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A la recherche du temps perdu – Du coté de chez Swann – Nom de pays : le nom – Marcel PROUST

nomdepayslenomLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

« Noms de pays : le nom » évoque les rêveries du narrateur, ses envies de voyage, lui à qui la maladie interdit jusqu’à une sortie au théâtre. C’est donc à travers les horaires des trains qu’il voit Balbec et surtout Venise. 

Mon avis :

Où l’on retrouve la nature, les couleurs, les violettes qui ornent les décolletés d’Odette de Crecy, devenu Mme Swann.

Ah, qu’évoquent de splendeurs et de beauté les noms des villes italiennes…. Rien que du peu que nous en savons, nous voyageons déjà avant même de partir. Malheureusement, le narrateur ne partira pas en Italie cette année-là. Tant pis, il rencontrera Gilberte.

Le narrateur s’éprend de Gilberte, la fille de Swann et d’Odette, avec qui il partage le jeu des barres sur les Champs Elysées chaque après-midi, ou presque.

Bergotte est toujours cher au cœur du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de Gilberte glissant sur la glace pour rejoindre le narrateur malgré la neige.

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Love story à l’Iranienne – DELOUPY

lovestoryaliranienneDelcourt, 13 janvier 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.

Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Mon avis :

Prix BD-STAS de la Fête du Livre de Saint-Etienne 2016

Cette BD est une sorte de documentaire sur la jeunesse amoureuse d’Iran. Les reporters se sont rendus dans les grandes villes du pays pour rencontrer des jeunes amoureux qui ont bien voulu leur parler des difficultés de leur relation.

Dans ce pays, ce sont les parents qui décident avec qui va se marier une jeune fille : il faut que l’homme ait un appartement et une voiture, au minimum.

Hommes et femmes n’ont pas le droit de se promener ensemble dans la rue, sauf si ils sont mariés.

Parfois, au fil de l’interview, les deux parties se rendent compte qu’elles ne sont pas d’accord sur pleins de sujets, car les couples n’ont aucun espace ni temps de parole ensemble.

Certaines jeunes femmes interviewées acceptent aussi cette situation et ne dédaignent pas devenir mère au foyer.

Une lecture qui interroge, d’autant que les parents de ces jeunes-gens ont tous manifestés pour la démission du Shah. Des années après, rien n’a changé.

L’image que je retiendrai :

Des témoignages vraiment différents et contrastés.

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – Un amour de Swann – Marcel PROUST

unamourdeswannLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ce roman décrit l’amour que Swann, un homme de la haute société, porte à Odette de Crécy, une jeune femme aux mœurs légères. Mais, pour Swann, l’amour est indissociable de la jalousie et de l’angoisse qu’elle génère. Aussi va-t-il compenser les insuffisances d’Odette et construire sa propre image d’elle : en l’associant à une œuvre musicale, en la comparant à une bergère d’une fresque de Botticelli… Pour autant, cette idéalisation, cette esthétisation de l’être désiré suffiront-elles à sauver l’amour de la ruine ?

Mon avis :

Pas de transition entre la fin de Combray et le début de cette seconde partie. 

On devine, au fil de récit, que Swann est un aristocrate coureur de jupons, qui s’éprend d’une demi-mondaine.

Elle le fait inviter chez des bourgeois qui se piquent d’être des intellectuels à la mode. On sent de l’humour de la part du narrateur lorsqu’il fait parler un certain docteur.

Tout au long du récit, j’ai eu envie de crier à Swann : « Mais ouvre les yeux sur cette femme, bon sang ! Dés le premier abord, tu ne l’as pas trouvé jolie, ni même charmante. Elle te cache des choses, attention ! » Mais non, l’amour de Swann était aveugle. Et nous de deviner que M. De Charlus est tombé lui aussi sous le charme d’Odette.

J’ai aimé les pages sur la musique de Vinteuil, qui rappelle à Swann les premiers temps de son amour.

Moins de couleurs, moins de nature dans cette seconde partie. Plus de rapports sociaux sous la Troisième République.

L’image que je retiendrai :

Celle de Swann à la recherche d’Odette dans tous les restaurants de Paris encore ouvert tard le soir.

Quelques citations :

« Il se plongeait dans le plus enivrant des romans d’amour, l’indicateur des chemins de fer, qui lui apprenait les moyens de la rejoindre, l’après-midi, le soir, ce matin même ! »

« Ces images étaient fausses pour une autre raison encore : c’est qu’elles étaient forcément simplifiées. »

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – 1ère partie : Combray – Marcel PROUST

combrayLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, œuvre à part entière mais aussi amorce dramatique d’un joyau de la langue française, le narrateur s’aperçoit fortuitement, à l’occasion d’un goûter composé d’une tasse de thé et d’une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d’un buisson d’aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s’exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l’eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ».

Mon avis :

Force m’est de constater que lors de ma première lecture de ce texte il y a plus d’une vingtaine d’années, j’étais passée complètement à côté.

20 ans plus tard, devenu maman, je comprends et ressens les couchers tardifs du narrateur, grappillant encore et toujours un baiser de sa mère.

Je n’avais pas perçu, lors de ma première lecture, l’omniprésence de la nature dans ces pages : les fleurs, les lilas et les nymphéas.

Mais aussi la présence de la couleur, notamment la couleur jaune et rose.

J’ai aimé découvrir Combray et la tante du narrateur ; sa bonne et cuisinière et la découverte du sadisme par l’enfant.

Je n’avais pas oublié « La charité de Giotto » qui accouche dans la maison.

J’ai redécouvert la grand’mere qui ajoute un filtre d’art au cadeau qu’elle veut faire, aux risques et périls du receveur.

Enfin, j’ai aimé me laisser porter par les phrases et les associations d’idées du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de la visiteuse de l’oncle Octave, toute de rose vêtue avec un grand collier de perles.

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Carthage – Joyce Carol OATES

carthagePoints, 3 octobre 2016, 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout semble aller pour le mieux dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse.

Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère.

Mon avis :

C’est toujours avec une certaine appréhension que j’ouvre un livre de cette auteure. J’en ai follement aimé, et abandonné d’autres peu après les avoir commencé.

Celui-ci se situe entre les deux : j’ai aimé les personnages complexes ; beaucoup moins les longueurs inutiles sur les personnages secondaires.

J’ai aimé rencontrer M.C. Escher et ses créations étranges.

J’ai aimé le discours de Mme Oates sur la Guerre (en Irak ou en Afghanistan), qui détruit les jeunes hommes en quête d’idéal.

J’ai aimé le personnage de Cressida, même si dans ce roman, c’est elle qui tombe amoureuse de son futur beau-frère, pour le malheur de tous.

Dans ce roman, le paradoxe de Zenon (le père) est mis à mal : « toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible. » disait le philosophe grec du même nom.

Les pages sur la beauté / laideur m’ont moins touchées.

L’image que je retiendrai :

Celle du mur de la prison, si long, si gris.

Quelques citations :

« Les éléphants aussi enterrent leurs morts. (…) Sauf que les éléphants étaient capables de reconnaître les os de leurs morts des années plus tard. Une mère éléphant poussait des barrissements angoissés, saisissant les grands os courbes de sa grand-mère, enfouies dans la terre desséchée. Mais aucun être humain ne peut reconnaître les os d’un parent. »

« Il nous est nécessaire d’être farouchement aimé par une personne pour exister. » (p.410)

« Dans la totalité du monde biologique, le monde humain est le seul où les parents souffrent de la honte de leurs rejetons. Ce n’est possible dans aucune autre espèce que celle des Homo sapiens. » (p.467)

club-lecture

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Queen Anne de Fortnum and Mason

boite

J’aime beaucoup cette respectable maison de thés anglaise.

Dernièrement, j’ai tentée leur thé Queen Anne.

Le descriptif :

Créé en 1907, notre année du bicentenaire, ce mélange populaire commémore le souverain régnant dans l’année où Fortnum & Mason a commencé. Le mélange soigneusement sélectionnés de thés TGFOP Assam et de Ceylan FBOP produit un thé fort qui est rafraîchissant à tout moment de la journée.

Mon avis :

Un thé fort ? Je craignais qu’il ne soit trop fort, les anglais l’aimant ainsi. Mais finalement, je découvre avec plaisir un thé fin et goûteux pas du tout amer.

J’en reprendrais, c’est sûr !

queenanne

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L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.

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L’héritage de Jack l’Eventreur – Hugo BUAN

lheritagedejackleventreurEditions du Palémon, 22 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Passionné par Jack L’Éventreur, Hugo Buan met ici ses recherches sur le sujet au service de sa série…

Et si les crimes de 1999, à Paris, où cinq femmes furent assassinées dans le quinzième arrondissement, parmi lesquelles sa chère maman, avaient un lien avec Jack ? Et si le crime du Décollé à Saint-Lunaire, l’été dernier, avait aussi un rapport avec Jack ? De 1888, l’époque des crimes de Whitechapel, à aujourd’hui, Workan va découvrir l’impensable. Incrédule, il va plonger dans cet univers morbide et n’en sortira pas indemne.

Mon avis :

Où l’on reparle du Black Muséum de Scotland Yard…. pour y voir figurer Workan !

Je retrouve avec plaisir le commissaire qui ne s’embarrasse pas de sa hiérarchie ni de ses enquêteurs à ses ordres. Ni des éventuels témoins, leur faisant faire un bain nu dans une mer de Bretagne en novembre pour les aider à se rafraîchir la mémoire.

Vous l’aurez compris, ce qui intéresse l’auteur, c’est de nous parler de Jack l’Eventreur, inventant le vrai meurtrier et son journal de bord.

Une hypothèse intéressante et crédible.

Mais en refermant le roman, j’ai eu un doute : Workan résout dans ses pages le meurtre de sa mère. J’espère que cela ne sonne pas la fin du personnage. Ce serait dommage….

L’image que je retiendrai :

Celle des kitesurfeurs sur cette pointe bretonne en novembre : la température de l’eau ne doit pas être très élevée…

Je remercie les Editions du Palemon pour l’envoi de ce roman de mon commissaire bougon préféré.

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L’odeur de la forêt – Hélène GESTERN

lodeurdelaforetArléa Editions, 25 août 2016, 700 pages

Présentation de l’éditeur :

Une correspondance incomplète, des clichés clandestins, un journal codé, voilà les premières cartes du jeu de patience que va mener Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie, et qui l’emmènera bien plus loin qu’elle ne le pensait.

Car L’Odeur de la forêt est une traversée de la perte, à la recherche des histoires de disparus, avalés par la guerre – la Première puis la Seconde Guerre mondiale -, le temps et le silence. Mais ce roman ample, prolifique, multiple, célèbre aussi et surtout la force inattendue de l’amour et de la mémoire, lorsqu’il s’agit d’éclairer le devenir de leurs traces : celles qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants.

Mon avis :

Un pavé, du papier fin, des descriptions sur les petits riens qui font la vie, ce roman demande du temps pour le lire.

L’auteure mêle habillement l’histoire de son personnage principal Elisabeth (ses peines, ses amours) avec l’Histoire (celle des poilus).

Bien sûr, il est question d’amours : Elisabeth est veuve mais ne sait pas où est enterré son aimé à cause de son ex-femme ; le triangle amoureux de 1914 n’est pas celui que l’on croit ; un amour rejeté conduit Tamara à sa déportation.

Le personnage principal tente de redonner vie à un poète disparu ; l’auteure du roman redonne vie à Tamara, sous un autre nom (l’auteure l’explique en fin de volume).

Il est également question de la Guerre des Tranchées, racontée par le photographe et ami du poète depuis le front.

Il est question de l’Honneur rendu à des Poilus accusés à tord.

Il est question de legs qui enchantent ou plombent nos vies.

L’image que je retiendrai :

Celle de la forêt en bordure de la maison d’Elisabeth pleine de pièges à loups.

Une citation :

« Pour un nom dont on se souviendra, pour une Tamara Isserlis rescapée de l’oubli, combien d’autres, perdus à jamais ? Ce livres est né du désir de tresser des histoires de disparus, avalés par la guerre, le temps, le silence. De raconter le devenir de leurs traces, qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants. »

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Ca peut pas rater – Gilles LEGARDINIER

capeutpasraterPocket, 3 mars 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

– J’en ai ras le bol des mecs. J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !
Et là, trempée, titubante, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.

La gentille Marie est morte. C’est la méchante Marie qui est aux commandes. Désormais, je renvoie les ascenseurs. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir une histoire de Gilles Legardinier : c’est feel-good, plutôt drôle et ça donne la pêche.

L’auteur nous démontre cette fois-ci que les femmes passent leur vie à attendre : un homme, un geste de cet homme, un signe, un petit quelque chose, quoi. Je confirme.

Une lecture impeccable pour attendre de passer en salle d’op’ et entamer ma convalescence.

L’image que je retiendrai :

Celle de la lectrice lisant sur la plage sous la pluie, tenant absolument à terminer son passage.

Un conseil :

Pour faire éclater un pot d’échappement, rien ne vaut une patate bintje. La Charlotte part trop en lambeaux.

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Pause

pause

Blog en pause pour une durée non encore définie.

Rien de grave : une opération programmée que j’aurai dû faire en juin, mais que j’ai préféré reporter aux mauvais mois.

J’ai prévu de la lecture pour ma convalescence : La Recherche du Temps Perdu, rien que ça.

A bientôt…..

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Le tableau – Laurence VENTURI

letableauAlbin Michel, 2 novembre 2016, 205 pages

Présentation de l’éditeur :

Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c’est l’histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l’enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu’entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat.

Mon avis :

Des phrases courtes ; un rythme qui ne faiblit jamais ; il m’a fallu plusieurs fois refermer ce roman pour le reprendre plus tard tant je manquais d’air.

Dommage, le propos était intéressant : trouver des preuves que le tableau était bien un vrai Modigliani ; se demander comment il avait atterrit dans la famille.

J’en ai appris plus sur la technique du peintre, et notamment pourquoi les yeux de ses portraits étaient si envoûtant.

Mais trop de clichés ont gâchés ma lecture, surtout celui de la fin où tout le monde rit autour d’une bonne table.

Une lecture sympathique, mais qui ne me marquera pas longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des éclats de rire de toute la famille après des épisodes un peu tendus. Ca m’a paru too-much.

Je remercie les Editions Albin MIchel pour l’envoi de ce roman.

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Hortense – Jacques EXPERT

hortenseSonatine, 9 juin 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec son ex-mari, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.  » Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. « 

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Mon avis :

Encore une fois, l’auteur a été plus fort que ma perspicacité légendaire, et je me suis faite avoir jusqu’au bout. Qui plus est en lisant que ce roman était tiré d’un fait divers. Brrrrr……

Une écriture efficace et sans chichis ; des fausses pistes ; des personnages bien campés mais au passé si trouble. Tout est là.

J’ai vraiment passé un agréable moment à me torturer l’esprit pour tenter de deviner qui disait la vérité.

Vivement le prochain !

L’image que je retiendrai :

Celle du doudou d’Hortense, que sa maman garde toujours dans sa chambre, abîmé à force d’être tripoté par cette dernière.

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Le garçon – Marcus MALTE

legarconZulma, 18 août 2016, 544 pages

Prix Femina 2016

Présentation de l’éditeur :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.

Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, tout à la fois soeur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. »

Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubre-sauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

Mon avis :

L’auteur aura lui aussi écrit son grand roman sur la guerre de 14…

Le style est sec, plein d’accumulations, au point que je me suis demandée si l’auteur n’avait pas tenté d’écrire le monde dans son roman. (Autant vous dire que j’ai passé ces accumulations en avance rapide).

Les pages d’amour entre Emma et Le garçon sont magnifiques.

Ce dernier passe de la nature à l’agriculture puis à l’âge du fer sans jamais émettre une pensée, une idée. C’est ce qui m’a manqué dans ce roman : le point de vue du personnage principal. Il passe dans la vie comme dans le roman. Jamais il ne devient homme, malgré les nouveaux habits et son corps qui grandit.

Cela reste toutefois un roman plein de musique et de références littéraires.

L’image que je retiendrai :

Celle de la machette du garçon, prise sur un tirailleur africain. Arme qu’il fait sienne pour égorger l’ennemi.

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Les petites chaises rouges – Edna O’BRIEN

lespetiteschaisesrougesSabine Wespieser, 8 septembre 2016, 370 pages

Présentation de l’éditeur :

Dès qu’il franchit le seuil de l’unique pub ouvert dans ce trou perdu d’Irlande, l’étranger suscite la fascination. Vladimir Dragan est originaire du Monténégro. Il entend s’établir comme guérisseur.

On lui trouve un logement, un cabinet médical, et sa première cliente, une des quatre nonnes du lieu, sort de sa séance totalement régénérée. Rien d’étonnant à ce que Fidelma, très belle et mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, tombe sous le charme. L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, il a vécu à Cloonoila sous un faux nom. Inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, il est emmené à La Haye, où il rendra compte de ses crimes.

Mon avis :

Oui, il est question des massacres de Sarajevo ; oui, il est question du Boucher qui a permis ces crimes contre l’humanité. Mais il est également question des autres personnes déracinés par la guerre et qui arrivent à Londres ou ailleurs après avoir fui la violence.

L’auteure propose un triste constat : Vlad arrive dans le village irlandais plein d’une science de la nature qu’il fait partager aux villageois (massages et décoctions de plantes) ; mais au Tribunal Pénal International, il est incapable de reconnaître ses crimes, accusant les Puissances occidentales d’avoir mis des cadavres d’anciennes guerres dans le marché de Sarajevo pour faire croire à un massacre. Jamais personne n’est tout blanc ou tout noir.

De même le père de la petite fille qui la cache aux services sociaux pense faire son bien. Le mal revient bien des visages…..

L’histoire de Fidelma m’a moins touchée, pourtant personnage central du roman. Elle est une femme qui fait des choix. Et elle les assume jusqu’au bout, se retrouvant déracinée elle aussi : la communauté de son village ne lui ayant pas pardonné.

La langue de l’auteur est à la fois plaisante et déroutante : elle sait évoquer l’Irlande et ses paysages aussi bien que le Londres de la City ; nous laisser deviner les différents personnages et leurs caractères ; mêlant vocabulaire soutenu et plus trivial.

Un roman important.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites chaises rouges du titre, symbolisant le nombre d’enfants tués pendant le siège de Sarajevo. Combien de petites chaises rouges pour les enfants morts dans d’autres guerres…..

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La haine en ce vert paradis – Jean-François BOUCHARD

lahaineencevertparadisEditions Thaddée, 9 novembre 2016, 290 pages

Présentation de l’éditeur :

La région des Grands Lacs africains dégage un parfum de paradis terrestre. Vingt-cinq millions de Hutus et de Tutsis y vivent, répartis entre le Burundi, le Rwanda et la région du Kivu, en République démocratique du Congo. Entre 1959 et aujourd’hui, trois millions d’entre eux, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés au cours de plusieurs vagues de violences, de guerres et de génocides.

Des hommes politiques de bonne volonté voulaient renverser le destin de l’Histoire, comme le prince Louis Rwagasore, le Tutsi, abattu d’une balle dans le dos par un tueur à gages, ou encore Melchior Ndadaye, cet adolescent hutu qui, pour sauver s vie a fui son pays à pied. Il y est revenu et est devenu le président pour finir égorgé à la baïonnette par des soldats rebelles.

La haine, la mort, les trahisons ; les massacres, les dictatures, les prisons… Les racines de cette malédiction remontent à la venue de l’homme blanc, qui a balayé les royaumes ancestraux vivant en paix dans ce jardin d’Eden pour y semer une haine tenace.

Mon avis :

Voilà un livre qui complète ma lecture de Petit pays de Gaël Faye.

Si le roman m’avait fait découvrir le pays d’avant les massacres, ce livre-ci replace ce génocide dans son contexte historique, et nous assure que des hommes de bonne volonté ont tenté ce qu’ils ont pu pour sauver le pays de la haine et de la violence.

A travers ces pages, on sent que l’auteur est attaché à cette Afrique des Grands Lacs qui a l’air si magnifique. Une région riche, mais dont le développement c’est arrêté dans les années 60. L’auteur ne manque pas de rappeler que le Burundi est l’avant-dernier pays le plus pauvre du monde.

Une lecture éclairante sur un génocide qui s’est déroulé loin des yeux de l’Occident.

L’image que je retiendrai :

Celle du prince Louis Rwagasore, pas bon élève ni étudiant travailleur, mais qui fera tout pour que la guerre ne se déclare pas dans son pays.

Je remercie les Editions Thadée pour l’envoi de ce livre en avant-première et qui a su me rendre ce pays un peu plus proche.

Article mis en avant

Au fer rouge – Marin LEDUN

auferrougeEditions 84, 6 janvier 2016, 506 pages

Présentation de l’éditeur :

Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre oeuvre pour que justice soit faite.

Dix ans plus tard, une valise contenant le cadavre d’un trafiquant de drogue est découverte sur une plage landaise : l’heure est venue de régler les comptes. Emma s’attaque alors à une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête l’officier de police Javier Cruz, seigneur de l’antiterrorisme.

Des rives du fleuve Nervion aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la corruption n’a pas de frontières.

Mon avis :

Que j’aime la Côte Basque, ses routes sinueuses, l’océan aperçu au détour d’un chemin, ses couleurs chatoyantes.

Rien de tout cela dans ce roman, enfin si, en toile de fond. Car l’action est violente, les personnages brutaux et leurs méthodes tout autant.

L’auteur imagine (mais l’imagine-t-il vraiment ?) qu’un policier espagnol inonde le Pays Basque de drogue pour contrôler le terrorisme, juguler les terroristes autrement qu’en les tuant ou les torturant.

Si j’ai pris plaisir à lire la mise en place de l’action et des personnages et le récit dans sa grande majorité, je dois avouer que je me suis un peu lassée sur la fin : on devine comment ça va se finir, à quoi bon faire durer le suspens, ce qui ralenti un rythme mené tambour battant auparavant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la prostituée de luxe espagnole faisant son business du côté français de la frontière.

Une citation :

« Voilà pourquoi nous vendons de la cocaïne. Voilà ce que nous voulons : des bêtes de somme qui consomment docilement notre cocaïne pour être en état de travailler plus docilement. » (p.188)

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Delta Charlie Delta – Laurent GUILLAUME

deltacharliedeltaFolio, 15 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme violée, mutilée et laissée pour morte dans un parking désaffecté, un drogué qui se serait suicidé, des dealers assassinés. . .

Réunis par les circonstances et un même sentiment de solitude, le major Mako de la BAC de nuit et la capitaine Marie Auger de la PJ décident de faire alliance. Très rapidement, leurs enquêtes respectives vont les entraîner dans les bas-fonds de la ville, au coeur de l’inimaginable.

Mon avis :

Si j’ai aimé la première enquête de Mako, je dois avouer que celle-ci m’a moins passionnée.

Disons-le tout de suite : il manque le personnage qui faisait tout le sel du précédent récit, alias papa et ses sorties drôles et toujours inattendues.

Le personnage d’Angy m’a paru peu fouillée : une ado qui s’attache à un flic aussi rapidement, trop facile. Marie, en revanche, a une vraie épaisseur.

La fin en happy-end m’a fait me demander si l’auteur ne voulait pas se débarrasser de son personnage….

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien de Mako qui s’attachent très rapidement à Angy. Un peu too much dans le côté Bisounours.

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Thé mélange Ladurée – Ladurée

Bon alors comme nom, on a trouvé mieux, je vous l’accorde. Venant de la Grande Maison Ladurée, ça ne fait pas très glamour. Mais il fallait que j’essaye ce thé.

Présentation :

Une élégante association d’un thé noir de Chine, d’agrumes, de fleurs, d’épices légères et de vanille. La signature Ladurée.

Mon avis :

Non, ce thé n’a pas goût de macarons, mais il s’accorde parfaitement avec un petit carré de chocolat au goûter.

Sucré juste ce qu’il faut, il est idéal en cette saison pour se remonter le moral en milieu d’après-midi.

Et puis la boîte est si jolie….

laduree

 

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Le nouveau nom – Elena FERRANTE

lenouveaunomGallimard, 7 janvier 2016, 560 pages

Présentation de l’éditeur :

Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l’épicier, c’est le début d’une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu’il la touche, mais est obligée de céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.

De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université.

Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila, car l’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino.

Mon avis :

J’ai retrouvé avec plaisir les deux amies, si éloignées et pourtant si proches l’une de l’autre.

Même si la narratrice ne semble pas percevoir la compétition entre son amie et elle, on sent, au travers du texte, que Lila fait tout pour rester à hauteur des savoirs que Lenù ingurgite au lycée puis à l’Université.

Le monde de Lenù s’ouvre peu à peu, même si sa pensée reste très axée sur les idées communistes.

La camorra est peu présente dans cet opus, les problèmes de couple de Lila prenant le dessus dans l’intrigue.

J’attends maintenant avec impatience la suite du récit de cette amitié hors du commun.

L’image que je retiendrai (attention divulgachion) :

Celle de Lila brûlant son roman écrit quand elle était enfant et dont c’est inspiré Lenù.

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Tropique de la violence – Natacha APPANAH

tropiquedelaviolenceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Il y a une immigration constante et tragique dont la presse française ne parle pas. Elle se déroule dans un coin de France oublié de tous, cette ancienne île aux parfums devenue peu à peu un lieu cauchemardesque : Mayotte.

C’est là que Nathacha Appanah situe son roman : l’histoire de Moïse, enfant de migrant rejeté par sa mère parce que ses yeux vairons sont signe de malheur. Recueilli et élevé avec amour par Marie, une infirmière, Moïse se révolte quand il apprend la vérité sur ses origines et décroche de l’école. A la mort brutale de Marie, il tombe sous la coupe de Bruce et de sa bande de voyous, issus du ghetto de Mayotte. Il a 15 ans, se drogue, vole et se bat. Humilié, violé par Bruce, il le tue. Pour échapper à la vengeance des amis de Bruce, Moïse…

Mon avis :

J’ai censuré la fin de la quatrième de couverture, elle en disait trop.

De Mayotte, je savais qu’elle subissait la pression d’un flux migratoire venu des Comores voisines. Mais j’ignorais que son lagon était si beau. Tant de misères et tant de beautés sur le sol français.

Un roman trop court, qui oscille entre description de la petite délinquance, compromissions politiques et volonté des ONG qui tentent de construire quelque chose.

Une fin émouvante mais si pessimiste, comme si il n’y avait aucun échappatoire possible.

Une lecture forte et marquante.

L’image que je retiendrai :

Celle de Moïse lisant et relisant L’enfant et la rivière de Bosco, lecture le reliant à sa mère.

club-lecture

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La rage – Zigmunt MILOSZEWSKI

larageFleuve éditions, 8 septembre 2016, 552 pages

Présentation de l’éditeur :

Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente.
Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l’épouse battue…
Ou bien est-il simplement perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité – portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine, quelqu’un œuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.

Mon avis :

Non mais c’est pas possible ! L’auteur ne peut pas laisser tomber son personnage de Monsieurtéo. Il n’a pas le droit, tout simplement. Nous, les lecteurs, ne le voulons pas, tout simplement.

Pour la troisième et dernière fois, je me suis régalée avec la plume de l’auteur polonais ; ses remarques fines ; ses personnages au cordeau ; sa Pologne qu’il nous donne envie de découvrir.

Cette fois-ci, la ville avec ses onze lacs ne lui plaît pas, mais c’est dit avec tellement d’humour, j’adore !

Sa fille adolescente est un personnage qui m’a plu, entre indépendance et amour pour son père.

L’auteur se penche dans cet opus sur les violences faites aux femmes. En pleine actualité à l’heure du rejet de la loi sur l’avortement dans ce pays.

Je ne le dirai jamais assez : un auteur à découvrir.

L’image que je retiendrai :

Celle du dernier dîner entre le procureur et sa fille au restaurant.

Sandrine est aussi déçue que moi que le série s’arrête ; Edyta l’a lu en VO avant nous….

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La dernière nuit du raïs – Yasmina KHADRA

ladernierenuitPocket, 1er septembre 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Nuit du 19 au 20 octobre 2011.
Mouammar Kadhafi, acculé par les rebelles déterminés à libérer la Lybie, a trouvé refuge à Syrte. Avec le jour, viendra la mort.
Entouré d’une poignée de fidèles, le dictateur s’accroche à ses lubies et fantasmes. Lui, l’Élu de Dieu, Guide légitime de la nation, ne peut être renversé. Incapable de voir l’inconcevable réalité de sa fin, il court à sa perte.
Et le tyran se souvient de son ascension et raconte ses dernières heures de tension. Qu’il semble loin l’écho de la gloire passée. La ferveur du peuple est un chant de sirènes…

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé L’attentat et Ce que le jour doit à la nuit. Ce texte m’a un peu déçu par son côté peu romanesque.

J’ai eu l’impression de lire un traité de géo-politique (bon, j’exagère un peu…).

La figure du tyran ne m’a pas passionnée non plus, accro à la cocaïne, qui se rend compte un peu tard de ses erreurs.

En revanche, les apparitions de Van Gogh m’ont posé question : pourquoi cet artiste à l’oreille coupé apparaît-il dans certains rêves du Raïs ? Je n’en dirai pas plus.

L’image que je retiendrai :

Celle de certains de ses généraux, fidèles jusqu’au bout.

club-lecture

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Le secret du mari – Lian MORIARTY

lesecretdumariAlbin Michel, 2015, 410 pages

Présentation de l’éditeur :

Tous les maris – et toutes les femmes – ont leurs secrets. Certains peuvent être dévastateurs.

Jamais Cecilia n’aurait dû trouver cette lettre dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « A n’ouvrir qu’après ma mort. » Quelle décision prendre ? Respecter le vœu de John-Paul, qui est bien vivant ? Ou céder à la curiosité au risque de voir basculer sa vie ?

Mon avis :

Le fameux secret est dévoilé à la moitié du livre. Mais ses conséquences, qui occupent la seconde moitié de l’ouvrage, sont terribles.

Je ne suis pas fan des desperates housewifes, bien que les real housewifes m’aient diverti un temps.

Pourtant, j’ai aimé cette intrigue qui se lit bien et se dévore comme une pâtisserie faite maison par une maman attentionnée mais débordée.

L’image que je retiendrai :

Celle de Cecilia emmenant sa fille à l’école avec un escarpin à talon et une ballerine plate.

Un autre endroit m’avait donné envie de le découvrir.

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Petit pays – Gaël FAYE

petitpaysGrasset, 24 août 2016, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Mon avis :

Ce roman est bien plus que le récit initiatique d’un jeune métis découvrant la guerre et la discrimination.

C’est avant tout une langue qui recrée les parfums et les couleurs d’un pays perdu ; qui nous parle des joies et des interrogations d’un garçon comme les autres dans un quartier résidentiel africain.

J’ai aimé ce verbe qui a su faire naître des images colorées du pays d’avant le drame : sa chaleur, ses arbres, ses personnages au verbe haut. Mais aussi le bruit de la guerre, au loin, s’approchant.

On sent, à travers la correspondance que Gabriel entretient avec une jeune française qu’il a la passion des mots. Si la lettre de sa compatriote sur le continent est bien convenue, la sienne est pleine de la tradition des interminables palabres de son pays.

Le personnage de la mère m’a moins touché, sans doute parce qu’un peu lointain.

Un pays que l’on n’oublie pas en refermant ce livre.

L’image que je retiendrai :

Celle des voitures se déplaçant dans la poussière du désert.

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La délégation norvégienne – Hugo BORIS

ladelegationnorvegienneBelfond, 2007, 276 pages

Le dernier cahier du livre n’est pas massicoté. Il ne s’agit pas d’un défaut de fabrication.

Présentation de l’éditeur :

René Derain aurait dû se fier à l’instinct de son chien. En arrivant au relais pour un séjour de chasse, son vieil ami a pris peur comme jamais. Mais l’atmosphère chaleureuse du chalet et les veillées en compagnie des autres chasseurs font vite oublier cette inquiétante arrivée.

Pourtant – est-ce la forêt, les participants ? – rien ne semble vraiment normal. La maison est bientôt prise dans la glace. Le gibier meurt sans raison. Le téléphone, coupé. La faim, la suspicion, la haine. La folie. Au dehors, quelque chose ou quelqu’un assiste à leur agonie… ou la précipite ?

Mon avis :

Ca commence plutôt bien, malgré quelques signes étranges. Puis la météo s’y met et la suspicion augmente.

L’atmosphère devient de plus en plus lourde, à l’image que la neige qui ne cesse de tomber, du froid qui s’insinue partout.

Avec le personnage principal, nous devenons suspicieux.

Je n’y connais rien en partie de chasse, mais celle-ci m’a paru bien étrange.

Et au final, nous, pauvre lecteur, ne savons toujours pas qui a commis le crime….

L’image que je retiendrai :

Celle des livres, omniprésente : que l’on brûle pour lancer le feu, dont on arrache les pages pour faire des épaisseurs supplémentaires entre les couches de vêtements, que l’on lit et qui colle à la réalité du roman.

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Just Kids – Patti SMITH

justkidsDenoël, 14 octobre 2010, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

C’était l’été où Coltrane est mort, l’été de l’amour et des émeutes, l’été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l’art, de la ténacité et de l’apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie.

Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max’s Kansas City, où siège la cour d’Andy Warhol.

En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d’inconnues, artistes influents de l’époque et marginaux hauts en couleur. C’est une époque d’intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l’art et du sexe explosent et s’entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d’ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre.

Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l’ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.

Mon avis :

J’ai lu cet été Mr Train, que j’avais apprécié. Il me fallait lire le premier livre de Patti Smith, dont je connais très peu la musique.

J’ai aimé lire ses jeunes années, son enfance et les débuts de sa relation avec Robert, à l’époque des collages et des poésies au débotté.

La période où leur carrière respective décollent m’a moins intéressée, citation de noms et de lieux inconnus de moi (quelle ignorance crasse…).

j’ai aimé lire la passion de Patti pour Robert, leur soutient mutuel.

J’ai été très étonnée de lire que des années plus tard, elle se souvenait encore des vêtements qu’elle portait, des aliments qu’elle a mangé. Et toujours sa passion pour le café, les dates anniversaires et les cimetières.

L’image que je retiendrai :

Celle des collages que réalisaient Robert et qui laissaient déjà imaginer l’étendu de son talent.

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La douleur porte un costume de plumes – Max PORTER

ladouleurporteSeuil, 14 janvier 2016, 121 pages

Présentation de l’éditeur :

Une mère meurt. Elle laisse derrière elle deux petits garçons et leur père ravagés de chagrin. Surgit un soir dans leur appartement londonien un étrange personnage : un corbeau, doué non seulement de parole mais d’une verve enfiévrée, d’une audace surprenante et d’un sens de l’humour ravageur.

Qu’il soit chimère ou bien réel, cet oiseau de malheur s’est donné une mission : accompagner les trois âmes en péril jusqu’à ce que la blessure de la perte, à défaut de se refermer, guérisse assez pour que la soif de vivre reprenne le dessus.

Mon avis :

Je suis restée complètement hermétique à ce texte. Pour moi, la douleur ne porte pas un costume de plumes (elle en porte un autre).

Le procédé ne m’a pas parlé ; le corbeau non plus.

J’ai en revanche découvert la poésie de Ted Hugues. Tout n’est pas perdu.

Noukette, Cathulu et Léa m’avaient donné envie de tenter l’expérience.

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Le coeur est un chasseur solitaire – Carson Mc CULLERS

lecoeurestStock, 1947, 445 pages

Présentation de l’éditeur :

Habitants d’une petite ville du fin fond des États-Unis, les personnages du Cœur est un chasseur solitaire se sentent profondément seuls, abandonnés avec leurs révoltes. Subsistent cependant certains rêves.

Pour Mick l’adolescente complexée, celui d’apprendre à jouer du violon qu’elle s’est confectionné, et qu’elle cache sous son lit. Biff lui, observe ses clients pour échapper à sa vie de couple bien terne. Jake rêve d’un monde plus juste. Le docteur Copeland essaie pour sa part d’œuvrer concrètement à la réalisation de ce monde car sa couleur de peau l’expose à des brimades quotidiennes. Leur rencontre avec John Singer, sourd-muet dont le calme et la courtoisie inspirent confiance, leur permet d’entrevoir la possibilité d’être compris.

Mon avis :

Non, il n’y a pas d’intrigue dans ce roman, seulement des personnages qui se croisent, se parlent, ou pas.

Leur lien est le sourd-muet M. Singer à qui tous confient leurs pensées, sans que jamais ce dernier ne réponde.

La narration se déroule sur une année, un long été suivi d’un hiver court mais rigoureux.

J’ai aimé le personnage du sourd-muet, que son amitié pour un autre compagnon sourd tient en vie.

Un classique du roman américain qui nous parle d’amour de façon détournée.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion de Mick pour la musique, qui écoute en cachette la radio devant les maisons bourgeoises, puis celle de M. Singer.

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Rester en vie – Matt HAIG

resterenviePhilippe Rey, 22 septembre 2016, 251 pages

Présentation de l’éditeur :

A 24 ans, souffrant d’anxiété et de dépression, au cours d’un séjour en Espagne, Matt Haig s’est retrouvé au bord d’une falaise, les pieds à moitié dans le vide, sur le point de se précipiter…

Rester en vie, cela paraît si difficile à celles et ceux qui sont au fond de l’abîme, qui ne voient poindre aucune lueur. Ce livre vif et sensible raconte les batailles que l’auteur a menées pour comprendre ce qui lui arrivait, pour le partager aux autres (pas toujours compréhensifs), et se mettre sur le chemin de la guérison.

En cinq chapitres – Tomber, Atterrir, Se relever, Vivre, Etre -, l’auteur raconte avec sincérité comment il a progressivement vaincu sa maladie et réappris à vivre. Car les raisons de rester en vie sont nombreuses, et sont ici détaillées avec humour et conviction. Ouvrir ce livre, c’est entamer une exploration joyeuse des façons d’exister, d’aimer mieux, de se sentir plus vivant.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas toujours joyeuse, contrairement à ce qu’en dit l’éditeur. Quand l’auteur décrit ses symptômes dépressifs, c’est même plutôt plombant, comme ambiance.

Même si Matt Haig explique dès le départ que chaque dépression se manifeste et se vit différemment, je n’ai pas complètement adhéré au propos. S’en sortir sans médicament et sans thérapie me parait illusoire.

Ceci dit, pour ceux qui ne connaîtrait pas ce bonheur d’être au fond du trou 😉 il constitue une bonne approche de cette maladie discriminante.

Je suis d’accord avec lui sur un point toutefois : il faut se méfier des mardis.

L’image que je retiendrai :

Celle du #reasonstostayalive qu’il a créé où chacun peut exprimer pourquoi il s’accroche tout de même à la vie.

Antigone en a fait un coup de coeur de cette rentrée littéraire 2016.

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L’affaire Léon Sardoski – Romain SLOCOMBE

affaireleonsadorskiRobert Laffont, 25 août 2016, 512 pages

Présentation de l’éditeur :

Avril 1942. Au sortir d’un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l’Occupation. Pétainiste et antisémite, l’inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d’un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d’intervenir contre les  » terroristes « .

Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, où on le jette en prison. Le but des Allemands est d’en faire leur informateur au sein de la préfecture de police… De retour à Paris, il reçoit l’ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d’appartenir à un réseau antinazi.

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que chaque roman de Romain Slocombe est très très bien documenté.

Encore une fois, l’auteur s’intéresse à la période de l’Occupation allemande en France, et plus particulièrement de la collaboration.

Les Grandes Industries Françaises ont parfois collaborées, proposant leurs services, comme l’entreprise Photomaton, pour le fichage des Juifs, entre autre.

L’enquête policière n’est ici qu’un prétexte.

C’est parfois un peu long, un peu trop délayé, et j’ai lu certains passages en avance rapide.

J’ai toutefois découvert que certains responsables de la police française sont passés pour de courts séjours dans les prisons berlinoises. Mais certains en sont ressortis.

L’image que je retiendrai :

C’est le printemps à Paris, la sève ne monte pas que dans les arbres.

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Les anges sans visage – Tony PARSONS

lesangessansvisageEditions de La Martinière, 15 septembre 2016, 347 pages

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes à Londres. Max Wolfe, enquêteur au coeur tendre, flanqué de sa petite fille et de son chien (un Cavalier King Charles), doit faire face de nouveau à la noirceur et la violence du Londres des beaux quartiers.

Une famille aisée, bourgeoise, est retrouvée massacrée dans sa demeure du nord de la ville, le lendemain des fêtes du Premier de l’an. On retrouve les corps du père, de la mère, et de deux adolescents. Mais le plus jeune enfant manque à l’appel. A-t-il été enlevé ?

Les victimes ont par ailleurs été assassinées avec un pistolet d’abattage, qui sert habituellement à tuer les gros animaux de boucherie avant qu’on ne les égorge à l’abattoir. Max Wolfe finit par retrouver la trace, grâce aux archives du Black Museum (le musée de Scotland Yard) d’un serial killer, qui, 30 ans plus tôt, utilisait cette arme pour son modus operandi. Mais « l’équarisseur » est aujourd’hui un homme grabataire, mourant. Impossible de penser qu’il a commis ces meurtres. Alors quoi, un copycat, un vulgaire imitateur ? Ou bien quelqu’un qui cherche, au contraire, à piéger l’ancien meurtrier ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir Max Wolfe, sa fille Scout et son chien Stan.

Max s’entraîne toujours à la boxe, même si dans cet épisode, ses blessures profondes l’éloigneront quelque temps de la salle de sport. Car dans cet opus, il y en a des policiers blessés. Ca change.

Toujours le black Museum, même si j’ai trouvé cette fois-ci qu’il n’apportait rien à l’avancée de l’histoire.

Le plus intéressant dans ce second volet a été pour moi la découverte (merci Google images) des quartiers hyper cossus de la capitale britannique. Chouettes baraques un tantinet clinquantes.

L’image que je retiendrai :

Celle de Scout déguisée en Belle pour l’anniversaire de son amie. Son père célibataire a dû s’occuper de lui trouver son costume.

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Destiny – Pierrette FLEUTIAUX

destinyActes Sud Editions, 6 avril 2016, 183 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux femmes. L’une jeune, enceinte, noire, totalement démunie, qui dit s’appeler Destiny. L’autre, Anne, grand-mère depuis peu, blanche, classe moyenne éduquée. Par hasard, entre ces deux femmes, s’enclenche une relation fragile, chaotique, toujours au bord de se rompre. Les forces contraires sont puissantes.

La jeune Nigériane a fui son pays, traversé les déserts et la mer, subi la menace effrayante de prédateurs de toute espèce. Anne se heurte à la violence de ce passé, se perd dans les malentendus, vacille parfois. Destiny, elle, même au plus profond de sa misère, est certaine d’avoir un destin. Substituant les aléas d’une véritable rencontre aux généralités du phénomène migratoire, une expérience singulière se raconte ici, qui requiert à tout instant de s’inventer, pour approcher peut-être une humanité partagée.

Mon avis :

Si j’ai eu un peu de mal au début avec le style haché et exigeant de l’auteure, j’ai pleinement goûté son texte.

La vie de Destiny n’est pas un long fleuve tranquille, il y a des zones d’ombres, des non-dits qui devront s’exprimer, ou pas.

Anne vacille elle-même parfois devant la misère de Destiny, tente de l’aider du mieux qu’elle peut, se heurte à la bureaucratie.

Un texte fort qui dévoile le quotidien de lutte des migrants en France. Leur combat n’est jamais fini.

L’image que je retiendrai :

Celle qu’Anne imagine souvent : la frêle embarcation sur laquelle Destiny est arrivé en Italie, criant son désespoir le premier jour de la traversée.

Un coup de coeur pour Clara ; un très beau texte pour Jérôme.

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The Girls – Emma CLINE

thegirlsQuai Voltaire, 25 août 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n’a que Connie, son amie d’enfance. Lorsqu’une dispute les sépare au début de l’été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont la liberté, les tenues débraillées et l’atmosphère d’abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l’aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle dune secte et de son leader charismatique, Russell. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l’adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s y faire accepter.

Tandis qu elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va grandissant, Evie ne s’aperçoit pas quelle s’approche inéluctablement dune violence impensable.

Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.

Mon avis :

Tout, dans ce roman, est du roman. Certes, l’action prend corps autour de la secte de Charles Manson, mais le propos de l’auteure est ailleurs. Au contraire de California Girl de Simon Liberati, lu précédemment.

Le gourou est bien loin, sa pensée et son mode d’action peu présent.

Ce qui est surtout intéressant dans ce roman, c’est l’adolescente Evie qui se retrouve fascinée par un regard différent posé sur elle par Suzanne.

Et le constat de l’auteure sur l’éternel adolescent : même après quelques décennies, elles attendent toujours un regard posé sur elles.

La langue est étrange. Même si je n’ai pas relevé chaque comparaison qui m’a interpellé, je suis parfois restée pantoise devant certains rapprochements.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté, mais je n’ai pas autant d’enthousiasme que certains lecteurs-trices. J’ai trouvé le constat de l’auteure un peu triste.

L’image que je retiendrai :

Celle du groupe mourant littéralement de faim avant le départ pour le désert.

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Le sang dans nos veines – Miquel BULNES

lesangdasnnosveinesActes Sud éditions, 14 octobre 2015, 826 pages

Présentation de l’éditeur :

Eté 1921. Le capitaine Augusto Santamaria del Valle commande le petit poste avancé d’Igueriben dans la colonie espagnole du Rif, mais au terme d’un siège dramatique, il doit se replier devant les forces berbères. Seul rescapé, Santamaria rejoint les lignes espagnoles à Melilla avant d’être rapatrié.

Désormais invalide, Santamaria est muté dans la police et nommé commissaire de la Sûreté dans un quartier de Madrid. A peine est-il en poste qu’un meurtre est commis dans une maison close. La victime était en possession d’un carnet où se trouvaient consignés les noms de personnes ayant trempé dans une ténébreuse affaire de pédophilie et de meurtres d’enfants qui s’était déroulée à Barcelone dans les années 1910. Santamaria se met à sa recherche.

Au même moment, l’Espagne s’enfonce dans le chaos politique. Après la cuisante défaite du Rif, le gouvernement cherche à reporter la responsabilité de la défaite sur l’armée et traduit certains gradés devant les tribunaux militaires. Après un procès expéditif et orienté, Santamaria est l’un des rares officiers condamnés. Ce qui ne l’empêche pas, avec un groupe d’officiers, d’ecclésiastiques et de politiciens ultraconservateurs précurseurs du franquisme, de comploter en faveur d’un coup d’Etat militaire.

Mon avis :

Immense fresque, ça c’est sûr. L’enquête policière n’est qu’un prétexte.

Ce qui intéresse l’auteur dans ce roman, c’est de nous décrire les rouages de la politique espagnole, et notamment la préparation d’un coup d’état.

Il est également question de la Franc-Maçonnerie qui fait une apparition.

Je dois avouer que l’aspect historique ne m’a absolument pas passionné. C’est bien écrit, mais la politique espagnole des années 1920 ne me passionne pas plus que cela.

Cela reste toutefois plaisant à lire, mais je n’ai pas ressenti l’enthousiasme de Dasola.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Helena ne sachant pas comment parler à son mari Santamaria.

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Impolitiquement correct – Martina CHYBA

impolitiquementcorrectFavre, 8 septembre 2016, 292 pages

Présentation de l’éditeur :

Une chronique dans un journal, c’est comme un carré de chocolat avec un café, ce n’est pas indispensable mais c’est tellement meilleur avec. Cela doit être un plaisir court et intense, on doit rester sur sa faim et se réjouir de la prochaine fois.

L’amour, les jeunes, les vieux, le travail, la technologie, l’argent, les maux, les mots et les poubelles à sortir… la vie n’est pas simple. Il fut un temps où les seuls moyens de survivre étaient la chasse, le feu, un endroit pour se protéger. Aujourd’hui, le seul moyen de survivre est l’humour. Muscler ses cuisses et ses neurones et grimper les marches une par une jusqu’au deuxième degré. Là-haut on respire mieux.

Martina Chyba écrit ses chroniques depuis 2010 dans Migros Magazine. Les voici compilées, réécrites, avec de nombreux inédits. A savourer comme le chocolat, lentement, dans un endroit que vous aimez bien, avec le café.

Mon avis :

Je connaissais Migros de nom, cette chaîne de magasins alimentaires helvétique. Je ne savais pas qu’ils avaient un magazine, et encore moins que certaines chroniques avaient un ton si décalé et plein d’humour. Quelle belle découverte.

Je me suis régalée avec les chroniques de Martina (permettez que je vous appelle Martina ?), célibataire, la cinquantaine avec deux ados à la maison.

Son réquisitoire annuel contre le Festival de Connes, pardon de Cannes sonne tellement vrai.

La traduction du grec Koléos (vous savez, le dernier SUV de Renault) est à mourir de rire : les propriétaires roulent littéralement dans des « couilles » en grec ancien, ou un « vagin » en grec moderne, au choix.

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle de la novelangue de l’Education Nationale, bien sûr, parole de génitrice d’apprenants.

Je remercie Masse Critique et les Editions Favre pour l’envoi de ce recueil sympathique.

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Prière d’achever – John CONNOLLY

prieredacheverOmbres noires, 5 novembre 2014, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Comment expliquer à la police que l’on a été témoin de la chute d’une femme, sous un train, alors qu’aucune trace de l’effroyable accident n’est visible? C’est ce qui arrive à M. Berger, tranquille célibataire qui vient de s’installer à la campagne dans le vain espoir d’écrire un roman.

L’événement est d’autant plus troublant que, quelques jours plus tard, la même jeune femme se jette à nouveau sous la locomotive. Cette fois-ci, M. Berger décide de suivre cette mystérieuse créature au sac rouge. Il atterrit dans une étrange librairie tenue par un vieil érudit, qui accueille en ses murs les plus grands personnages de la littérature…

Mon avis :

Une belle après-midi de lecture en compagnie de M. Berger à la poursuite d’Anna Karénine.

Une bibliothèque pas comme les autres dans laquelle se retrouvent tous les grands personnages de la littérature mondiale.

Un récit qui ne me restera pas forcément longtemps en mémoire, mais une belle idée de départ pour cette novella.

L’entretient en fin de volume avec l’auteur est intéressant.

L’image que je retiendrai :

Celle du thé et de la part de cake que partagent M. Berger et Anna tout en devisant au coin du feu.

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Défaite des maîtres et possesseurs – Vincent MESSAGE

defaitedesmaitresSeuil, 7 janvier 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Iris n’a pas de papiers. Hospitalisée après un accident de voiture, elle attend pour être opérée que son compagnon, Malo Claeys, trouve un moyen de régulariser sa situation. Mais comment s’y prendre alors que la relation qu’ils entretiennent est interdite ?

C’est notre monde, à quelques détails près. Et celui-ci, notamment : nous n’y sommes plus les maîtres et possesseurs de la nature. Il y a de nouveaux venus, qui nous ont privés de notre domination sur le vivant et nous font connaître un sort analogue à celui que nous réservions jusque là aux animaux.

Mon avis :

Commençons par le style : je dois dire que j’ai été agréablement surprise par le rythme : des phrases très longues, puis des arrêts brusques ; un vocabulaire recherché. Il faut se laisser porter par la petite musique de l’auteur.

Le propos ensuite : c’est dur, très dur. Placer l’homme au niveau à la fois des animaux de compagnie et des bêtes d’abattoirs démontre finalement la polyvalence de notre espèce.

Le roman d’anticipation n’est généralement pas ma tasse de thé (mais alors, vraiment pas). Le récit m’a plusieurs fois mis mal à l’aise, mais il a le mérite de faire réfléchir sur le traitement des animaux d’abattoirs.

L’image que je retiendrai :

Celle des batteries dans lesquelles sont élevés les hommes jusqu’à l’âge de 14-15 ans, avant de partir être découpé.

Je suis d’accord avec Clara : des pages brillantes dont on ne sort pas indemne.

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Une mort qui en vaut la peine – Donald Ray POLLOCK

unemortquienvautAlbin Michel, 28 septembre 2016, 576 pages

Présentation de l’éditeur :

1917. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d’ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l’enfer auquel ils viennent d échapper ?

Mon avis :

La présentation ajoute : « Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O’Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock. » Sauf que ça fait un peu trop de monde pour un seul livre, et que j’ai décroché à mi-parcours.

L’histoire de départ était intéressante : ces trois frères qui veulent imiter le héros de leur enfance.

Mais très vite, des personnages secondaires font leur apparition, sur des chapitres entiers.

Le sexe, tarifé ou non, devient vite omniprésent. Sans oublier le caca avec le préposé municipal au curage des égouts.

Je n’ai pas vu où l’auteur voulait en venir.

Tant pis.

L’image que je retiendrai :

Celle du banquet céleste que promet le père à ses trois fils, faute de pouvoir les nourrir ici bas.

Je remercie Les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman qui ne m’a hélas pas passionné. Un coup de coeur pour Léa Touch Book

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La mésange et l’ogresse – Harold COBERT

lamesangetelogressePlon, 18 août 2016, 425 pages

Présentation de l’éditeur :

 » Ce que je vais vous raconter ne s’invente pas.  »
22 juin 2004. Après un an d’interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari,  » l’Ogre des Ardennes « . Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa  » mésange  » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?

Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu’au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au cœur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas aussi noir et voyeuriste que ce que vous pouvez penser. Au contraire.

L’auteur alterne les points de vue : le commissaire Debieme en charge de l’enquête et des interrogatoires qui a des soucis de santé à l’aube de la cinquantaine ; Monique Fourniret qui livre ses pensées comme elles viennent et des bribes de souvenirs ; des extraits des procès d’audition.

Ce qui m’a choqué, c’est de découvrir une femme en manque d’affection ; qui ne s’est attaché à aucun de ses propres enfants tout en vouant un culte à son mari. Une femme négligée qui se laisse porter par les événements.

Michel Fourniret apparait comme un pervers manipulateur, mais surtout comme un homme qui « bande mou », obsédé par l’hymen des femmes. Malgré son intelligence supérieur, il est incapable de situer précisément cette membrane dans l’anatomie féminine.

L’auteur, en fin de volume, explique pourquoi ce couple si bancale a pu échapper si longtemps aux radars de la justice.

Et de se demander si, au final, ce n’est pas elle, Monique, qui a exploité son mari et ses penchants pervers pour mener La belle vie, comme elle l’appelle avec regret.

Au début de ma lecture, Je ne voyais pas comment, à force de répéter toujours les mêmes questions et d’obtenir toujours les mêmes non-réponses, les enquêteurs avaient pu faire craquer la suspecte. Et l’auteur démontre que c’est justement cette avalanche de questions qui, petit à petit, érode la confiance de Monique en son mari et en elle-même, la fait douter, et finalement, avouer.

Une lecture éclairante.

L’image que je retiendrai :

Celle de la description de Fourniret lorsqu’il chasse : la barbe bien taillée, les petites lunettes cerclées, se présentant comme un professeur de dessin et un père de famille.

L’avis de Sandrine.

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California Girls – Simon Liberati

californiagirlsGrasset, 17 août 2016, 342 pages

Présentation de l’éditeur :

Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.

Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.

Mon avis :

Ce livre aurait pu s’appeler Charlie et ses drôles de dames, tant le diminutif de Charles Manson, Charlie est répété à l’envi, le rendant presque sympathique.

L’auteur décrit bien les filles paumées, dont les prénoms m’ont complètement échappé, comme si elles étaient interchangeables : toutes s’habillent avec les frusques de tout le monde ; ne se lavent pas ; marchent pieds nus et se nourrissent avec des restes trouvés dans les poubelles.

Ajoutez la musique des Beatles de l’album blanc en toile de fond ; un ventriloque qui ne pense qu’à forniquer pour s’attacher ses filles, et vous aurez une belle brochette de cinglés.

Même lors du fameux meurtre qui a défrayé la chronique, ces pauvres bougres sont perdus : l’une ne parvient pas à serrer des liens ; tous sont obligés de s’y reprendre à plusieurs fois pour mettre à mort leurs victimes. Même la victime la plus médiatique est déshumanisée qui réagit « comme une poupée » avec une voix « IBM » (sic).

En quelques phrases, l’auteur nous présente les coupables, retraçant leur passé et pourquoi ils ont finalement atterri dans les griffes de Manson.

Une lecture éclairante sur une certaine dérive des jeunes filles dans les années 70.

L’image que je retiendrai :

Celle des pieds coupées des filles, à force de marcher pieds nus. Coupures qui ne se referment jamais.

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Les liens du sang – Géraldine LOURENCO

lesliensdusangVérone éditions, 23 mai 2016, 354 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle fuit un mari violent. Il vit reclus sur une île bretonne depuis le décès de sa femme et de sa fille dans un accident de voiture. Lors de leur rencontre, leurs destins vont se lier, se mêler, se nouer et se dénouer.

Il est persuadé qu’on a assassiné sa famille. Elle va l’aider à le prouver. Et la vérité, cruelle et inattendue, va s’imposer.

Mon avis :

Le résumé était alléchant, j’ai donc accepté cette proposition de lecture.

Mais je dois dire que j’ai été déçue : le récit est convenu ; le style n’évite aucune facilité (elle mordit à pleine dent ; elle rit à gorge déployée…)

Tant pis.

Je remercie les éditions Vérone pour ce partenariat. Je souhaite tout de même à ce roman de trouver son lectorat.

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Continuer – Laurent MAUVIGNIER

continuerLes Editions de Minuit, 1er septembre 2016, 240 pages

Présentation de l’éditeur :

Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.

Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Mon avis :

Quel texte riche et fort !

Je découvre l’auteur avec ce nouveau roman qui s’inspire d’un article lu dans Le Monde en août 2014.

Pourtant, ce texte n’a rien du récit d’un fait divers.

J’ai aimé Sybille, ses zones d’ombre, son passé qu’elle ne peut affronter. Son mari m’a agacé, qui ne pense qu’à lui. Son fils m’a intrigué, rempli de colère mais timide et mutique.

Leur randonnée à cheval au Kirghizistan n’avait rien pour me passionner. Et pourtant, j’ai aimé les leçons de vie, les découvertes que chacun fait sur soi, ou se refuse à faire.

J’ai aimé la musique de fond que mère et fils partage en secret, sans se le dire. Une chanson sur laquelle on a dit et écrit pleins de choses : Heroes de David Bowie.

Un leitmotiv qui revient sans cesse : continuer. Parce qu’on n’a pas le choix. Pourtant, parfois, on ne peut pas. Qu’il est difficile de continuer….

Surtout, le dernier chapitre m’a ému en touchant une corde sensible.

L’image que je retiendrai :

Celle du pays, le Kirghizistan, désertique, mais aux habitants au grand coeur.

Je remercie PriceMinister et son Match de la Rentrée littéraire pour l’envoi de ce roman.

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Rural noir – Benoît MINVILLE

ruralnoirLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Adolescents, Romain, son petit frère Christophe, Vlad et Julie étaient inséparables. Ils formaient un  » gang  » et arpentaient leur cambrousse dans l’insouciance, entre bonheurs simples de l’amitié et petites embrouilles – un vélo qui disparaît, une bagarre avec la bande du patelin d’à côté… Mais un été, tout bascule. La rencontre de Cédric, un ado rebelle et nouveau venu dans la région, vient bouleverser l’équilibre du petit groupe. Vlad, jusque-là le  » Captain  » du  » Général  » Romain, est fasciné par Cédric le frondeur, qui ne connaît aucune limite, et s’en rapproche de plus en plus. La belle Julie, dont tous sont secrètement amoureux, est agressée par  » le Dalton « , un marginal du village. Et c’est la fin de l’innocence…

A la mort de ses parents dans un accident de la route, quelque temps plus tard, Romain décide de tout quitter. Après dix ans d’absence, il revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par son frère et ses amis. Christophe, ancien militaire atteint de stress post-traumatique, vit désormais avec Julie, tous deux attendent un enfant. Vlad et Cédric, quant à eux, dirigent le trafic de drogue dans la région… Lorsque Vlad est retrouvé dans un champ, tabassé et quasiment mourant, le  » gang  » se reforme pour découvrir ce qui est arrivé et entrer en vendetta contre les coupables…

Mon avis :

Comme son titre l’indique c’est noir, très noir. Plein de colère, de secrets, de non dits. Ce cocktail explosif déclenchera une gueria entre bandes de dealers rivales.

Ca cogne sec, ça boit du rouge au comptoir.

Le style est sec et sans fioriture.

Mais je n’ai pas accroché plus de 80 pages. Lu le reste en avance rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle de la campagne de la Nièvre, villages qui se meurent.

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Chelsea Garden – Whittard

Quand je me rendsen Angleterre, je ne manque pas de m’arrêter dans cette maison de thé, certes très commerciale, mais qui propose un choix très anglais.

Pour prolonger l’été, j’ai choisi cette année un thé léger.

chelsea garden

Présentation (en français) :

Vous trouverez la base de notre signature thé qui permet une lumière et une infusion élégante, tandis que la suggestion douce de rose et de saveurs de fruits mûrs d’été ajoutent une touche délicieusement caractéristique. Et l’ensemble rosebuds ? Eh bien , il permet d’exprimer le côté plus floral à sa personnalité.

Mon avis :

Un thé léger idéal quand il fait chaud (mais je ne l’ai pas bu froid).

Sa boîte et ses saveurs nous emmènent dans un jardin anglais : fouillie mais si élégant, aérien.

boite

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Le temps est assassin – Michel BUSSI

letempsestassassinLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Eté 1989
La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide.
Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ?

Mon avis :

Dernier opus pour moi à lire de cet auteur, dernier roman paru en mai 2016.

L’intrigue nous emmène cette fois en Corse, en été. Quoi de mieux !

L’auteur tisse comme à chaque fois habillement les fils de son histoire, nous faisant douter tour à tour de chacun des personnages.

Comme j’en ai lu 3 de suites, et que ses anciens romans me sont restés quelque peu en mémoire, j’ai aimé les clins d’oeil à certains détails de ses précédents livres (Envie-de-tuer ; un avion qui s’écrase….) Le Petit Prince de Saint-Exupéry encore et toujours présent.

Une ode à la terre qui n’appartient à personne : les adultes que nous sommes l’empruntons à nos enfants. « Rien n’appartient jamais à une personne seule« .

Une belle lecture d’été.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vue sur la Méditerranée depuis la bergerie du grand-père de Clothilde.

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La Belle et La Bête – Malandain Ballet Biaritz

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De retour à l’Opéra pour une nouvelle saison, je découvre la dernière création du chorégraphe Thierry Malandain, servi par une troupe très expressive.

J’ai aimé La Bête, très proche de l’animalité, derrière son collant noir : ses gestes, ses postures m’ont fait croire au personnage. Le danseur habitait totalement le rôle.

labete

J’ai aimé le jeu des rideaux, dévoilant une nouvelle scène, révélant des parties des corps des danseurs.

J’ai aimé la sobriété des costumes.

Toutefois, j’ai regretté les couleurs : trop de noir et blanc, ou or et argent. Mais sans doute fallait-il cette sobriété du décor pour laisser pleinement s’exprimer les artistes.

J’ai aimé la musique, enfin, mélange d’Eugène Onéguine, Hamlet et La Symphonie pathétique. Bien que, parfois, trop de lyrisme dans la partition créée une redondance avec la scène. Mais « ça prend aux tripes », c’est sûr !

Quand au message de cette création, laissons parler le chorégraphe :

« Sans se pencher sur toutes les interprétations du conte, on peut y déceler un récit initiatique visant à résoudre la dualité de l’être : la Belle incarnant l’âme de l’être humain et la Bête sa force vitale et ses instincts.

Avec Jean Cocteau, dont le film sortit sur les écrans en 1946, le regard se porte sur la représentation des démons intérieurs de l’artiste à travers la double nature de la Bête.

Unité perdue ou nature humaine déchirée, quoiqu’il en soit, sur des pages symphoniques de Tchaïkovski, dans notre proposition la Bête, délivrée de ses démons intérieurs, épousera la Belle sous un soleil ardent. »

Thierry Malandain in La Belle et La Bête – Malandain/Tchaikovski

troupe

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Gravé dans le sable – Michel BUSSI

gravedanslesableLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Quel est le prix d’une vie ?
Quand on s’appelle Lucky, qu’on a la chance du diable, alors peut-être la mort n’est-elle qu’un défi. Un jeu.

Ils étaient cent quatre-vingt-huit soldats sur la péniche en ce jour de juin 1944. Et Lucky a misé sa vie contre une hypothétique fortune.
Alice, sa fiancée, n’a rien à perdre lorsque, vingt ans plus tard, elle apprend l’incroyable pacte conclu par Lucky.

De la Normandie aux États-Unis, elle se lance en quête de la vérité et des témoins de l’époque… au risque de réveiller les démons du passé.

Mon avis :

Lors de sa première publication, ce roman était intitulé Omaha Crimes. Il s’agit, comme l’auteur l’indique dans sa préface, de son tout premier roman, qui est à présent réédité.

Et ça se sent : l’histoire part dans tous les sens (de la Normandie aux Etats-Unis avec d’innombrables aller-retour). Les personnages secondaires ne m’ont pas paru indispensables.

Et puis, que la narration est bavarde !

Si l’écrivain garde un attachement particulier pour ce texte, il n’en sera pas de même pour moi.

L’auteur a écrit mieux depuis, heureusement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la falaise de craie qui attendait les Alliés lors du débarquement de Normandie.

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Maman a tort – Michel BUSSI

mamanatordPocket, 4 mai 2016, 544 pages

Présentation de l’éditeur :

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant…

Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s’effacent. Ils ne tiennent plus qu’à un fil. Le compte à rebours a commencé.

Qui est vraiment Malone ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de l’auteur. L’action se déroule cette fois-ci au Havre, une ville que nous avions visitée en famille et qui nous avait plu.

J’ai bien aimé les personnages sympathiques et humains, faisant leur maximum pour résoudre deux énigmes en même temps.

J’ai parfois ri, parfois été beaucoup moins convaincue par certains extraits du site envie-de-tuer.com (j’ai vérifié, rassurez-vous, ce site web n’existe pas). Oui, parfois dans la vie quotidienne, on a envie de tuer son voisin ou son patron. Certaines situations en exergue de chapitres sont parfois cocasses.

Comme à chaque intrigue, l’auteur sème des indices. Trop contente d’en déchiffrer certains, j’ai tout de même été attrapée à la conclusion du roman.

J’ai encore une fois passée un bon moment de lecture.

Merci, Monsieur Bussi.

L’image que je retiendrai :

Celle du château qu’imagine Malone, et qui s’avère être des cheminées d’usine.

Merci Maman pour ce prêt inattendu.

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Nuit de septembre – Angélique VILLENEUVE

nuitdeseptembreGrasset, 9 mars 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

« Une nuit, ton fils s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé.
Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d’iris, les pierres de la cour tiède sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu’il est parti gonflé d’elles. Mais comme tu n’es pas sûre qu’en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la respiration, le murmure. »

Avec une sensibilité vibrante, lumineuse et poétique, Angélique Villeneuve dit l’après : comment exister sans celui dont on respecte silencieusement le choix d’être parti ? Quelle place trouver parmi les vivants et comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?

Mon avis :

La narratrice tente de mettre des mots sur le décès brutal de son fils.

Pas de misérabilisme, pas de pleurs, aucune tentative de chercher à savoir pourquoi. Juste des mots sur cette absence que la mère vit jour après jour.

Les arbres sont là pour aider cette mère démunie.

Et puis un jour, elle trouve dans une autre langue comment se dit un parent orphelin de son enfant.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette mère qui sent l’absence de son fils au creux de sa hanche, physiquement.

Yuko, Clara, Aifelle, Sylire et Antigone m’ont donné envie de plonger dans ce récit.

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9 ans déjà !

9 ans que je blogue, comme ça passe vite !

Premier blog : celui des Couassous, alias mes enfants. Commencé parce que ma maman était partie travailler sur le Caillou, à l’autre bout du monde. C’était une façon de la tenir au courant de notre nouvelle vie de famille.

couassousPuis les enfants ont grandi, ma mère est revenu, et je me suis remise à lire. Envie de parler d’autres choses.

J’ai donc changé de plate-forme pour ouvrir mon blog de lectures. Changement de titre, changement de pseudo. Mais toujours la même envie de découvrir d’autres blogs.

Certains n’ont pas donné suite, certains ont disparu, mais d’autres continus, comme moi.

Pour fêter l’événement, je vous offre donc ma boisson favorite : une coupe de champagne !

coupes

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Envoyée spéciale – Jean ECHENOZ

envoyeespecialeLes Editions de Minuit, 7 janvier 2016, 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Mon avis :

De l’auteur, je n’avais rien lu (honte à moi).

Je suis agréablement surprise par le style, exigeant. L’histoire ne m’a intéressée que dans la troisième et dernière partie, mais je n’ai pas boudée mon plaisir de lire une telle prose.

Ironie, flegme et sens de l’absurde, tout y est.

Un moment de lecture intelligent.

L’image que je retiendrai :

Celle de la perceuse, accessoire qui interviendra régulièrement dans le récit.

Les avis beaucoup plus développés de Sylire, Jostein, Clara et Yv.

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Mémoire de fille – Annie ERNAUX

memoire-de-filleGallimard, 1 avril 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue».

Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

Mon avis :

Quelle plongée dans l’adolescence m’a offert l’auteure : l’âge pendant lequel on doit faire des choix pour son avenir ; ce moment pendant lequel on cherche absolument à appartenir à un groupe.

Mais Annie n’appartient à aucun monde : ni celui des monos de camp de vacances, ni celui des filles huppées du lycée. Qu’importe, elle se découvre peu à peu, s’émancipant de sa famille en douceur. Reviendront alors son « sang » et son appétit.

L’auteure explore également son rapport à l’écriture, ainsi que son rapport au passé. Retourner sur les lieux des événements ne lui apporte rien, et pourtant elle cherche souvent des traces des personnes qui ont croisé sa route à cette époque.

Tout au long de ma lecture, j’ai senti l’auteure apaisée.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’adolescente calquant ses vêtements et ses études sur ceux de cette femme du camp de vacances, tentant de lui ressembler.

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Des garçons bien élevés – Tony PARSONS

desgarconsbienelevesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont sept. Ils se connaissent depuis vingt ans, tous anciens élèves de la très prestigieuse école de Potter’s Field. Des hommes venus des meilleures familles, riches et privilégiés. Mais quelqu’un a décidé de les égorger, un à un. Quel secret effroyable les lie ? Sur quel mensonge ont-ils construit leur vie ? L’inspecteur Max Wolfe va mener l’enquête, depuis les bas-fonds de Londres jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir. Au péril de sa vie.

Mon avis :

Un policier divorcé qui élève seul sa fille avec son jeune chien, un personnage attachant (même si il pratique la boxe, tout le monde n’est pas parfait). Il n’hésite pas à donner de sa personne pour découvrir la vérité.

Un roman intelligent sur fond d’école ultra-élitiste.

Réalité ou fiction : il existe un Musée Noir dans lequel sont conservés toutes les armes imaginées pour tuer des policiers.

Un auteur que je découvre avec plaisir.

L’image que je retiendrai :

Dans la fameuse école huppée, Henri VIII avait fait enterrer ce qu’il avait de plus cher : ses chiens….

Mercis Richard, Dasola et Valérie pour cette idée de lecture.

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Les vivants et les morts – Nele NEUHAUS

lesvivnatsetlesmortsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Au coeur de l’hiver, une vieille dame est tuée d’une balle dans la tête tandis qu’elle promène son chien dans un parc de la banlieue de Francfort. Trois jours plus tard, une autre femme est abattue avec la même arme à travers la fenêtre de sa cuisine, alors qu’elle est en pleins préparatifs de Noël.

L’officier de police judiciaire Pia Kirchhoff comprend qu’elle peut dire adieu à son voyage de noces en Equateur : son collègue Oliver von Bodenstein va avoir besoin d’elle. Les victimes n’avaient apparemment aucun ennemi. Pourquoi, alors, fallait-il qu’elles meurent ? Ont-elles été choisies au hasard ?

Lorsque d’autres morts surviennent, la peur se répand dans la population face à celui que la presse a déjà surnommé « le sniper du Taunus ». Pia et Oliver tentent désespérément de déterminer le mobile de celui qui s’est autoproclamé « le Juge ». En priant secrètement qu’il y en ait un, parce que rien n’est plus imprévisible qu’un homme qui tue sans discernement. Lorsque, aiguillés par les énigmatiques messages du meurtrier, les deux enquêteurs élargissent le champ de leurs investigations aux proches des victimes, ils mettent au jour une terrible tragédie humaine aux ramifications complexes.

Mon avis :

4e volet des enquêtes de Pia et Bodenstein, cette fois-ci avec un volet médical.

J’ai trouvé ce tome un peu trop délayé à mon goût. L’enquête n’avance pas (il faut dire que le coupable est retors et ne laisse aucune piste).

Les vies de Pia et Bodenstein en arrière-plan sont toujours aussi intéressantes.

Dans cet opus, l’auteure pose la question du don d’organes : les médecins se comportent-ils comme des vautours autour d’une proie ? Rien de bien rassurant…..

L’image que je retiendrai :

La soeur de Pia intervient dans ce volet, et se prend de passion pour la chef de sa soeur.

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De force – Karine GIEBEL

deforceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Elle ne m’aimait pas.
Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet.
Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces.
De force.
Mais on n’aime pas ainsi.
Que m’a-t-elle donné ?
Un prénom, un toit et deux repas par jour.
Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu.

Mon avis :

En refermant ce roman, je me demande si l’auteure elle-même ne l’a pas écrit De force : beaucoup de délayages, de redites, et une fin décevante.

J’ai tout de même aimé la valse-hésitation pour tenter de deviner qui est le coupable : j’en suis venue à soupçonner tout le monde.

J’ai aimé que l’auteure nous parle de l’amour familial, celui qui ne se commande pas ni ne s’achète, que l’on ne peut obtenir de force.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine de la propriété vers qui converge tous les regards.

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Un travail comme un autre – Virginia REEVES

untravailcommeunautreStock, 24 août 2016, 344 pages

Présentation de l’éditeur :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

Mon avis :

Même si il se laisse porter par les événements, Roscoe est un personnage attachant. Il m’a énervé, parfois, à ne pas souvent prendre les devants. Mais j‘ai fini par l’aimer, et avoir du mal à le quitter.

Sa femme, en revanche, qui au départ était une femme plutôt sympathique, m’est très vite devenue antipathique.

De la famille, seul Gérald n’a pas failli.

J’ai aimé suivre la vie de Roscoe en prison ; ses mésaventures et son attachement à Maggie, la chienne qui lui est donné à sa sortie ; ses diverses cicatrices qui parcourent son corps.

Mais ma lecture a été malheureusement trop hachée pour que j’ai été complètement emportée par le souffle épique de ce roman.

Je me joins au concert de louanges pour dire qu’il s’agit d‘un premier roman réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’électricité, véritable fil conducteur du roman.

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Chiens de sang – Karine GIEBEL

chiensdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont là. Derrière. Ils approchent.
Aboiements. Tonnerre de sabots au galop…
La forêt est si profonde… Rien ne sert de crier. Courir. Mourir. C’est le plus dangereux des jeux. Le dernier tabou. Le gibier interdit…
Le hasard les a désignés. Diane aurait dû rester à l’hôtel, ce jour-là. Au mauvais endroit, au mauvais moment… Maintenant, ils sont derrière, tout près. Courir. Mourir.
Quant à Rémy le SDF, s’il a perdu tout espoir depuis longtemps, c’est la peur au ventre qu’il tente d’échapper à la traque. Ils sont impitoyables, le sang les grise. Courir. Mourir.
C’est le plus dangereux des jeux. Qui en réchappera ?

Mon avis :

Je continue de rattraper mon retard avec cette auteure, encore un autre de ses anciens romans.

D’entrée de jeu, comme d’habitude, on s’attache aux personnages. Cette fois-ci, les deux personnages principaux sont coursés pour des raisons différentes : Diane dans une forêt de Cévennes, Rémy dans un parc privé de Sologne. Tous deux courent pour leur vie.

L’auteure sait habillement mener ces deux récits de front, avec des ressemblances parfois macabres.

Et bien sûr, comme souvent avec cette auteure, cela ne se finit pas bien, pour personne.

L’image que je retiendrai :

Celle du parc du Lord en Sologne, plein de pièges autour de pièces d’eau magnifiques.

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Terminus Elicius – Karine GIEBEL

terminuseliciusLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler ce train-train morose :  » Vous êtes si belle, Jeanne.  » Glissée entre deux banquettes, elle l’attendait. Une déclaration. D’amour. De guerre. Car l’homme de ses rêves est un monstre, un tueur sans pitié. Elle sera sa confidente, son épaule. Il sera son âme sœur, son dilemme. Le terminus de ses cauchemars…

Mon avis :

Premier roman de l’auteur, Prix SNCF du polar, excusez du peu.

On prend donc beaucoup le train dans ce court roman, la ligne Marseille-Mirmas.

Dès le départ, l’auteure nous fait douter de son personnage principal, Jeanne, une jeune femme pleine de TOC qui vit encore chez sa mère à 30 ans. Et puis un drame a eut lieu dans sa vie : l’abandon de Michel.

La force de ce roman (et de l’auteure) réside dans le fait que même une fois le roman refermé, on doute de l’identité d’Elcidius : est-ce Jeanne ; est-ce un ancien ami de Michel ? Il faudra que je demande à l’auteure…..

L’image que je retiendrai :

Celle des couleurs de la mer qui longe la fameuse ligne de chemin de fer.

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Miettes de sang – Claire FAVAN

miettesdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Poplar Bluff, petite ville du Missouri. Aux yeux de ses habitants, Dany Myers est un raté, un faible, indigne du souvenir qu’a laissé son père, ancien et bien-aimé capitaine de la police locale. Poussé par sa mère à rejoindre à son tour les forces de l’ordre, il y exécute sans broncher les tâches subalternes, encaisse les vexations et fuit tout conflit. Jusqu’à ce qu’une étrange vague de meurtres, suivie de suicides, endeuille la communauté. 

Cette affaire, que tous souhaitent étouffer, sera  son affaire. Pour la première fois de sa vie, Dany brisera le silence – à ses risques et périls… 

Mon avis :

Une lecture agréable pour un récit policier un peu convenu.

Le personnage principal est vraiment becasson et met à chaque fois les pieds dans le plat. Mais on lui pardonne avec une mère comme la sienne.

Mais si il est une oie blanche au départ, il finit comme les autres par frapper tout le monde.

La fin est inattendue cependant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison bleue qui fait cauchemarder le personnage principal et le coupable.

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Zaï Zaï Zaï Zaï – FABCARO

zaizai6 Pieds sous Terre Editions, 21 mai 2015

Présentation de l’éditeur :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.

Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.

Mon avis :

Bienvenue dans la 4e dimension ! J’ai eu du mal, au départ, à saisir le côté décalé de ce road-movie.

Un point de vue sur notre société de consommation. Une lecture qui décape et qui fait réfléchir sur nos us et coutumes modernes.

L’image que je retiendrai :

Ai-je bien ma carte de fidélité sur moi ?!

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Les assassins – R.J. ELLORY

lesassassinsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et obsédé par les serial killers, celui-ci découvre en effet que ces meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Mon avis :

Une lecture étrange, dans laquelle aucun indice ne permet d’identifier le coupable, juste un affreux doute sur Costello.

Le propos de l’auteur porte surtout sur les tueurs en série : descriptions de leurs crimes avec les dates. C’est intéressant, mais l’auteur m’avait habitué à mieux.

Irving est touchant qui ne sait pas comment se comporter avec le journaliste.

Beaucoup de détails, de pages noircies. Pas inintéressant, mais pas le meilleur de l’auteur.

L’image que je retiendrai :

Celle du Marteau de Dieu, le serial killer qui ouvre et clôt le roman.

Une expression :

Treeware, le terme que les geeks emploient pour désigner les documents en papier.

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Tant que dure ta colère – Asa LARSSON

tantqueduretacolereAlbin Michel, 1er septembre 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Une nouvelle enquête de Rebecka Martinsson.

Au nord de la Suède, à la fonte des glaces, le cadavre d’une jeune fille remonte à la surface du lac de Vittangijärvi. Est-ce son fantôme qui trouble les nuits de la procureure Rebecka Martinsson ? Alors que l’enquête réveille d’anciennes rumeurs sur la mystérieuse disparition en 1943 d’un avion allemand dans la région de Kiruna, un tueur rôde, prêt à tout pour que la vérité reste enterrée sous un demi-siècle de neige…

Mon avis :

J’avais lu il y a quelques temps son second roman La piste noire qui ne m’avait pas laissé un mauvais souvenir.

Voici donc la troisième enquête de Rebecka, et je dois dire que j’ai été quelque peu déçue.

Je m’attendais à plus de suspens, plus de mystères dans ce cercle polaire arctique où se déroule l’action.

Une enquête sur fond de seconde guerre mondiale, mais vraiment par petites touches.

Une lecture qui ne me restera pas longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’esprit de la jeune femme morte tournant avec les oiseaux au-dessus des vivants.

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

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Papillon de nuit – R.J. ELLORY

papillondenuitLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Après l’assassinat de Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes. L’Amérique a compris que si une puissance invisible pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs.

C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air.

Mon avis :

C’est apparemment le premier roman écrit par l’auteur. J’y retrouve ce tique d’écriture qui m’agace chez lui : je vous préviens régulièrement qu’il va se passer quelque chose. Assez pour m’agacer, mais pas assez pour me faire abandonner.

Le personnage principal se laisse porter par les événements : il devient ami avec un noir en Caroline du Sud dans les années 50 ; il le suit quand celui-ci veut échapper à la conscription pour la guerre du Vietnam. Il se retrouve emprisonné dans le couloir de la mort sans vraiment s’être défendu. Danny est donc un vrai naïf.

Mais l’auteur sait tenir son lecteur : histoire racontée au compte goutte ; « révélations » sur les morts de JFK et de son frère ainsi que sur le KKK.

Et bien sûr, le papillon de nuit et sa destinée tragique qui revient en leitmotiv.

Monsieur Ellory, je vous aime !

L’image que je retiendrai :

Celle d’Eve Chantry, vieille sorcière de la ville qui racontera le destin tragique de sa fille et son mari aux deux garçons. Un passage bouleversant.

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Police – Hugo BORIS

policeLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont gardiens de la paix. Des flics en tenue, ceux que l’on croise tous les jours et dont on ne parle jamais, hommes et femmes invisibles sous l’uniforme. 
 
Un soir d’été caniculaire, Virginie, Érik et Aristide font équipe pour une mission inhabituelle : reconduire un étranger à la frontière. Mais Virginie, en pleine tempête personnelle, comprend que ce retour au pays est synonyme de mort. Au côté de leur passager tétanisé, toutes les certitudes explosent. Jusqu’à la confrontation finale, sur les pistes de Roissy-Charles-de-Gaulle, où ces quatre vies s’apprêtent à basculer. 
 
En quelques heures d’un huis clos tendu à l’extrême se déploie le suspense des plus grandes tragédies. Comment être soi, chaque jour, à chaque instant, dans le monde tel qu’il va ?

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel roman ! Quelle ambiance, quelles émotions ! (oui, j’aime bien les points d’exclamation, et si je pouvais, je les ferai même à l’envers, na !)

Un roman court, une action qui se déroule sur peu d’heures, mais des souvenirs cuisants émaillent la soirée. Des images d’un quotidien de policier qui en voit des vertes et des pas mures : la société française de fond en comble.

Les trois personnages principaux sont attachants, plus vrais que nature.

Une langue qui va à l’essentiel, mais qui sait suggérer un arrière-plan tout aussi important de banlieues dortoirs et de chaînes de magasins uniformes.

Une réalité noire qui m’a émue.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tadjik reconduit à la frontière qui, ne comprenant pas la langue, réagi à contre-temps.

Un coup de coeur inattendu pour Antigone ; un roman admirablement mené pour Yv.

Je remercie les Editions Grasset ainsi que Net Galley pour l’envoi de ce roman passionnant.

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Journal d’un vampire en pyjama – Mathias MALZIEU

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Présentation de l’éditeur :

« Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue. »

Mon avis :

Que j’aime les romans de cet auteur : La mécanique du Cœur, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi.

Autant dire que j’ai été déçue par ce récit de sa maladie qui nous raconte (presque) au jour le jour sa renaissance.

Si j’ai trouvé certaines images sympathiques : les nymphermières, Dame Oclès, en revanche le récit détaillé de ses hospitalisations successives ne m’a pas passionné.

Tant pis. J’attendrais un autre roman de cet auteur qui nous parle de héros au cœur d’enfant.

L’image que je retiendrai :

Celle de sa compagne Rosie qui l’accompagne chaque jour, y compris dans sa bulle stérile.

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Boléro de Mariage Frères

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Thé noir au goût de fruits méditerranéens

Crescendo va le tempo du Boléro dans le style entêtant des mélodies andalouses.

Pour ce thé aux fruits de la Méditerranée en dominante de pêche blanche, d’abricot et de figue, la liqueur se fait veloutée, charmeuse et dansante.

A chacun de l’orchestrer sur une table gourmande.

Mon avis :

Hummm, des fruits d’été ! Mais dans une tasse de thé, finalement, ce n’est pas à mon goût.

Il laisse une amertume en bouche, sauf à le laisser beaucoup infuser.

Pas un de mes préférés, malgré le nom prometteur.

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Jules – Didier von CAUWELAERT

julesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Zibal est un petit génie. Ses inventions auraient d’ailleurs pu lui rapporter des millions mais tout le monde n’est pas doué pour le bonheur et Zibal, malgré ses diplômes, se retrouve à 42 ans vendeur de macarons à l’aéroport d Orly.
Un jour, devant son stand, apparaît Alice, une jeune et belle aveugle qui s’apprête avec son labrador Jules à prendre l’avion pour Nice où elle doit subir une opération pour recouvrer la vue. L’intervention est un succès mais, pour Jules, affecté à un autre aveugle, c’est une catastrophe. Jules fugue, retrouve Zibal et, en moins de vingt-quatre heures, devient son pire cauchemar : il lui fait perdre son emploi, son logement, ses repères. Compagnons de misère, ils n’ont plus qu’une seule obsession : retrouver Alice.

Mon avis :

Une lecture plaisante et sympathique sur fond de chien guide d’aveugle.

L’héroïne se fait faire une greffe de cornée qui réussie ; elle n’a pas de soucis d’argent. Son seul problème est son chien qu’elle doit abandonner au profit d’un autre aveugle.

Mais rassure-vous, au cours d’un week-end à Deauville, tout s’arrangera.

Une lecture sympathique donc, qui m’a toutefois permis de découvrir que trop peu de chiens étaient dressés pour les personnes souffrant de crise d’épilepsie.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Panart de Fred partant dans un bruit de pétarades.

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Les corps de verre – Erik Axl SUND

lescorpsdeverreLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Un peu partout en Suède, des jeunes mettent fin à leur vie. Une vague de suicides décidément étrange : chaque fois, les procédés choisis sont déroutants, les mises en scènes horriblement méticuleuses…

On charge l’inspecteur Jens Hurtig d’enquêter. Bientôt la police découvre qu’au moment de passer à l’acte les victimes écoutaient une cassette, une mixtape unique créée pour l’occasion par un obscur musicien underground. La durée de chaque enregistrement correspond à la date d’anniversaire de la personne à laquelle elle est destinée. Puis c’est une série de meurtres bestiaux qui vient faire déborder les casiers de la criminelle. Quand Hurtig finira par comprendre que ces crimes ont un lien avec les suicides, il sera peut-être déjà trop tard… 

Mon avis :

Le début d’une nouvelle trilogie de ce duo d’auteurs, chic ! J’avais adoré leur première trilogie PersonaTrauma Catharsis.

La trilogie en cours tourne autour de la mélancolie.

D’ailleurs, le personnage principal est désigné par les thermes Mélancolie noire, ou encore Hunter.

Il est question tout au long du roman du suicide des jeunes, et ce thème m’a mis mal à l’aise.

Les communautés religieuses et leur dis fonctionnement sont également pontes du doigt.

Un roman très noir.

L’image que je retiendrai :

Certains des personnages sont des immigrés qui ont connu l’enfer. De quoi relativiser. 

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L’année sans été – Gillen D’Arcy WOOD

lanneesanseteLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Un an après Waterloo, en 1816, le monde est frappé par une catastrophe restée dans les mémoires comme l' » année sans été  » ou l' » année du mendiant « … Une misère effroyable s’abat sur l’Europe. Des flots de paysans faméliques, en haillons, abandonnent leurs champs, où les pommes de terre pourrissent, où le blé ne pousse plus.

Que s’est-il passé ? En avril 1815, près de Java, l’éruption cataclysmique du volcan Tambora a projeté dans la stratosphère un voile de poussière qui va filtrer le rayonnement solaire plusieurs années durant. Ignoré des livres d’histoire, ce bouleversement climatique fait des millions de morts. On lui doit aussi de profondes mutations culturelles, dont témoignent les ciels peints par Turner, chargés de poussière volcanique, ou le Frankenstein de Mary Shelley.

L’auteur nous invite à un véritable tour du monde. Au Yunnan, les paysans meurent de faim, vendent leurs enfants et se lancent dans la culture du pavot à opium, moins sensible que le riz aux variations climatiques.

Dans le golfe du Bengale, l’absence de mousson entraîne une mutation redoutable du germe du choléra, dont l’épidémie gagne Moscou, Paris et la Nouvelle-Angleterre. L’Irlande connaît une effroyable famine, suivie d’une épidémie de typhus, qui laisse de marbre le gouvernement britannique. En Suisse, des glaciers avancent avant de fondre brutalement, détruisant des vallées entières. Aux États-Unis, des récoltes misérables provoquent la première grande crise économique, etc.

Ce livre, qui fait le tour d’un événement à l’échelle planétaire, sonne aussi comme un avertissement : ce changement climatique meurtrier n’a pourtant été que de 2° C…

Mon avis :

J’avais entendu dire que le Frankenstein de Mary Shelley avait été écrit suite à un été sombre. J’ai découvert en lisant ce livre que le fameux été avait duré 3 ans de suite et qu’il avait produit bien plus qu’un chef d’oeuvre de la littérature.

Du volcan, je ne connaissais rien, même pas son nom (et pourtant, j’avais entendu parler du Krakatau). C’est l’année du bicentenaire de son réveille.

Même les fermiers américains ont été touchés, ce qui a créé la première crise économique mondiale (bien avant le Jeudi Noir). Sans oublier les agriculteurs irlandais avant la maladie de la pomme de terre.

De même qu’au Yunnan, en Chine, les agriculteurs sont passés de la culture de subsistance des céréales, à la culture de rapport de l’opium, plus rentable.

L’auteur fait le lien entre l’éruption du Tambora et l’éruption de Santorin en 1628 av. J.C. qui avait précédé la chute de la civilisation minoenne, la légende de l’Atlantide et l’exode des Hébreux hors d’Egypte (p.59).

Une lecture enrichissante.

L’image que je retiendrai :

L’auteur semble partir de l’éruption du Tombora, mais il ne nous parle que du roman de Mary Shelley. Habile.

Je remercie les éditions La Découverte, ainsi que Net Galley pour l’envoi de cet essai passionnant.  

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Les contes défaits – Oscar LALO

lescontesdefaitsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent  Les contes défaits
L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir. 

Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.

Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence… 
Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature. 

Mon avis :

Je savais que le sujet était difficile. Mais je pensais que l’auteur pourrait l’écrire. Il n’en est rien.

Comme son titre, l’écriture est défaite : elle part dans tous les sens, l’auteur ne peut pas la centrée sur son sujet. Et cela m’a gêné. J’attends d’un roman une certaine construction, or dans celui-ci, tout est déconstruit. Est-ce un roman d’ailleurs ? Je me suis plusieurs fois posée la question.

Jeu de mots pour mettre l’horreur à distance, soit. Celui avec le homme d’enfants est parlant, mais tous ne le sont pas.

Une écriture très bien pensée, mais qui m’a laissé su ma fin-faim.

L’image que je retiendrai :

Celle des enfants revenant de promenade sous la pluie et séchant dans le vestibule.

Je remercie les Editions Belford et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

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Être ici est une splendeur – Marie DARIEUSSECQ

etreiciestunesplendeurVie de Paula M. Becker

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

 » Paula Modersohn-Becker, née le 8 février 1876 à Dresde et morte le 21 novembre 1907 (à 31 ans) à Worpswede, est une artiste peintre allemande, et l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s’engagea dans des études de peinture et rejoignit les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, non loin de Brême, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épousa le peintre Otto Modersohn. Le manque d’audace des peintres worpswediens, toutefois, la poussa à s’ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l’avant-garde artistique. Les quatorze courtes années durant lesquelles Paula Modersohn-Becker exerça son art lui permirent de réaliser pas moins de sept cent cinquante toiles, treize estampes et environ un millier de dessins. Son style, particulièrement original, est le fruit d’influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l’impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l’art japonais ou encore l’art de la Renaissance allemande. La force expressive de son oeuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du XXe siècle. Elle mourut prématurément à trente-et-un ans, des suites d’un accouchement. Jusqu’à aujourd’hui, elle reste assez peu connue au-delà des pays germanophones.  » Ce qui précède, c’est la fiche Wikipédia consacrée à l’héroïne du nouveau livre de Marie Darrieussecq. Bien sûr, cette biographie (nouveau territoire pour l’auteur de Il faut beaucoup aimer les hommes) reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula. Mais elle les éclaire d’un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d’expression et d’indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

Mon avis :

Je ne connaissais pas cette peintre (mais il faut dire que je n’ai pas fait les Beaux Arts et que je ne connaissais pas non plus Charlotte avant de lire le roman de Foenkinos. Comme quoi, la lecture mène même à la peinture).

A travers les mots de l’auteure, je découvre la peinture d’une artiste allemande de la fin du 19e siècle : une artiste qui aimait peindre les corps nus, surtout les corps des femmes de sa région, ceux des paysannes épuisées par le travail et les enfants.

Grâce à la correspondance de l’artiste, l’auteure retrace le parcours de cette femme éprise de liberté et de Paris, amie de Rilke et de sa femme.

De plus en plus, les musées exposent les œuvres des femmes peintres, des rétrospectives leur sont dédiés. Les écrivains, homme ou femme, écrivent également sur ces peintres qui ont su peindre dans une époque où les femmes ne s’émancipaient que trop peu.

L’image que je retiendrai :

Celle du titre, bien sûr, si belle.

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Les incendiés – Antonio MORESCO

les incendiesEditions Verdier, 25 août 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Un homme décide de fuir la sombre et douloureuse gangue qui lui tient lieu d’existence. Il renonce à tout.

Après une longue errance en voiture, il finit par trouver refuge dans un hôtel au bord de la mer où il vit caché. La touffeur de l’été enflamme l’air. De petits feux explosent, çà et là, au long de la côte. Une nuit, un épouvantable incendie menace l’hôtel. L’homme parvient à se sauver sur une falaise désertique d’où il observe le terrible spectacle.

Soudain, une femme aux dents d’or aussi merveilleuse que mystérieuse apparaît dans son dos, lui murmure que c’est pour lui qu’elle a incendié le monde et, avant de disparaître, lui demande s’il veut brûler avec elle. Obsédé par cette rencontre, il se lance à sa recherche.

Mon avis :

Quand on ouvre un roman d’Antonio Moresco, il faut bien avoir en tête que l’auteur nous emmène dans un monde à part. Et dans cet ouvrage, le monde est complètement à part. On y croise une tueuse-prostituée qui parle russe et notre héros, complètement déphasé.

L’ouvrage s’ouvre et se clôt sur un incendie ; et tout le long du roman, ce sont les armes qui font feu.

Avec sa langue éminemment poétique, Antonio Moresco arriverait presque à me faire aimer les descriptions d’embuscades qui tournent mal.

Heureusement, au milieu de toute cette violence, il y a le héros qui voue un amour éperdue à cette femme qu’il a rencontré par hasard et qu’il suit aveuglément.

J’ai tout de même moins accrochée qu’aux précédents romans de l’auteur. Disons que celui-ci est différent.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux héros dans le pays des morts. Quand je vous dis que le monde de l’auteur est à part….

Merci ma libraire préférée pour cette lecture en avant-première.

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J’ai tué papa – Mélanie RICHOZ

tue-papaSlatkine et Cie, 25 août 2016, 94 pages

Présentation de l’éditeur :

« C’était donc lundi. Un lundi trois. C’est mon chiffre favori parce que je suis né en mars, le trois justement, et que mars est le troisième mois de l’année. Ma date de naissance, c’est le lundi 3.3.2003. Et aussi, nous sommes trois à vivre à la maison. Papa, moi et maman. L’homme, l’enfant et la femme. Le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Tyrannosaure Rex, le Diplodocus et le Stégosaure.Les trois mages de la constellation d’Orion. »

Confronté au monde et à l’hospitalisation de son père, le jeune Antoine livre ses réactions, auxquelles font écho celles de ses parents. Un roman bouleversant, à trois voix, qui nous plonge dans le quotidien d’un garçon autiste.

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel texte ! Un récit à trois voix : celle d’Antoine, jeune garçon autiste qui tente d’expliquer le monde autour de lui ; la voix de sa mère, bouleversante ; la voix de son père, toujours présent pour le réconforter quand Antoine panique.

A eux trois, ils forment une famille unie et aimante. Jusqu’au jour du drame.

Nous suivons donc ces trois personnages, leurs pensées et l’évolution d’Antoine.

Un récit court mais qui m’a bouleversé. J’ai fini les dernières pages avec des poissons d’eau dans les yeux.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion d’Antoine pour la couleur verte au point que sa mère colore tout ses plats en vert.

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Lithium – Aurélien GOUGAUD

lithiumAlbin Michel, 17 août 2016, 189 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain, un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.

Dans un texte crépusculaire, Aurélien Gougaud entremêle leurs voix, leurs errances, leur soif de vivre, touchant au plus près la vérité d’une génération en quête de repères. Un premier roman d’une surprenante maturité, qui révèle le talent d’un jeune auteur de vingt-cinq ans.

Mon avis :

Je ne m’attendais à rien en ouvrant ce roman : je savais juste qu’il allait être question d’Elle et de Lui.

Et puis quel titre énigmatique : de quel élément chimique parle-t-on ? le lithium qui compose les piles ou celui qui soigne les troubles bipolaires ?

Alternativement, à chaque chapitre, on suit les personnages dans leur quotidien sur une semaine, sans que ce soit jamais lassant.

Le style est enlevé, rapide, sans être rédhibitoire.

Les vies se croisent, parfois pour longtemps, parfois pas.

L’auteur ausculte la société de consommation par le petit bout de la lorgnette (celui d’une centrale d’appels qui ne recule devant rien) ; les relations au travail (la toute puissance du boss) ; les jeunes adultes et leur rapport à la vie et au travail.

Même si les personnages principaux n’appartient pas à ma génération (je n’ai plus 25 ans….), j’ai aimé les suivre dans ce roman le temps d’une après-midi.

Quelle belle découverte !

L’image que je retiendrai :

Celle de la personne âgée souffrant d’Alzheimer et qui se fait poser un parquet neuf deux fois par an à des tarifs prohibitifs.

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L’année la plus longue – Daniel GRENIER

lanneelapluslongueFlammarion, 17 août 2016, 400 pages

Présentation de l’éditeur :

Thomas Langlois, né comme son aïeul Aimé Bolduc une année bissextile, ne fête son anniversaire qu’une année sur quatre. Mais est-il pour autant, comme l’espère vivement son père, promis au même destin que son ancêtre qui, lui, ne vieillissait que d’une année tous les quatre ans ?

En suivant les vies de ces deux personnages d’exception, L’année la plus longue traverse, de Chattanooga à Montréal, des Great Smokies aux monts Chic-Chocs, près de trois siècles d’histoire de l’Amérique. De la prise de Québec par les Britanniques en 1760 au 11 septembre 2001, de la capitulation des Indiens au combat des Noirs américains, c’est l’âme du continent tout entier qui s’invite et s’anime dans cette fresque épique et familiale.

Ce premier roman, œuvre d’un immense conteur, réussit le pari fou de nous plonger au cœur de la grande histoire et, au-delà, de nous en peindre mille et une autres.

Mon avis :

Commençons par l’aspect positif de cette lecture : j’ai appris plein de choses sur l’Histoire des Etats-Unis et du Québec, par le petit bout de la lorgnette.

Mais que le style m’a déplu : c’est alambiqué, les phrases tournent autour du pot, partent en digressions.

Qui plus est, le récit est construit comme un puzzle, me perdant dans les couloirs du temps.

Je ne me suis donc attachée ni aux personnages ni à l’histoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’anniversaire de Thomas que son père ne lui fêtait que tous les 4 ans.

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Roland est mort – Nicolas ROBIN

rolandest mortEditions Anne Carrière, 17 mars 2016, 182 pages

Présentation de l’éditeur :

Roland est mort. Les sapeurs-pompiers l’ont retrouvé la tête dans la gamelle du chien. Ils viennent enlever le corps et se débarrassent du caniche en le confiant à son voisin de palier, un homme proche de la quarantaine, au chômage, très seul. Roland est mort depuis une semaine. Son voisin ne le connaissait pas vraiment, mais il aurait dû s’en douter : il n’entendait plus les chansons de Mireille Mathieu, derrière le mur. II écope du chien, puis de l’urne contenant les cendres du défunt.

Que faire de ce lourd héritage chargé de poils et de céramique ? Le voisin va tout tenter pour s’en débarrasser, mais en a-t-il vraiment envie ? Ce livre est un ovni. La force des mots, l’immense sensibilité qui s’en dégage font qu’il laisse une trace et qu’on le quitte avec regret.

Mon avis :

Roland est mort, leitmotiv qui revient à chaque début de chapitre (cette fois-ci et aujourd’hui, ce n’est pas maman…).

Un style composé d’accumulations qui ne sont pas barbantes ; des répétitions qui font sourire ; et une passion du personnage principal pour le Campari et les films pornos qu’il ne peut jamais regarder tranquillement : à chaque fois, quelqu’un sonne à sa porte pour lui donner quelque chose de Roland.

On découvre sa famille pas piquée des vers ; ses rendez-vous au Pôle emploi surprenants.

Une très belle découverte. Un roman intelligent à l’écriture ciselée jamais rédhibitoire.

L’image que je retiendrai :

La phrase leitmotive du personnage quand il est stressé : « Je me gratte la barbe, je m’aplatis les cheveux de la paume de la main ».

Merci Clara pour ce très bon conseil de lecture.

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La valse des arbres et du ciel – Jean-Michel GUENASSIA

lavalsedesarbresetducielEditions Albin Michel, 17 août 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies.

Jean-Michel Guenassia nous révèle une version stupéfiante de ces derniers jours. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si une partie de ses toiles exposées à Orsay étaient des faux ?…

Autant de questions passionnantes que Jean-Michel Guenassia aborde au regard des plus récentes découvertes sur la vie de l’artiste. Il trouve des réponses insoupçonnées, qu’il nous transmet avec la puissance romanesque et la vérité documentaire qu’on lui connaît.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver la plume de Monsieur Guenassia. J’avais beaucoup aimé Le club des incorrigibles optimistes, son premier roman.

L’auteur nous entraîne cette fois-ci dans la France de la fin du 19e siècle : exposition universelle et construction de la Tour Eiffel ; études de médecine venant tout juste de s’ouvrir aux femmes ; et bien sûr Van Gogh.

Le roman s’ouvre et se ferme sur le personnage de la fille du docteur Gachet, une jeune femme au caractère fort et aux idées bien arrêtées, qui voudrait devenir peintre et rêve de s’exiler aux Etats-Unis sans rien en dire à son père. Jusqu’à l’arrivée de Vincent dont elle tombe amoureuse.

Le récit est entrecoupé d’extraits de la correspondance de Vincent à son frère Théo, ou d’articles de journaux de cette époque. Ce sont des pauses bienvenues dans le récit.

Un roman qui offre une version inusitée de la fin de vie du célèbre peintre.

Une très belle écriture, intelligente et sensible.

L’image que je retiendrai :

Celle de Vincent, marchant dans la campagne avec son cadre, son trépied et son cabas dans lequel il fourre ses pinceaux et sa peinture.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman qui m’a conquis.

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Ada – Antoine BELLO

adaGallimard, 25 août 2016, 368 pages

Présentation de l’éditeur :

Frank Logan, policier dans la Silicon Valley, est chargé d’une affaire un peu particulière : une intelligence artificielle révolutionnaire, a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Baptisé Ada, ce programme informatique a été conçu par la société Turing Corp. pour écrire des romans à l’eau de rose. Ada parle, blague, détecte les émotions, donne son avis et se pique de décrocher un jour le Prix Pulitzer. On ne l’arrête pas avec des contrôles de police et des appels à témoin.

En proie aux pressions de sa supérieure et des actionnaires de Turing, Frank mène l’enquête à son rythme. Ce qu’il découvre sur les pouvoirs et les dangers de la technologie l’ébranle, au point qu’il se demande s’il est vraiment souhaitable de retrouver Ada…

Mon avis :

Depuis sa trilogie Les Falsificateurs, j’adore cet auteur (enfin, le dernier opus était un peu répétitif, mais passons).

Quel plaisir de retrouver la plume intelligente de l’auteur qui cette fois-ci nous fait réfléchir sur le pouvoir des machines et les statistiques des caractéristiques du roman.

Même si je n’ai pas retenu grand chose de toutes ces statistiques, je dois reconnaître que l’auteur a bien travaillé son sujet, et qu’il n’est jamais rédhibitoire.

Il agrémente ses réflexions d’une intrigue légèrement policière, ce qui a tout pour me plaire.

J’ai dévoré ces 300 pages en deux jours : j’ai adoré.

Mais comme à chaque fois à la fin d’un roman d’Antoine Bello, je me demande à quel moment il se joue de son lecteur : réalité du roman ou manipulation du lecteur ?

Merci, Monsieur Bello.

L’image que je retiendrai :

Celle de Passion d’automne, le premier roman à l’eau de rose qu’écrit Ada avec quelques ratés qui feront son succès.

Je remercie Masse Critique et les Editions Gallimard pour l’envoi de ce roman de la rentrée en avant-première.

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M Train – Patti SMITH

MTrainLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Grand Prix Héroïne Madame Figaro 2016

Patti Smith a qualifié ce livre de « carte de mon existence ». En dix-huit « stations », elle nous entraîne dans un voyage qui traverse le paysage de ses aspirations et de son inspiration, par le prisme des cafés et autres lieux qu’elle a visités de par le globe.

M Train débute au Ino, le petit bar de Greenwich Village où elle va chaque matin boire son café noir, méditer sur le monde tel qu’il est ou tel qu’il fut, et écrire dans son carnet.
En passant par la Casa Azul de Frida Kahlo dans la banlieue de Mexico, par les tombes de Genet, Rimbaud, Mishima, ou encore par un bungalow délabré en bord de mer, à New York, qu’elle a acheté juste avant le passage dévastateur de l’ouragan Sandy, Patti Smith nous propose un itinéraire flottant au cœur de ses références (on croise Murakami, Blake, Bolaño, Sebald, Burroughs… ) et des événements de sa vie.

Écrit dans une prose fluide et subtile qui oscille entre rêve et réalité, passé et présent, évocations de son engagement artistique et de la perte tragique de son mari – le guitariste Fred « Sonic » Smith –, M Train est une réflexion sur le deuil et l’espoir, le passage du temps et le souvenir, la création, les séries policières, la littérature, le café…

Mon avis :

Il y a quelques jours, je lisais le dernier Robert Galbraight dont tous les débuts de chapitres comportaient une citation tirée d’une des chansons des Blue Oyster Cult. Il se trouve que Patti Smith a écrit quelques chansons pour ce groupe…..

Rien à voir ici, ce texte est une réflexion sur pleins de sujets.

Dominent toutefois son amour du café qui l’emmène boire le meilleur café du monde dans un coin reculé d’Amerique du Sud ; sa passion pour les séries télévisées et notamment The Killing ; la présence dans sa mémoire de son mari Fred ; les objets qu’elle perd ; son engouement pour les tombes d’écrivains décédés dont elle exhausse les dernières volontés ; son adhésion au club fermé des fidèles d’Alfred Wegener, le père de la théorie de la dérive des continents.

L’écriture oscille entre rêve et réalité.

Dans son écriture, il n’y a pas d’heures ni de jours. Le temps n’existe pas.

Détail à vérifier : lorsque nous rêvons, nous ne voyons jamais nos propres mains.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’hôtel au Japon dans lequel elle passe quelques jours en solitaire à se phaser avec le temps local.

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Petit piment – Alain MABANCKOU

petitpimentLu sur Liselotte
Présentation de l’éditeur :

L’histoire de Petit Piment, un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d’accueil catholique. Lors de la révolution socialiste, il en profite pour s’évader. Adolescent, il commet toutes sortes de larcins. Il trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles.

Mais de nouvelles épreuves lui feront perdre la tête.

Mon avis :

 L’auteur est un conteur, il nous entraîne dans son histoire faite de chapitre relatant quelques épisodes marquants de la vie de Petit piment.

C’est Petit piment qui nous narre son histoire depuis l’orphelinat jusqu’à sa dernière habitation. 

Tout le long de sa vie, le maire de la ville de Pointe-Noire met des bâtons dans les roues du narrateur : chaque fois que celui-ci trouve une famille, le maire lance une campagne pour les chasser de la ville.

Ainsi, nous découvrons le fonctionnement de cette ville et de ce pays sous un joug dictatorial.

Tout, dans ce pays, semble basé sur le mensonge.

Dans ce contexte, quel enfant privé d’un entourage familial ne serait pas devenu fou…

L’image que je retiendrai :

Celle de son camarade attendant qu’un avion se pose dans la cour pour venir le chercher.

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Méchant loup – Nele NEUHAUS

mechantloupLu sur Liselotte

Mon avis :

Le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue Pia Kirchhoff sont confrontés à deux enquêtes à première vue fort différentes. La très jeune fille morte qu’on a repêchée dans le Main semble être tombée de la lune. Personne n’a signalé sa disparition et la police n’a aucune piste. Mais concernant Hanna Herzmann, la célèbre présentatrice d’une émission people sauvagement agressée, les pistes foisonnent, tant cette carriériste sans scrupule est détestée aussi bien par ses collègues de la télévision et les victimes de ses émissions que par son ancien mari et sa fille adolescente. Un homme fait vite figure de coupable idéal : un brillant avocat condamné pour le viol de sa fille. Bientôt, pourtant, un meurtre affreux rebat les cartes et relance l’enquête… Avec son intrigue surprenante, sa construction d’une précision horlogère et ses personnages inoubliables qui nous touchent parce qu’ils nous ressemblent, Méchant loup explore avec colère les noirceurs de la pédophilie.

Mon avis :

Je continue les aventures des enquêteurs de Francfort.

Cette fois-ci, c’est Pia qui est au coeur de la tourmente et qui va se trouver piéger par les méchants de l’histoire (lors de l’épisode précédent, c’était son collègue Bodenstein).

Dans ce quatrième opus, l’auteure explore les réseaux pédophiles qui gangrènent toutes les hautes sphères de la société de Francfort : petites lâchetés ou vraies perversions, tout un microcosme entretient le système vicieux qui fait des enfants des marchandises.

J’ai retrouvé dans ce volet, comme lors du précédent, des enfants découvrant un monde adulte décevant et menteur, à qui on ne peut jamais faire confiance. Triste constat de l’auteure….

Un autre ouvrage de l’auteure vient d’être traduit en français avec les mêmes enquêteurs, chic !

L’image que je retiendrai :

Celle de la fête d’anniversaire de Josef, le patriarche du clan âgé de 80 ans et qui se finit avec 2 morts et deux blessés sur l’estrade.

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Vent de sang – Nele NEUHAUS

ventdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Le premier mort s’appelle Grossmann. Meurtre ou accident, l’affaire serait banale si l’homme n’était pas le veilleur de nuit de la société WindPro qui s’apprête à construire sur le Taunus un parc d’éoliennes, projet combattu par une association de riverains. La confrontation est âpre et, lors d’une réunion consacrée au projet, une rixe éclate, provoquant la mort d’une femme. Le commissaire Oliver von Bodenstein, présent, est blessé. La situation ne cesse de s’envenimer et, bientôt, un deuxième meurtre est commis. Entravés par la duplicité de protagonistes prompts à dissimuler leurs motivations profondes derrière la commode façade de convictions éthiques ou morales, Bodenstein et Pia Kirchhoff doivent faire face au vent meurtrier qui semble s’être abattu sur la région du Taunus. Sur fond de débat autour de l’avenir du climat, Nele Neuhaus compose un roman policier d’une maîtrise remarquable. Des données trafiquées par les climatologues aux intérêts mercantiles d’hommes d’affaires sans scrupules, elle met en scène des personnages profondément ambigus dans une société en totale perte de repères.

Mon avis :

Ayant lu et apprécié les deux précédents ouvrages de l’auteure Flétrissure et Blanche Neige doit mourir, ce volume patientait depuis un moment dans ma liseuse, afin de suivre les destinées de deux enquêteurs de cette brigade de Francfort Pia et Bodenstein.

J’ai eu un peu de mal au début avec les personnages et l’action.

Dans ce roman, Jannis est un homme et Ricky une femme. L’action se déroule dans la banlieue de Franckford, mais également près de Berlin quelques années auparavant.

J’ai retrouvé avec plaisir les enquêteurs Pia et Bodenstein. Si Pia tente de sauver son second mariage, Bodenstein en revanche n’a pas digéré son divorce.

Tout le monde ment (sauf les enquêteurs) dans ce roman, ce qui rend difficile à suivre l’intrigue.

Mais l’auteure pose une question de fond : et si les climato-sceptiques avaient raison ?

L’image que je retiendrai :

Celle de la prairie que tout le monde convoite pour planter dessus des éoliennes.

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La carrière du mal – Robert GALBRAITH

carrieredumalLu sur Liselotte
Présentation de l’éditeur :

Lorsque Robin Ellacott reçoit ce jour-là un mystérieux colis, elle est loin de se douter de la vision d’horreur qui l’attend : la jambe tranchée d’une femme.

Son patron, le détective privé Cormoran Strike, est moins surpris qu’elle, mais tout aussi inquiet. Qui est l’expéditeur de ce paquet macabre ? Quatre noms viennent aussitôt à l’esprit de Strike, surgis de son propre passé. Quatre individus capables les uns comme les autres, il le sait, des plus violentes atrocités.

Les enquêteurs de la police en charge du dossier ne tardent pas à choisir leur suspect idéal – mais Strike, persuadé qu’ils font fausse route, décide de prendre lui-même les choses en main. Avec l’aide de Robin, il plonge dans le monde pervers et ténébreux des trois autres coupables potentiels. Mais le temps leur est compté, car de nouveaux crimes font bientôt surface, toujours plus terrifiants…

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir Strike et sa jambe en moins et Robin son intrépide secrétaire.

Le torchon brûle entre Robin et son fiancé Matthew, au point qu’ils se séparent quelques temps.

Strike enquête quant à lui sur trois revenants de son passé susceptibles d’avoir envoyé une jambe découpée à son agence de détective. Paquet adresse à Robin.

L’action se déroule avant et pendant le mariage princier, ce qui crée une certaine émulation dans la ville.

L’auteur nous fait découvrir une pathologie que je ne connaissais pas : celle de vouloir se trancher un membre. Les personnes souffrant de ce trouble ont l’impression qu’un de leur membre est en trop dans leur corps.

J’ai aimé passer deux jours de mes vacances en compagnie de ce duo.

La fin laisse présager un tome suivant, chic !

L’image que je retiendrai :

L’accent écossais est souvent utilisé dans les publicités, gage d’honnêteté et de droiture.

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Thé vert glacé Rosée champêtre des Comptoirs Richard

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Subtil mélange de thé vert au jasmin agrémenté avec une pointe de poire et de boutons de rose. Sa liqueur jaune clair révèle des arômes fleuris et fruités gourmands et raffinés.

Accord thé et confiseries : Nougat, cake, sablés, loukoums, pâtes de fruits. Et je rajouterai, le chocolat aussi.

Mon avis :

J’ai enfin découvert MON thé glacé de l’été, aussi bon chaud que froid. Dès l’ouverture de la boîte, ça sent bon.

Une fois infusé, c’est un thé au délicieux goût fruité rafraîchissant.

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Les vrais héros ne portent pas de slip rouge – Axel SENEQUIER

vraisherosQuadrature, 2014, 130 pages

Présentation de l’éditeur :

« Les sacs commencèrent alors à circuler dans les rangées.

On entendait les coeurs battre. Tout le monde ne pensait qu’à une chose : sauver sa peau et sortir de ce traquenard au plus vite. Surtout, ne pas mourir pour quelques euros.

Il n’y avait que Jean-Claude qui trépignait sur son siège. Dans son supermarché du quinzième arrondissement, il n’arrêtait que des garnements qui volaient des bonbons ou des clochards qui piquaient leur litron de rouge pour la journée. Jamais encore il n’avait pu

montrer ce qu’il avait réellement dans le ventre, et là, l’occasion s’offrait enfin à lui. À sa place, Steven, Chuck ou Arnold n’auraient pas hésité une seconde. C’étaient des héros, des vrais, il ne pouvait pas les décevoir après tout ce qu’ils lui avaient apporté… »

Mon avis :

Je ne suis habituellement pas fan du genre de la nouvelle, mais quand l’auteur m’a gentiment proposé de recevoir son recueil, j’ai accepté, ayant précédemment apprécié son Manuel de mise en scène.

12 nouvelles intelligentes, bien écrites, sans chichi. Des héros ordinaires qui renversent des situations initiales pas toujours simples.

J’ai passé une très belle après-midi de lecture en compagnie de ce recueil.

Je remercie l’auteur pour cette proposition, ainsi que les éditions Quadrature pour l’envoi de ce recueil (j’avais déjà beaucoup aimé Mot compte double de Françoise Guérin).

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Made in China – J.M. ERRE

madeinchinaBuchet Chastel, 13 mars 2008, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Et il a raison. Quelle ne sera pas ta surprise, lecteur, en découvrant que Toussaint vient de Chine. Quelle a pu être la réaction de ses parents le découvrant à l’orphelinat de Chengdu ? Les Legoupil ont fait des milliers de kilomètres, ils ont attendu plus de trois mois sur place. Ils croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et c’est Toussaint qui apparaît.

Or il n’a rien d’un Asiatique. Il est noir. Type africain évident. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

Mon avis :

J’ai encore passé un agréable moment en compagnie des personnages loufoques que l’auteur nous propose dans ce roman.

Si je n’ai pas autant apprécié que les précédents, je n’ai toutefois pas boudé mon plaisir, et j’ai souris à certains passages.

Cette fois-ci, l’auteur parodie les manuels du « Savoir écrire un roman » sensés nous donner de bonnes pistes pour composer un chef d’oeuvre.

L’image que je retiendrai :

Celle de la parodie d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick par un de ses personnages ne cessant de répéter : « C’est booon les gauuufres ! »

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Cent portes battant aux quatre vents – Steinunn SIGURDARDOTTIR

cent-portes10X18, 24 juin 2015, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Plus de vingt ans se sont déroulés depuis que Brynhildur a quitté Paris où elle a été étudiante à la Sorbonne. Mais un court séjour dans la capitale ainsi qu’une aventure inattendue et sans lendemain la projettent malgré elle face à ses souvenirs de jeunesse, parmi lesquels, celui du grand amour à côté duquel elle est passée.

Pourquoi ne saisit-on pas le bonheur lorsqu’il passe ? Pourquoi tous ces tourments et ces attirances non réciproques ?

Mon avis :

Une chronique douce-amer d’une vie de femme : sa passion pour son professeur de grec de la Sorbonne ; son mari, ses deux filles et ses gendres avec lesquels elle ne s’entend pas ; son aventure d’une après-midi avec le vendeur de paravents.

L’auteure pose la question de l’amour : savons-nous le saisir quand il est à notre portée ? Qu’attendons-nous de lui ? Qu’est-ce que les autres attendent de nous ?

L’auteure parsème également son texte de jolis jeux avec les mots.

Une lecture intelligente le temps d’un après-midi.

L’image que je retiendrai :

Celle des courtes-pointes exotiques sous lesquels le personnage principal aime se glisser.

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Le gang des rêves – Luca Di FULVIO

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Slatkine, 2 juin 2016, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Mon avis :

Ce pavé nous offre une véritable plongée dans le New-York des immigrés des années folles : chaque communauté dans un quartier ; les gangs qui rackettent les commerçants ; les enfants qui tentent de grandir dans les rues glaciales en hiver et fournaises en été.

Etrangement, chaque communauté revendique son appartenance : Italiens, Irlandais, noirs ou Juifs, aucun ne se reconnaît Américain.

Christmas, le héros du roman, arrivera-t-il à échapper au destin des jeunes de son quartier ? C’est un garçon qui n’a pas la langue dans sa poche et un culot monstre. Un jour, il croise la route de Ruth, jeune fille juive de très bonne famille.

Mais derrière ce couple à la Roméo et Juliette se cache une ombre sombre, Bill, qui a violé Ruth et continue de la poursuivre.

Le roman nous emmène également à Hollywood, nous montrant l’envers du décor.

Il nous plonge dans une autre époque : celle où les hommes battaient femmes et enfants ; les femmes étaient toutes des grues (sauf ma mère). Cela n’a cessé de me gêner aux entournures tout le long de ma lecture. Cette époque semble définitivement révolue (quoique…)

Attention, une fois que vous plongez dans ces pages, vous ne pourrez plus en ressortir sans en connaître la fin (un peu convenue, mais je pardonne à l’auteur qui m’a enchanté plus de 700 pages).

L’image que je retiendrai :

Celle du gang des Diamonds Dogs qui n’existe pas, et qui pourtant existera tout au long du roman.

Je remercie infiniment les Editions Slatkine pour l’envoi de ce roman qui a su attendre son heure dans ma PAL. Oui, M. Bovet, ce roman m’a plu.

Un autre roman de cette maison d’édition m’attend dans ma PAL pour cet été, chic !

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Apaise le temps – Michel QUINT

apaise-le-tempsEdition Phébus, 1 avril 2016, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Une libraire, ça crée des dettes. D’argent parfois, bien sûr, mais surtout de coeur.

Lorsqu’Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix, hussard de la République. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, avec une soif de lecture à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. Il ne peut se résigner à ce que le lieu de vie disparaisse. De là à accepter la succession, il y a un sacré pas… que l’inconscient fait à l’aveuglette. Le voici bientôt en buttes aux problématiques économiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée.

En fouillant les cartons, c’est tout un pan de la guerre d’Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS. Quel rôle y a joué Saïd, habitué de la librairie aux allures de benêt ? Que cache Rosa, qui travaille au même lycée qu’Abdel ? Qu’en pense Zerouane, directeur de l’association  » Relier  » ? Les questions se multiplient. Elles sont politiques, mais aussi amoureuses… Comment notre héros va-t-il choisir entre Zita, fausse ingénue aux baisers chamallows, et sa collègue Rosa exubérante et passionnée ?

Mon avis :

Au départ, l’enfance d’un jeune homme qui passa son enfance dans la librairie de son quartier. Puis le rachat de celle-ci après le décès de ses propriétaires. 

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à l’irruption de la Guerre d’Algérie dans le récit. Une guerre qui se joue sur le sol français.

Un récit fort sur fond de dilemme amoureux.

Du grand Michel Quint.

L’image que je retiendrai :

Celle de la librairie du côté de la rue qui reste toujours à l’ombre.

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Le nuage d’obsidienne – Eric MCCORMACK

nuage-obsidienneChristian Bourgois Editeur, 14 avril 2016, 474 pages

Présentation de l’éditeur :

Harry Steen, ingénieur des mines, est invité à participer à une conférence au Mexique. Lorsqu’un violent orage éclate, il trouve refuge dans une librairie de livres anciens. Il y fait une découverte lourde de sens. Un ouvrage daté du milieu du XIXe siècle, intitulé Le Nuage d’Obsidienne, relate un phénomène inexpliqué : un nuage noir aux propriétés réfléchissantes s’est immobilisé au-dessus de Duncairn, un bourg des Uplands écossais, où il a provoqué plusieurs décès mystérieux. Curieux hasard : Harry a bien connu ce village puisqu’il y a enseigné, jeune homme, après la mort de ses parents. C’est également à Duncairn qu’il avait rencontré Miriam Galt, qu’il aime depuis lors, malgré sa trahison.

A son retour à Camberloo (ville imaginaire du Canada), Harry contacte un expert de livres rares à Glasgow, qui lui propose d’étudier l’ouvrage s’il lui envoie. Tandis que ce dernier l’analyse, Harry fait le récit de son parcours, depuis son enfance dans les taudis de Glasgow jusqu’à l’explosion d’une bombe, pendant la Seconde Guerre mondiale qui souffle son immeuble et tue ses parents, puis ses périples en Afrique, en Amérique du Sud et au Canada (dans l’Ontario), où il possède une usine.

Ce roman est peuplé de personnages singuliers. Parmi eux, Jacob Nelson, un violoniste exhibitionniste qui devient le logeur de Harry après la mort de ses parents, et le recommande pour son premier emploi d’enseignant. Quant à Miriam, jeune femme impénétrable, elle vit dans un manoir, à l’écart de la société, en compagnie de son vieux père. Harry tombe éperdument amoureux d’elle et demande sa main. Mais elle refuse de l’épouser, révélant qu’elle est fiancée au patron de Harry. Enfin, Gordon Smith, un riche entrepreneur canadien rencontré en Amérique du Sud, propose à Harry de l’engager comme vendeur pour son entreprise de pompes industrielles. A son arrivée au siège de l’entreprise, à Camberloo, Gordon lui présente sa fille, Alicia. Il est alors évident que, plus qu’un vendeur, le père cherche un mari pour sa fille. Quoique secrètement toujours amoureux de Miriam, Harry épouse la jeune femme, avec qui il aura deux fils. Tout en continuant poursuivre ses recherches liées au Nuage d’Obsidienne et à son propre passé…

Mon avis :

J’aurais voulu aimer ce roman, mais certaines phrases bancales et quelques fautes de frappe m’ont rebuté.

Les événements s’enchaînent, une vie à la vitesse de l’éclaire. Les années passent, les personnages rencontrés se succèdent, réapparaissent parfois.

J’ai eu l’impression que le personnage principal vivait dans un rêve. Certaines situations ne m’ont pas paru crédibles.

Un roman qui ne me restera pas en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle des voyages en bateau de Harry qui a le mal de mer.

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Article mis en avant

Le grand ménage du tueur à gages – Hallgrimur HELGASON

grand-menage-tueurPocket, 1er octobre 2015, 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Il y a des jours où rien ne vous réussit. Prenez Tomislav Boksic, dit  » Toxic « . Avec soixante-cinq contrats réussis au compteur, il était hier encore le tueur à gages le plus respecté de la mafia croate de New York. Mais un accident est vite arrivé. Il suffit de refroidir la mauvaise personne (un agent fédéral en l’occurrence) et soudain, le sol américain se fait un peu trop brûlant pour vous.

Sous l’identité d’un prêtre baptiste, c’est donc un Toxic à col blanc qui atterrit en Islande – pays de calme plat, de blondes trop sages et de patronymes imprononçables… La fin d’une ère ? Ou le début des ennuis ?

Mon avis :

J’ai assisté à une soirée islandaise dans ma librairie préférée le mois dernier. Etaient invités une poétesse et un auteur de ce pays. Au moment des dédicaces, j’ai longuement hésité entre ce roman et La femme à 1 000 degrés (le nombre de pages a décidé de mon choix).

Je savais, en commençant ce roman, que l’auteur aime jouer avec les mots (les jeux de mots traduits sont d’ailleurs sympathiques).

L’histoire en elle-même a peu d’importance (elle patine d’ailleurs un peu en milieu de roman). Ce qui est intéressant, c’est la vision de l’Islande qu’offre l’écrivain à travers son personnage principal. (Par certains aspects, il m’a rappelé le feuilleton Lilyhammer).

Pas de meurtres, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire. Juste les islandais avec leurs prénoms à coucher dehors avec un billet de logement, vus par le petit bout de la lorgnette.

L’image que je retiendrai :

Celle du Croate Toxic toujours poursuivi par la guerre en Serbie.

Article mis en avant

Tout dort paisiblement, sauf l’amour – Claude PUJADE-RENAUD

tout-dort-paisiblementActes Sud Editions, 2 mars 2016, 307 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1855, aux Antilles danoises dont son époux est le gouverneur, Regine Olsen apprend la disparition de Soren Kierkegaard qui l’aima avec ferveur et rompit leurs fiançailles. Séparée de ces événements par un océan et quinze années, bien que mariée et heureuse, elle ne cesse de s’interroger : de quelle difficulté à vivre Kierkegaard souffrait-il, pourquoi une étrange malédiction semble-t-elle peser sur sa famille ?

Au fil des ans, des décennies, de retour à Copenhague, Regine poursuit sa quête dans ses lectures, ses souvenirs, ses échanges avec un neveu et une nièce du disparu, cependant que grandit la renommée de ce dernier.

Nourri notamment des journaux et de la correspondance de Kierkegaard, ce roman à plusieurs voix explore les dimensions tout à la fois poétiques et tragiques d’un penseur qui ne se voulait pas philosophe et chérissait les arbres, les chevaux, les oiseaux et Mozart. Un personnage énigmatique qui tour à tour se révèle et se dérobe à travers ce tissage entre l’existence et l’oeuvre.

Mon avis :

De Soren Kierkegaard, je connaissais le nom. L’auteure m’a fait découvrir l’homme.

Au travers du personnage de Régine, on découvre un homme tourmenté, un penseur qui réfléchissait en marchant, un homme-enfant poursuivit par la malédiction familiale.

J’ai aimé le personnage de Régine, encore amoureuse du philosophe malgré ses années de mariage. 

J’ai aimé le personnage du mari, conscient de cet amour de sa femme pour un autre, pas moins amoureux lui-même de cette même femme.

Un triangle amoureux avec un absent pourtant omniprésent.

L’image que je retiendrai :

Celle des rosiers que Régine a plantés à Saint-Croix aux Antilles, qu’elle a dû abandonner, se posant toujours la question de savoir si ils fleurissent.

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La jeune fille à la perle – Tracy CHEVALIER

jeune-fille-perleQuai Voltaire, mars 2004, 271 pages

Présentation de l’éditeur :

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise.

Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives. Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. A mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

Un roman envoûtant sur la corruption de l’innocence, l’histoire d’un cœur simple sacrifié au bûcher du génie.

Mon avis :

Je découvre enfin ce texte, porté à l’écran avec une très belle distribution.

J’ai eu un peu de mal avec l’écriture de Tracy Chevalier. Mais les personnages ont fini par me devenir familier et j’ai pu entrer pleinement dans cette histoire.

J’ai aimé que l’auteure nous décrive avec moult détails les techniques du peintre : sa façon de disposer d’abord des couleurs avant de créer des formes.

J’ai aimé rencontrer ce peintre qui ne vit que pour sa peinture, dans son monde. Sa famille, également, fait tout ce qu’elle peut pour lui faciliter la vie, même si sa belle-mère le presse de peindre plus vite.

Griet est une jeune fille intelligente qui comprend très vite le fonctionnement de la maison et l’art du peintre. Il faut dire que son père était un très bon artisan de la faïence.

Au final, un roman qui m’a réconcilié avec l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Celle des cheveux de Griet que personne n’aperçoit jamais, sauf le peintre, privilège du Maître.

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Thé du hammam du Palais des Thés

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Inspiré d’une recette turque à base de thé vert, c’est un délicieux mélange fruité évoquant les aromates qui parfument le hammam : rose, datte verte, fruits rouges et fleur d’oranger.
Il est agrémenté, dans la plus pure tradition orientale, de pétales de fleurs. Sa fragrance extraordinaire naît de la subtile association du thé vert de Chine, réputé pour sa fraîcheur et ses vertus désaltérantes, et des parfums gourmands des fruits.

Préparer votre thé glacé :
Infuser 15g de votre thé par litre d’eau à température ambiante pendant 30 minutes. Retirer les feuilles et placer au frais.

Mon avis :

Idéal en thé glacé pour l’été !

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Ma cousine Rachel – Daphné DU MAURIER

cousine-rachelLe livre de poche, janvier 2012, 383 pages

Présentation de l’éditeur :

Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie.

Quand Ambroise lui écrira qu’il soupçonne sa femme de vouloir l’empoisonner, Philip le croira d’emblée. Ambroise mort, il jure de le venger.

Sa cousine, cependant, n’a rien de la femme qu’imagine Philip. Il ne tarde pas à s’éprendre d’elle, à bâtir follement un plan d’avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.

Mon avis :

Une plongée dans l’Angleterre Victorienne et ses codes.

Pauvre jeune homme élevé par son tuteur, et qui ne connait rien des femmes. 

C’est pourtant devant ses yeux ! Mais non, quel benêt…

Une lecture dépaysante et dans le temps et dans la contrée, bien que la conclusion soit trop moralisatrice à mon goût.

De l’auteure, j’avais adoré Rebecca, et abandonné L’auberge de la Jamaïque. Voilà qui me réconcilie avec elle.

L’image que je retiendrai :

Celle du petit pont de bois qui attend Rachel dans le jardin en travaux.

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Hozuki – Aki SHIMAZAKI

hozukiLeméac, 4 mai 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Mitsuko tient une librairie d’occasion spécialisée en ouvrages philosophiques. Elle y coule des jours sereins avec sa mère et Tarô, son fils sourd et muet. Chaque vendredi soir, pourtant, elle redevient entraîneuse dans un bar haut de gamme. Ce travail lui permet d’assurer son indépendance financière, et elle apprécie ses discussions avec les intellectuels qui fréquentent l’établissement.

Un jour, une femme distinguée passe à la boutique accompagnée de sa fillette, et les enfants de chacune sont immédiatement attirés l’un par l’autre. Sur l’insistance de la dame et pour faire plaisir à Tarô, bien qu’elle évite habituellement de nouer des amitiés, Mitsuko acceptera de les revoir. Cette rencontre pourrait toutefois mettre en péril l’équilibre de sa famille.

Aki Shimazaki sonde ici la nature de l’amour maternel. Tout en finesse, elle en interroge la fibre et la force des liens.

Mon avis :

Quelle belle après-midi j’ai passé en compagnie du texte de cette écrivain, encore une fois.

Mitsuko est libraire, ce qui me la rend forcément proche. Avec sa mère et son fils sourd, ils forment une famille unie et solidaire, malgré le mensonge de Mitsuko sur la naissance de l’enfant.

Quand arrive la belle dame dans le récit, on ne perçoit pas tout de suite pourquoi elle est un élément dérangeant de cette belle harmonie familiale. Mitsuko pense à tout autre chose.

Dans ce court roman, les liens entre les membres de la famille sont tellement forts que rien ne peut les détruire.

L’image que je retiendrai :

Celle de deux brins de Hozuki posés sur la boîte du fils de Mitsuko, qui donnera le nom à sa librairie.

Article mis en avant

Le châle – Cynthia OZICK

le-chalePoints, 19 mai 2016, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans un camp de concentration nazi, un garde découvre un bébé et le jette contre les barbelés électrifiés.

Trente ans plus tard, Rosa, la mère de l’enfant, reçoit un paquet. A l’intérieur : le châle dans lequel elle cachait sa petite fille, Magda. En un instant, tout lui revient en mémoire : les cris, la faim, le froid. Mais aussi une question entêtante : comment vivre après l’inconcevable ?

Mon avis :

Le rédacteur de la 4e de couverture et moi avons-nous lu le même livre ? Heureusement que je n’ai lu la présentation qu’après avoir lu le roman, car il ne correspond pas trop à ma perception de l’histoire.

Passons sur ce détail.

Rosa est une femme acariâtre qui reproche tout à tout le monde. Un jour, elle rencontre dans une laverie automatique un vieux polonais, comme elle. Il entame la conversation, insiste. Il ouvre ainsi le monde de Rosa.

Un petit livre puissant sur l’oubli nécessaire, qu’il faut prendre le temps de savourer. Une lecture qui vous poursuit une fois le livre refermé.

L’image que je retiendrai :

Celle de Magda, la fille de Rosa, debout sur ses crayons (ses jambes) avec son ventre rond de malnutrition.

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A l’ombre des cerisiers – Dörte HANSEN

ombre-cerisiersKero, 4 mai 2016, 304 pages

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

C’est au printemps 1945 que la petite Vera voit pour la première fois la vieille ferme perdue au cœur d’un immense verger. Sa mère et elle viennent de traverser à pied une Allemagne en ruines.

Soixante-dix ans plus tard, Vera, qui occupe toujours la maison, voit débarquer à son tour sa nièce, Anne, en pleine rupture amoureuse, et son jeune fils Leon.

Les deux femmes, fortes têtes et solitaires, vont affronter ensemble une histoire familiale traversée de secrets et de non-dits. Sauront-elles redonner vie à ces murs hantés par les chimères du passé ? Pour cela, il faudra d’abord apprivoiser les habitants du village qui ne manquent ni de caractère ni d’originalité…

Avec beaucoup de tendresse et un humour mordant, ce premier roman brosse le portrait de deux femmes indépendantes qui vont trouver ce qu’elles ignoraient chercher : une famille.

Mon avis :

J’ai eu du mal, au début de ma lecture, à situer le roman dans le temps et l’espace. Les premiers chapitres alternent passé et présent.

Puis les personnages me sont devenus familiers : Vera et son sacré caractère, Anne un peu perdue. Tous ont des fêlures.

J’ai aimé l’attachement de Vera à sa maison : un vrai lien sensuel. Les deux respirent ensemble.

Le roman nous fait revivre, par petites touches, l’exil des populations allemandes de l’est après la défaite de Russie. Dans le froid, ils ont vécus une autre Bérézina. Ces flash-back m’ont touché et ému. Ils mettent en perspective les migrations actuelles de façon humaniste.

L’arrivée du néo-rural de service, ancien journaliste, est drôle, qui caricature le stéréotype du citadin qui trouve tout magnifique la première année, et est beaucoup moins enchanté après.

Un roman qui m’a rappelé par certains aspects Le goût des pépins de pomme.

Un premier roman maîtrisé et réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle des bandeaux abandonnés sur les routes de la retraite de Russie.

Une citation :

« Les réfugiés, on en les choisissait pas, on ne les invitait pas non plus, ils arrivaient sans crier gare, les mains vides, des projets confus en tête, et ils mettaient tout sens dessus dessous. » (p.163)

Je remercie les Editions Kero pour l’envoi de ce roman dans sa version numérique.

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Droit au but : 13 pour Nino – AGNELLO / DAVOINE / GARRERA / COLOMBO

droitaubutHugo BD, 9 juin 2016, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes de l’OM sont toujours en lice dans le Mondial des clubs accueilli par la cité phocéenne. Après une défaite contre Santos et une victoire contre le New England Revolution, ils doivent gagner face à l’étoile du Sahel pour rester dans la course et passer en quarts de finale. Et c’est un sans faute ! Une brillante victoire 3 buts à 1 permet à l’OM de se qualifier pour les quarts. Avec deux buts inscrits et une passe décisive, Nino est l’homme du match. Tout lui sourit et le nouveau coach, le sévère et mystérieux Pepe, semble lui faire confiance.

À la fin du match, en se dirigeant vers les vestiaires, une équipe de la presse locale pose quelques questions à Nino. Tout Marseille s’intéresse à la coupe du monde des jeunes et parle des minots. Nino avoue qu’il est en forme, qu’il a beaucoup travaillé et qu’il est désormais meilleur qu’avant.

Pourtant, le lendemain, à l’entraînement, les coéquipiers de Nino sont froids et distants. Personne ne lui passe le ballon, tout le monde semble l’ignorer. Pepe lui-même est cassant avec lui, l’appelle  » la starlette « , lui donne des exercices supplémentaires. Nino, déboussolé par cette attitude, comprend bientôt ce qu’on lui reproche quand un de ses camarades lui tend le journal. Il est titré :  » Nino Fachetti :  »je suis le meilleur » ». Les ennuis ne font que commencer…

Comment Nino va t il se sortir de ce mauvais pas et comment va t il supporter cette pression et faire gagner l’OM ?

Mon avis :

Je découvre cette BD avec ce treizième volet (ben oui, le foot et moi, ça fait 3). C’est une BD destinée aux jeunes passionnés de ce sport, mais aussi les autres, dont moi.

Dans cet épisode, Nino découvre comment fonctionne la presse : une journaliste lui pose quelques questions auxquelles il ne veut pas répondre, mais le lendemain, il a droit à un article pleine page.

Si sa famille est aux anges, ses coéquipiers le sont moins, qui lui font la tête. Nino devra donc se racheter et passer par tous les postes pendant le match décisife.

Si tout ceci peut paraître un peu manichéen, j’ai aimé les parents et le grand-père. leurs attitudes m’ont fait sourire.

Une BD intelligente qui, au-delà du simple sport, fait réfléchir et sourire.

Je remercie l’opération Masse Critique pour l’envoi de cette BD, ainsi que la maison d’édition Hugo & Cie pour leur petit mot accompagnant l’ouvrage.

Article mis en avant

La fin d’une imposture – Kate O’RIORDAN

fin-impostureJoëlle Losfeld, 11 février 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Rosalie et de Luke s’est délitée voici quelques mois après la révélation de l’adultère commis par Luke. Mais l’annonce de la mort de Rob, leur fils, lors d’un voyage en Thaïlande provoque un séisme familial. Les mois qui suivent sont un cauchemar dans lequel Rosalie doit apprendre à composer avec la perte de son fils, un contexte conjugal compliqué et aussi la dépression de Maddie, sa fille.

Cette dernière se juge coupable de la mort de son frère mais refuse d’expliquer pourquoi à ses parents. Elle se lie avec un gang de filles particulièrement violentes.

Rosalie croit apercevoir le bout du tunnel lorsque, au cours d’une thérapie de groupe, elles font la connaissance de Jed, un jeune homme auquel Maddie s’attache très rapidement, même si cette figure singulière devient de plus en plus angoissante. L’adolescente reprend goût à la vie, alors que le diabolique Jed ne cesse de s’immiscer dans la famille…

Mon avis :

Ca commence doucement avec l’annonce tragique de la mort de Rob ; puis la rébellion violente de sa soeur. L’arrivée de Jeb semble apaiser toute la  famille, mais le suspens remonte crescendo.

Jeb se comporte étrangement.

Seul le père Tom, très proche de la famille, trouve que le comportement de cet adolescent n’est pas normal. La religion joue un grand rôle dans ce roman : la relation du prêtre avec ses ouailles constitue l’un des points de basculement du drame.

La mère a également un rapport très fort avec son confesseur, situation peu usitée dans ce genre romanesque.

Même si la fin est un peu convenue, j’ai pris plaisir à lire ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rosalie s’étant foulée la cheville en se sauvant de la maison natale de Jeb après lui avoir volé tous ses papiers d’identité, mais continuant de conduire sans se faire soigner.

Article mis en avant

Les infâmes – Jax MILLER

infamesFlammarion, 2 septembre 2015, 352 pages

Présentation de l’éditeur :

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère.

En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger.

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

Mon avis :

Freedom est une femme électrique qui frappe plus souvent qu’à son tour. Elle avait tout pour m’énerver, elle m’a émue.

C’était une jeune fille à qui tout souriait, mais elle est née et a grandi dans le mauvais quartier : mariée et enceinte jeune, son mari la battait et la trompait ; sans parler de son beau-frère qui la violait.

Sa belle-mère régentait le trafic de drogue dans le quartier, malgré son incapacité à se déplacer à cause de son surpoids. L’auteure insiste un peu trop lourdement à mon goût sur ce problème.

La secte dans laquelle se trouve sa fille et que l’on découvre peu à peu est un bon résumé des sectes ayant par le passé fait parler d’elles par des suicides collectifs.

Un roman noir qui nous décrit sans concession une Amérique des Infâmes. Un premier roman réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’inspecteur Matley désespérément amoureux de Freedom malgré ses sautes d’humeur et son passé.

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Wild – Cheryl STRAYED

wildArtaud, février 2013, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Lorsque sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n’a aucune idée de ce qui l’attend. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune Cheryl n’a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le  » Chemin des crêtes du Pacifique « .

Lancée au cœur d’une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d’épuisement et d’effort, et réussir à atteindre le bout d’elle-même. Une histoire poignante et humaine, où la marche se fait rédemption.

Mon avis :

Je n’aime pas la marche, le n’aime pas la rando, ce livre avait tout pour me faire fuir. Et pourtant, j’ai adoré cette lecture.

Oui, ça parle d’une randonnée de l’extrême : un chemin qui relie le Mexique au Canada ; le personnage principal n’est absolument pas préparé ; la météo est de la partie car cette année-là (1995) l’hiver a été rude et en juin toute la neige n’a pas fondue.

Cheryl est une femme de 26 ans qui se cherche : sa mère est morte d’un cancer foudroyant peu de temps avant ; son père était un homme violent que sa mère a quitté brutalement ; la famille a longtemps vécu dans la pauvreté ; elle s’est mariée jeune mais a divorcée rapidement ; a fait l’expérience récréative de l’héroïne.

Au fil de son parcours, elle nous narre des bribes de sa vie, ses réflexions sur celle-ci. Peu à peu, au fil des pas, elle fait le point sur sa vie, exprime ses émotions.

J’ai aimé son rapport au « chemin » auquel elle s’est attachée. Les autres randonneurs rencontrés sont devenus des amis, mais elle préfère randonner seule.

J’ai aimé qu’elle baptise son sac à dos Monster. Faisant confiance aux vendeurs spécialisés, n’y connaissant rien elle même, elle s’est chargée d’un sac plus lourd qu’elle qui bien sûr lui brise le dos et érafle les os de son bassin.

Si les blessures sont nombreuses, le manque d’argent est aussi un soucis pour elle.

Seul regret : à l’époque où elle faisait sa randonnée, il n’était pas encore question d’écologie. Ainsi, lors de ses étapes dans des campings, elle se retrouve dans sa petite tente entre de gros 4X4, des BBQ et autres packs de bières. Elle même rêve de boissons gazeuses artificielles et de chips.

L’image que je retiendrai :

Celle des ongles de pieds de Cheryl qu’elle perd un à un, comme ses chaussures de randonnées au cours d’une halte.

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Le gout du large – Nicolas DELESALLE

gout-du-largePréludes, 6 janvier 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

« Le temps : tout était là, dans ces cinq lettres, cette simple syllabe. J’allais soudain en être riche, ne plus courir après, le nez rivé sur l’ordinateur, le téléphone. Pendant neuf jours, j’allais devenir un milliardaire du temps, plonger mes mains dans des coffres bourrés de secondes, me parer de bijoux ciselés dans des minutes pures, vierges de tout objectif, de toute attente, de toute angoisse. J’allais me gaver d’heures vides, creuses, la grande bouffe, la vacance, entre ciel et mer. »

De l’inaccessible Tombouctou à la mélancolique Tallinn, entre une partie d’échecs fatale quelque part dans un hôtel russe et un barbecue incongru à Kaboul, des clameurs de la place Tahrir au fond d’un trou, dans l’Aveyron… C’est le roman d’une vie et de notre monde que raconte Nicolas Delesalle, le temps d’une croisière en cargo.

Mon avis :

Je n’ai pas du tout accroché à cette lecture. Son précédent roman Un parfum d’herbe coupée m’avait déjà moyennement convaincu, je l’avais trouvé trop haché.

C’est le même travers que je retrouve ici : des histoires qui se suivent sans liens, une narration trop chaotique pour me plaire.

Je ne me suis pas sentie en empathie avec le narrateur, et ses histoires n’ont suscité aucune émotion chez moi (suis-je un coeur de pierres ?….)

Un roman qui ne m’a pas donné le goût du large, contrairement à d’autres blogueurs plus convaincus.

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Les âmes et les enfants d’abord – Isabelle DESESQUELLES

ames-et-enfantsBelfond, 14 janvier 2016, 96 pages

Présentation de l’éditeur :

A Venise, une femme rencontre celle qui n’a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l’indifférence. L’une tient la main d’un enfant, l’autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il y a celle debout ; il y a celle à genoux. Immobiles toutes deux.

L’inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle vous saute à la gueule. La vérité que contiennent ces 110 pages, vous la croisez à chaque coin de rue.

Mon avis :

La narratrice s’adresse à elle, Madame, ce tas de chiffons qu’elle a croisé un jour sur les marches de la Basilique Saint Marc, en face du café Florian. Son fils lui tenait la main, à hauteur de misère.

Depuis, elle ne cesse de penser à cette pauvreté dans nos rues, et nous parle de ce mendiant de la boulangerie qu’elle croise tous les matins.

Sans fards, sans langue de bois ni faux-semblants, la narratrice nous donne à voir cette pauvreté à hauteur d’enfant. Comment leur expliquer ?

La répétition de l’apostrophe à Madame donne un corps à cette pauvreté.

La narratrice convoque également les pages de Victor Hugo et les sonnets de Baudelaire.

Une lecture qui vient nous démanger dans notre quotidien.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice appelant sébile un gobelet McDo.

Mercis à Yv et Sylire pour ce conseil de lecture.

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Agatha Raisin enquête : Remède de cheval – M.C. BEATON

remede-de-chevalAlbin Michel, 1er juin 2016, 265 pages

Présentation de l’éditeur :

Après la pluie, le beau temps ! Agatha Raisin est désormais bien installée dans son cottage de Carsely en compagnie de ses deux chats. Cerise sur le pudding, le nouveau vétérinaire du village ne semble pas insensible à ses charmes. Quand le beau véto succombe à une injection de tranquillisant destinée à un cheval rétif, la police locale conclut à un malencontreux accident.

Mais pour Agatha, dont le flair a permis de résoudre l’affaire de La Quiche fatale, il s’agit bien d’un meurtre. A l’étonnement de tous, le séduisant colonel James Lacey partage pour une fois l’avis de son entreprenante voisine. Et nos deux détectives-amateurs se lancent dans une enquête bien plus périlleuse qu’ils ne l’imaginaient…

Mon avis :

Quel dommage de ne pas retrouver dans ce second volume des enquêtes d’Agatha son précédent acolyte et ancien employé. Qu’à cela ne tienne, le colonel James Lacey fait l’affaire. D’autant plus qu’ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes, ce qui crée des scènes cocasses.

Une scène particulièrement, m’a fait (presque) mourir de rire, au point qu’il a fallu que je le lise à toute la famille, inquiète de me voir ne pas pouvoir m’arrêter : celle où Agatha ruine littéralement les toilettes d’un pub. Mais je ne vous en dis pas plus.

J’ai préféré cette suite au volume précédent, même si Agatha devient une villageoise modèle (elle cuisine, s’occupe de ses chats, ne lui manque que de s’occuper de son jardin).

L’image que je retiendrai :

Celle d’Agatha perchée sur le lavabo du pub, qui n’y résistera pas.

Encore une fois, merci Aurore pour l’envoi de ce roman qui m’a régalé.

Article mis en avant

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale – M.C. BEATON

quiche-fataleAlbin Michel, 1er juin 2016, 319 pages

Présentation de l’éditeur :

Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.

Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Agatha Raisin, c’est une Miss Marple d’aujourd’hui. Une quinqua qui n’a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire !

Mon avis :

Si je ne suis pas morte de rire à la lecture de la première enquête d’Agatha, je dois avouer que j’ai beaucoup aimé découvrir cette quinqua sans complexe qui se nourrit de plats surgelés, et boit au pub du village plus souvent qu’à son tour.

Son acolyte et ancien employé m’a également beaucoup plu, ainsi que le policier Bill Wong qui semble l’espionner.

Le personnage principal hésite beaucoup à rester dans sa nouvelle maison, et est nostalgique de Londres.

Une lecture au doux parfum de la campagne anglaise, qui est intéressant plus par la vie de village que pour l’enquête elle-même.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Agatha cuisinant pour la première fois de sa vie, mais finissant pat acheter un plat surgelé indien, comme d’habitude.

Je remercie Aurore, des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman anglais sympathique.

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Alexis Vassilkov, ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant – Bernard PROU

alexis-vassilkovLe livre de poche, 11 mai 2016, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

À la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une idylle avec la peintre russe Lioubov Vassilkova. De leur union naît Alexis, leur fils irrévélé. À l’âge de 13 ans, il quitte la France avec sa mère pour la Russie révolutionnaire. Devenu psychiatre, il fait bientôt partie de l’entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où on l’initie à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l’appui occulte d’un chamane yakoute et l’amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et son pays natal. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire.

Mon avis :

Que de péripéties, que d’aventures traverse Alexis à l’âge adulte. Il est initié dans une loge maçonnique clandestine en plein goulag ; il tombe amoureux de la fille du chaman du village ; il s’enfuit avec elle et leur fils ; il fait partie de la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Malheureusement, les époques et les aventures s’enchaînent sans véritable lien, ce qui donne un récit et une écriture un peu décousues.

Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages.

En revanche, si vous cherchez des informations sur la Franc-Maçonnerie, ce livre est pour vous, qui décrit une initiation et quelques rituels. Un lexique est même proposé en fin de volume.

Malgré tout, ce livre reste une lecture agréable.

L’image que je retiendrai :

Celle des membres qui gèlent en Sibérie les 3/4 de l’année.

Merci Maman pour le prêt de ce livre, conseillé par Gérard Collard.

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Trop de morts au pays des merveilles – Morgan AUDIC

tropdemortsEditions du Rouergue, 6 avril 2016, 357 pages

Présentation de l’éditeur :

Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, avocat au barreau de Paris, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu et qui cherche en vain à retrouver la mémoire. Andersen qui reçoit des SMS énigmatiques, en forme de questions cryptées.

Andersen, le mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres que la brigade criminelle traque en vain depuis des mois et qui tue, justement, à nouveau. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant, Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs.

Mon avis :

Quel premier roman réussi ! L’auteur maîtrise déjà tous les codes du genre (y compris la fin qui s’étire en longueur pour faire durer le suspens).

L’intrigue est alambiquée au possible, pleine de chausse-trapes, sans pour autant perdre le lecteur.

Les coupables restent mystérieux jusqu’à la fin, et pourtant plausibles.

Je me suis régalée !

L’image que je retiendrai :

Celle de la photo d’Alice enfant prise dans un pays de l’ex-Europe de l’est. Longtemps, j’ai cru que cette photo serait cruciale pour la suite de l’intrigue.

Merci Titou le matou pour cette idée géniale de lecture.

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Les animaux sentimentaux – Cédric DUROUX

animaux-sentimentauxBuchet Chastel, 11 mai 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Olivier, son addiction au sexe sur Internet, ses phobies et ses TOC ; David, son besoin d’exister par les rencontres très réelles qu’il fait dans les bars gays ; Lily la londonienne, l’amie et la confidente, en passe de changer radicalement de vie ; Samuel, qui a bien besoin de son ami imaginaire Anthony pour supporter la réunion familiale autour de l’enterrement du grand-père…

Quelle forme prennent les sentiments dans un monde hyperconnecté ? Quels sont les bouleversements intimes, familiaux qu entraîne un coming-out ? Entre vie fantasmée et vie vécue, entre son milieu d’origine et la famille d’élection que constituent les amis, comment trouver sa place ?

Les Animaux sentimentaux livrent une version contemporaine de l’éternelle question des rapports entre sexe et amour. Un roman générationnel qui navigue entre le réel et la fiction, le français et l’anglais, et où l’on croise aussi bien David Bowie que le lapin d’Alice.

Une forme de sentimentalité sans mièvrerie, de mélancolie festive qui rappelle l’univers des Chroniques de San Francisco… et compose une vibrante ode à l’amitié.

Mon avis :

Dès les premières pages, on révise son anglais et on entre dans l’univers du sexe homosexuel masculin sur internet.

Les personnages, trop éloignés de moi et tourné uniquement vers leurs préoccupations ne m’ont pas passionnés. Je me suis sentie en complet décalage avec cette génération.

Les scènes de sexe sont assez suggestives pour me faire m’interroger : ce roman n’a pas été publié par une maison d’édition érotique. Il y aurait eu toute sa place.

Voilà pourquoi cette lecture participe au RDV mensuel de Stéphie.

Mardi-c-est-permis

Je remercie Babelio et la maison d’édition Buchet Chastel pour l’envoi de ce roman dans le cadre de l’opération Masse Critique.

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Nabucco de Giuseppe VERDI

Vendredi 3 Juin, je suis allée à l’opéra pour une création Made in Opéra de Saint-Etienne : Nabucco de Verdi.

Un opéra qui fait la part belle aux choeurs, magnifiques.

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Des solistes qui assurent dès les premières notes et jusqu’au bout.

Des costumes très tranchés, noirs ou beiges, mais un éclairage qui parfois était trop puissant.

nabucco

Une soirée magnifique.

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Le Carré des Allemands – Jacques RICHARD

carredesallemandsLa Différence, 4 février 2016, 141 pages

Présentation de l’éditeur :

Le Carré des Allemands est une fiction écrite sous la forme d’un journal qui couvre deux générations. Celle d’un homme de 60 ans et celle de son père engagé dans la guerre de 1940 quand il avait 17 ans.

Dans l’écheveau des liens qui subsistent entre un fils et son père, au delà de l’absence, au delà de la mort et du silence,se lève peu à peu le voile sur un secret de famille : « Qu’as-tu fait pendant la guerre, papa? »

Mon avis :

Que la narration est embrouillée, tout ceci n’est pas clair dans la prose de l’auteur, et encore moins pour le lecteur.

Oui, son père s’est engagé dans la Division Charlemagne, mais surtout, il en est revenu. Mais il n’était pas le seul. Le fils en veut à son père, soit. Un père qui l’a abandonné avec sa mère. On peut comprendre qu’il lui en veuille. Mais il y a dans ses pages trop de ressentiments à l’égard du père.

En refermant ce court texte, je me demande encore à quoi cela lui a servi de l’écrire.

Je suis complètement passée à côté de ce livre.

Yv m’avait pourtant donné envie de le lire.

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L’arbre du pays Toraja – Philippe CLAUDEL

arbrepaystoraja Stock, 1er janvier 2016, 216 pages

Présentation de l’éditeur :

« Qu’est-ce que c’est les vivants ? À première vue, tout n’est qu’évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu’est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis-je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d’Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? »

Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L’Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.

Mon avis :

Je connaissais l’auteur pour ses romans plutôt sombres (Le rapport de Brodeck, Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh). Et même si dans ce nouveau roman il parle de la mort d’un amis très cher, celui-ci n’est pas aussi noir et désespérant que les précédents.

J’ai aimé cet hymne à la vie et au corps : celui qui vieillit, que l’on prend parfois en grippe, qui nous déçoit ; l’apparition d’une maladie mortelle.

Un roman qui m’a parlé pour différentes raisons. Merci, Monsieur Claudel.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison d’enfance d’Elena, qu’elle revient voir avec le narrateur.

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La fin du monde a du retard – J.M. ERRE

findumondeBuchet Chastel, 13 février 2014, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité.

Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.

Mon avis :

J’ai encore passé un excellent moment de lecture grâce à cet auteur intelligent aux jeux de mots qui font mouches à chaque fois.

Une lecture qui se déguste comme une bonne glace dont on ne voudrait pas voir la fin, délicieuse à chaque bouchée.

Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans le monde paranoïaque des théoristes du complot.

Un auteur que je retrouverai avec plaisir, car il ne m’a encore jamais déçu.

L’image que je retiendrai :

Celle de Julius ratant à chaque fois son baiser avec Alice.

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L’été à Paris – Fauchon

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Le dernier thé que je viens de découvrir.

Un thé bleu parfumé : thé Oolong (aussi appelé Thé Bleu) semi fermenté, aux notes douces et fleuries, aux parfums de grenadine et d’agrumes.

Origine : Taïwan.

Idéal dans l’après-midi ou avec des desserts.

 

Un thé semi-fermenté pas trop fort, mais juste assez pour moi, les notes d’agrumes venant acidifier le côté trop tanin.

Le parfum de grenadine, suggéré, donne quant à lui un côté rafraichissant et léger.

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Le destin de Mr Crump – Ludwig LEWISOHN

destinMrCrumpPhébus, 3 janvier 1996, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Herbert Crump, issu d’un milieu cultivé d’émigrés allemands installés dans le sud des Etats-Unis, est un jeune musicien destiné à une brillante carrière. Lorsqu’il quitte ses parents pour s’installer à New York, il lie connaissance avec Anne, d’une vingtaine d’années son aînée. D’apparence discrète et aimable, celle-ci se révélera une fine manipulatrice bien décidée à conquérir cet homme à l’avenir prometteur. Elle parviendra à ses fins transformant la vie de Herbert en un véritable enfer…

Mon avis :

Que ce roman est bavard ! J’ai pu passer en avance rapide des paragraphes entiers sans perdre le fil de la mince intrigue.

Certes, le ton est très 19e siècle-début du 20e, mais cela n’a pas suffi à me faire passer outre le style.

Une lecture qui ne m’a pas passionnée, donc.

Clara l’a trouvé magistral – Une découverte saisissante pour Miss Léo.

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Je suis en vie et tu ne m’entends pas – Daniel ARSAND

jesuisenvieActes Sud Editions, 2 mars 2016, 270 pages

Présentation de l’éditeur :

Quand l’Allemand Klaus Hirschkuh débarque à la gare de Leipzig, ce jour de novembre 1945, c’est une ville détruite qu’il redécouvre pas à pas. Le jeune homme qui marche dans ces décombres est lui-même en morceaux. Il vient de passer quatre ans à Buchenwald. Parce qu’il est homosexuel. A bout de forces, il est une ombre, un fantôme. Scandaleusement vivant pourtant. Et il n’a pas fini d’expier.

Un garçon ordinaire, une différence ordinaire, une simple vie, un trajet : Klaus s’exile en France et y traverse une moitié de siècle – le travail, l’amitié, l’amour, l’espoir et les déceptions, les chagrins et la joie – pour s’entendre chasser, à l’aube des années 1990, d’une cérémonie du souvenir dans la province française aux cris de « les pédés aux fours ! ».

Survivre : un miracle et une responsabilité dont la réalisation n’a pas à être spectaculaire mais qui relève d’un combat intime, tenace, insurmontable parfois, solitaire souvent, et toujours sans répit. Le roman de Daniel Arsand invente la langue digne de ce combat à poursuivre, mélange rigoureux et explosif de sécheresse, de rage et de lumière. Je suis en vie et tu ne m’entends pas est un texte crucial, qu’on voudrait confier personnellement à chacun de ses lecteurs, comme un viatique, un talisman, à la fois miracle et responsabilité.

Mon avis :

coup-de-coeur

J’ai bien failli buter sur la langue, âpre, vive, douloureuse. Mais j’ai finalement décidé de me laisser bercer par elle et de découvrir l’histoire de Klaus.

Une histoire hantée par la déportation pendant 4 ans à Buchenwald. Des flashes lui reviennent de ces temps obscures, même à la fin de sa vie, dans un autre pays.

Une vie de combat pour cacher son homosexualité après la guerre, puis pour faire reconnaître la déportation des homosexuels dans les camps, et leur droit à recevoir réparation.

Une violence toujours présente, parfois armée, parfois au grand jour. Une violence malheureusement éternelle contre des « pédés » haïs  pour quelque obscure raison.

Un roman qui m’a laissé KO-debout. Un coup de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux amours de Klaus : Heinz et Julien. Que de belles pages écrites sur ces amours défendues.

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Plus haut que la mer – Francesca MELANDRI

plushautquelamerFolio, 3 mars 2016, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l’Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes.

Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître.

Un roman tout en subtilité sur ces infimes moments de grâce qui font basculer les vies.

Mon avis :

Ca commence un peu rudement : tabassages, menaces, gardiens.

Puis le récit commence et entremêle trois vies : celle de Luisa, femme de paysan avec 4 enfants qu’il faut nourrir ; Paolo, ancien professeur de philosophie qui a perdu la relation si particulière qu’il avait avec son fils ; Pierfrancesco le gardien qui se laisse peu à peu rattraper par la violence de son travail.

Au gré des paragraphes, se dévoilent la vie de chacun, par petites touches, en même temps que se déroule le récit.

Et, par opposition aux actes violents qui ont conduits les personnages secondaires en prison, les personnages principaux vivent des instants qui leur ouvriront un monde de douceur.

Une lecture poignante, une fois le livre refermé, par tout ce qu’elle contient sans le dire. Il y a encore des êtres de bonne volonté dans ce monde.

L’image que je retiendrai :

Celle de Paolo et Luisa se tenant par la main, sans rien se dire, comme une évidence.

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Ce coeur changeant – Agnès DESARTHE

cecoeurchangeantEdition de l’Olivier, 20 août 2015, 338 pages

Présentation de l’éditeur :

C’est une histoire qui commence en 1889 à Soro, au Danemark. Et qui se termine en 1931, au même endroit : la « maison » Matthisen, demeure ancestrale d’une vielle famille de la noblesse. Trois femmes occupent les rôles principaux : Mama Trude, la grand-mère ; Kristina, la mère, qui épouse un officier français, René de Maisonneuve ; leur fille, Rose.

A 20 ans, Rose quitte le manoir familial et part vivre à Paris. C’est elle l’héroïne de ce roman mené tambour battant, et qui la conduit d’une fumerie clandestine d’opium à un appartement bourgeois de la rue Delambre où elle vit en couple avec une femme, Louise, avant de recueillir une enfant trouvée, Ida, qui deviendra sa fille.

C’est le début du siècle – l’affaire Dreyfus, la guerre de 14, les années folles, les voitures Panhard-Levassor, le féminisme – qui défile en accéléré, mais sans jamais tomber dans la reconstitution historique.

Car le vrai sujet de ce formidable roman, c’est le destin de Rose et la manière dont elle parvient, petit à petit, à en déchiffrer le sens.

Mon avis :

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire contée, à cause du style si particulier de l’auteure. Et pourtant. Après quelques pages et un bon galop d’essai, je fus ferrée.

Une lecture exigeante, qui montre que le temps est circulaire : le roman débute sur le lac et fini au même endroit.

Une triple histoire triste : celle de Rose, au premier plan, qui découvre la vie avec ses yeux d’enfants et se laisse porter par elle jusqu’à la mendicité ; celle de sa mère qui engage une meurtrière pour s’occuper de son enfant ; celle de la grand-mère qui se sépare de ses enfants pour les protéger. La séparation et ses conséquences est un des thèmes central de ce roman.

Seul personnage masculin, le père s’en réfère à Spinoza.

La Grande Histoire est toujours très proche, qui influence leurs actions jusqu’à la folie.

Enfin, l’auteure fait elle aussi référence aux portraits du Fayoum.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rose et Ida sous l’escalier, dernier refuge pour cette mère perdue.

Lydie a adoré cette lecture.

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Noire solitude – Ann CLEEVES

noiresolitudeBelfond, 20 mai 2009, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une matinée glaciale de janvier, Fran Hunter, tout juste de retour sur l’île de son enfance, remarque une scène étrange. Un éclat rouge, la danse macabre des corbeaux sur la lande couverte de neige. Et soudain, sous ses yeux, le cadavre de Catherine Ross, une adolescente du village.

Tous les regards se tournent alors vers le coupable idéal : Magnus Tait, un vieil homme solitaire, simple d’esprit, rejeté par les habitants. Mais pour l’inspecteur Jimmy Perez, débarqué du continent avec ses hommes, la piste semble un peu trop évidente.

Lorsqu’il décide de poursuivre ses investigations, la suspicion et la peur s’emparent de la petite communauté shetlandaise. Les portes se ferment tandis que le tueur rôde…

Mon avis :

Que ce roman est lent. L’enquête n’avance pas, sauf dans les 5 dernières minutes pages dans lesquelles on assiste à un dénouement que rien ne laissait prévoir.

Un roman type Agatha Christie dans lequel même l’auteur semble ne pas savoir qui est le meurtrier avant de nous le dire.

L’intérêt est avant tout de nous faire partager la vie des protagonistes dans les Shetlands, dans un village où tout se sait, ou presque.

Une lecture qui ne m’a même pas fait voyager.

L’image que je retiendrai :

Celle du corps de la petite Catriona caché dans la tourbe après son assassinat. La tourbe, ça conserve.

Manue a un avis plus enthousiaste que le mien.

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La Madone de Notre-Dame – Alexis RAGOUGNEAU

madonnenotredameEditions Viviane Hamy, 23 Janvier 2014, 201 pages

Présentation de l’éditeur :

La police et Claire Kauffmann, la procureur, s’interrogent. Qui est cette morte à la robe blanche ? Au nom de quelle abomination lui a-t-on scellé le vagin à la cire de cierge ? Sa présence lors de la procession du 15 août tenait-elle de la provocation ou de la ferveur religieuse ?

Le père Kern, le prêtre de Notre-Dame, est persuadé que l’enquête fait fausse route. Pour élucider le mystère de la Madone, l’homme de foi remontera jusqu’aux racines du mal…

Mon avis :

Premier volet des enquêtes du Père Kern, prêtre à Notre-Dame de Paris et aumônier de prison. Je l’avais déjà découvert en commençant par lire le second volet Evangile pour un gueux.

Dans cet opus, l’auteur met en place ses personnages, même si certaines de leur blessures ne nous seront expliquées que dans le second roman.

Révisez votre vocabulaire d’histoire de 5e afin de ne pas vous perdre entre déambulatoire, nef ou transept.

Des personnages haut en couleur, profondément humain.

Je ne manquerai pas de lire le troisième roman, quand il sortira…..

L’image que je retiendrai :

Celle des dessins de l’Ange Blond qui ornent sa chambre : la Vierge Marie sous toutes les coutures, absolument toutes.

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Entretien avec le diable – Olivier BARDE-CABUCON

entretientaveclediableActes Sud Editions, 2 mars 2016

Présentation de l’éditeur :

Une jeune fille possédée par le diable, des villageois qui meurent chaque jour, une abbaye hantée depuis la mort de son abbé, une mystérieuse Dame blanche errant dans la forêt… Le mal aurait-il envahi cette vallée perdue de Savoie ? Et qui est cette jeune fille à la capuche rouge qui semble ne pas avoir peur du loup ?

Sur le chemin qui les ramène de Venise à Paris, le commissaire aux morts étranges et son père vont profiter de leur étape dans ce lieu insolite et reculé pour opposer les préceptes de la raison aux manifestations de l’inexplicable. Temporairement aveugle, le chevalier de Volnay doit s’en remettre à l’ingénue Violetta et à ses sens exacerbés par la tension ambiante. Son père, quant à lui, cache tant bien que mal son excitation sous sa robe de bure : car quoi de plus tentant, pour un moine hérétique, que de s’entretenir avec le diable lui-même ?

Mon avis :

Je retrouve le personnage du commissaire aux morts étranges, dont j’avais lu la première aventure qui ne m’avait pas convaincue (trop de bavardages). Dans ce dernier opus paru, l’auteur va à l’essentiel, tant mieux.

Si certains aspects du récit m’ont fait penser au film L’exorciste, j’ai en revanche apprécié le côté Petit Chaperon Rouge de l’histoire. Les contes disent vrai, les jeunes filles doivent se méfier des forêts et des loups. Et des bucherons aussi, parfois.

Certains dialogues ne sonnent pas trop 18e siècle, mais j’ai tout de même passé un agréable moment dans cette vallée perdue de Savoie.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère Valentin, l’herboriste, qui a fit vœux de silence mais qui respecte peu cette règle.

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Prends garde – Milena AGUS

prendsgardeLiana Levi, 8 Janvier 2015, 176 pages

Présentation de l’éditeur :

Pouilles, printemps 1946.

D’un côté il y a les soeurs Porro, qui vivent recluses dans leur palais et ignorent le monde environnant. De l’autre les ouvriers agricoles, bousculés par la guerre et tenaillés par la faim. Les soeurs continuent à tenir leur rang, à se rendre à l’église, à se pencher sagement sur leurs broderies. Les travailleurs, eux, se mobilisent pour obtenir un emploi, nourrir leurs enfants, contenir la pression des réfugiés qui affluent dans la botte du pays.

Ce jour de mars 1946 la foule se rassemble sur la place où s’élève la noble demeure pour un meeting syndical lorsqu’un coup de fusil retentit.

Milena Agus a rempli les vides de cette histoire vraie grâce à son imagination. Elle fait revivre sous les yeux du lecteur les soeurs Porro, prisonnières comme les paysans de leur condition sociale mais coupables de n’avoir pas ouvert les yeux sur les cruautés de l’Histoire.

Luciana Castellina nous relate cet épisode de l’Histoire dans le contexte trouble de l’époque : le débarquement allié en Italie du Sud, la dissolution du Parti fasciste, l’établissement du roi à Brindisi, l’arrivée des réfugiés dans les Pouilles et les révoltes paysannes.

Mon avis :

J’ai longuement hésité : que faut-il lire en premier ? Le roman ou l’histoire brute ? J’ai opté pour le roman. Et c’est la partie que j’ai préférée.

L’histoire brute est trop succincte, traitée froidement, et avec des références politiques locales qui m’ont échappées.

Le roman, qui s’attache aux personnages des soeurs, m’a plu. Leur enferment dans un autre siècle, leur appartenance à une lignée qui ne fait rêver plus qu’elles, leur aveuglément sur ce qui se passe dans le village.

Les deux auteurs ne s’attardent pas sur la violence déchainée ce soir-là et le sort réservé à deux des soeurs.

L’image que je retiendrai :

Celle des draps et des affaires stockés dans les innombrables placards de la propriété et qui ne servent jamais.

Article mis en avant

Le fils – Jo NESBO

lefilsGallimard, 8 octobre 2015, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Sonny Lofthus est héroïnomane, mais c’est un prisonnier modèle. Endossant des crimes qu’il n’a pas commis pour expier le souvenir du suicide de son père, policier corrompu, il fait également figure de guérisseur mystique et recueille les confessions de ses codétenus. Un jour, l’une d’elles va tirer Sonny de sa quiétude opiacée. On lui aurait menti toute sa vie, la mort de son père n’aurait rien d’un suicide…

Il parvient alors à s’évader de prison et, tout en cherchant une forme de rédemption, va se livrer à une vengeance implacable. Errant dans les bas-fonds d’Oslo, en proie aux démons du ressentiment et du manque, il entend bien faire payer ceux qui ont trahi son père et détruit son existence. Quel qu’en soit le prix.

Mon avis :

Il faut quelques chapitres pour que s’installe l’intrigue et le personnages. Puis la quête du fils commence, et ce sera un carnage.

Malgré son parcours sanglant, le personnage du Fils est attachant, qui découvre l’amour.

La taupe, à l’origine du carnage, ne se devine pas un seul instant. Le mystère plane jusqu’à la toute fin. L’auteur maîtrise à la perfection les codes du genre.

Un roman noir à souhait, avec juste ce qu’il faut d’hémoglobine.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage du Fils, très christique, toujours calme et donnant l’absolution à qui le lui demande.

Article mis en avant

Congo Requiem – Jean-Christophe GRANGE

congo-requiemAlbin Michel, 4 mai 2016, 736 pages

Présentation de l’éditeur :

On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan. 

Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu’à Lontano, au coeur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris. 

Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi : L Homme-Clou. 

Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver l’auteur dans un univers à chaque fois différent. Quoi que. Depuis Le vol des cigognes, on sent que l’auteur est attiré par le continent africain.

Il nous entraîne ici dans un paysage alternant poussière rouge et vert forestier. Avant de planter le décor dans l’ardoise bretonne.

J‘ai beaucoup aimé l’intrigue, mêlant trois histoires au départ, qui se rejoignent en fin de volume.

L’auteur emprunte également au côté définitif de Game of Thrones pour certains personnages ; à Shutter Island et son monde de la psychiatrie.

Encore une fois, il fait fort, très fort.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grégoire, chef de clan détesté par ses enfants, mais finalement vengé par eux. La famille….

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman si impatiemment attendu.

Article mis en avant

Les racines du sang – Natacha CALESTREME

lesracinesdusangAlbin Michel, 4 mai 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Un homme est retrouvé assassiné d’un coup de couteau à la jugulaire dans le parking sous-terrain de l’immeuble où vit sa maitresse. Une rose est enfoncée dans la plaie et du sucre est découvert dans la gorge de la victime… Assez vite, un deuxième puis un troisième cas apparaissent, présentant le même modus operandi. S’agit-il d’une vengeance familiale, professionnelle ou la signature d’un tueur en série ?

De l’Afrique au prise avec Ebola, en passant par des magouilles de laboratoires, de manipulations et de guerre des polices, on s’aventure avec délectation dans un enchevêtrement de pistes, formidablement rythmées, et l’on retrouve l’attachant major Yoann Clivel, avec ses zones d’ombre et son passé douloureux qui s’ouvre enfin à ses perceptions extrasensorielles.

Mon avis :

Malgré les exhortations de Florinette à lire Le testament des abeilles du même auteur, je n’avais jamais ouvert un de ses livres : l’occasion ne c’était jamais présentée.

J’ai donc découvert l’auteure et son personnage avec ce troisième roman qui s’attaque à un scandale sanitaire et pharmaceutique mondiale.

J’ai trouvé dès le départ le ton un peu didactique, j’avais l’impression d’être revenu à l’école. Passée cette première impression, l’auteure a su m’entraîner dans son histoire au milieu de ses personnages dont certains ont des perceptions extrasensorielles et s’en servent.

Le récit nous emmène même en Afrique côtoyer les féticheurs.

J’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de Yoann s’expliquant avec son demi-frère Valentin dans un café, ce qui leur permet de se pardonner mutuellement.

Je remercie Gilles Paris pour l’envoi de ce roman tout juste sorti.

Article mis en avant

Après le carnage – T. C. BOYLE

apreslecarnage Grasset, 6 mars 2013, 475 pages

Présentation de l’éditeur :

Au large de Santa Barbara, les Channel Island, havre de paix pour une faune luxuriante que sont venus à peine déranger, au fil des siècles, quelques aventuriers solitaires, fermiers, hippies et autres naufragés…

Dave LaJoy, défenseur acharné des droits des animaux, a déclaré une guerre sans merci à Alma Boyd Takesue, une biologiste qui s’est donné pour mission d’éradiquer les bestioles les plus nuisibles à l’écosystème de l’archipel. Entre ces deux écologistes aux méthodes radicalement opposées, une lutte fratricide s’engage, qui va bientôt prendre des proportions dantesques.

Mon avis :

Que de descriptions, de détails inutiles, de flash-back. Je n’ai pas eu envie de lire tous ces détails, je souhaitais que l’auteur en vienne enfin aux faits.

Et des faits, il n’y en a pas beaucoup dans ce roman. De plaidoyer écologique non plus, d’ailleurs.

C’est plus une différence de personnalité entre deux personnages. Pour un final en queue de poisson.

Premier roman que je lisais de l’auteur, pas certaine d’en lire un autre un jour….

L’avis plus enthousiaste de Clara.

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La terre des Wilson – Lionel SALAUN

laterredeswilsonLiana Levi, 1 avril 2016, 200 pages

Présentation de l’éditeur :

Dick Wilson a quitté ce bout de terre misérable au Nord-Ouest de l’Oklahoma avec sa mère alors qu’il était tout juste adolescent. Quinze ans plus tard, le voici de retour avec chapeau et fine moustache, dans une belle voiture aux pare-chocs chromés.

Retrouver la petite ferme familiale ne va pas de soi, d’autant que des événements déconcertants se sont produits en son absence. Annie Mae, son amie d’enfance, vit à présent avec le vieux George, le père de Dick, un homme rustre et violent dont elle a un enfant. Dick étouffe sa rancoeur derrière des manières affables et des projets ambitieux pour lesquels il embauche Jasper, un pauvre hère du comté.

Qu’espère-t-il trouver dans ce pays désolé ? Peut-être l’or noir dont tout le monde parle. Peut-être l’or jaune – l’alcool – dont il connaît toutes les routes secrètes et qui dans cet état où la prohibition est maintenue, pourrait rapporter gros. Peut-être quelques réponses à ses propres démons.

Lionel Salaün renoue avec les paysages de l’Amérique profonde. Celle du début des années 30, de la Grande Dépression et des  » dust bowl « , ces tornades de poussière qui ont mis à genoux les agriculteurs pendant près d’une décennie. Un monde féroce où seule la fraternité est rédemptrice.

Mon avis :

Le style m’a dérouté dès les premières pages : beaucoup de virgules, des phrases hachées. J’ai bien cru que ce procédé allait être rédhibitoire. Mais finalement, cela créer un rythme et une atmosphère plutôt envoûtante.

L’histoire est intéressante, qui raconte la revanche d’un fils sur son père. Père qui m’a fait pitié : il s’acharne à cultiver une terre qui ne donne plus rien depuis le début de la Grande Sécheresse. Un homme qui refuse de partir vers des terres plus vertes et qui s’accroche à son bout de désert. Il défoule sa rage sur la pauvre mule ; on prend les palliatifs que l’on peut.

Je ne connaissais pas les « dust bowl », ces tornades de poussières qui ravagèrent des états entiers aux Etats-Unis pendant la crise de 29 et après. L’auteur a très bien mis en scène cette catastrophe créée par l’homme.

L’image que je retiendrai :

Celle de la poupée qu’offre Dick à la fille d’Annie Mae, si délicate, si blanche dans cet univers de poussière. 

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Le grand n’importe quoi – J.M. ERRE

grandnimportequoiBuchet Chastel, 11 février 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

L’action se déroule le samedi 7 juin 2042, à 20h42.

Durant cette minute qui n’en finit jamais, de nombreux personnages vont se croiser dans les rues d’un petit village de la campagne française après l’apparition d’une soucoupe volante et la tentative d’enlèvement d’un villageois par des extraterrestres.

Parmi eux, on suivra notamment le destin de : Lucas, un réfugié monégasque qui n’aurait jamais dû se rendre avec sa future ex-fiancée à une soirée costumée pleine de culturistes ; Alex, un auteur de science-fiction en panne d’inspiration qui n’aurait jamais dû ouvrir sa porte à Marilyn Monroe ; le Grand Joël, auteur de L’Incroyable Révélation, un modeste essai qui apporte une réponse définitive aux plus grands mystères de l’univers ; Madeleine, maire du village et conceptrice d’une technique imparable pour échapper aux angoisses existentielles ; Bob et Douglas, les philosophes du bar local, qui commentent l’action avec l’ampleur lyrique d’un ch ur antique (ou presque) ; et, en guest star, Alain Delon, dans un rôle inédit.

Mon avis :

De l’auteur, j’ai aimé tous les romans que j’ai lu (tous sauf un). J’aime son univers décalé et son humour travaillé, plein de petits détails de langage jubilatoire.

Même si je ne suis pas fan de science-fiction, l’auteur a réussi à m’emmener dans son histoire invraisemblable.

Et là ou l’auteur fait fort, c’est quand il nous parle, à travers ses personnages, de physique quantique et du chat de Schrödinger. J’ai entrevu un début de compréhension, bien que cette question tienne plus de la philosophie, à mon avis, que de la science dure.

J’allais oublier les Malgaches qui ont racheté toutes les grosses entreprises planétaires. Ainsi, McDonald est devenu MalagMcDo. Entre autre.

L’auteur publie avec régularité un roman tous les deux ans. Je prends donc RDV pour 2018.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux alcooliques devant leur boisson et leurs cacahouètes venant à manquer, se demandant si le chat est encore vivant dans le carton…..

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Confidences à Allah – Saphia AZZEDINE

confidencesaallahFuturopolis, 5 juin 2015, 86 pages

Présentation de l’éditeur :

« Allah, si j’étais née dans une famille bien, dans une ville bien, avec une éducation bien, j’aurais forcément été une fille bien. Mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé au départ, Tu avoueras que je suis partie avec vachement plus d’emmerdes »

Eddy Simon et Marie Avril adaptent le monologue fiévreux de Saphia Azzeddine, portrait sans concession d’une jeune femme qui rêve d’émancipation et refuse de se soumettre.

Mon avis :

Un graphisme et des couleurs soignés, tout en nuances. Des chapitres de la vie de Jbara séparés par une page blanche avec un seul dessin au fusain.

Quelle vie que celle de cette petite bergère qui ne se satisfait pas de la pauvreté de ses parents, et qui a très tôt compris l’emprise des hommes et de la religion sur la société.

Jbara est une femme libre qui, avec peu de moyen mais beaucoup de chance, décide de mener la vie qu’elle veut.

Et pendant toutes ces pages, elle s’adresse à Allah et lui parle comme une fille à son père.

Magnifique.

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L’analphabète : récit autobiographique – Agota KRISTOF

analphabeteEditions Zoé, 27 août 2004, 58 pages

Présentation de l’éditeur :

L’Analphabète est l’unique texte autobiographique d’Agota Kristof. L’auteur y retrace son étrange parcours : l’amour des mots, la rupture du « fil d’argent de l’enfance », elle parle de l’adolescente qui écrit des poèmes et finalement décrit l’exil qui n’est pas seulement exil hors d’un pays mais surtout hors d’une langue. C’est avec horreur que la narratrice se constate «analphabète» devant la nouvelle langue qu’est pour elle le français.

Dans ce texte dense et précis, elle retrace aussi ses premières années de vie en Suisse, le travail d’usine, la passion de l’écriture : «Ce dont je suis sûre, c’est que j’aurais écrit, n’importe où, dans n’importe quelle langue». Ce sera le français.

Mon avis :

Il y a trèèèès longtemps, j’avais lu Le Grand Cahier, puis La preuve, et enfin Le troisième mensonge. Quelle claque ! De leur auteure, je ne savais rien, et je n’avais pas cherché à savoir, ses textes me suffisaient.

Après l’avis de Cathulu sur ce court texte autobiographique, je décidais de le lire.

Avec des mots simples et précis, l’auteure nous parle, certes de son enfance, mais surtout de sa farouche volonté d’écrire.

Son périple pour fuir la Hongrie m’a émue et raisonne avec l’actualité. On accueillait plus volontiers les personnes fuyant l’Europe de l’Est que les actuels migrants.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Agota et son frère aîné, puni pour avoir fait croire au petit dernier qu’il était un enfant adopté.

Merci Cathulu pour cette idée de lecture.

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L’amie prodigieuse – Elena FERRANTE

amie-prodigieuseFolio, 1er Janvier 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée.

Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Mon avis :

J’avais décidé de lire la trilogie à la suite, mais ce premier volet a fait partie de la sélection de mon club de lecture pour le mois de mai.

Je découvre ainsi les deux amies inséparables, malgré le temps qui passe et le choix de vie que leurs parents font pour elles.

L’arrière-plan du roman m’a le plus intéressé : un quartier populaire de Naples où l’on ne parle que le patois ; les femmes à la maison avec les enfants et les maris au travail ; la violence et les rapports de force omniprésents.

Lila adopte cette attitude très masculine tôt dans son enfance. Elena est plus discrète, qui se laisse influencée par son amie. Si Elena a des notes moyennes, Lila a déjà perçu qu’il faut se battre et souhaite être la meilleure tout le temps.

En revanche, Lila est souvent décrit comme méchante. Je n’ai pourtant pas perçu ce trait de caractère au fil de ma lecture.

Et puis Lila se met à souffrir de crises étranges qui sont restés mystérieuses, sans véritable explication. J’espère en apprendre plus dans le prochain opus.

Autre détail gênant : l’auteure, régulièrement, nous annonce qu’il va se passer un fait marquant, que le cours de sa vie va changer pour deux raisons avant de nous les expliquer. J’ai trouvé le procédé un peu lourd. Pas besoin d’appuyer sur la tête du lecteur pour lui faire regarder dans la bonne direction.

Deux amies que je retrouverai avec plaisir dans le prochain volet.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures extravagantes que LIla imagine et se bat pour fabriquer.

club-lecture

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Someone – Alice McDERMOTT

someoneQuai Voltaire, 27 août 2015, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Brooklyn, années 30, quartier irlandais.

Marie vit avec ses parents, immigrés avant sa naissance, et son grand frère Gabe dans un minuscule appartement bien astiqué. Son père boit trop mais il aime sa fille tendrement. Sa mère a la rudesse des femmes qui tiennent le foyer.

Tandis que Gabe se destine dès le plus jeune âge à la prêtrise, Marie traîne sur les trottoirs de New York avec ses copines, colportant les cancans du bloc d’immeubles, assistant aux bonheurs et aux tragédies d’un quartier populaire.

Viendront le temps des premiers émois, puis du premier emploi, chez le croque-mort du quartier, le débonnaire M Fagin. Un jour, elle rencontre Tommie, GI détruit par la guerre qui vient de s’achever, employé d’une brasserie de bière et ancien paroissien de Gabe. Tommie est ce qu’on appelle « un gars bien ». Ensemble, ils vont élever quatre enfants qui connaîtront l’ascension sociale américaine.

Poignant et caustique, le récit de la très ordinaire vie de Marie – un parcours de femme, des tracas et des joies d’épouse, de mère, de fille, de soeur, d’amie – devient un témoignage historique évocateur de la communauté irlandaise du New York des années 30, du traumatisme de la guerre, des mutations sociologiques de l’époque contemporaine.

Mon avis :

Je n’ai pas trouvé le fil conducteur de ce roman. Celui-ci est construit par petites touches en fonction des souvenirs de Marie.

Je qualifierai le personnage de jeune fille un peu écervelée, mais à la tête dure. Elle se laisse porter par la vie, sans forcément chercher à comprendre ceux qui l’entoure.

Il m’a manqué un peu de profondeur pour vraiment adhérer au propos.

Malgré tout, le récit offre un beau panorama de la vie des immigrés à Brooklyn dans les années 30, ainsi qu’un pan de la vie de ce quartier avant sa chute.

L’image que je retiendrai :

C’est le mot « Amadan » prononcée par l’amie de Marie et que celle-ci répète à tout bout de champs, sans forcément comprendre sa signification.

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Le Voyage des Pères T4 : Barabbas – David RATTE

barabbasPaquet, 30 mars 2016, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Jérusalem, an 33 de notre ère…

Ils s’appellent Barabbas, Moshé, Amos… Ils ne sont pas contents et ils ont un message pour Rome : « l’Empire n’est pas le bienvenu en terre promise. » Découvrez comment l’opération « Polus Botus » va mettre cette brochette de révolutionnaires sur la route d’un messie nazaréen…

Et de trois pères en voyage. Il faut dire qu’en ce moment on rencontre de drôles de gens à Jérusalem.

Mon avis :

Dans ce cycle 2, les trois pères ne sont plus les personnages centraux. L’auteur s’intéresse maintenant aux personnages « périphériques », dans ce nouvel opus : Barabbas.

Il y a toujours autant d’humour et de décalage, j’adore !

Vivement la suite…..

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Ca aussi, ça passera – Milena BUSQUETS

capasseraLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

C’est l’été, la saison préférée de Blanca. Après le décès de sa mère, elle quitte Barcelone pour s’installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sur cette terre riche des souvenirs de son enfance, sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l’apaisement.

Mais elle ne part pas seule, une troupe disparate et invraisemblable l’accompagne : ses deux ex-maris, les fils qu’elle a eus d’eux, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère défunte, à qui elle ne cesse de parler par-delà la mort, tant cette disparition lui semble difficile et inacceptable.

Les baignades, les promenades en bateau et les siestes dans le hamac vont se succéder, tout comme ces longs dîners estivaux au cours desquels les paroles s’échangent aussi facilement que les joints ou les amours. Les souvenirs affleurent alors, faisant s’entrelacer passé et présent.

Blanca repense à cette mère fantasque, intellectuelle libre et exigeante, qu’elle a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre silencieuse et intense dans laquelle elle essaie de faire le bilan le plus honnête de leur relation douloureusement complexe. Elle lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants que face à la mort elle choisit l’élégance, la légèreté, la vie. Elle lui dit qu’elle choisit l’été et Cadaqués car elle sait que ça aussi, ça passera.

Mon avis :

Un roman à la fois léger et grave sur le décès d’une mère qui hante Bianca pendant ses vacances à Cadaquès.

Bianca aime la vie et la croque à pleines dents.

Malgré le sujet certes grave, j’ai passée une belle après-midi de lecture en compagnie de cette femme un peu fofolle.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’histoire inventée par la mère de Bianca qui raconte que l’empereur de Chine avait demandé à ses plus grands savants de lui trouver la phrase pouvant être utilisée à tout propos. « Ça aussi ça passera » fut leur réponse.

Quelques citation :

« Je crois que je partage avec la plupart des femmes de la planète, et peut-être avec le pape et quelque autre chef religieux, l’idée folle que seule l’amour nous sauvera. » (p.50)

« Je ne sais pas si la vie aurait autant de sens s’il n’y avait pas les nuits d’été. » (p. 65)

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Te ji hua cha – Teatower

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Issu de notre sélection 2009 exclusive, ce thé vert parfumé nous emmène dans la région de ChongQing, à l’Ouest du barrage des 3 gorges. On y récolte aussi les fleurs de ZhenZhulan (Cloranthus Spicatus) dont le nom pourrait se traduire par « orchidée de perles ». Inconnue par chez nous, la saveur de ces fleurs est particulièrement raffinée et rafraichissante.
 

Thé vert parfumé avec : orchidée de perles (zhenzhulan)

Mon avis :

Une maison de thé que j’ai découverte il y a peu, Teatower offre une belle sélection de thés natures ou parfumés.

Un thé vert très désalterant que j’aime boire après le sport.

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L’ours est un écrivain comme les autres – William KOTZWINKLE

ours-ecrivain10X18, 21 Janvier 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain.

Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Mon avis :

Un récit sympathique qui nous décrit les affres de la vie d’un écrivain : négociation de contrat, promos, pression pour écrire son prochain roman.

En parallèle, si l’ours devient de plus une personne, l’écrivain lésé se rapproche de la nature et de son ursitude, allant jusqu’à hiberner. C’est cette partie-là du roman que j’ai préféré.

L’ours-voleur, lui, préfère les femmes avec des poils sur les jambes, et découvre que les jambes de ces dites-femmes sont toutes différentes, contrairement à celles des ourses. Sacré plaidoyer contre l’épilation.

J’ai également appris que les ours ne s’accouplaient qu’une fois par an, ce qui pose problème à notre ours-voleur avec la gent féminine humaine.

L’auteur s’en donne à coeur joie en comparant son ours-voleur à Ernest Hemingway, grand écrivain bourru, ou encore à Albert Einstein tête en l’air.

Un roman moins léger qu’il n’y parait avec lequel j’ai passé un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’ours-voleur se régalant de miel et de sucrerie, comme une jouissance.

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Intérieur nuit – Marischa PESSL

interieur-nuitGallimard, 20 août 2015, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott Mc Grath ne voit pas les choses du même oeil.

Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, Mc Grath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’oeuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, Mc Grath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore.

Mon avis :

Quel roman ! Quelle histoire ! A la limite du coup de coeur, parce qu’il y a un mais : je n’ai pas aimé les mots en italiques, beaucoup trop nombreux dans le texte.

Mis à part cet infime détail, je me suis régalée : du suspens autour de la mort d’Ashley et une enquête journalistique qui soulève bien des voiles.

Un trio de fouineurs improbables : un journaliste, un dealer et une jeune fille travaillant dans un vestiaire de restaurant.

Un mystérieux réalisateur de films d’horreur dont on découvre la filmographie au fil des chapitres (l’auteure a inventé de toute pièce chaque film, chapeau !).

Une mystérieuse suicidée au caractère bien trempée qui pratique la magie noire. Bien que le trio doute jusqu’au bout de son suicide et imagine plutôt un meurtre.

Des articles de journaux et de blogs glissés très à-propos dans le récit, venant dynamiser celui-ci. Des pages noires intercalées pour délimiter une visite nocturne qui tourne au cauchemar.

Et au milieu de tout ce noir, la couleur orange qui revient, comme un leitmotiv lumineux.

Une atmosphère dont on ne sort pas indemne. Un livre qui ne vous lâche pas si facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sam, la fille de McGrath, qui vient apporter une touche d’innocence dans ce roman noir.

Mercis Clara, Jostein et Richard pour cette idée de lecture.

Article mis en avant

La renverse – Olivier ADAM

larenverseFlammarion, 6 janvier 2016, 266 pages

Présentation de l’éditeur :

« Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. A l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. « 

Mon avis :

L’auteur nous emmène dans l’univers de la politique de province, dans une ville de banlieue coincée entre Paris et Rouen. 

Qui plus est se mêle une sortie histoire de sexe ardemment décrite sur fond de pouvoir social.

Au milieu d’adultes aux dents longues surnage un adolescent paumé et rêveur, devenu l’adulte qui nous raconte l’histoire à postériori.

Et comme nous, pauvre lecteur, avons l’habitude d’adhérer aux histoires que nous raconte Olivier Adam, nous croyons les yeux fermés à l’histoire que nous raconte le narrateur. Avant que la dernière partie, lorsque l’adolescent se réveille, nous apporte une autre façon d’envisager cette histoire.

Un roman un peu moins misérabiliste que les précédents, mais toujours aussi près d’une certaine réalité sociale.

L’image que je retiendrai :

Celle du narrateur travaillant dans une librairie bretonne au bord de la mer, frappée par les embruns.

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L’intranquille – Gérard GAROUSTE et Judith PERRIGNON

intranquilleLe livre de poche, 5 Octobre 2011, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Je suis le fils d’un salopard qui m’aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des juifs déportés. Mot par mot, il m’a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation.

A vingt-huit ans, j’ai connu une première crise de délire, puis d’autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l’enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n’ai été qu’une somme de questions. Aujourd’hui, j’ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j’ai compris.

Mon avis :

De l’artiste, je ne connaissais rien, ni sa vie, et encore moins son œuvre. J’ai donc découvert un enfant malheureux entouré de secrets de famille (mais qui ne l’est pas…), un adulte qui peine à grandir et que les crises de folie dévaste, un artiste monté très vite en gloire ; un homme tourmenté comme l’illustre si bien la couverture.

J’ai trouvé malgré tout la narration un peu brouillonne, et le mot de la fin un peu trop angélique.

Cependant, cet autoportrait à quatre mains m’a donné envie de découvrir les tableaux du peintre avec Le Classique et l’Indien.

L’image que je retiendrai :

Celle des débuts de l’artiste, qui commence par peindre les boîtes de nuit du Palace.

Quelques citations :

« Il savait que la qualité de vie se mesure à la distance d’un père à son fils. » (p.132)

« Ce n’est pas un hasard si cette toile m’a ouvert les portes (à propos de son tableau Adhara). Elle dit mon rêve, mon choix, l’imbroglio de mes pensées, mon langage des signes, cette idée, à laquelle je tiens, qu’on représente une chose et qu’on en raconte une autre. Celui qui la regarde n’y verra pas forcément tout ce que j’y ai mis, c’est l’intensité qui doit passer. » (p.146).

Article mis en avant

Le crime : histoire d’amour – Arni THORARINSSON

crimeEditions Métailié, 4 Février 2016, 140 pages

Présentation de l’éditeur :

Avant ils étaient heureux, une famille heureuse, et puis ils l’avaient appris et leur vie était devenue un enfer. Ils ont tout caché, surtout pour leur fille, mais se sont engagés à lui parler le jour de ses 18 ans. Tous les trois ils ont attendu ce jour et craint son arrivée.

La mère veut, contre vents et marées, tenir sa promesse. Le père doute que la vérité les libère du cauchemar qu’est leur vie. La fille se révolte, essaie de survivre, de les tenir à l’écart, elle les hait autant qu’elle les aime, et elle vit loin d’eux, entourée d’amis bien intentionnés, qui l’aiment.

Mon avis :

Alternant les point de vue à chaque chapitre, en alternance le père, la fille, la mère et la lettre de la mère à sa fille, nous découvrons une famille éclatée dans l’impossibilité de recoller les morceaux.

Pourquoi ? C’est ce que nous apprend la grand-mère au milieu du roman. Seule la fille restera dans l’ignorance jusqu’à la fin de cette journée.

L’auteur distille subtilement le doute : faut-il révéler ce terrible secret de famille à cette jeune fille de 18 ans ? Le doute perdure une fois la lecture achevée….

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère, tombée profondément dans le cercle vicieux de la drogue, en appelant à son ex-mari psychologue pour régler ses dettes, et que sa fille filme un jour de déchéance en pleine rue.

Article mis en avant

Le hameau des purs – Sonia DELZONGLE

hameau-pursCogito Editions, 3 février 2011, 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La jeune journaliste Audrey Grimaud est dépêchée sur une affaire d’incendie criminel au hameau, dans une campagne austère déjà bouleversée depuis une douzaine d’années par une série de meurtres commis par un mystérieux tueur surnommé l’Empailleur. Le passé d’Audrey est étroitement lié à ce lieu où, petite, elle venait passer ses vacances chez ses grands-parents, membres d’une communauté de  » Purs  » vivant à l’écart du monde moderne selon des principes sectaires, et où elle a découvert de lourds secrets bien enfouis.

L’incendie criminel qui fait sept victimes parmi les Purs est-il lié aux meurtres en série ? Tous ces événements ont-ils un rapport avec l’histoire nébuleuse du hameau ? La vérité ne se trouve pas toujours là où on le pense…

Mon avis :

L’histoire du hameau est intéressante, raconté par Audrey à son amant. Et puis qui sont ses enfants juifs cachés pendant l’Occupation ? Qui est ce tueur fou qui rode dans le village ?

Puis tout se complique dans la seconde partie du roman dans laquelle apparaissent de nouveaux personnages qui n’éclairciront pas pour autant les mystères qui planent dans ce coin reculé de France.

Ca se gâte dans la dernière partie : si vous avez lu Shutter Island, vous serez comme moi désolée que l’auteure reprenne la même ficelle. Et pire, qu’elle fasse rebondir cette fin rocambolesque encore une fois, finissant de m’embrouiller sur qui est qui. Quel dommage…..

L’image que je retiendrai :

Celle d’Audrey en vacances chez sa Grand-Mère, une Pure, en plein hiver, avec tempête de neige et burle.

Coccinelle et l’Oncle Paul m’avait pourtant donné envie de découvrir ce polar.

Article mis en avant

La femme sur l’escalier – Bernhard SCHLINK

femme-escalierGallimard, 3 mars 2016, 256 pages

Présentation de l’éditeur :

Le narrateur est un avocat allemand d’une soixantaine d’années. Il a brillamment réussi et se considère plutôt heureux. Mais lors d’une mission en Australie, son équilibre s’effondre quand il voit par hasard un tableau intitulé Femme sur l’escalier dans une galerie à Sydney. Car il a déjà vu ce portrait en pied…

Retour en arrière : au début de sa carrière, il est contacté par le peintre Schwind qui veut trouver un règlement à l’amiable avec l’industriel Gudlach à qui il a vendu le portrait en question. Irène, la femme de Gudlach et modèle du tableau, a quitté son mari pour le peintre. Depuis, Gudlach procède régulièrement à de petits actes de vandalisme sur le tableau. Surgit alors l’idée folle d’un troc : Gudlach propose à Schwind de lui rendre son tableau si Irène revient vivre avec lui. Le narrateur se prête à la rédaction du contrat qui doit préciser les modalités de cet échange, mais au cours des négociations, il tombe amoureux d’Irène. Tous deux décident de duper Gudlach et Schwind, de récupérer le tableau et de s’enfuir ensemble. Quand Irène disparaît avec le tableau, le narrateur comprend qu’il a été trahi.

Trente-cinq ans plus tard, il décide de mener l’enquête : Irène vit retirée du monde sur une île. Les retrouvailles avec la femme qu’il a passionnément aimée sont étranges : quand il apprend qu’elle est en phase terminale d’un cancer, il décide de rester. Ils se rapprochent, Irène livre quelques secrets de son passé, puis demande au narrateur de lui raconter la vie qu’ils auraient eue si elle ne l’avait pas abandonné. Un soir, grâce à la cocaïne, Irène reprend suffisamment de forces pour descendre l’escalier de sa maison, nue comme sur le portrait, et le narrateur lui fait l’amour. Quand un violent incendie se déclare sur l’île, il la transporte sur son bateau pour l’éloigner du danger.

Mon avis :

De l’auteur, je n’avais pas lu son grand succès Le liseur. Je l’avais vu en film, et j’avais beaucoup aimé.

L’auteur, dans ce dernier roman, reprend quelque peu le pitch de départ : un avocat, une femme mystérieuse qu’il n’a pas vu pendant quelques années.

Si l’écriture est très précise, les sentiments des uns et des autres restent très flous : j’ai eu cette impression que leurs paroles ne disaient jamais le fond de leurs pensées.

Par ailleurs, beaucoup de détails restent obscurs : qui est la fille d’Irène ? Qu’a-t-elle fait de répréhensible pour être obligée de se déguiser ? Pourquoi cette fuite et cette vie recluse en Australie ?

Au final, un roman tout en contraste qui part d’un tableau de Gerhard Richter Ema.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mer au pied de la maison d’Irène, en Australie.

Une citation :

« Ma femme disait que le contraire du mal n’est pas le bien mais la bonne intention (…). Mais le contraire du mal n’est pas la mauvaise intention, c’est le bien. » (p.44)

club-lecture

Article mis en avant

C’est où le Nord ? – Sarah MAEGHT

cestoulenordAlbin Michel, 30 mars 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Si vous commencez le roman de Sarah Maeght, vous ne le lâcherez plus… Ses phrases galopent, ses mots crépitent. Elle raconte avec rage et pleine d’espoir le quotidien d’une prof, les errances d’une fille de vingt-quatre ans qui ne sait pas très bien où elle va. C’est où, le nord ? Elle l’ignore. Mais elle y va gaiement.

C’est le portrait d’une génération, une photographie de la France d’aujourd’hui, un verre de grenadine avec trois doigts de désespoir et quelques substances interdites. Les jeunes s’y retrouveront, les parents qui se posent des questions aussi. Des romans comme celui-là, on les ouvre et on reste planté à tourner les pages, la langue pendante…

Mon avis :

Voici un roman léger sur une jeune femme de 24 ans récemment installée à Paris et qui découvre la vie.

La vie amoureuse d’abord : son mec depuis 6 ans l’a quitté pour retourner s’installer à Dunkerque. Lors d’une soirée à Budapest, elle tombe sous le charme de Cléo et découvre l’amour saphique et les substances illicites récréatives.

Au travail, ensuite : ses élèves sont charmants et travailleurs, drôles parfois. Ses collègues un peu relous, mais elle ne les fréquente pas beaucoup.

Un premier roman léger sur une génération qui se cherche.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mamie Colette, imbattable sur les santons provençaux et qui ne crache pas sur un petit apéro.

Je remercie Aurore, des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

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Etta et Otto (et Russell et James) – Emma HOOPER

etta-et-ottoLes escales éditions, 22 octobre 2015, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans sa ferme du fin fond du Saskatchewan, Etta, quatre-vingt-trois ans, n’a jamais vu l’océan. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat, et entame les trois mille deux cent trente-deux kilomètres qui la séparent de la mer.

 » J’essaierai de ne pas oublier de renter.  » C’est le mot qu’elle laisse à Otto, son mari. Lui a déjà vu l’océan, il l’a même traversé des années plus tôt, pour prendre part à une guerre lointaine. Il comprend la décision de sa femme mais, maintenant qu’elle n’est plus là, il ne sait plus comment vivre.

Russell, l’ami d’enfance d’Otto, a passé sa vie à aimer Etta de loin. Il ne peut se résoudre à la laisser seule et part à sa suite. Et qui sait, peut-être pourra-t-il chasser le caribou en chemin.

Mon avis :

Après des avis dithyrambiques sur ce roman, je me jette à l’eau. Et je peux dire que je n’ai pas aimée autant que les autres lecteurs.

D’abord j’ai trouvé la narration brouillonne : Russell part mais finalement atterrit ailleurs on ne sait pas trop où ; la journaliste qui arrive comme un cheveu sur la soupe, puis qui réapparait.

L’eau, rappelée inlassablement, tout le temps et à tout propos. Mais ce procédé n’a pas suffit à me faire sentir le flux et le reflux des vagues. J’ai plutôt eu l’impression de me noyer. Sensation désagréable.

Une rencontre qui n’a pas eut lieu en ce qui me concerne.

L’image que je retiendrai :

Celle de la poussière qui fait mourir le premier instituteur et qu’Otto transporte encore à la guerre.

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Rester groupés – Sophie HENAFF

rester-groupesAlbin Michel, 30 mars 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Ca bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique dans la peau de d’Artagnan et Ratafia, rat policier.

Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Un point commun : le tueur a prévenu ses victimes. Cerise sur le gâteau : l’ex beau-père de Capestan est l’une d’elles.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cette brigade hors norme.

Après un bref rappel des spécificités de chacun, l’enquête commence, et nous emmène de Paris à l’Ille sur le Sorgue et Lyon.

On en apprend plus sur Capestan, divorcée d’un ancien comique dont la carrière est derrière lui.

Viennent enrichir la brigade Saint-Lo, alias D’Artagnan, et un ex de la BRI au cœur tendre. Sans oublier le chien Pilote et le rat Ratafia, qui donneront un sacré coup de pattes lors d’une échauffourée.

Par manque de moyens, le portrait robot du suspect se fait sur World of Warcraft…

Une suite sympathique et toujours aussi drôle.

L’image que je retiendrai :

Celle des post-dit de Dax collés sur son PC : effacer ses traces – ne pas jouer avec le suspect.

Je remercie Aurore, des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman fort drôle.

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Troubles – Jesper STEIN

troublesPiranha, 17 mars 2016, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Copenhague, théâtre de poussées de violences régulières, connaît en cette fin d’hiver 2007 les pires émeutes de son histoire après que les autorités ont décidé d’évacuer et de raser la « Maison des jeunes », le plus grand squat du quartier cosmopolite de Nørrebro.

Alors que les combats de rue font rage entre forces de l’ordre et militants autonomes accourus de toute l’Europe, un cadavre est découvert dans un cimetière, en plein coeur de la zone pourtant entièrement quadrillée et surveillée par la police. Axel Steen, enquêteur à la Crim’ aux méthodes peu conventionnelles et à la vie privée chaotique, est chargé de l’enquête qui le mène des milieux activistes à ceux du trafic de drogue.

Mon avis :

Premier roman traduit d’un auteur suédois à succès, je découvre son personnage de policier en marge : Axel Steen.

En Suède aussi, il y a des squats évacués par la police ; des brutalités policières et des services de Renseignements en-dessous de tout. Je ne sais pas si c’est rassurant, finalement…..

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture à tenter de deviner qui est le coupable filmé avec un brassard Police.

Dans cet opus, les journalistes ne sont pas tout blanc, renversant la vapeur créée par Mickaël Bloomkvist.

Je ne manquerai pas de lire les autres enquêtes de ce policier.

L’image que je retiendrai :

Celle de la fille d’Axel, Emma, qui s’ennuyait devant son dessin animé à la morgue pendant que son père assistait à une autopsie et qui est allée ouvrir les tiroirs dans la pièce à côté.

Je remercie les éditions Piranha pour l’envoi de ce roman.

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Des fleurs pour Algernon – Daniel KEYES

fleurs-algernonFlammarion – Tribal, 12 janvier 2011, 443 pages

Présentation de l’éditeur :

Algernon est une souris dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit.

C’est bientôt l’extraordinaire éveil de l’intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon commencent à décliner…

Mon avis :

Je n’ai pas boudé mon plaisir d’une belle lecture avec ce roman jeunesse.

Il fait réfléchir sur la notion d’intelligence, de respect de la personne et de la place du cobaye dans une expérience scientifique.

Malgré tout, il reste très manichéen. Certaines scènes érotiques me le ferait conseillé pour les plus grands ados.

L’image que je retiendrai :

Celle de la souris Algernon dans ses labyrinthes de plus en plus perfectionnés, puis de moins en moins.

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Today we live – Emmanuelle PIROTTE

todayweliveLe Cherche Midi, 2 septembre 2015, 240 pages

Présentation de l’éditeur :

Décembre 1944. C’est la contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. Pris de panique, un curé confie Renée, une petite fille juive de 7 ans, à deux soldats américains. Ce sont en fait des SS infiltrés, chargés de désorganiser les troupes alliées. Les deux nazis décident d’exécuter la fillette. Au moment de tirer, Mathias, troublé par le regard de l’enfant, tue l’autre soldat.

Commence dès lors une cavale, où ils verront le pire, et parfois le meilleur, d’une humanité soumise à l’instinct de survie.

Mon avis :

J’ai passé une belle matinée en compagnie de Mathias et de Renée, dans les caves de la ferme, au gré des vagues successives d’Américains ou d’Allemands.

Un lien particulier uni les deux personnages, qui restera à jamais indéfinissable.

Mais tout de même, Mathias n’est pas un soldat allemand comme les autres. Il a vécu dans le Grand nord Canadien et à été soigné par une guérisseuse. Il est donc sensible à une autre forme de monde.

Un très belle amitié au coeur de la guerre et de ses cruautés.

L’image que je retiendrai :

Celle de Renée se retournant au moment où Mathias la mettait en joue, scellant leur amitié si peu commune.

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A la table des hommes – Sylvie GERMAIN

table-hommesAlbin Michel, 4 Janvier 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Son obscure naissance au coeur d’une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S’il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l’espèce animale, dont une corneille qui l’accompagne depuis l’origine.

Mon avis :

Quelle idée de commencer un roman avec pour personnage principal un cochon ? Je craignais un peu cette entrée en matière, mais heureusement, cela ne dure pas, le cochon se transformant vite en homme (cet aspect quelque peu fantastique du roman m’a étonné, mais après tout, pourquoi pas).

Ce point de départ explique que le personnage principal, Babel, perçoive le monde en couleurs et en senteurs. Un roman très olfactif et colorés, donc.

Mais là où l’auteure m’a conquise, c’est en utilisant un vocabulaire très précis, un langage soutenu pour nous parler des bassesses des hommes. Sa langue nous projette littéralement dans les hautes sphères pour nous raconter combien les hommes sont terre à terre et violents.

J’ai aimé le passage sur le Prix Nobel Piotr Kapitsa qui a fait le calcul du lieu de résidence de Dieu, soit à environ neuf années-lumières de la Terre.

Il est également fait référence aux portraits du Fayoum, comme dans le roman-fleuve de Mathias Enard.

Une auteure à part dans les lettres françaises.

L’image que je retiendrai :

Celle de la corneille se perchant sur les épaules de Babel, compagnon fidèle avec qui il communique.

Une citation :

« Et il a raconté la façon dont le physicien avait procédé pour évaluer la distance à laquelle ledit Dieu avait planté son trône céleste. Kapista s’était basé sur le lancement de prières émises en 1905, vers la fin de la guerre russo-japonaise, par des popes pleins de ferveur patriotique et leurs ouailles les plus dévotes. Dans leur appel, ils adjuraient Dieu de châtier leurs ennemis. La réponse était arrivée dix-huit ans plus tard, en 1943, sous la forme d’un violent séisme qui avait frappé une partie de l’île centrale du Japon(…). Les prières voyageant certainement comme les photons à la vitesse de la lumière dans le vide intersidéral, soit 300 000 kilomètres à la seconde, et l’accusé de réception de la part de Dieu idem, Kapista avait pu ainsi élaboré son calcul. » (p.194)

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La poupée de Kafka – Fabrice COLIN

poupee-kafkaActes Sud Editions, 6 janvier 2016, 258 pages

Présentation de l’éditeur :

Au cours d’un séjour à Berlin, la jeune Julie Spieler, en quête d’une improbable réconciliation avec son père, Abel – séducteur impénitent, époux volage, menteur invétéré et professeur de littérature allemande à la Sorbonne -, débusque la récipiendaire putative de textes inédits de Kafka, écrivain qui fait l’objet d’une folle idolâtrie de la part de son inconséquent géniteur.

La jeune fille entame alors de difficiles tentatives d’approche auprès de cette vieille dame particulièrement revêche qui porte en elle toute la mémoire d’un siècle traversé de guerres, d’exils et d’horreurs.

L’été suivant, contre toute attente, ces trois personnages se retrouvent dans un chalet, face au mont Blanc, pour dénouer les noeuds et secrets obscurs dont chacun a tressé sa vie.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Blue Jay Way et Ta mort sera la mienne. Je le retrouve ici dans un genre totalement différent, et je dois avouer que je suis passée à côté de cette lecture.

Le début du roman m’a paru alambiqué, mais c’est moi qui n’était sans doute pas assez concentrée.

J’ai en revanche aimé les passages dans lesquels Julie se rapproche de la vieille dame et y parvient.

Le personnage du père m’a paru inconsistant, mais il est vrai que l’on en sait peu sur lui.

Au fond, seul le personnage de la vieille dame a trouvé grâce à mes yeux, car l’auteur nous livre par petites touches le drame de sa vie, et pourquoi elle base sa vie sur le mensonge.

L’image que je retiendrai (attention divulgachions) :

Celle de la vieille dame, alors jeune fille enfermée à Auschwitz, les pieds dans la boue lors des appels interminables, rêvant à sa poupée partie aux Etats-Unis, comme le lui avait écrit Kafka. Ce sont ces « rêves » qui lui ont permis de tenir.