari.

Même si les deux héroïnes tentent de s’arracher à leur quartier natal, il est triste de constater qu’elles y retournent inlassablement pour trouver des solutions à leurs problèmes.

Linù ne pouvant écrire un second roman, se passionne pour l’histoire des femmes à travers les siècles.

Celle qui fuit et celle qui reste ne sont pas forcément celle à qui l’on pense de prime abord.

Il me tarde de retrouver ces deux personnages haut en couleur dans le dernier opus de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle de Lila négligeant sa santé pour apprendre toujours plus.

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Agatha Raisin enquête 4 : Randonnée mortelle – M.C. BEATON

Albin Michel, 2 novembre 2016, 242 pages

Présentation de l’éditeur :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Mon avis :

Je dois avouer que cet opus m’a moins fait rire que les précédents. Mais l’histoire d’amour entre James et Agatha se précise.

Une ambiance toujours aussi british, et cette fois-ci, nous prenons même le thé dans un manoir avec un baronnet, excusez du peu.

Un peu déçu par ce tome, je dois avouer que la fin me donne envie de lire le prochain numéro : il y a du rififi dans l’air.

L’image que je retiendrai :

On marche beaucoup dans les champs de colza dans ce quatrième tome.

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Agatha Raisin 3 : Pas de pot pour la jardinière – M.C. BEATON

Albin Michel, 2 novembre 2016, 245 pages

Présentation de l’éditeur :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cette chère Agatha enfin bien établie dans son village de Carsely. 

Cette fois-ci beaucoup moins entreprenante avec son voisin James, celui-ci ne l’en aime que plus.

Mais bien évidemment, quand Agatha revient dans son village, il y a un meurtre peu après.

Certes, la série repose sur le personnage d’Agatha, mais j’ai regretté que la psychologie de celui de Mary ne soit pas plus poussé.

Beau-papa me fait remarquer que la devise « qui s’y frotte s’y pique » inscrite en bas de la première de couverture est également celle de la ville de Nancy. A bon entendeur.

Ceci-dit, j’ai passé encore une fois du bon temps au village.

L’image que je retiendrai :

Celle des palissades autour du jardin d’Agatha, devant empêcher James de voir chez elle, mais qui empêche également le soleil de pénétrer. Que d’acrobaties fait Agatha pour que personne ne voit son jardin dévasté.

Article mis en avant

Les mécomptes du capitaine Fortin : Mary Lester 45 – Jean FAILLER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Le capitaine Fortin, pour rendre service à son copain Béjy dont la fille a été entraînée dans une soirée par des petits gars peu recommandables, se trouve mêlé à une sombre histoire. Il est contraint de faire usage de sa force pour sortir l’adolescente du piège dans lequel elle est tombée et la gendarmerie intervient. Le problème se corse lorsque le cadavre d’une jeune femme est découvert dans une chambre de la villa : Voici donc le capitaine Fortin impliqué dans une mort violente, placé en garde à vue. Bien évidemment, Mary Lester va voler au secours de son équipier. Elle va rapidement suspecter un coup monté. L’enquête n’est pas simple. D’autant que l’adjudant-chef Cotten ne semble pas décidé à collaborer avec la police. Mais qui donc peut en vouloir au capitaine Fortin au point de tenter de le faire accuser de meurtre ?

Mon avis :

Je découvre cette série des enquêtes de Mary Lester grâce aux Editions du Palémon. Il y avait longtemps que j’avais envie de découvrir le personnage de Mary.

Une jeune femme au caractère bien trempée qui sait ce qu’elle veut et comment y arriver.

L’enquête est intéressante, mais les relations entre les personnages sont les plus importants ici.

Toutefois, l’auteur a parfois recours à des phrases toutes faites, ce qui gâche un peu la lecture.

J’ai tout de même passé un bon moment à Quimper et dans ses environs.

L’image que je retiendrai :

Celle du bateau de Béji qu’il doit soit-disant réparer.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi du dernier Mary Lester qui m’a fait passer un bon moment.

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Le cercle des plumes assassines – J.J. MURPHY

Folio, 20 octobre 2016, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Critique, poète et scénariste, Dorothy Parker a rassemblé autour d’elle quelques-uns des esprits les plus brillants du New York des Années folles. Ils ont leurs habitudes à l’hôtel Algonquin où ils se retrouvent, jusqu’au jour où, sous leur table, gît un inconnu, un stylo-plume en plein coeur. Le seul témoin du crime est un jeune homme du nom de Billy Faulkner qui rêve de devenir écrivain… Dorothy Parker et ses amis se lancent alors dans une enquête pleine de rebondissements et de bons mots entre stars de cinéma, gangsters notoires et légendes littéraires.

Mon avis :

Ils en font, des bons mots, le Cercle vicieux des plumes assassines !

L’enquête m’a moins passionnée, voire pas du tout.

En revanche, j’ai aimé me promener dans les New-York de la prohibition, rencontrer le malfrat du coin, et même William Faulkner accusé à tord du meurtre.

Un bon moment de lecture, même si je ne suis pas certaine de garder ce roman en mémoire bien longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des tasses de café dans lesquelles étaient servi l’alcool de contrebande.

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L’archipel d’une autre vie – Andreï MAKINE

Seuil, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire… Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartzev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée. La chasse prend alors une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Mon avis :

Je n’avais encore jamais lu cet auteur, son style fut donc une découverte. Je ne peux pas dire que j’ai apprécié de rencontrer des termes précis de botanique de la taïga : ces mots n’évoquaient aucune image pour moi. Et c’est bien dommage car on en croise beaucoup dans le récit.

C’est ce qui m’a sans doute empêché de me prendre de passion pour l’immensité Russe.

J’ai préféré les trois feux allumés au large de l’île inaccessible parfois.

La traque dans la forêt révèle le caractère de chaque personnage en ces temps troublés du stalinisme.

Le personnage principal commence une thèse sur la « légitimité de la violence révolutionnaire ». Mais après sa chasse en forêt, il abandonne son sujet.

Mais ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est la dernière partie, une fois la traque terminée.

L’image que je retiendrai :

Celle des trois feux allumés sur la grève, comme des points de repère dans la tempête, de l’autre côté du bras de mer.

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Le chien arabe – Benoît SEVERAC

Manufacture de livre Editions, 18 mars 2016, 283 pages

Présentation de l’éditeur :

Sergïne Ollard est vétérinaire à Toulouse. Une adolescente désemparée, Samia, lui demande d’examiner un chien souffrant d’un mal mystérieux que son frère aîné, Nourredine Ben Arfa, cache dans une cave. Dans ce quartier gangrené par le trafic de drogue et travaillé par l’islamisme radical, la jeune vétérinaire va se trouver embarquée malgré elle dans un combat entre deux camps qui partagent la même culture de violence.

Le roman noir de la France d’aujourd’hui.

Mon avis :

Dans ce roman, les mules qui transportent de la drogue ne sont pas des hommes, mais des chiens. Ils passent aisément la frontière espagnole à pattes, et les trafiquants les récupèrent en France.

Dans ce roman, il est également question de Daesh et de l’endoctrinement de deux frères par l’imam de la cité.

Dans ce roman, nous sommes plongés dans une cité nord de Toulouse, loin du centre-ville rose.

Dans ce roman, il est question du mariage forcé d’une adolescente de 14 ans et de l’impuissance de ses amies.

Dans ce roman il est question de la brigade des stup qui s’acoquine avec le contre-terrorisme, au détriment des agents de terrain.

Dans ce roman, nous croisons les résidences ultra-sécurisées Monné-Decroix, comme une excroissance dans le paysage.

J’ai aimé la première moitié du roman, qui met en place le drame. moins la seconde qui délaye à loisirs l’action finale sur des dizaines de pages.

Un roman comme une photographie à l’instant T d’une cité comme il en existe des centaines en France.

L’image que je retiendrai :

Il ne faut pas donner de Doliprane à un chat : ça le fait mourir.

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Dieu et nous seuls pouvons – Michel FOLCO

Seuil, 12 octobre 2006, 309 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour échapper à la galère, Justinien Pibrac devient bourreau officiel du seigneur de Bellerocaille. Le jour de sa première exécution, après quelques maladresses rocambolesques, il parvient finalement à briser les os du condamné. Ainsi débute la saga trépidante des Pibrac, qui deviendront de génération en génération les plus grands bourreaux de tous les temps.

Mon avis :

Ca commençait mal : le style un peu pompeux, le récit qui peine à démarrer. Et puis j’ai fini par entrer dans l’histoire de Justinien Premier et de sa famille, son installation en tant qu’exécuteur des Hautes et Basses Oeuvres.

La seconde partie, qui se déroule à la veille de la Première Guerre Mondiale permet à l’auteur de revenir sur les « créations » de la lignée.

Une lecture que je dois à une amie du Club de lecture, et que je n’aurai pas faite sans elle. Merci.

L’image que je retiendrai :

Comme elle aime son travail, cette dynastie, qui perfectionne son outil sans cesse.

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L’enterrement d’un juif hongrois – Catherine PAYSAN

Albin Michel, 2 janvier 2017, 507 pages

Présentation de l’éditeur :

Lui, le Juif hongrois né en 1922 dans les quartiers pauvres de Budapest a connu à vingt ans les horreurs du nazisme. Miraculé de la Shoah, il décide en 1946 de s’expatrier et de rejoindre Paris.

Elle, la Française de vieille souche née en 1926 dans le village d’Aulaines est restée attachée à sa terre sarthoise. Devenue écrivain, elle dit d’elle-même qu’elle a toujours été un arbre enraciné au carrefour des quatre vents de l’esprit, ayant pour vocation de prêter l’oreille au discours des oiseaux venus s’abriter dans ses feuillages. Ils se sont rencontrés à Paris et pendant plus de trente ans ne se sont plus quittés.

À quatre-vingt-dix, ans Catherine Paysan avec l’énergie de plume, la force d’évocation, la luxuriance d’écriture qui la caractérise, évoque ce que fut cette union hors normes qui a su triompher des affrontements identitaires, des différences culturelles et des grands traumatismes de l’histoire du XXe siècle, qu’elle sait faire revivre avec une acuité inégalée.

Mon avis :

Quelle belle découverte en ce début d’année 2017. Même si le titre est plutôt triste, la plume de l’auteure est magnifique. Un vrai souffle épique pour évoquer un amour qui ne devait pas durer.

Tout opposait ses deux personnages, rien ne les prédestinait à se rencontrer, et encore moins à s’aimer jusqu’au bout.

Je me suis laissée emporter par les phrases si belles et si rythmées, avec leur souffle propre. Et, cette fois, la redondance ne m’a pas dérangée (il faut dire que j’étais en vacances, j’avais le temps).

Il n’y a pas vraiment de chronologie, plutôt une écriture comme au fil de la mémoire de la narratrice, même si le récit suit l’avancée des années du couple entrecoupé de réminiscences.

Beaucoup de romans de l’auteure ont été primés, mais (dans mon inculture crasse) je n’en connaissais aucun. Je serai donc bien incapable de dire si ce roman s’inscrit dans le style habituel de l’auteure. Mais je suis certaine de lire d’autres critiques qui me l’apprendront.

L’image que je retiendrai :

Celle des démarches d’Emil et Annie pour pouvoir se marier à l’Eglise, après 12 ans de mariage civil.

Je remercie infiniment Ophélie des éditions Albin Michel pour l’envoi de ce très beau roman en avant-première. Quelle belle découverte !

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Nos âmes la nuit – Kent HARUF

Robert Laffont, 1 septembre 2016, 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble.

Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s’en mêlent… Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu’Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Mon avis :

Le style est un peu sec, je dois l’avouer. Malgré l’histoire belle et prenante, je n’en ferai donc pas un coup de coeur.

Mais j’ai aimé cette proposition d’Addie à Louis. L’arrivée du petit fils de cette dernière.

Personne, dans leur entourage proche, ne les comprend, et surtout pas leurs propres enfants.

Malgré tout, les liens créés ne se défont pas si facilement.

J’ai passée une très belle après-midi en compagnie de ces personnages.

L’image que je retiendrai :

Celle de la patte du chien Bonnie, estropié.

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Brillante – Stéphanie DUPAYS

Mercure de France, 14 janvier 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, cadre marketting d’un groupe agroalimentaire, elle construit sa carrière avec talent. Dans son travail, elle a la confiance de ses supérieurs et gère des projets ambitieux. Sa vie privée est à l’avenant et le couple qu’elle forme avec Antonin, lui-même cadre dans la finance, renvoie l’image du bonheur parfait.

Mais soudain, Claire vacille. Au travail, celle dont on louait les qualités se sent peu à peu évincée, des nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l’évidence : c’est la disgrâce ! Elle est placardisée. La descente aux enfers commence…

Mon avis :

Ah, ces jeunes loups aux dents longues issus des meilleurs écoles de commerce…. Eh bien ils sont comme tout le monde : ils marchent à l’adrénaline, et quand celle-ci vient à manquer, ils flanchent.

L’auteure décrit avec finesse l’enfance et la montée en puissance de Claire, petite fille tombée amoureuse de Paris, et qui rêve d’y travailler, loin de sa province.

Le personnage de la soeur m’a intéressé, à l’opposée de Claire. Elle a l’air heureuse dans sa vie de petits boulots.

La descente aux enfers lors de la placardisation est très bien décrite : crises de panique, replis sur soi et besoin d’aller voir ailleurs.

Mais l’auteure dresse un constat amer : finalement, on ne se refait pas, et Claire retournera tête baissée dans l’arène (avec quelques ordonnances de cachets en plus). Impossibilité de changer de vie ?

L’image que je retiendrai :

Celle des nouvelles chaussures de Claire qui rendent jalouses sa boss. Le début de la fin pour le personnage.

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A la recherche du temps perdu – Le temps retrouvé – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Le Temps retrouvé est le septième et dernier tome de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, publié en 1927 à titre posthume. L’œuvre s’ouvre sur le séjour du narrateur chez Gilberte de Saint-Loup à Tansonville. Une lecture d’un passage inédit du journal des Goncourt entraîne le narrateur dans des réflexions sur l’art et la littérature, d’où il conclut qu’en se demandant si tous les gens que nous regrettons de ne pas avoir connus parce que Balzac les peignait dans ses livres […] ne m’eussent pas paru d’insignifiantes personnes, soit par une infirmité de ma nature, soit qu’elles ne dussent leur prestige qu’à une magie illusoire de la littérature. L’action se poursuit ensuite à Paris, en 1916.

Mon avis :

La guerre de 14 fait rage. Mais du salon Verdurin, aucun n’est sur le front. Certains travaillent dans des bureaux, le narrateur lui-même est en maison de santé.

Il compare le comportement des nations à celui des individus : la logique qui les conduit est tout intérieur, et perpétuellement refondue par la passion comme celle de gens affrontés dans une querelle amoureuse ou domestique. 

M. de Charlus est accusé d’être allemand, étant germanophile.

La guerre fait des dégâts : l’église de Combray a été détruite par les Français et les Anglais car elle abritait un observatoire allemand.

M. de Charlus se fait torturer physiquement dans la maison de passes de Jupien. Françoise se fait torturer psychologiquement pas le maître d’hôtel qui lui fait peur.

Des pavés inégaux et un bruit de roues de train tire le narrateur de son découragement et lui rendent la confiance dans l’écriture.

Manuel du parfait écrivain, ou quels écueils éviter pour faire un bon livre (contrairement à Sainte-Beuve, encore lui….)

Le hasard existe-t-il ? Il semblerait que non.

Le narrateur prend conscience, lors d’une matinée chez les Guermantes que tout le monde a vieilli, y compris lui-même, qui se considère toujours comme un jeune homme.

Révélation : Mme Verdurin a épousé en troisième noce le prince de Guermantes. Les bras m’en tombent !

Morel est devenu un témoin moral (si,  si….)

Malgré sa maladie, ou plutôt grâce à elle, le narrateur peut enfin commencer son Grand Œuvre et placer ses personnages dans le Temps, malgré le peu de place qu’ils ont occupés dans l’espace.

Quelques citations :

« Les jambes, les bras sont pleins de souvenirs engourdis. »

« Ce qui est étonnant, dit-il, c’est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu’il juge par lui-même. »

« Les cathédrales doivent être adorées jusqu’au jour où, pour les préserver, il faudrait renier les vérités qu’elles enseignent. »

« Le salut empressé et humble du baron proclamait ce qu’a de périssable l’amour des grandeurs de la terre et tout l’orgueil humain. »

« Car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

« Un être qui n’apparaissait, par une de ses identités entre le présent et le passé, il pouvait se trouver dans le seul milieu ou il pût vivre, jouir de l’essence des choses, c’est à dire en dehors du temps. »

« L’impuissance que nous avons à nous réaliser dans la jouissance matérielle. Et repensant à cette joie extrasensorielle….. »

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue, c’est la littérature. »

« Je m’étais rendu compte que seule la perception grossière et erronée place tout dans l’objet, quand tout est dans l’esprit. »

« Mon livre, grâce auquel je leur fournirai le moyen de lire en eux-mêmes. »

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A la recherche du temps perdu – Albertine disparue – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Albertine disparue est le dernier volume revu et remanié par Proust avant sa mort. Prévu d’abord sous le titre La Fugitive, comme le pendant de La Prisonnière, il présente la fin de l’épisode d’Albertine : sa fuite, sa mort, le chagrin, puis l’oubli. Le huis-clos de La Prisonnière s’achève, non sur l’apaisement, mais sur une multiplication des regrets et des enquêtes posthumes. Un long passage conduit Marcel à Venise, depuis toujours cité de ses désirs, maintenant univers thématique dense où nous retrouvons sa mère, Mme de Villeparisis et M. de Norpois. Il s’y livre à la fois à l’éblouissement esthétique et à de nouvelles poursuites amoureuses.

Mon avis :

Mon Dieu ! Albertine est disparue, quelle tragédie…..

Le narrateur émet des hypothèses : et si Albertine était restée auprès de lui ?

Il se remémore les premiers moments de son amour avec la disparue.

La retenir prisonnière a empêché Albertine de s’adonner à ses penchants de Gomorre.

Peu à peu, le narrateur en vient à se demander si sa vie amoureuse n’a pas été comme celle de Swann. Enfin !

Omniprésence de la lanterne magique.

Où l’on apprend que Gilberte ne s’appelle plus Swann mais Mlle de Forcheville et fréquente le salon Guermantes. Elle épousera même Saint-Loup.

De même que la nièce de Jupien, fille adoptive de M. De Charlus, se mariera avec le fils Cambremer.

Où le narrateur part enfin à Venise.

Non, pas Saint-Loup aussi ? Si ?!

Enfin, Gilberte lui reparle de Combray et de leur première rencontre. Le narrateur n’avait pas perçu ni compris ce que voulait lui dire la petite fille.

Quelques citations :

« Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! »

« Il y a des moments dans la vie où une sorte de beauté naît de la multitude des ennuis qui nous assaillent, entrecroisés comme des leitmotive wagnériens. »

« Pour me consoler, ce n’est pas une, ce sont d’innombrables Albertine que j’aurai dû oublier. »

« Ce n’était pas Albertine seule qui n’était qu’une succession de moments, c’était aussi moi-même. »

« Je n’aurai pas dû souffrir de cette idée ; mais, comme aux amputés, le moindre changement de temps renouvelait mes douleurs dans le membre qui n’existait pas. »

« Nous ne connaissons vraiment que ce qui est nouveau, ce qui introduit brusquement dans notre sensibilité un changement de ton qui nous frappe. »

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A la recherche du temps perdu – La prisonnière – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Albertine a renoncé à faire une croisière et lorsque, à la fin de l’été, elle rentre de Balbec avec le narrateur, elle s’installe chez lui, à Paris : il ne se sent plus amoureux d’elle, elle n’a plus rien à lui apprendre, elle lui semble chaque jour moins jolie, mais la possibilité d’un mariage reste ouverte, et en lui rendant la vie agréable, peut-être songe-t-il à éveiller en elle le désir de l’épouser. Il se préoccupe en tout cas de son emploi du temps, l’interroge sur ses sorties sans pouvoir bien percer si sa réponse est un mensonge, et le désir que visiblement elle suscite chez les autres fait poindre la souffrance en lui. 

Mon avis :

La prisonnière, c’est Albertine avec qui le narrateur revient à Paris et accueille chez lui, sa mère étant absente.

La musique de Wagner passionne le narrateur.

Il apprend également la mort de Bergotte.

Le narrateur montre comment la jalousie redouble l’amour. Mais il ne m’a pas convaincu.

Où M de Charlus tombe en disgrâce en plein salon Verdurin, accusé d’homosexualité.

Le narrateur doute de plus en plus d’Albertine, ne se décide pas à rompre. Ce sera elle qui partira.

Il imagine même une relation entre Albertine et Gilberte…..

Quelques pages sur l’oeuvre de Dostoievski, ainsi que sur les écrivains bons maris qui ont écrit les œuvres les plus perverses (Choderlos de Laclos) et d’autres qui écrivirent des contes moraux et furent de vrais tyrans (la duchesse d’Orleans).

Quelques citations :

« En réalité, en quittant Balbec, j’avais cru quitter Gomorrhe, en arracher Albertine ; hélas ! Gomorrhe était dispersé aux quatre coins du monde. »

« Cela aide à connaître l’âme, mais on se laisse tromper par les individus. Ma jalousie naissait par des images, pour une souffrance, non d’après une probabilité. »

« La vieillesse fatiguée aimait le repos. Or dans le monde il n’y a que les conversations. Elle y est stupide. »

« Si nous lisons le chef-d’oeuvre nouveau d’un homme de génie, nous y retrouvons avec plaisir toutes celles de nos réflexions que nous avons méprisées, des gaietés, des tristesses que nous avions contenues, tout un monde de sentiments dédaignés par nous et dont le livre où nous les reconnaissons nous apprend subitement la valeur. »

« Les grands littérateurs n’ont jamais fait qu’une seule œuvre, ou plutôt n’ont jamais que réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu’ils apportent au monde. »

« Mais ma chambre ne contenait-elle pas une œuvre d’art plus précieuse que toutes celles-là ? C’était Albertine. »

« L’amour c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur. ».

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A la recherche du temps perdu – Sodome et Gomorrhe – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Sodome, c’est M. de Charles et Gomorrhe Albertine. Entre ces deux figures, chacune étant le centre d’une tragi-comédie dont le spectateur ne fait que percevoir les échos mêlés, le héros du livre, celui qui parle à la première personne, poursuit son voyage à la recherche du temps perdu.

Mon avis :

Bon sang ! Monsieur de Charlus est homosexuel ! Le narrateur, et le lecteur, le découvrent de concert.

Albertine l’est-elle aussi ? Le narrateur ne peut trancher.

Beaucoup de « téléphonage » dans cet opus. L’instrument se démocratise.

De retour à Balbec, le narrateur se souvient de sa grand-mère, dont il apprend qu’elle était déjà fort malade lors de son précédent séjour.

En compagnie des invités des Verdurin, il prend le beau train d’une heure trente-cinq.

Les pages sur les généalogies des noms de villes sont un peu longues, mais cela change des généalogies des personnages. Quelques pages également sur le nom de certaines rues parisiennes.

Le narrateur relève par ailleurs les erreurs de langue, empruntées si souvent à l’anglais, mais qui ne nous choquent plus maintenant.

Les souvenirs du narrateur suivent les arrêts du train de la côte de Balbec. Mais il souffre de jalousie quand, dans ce même train, Albertine n’est pas avec lui dans le même compartiment.

Albertine, qui est cause de la fin de l’amitié entre le narrateur et son ami d’enfance Bloch. Ce premier se découvre snob (sans blague !)

Pour le narrateur, certains hommes sont de Sodome, et certaines femmes (dont Albertine ?) de Gomorrhe.

Quelques citations :

« Car aux troubles de la mémoire sont liés les intermittences du cœur. »

« Car comme les morts n’existent plus qu’en nous, c’est nous même que nous frappons sans relâche quand nous nous obstinons à nous souvenir des coups que nous leur avons assénés. »

« La médecine, faute de guérir, s’occupe à changer le sens des verbes et des pronoms. »

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A la recherche du temps perdu – Le côté des Guermantes – Marcel PROUST

lecotedesguermantesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Les Guermantes n’étaient pas seulement d’une qualité de chair, de cheveu, de transparent regard, exquise, mais avaient une manière de se tenir, de marcher, de saluer, de regarder avant de serrer la main, par quoi ils étaient aussi différents en tout cela d’un homme du monde quelconque que celui-ci d’un fermier en blouse. Et malgré leur amabilité on se disait : N’ont-ils pas vraiment le droit quoiqu’ils le dissimulent, quand ils nous voient marcher, saluer, sortir, toutes ces choses qui, accomplies par eux, devenaient aussi gracieuses que le vol de l’hirondelle ou l’inclinaison de la rose, de penser : « ils sont d’une autre race que nous, et nous sommes, nous, les princes de la terre. »

Mon avis :

Le récit commence avec l’emménagement de la famille dans une aile de l’hôtel particulier des Guermantes, rapprochant ainsi le narrateur de Mme de Guermantes dont il est tombé amoureux. Pour se rapprocher d’elle, il contacte Saint-Loup. S’ensuivent de nombreuses pages sur l’art militaire.

Une page également sur les différentes sortes de sommeil, et de nombreuses sur l’Affaire Dreyfus qui divise les familles.

La maîtresse de Robert est désignée par « Rachel quand du Seigneur« , d’après les premiers mots d’un opéra d’Halevy « La juive« .

Dans la seconde partie, la grand-mère du narrateur décède après une maladie qui la fait beaucoup souffrir et la diminue physiquement.

Le narrateur revoit Albertine à Paris, mais ses stratagème pour se rapprochèrent de Mme de Guermantes échouent. Celle-ci ne lui accorde son amitié que lorsque sa mère le convainc du ridicule de la situation. Son affection se reporte alors sur Mme de Stermaria.

La troisième partie m’a moins plue, n’étant pas passionnée par les conversations de salons ni par les généalogies de tout ce petit monde.

Et puis j’ai eu l’impression de relire, en plus délayée, « Contre Sainte-Beuve » du même auteur.

Toujours la présence de la lanterne magique, du style composite et du snobisme, entre autre.

L’image que je tiendrai :

Celle du valet de Mme de Guermantes et ses amours contrariées par sa maîtresse.

Quelques citations :

« Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre. »

« Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d’essayage. »

« Le genre de charme que je pouvais trouver chez elle et d’avoir l’humilité de ne me plaire que comme un herbier, plein de plantes démodées. »

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A la recherche du temps perdu – A l’ombre des jeunes filles en fleurs – Marcel PROUST

alombredesjeunesfillesenfleurLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Dans cette première partie du roman, le narrateur parle de ses relations à Paris, entre autres celles eues avec M. de Norpois ou encore avec son idole littéraire Bergotte. Il va également pour la première fois au théâtre où il voit enfin l’actrice qu’il aime tant, la Berma, interprétant Phèdre de Racine. On y lit ses déceptions incomprises par les autres vis-à-vis de sa première vision théâtrale. Puis, il arrive à se faire introduire chez les Swann. Alors sont décrites ses relations avec Gilberte Swann et ses parents : Odette de Crécy et Charles Swann. Ce dernier le prend en amitié, est très agréable avec lui, tout comme sa femme qui lui demandera de venir la voir personnellement même s’il n’a plus envie de rencontrer Gilberte, qu’il aime toujours, mais dont le sentiment à son égard – tout comme leur relation – va se désagréger peu à peu jusqu’au jour où il partira pour le pays qui l’attire tant : Balbec.

Arrivé dans la contrée dont il a tant voulu voir les cathédrales, le narrateur s’installe avec sa grand-mère et Françoise, leur employée, dans un hôtel pour un certain temps. Au début, sa vie est très solitaire, ne connaissant personne, il ne parle quasiment à personne hormis sa grand-mère, bien qu’il en ait très envie. Mais, de relations en relations, fréquentant Robert de Saint-Loup et le peintre Elstir entre autres (qui est l’artiste ami des Verdurin dont il est question dans Un amour de Swann : M. Biche), il finit par réussir à se lier d’amitié avec les jeunes filles qu’il observait depuis longtemps : Albertine, Andrée, Rosemonde… Il tombe amoureux d’Albertine qu’il essaie de rendre jalouse en se rapprochant d’Andrée, mais tous ses efforts seront réduits à néant lors d’une tentative de changement de relation vers la fin de l’ouvrage.

Mon avis :

On retrouve, dans la première partie et la moitié de la seconde, Gilberte et ses parents, sa mère tenant salon. Mais le narrateur n’est plus si amoureux de Gilberte et s’en détache peu à peu.

Dans la seconde partie, lorsque le narrateur part avec sa grand-mère à Balbec, celle-ci ne manque pas d’emmener Mme de Sévigné dans ses bagages, et y fait régulièrement référence.

il est question de la « petite bande » de filles : Albertine, Rosemonde, Andrée, les trois plus importantes.

Il est toujours fait référence aux cathédrales et aux églises, première visite du narrateur à Balbec : son église.

Les leitmotivs chers à l’auteur sont encore et toujours présents : la nature, la couleur, les salons et les préséances, mais aussi et surtout l’Amour. Il me semble que ce thème-ci est aussi important, dans le roman, que celui du Temps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de filles passant en vélo et habillées de polos noirs devant la plage, ce qui intrigue beaucoup le narrateur.

Quelques citations :

« ….leur amitié avec Bergotte, laquelle avait été à l’origine du charme que je leur avais trouvé… »

« Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies. »

« Il y avait toujours près du fauteuil de Mme Swann une immense coupe de cristal remplie entièrement de violettes de Parme. »

« Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent et l’habitude le remplit. »

« Elle était entourée de sa toilette comme l’appareil délicat et spiritualisé d’une civilisation. »

« On devient moral dès qu’on est malheureux. »

« Je me rendais compte à Balbec que c’est de la même façon que lui qu’elle nous présente les choses, dans l’ordre de nos perceptions, au lieu de les expliquer d’abord par leurs causes. »

« Cela fait penser à cette chambre du château de Blois où le gardien qui le faisait visiter me dit : « C’est ici que Marie Stuart faisait sa prière ; et c’est là maintenant où ce que je mets mes balais. »

« Je m’efforce de tout comprendre et je me garde de rien condamner. »

« …et je m’étais rendu mieux compte depuis qu’en étant amoureux d’une femme nous projetons simplement en elle un état de notre âme. »

« Une hygiène qui n’est peut-être pas très recommandable, mis elle nous donne un certain calme pour passer la vie, et suis – comme elle permet de ne rien regretter, en nous persuadant que nous vous teint le meilleur, et que le meilleur n’était pas grand’chose – et pour nous résigner à la mort. »

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A la recherche du temps perdu – Du coté de chez Swann – Nom de pays : le nom – Marcel PROUST

nomdepayslenomLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

« Noms de pays : le nom » évoque les rêveries du narrateur, ses envies de voyage, lui à qui la maladie interdit jusqu’à une sortie au théâtre. C’est donc à travers les horaires des trains qu’il voit Balbec et surtout Venise. 

Mon avis :

Où l’on retrouve la nature, les couleurs, les violettes qui ornent les décolletés d’Odette de Crecy, devenu Mme Swann.

Ah, qu’évoquent de splendeurs et de beauté les noms des villes italiennes…. Rien que du peu que nous en savons, nous voyageons déjà avant même de partir. Malheureusement, le narrateur ne partira pas en Italie cette année-là. Tant pis, il rencontrera Gilberte.

Le narrateur s’éprend de Gilberte, la fille de Swann et d’Odette, avec qui il partage le jeu des barres sur les Champs Elysées chaque après-midi, ou presque.

Bergotte est toujours cher au cœur du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de Gilberte glissant sur la glace pour rejoindre le narrateur malgré la neige.

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Love story à l’Iranienne – DELOUPY

lovestoryaliranienneDelcourt, 13 janvier 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.

Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Mon avis :

Prix BD-STAS de la Fête du Livre de Saint-Etienne 2016

Cette BD est une sorte de documentaire sur la jeunesse amoureuse d’Iran. Les reporters se sont rendus dans les grandes villes du pays pour rencontrer des jeunes amoureux qui ont bien voulu leur parler des difficultés de leur relation.

Dans ce pays, ce sont les parents qui décident avec qui va se marier une jeune fille : il faut que l’homme ait un appartement et une voiture, au minimum.

Hommes et femmes n’ont pas le droit de se promener ensemble dans la rue, sauf si ils sont mariés.

Parfois, au fil de l’interview, les deux parties se rendent compte qu’elles ne sont pas d’accord sur pleins de sujets, car les couples n’ont aucun espace ni temps de parole ensemble.

Certaines jeunes femmes interviewées acceptent aussi cette situation et ne dédaignent pas devenir mère au foyer.

Une lecture qui interroge, d’autant que les parents de ces jeunes-gens ont tous manifestés pour la démission du Shah. Des années après, rien n’a changé.

L’image que je retiendrai :

Des témoignages vraiment différents et contrastés.

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – Un amour de Swann – Marcel PROUST

unamourdeswannLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ce roman décrit l’amour que Swann, un homme de la haute société, porte à Odette de Crécy, une jeune femme aux mœurs légères. Mais, pour Swann, l’amour est indissociable de la jalousie et de l’angoisse qu’elle génère. Aussi va-t-il compenser les insuffisances d’Odette et construire sa propre image d’elle : en l’associant à une œuvre musicale, en la comparant à une bergère d’une fresque de Botticelli… Pour autant, cette idéalisation, cette esthétisation de l’être désiré suffiront-elles à sauver l’amour de la ruine ?

Mon avis :

Pas de transition entre la fin de Combray et le début de cette seconde partie. 

On devine, au fil de récit, que Swann est un aristocrate coureur de jupons, qui s’éprend d’une demi-mondaine.

Elle le fait inviter chez des bourgeois qui se piquent d’être des intellectuels à la mode. On sent de l’humour de la part du narrateur lorsqu’il fait parler un certain docteur.

Tout au long du récit, j’ai eu envie de crier à Swann : « Mais ouvre les yeux sur cette femme, bon sang ! Dés le premier abord, tu ne l’as pas trouvé jolie, ni même charmante. Elle te cache des choses, attention ! » Mais non, l’amour de Swann était aveugle. Et nous de deviner que M. De Charlus est tombé lui aussi sous le charme d’Odette.

J’ai aimé les pages sur la musique de Vinteuil, qui rappelle à Swann les premiers temps de son amour.

Moins de couleurs, moins de nature dans cette seconde partie. Plus de rapports sociaux sous la Troisième République.

L’image que je retiendrai :

Celle de Swann à la recherche d’Odette dans tous les restaurants de Paris encore ouvert tard le soir.

Quelques citations :

« Il se plongeait dans le plus enivrant des romans d’amour, l’indicateur des chemins de fer, qui lui apprenait les moyens de la rejoindre, l’après-midi, le soir, ce matin même ! »

« Ces images étaient fausses pour une autre raison encore : c’est qu’elles étaient forcément simplifiées. »

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – 1ère partie : Combray – Marcel PROUST

combrayLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, œuvre à part entière mais aussi amorce dramatique d’un joyau de la langue française, le narrateur s’aperçoit fortuitement, à l’occasion d’un goûter composé d’une tasse de thé et d’une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d’un buisson d’aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s’exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l’eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ».

Mon avis :

Force m’est de constater que lors de ma première lecture de ce texte il y a plus d’une vingtaine d’années, j’étais passée complètement à côté.

20 ans plus tard, devenu maman, je comprends et ressens les couchers tardifs du narrateur, grappillant encore et toujours un baiser de sa mère.

Je n’avais pas perçu, lors de ma première lecture, l’omniprésence de la nature dans ces pages : les fleurs, les lilas et les nymphéas.

Mais aussi la présence de la couleur, notamment la couleur jaune et rose.

J’ai aimé découvrir Combray et la tante du narrateur ; sa bonne et cuisinière et la découverte du sadisme par l’enfant.

Je n’avais pas oublié « La charité de Giotto » qui accouche dans la maison.

J’ai redécouvert la grand’mere qui ajoute un filtre d’art au cadeau qu’elle veut faire, aux risques et périls du receveur.

Enfin, j’ai aimé me laisser porter par les phrases et les associations d’idées du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de la visiteuse de l’oncle Octave, toute de rose vêtue avec un grand collier de perles.

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Carthage – Joyce Carol OATES

carthagePoints, 3 octobre 2016, 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout semble aller pour le mieux dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse.

Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère.

Mon avis :

C’est toujours avec une certaine appréhension que j’ouvre un livre de cette auteure. J’en ai follement aimé, et abandonné d’autres peu après les avoir commencé.

Celui-ci se situe entre les deux : j’ai aimé les personnages complexes ; beaucoup moins les longueurs inutiles sur les personnages secondaires.

J’ai aimé rencontrer M.C. Escher et ses créations étranges.

J’ai aimé le discours de Mme Oates sur la Guerre (en Irak ou en Afghanistan), qui détruit les jeunes hommes en quête d’idéal.

J’ai aimé le personnage de Cressida, même si dans ce roman, c’est elle qui tombe amoureuse de son futur beau-frère, pour le malheur de tous.

Dans ce roman, le paradoxe de Zenon (le père) est mis à mal : « toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible. » disait le philosophe grec du même nom.

Les pages sur la beauté / laideur m’ont moins touchées.

L’image que je retiendrai :

Celle du mur de la prison, si long, si gris.

Quelques citations :

« Les éléphants aussi enterrent leurs morts. (…) Sauf que les éléphants étaient capables de reconnaître les os de leurs morts des années plus tard. Une mère éléphant poussait des barrissements angoissés, saisissant les grands os courbes de sa grand-mère, enfouies dans la terre desséchée. Mais aucun être humain ne peut reconnaître les os d’un parent. »

« Il nous est nécessaire d’être farouchement aimé par une personne pour exister. » (p.410)

« Dans la totalité du monde biologique, le monde humain est le seul où les parents souffrent de la honte de leurs rejetons. Ce n’est possible dans aucune autre espèce que celle des Homo sapiens. » (p.467)

club-lecture

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Queen Anne de Fortnum and Mason

boite

J’aime beaucoup cette respectable maison de thés anglaise.

Dernièrement, j’ai tentée leur thé Queen Anne.

Le descriptif :

Créé en 1907, notre année du bicentenaire, ce mélange populaire commémore le souverain régnant dans l’année où Fortnum & Mason a commencé. Le mélange soigneusement sélectionnés de thés TGFOP Assam et de Ceylan FBOP produit un thé fort qui est rafraîchissant à tout moment de la journée.

Mon avis :

Un thé fort ? Je craignais qu’il ne soit trop fort, les anglais l’aimant ainsi. Mais finalement, je découvre avec plaisir un thé fin et goûteux pas du tout amer.

J’en reprendrais, c’est sûr !

queenanne

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L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.

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L’héritage de Jack l’Eventreur – Hugo BUAN

lheritagedejackleventreurEditions du Palémon, 22 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Passionné par Jack L’Éventreur, Hugo Buan met ici ses recherches sur le sujet au service de sa série…

Et si les crimes de 1999, à Paris, où cinq femmes furent assassinées dans le quinzième arrondissement, parmi lesquelles sa chère maman, avaient un lien avec Jack ? Et si le crime du Décollé à Saint-Lunaire, l’été dernier, avait aussi un rapport avec Jack ? De 1888, l’époque des crimes de Whitechapel, à aujourd’hui, Workan va découvrir l’impensable. Incrédule, il va plonger dans cet univers morbide et n’en sortira pas indemne.

Mon avis :

Où l’on reparle du Black Muséum de Scotland Yard…. pour y voir figurer Workan !

Je retrouve avec plaisir le commissaire qui ne s’embarrasse pas de sa hiérarchie ni de ses enquêteurs à ses ordres. Ni des éventuels témoins, leur faisant faire un bain nu dans une mer de Bretagne en novembre pour les aider à se rafraîchir la mémoire.

Vous l’aurez compris, ce qui intéresse l’auteur, c’est de nous parler de Jack l’Eventreur, inventant le vrai meurtrier et son journal de bord.

Une hypothèse intéressante et crédible.

Mais en refermant le roman, j’ai eu un doute : Workan résout dans ses pages le meurtre de sa mère. J’espère que cela ne sonne pas la fin du personnage. Ce serait dommage….

L’image que je retiendrai :

Celle des kitesurfeurs sur cette pointe bretonne en novembre : la température de l’eau ne doit pas être très élevée…

Je remercie les Editions du Palemon pour l’envoi de ce roman de mon commissaire bougon préféré.

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L’odeur de la forêt – Hélène GESTERN

lodeurdelaforetArléa Editions, 25 août 2016, 700 pages

Présentation de l’éditeur :

Une correspondance incomplète, des clichés clandestins, un journal codé, voilà les premières cartes du jeu de patience que va mener Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie, et qui l’emmènera bien plus loin qu’elle ne le pensait.

Car L’Odeur de la forêt est une traversée de la perte, à la recherche des histoires de disparus, avalés par la guerre – la Première puis la Seconde Guerre mondiale -, le temps et le silence. Mais ce roman ample, prolifique, multiple, célèbre aussi et surtout la force inattendue de l’amour et de la mémoire, lorsqu’il s’agit d’éclairer le devenir de leurs traces : celles qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants.

Mon avis :

Un pavé, du papier fin, des descriptions sur les petits riens qui font la vie, ce roman demande du temps pour le lire.

L’auteure mêle habillement l’histoire de son personnage principal Elisabeth (ses peines, ses amours) avec l’Histoire (celle des poilus).

Bien sûr, il est question d’amours : Elisabeth est veuve mais ne sait pas où est enterré son aimé à cause de son ex-femme ; le triangle amoureux de 1914 n’est pas celui que l’on croit ; un amour rejeté conduit Tamara à sa déportation.

Le personnage principal tente de redonner vie à un poète disparu ; l’auteure du roman redonne vie à Tamara, sous un autre nom (l’auteure l’explique en fin de volume).

Il est également question de la Guerre des Tranchées, racontée par le photographe et ami du poète depuis le front.

Il est question de l’Honneur rendu à des Poilus accusés à tord.

Il est question de legs qui enchantent ou plombent nos vies.

L’image que je retiendrai :

Celle de la forêt en bordure de la maison d’Elisabeth pleine de pièges à loups.

Une citation :

« Pour un nom dont on se souviendra, pour une Tamara Isserlis rescapée de l’oubli, combien d’autres, perdus à jamais ? Ce livres est né du désir de tresser des histoires de disparus, avalés par la guerre, le temps, le silence. De raconter le devenir de leurs traces, qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants. »

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Ca peut pas rater – Gilles LEGARDINIER

capeutpasraterPocket, 3 mars 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

– J’en ai ras le bol des mecs. J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !
Et là, trempée, titubante, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.

La gentille Marie est morte. C’est la méchante Marie qui est aux commandes. Désormais, je renvoie les ascenseurs. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir une histoire de Gilles Legardinier : c’est feel-good, plutôt drôle et ça donne la pêche.

L’auteur nous démontre cette fois-ci que les femmes passent leur vie à attendre : un homme, un geste de cet homme, un signe, un petit quelque chose, quoi. Je confirme.

Une lecture impeccable pour attendre de passer en salle d’op’ et entamer ma convalescence.

L’image que je retiendrai :

Celle de la lectrice lisant sur la plage sous la pluie, tenant absolument à terminer son passage.

Un conseil :

Pour faire éclater un pot d’échappement, rien ne vaut une patate bintje. La Charlotte part trop en lambeaux.

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Pause

pause

Blog en pause pour une durée non encore définie.

Rien de grave : une opération programmée que j’aurai dû faire en juin, mais que j’ai préféré reporter aux mauvais mois.

J’ai prévu de la lecture pour ma convalescence : La Recherche du Temps Perdu, rien que ça.

A bientôt…..

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Le tableau – Laurence VENTURI

letableauAlbin Michel, 2 novembre 2016, 205 pages

Présentation de l’éditeur :

Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c’est l’histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l’enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu’entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat.

Mon avis :

Des phrases courtes ; un rythme qui ne faiblit jamais ; il m’a fallu plusieurs fois refermer ce roman pour le reprendre plus tard tant je manquais d’air.

Dommage, le propos était intéressant : trouver des preuves que le tableau était bien un vrai Modigliani ; se demander comment il avait atterrit dans la famille.

J’en ai appris plus sur la technique du peintre, et notamment pourquoi les yeux de ses portraits étaient si envoûtant.

Mais trop de clichés ont gâchés ma lecture, surtout celui de la fin où tout le monde rit autour d’une bonne table.

Une lecture sympathique, mais qui ne me marquera pas longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des éclats de rire de toute la famille après des épisodes un peu tendus. Ca m’a paru too-much.

Je remercie les Editions Albin MIchel pour l’envoi de ce roman.

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Hortense – Jacques EXPERT

hortenseSonatine, 9 juin 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec son ex-mari, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.  » Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. « 

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Mon avis :

Encore une fois, l’auteur a été plus fort que ma perspicacité légendaire, et je me suis faite avoir jusqu’au bout. Qui plus est en lisant que ce roman était tiré d’un fait divers. Brrrrr……

Une écriture efficace et sans chichis ; des fausses pistes ; des personnages bien campés mais au passé si trouble. Tout est là.

J’ai vraiment passé un agréable moment à me torturer l’esprit pour tenter de deviner qui disait la vérité.

Vivement le prochain !

L’image que je retiendrai :

Celle du doudou d’Hortense, que sa maman garde toujours dans sa chambre, abîmé à force d’être tripoté par cette dernière.

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Le garçon – Marcus MALTE

legarconZulma, 18 août 2016, 544 pages

Prix Femina 2016

Présentation de l’éditeur :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.

Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, tout à la fois soeur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »

Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubre-sauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

Mon avis :

L’auteur aura lui aussi écrit son grand roman sur la guerre de 14…

Le style est sec, plein d’accumulations, au point que je me suis demandée si l’auteur n’avait pas tenté d’écrire le monde dans son roman. (Autant vous dire que j’ai passé ces accumulations en avance rapide).

Les pages d’amour entre Emma et Le garçon sont magnifiques.

Ce dernier passe de la nature à l’agriculture puis à l’âge du fer sans jamais émettre une pensée, une idée. C’est ce qui m’a manqué dans ce roman : le point de vue du personnage principal. Il passe dans la vie comme dans le roman. Jamais il ne devient homme, malgré les nouveaux habits et son corps qui grandit.

Cela reste toutefois un roman plein de musique et de références littéraires.

L’image que je retiendrai :

Celle de la machette du garçon, prise sur un tirailleur africain. Arme qu’il fait sienne pour égorger l’ennemi.

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Les petites chaises rouges – Edna O’BRIEN

lespetiteschaisesrougesSabine Wespieser, 8 septembre 2016, 370 pages

Présentation de l’éditeur :

Dès qu’il franchit le seuil de l’unique pub ouvert dans ce trou perdu d’Irlande, l’étranger suscite la fascination. Vladimir Dragan est originaire du Monténégro. Il entend s’établir comme guérisseur.

On lui trouve un logement, un cabinet médical, et sa première cliente, une des quatre nonnes du lieu, sort de sa séance totalement régénérée. Rien d’étonnant à ce que Fidelma, très belle et mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, tombe sous le charme. L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, il a vécu à Cloonoila sous un faux nom. Inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, il est emmené à La Haye, où il rendra compte de ses crimes.

Mon avis :

Oui, il est question des massacres de Sarajevo ; oui, il est question du Boucher qui a permis ces crimes contre l’humanité. Mais il est également question des autres personnes déracinés par la guerre et qui arrivent à Londres ou ailleurs après avoir fui la violence.

L’auteure propose un triste constat : Vlad arrive dans le village irlandais plein d’une science de la nature qu’il fait partager aux villageois (massages et décoctions de plantes) ; mais au Tribunal Pénal International, il est incapable de reconnaître ses crimes, accusant les Puissances occidentales d’avoir mis des cadavres d’anciennes guerres dans le marché de Sarajevo pour faire croire à un massacre. Jamais personne n’est tout blanc ou tout noir.

De même le père de la petite fille qui la cache aux services sociaux pense faire son bien. Le mal revient bien des visages…..

L’histoire de Fidelma m’a moins touchée, pourtant personnage central du roman. Elle est une femme qui fait des choix. Et elle les assume jusqu’au bout, se retrouvant déracinée elle aussi : la communauté de son village ne lui ayant pas pardonné.

La langue de l’auteur est à la fois plaisante et déroutante : elle sait évoquer l’Irlande et ses paysages aussi bien que le Londres de la City ; nous laisser deviner les différents personnages et leurs caractères ; mêlant vocabulaire soutenu et plus trivial.

Un roman important.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites chaises rouges du titre, symbolisant le nombre d’enfants tués pendant le siège de Sarajevo. Combien de petites chaises rouges pour les enfants morts dans d’autres guerres…..

club-lecture

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La haine en ce vert paradis – Jean-François BOUCHARD

lahaineencevertparadisEditions Thaddée, 9 novembre 2016, 290 pages

Présentation de l’éditeur :

La région des Grands Lacs africains dégage un parfum de paradis terrestre. Vingt-cinq millions de Hutus et de Tutsis y vivent, répartis entre le Burundi, le Rwanda et la région du Kivu, en République démocratique du Congo. Entre 1959 et aujourd’hui, trois millions d’entre eux, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés au cours de plusieurs vagues de violences, de guerres et de génocides.

Des hommes politiques de bonne volonté voulaient renverser le destin de l’Histoire, comme le prince Louis Rwagasore, le Tutsi, abattu d’une balle dans le dos par un tueur à gages, ou encore Melchior Ndadaye, cet adolescent hutu qui, pour sauver s vie a fui son pays à pied. Il y est revenu et est devenu le président pour finir égorgé à la baïonnette par des soldats rebelles.

La haine, la mort, les trahisons ; les massacres, les dictatures, les prisons… Les racines de cette malédiction remontent à la venue de l’homme blanc, qui a balayé les royaumes ancestraux vivant en paix dans ce jardin d’Eden pour y semer une haine tenace.

Mon avis :

Voilà un livre qui complète ma lecture de Petit pays de Gaël Faye.

Si le roman m’avait fait découvrir le pays d’avant les massacres, ce livre-ci replace ce génocide dans son contexte historique, et nous assure que des hommes de bonne volonté ont tenté ce qu’ils ont pu pour sauver le pays de la haine et de la violence.

A travers ces pages, on sent que l’auteur est attaché à cette Afrique des Grands Lacs qui a l’air si magnifique. Une région riche, mais dont le développement c’est arrêté dans les années 60. L’auteur ne manque pas de rappeler que le Burundi est l’avant-dernier pays le plus pauvre du monde.

Une lecture éclairante sur un génocide qui s’est déroulé loin des yeux de l’Occident.

L’image que je retiendrai :

Celle du prince Louis Rwagasore, pas bon élève ni étudiant travailleur, mais qui fera tout pour que la guerre ne se déclare pas dans son pays.

Je remercie les Editions Thadée pour l’envoi de ce livre en avant-première et qui a su me rendre ce pays un peu plus proche.

Article mis en avant

Au fer rouge – Marin LEDUN

auferrougeEditions 84, 6 janvier 2016, 506 pages

Présentation de l’éditeur :

Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre oeuvre pour que justice soit faite.

Dix ans plus tard, une valise contenant le cadavre d’un trafiquant de drogue est découverte sur une plage landaise : l’heure est venue de régler les comptes. Emma s’attaque alors à une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête l’officier de police Javier Cruz, seigneur de l’antiterrorisme.

Des rives du fleuve Nervion aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la corruption n’a pas de frontières.

Mon avis :

Que j’aime la Côte Basque, ses routes sinueuses, l’océan aperçu au détour d’un chemin, ses couleurs chatoyantes.

Rien de tout cela dans ce roman, enfin si, en toile de fond. Car l’action est violente, les personnages brutaux et leurs méthodes tout autant.

L’auteur imagine (mais l’imagine-t-il vraiment ?) qu’un policier espagnol inonde le Pays Basque de drogue pour contrôler le terrorisme, juguler les terroristes autrement qu’en les tuant ou les torturant.

Si j’ai pris plaisir à lire la mise en place de l’action et des personnages et le récit dans sa grande majorité, je dois avouer que je me suis un peu lassée sur la fin : on devine comment ça va se finir, à quoi bon faire durer le suspens, ce qui ralenti un rythme mené tambour battant auparavant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la prostituée de luxe espagnole faisant son business du côté français de la frontière.

Une citation :

« Voilà pourquoi nous vendons de la cocaïne. Voilà ce que nous voulons : des bêtes de somme qui consomment docilement notre cocaïne pour être en état de travailler plus docilement. » (p.188)

Article mis en avant

Delta Charlie Delta – Laurent GUILLAUME

deltacharliedeltaFolio, 15 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme violée, mutilée et laissée pour morte dans un parking désaffecté, un drogué qui se serait suicidé, des dealers assassinés. . .

Réunis par les circonstances et un même sentiment de solitude, le major Mako de la BAC de nuit et la capitaine Marie Auger de la PJ décident de faire alliance. Très rapidement, leurs enquêtes respectives vont les entraîner dans les bas-fonds de la ville, au coeur de l’inimaginable.

Mon avis :

Si j’ai aimé la première enquête de Mako, je dois avouer que celle-ci m’a moins passionnée.

Disons-le tout de suite : il manque le personnage qui faisait tout le sel du précédent récit, alias papa et ses sorties drôles et toujours inattendues.

Le personnage d’Angy m’a paru peu fouillée : une ado qui s’attache à un flic aussi rapidement, trop facile. Marie, en revanche, a une vraie épaisseur.

La fin en happy-end m’a fait me demander si l’auteur ne voulait pas se débarrasser de son personnage….

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien de Mako qui s’attachent très rapidement à Angy. Un peu too much dans le côté Bisounours.

Article mis en avant

Thé mélange Ladurée – Ladurée

Bon alors comme nom, on a trouvé mieux, je vous l’accorde. Venant de la Grande Maison Ladurée, ça ne fait pas très glamour. Mais il fallait que j’essaye ce thé.

Présentation :

Une élégante association d’un thé noir de Chine, d’agrumes, de fleurs, d’épices légères et de vanille. La signature Ladurée.

Mon avis :

Non, ce thé n’a pas goût de macarons, mais il s’accorde parfaitement avec un petit carré de chocolat au goûter.

Sucré juste ce qu’il faut, il est idéal en cette saison pour se remonter le moral en milieu d’après-midi.

Et puis la boîte est si jolie….

laduree

 

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Le nouveau nom – Elena FERRANTE

lenouveaunomGallimard, 7 janvier 2016, 560 pages

Présentation de l’éditeur :

Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l’épicier, c’est le début d’une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu’il la touche, mais est obligée de céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.

De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université.

Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila, car l’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino.

Mon avis :

J’ai retrouvé avec plaisir les deux amies, si éloignées et pourtant si proches l’une de l’autre.

Même si la narratrice ne semble pas percevoir la compétition entre son amie et elle, on sent, au travers du texte, que Lila fait tout pour rester à hauteur des savoirs que Lenù ingurgite au lycée puis à l’Université.

Le monde de Lenù s’ouvre peu à peu, même si sa pensée reste très axée sur les idées communistes.

La camorra est peu présente dans cet opus, les problèmes de couple de Lila prenant le dessus dans l’intrigue.

J’attends maintenant avec impatience la suite du récit de cette amitié hors du commun.

L’image que je retiendrai (attention divulgachion) :

Celle de Lila brûlant son roman écrit quand elle était enfant et dont c’est inspiré Lenù.

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Tropique de la violence – Natacha APPANAH

tropiquedelaviolenceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Il y a une immigration constante et tragique dont la presse française ne parle pas. Elle se déroule dans un coin de France oublié de tous, cette ancienne île aux parfums devenue peu à peu un lieu cauchemardesque : Mayotte.

C’est là que Nathacha Appanah situe son roman : l’histoire de Moïse, enfant de migrant rejeté par sa mère parce que ses yeux vairons sont signe de malheur. Recueilli et élevé avec amour par Marie, une infirmière, Moïse se révolte quand il apprend la vérité sur ses origines et décroche de l’école. A la mort brutale de Marie, il tombe sous la coupe de Bruce et de sa bande de voyous, issus du ghetto de Mayotte. Il a 15 ans, se drogue, vole et se bat. Humilié, violé par Bruce, il le tue. Pour échapper à la vengeance des amis de Bruce, Moïse…

Mon avis :

J’ai censuré la fin de la quatrième de couverture, elle en disait trop.

De Mayotte, je savais qu’elle subissait la pression d’un flux migratoire venu des Comores voisines. Mais j’ignorais que son lagon était si beau. Tant de misères et tant de beautés sur le sol français.

Un roman trop court, qui oscille entre description de la petite délinquance, compromissions politiques et volonté des ONG qui tentent de construire quelque chose.

Une fin émouvante mais si pessimiste, comme si il n’y avait aucun échappatoire possible.

Une lecture forte et marquante.

L’image que je retiendrai :

Celle de Moïse lisant et relisant L’enfant et la rivière de Bosco, lecture le reliant à sa mère.

club-lecture

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La rage – Zigmunt MILOSZEWSKI

larageFleuve éditions, 8 septembre 2016, 552 pages

Présentation de l’éditeur :

Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente.
Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l’épouse battue…
Ou bien est-il simplement perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité – portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine, quelqu’un œuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.

Mon avis :

Non mais c’est pas possible ! L’auteur ne peut pas laisser tomber son personnage de Monsieurtéo. Il n’a pas le droit, tout simplement. Nous, les lecteurs, ne le voulons pas, tout simplement.

Pour la troisième et dernière fois, je me suis régalée avec la plume de l’auteur polonais ; ses remarques fines ; ses personnages au cordeau ; sa Pologne qu’il nous donne envie de découvrir.

Cette fois-ci, la ville avec ses onze lacs ne lui plaît pas, mais c’est dit avec tellement d’humour, j’adore !

Sa fille adolescente est un personnage qui m’a plu, entre indépendance et amour pour son père.

L’auteur se penche dans cet opus sur les violences faites aux femmes. En pleine actualité à l’heure du rejet de la loi sur l’avortement dans ce pays.

Je ne le dirai jamais assez : un auteur à découvrir.

L’image que je retiendrai :

Celle du dernier dîner entre le procureur et sa fille au restaurant.

Sandrine est aussi déçue que moi que le série s’arrête ; Edyta l’a lu en VO avant nous….

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La dernière nuit du raïs – Yasmina KHADRA

ladernierenuitPocket, 1er septembre 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Nuit du 19 au 20 octobre 2011.
Mouammar Kadhafi, acculé par les rebelles déterminés à libérer la Lybie, a trouvé refuge à Syrte. Avec le jour, viendra la mort.
Entouré d’une poignée de fidèles, le dictateur s’accroche à ses lubies et fantasmes. Lui, l’Élu de Dieu, Guide légitime de la nation, ne peut être renversé. Incapable de voir l’inconcevable réalité de sa fin, il court à sa perte.
Et le tyran se souvient de son ascension et raconte ses dernières heures de tension. Qu’il semble loin l’écho de la gloire passée. La ferveur du peuple est un chant de sirènes…

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé L’attentat et Ce que le jour doit à la nuit. Ce texte m’a un peu déçu par son côté peu romanesque.

J’ai eu l’impression de lire un traité de géo-politique (bon, j’exagère un peu…).

La figure du tyran ne m’a pas passionnée non plus, accro à la cocaïne, qui se rend compte un peu tard de ses erreurs.

En revanche, les apparitions de Van Gogh m’ont posé question : pourquoi cet artiste à l’oreille coupé apparaît-il dans certains rêves du Raïs ? Je n’en dirai pas plus.

L’image que je retiendrai :

Celle de certains de ses généraux, fidèles jusqu’au bout.

club-lecture

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Le secret du mari – Lian MORIARTY

lesecretdumariAlbin Michel, 2015, 410 pages

Présentation de l’éditeur :

Tous les maris – et toutes les femmes – ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs.

Jamais Cecilia n’aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « A n’ouvrir qu’après ma mort. » Quelle décision prendre ? Respecter le vœu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ?

Mon avis :

Le fameux secret est dévoilé à la moitié du livre. Mais ses conséquences, qui occupent la seconde moitié de l’ouvrage, sont terribles.

Je ne suis pas fan des desperates housewifes, bien que les real housewifes m’aient diverti un temps.

Pourtant, j’ai aimé cette intrigue qui se lit bien et se dévore comme une pâtisserie faite maison par une maman attentionnée mais débordée.

L’image que je retiendrai :

Celle de Cecilia emmenant sa fille à l’école avec un escarpin à talon et une ballerine plate.

Un autre endroit m’avait donné envie de le découvrir.

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Petit pays – Gaël FAYE

petitpaysGrasset, 24 août 2016, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Mon avis :

Ce roman est bien plus que le récit initiatique d’un jeune métis découvrant la guerre et la discrimination.

C’est avant tout une langue qui recrée les parfums et les couleurs d’un pays perdu ; qui nous parle des joies et des interrogations d’un garçon comme les autres dans un quartier résidentiel africain.

J’ai aimé ce verbe qui a su faire naître des images colorées du pays d’avant le drame : sa chaleur, ses arbres, ses personnages au verbe haut. Mais aussi le bruit de la guerre, au loin, s’approchant.

On sent, à travers la correspondance que Gabriel entretient avec une jeune française qu’il a la passion des mots. Si la lettre de sa compatriote sur le continent est bien convenue, la sienne est pleine de la tradition des interminables palabres de son pays.

Le personnage de la mère m’a moins touché, sans doute parce qu’un peu lointain.

Un pays que l’on n’oublie pas en refermant ce livre.

L’image que je retiendrai :

Celle des voitures se déplaçant dans la poussière du désert.

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La délégation norvégienne – Hugo BORIS

ladelegationnorvegienneBelfond, 2007, 276 pages

Le dernier cahier du livre n’est pas massicoté. Il ne s’agit pas d’un défaut de fabrication.

Présentation de l’éditeur :

René Derain aurait dû se fier à l’instinct de son chien. En arrivant au relais pour un séjour de chasse, son vieil ami a pris peur comme jamais. Mais l’atmosphère chaleureuse du chalet et les veillées en compagnie des autres chasseurs font vite oublier cette inquiétante arrivée.

Pourtant – est-ce la forêt, les participants ? – rien ne semble vraiment normal. La maison est bientôt prise dans la glace. Le gibier meurt sans raison. Le téléphone, coupé. La faim, la suspicion, la haine. La folie. Au dehors, quelque chose ou quelqu’un assiste à leur agonie… ou la précipite ?

Mon avis :

Ca commence plutôt bien, malgré quelques signes étranges. Puis la météo s’y met et la suspicion augmente.

L’atmosphère devient de plus en plus lourde, à l’image que la neige qui ne cesse de tomber, du froid qui s’insinue partout.

Avec le personnage principal, nous devenons suspicieux.

Je n’y connais rien en partie de chasse, mais celle-ci m’a paru bien étrange.

Et au final, nous, pauvre lecteur, ne savons toujours pas qui a commis le crime….

L’image que je retiendrai :

Celle des livres, omniprésente : que l’on brûle pour lancer le feu, dont on arrache les pages pour faire des épaisseurs supplémentaires entre les couches de vêtements, que l’on lit et qui colle à la réalité du roman.

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Just Kids – Patti SMITH

justkidsDenoël, 14 octobre 2010, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

C’était l’été où Coltrane est mort, l’été de l’amour et des émeutes, l’été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l’art, de la ténacité et de l’apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie.

Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max’s Kansas City, où siège la cour d’Andy Warhol.

En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d’inconnues, artistes influents de l’époque et marginaux hauts en couleur. C’est une époque d’intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l’art et du sexe explosent et s’entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d’ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre.

Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l’ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

Mon avis :

J’ai lu cet été Mr Train, que j’avais apprécié. Il me fallait lire le premier livre de Patti Smith, dont je connais très peu la musique.

J’ai aimé lire ses jeunes années, son enfance et les débuts de sa relation avec Robert, à l’époque des collages et des poésies au débotté.

La période où leur carrière respective décollent m’a moins intéressée, citation de noms et de lieux inconnus de moi (quelle ignorance crasse…).

j’ai aimé lire la passion de Patti pour Robert, leur soutient mutuel.

J’ai été très étonnée de lire que des années plus tard, elle se souvenait encore des vêtements qu’elle portait, des aliments qu’elle a mangé. Et toujours sa passion pour le café, les dates anniversaires et les cimetières.

L’image que je retiendrai :

Celle des collages que réalisaient Robert et qui laissaient déjà imaginer l’étendu de son talent.

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La douleur porte un costume de plumes – Max PORTER

ladouleurporteSeuil, 14 janvier 2016, 121 pages

Présentation de l’éditeur :

Une mère meurt. Elle laisse derrière elle deux petits garçons et leur père ravagés de chagrin. Surgit un soir dans leur appartement londonien un étrange personnage : un corbeau, doué non seulement de parole mais d’une verve enfiévrée, d’une audace surprenante et d’un sens de l’humour ravageur.

Qu’il soit chimère ou bien réel, cet oiseau de malheur s’est donné une mission : accompagner les trois âmes en péril jusqu’à ce que la blessure de la perte, à défaut de se refermer, guérisse assez pour que la soif de vivre reprenne le dessus.

Mon avis :

Je suis restée complètement hermétique à ce texte. Pour moi, la douleur ne porte pas un costume de plumes (elle en porte un autre).

Le procédé ne m’a pas parlé ; le corbeau non plus.

J’ai en revanche découvert la poésie de Ted Hugues. Tout n’est pas perdu.

Noukette, Cathulu et Léa m’avaient donné envie de tenter l’expérience.

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Le coeur est un chasseur solitaire – Carson Mc CULLERS

lecoeurestStock, 1947, 445 pages

Présentation de l’éditeur :

Habitants d’une petite ville du fin fond des États-Unis, les personnages du Cœur est un chasseur solitaire se sentent profondément seuls, abandonnés avec leurs révoltes. Subsistent cependant certains rêves.

Pour Mick l’adolescente complexée, celui d’apprendre à jouer du violon qu’elle s’est confectionné, et qu’elle cache sous son lit. Biff lui, observe ses clients pour échapper à sa vie de couple bien terne. Jake rêve d’un monde plus juste. Le docteur Copeland essaie pour sa part d’œuvrer concrètement à la réalisation de ce monde car sa couleur de peau l’expose à des brimades quotidiennes. Leur rencontre avec John Singer, sourd-muet dont le calme et la courtoisie inspirent confiance, leur permet d’entrevoir la possibilité d’être compris.

Mon avis :

Non, il n’y a pas d’intrigue dans ce roman, seulement des personnages qui se croisent, se parlent, ou pas.

Leur lien est le sourd-muet M. Singer à qui tous confient leurs pensées, sans que jamais ce dernier ne réponde.

La narration se déroule sur une année, un long été suivi d’un hiver court mais rigoureux.

J’ai aimé le personnage du sourd-muet, que son amitié pour un autre compagnon sourd tient en vie.

Un classique du roman américain qui nous parle d’amour de façon détournée.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion de Mick pour la musique, qui écoute en cachette la radio devant les maisons bourgeoises, puis celle de M. Singer.

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Rester en vie – Matt HAIG

resterenviePhilippe Rey, 22 septembre 2016, 251 pages

Présentation de l’éditeur :

A 24 ans, souffrant d’anxiété et de dépression, au cours d’un séjour en Espagne, Matt Haig s’est retrouvé au bord d’une falaise, les pieds à moitié dans le vide, sur le point de se précipiter…

Rester en vie, cela paraît si difficile à celles et ceux qui sont au fond de l’abîme, qui ne voient poindre aucune lueur. Ce livre vif et sensible raconte les batailles que l’auteur a menées pour comprendre ce qui lui arrivait, pour le partager aux autres (pas toujours compréhensifs), et se mettre sur le chemin de la guérison.

En cinq chapitres – Tomber, Atterrir, Se relever, Vivre, Etre -, l’auteur raconte avec sincérité comment il a progressivement vaincu sa maladie et réappris à vivre. Car les raisons de rester en vie sont nombreuses, et sont ici détaillées avec humour et conviction. Ouvrir ce livre, c’est entamer une exploration joyeuse des façons d’exister, d’aimer mieux, de se sentir plus vivant.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas toujours joyeuse, contrairement à ce qu’en dit l’éditeur. Quand l’auteur décrit ses symptômes dépressifs, c’est même plutôt plombant, comme ambiance.

Même si Matt Haig explique dès le départ que chaque dépression se manifeste et se vit différemment, je n’ai pas complètement adhéré au propos. S’en sortir sans médicament et sans thérapie me parait illusoire.

Ceci dit, pour ceux qui ne connaîtrait pas ce bonheur d’être au fond du trou 😉 il constitue une bonne approche de cette maladie discriminante.

Je suis d’accord avec lui sur un point toutefois : il faut se méfier des mardis.

L’image que je retiendrai :

Celle du #reasonstostayalive qu’il a créé où chacun peut exprimer pourquoi il s’accroche tout de même à la vie.

Antigone en a fait un coup de coeur de cette rentrée littéraire 2016.

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L’affaire Léon Sardoski – Romain SLOCOMBE

affaireleonsadorskiRobert Laffont, 25 août 2016, 512 pages

Présentation de l’éditeur :

Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les  » terroristes « .

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que chaque roman de Romain Slocombe est très très bien documenté.

Encore une fois, l’auteur s’intéresse à la période de l’Occupation allemande en France, et plus particulièrement de la collaboration.

Les Grandes Industries Françaises ont parfois collaborées, proposant leurs services, comme l’entreprise Photomaton, pour le fichage des Juifs, entre autre.

L’enquête policière n’est ici qu’un prétexte.

C’est parfois un peu long, un peu trop délayé, et j’ai lu certains passages en avance rapide.

J’ai toutefois découvert que certains responsables de la police française sont passés pour de courts séjours dans les prisons berlinoises. Mais certains en sont ressortis.

L’image que je retiendrai :

C’est le printemps à Paris, la sève ne monte pas que dans les arbres.

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Les anges sans visage – Tony PARSONS

lesangessansvisageEditions de La Martinière, 15 septembre 2016, 347 pages

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes à Londres. Max Wolfe, enquêteur au coeur tendre, flanqué de sa petite fille et de son chien (un Cavalier King Charles), doit faire face de nouveau à la noirceur et la violence du Londres des beaux quartiers.

Une famille aisée, bourgeoise, est retrouvée massacrée dans sa demeure du nord de la ville, le lendemain des fêtes du Premier de l’an. On retrouve les corps du père, de la mère, et de deux adolescents. Mais le plus jeune enfant manque à l’appel. A-t-il été enlevé ?

Les victimes ont par ailleurs été assassinées avec un pistolet d’abattage, qui sert habituellement à tuer les gros animaux de boucherie avant qu’on ne les égorge à l’abattoir. Max Wolfe finit par retrouver la trace, grâce aux archives du Black Museum (le musée de Scotland Yard) d’un serial killer, qui, 30 ans plus tôt, utilisait cette arme pour son modus operandi. Mais « l’équarisseur » est aujourd’hui un homme grabataire, mourant. Impossible de penser qu’il a commis ces meurtres. Alors quoi, un copycat, un vulgaire imitateur ? Ou bien quelqu’un qui cherche, au contraire, à piéger l’ancien meurtrier ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir Max Wolfe, sa fille Scout et son chien Stan.

Max s’entraîne toujours à la boxe, même si dans cet épisode, ses blessures profondes l’éloigneront quelque temps de la salle de sport. Car dans cet opus, il y en a des policiers blessés. Ca change.

Toujours le black Museum, même si j’ai trouvé cette fois-ci qu’il n’apportait rien à l’avancée de l’histoire.

Le plus intéressant dans ce second volet a été pour moi la découverte (merci Google images) des quartiers hyper cossus de la capitale britannique. Chouettes baraques un tantinet clinquantes.

L’image que je retiendrai :

Celle de Scout déguisée en Belle pour l’anniversaire de son amie. Son père célibataire a dû s’occuper de lui trouver son costume.

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Destiny – Pierrette FLEUTIAUX

destinyActes Sud Editions, 6 avril 2016, 183 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux femmes. L’une jeune, enceinte, noire, totalement démunie, qui dit s’appeler Destiny. L’autre, Anne, grand-mère depuis peu, blanche, classe moyenne éduquée. Par hasard, entre ces deux femmes, s’enclenche une relation fragile, chaotique, toujours au bord de se rompre. Les forces contraires sont puissantes.

La jeune Nigériane a fui son pays, traversé les déserts et la mer, subi la menace effrayante de prédateurs de toute espèce. Anne se heurte à la violence de ce passé, se perd dans les malentendus, vacille parfois. Destiny, elle, même au plus profond de sa misère, est certaine d’avoir un destin. Substituant les aléas d’une véritable rencontre aux généralités du phénomène migratoire, une expérience singulière se raconte ici, qui requiert à tout instant de s’inventer, pour approcher peut-être une humanité partagée.

Mon avis :

Si j’ai eu un peu de mal au début avec le style haché et exigeant de l’auteure, j’ai pleinement goûté son texte.

La vie de Destiny n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des zones d’ombres, des non-dits qui devront s’exprimer, ou pas.

Anne vacille elle-même parfois devant la misère de Destiny, tente de l’aider du mieux qu’elle peut, se heurte à la bureaucratie.

Un texte fort qui dévoile le quotidien de lutte des migrants en France. Leur combat n’est jamais fini.

L’image que je retiendrai :

Celle qu’Anne imagine souvent : la frêle embarcation sur laquelle Destiny est arrivé en Italie, criant son désespoir le premier jour de la traversée.

Un coup de coeur pour Clara ; un très beau texte pour Jérôme.

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The Girls – Emma CLINE

thegirlsQuai Voltaire, 25 août 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Lorsqu’une dispute les sépare au début de l’été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle dune secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s y faire accepter.

Tandis qu elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas quelle s’approche inéluctablement dune violence impensable.

Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.

Mon avis :

Tout, dans ce roman, est du roman. Certes, l’action prend corps autour de la secte de Charles Manson, mais le propos de l’auteure est ailleurs. Au contraire de California Girl de Simon Liberati, lu précédemment.

Le gourou est bien loin, sa pensée et son mode d’action peu présent.

Ce qui est surtout intéressant dans ce roman, c’est l’adolescente Evie qui se retrouve fascinée par un regard différent posé sur elle par Suzanne.

Et le constat de l’auteure sur l’éternel adolescent : même après quelques décennies, elles attendent toujours un regard posé sur elles.

La langue est étrange. Même si je n’ai pas relevé chaque comparaison qui m’a interpellé, je suis parfois restée pantoise devant certains rapprochements.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté, mais je n’ai pas autant d’enthousiasme que certains lecteurs-trices. J’ai trouvé le constat de l’auteure un peu triste.

L’image que je retiendrai :

Celle du groupe mourant littéralement de faim avant le départ pour le désert.

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Le sang dans nos veines – Miquel BULNES

lesangdasnnosveinesActes Sud éditions, 14 octobre 2015, 826 pages

Présentation de l’éditeur :

Eté 1921. Le capitaine Augusto Santamaria del Valle commande le petit poste avancé d’Igueriben dans la colonie espagnole du Rif, mais au terme d’un siège dramatique, il doit se replier devant les forces berbères. Seul rescapé, Santamaria rejoint les lignes espagnoles à Melilla avant d’être rapatrié.

Désormais invalide, Santamaria est muté dans la police et nommé commissaire de la Sûreté dans un quartier de Madrid. A peine est-il en poste qu’un meurtre est commis dans une maison close. La victime était en possession d’un carnet où se trouvaient consignés les noms de personnes ayant trempé dans une ténébreuse affaire de pédophilie et de meurtres d’enfants qui s’était déroulée à Barcelone dans les années 1910. Santamaria se met à sa recherche.

Au même moment, l’Espagne s’enfonce dans le chaos politique. Après la cuisante défaite du Rif, le gouvernement cherche à reporter la responsabilité de la défaite sur l’armée et traduit certains gradés devant les tribunaux militaires. Après un procès expéditif et orienté, Santamaria est l’un des rares officiers condamnés. Ce qui ne l’empêche pas, avec un groupe d’officiers, d’ecclésiastiques et de politiciens ultraconservateurs précurseurs du franquisme, de comploter en faveur d’un coup d’Etat militaire.

Mon avis :

Immense fresque, ça c’est sûr. L’enquête policière n’est qu’un prétexte.

Ce qui intéresse l’auteur dans ce roman, c’est de nous décrire les rouages de la politique espagnole, et notamment la préparation d’un coup d’état.

Il est également question de la Franc-Maçonnerie qui fait une apparition.

Je dois avouer que l’aspect historique ne m’a absolument pas passionné. C’est bien écrit, mais la politique espagnole des années 1920 ne me passionne pas plus que cela.

Cela reste toutefois plaisant à lire, mais je n’ai pas ressenti l’enthousiasme de Dasola.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Helena ne sachant pas comment parler à son mari Santamaria.

Article mis en avant

Impolitiquement correct – Martina CHYBA

impolitiquementcorrectFavre, 8 septembre 2016, 292 pages

Présentation de l’éditeur :

Une chronique dans un journal, c’est comme un carré de chocolat avec un café, ce n’est pas indispensable mais c’est tellement meilleur avec. Cela doit être un plaisir court et intense, on doit rester sur sa faim et se réjouir de la prochaine fois.

L’amour, les jeunes, les vieux, le travail, la technologie, l’argent, les maux, les mots et les poubelles à sortir… la vie n’est pas simple. Il fut un temps où les seuls moyens de survivre étaient la chasse, le feu, un endroit pour se protéger. Aujourd’hui, le seul moyen de survivre est l’humour. Muscler ses cuisses et ses neurones et grimper les marches une par une jusqu’au deuxième degré. Là-haut on respire mieux.

Martina Chyba écrit ses chroniques depuis 2010 dans Migros Magazine. Les voici compilées, réécrites, avec de nombreux inédits. A savourer comme le chocolat, lentement, dans un endroit que vous aimez bien, avec le café.

Mon avis :

Je connaissais Migros de nom, cette chaîne de magasins alimentaires helvétique. Je ne savais pas qu’ils avaient un magazine, et encore moins que certaines chroniques avaient un ton si décalé et plein d’humour. Quelle belle découverte.

Je me suis régalée avec les chroniques de Martina (permettez que je vous appelle Martina ?), célibataire, la cinquantaine avec deux ados à la maison.

Son réquisitoire annuel contre le Festival de Connes, pardon de Cannes sonne tellement vrai.

La traduction du grec Koléos (vous savez, le dernier SUV de Renault) est à mourir de rire : les propriétaires roulent littéralement dans des « couilles » en grec ancien, ou un « vagin » en grec moderne, au choix.

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle de la novelangue de l’Education Nationale, bien sûr, parole de génitrice d’apprenants.

Je remercie Masse Critique et les Editions Favre pour l’envoi de ce recueil sympathique.

Article mis en avant

Prière d’achever – John CONNOLLY

prieredacheverOmbres noires, 5 novembre 2014, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Comment expliquer à la police que l’on a été témoin de la chute d’une femme, sous un train, alors qu’aucune trace de l’effroyable accident n’est visible? C’est ce qui arrive à M. Berger, tranquille célibataire qui vient de s’installer à la campagne dans le vain espoir d’écrire un roman.

L’événement est d’autant plus troublant que, quelques jours plus tard, la même jeune femme se jette à nouveau sous la locomotive. Cette fois-ci, M. Berger décide de suivre cette mystérieuse créature au sac rouge. Il atterrit dans une étrange librairie tenue par un vieil érudit, qui accueille en ses murs les plus grands personnages de la littérature…

Mon avis :

Une belle après-midi de lecture en compagnie de M. Berger à la poursuite d’Anna Karénine.

Une bibliothèque pas comme les autres dans laquelle se retrouvent tous les grands personnages de la littérature mondiale.

Un récit qui ne me restera pas forcément longtemps en mémoire, mais une belle idée de départ pour cette novella.

L’entretient en fin de volume avec l’auteur est intéressant.

L’image que je retiendrai :

Celle du thé et de la part de cake que partagent M. Berger et Anna tout en devisant au coin du feu.

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Défaite des maîtres et possesseurs – Vincent MESSAGE

defaitedesmaitresSeuil, 7 janvier 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Iris n’a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que son compagnon, Malo Claeys, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment s’y prendre alors que la relation qu’ils entretiennent est interdite ?

C’est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci, notamment : nous n’y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus, qui nous ont privés de notre domination sur le vivant et nous font connaître un sort analogue à celui que nous réservions jusque là aux animaux.

Mon avis :

Commençons par le style : je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le rythme : des phrases très longues, puis des arrêts brusques ; un vocabulaire recherché. Il faut se laisser porter par la petite musique de l’auteur.

Le propos ensuite : c’est dur, très dur. Placer l’homme au niveau à la fois des animaux de compagnie et des bêtes d’abattoirs démontre finalement la polyvalence de notre espèce.

Le roman d’anticipation n’est généralement pas ma tasse de thé (mais alors, vraiment pas). Le récit m’a plusieurs fois mis mal à l’aise, mais il a le mérite de faire réfléchir sur le traitement des animaux d’abattoirs.

L’image que je retiendrai :

Celle des batteries dans lesquelles sont élevés les hommes jusqu’à l’âge de 14-15 ans, avant de partir être découpé.

Je suis d’accord avec Clara : des pages brillantes dont on ne sort pas indemne.

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Une mort qui en vaut la peine – Donald Ray POLLOCK

unemortquienvautAlbin Michel, 28 septembre 2016, 576 pages

Présentation de l’éditeur :

1917. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d’ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l’enfer auquel ils viennent d échapper ?

Mon avis :

La présentation ajoute : « Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O’Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock. » Sauf que ça fait un peu trop de monde pour un seul livre, et que j’ai décroché à mi-parcours.

L’histoire de départ était intéressante : ces trois frères qui veulent imiter le héros de leur enfance.

Mais très vite, des personnages secondaires font leur apparition, sur des chapitres entiers.

Le sexe, tarifé ou non, devient vite omniprésent. Sans oublier le caca avec le préposé municipal au curage des égouts.

Je n’ai pas vu où l’auteur voulait en venir.

Tant pis.

L’image que je retiendrai :

Celle du banquet céleste que promet le père à ses trois fils, faute de pouvoir les nourrir ici bas.

Je remercie Les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman qui ne m’a hélas pas passionné. Un coup de coeur pour Léa Touch Book

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La mésange et l’ogresse – Harold COBERT

lamesangetelogressePlon, 18 août 2016, 425 pages

Présentation de l’éditeur :

 » Ce que je vais vous raconter ne s’invente pas.  »
22 juin 2004. Après un an d’interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari,  » l’Ogre des Ardennes « . Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa  » mésange  » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?

Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu’au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au cœur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas aussi noir et voyeuriste que ce que vous pouvez penser. Au contraire.

L’auteur alterne les points de vue : le commissaire Debieme en charge de l’enquête et des interrogatoires qui a des soucis de santé à l’aube de la cinquantaine ; Monique Fourniret qui livre ses pensées comme elles viennent et des bribes de souvenirs ; des extraits des procès d’audition.

Ce qui m’a choqué, c’est de découvrir une femme en manque d’affection ; qui ne s’est attaché à aucun de ses propres enfants tout en vouant un culte à son mari. Une femme négligée qui se laisse porter par les événements.

Michel Fourniret apparait comme un pervers manipulateur, mais surtout comme un homme qui « bande mou », obsédé par l’hymen des femmes. Malgré son intelligence supérieur, il est incapable de situer précisément cette membrane dans l’anatomie féminine.

L’auteur, en fin de volume, explique pourquoi ce couple si bancale a pu échapper si longtemps aux radars de la justice.

Et de se demander si, au final, ce n’est pas elle, Monique, qui a exploité son mari et ses penchants pervers pour mener La belle vie, comme elle l’appelle avec regret.

Au début de ma lecture, Je ne voyais pas comment, à force de répéter toujours les mêmes questions et d’obtenir toujours les mêmes non-réponses, les enquêteurs avaient pu faire craquer la suspecte. Et l’auteur démontre que c’est justement cette avalanche de questions qui, petit à petit, érode la confiance de Monique en son mari et en elle-même, la fait douter, et finalement, avouer.

Une lecture éclairante.

L’image que je retiendrai :

Celle de la description de Fourniret lorsqu’il chasse : la barbe bien taillée, les petites lunettes cerclées, se présentant comme un professeur de dessin et un père de famille.

L’avis de Sandrine.

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California Girls – Simon Liberati

californiagirlsGrasset, 17 août 2016, 342 pages

Présentation de l’éditeur :

Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.

Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.

Mon avis :

Ce livre aurait pu s’appeler Charlie et ses drôles de dames, tant le diminutif de Charles Manson, Charlie est répété à l’envi, le rendant presque sympathique.

L’auteur décrit bien les filles paumées, dont les prénoms m’ont complètement échappé, comme si elles étaient interchangeables : toutes s’habillent avec les frusques de tout le monde ; ne se lavent pas ; marchent pieds nus et se nourrissent avec des restes trouvés dans les poubelles.

Ajoutez la musique des Beatles de l’album blanc en toile de fond ; un ventriloque qui ne pense qu’à forniquer pour s’attacher ses filles, et vous aurez une belle brochette de cinglés.

Même lors du fameux meurtre qui a défrayé la chronique, ces pauvres bougres sont perdus : l’une ne parvient pas à serrer des liens ; tous sont obligés de s’y reprendre à plusieurs fois pour mettre à mort leurs victimes. Même la victime la plus médiatique est déshumanisée qui réagit « comme une poupée » avec une voix « IBM » (sic).

En quelques phrases, l’auteur nous présente les coupables, retraçant leur passé et pourquoi ils ont finalement atterri dans les griffes de Manson.

Une lecture éclairante sur une certaine dérive des jeunes filles dans les années 70.

L’image que je retiendrai :

Celle des pieds coupées des filles, à force de marcher pieds nus. Coupures qui ne se referment jamais.

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Les liens du sang – Géraldine LOURENCO

lesliensdusangVérone éditions, 23 mai 2016, 354 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle fuit un mari violent. Il vit reclus sur une île bretonne depuis le décès de sa femme et de sa fille dans un accident de voiture. Lors de leur rencontre, leurs destins vont se lier, se mêler, se nouer et se dénouer.

Il est persuadé qu’on a assassiné sa famille. Elle va l’aider à le prouver. Et la vérité, cruelle et inattendue, va s’imposer.

Mon avis :

Le résumé était alléchant, j’ai donc accepté cette proposition de lecture.

Mais je dois dire que j’ai été déçue : le récit est convenu ; le style n’évite aucune facilité (elle mordit à pleine dent ; elle rit à gorge déployée…)

Tant pis.

Je remercie les éditions Vérone pour ce partenariat. Je souhaite tout de même à ce roman de trouver son lectorat.

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Continuer – Laurent MAUVIGNIER

continuerLes Editions de Minuit, 1er septembre 2016, 240 pages

Présentation de l’éditeur :

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.

Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Mon avis :

Quel texte riche et fort !

Je découvre l’auteur avec ce nouveau roman qui s’inspire d’un article lu dans Le Monde en août 2014.

Pourtant, ce texte n’a rien du récit d’un fait divers.

J’ai aimé Sybille, ses zones d’ombre, son passé qu’elle ne peut affronter. Son mari m’a agacé, qui ne pense qu’à lui. Son fils m’a intrigué, rempli de colère mais timide et mutique.

Leur randonnée à cheval au Kirghizistan n’avait rien pour me passionner. Et pourtant, j’ai aimé les leçons de vie, les découvertes que chacun fait sur soi, ou se refuse à faire.

J’ai aimé la musique de fond que mère et fils partage en secret, sans se le dire. Une chanson sur laquelle on a dit et écrit pleins de choses : Heroes de David Bowie.

Un leitmotiv qui revient sans cesse : continuer. Parce qu’on n’a pas le choix. Pourtant, parfois, on ne peut pas. Qu’il est difficile de continuer….

Surtout, le dernier chapitre m’a ému en touchant une corde sensible.

L’image que je retiendrai :

Celle du pays, le Kirghizistan, désertique, mais aux habitants au grand coeur.

Je remercie PriceMinister et son Match de la Rentrée littéraire pour l’envoi de ce roman.

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Rural noir – Benoît MINVILLE

ruralnoirLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Adolescents, Romain, son petit frère Christophe, Vlad et Julie étaient inséparables. Ils formaient un  » gang  » et arpentaient leur cambrousse dans l’insouciance, entre bonheurs simples de l’amitié et petites embrouilles – un vélo qui disparaît, une bagarre avec la bande du patelin d’à côté… Mais un été, tout bascule. La rencontre de Cédric, un ado rebelle et nouveau venu dans la région, vient bouleverser l’équilibre du petit groupe. Vlad, jusque-là le  » Captain  » du  » Général  » Romain, est fasciné par Cédric le frondeur, qui ne connaît aucune limite, et s’en rapproche de plus en plus. La belle Julie, dont tous sont secrètement amoureux, est agressée par  » le Dalton « , un marginal du village. Et c’est la fin de l’innocence…

A la mort de ses parents dans un accident de la route, quelque temps plus tard, Romain décide de tout quitter. Après dix ans d’absence, il revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par son frère et ses amis. Christophe, ancien militaire atteint de stress post-traumatique, vit désormais avec Julie, tous deux attendent un enfant. Vlad et Cédric, quant à eux, dirigent le trafic de drogue dans la région… Lorsque Vlad est retrouvé dans un champ, tabassé et quasiment mourant, le  » gang  » se reforme pour découvrir ce qui est arrivé et entrer en vendetta contre les coupables…

Mon avis :

Comme son titre l’indique c’est noir, très noir. Plein de colère, de secrets, de non dits. Ce cocktail explosif déclenchera une gueria entre bandes de dealers rivales.

Ca cogne sec, ça boit du rouge au comptoir.

Le style est sec et sans fioriture.

Mais je n’ai pas accroché plus de 80 pages. Lu le reste en avance rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle de la campagne de la Nièvre, villages qui se meurent.

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Chelsea Garden – Whittard

Quand je me rendsen Angleterre, je ne manque pas de m’arrêter dans cette maison de thé, certes très commerciale, mais qui propose un choix très anglais.

Pour prolonger l’été, j’ai choisi cette année un thé léger.

chelsea garden

Présentation (en français) :

Vous trouverez la base de notre signature thé qui permet une lumière et une infusion élégante, tandis que la suggestion douce de rose et de saveurs de fruits mûrs d’été ajoutent une touche délicieusement caractéristique. Et l’ensemble rosebuds ? Eh bien , il permet d’exprimer le côté plus floral à sa personnalité.

Mon avis :

Un thé léger idéal quand il fait chaud (mais je ne l’ai pas bu froid).

Sa boîte et ses saveurs nous emmènent dans un jardin anglais : fouillie mais si élégant, aérien.

boite

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Le temps est assassin – Michel BUSSI

letempsestassassinLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Eté 1989
La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide.
Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ?

Mon avis :

Dernier opus pour moi à lire de cet auteur, dernier roman paru en mai 2016.

L’intrigue nous emmène cette fois en Corse, en été. Quoi de mieux !

L’auteur tisse comme à chaque fois habillement les fils de son histoire, nous faisant douter tour à tour de chacun des personnages.

Comme j’en ai lu 3 de suites, et que ses anciens romans me sont restés quelque peu en mémoire, j’ai aimé les clins d’oeil à certains détails de ses précédents livres (Envie-de-tuer ; un avion qui s’écrase….) Le Petit Prince de Saint-Exupéry encore et toujours présent.

Une ode à la terre qui n’appartient à personne : les adultes que nous sommes l’empruntons à nos enfants. « Rien n’appartient jamais à une personne seule« .

Une belle lecture d’été.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vue sur la Méditerranée depuis la bergerie du grand-père de Clothilde.

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La Belle et La Bête – Malandain Ballet Biaritz

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De retour à l’Opéra pour une nouvelle saison, je découvre la dernière création du chorégraphe Thierry Malandain, servi par une troupe très expressive.

J’ai aimé La Bête, très proche de l’animalité, derrière son collant noir : ses gestes, ses postures m’ont fait croire au personnage. Le danseur habitait totalement le rôle.

labete

J’ai aimé le jeu des rideaux, dévoilant une nouvelle scène, révélant des parties des corps des danseurs.

J’ai aimé la sobriété des costumes.

Toutefois, j’ai regretté les couleurs : trop de noir et blanc, ou or et argent. Mais sans doute fallait-il cette sobriété du décor pour laisser pleinement s’exprimer les artistes.

J’ai aimé la musique, enfin, mélange d’Eugène Onéguine, Hamlet et La Symphonie pathétique. Bien que, parfois, trop de lyrisme dans la partition créée une redondance avec la scène. Mais « ça prend aux tripes », c’est sûr !

Quand au message de cette création, laissons parler le chorégraphe :

« Sans se pencher sur toutes les interprétations du conte, on peut y déceler un récit initiatique visant à résoudre la dualité de l’être : la Belle incarnant l’âme de l’être humain et la Bête sa force vitale et ses instincts.

Avec Jean Cocteau, dont le film sortit sur les écrans en 1946, le regard se porte sur la représentation des démons intérieurs de l’artiste à travers la double nature de la Bête.

Unité perdue ou nature humaine déchirée, quoiqu’il en soit, sur des pages symphoniques de Tchaïkovski, dans notre proposition la Bête, délivrée de ses démons intérieurs, épousera la Belle sous un soleil ardent. »

Thierry Malandain in La Belle et La Bête – Malandain/Tchaikovski

troupe

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Gravé dans le sable – Michel BUSSI

gravedanslesableLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Quel est le prix d’une vie ?
Quand on s’appelle Lucky, qu’on a la chance du diable, alors peut-être la mort n’est-elle qu’un défi. Un jeu.

Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune.
Alice, sa fiancée, n’a rien à perdre lorsque, vingt ans plus tard, elle apprend l’incroyable pacte conclu par Lucky.

De la Normandie aux États-Unis, elle se lance en quête de la vérité et des témoins de l’époque… au risque de réveiller les démons du passé.

Mon avis :

Lors de sa première publication, ce roman était intitulé Omaha Crimes. Il s’agit, comme l’auteur l’indique dans sa préface, de son tout premier roman, qui est à présent réédité.

Et ça se sent : l’histoire part dans tous les sens (de la Normandie aux Etats-Unis avec d’innombrables aller-retour). Les personnages secondaires ne m’ont pas paru indispensables.

Et puis, que la narration est bavarde !

Si l’écrivain garde un attachement particulier pour ce texte, il n’en sera pas de même pour moi.

L’auteur a écrit mieux depuis, heureusement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la falaise de craie qui attendait les Alliés lors du débarquement de Normandie.

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Maman a tort – Michel BUSSI

mamanatordPocket, 4 mai 2016, 544 pages

Présentation de l’éditeur :

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant…

Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil. Le compte à rebours a commencé.

Qui est vraiment Malone ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de l’auteur. L’action se déroule cette fois-ci au Havre, une ville que nous avions visitée en famille et qui nous avait plu.

J’ai bien aimé les personnages sympathiques et humains, faisant leur maximum pour résoudre deux énigmes en même temps.

J’ai parfois ri, parfois été beaucoup moins convaincue par certains extraits du site envie-de-tuer.com (j’ai vérifié, rassurez-vous, ce site web n’existe pas). Oui, parfois dans la vie quotidienne, on a envie de tuer son voisin ou son patron. Certaines situations en exergue de chapitres sont parfois cocasses.

Comme à chaque intrigue, l’auteur sème des indices. Trop contente d’en déchiffrer certains, j’ai tout de même été attrapée à la conclusion du roman.

J’ai encore une fois passée un bon moment de lecture.

Merci, Monsieur Bussi.

L’image que je retiendrai :

Celle du château qu’imagine Malone, et qui s’avère être des cheminées d’usine.

Merci Maman pour ce prêt inattendu.

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Nuit de septembre – Angélique VILLENEUVE

nuitdeseptembreGrasset, 9 mars 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

« Une nuit, ton fils s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé.
Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d’iris, les pierres de la cour tiède sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu’il est parti gonflé d’elles. Mais comme tu n’es pas sûre qu’en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la respiration, le murmure. »

Avec une sensibilité vibrante, lumineuse et poétique, Angélique Villeneuve dit l’après : comment exister sans celui dont on respecte silencieusement le choix d’être parti ? Quelle place trouver parmi les vivants et comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?

Mon avis :

La narratrice tente de mettre des mots sur le décès brutal de son fils.

Pas de misérabilisme, pas de pleurs, aucune tentative de chercher à savoir pourquoi. Juste des mots sur cette absence que la mère vit jour après jour.

Les arbres sont là pour aider cette mère démunie.

Et puis un jour, elle trouve dans une autre langue comment se dit un parent orphelin de son enfant.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette mère qui sent l’absence de son fils au creux de sa hanche, physiquement.

Yuko, Clara, Aifelle, Sylire et Antigone m’ont donné envie de plonger dans ce récit.

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9 ans déjà !

9 ans que je blogue, comme ça passe vite !

Premier blog : celui des Couassous, alias mes enfants. Commencé parce que ma maman était partie travailler sur le Caillou, à l’autre bout du monde. C’était une façon de la tenir au courant de notre nouvelle vie de famille.

couassousPuis les enfants ont grandi, ma mère est revenu, et je me suis remise à lire. Envie de parler d’autres choses.

J’ai donc changé de plate-forme pour ouvrir mon blog de lectures. Changement de titre, changement de pseudo. Mais toujours la même envie de découvrir d’autres blogs.

Certains n’ont pas donné suite, certains ont disparu, mais d’autres continus, comme moi.

Pour fêter l’événement, je vous offre donc ma boisson favorite : une coupe de champagne !

coupes

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Envoyée spéciale – Jean ECHENOZ

envoyeespecialeLes Editions de Minuit, 7 janvier 2016, 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Mon avis :

De l’auteur, je n’avais rien lu (honte à moi).

Je suis agréablement surprise par le style, exigeant. L’histoire ne m’a intéressée que dans la troisième et dernière partie, mais je n’ai pas boudée mon plaisir de lire une telle prose.

Ironie, flegme et sens de l’absurde, tout y est.

Un moment de lecture intelligent.

L’image que je retiendrai :

Celle de la perceuse, accessoire qui interviendra régulièrement dans le récit.

Les avis beaucoup plus développés de Sylire, Jostein, Clara et Yv.

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Mémoire de fille – Annie ERNAUX

memoire-de-filleGallimard, 1 avril 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue».

Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

Mon avis :

Quelle plongée dans l’adolescence m’a offert l’auteure : l’âge pendant lequel on doit faire des choix pour son avenir ; ce moment pendant lequel on cherche absolument à appartenir à un groupe.

Mais Annie n’appartient à aucun monde : ni celui des monos de camp de vacances, ni celui des filles huppées du lycée. Qu’importe, elle se découvre peu à peu, s’émancipant de sa famille en douceur. Reviendront alors son « sang » et son appétit.

L’auteure explore également son rapport à l’écriture, ainsi que son rapport au passé. Retourner sur les lieux des événements ne lui apporte rien, et pourtant elle cherche souvent des traces des personnes qui ont croisé sa route à cette époque.

Tout au long de ma lecture, j’ai senti l’auteure apaisée.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’adolescente calquant ses vêtements et ses études sur ceux de cette femme du camp de vacances, tentant de lui ressembler.

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Des garçons bien élevés – Tony PARSONS

desgarconsbienelevesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont sept. Ils se connaissent depuis vingt ans, tous anciens élèves de la très prestigieuse école de Potter’s Field. Des hommes venus des meilleures familles, riches et privilégiés. Mais quelqu’un a décidé de les égorger, un à un. Quel secret effroyable les lie ? Sur quel mensonge ont-ils construit leur vie ? L’inspecteur Max Wolfe va mener l’enquête, depuis les bas-fonds de Londres jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir. Au péril de sa vie.

Mon avis :

Un policier divorcé qui élève seul sa fille avec son jeune chien, un personnage attachant (même si il pratique la boxe, tout le monde n’est pas parfait). Il n’hésite pas à donner de sa personne pour découvrir la vérité.

Un roman intelligent sur fond d’école ultra-élitiste.

Réalité ou fiction : il existe un Musée Noir dans lequel sont conservés toutes les armes imaginées pour tuer des policiers.

Un auteur que je découvre avec plaisir.

L’image que je retiendrai :

Dans la fameuse école huppée, Henri VIII avait fait enterrer ce qu’il avait de plus cher : ses chiens….

Mercis Richard, Dasola et Valérie pour cette idée de lecture.

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Les vivants et les morts – Nele NEUHAUS

lesvivnatsetlesmortsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Au coeur de l’hiver, une vieille dame est tuée d’une balle dans la tête tandis qu’elle promène son chien dans un parc de la banlieue de Francfort. Trois jours plus tard, une autre femme est abattue avec la même arme à travers la fenêtre de sa cuisine, alors qu’elle est en pleins préparatifs de Noël.

L’officier de police judiciaire Pia Kirchhoff comprend qu’elle peut dire adieu à son voyage de noces en Equateur : son collègue Oliver von Bodenstein va avoir besoin d’elle. Les victimes n’avaient apparemment aucun ennemi. Pourquoi, alors, fallait-il qu’elles meurent ? Ont-elles été choisies au hasard ?

Lorsque d’autres morts surviennent, la peur se répand dans la population face à celui que la presse a déjà surnommé « le sniper du Taunus ». Pia et Oliver tentent désespérément de déterminer le mobile de celui qui s’est autoproclamé « le Juge ». En priant secrètement qu’il y en ait un, parce que rien n’est plus imprévisible qu’un homme qui tue sans discernement. Lorsque, aiguillés par les énigmatiques messages du meurtrier, les deux enquêteurs élargissent le champ de leurs investigations aux proches des victimes, ils mettent au jour une terrible tragédie humaine aux ramifications complexes.

Mon avis :

4e volet des enquêtes de Pia et Bodenstein, cette fois-ci avec un volet médical.

J’ai trouvé ce tome un peu trop délayé à mon goût. L’enquête n’avance pas (il faut dire que le coupable est retors et ne laisse aucune piste).

Les vies de Pia et Bodenstein en arrière-plan sont toujours aussi intéressantes.

Dans cet opus, l’auteure pose la question du don d’organes : les médecins se comportent-ils comme des vautours autour d’une proie ? Rien de bien rassurant…..

L’image que je retiendrai :

La soeur de Pia intervient dans ce volet, et se prend de passion pour la chef de sa soeur.

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De force – Karine GIEBEL

deforceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Elle ne m’aimait pas.
Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet.
Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces.
De force.
Mais on n’aime pas ainsi.
Que m’a-t-elle donné ?
Un prénom, un toit et deux repas par jour.
Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu.

Mon avis :

En refermant ce roman, je me demande si l’auteure elle-même ne l’a pas écrit De force : beaucoup de délayages, de redites, et une fin décevante.

J’ai tout de même aimé la valse-hésitation pour tenter de deviner qui est le coupable : j’en suis venue à soupçonner tout le monde.

J’ai aimé que l’auteure nous parle de l’amour familial, celui qui ne se commande pas ni ne s’achète, que l’on ne peut obtenir de force.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine de la propriété vers qui converge tous les regards.

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Un travail comme un autre – Virginia REEVES

untravailcommeunautreStock, 24 août 2016, 344 pages

Présentation de l’éditeur :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

Mon avis :

Même si il se laisse porter par les événements, Roscoe est un personnage attachant. Il m’a énervé, parfois, à ne pas souvent prendre les devants. Mais j‘ai fini par l’aimer, et avoir du mal à le quitter.

Sa femme, en revanche, qui au départ était une femme plutôt sympathique, m’est très vite devenue antipathique.

De la famille, seul Gérald n’a pas failli.

J’ai aimé suivre la vie de Roscoe en prison ; ses mésaventures et son attachement à Maggie, la chienne qui lui est donné à sa sortie ; ses diverses cicatrices qui parcourent son corps.

Mais ma lecture a été malheureusement trop hachée pour que j’ai été complètement emportée par le souffle épique de ce roman.

Je me joins au concert de louanges pour dire qu’il s’agit d‘un premier roman réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’électricité, véritable fil conducteur du roman.

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Chiens de sang – Karine GIEBEL

chiensdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont là. Derrière. Ils approchent.
Aboiements. Tonnerre de sabots au galop…
La forêt est si profonde… Rien ne sert de crier. Courir. Mourir. C’est le plus dangereux des jeux. Le dernier tabou. Le gibier interdit…
Le hasard les a désignés. Diane aurait dû rester à l’hôtel, ce jour-là. Au mauvais endroit, au mauvais moment… Maintenant, ils sont derrière, tout près. Courir. Mourir.
Quant à Rémy le SDF, s’il a perdu tout espoir depuis longtemps, c’est la peur au ventre qu’il tente d’échapper à la traque. Ils sont impitoyables, le sang les grise. Courir. Mourir.
C’est le plus dangereux des jeux. Qui en réchappera ?

Mon avis :

Je continue de rattraper mon retard avec cette auteure, encore un autre de ses anciens romans.

D’entrée de jeu, comme d’habitude, on s’attache aux personnages. Cette fois-ci, les deux personnages principaux sont coursés pour des raisons différentes : Diane dans une forêt de Cévennes, Rémy dans un parc privé de Sologne. Tous deux courent pour leur vie.

L’auteure sait habillement mener ces deux récits de front, avec des ressemblances parfois macabres.

Et bien sûr, comme souvent avec cette auteure, cela ne se finit pas bien, pour personne.

L’image que je retiendrai :

Celle du parc du Lord en Sologne, plein de pièges autour de pièces d’eau magnifiques.

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Terminus Elicius – Karine GIEBEL

terminuseliciusLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler ce train-train morose :  » Vous êtes si belle, Jeanne.  » Glissée entre deux banquettes, elle l’attendait. Une déclaration. D’amour. De guerre. Car l’homme de ses rêves est un monstre, un tueur sans pitié. Elle sera sa confidente, son épaule. Il sera son âme sœur, son dilemme. Le terminus de ses cauchemars…

Mon avis :

Premier roman de l’auteur, Prix SNCF du polar, excusez du peu.

On prend donc beaucoup le train dans ce court roman, la ligne Marseille-Mirmas.

Dès le départ, l’auteure nous fait douter de son personnage principal, Jeanne, une jeune femme pleine de TOC qui vit encore chez sa mère à 30 ans. Et puis un drame a eut lieu dans sa vie : l’abandon de Michel.

La force de ce roman (et de l’auteure) réside dans le fait que même une fois le roman refermé, on doute de l’identité d’Elcidius : est-ce Jeanne ; est-ce un ancien ami de Michel ? Il faudra que je demande à l’auteure…..

L’image que je retiendrai :

Celle des couleurs de la mer qui longe la fameuse ligne de chemin de fer.

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Miettes de sang – Claire FAVAN

miettesdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Poplar Bluff, petite ville du Missouri. Aux yeux de ses habitants, Dany Myers est un raté, un faible, indigne du souvenir qu’a laissé son père, ancien et bien-aimé capitaine de la police locale. Poussé par sa mère à rejoindre à son tour les forces de l’ordre, il y exécute sans broncher les tâches subalternes, encaisse les vexations et fuit tout conflit. Jusqu’à ce qu’une étrange vague de meurtres, suivie de suicides, endeuille la communauté. 

Cette affaire, que tous souhaitent étouffer, sera  son affaire. Pour la première fois de sa vie, Dany brisera le silence – à ses risques et périls… 

Mon avis :

Une lecture agréable pour un récit policier un peu convenu.

Le personnage principal est vraiment becasson et met à chaque fois les pieds dans le plat. Mais on lui pardonne avec une mère comme la sienne.

Mais si il est une oie blanche au départ, il finit comme les autres par frapper tout le monde.

La fin est inattendue cependant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison bleue qui fait cauchemarder le personnage principal et le coupable.

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Zaï Zaï Zaï Zaï – FABCARO

zaizai6 Pieds sous Terre Editions, 21 mai 2015

Présentation de l’éditeur :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.

Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.

Mon avis :

Bienvenue dans la 4e dimension ! J’ai eu du mal, au départ, à saisir le côté décalé de ce road-movie.

Un point de vue sur notre société de consommation. Une lecture qui décape et qui fait réfléchir sur nos us et coutumes modernes.

L’image que je retiendrai :

Ai-je bien ma carte de fidélité sur moi ?!

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Les assassins – R.J. ELLORY

lesassassinsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et obsédé par les serial killers, celui-ci découvre en effet que ces meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Mon avis :

Une lecture étrange, dans laquelle aucun indice ne permet d’identifier le coupable, juste un affreux doute sur Costello.

Le propos de l’auteur porte surtout sur les tueurs en série : descriptions de leurs crimes avec les dates. C’est intéressant, mais l’auteur m’avait habitué à mieux.

Irving est touchant qui ne sait pas comment se comporter avec le journaliste.

Beaucoup de détails, de pages noircies. Pas inintéressant, mais pas le meilleur de l’auteur.

L’image que je retiendrai :

Celle du Marteau de Dieu, le serial killer qui ouvre et clôt le roman.

Une expression :

Treeware, le terme que les geeks emploient pour désigner les documents en papier.

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Tant que dure ta colère – Asa LARSSON

tantqueduretacolereAlbin Michel, 1er septembre 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Une nouvelle enquête de Rebecka Martinsson.

Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d’une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l’enquête réveille d’anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…

Mon avis :

J’avais lu il y a quelques temps son second roman La piste noire qui ne m’avait pas laissé un mauvais souvenir.

Voici donc la troisième enquête de Rebecka, et je dois dire que j’ai été quelque peu déçue.

Je m’attendais à plus de suspens, plus de mystères dans ce cercle polaire arctique où se déroule l’action.

Une enquête sur fond de seconde guerre mondiale, mais vraiment par petites touches.

Une lecture qui ne me restera pas longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’esprit de la jeune femme morte tournant avec les oiseaux au-dessus des vivants.

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

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Papillon de nuit – R.J. ELLORY

papillondenuitLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Après l’assassinat de Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes. L’Amérique a compris que si une puissance invisible pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs.

C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air.

Mon avis :

C’est apparemment le premier roman écrit par l’auteur. J’y retrouve ce tique d’écriture qui m’agace chez lui : je vous préviens régulièrement qu’il va se passer quelque chose. Assez pour m’agacer, mais pas assez pour me faire abandonner.

Le personnage principal se laisse porter par les événements : il devient ami avec un noir en Caroline du Sud dans les années 50 ; il le suit quand celui-ci veut échapper à la conscription pour la guerre du Vietnam. Il se retrouve emprisonné dans le couloir de la mort sans vraiment s’être défendu. Danny est donc un vrai naïf.

Mais l’auteur sait tenir son lecteur : histoire racontée au compte goutte ; « révélations » sur les morts de JFK et de son frère ainsi que sur le KKK.

Et bien sûr, le papillon de nuit et sa destinée tragique qui revient en leitmotiv.

Monsieur Ellory, je vous aime !

L’image que je retiendrai :

Celle d’Eve Chantry, vieille sorcière de la ville qui racontera le destin tragique de sa fille et son mari aux deux garçons. Un passage bouleversant.

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Police – Hugo BORIS

policeLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel roman ! Quelle ambiance, quelles émotions ! (oui, j’aime bien les points d’exclamation, et si je pouvais, je les ferai même à l’envers, na !)

Un roman court, une action qui se déroule sur peu d’heures, mais des souvenirs cuisants émaillent la soirée. Des images d’un quotidien de policier qui en voit des vertes et des pas mures : la société française de fond en comble.

Les trois personnages principaux sont attachants, plus vrais que nature.

Une langue qui va à l’essentiel, mais qui sait suggérer un arrière-plan tout aussi important de banlieues dortoirs et de chaînes de magasins uniformes.

Une réalité noire qui m’a émue.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tadjik reconduit à la frontière qui, ne comprenant pas la langue, réagi à contre-temps.

Un coup de coeur inattendu pour Antigone ; un roman admirablement mené pour Yv.

Je remercie les Editions Grasset ainsi que Net Galley pour l’envoi de ce roman passionnant.

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Journal d’un vampire en pyjama – Mathias MALZIEU

journaldunvampireLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

Mon avis :

Que j’aime les romans de cet auteur : La mécanique du Cœur, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi.

Autant dire que j’ai été déçue par ce récit de sa maladie qui nous raconte (presque) au jour le jour sa renaissance.

Si j’ai trouvé certaines images sympathiques : les nymphermières, Dame Oclès, en revanche le récit détaillé de ses hospitalisations successives ne m’a pas passionné.

Tant pis. J’attendrais un autre roman de cet auteur qui nous parle de héros au cœur d’enfant.

L’image que je retiendrai :

Celle de sa compagne Rosie qui l’accompagne chaque jour, y compris dans sa bulle stérile.

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Boléro de Mariage Frères

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Thé noir au goût de fruits méditerranéens

Crescendo va le tempo du Boléro dans le style entêtant des mélodies andalouses.

Pour ce thé aux fruits de la Méditerranée en dominante de pêche blanche, d’abricot et de figue, la liqueur se fait veloutée, charmeuse et dansante.

A chacun de l’orchestrer sur une table gourmande.

Mon avis :

Hummm, des fruits d’été ! Mais dans une tasse de thé, finalement, ce n’est pas à mon goût.

Il laisse une amertume en bouche, sauf à le laisser beaucoup infuser.

Pas un de mes préférés, malgré le nom prometteur.

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Jules – Didier von CAUWELAERT

julesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Zibal est un petit génie. Ses inventions auraient d’ailleurs pu lui rapporter des millions mais tout le monde n’est pas doué pour le bonheur et Zibal, malgré ses diplômes, se retrouve à 42 ans vendeur de macarons à l’aéroport d Orly.
Un jour, devant son stand, apparaît Alice, une jeune et belle aveugle qui s’apprête avec son labrador Jules à prendre l’avion pour Nice où elle doit subir une opération pour recouvrer la vue. L’intervention est un succès mais, pour Jules, affecté à un autre aveugle, c’est une catastrophe. Jules fugue, retrouve Zibal et, en moins de vingt-quatre heures, devient son pire cauchemar : il lui fait perdre son emploi, son logement, ses repères. Compagnons de misère, ils n’ont plus qu’une seule obsession : retrouver Alice.

Mon avis :

Une lecture plaisante et sympathique sur fond de chien guide d’aveugle.

L’héroïne se fait faire une greffe de cornée qui réussie ; elle n’a pas de soucis d’argent. Son seul problème est son chien qu’elle doit abandonner au profit d’un autre aveugle.

Mais rassure-vous, au cours d’un week-end à Deauville, tout s’arrangera.

Une lecture sympathique donc, qui m’a toutefois permis de découvrir que trop peu de chiens étaient dressés pour les personnes souffrant de crise d’épilepsie.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Panart de Fred partant dans un bruit de pétarades.

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Les corps de verre – Erik Axl SUND

lescorpsdeverreLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Un peu partout en Suède, des jeunes mettent fin à leur vie. Une vague de suicides décidément étrange : chaque fois, les procédés choisis sont déroutants, les mises en scènes horriblement méticuleuses…

On charge l’inspecteur Jens Hurtig d’enquêter. Bientôt la police découvre qu’au moment de passer à l’acte les victimes écoutaient une cassette, une mixtape unique créée pour l’occasion par un obscur musicien underground. La durée de chaque enregistrement correspond à la date d’anniversaire de la personne à laquelle elle est destinée. Puis c’est une série de meurtres bestiaux qui vient faire déborder les casiers de la criminelle. Quand Hurtig finira par comprendre que ces crimes ont un lien avec les suicides, il sera peut-être déjà trop tard… 

Mon avis :

Le début d’une nouvelle trilogie de ce duo d’auteurs, chic ! J’avais adoré leur première trilogie PersonaTrauma Catharsis.

La trilogie en cours tourne autour de la mélancolie.

D’ailleurs, le personnage principal est désigné par les thermes Mélancolie noire, ou encore Hunter.

Il est question tout au long du roman du suicide des jeunes, et ce thème m’a mis mal à l’aise.

Les communautés religieuses et leur dis fonctionnement sont également pontes du doigt.

Un roman très noir.

L’image que je retiendrai :

Certains des personnages sont des immigrés qui ont connu l’enfer. De quoi relativiser. 

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L’année sans été – Gillen D’Arcy WOOD

lanneesanseteLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Un an après Waterloo, en 1816, le monde est frappé par une catastrophe restée dans les mémoires comme l' » année sans été  » ou l' » année du mendiant « … Une misère effroyable s’abat sur l’Europe. Des flots de paysans faméliques, en haillons, abandonnent leurs champs, où les pommes de terre pourrissent, où le blé ne pousse plus.

Que s’est-il passé ? En avril 1815, près de Java, l’éruption cataclysmique du volcan Tambora a projeté dans la stratosphère un voile de poussière qui va filtrer le rayonnement solaire plusieurs années durant. Ignoré des livres d’histoire, ce bouleversement climatique fait des millions de morts. On lui doit aussi de profondes mutations culturelles, dont témoignent les ciels peints par Turner, chargés de poussière volcanique, ou le Frankenstein de Mary Shelley.

L’auteur nous invite à un véritable tour du monde. Au Yunnan, les paysans meurent de faim, vendent leurs enfants et se lancent dans la culture du pavot à opium, moins sensible que le riz aux variations climatiques.

Dans le golfe du Bengale, l’absence de mousson entraîne une mutation redoutable du germe du choléra, dont l’épidémie gagne Moscou, Paris et la Nouvelle-Angleterre. L’Irlande connaît une effroyable famine, suivie d’une épidémie de typhus, qui laisse de marbre le gouvernement britannique. En Suisse, des glaciers avancent avant de fondre brutalement, détruisant des vallées entières. Aux États-Unis, des récoltes misérables provoquent la première grande crise économique, etc.

Ce livre, qui fait le tour d’un événement à l’échelle planétaire, sonne aussi comme un avertissement : ce changement climatique meurtrier n’a pourtant été que de 2° C…

Mon avis :

J’avais entendu dire que le Frankenstein de Mary Shelley avait été écrit suite à un été sombre. J’ai découvert en lisant ce livre que le fameux été avait duré 3 ans de suite et qu’il avait produit bien plus qu’un chef d’oeuvre de la littérature.

Du volcan, je ne connaissais rien, même pas son nom (et pourtant, j’avais entendu parler du Krakatau). C’est l’année du bicentenaire de son réveille.

Même les fermiers américains ont été touchés, ce qui a créé la première crise économique mondiale (bien avant le Jeudi Noir). Sans oublier les agriculteurs irlandais avant la maladie de la pomme de terre.

De même qu’au Yunnan, en Chine, les agriculteurs sont passés de la culture de subsistance des céréales, à la culture de rapport de l’opium, plus rentable.

L’auteur fait le lien entre l’éruption du Tambora et l’éruption de Santorin en 1628 av. J.C. qui avait précédé la chute de la civilisation minoenne, la légende de l’Atlantide et l’exode des Hébreux hors d’Egypte (p.59).

Une lecture enrichissante.

L’image que je retiendrai :

L’auteur semble partir de l’éruption du Tombora, mais il ne nous parle que du roman de Mary Shelley. Habile.

Je remercie les éditions La Découverte, ainsi que Net Galley pour l’envoi de cet essai passionnant.  

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Les contes défaits – Oscar LALO

lescontesdefaitsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent  Les contes défaits
L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir. 

Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.

Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence… 
Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature. 

Mon avis :

Je savais que le sujet était difficile. Mais je pensais que l’auteur pourrait l’écrire. Il n’en est rien.

Comme son titre, l’écriture est défaite : elle part dans tous les sens, l’auteur ne peut pas la centrée sur son sujet. Et cela m’a gêné. J’attends d’un roman une certaine construction, or dans celui-ci, tout est déconstruit. Est-ce un roman d’ailleurs ? Je me suis plusieurs fois posée la question.

Jeu de mots pour mettre l’horreur à distance, soit. Celui avec le homme d’enfants est parlant, mais tous ne le sont pas.

Une écriture très bien pensée, mais qui m’a laissé su ma fin-faim.

L’image que je retiendrai :

Celle des enfants revenant de promenade sous la pluie et séchant dans le vestibule.

Je remercie les Editions Belford et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

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Être ici est une splendeur – Marie DARIEUSSECQ

etreiciestunesplendeurVie de Paula M. Becker

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

 » Paula Modersohn-Becker, née le 8 février 1876 à Dresde et morte le 21 novembre 1907 (à 31 ans) à Worpswede, est une artiste peintre allemande, et l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s’engagea dans des études de peinture et rejoignit les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, non loin de Brême, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épousa le peintre Otto Modersohn. Le manque d’audace des peintres worpswediens, toutefois, la poussa à s’ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l’avant-garde artistique. Les quatorze courtes années durant lesquelles Paula Modersohn-Becker exerça son art lui permirent de réaliser pas moins de sept cent cinquante toiles, treize estampes et environ un millier de dessins. Son style, particulièrement original, est le fruit d’influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l’impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l’art japonais ou encore l’art de la Renaissance allemande. La force expressive de son oeuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du XXe siècle. Elle mourut prématurément à trente-et-un ans, des suites d’un accouchement. Jusqu’à aujourd’hui, elle reste assez peu connue au-delà des pays germanophones.  » Ce qui précède, c’est la fiche Wikipédia consacrée à l’héroïne du nouveau livre de Marie Darrieussecq. Bien sûr, cette biographie (nouveau territoire pour l’auteur de Il faut beaucoup aimer les hommes) reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula. Mais elle les éclaire d’un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d’expression et d’indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

Mon avis :

Je ne connaissais pas cette peintre (mais il faut dire que je n’ai pas fait les Beaux Arts et que je ne connaissais pas non plus Charlotte avant de lire le roman de Foenkinos. Comme quoi, la lecture mène même à la peinture).

A travers les mots de l’auteure, je découvre la peinture d’une artiste allemande de la fin du 19e siècle : une artiste qui aimait peindre les corps nus, surtout les corps des femmes de sa région, ceux des paysannes épuisées par le travail et les enfants.

Grâce à la correspondance de l’artiste, l’auteure retrace le parcours de cette femme éprise de liberté et de Paris, amie de Rilke et de sa femme.

De plus en plus, les musées exposent les œuvres des femmes peintres, des rétrospectives leur sont dédiés. Les écrivains, homme ou femme, écrivent également sur ces peintres qui ont su peindre dans une époque où les femmes ne s’émancipaient que trop peu.

L’image que je retiendrai :

Celle du titre, bien sûr, si belle.

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Les incendiés – Antonio MORESCO

les incendiesEditions Verdier, 25 août 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Un homme décide de fuir la sombre et douloureuse gangue qui lui tient lieu d’existence. Il renonce à tout.

Après une longue errance en voiture, il finit par trouver refuge dans un hôtel au bord de la mer où il vit caché. La touffeur de l’été enflamme l’air. De petits feux explosent, çà et là, au long de la côte. Une nuit, un épouvantable incendie menace l’hôtel. L’homme parvient à se sauver sur une falaise désertique d’où il observe le terrible spectacle.

Soudain, une femme aux dents d’or aussi merveilleuse que mystérieuse apparaît dans son dos, lui murmure que c’est pour lui qu’elle a incendié le monde et, avant de disparaître, lui demande s’il veut brûler avec elle. Obsédé par cette rencontre, il se lance à sa recherche.

Mon avis :

Quand on ouvre un roman d’Antonio Moresco, il faut bien avoir en tête que l’auteur nous emmène dans un monde à part. Et dans cet ouvrage, le monde est complètement à part. On y croise une tueuse-prostituée qui parle russe et notre héros, complètement déphasé.

L’ouvrage s’ouvre et se clôt sur un incendie ; et tout le long du roman, ce sont les armes qui font feu.

Avec sa langue éminemment poétique, Antonio Moresco arriverait presque à me faire aimer les descriptions d’embuscades qui tournent mal.

Heureusement, au milieu de toute cette violence, il y a le héros qui voue un amour éperdue à cette femme qu’il a rencontré par hasard et qu’il suit aveuglément.

J’ai tout de même moins accrochée qu’aux précédents romans de l’auteur. Disons que celui-ci est différent.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux héros dans le pays des morts. Quand je vous dis que le monde de l’auteur est à part….

Merci ma libraire préférée pour cette lecture en avant-première.

Article mis en avant

J’ai tué papa – Mélanie RICHOZ

tue-papaSlatkine et Cie, 25 août 2016, 94 pages

Présentation de l’éditeur :

« C’était donc lundi. Un lundi trois. C’est mon chiffre favori parce que je suis né en mars, le trois justement, et que mars est le troisième mois de l’année. Ma date de naissance, c’est le lundi 3.3.2003. Et aussi, nous sommes trois à vivre à la maison. Papa, moi et maman. L’homme, l’enfant et la femme. Le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Tyrannosaure Rex, le Diplodocus et le Stégosaure.Les trois mages de la constellation d’Orion. »

Confronté au monde et à l’hospitalisation de son père, le jeune Antoine livre ses réactions, auxquelles font écho celles de ses parents. Un roman bouleversant, à trois voix, qui nous plonge dans le quotidien d’un garçon autiste.

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel texte ! Un récit à trois voix : celle d’Antoine, jeune garçon autiste qui tente d’expliquer le monde autour de lui ; la voix de sa mère, bouleversante ; la voix de son père, toujours présent pour le réconforter quand Antoine panique.

A eux trois, ils forment une famille unie et aimante. Jusqu’au jour du drame.

Nous suivons donc ces trois personnages, leurs pensées et l’évolution d’Antoine.

Un récit court mais qui m’a bouleversé. J’ai fini les dernières pages avec des poissons d’eau dans les yeux.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion d’Antoine pour la couleur verte au point que sa mère colore tout ses plats en vert.

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Lithium – Aurélien GOUGAUD

lithiumAlbin Michel, 17 août 2016, 189 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain, un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.

Dans un texte crépusculaire, Aurélien Gougaud entremêle leurs voix, leurs errances, leur soif de vivre, touchant au plus près la vérité d’une génération en quête de repères. Un premier roman d’une surprenante maturité, qui révèle le talent d’un jeune auteur de vingt-cinq ans.

Mon avis :

Je ne m’attendais à rien en ouvrant ce roman : je savais juste qu’il allait être question d’Elle et de Lui.

Et puis quel titre énigmatique : de quel élément chimique parle-t-on ? le lithium qui compose les piles ou celui qui soigne les troubles bipolaires ?

Alternativement, à chaque chapitre, on suit les personnages dans leur quotidien sur une semaine, sans que ce soit jamais lassant.

Le style est enlevé, rapide, sans être rédhibitoire.

Les vies se croisent, parfois pour longtemps, parfois pas.

L’auteur ausculte la société de consommation par le petit bout de la lorgnette (celui d’une centrale d’appels qui ne recule devant rien) ; les relations au travail (la toute puissance du boss) ; les jeunes adultes et leur rapport à la vie et au travail.

Même si les personnages principaux n’appartient pas à ma génération (je n’ai plus 25 ans….), j’ai aimé les suivre dans ce roman le temps d’une après-midi.

Quelle belle découverte !

L’image que je retiendrai :

Celle de la personne âgée souffrant d’Alzheimer et qui se fait poser un parquet neuf deux fois par an à des tarifs prohibitifs.

Article mis en avant

L’année la plus longue – Daniel GRENIER

lanneelapluslongueFlammarion, 17 août 2016, 400 pages

Présentation de l’éditeur :

Thomas Langlois, né comme son aïeul Aimé Bolduc une année bissextile, ne fête son anniversaire qu’une année sur quatre. Mais est-il pour autant, comme l’espère vivement son père, promis au même destin que son ancêtre qui, lui, ne vieillissait que d’une année tous les quatre ans ?

En suivant les vies de ces deux personnages d’exception, L’année la plus longue traverse, de Chattanooga à Montréal, des Great Smokies aux monts Chic-Chocs, près de trois siècles d’histoire de l’Amérique. De la prise de Québec par les Britanniques en 1760 au 11 septembre 2001, de la capitulation des Indiens au combat des Noirs américains, c’est l’âme du continent tout entier qui s’invite et s’anime dans cette fresque épique et familiale.

Ce premier roman, œuvre d’un immense conteur, réussit le pari fou de nous plonger au cœur de la grande histoire et, au-delà, de nous en peindre mille et une autres.

Mon avis :

Commençons par l’aspect positif de cette lecture : j’ai appris plein de choses sur l’Histoire des Etats-Unis et du Québec, par le petit bout de la lorgnette.

Mais que le style m’a déplu : c’est alambiqué, les phrases tournent autour du pot, partent en digressions.

Qui plus est, le récit est construit comme un puzzle, me perdant dans les couloirs du temps.

Je ne me suis donc attachée ni aux personnages ni à l’histoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’anniversaire de Thomas que son père ne lui fêtait que tous les 4 ans.

Article mis en avant

Roland est mort – Nicolas ROBIN

rolandest mortEditions Anne Carrière, 17 mars 2016, 182 pages

Présentation de l’éditeur :

Roland est mort. Les sapeurs-pompiers l’ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul. Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. II écope du chien, puis de l’urne contenant les cendres du défunt.

Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique ? Le voisin va tout tenter pour s’en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ? Ce livre est un ovni. La force des mots, l’immense sensibilité qui s’en dégage font qu’il laisse une trace et qu’on le quitte avec regret.

Mon avis :

Roland est mort, leitmotiv qui revient à chaque début de chapitre (cette fois-ci et aujourd’hui, ce n’est pas maman…).

Un style composé d’accumulations qui ne sont pas barbantes ; des répétitions qui font sourire ; et une passion du personnage principal pour le Campari et les films pornos qu’il ne peut jamais regarder tranquillement : à chaque fois, quelqu’un sonne à sa porte pour lui donner quelque chose de Roland.

On découvre sa famille pas piquée des vers ; ses rendez-vous au Pôle emploi surprenants.

Une très belle découverte. Un roman intelligent à l’écriture ciselée jamais rédhibitoire.

L’image que je retiendrai :

La phrase leitmotive du personnage quand il est stressé : « Je me gratte la barbe, je m’aplatis les cheveux de la paume de la main ».

Merci Clara pour ce très bon conseil de lecture.

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La valse des arbres et du ciel – Jean-Michel GUENASSIA

lavalsedesarbresetducielEditions Albin Michel, 17 août 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.

Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…

Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la plume de Monsieur Guenassia. J’avais beaucoup aimé Le club des incorrigibles optimistes, son premier roman.

L’auteur nous entraîne cette fois-ci dans la France de la fin du 19e siècle : exposition universelle et construction de la Tour Eiffel ; études de médecine venant tout juste de s’ouvrir aux femmes ; et bien sûr Van Gogh.

Le roman s’ouvre et se ferme sur le personnage de la fille du docteur Gachet, une jeune femme au caractère fort et aux idées bien arrêtées, qui voudrait devenir peintre et rêve de s’exiler aux Etats-Unis sans rien en dire à son père. Jusqu’à l’arrivée de Vincent dont elle tombe amoureuse.

Le récit est entrecoupé d’extraits de la correspondance de Vincent à son frère Théo, ou d’articles de journaux de cette époque. Ce sont des pauses bienvenues dans le récit.

Un roman qui offre une version inusitée de la fin de vie du célèbre peintre.

Une très belle écriture, intelligente et sensible.

L’image que je retiendrai :

Celle de Vincent, marchant dans la camp