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Je m’appelle Nathan Lucius – Mark WINKLER

Il faut s’accrocher pour lire ce roman : d’abord à cause du style très haché, ensuite à cause de l’histoire.

J’ai été déroutée par le style : nous sommes dans les pensées de Nathan Lucius, qui pense par phrases courtes – sujet, verbe, complément. C’est un peu raide. Parfois ses pensées digressent (là, j’ai sauté des paragraphes entiers).

Ensuite l’histoire : à cause de longs paragraphes de digressions, il n’y a pas vraiment d’action dans ce roman. Seule la seconde partie a commencé à éveiller ma curiosité, jusqu’à la phrase finale qui aurait mérité d’arriver plus tôt.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, car ce serait de la divulgachion, je ne voudrais pas vous ôter le plaisir de la découverte.

Un roman à la voix originale et à l’aspect psychologique profond, mais un peu trop fouillis à mon goût.

L’image que je retiendrai :

Celle du foulard rose, ou peut-être rouge, qui sait.

Anne-Marie Métailié, 26 janvier 2017, 240 pages

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La prochaine fois ce sera toi – Vincent VILLEMINOT

Je découvre l’auteur avec ce roman (il a co-écrit la série à succès U4), et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Ce n’était pas gagné : les policiers de cette brigade un peu spéciale chassent les goules. Vous ne savez pas ce que c’est ? Moi non plus, mais ce n’est pas grave. L’originalité du roman est ailleurs. (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »), est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits.)

D’abord la brochette de personnages haut en couleur : Godfather qui dirige les opérations depuis son fauteuil au milieu de sa bibliothèque ; son adjoint Gimli qui s’occupe des opérations de terrain ; Toussaint Fermeture (j’adore !) alias Jimi Hendrix, aux méthodes peu légales et occultes et aux tee-shirt un brin provocateurs. Et enfin la nouvelle recrue Diane-de-Moitié fraîchement débarquée qui ne comprend pas bien les codes et qui a la gâchette facile.

J’ai aimé que le méchant fasse des erreurs et ne soit pas invincible.

J’ai aimé rencontrer les deux filles de Godfather et suivre leur vie en parallèle de l’action principale.

Premier volet d’une série intitulée La brigade de l’ombre, je ne manquerai pas de suivre leurs prochaines enquêtes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la seconde fille de Godfather qui passe son temps à dessiner avec des feutres noirs plus ou moins fins.

Casterman, 2 juin 2016, 350 pages

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Chère brigande – Michèle LESBRE

De l’auteure, je gardai un souvenir ému du Canapé rouge. Une lecture toute en sensibilité.

Je n’ai pas été déçue avec ce dernier livre, qui est une lettre à Marion du Faoüet, une jeune brigande du 18e siècle.

La narratrice part sur ses traces, mais c’est surtout l’occasion pour elle de nous parler de notre monde moderne, notre vie si connectée qui a perdu tout goût de la révolte.

Marion, elle, incarne cette jeunesse illettrée mais insoumise, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, même après avoir été torturée avec le feu et exposée à moitié nue en place publique.

J’ai aimé découvrir cette rebelle qui a brûlé sa vie pour un peu de justice.

L’écriture de Michèle Lesbre est toujours un enchantement, qui fait naître des images fortes à partir de peu de mots.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice devant la mer bretonne, une retrouvaille riche en émotion.

Sabine Wespieser, 13 février 2017, 77 pages

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Café Krilo – Baptiste BORYCZKA

Copenhague, dans quelques années, quand l’Eldorado sera la Chine et l’Afrique, et que notre vieille Europe sera prise en main par les religieux sectaires.

Trois jeunes adultes habitent dans l’ancien quartier rouge qui tombe en ruine, une sorte de résistance à l’ordre établi. En face, Hans, un prêtre fanatique inquiétant.

Au fil de pages, l’auteur sait créer une ambiance et nous rendre ses personnages attachants.

J’ai aimé l’esprit libertaire et révolutionnaire jamais loin : il faut sans cesse se battre pour ses idées et la liberté de les dire.

Sans oublier le café Krilo qui renait de ses cendres : vives la musique, la danse et l’alcool !

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage de Thor, énigmatique.

Lemieux Editeur, 14 février 2017, 165 pages

Merci Pativore pour ce livre-voyageur au propos qui m’a parlé

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Le grand A – Xavier BETANCOURT et Jean-Luc LOYER

Sous titre : il mange 195 jours de votre vie

Les auteurs commencent leur récit avec les premiers commerçants : les Vikings. Puis en appellent à Jésus qui chassa les marchants du centre-ville, avant l’arrivée du Grand A, comprenez l’Hypermaché.

En 5 chapitres aux titres de romans de la littérature mondiale, il nous font découvrir les coulisses de ce magasin hors-norme, les rouages et les politiques d’expansion.

En fin de volume, des explications détaillées sur certaines pages, situant le récit dans son contexte historique, politique et social.

Moi qui ai travaillé dans un tel commerce étant étudiante, je n’ai rien découvert de nouveau, mais j’ai aimé découvrir l’évolution dans le temps du grand A.

L’image que je retiendrai :

Celle du rayon polonais très développé, une grande partie de la population locale étant d’origine polonaise.

Futuropolis, 7 janvier 2016, 136 pages

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Comment rêvent les morts – Lydia MILLET

 Depuis son plus jeune âge, Thomas vénère le Dieu Dollar, les mécanismes implacables et la
beauté glaciale de la société capitaliste. Agent immobilier sans scrupules, il n’a d’autres horizons que l’enrichissement et l’accumulation. Jusqu’au jour où quelques événements successifs, une histoire d’amour avortée, un bouleversement familial, la mort d’un coyote vont provoquer chez lui une crise spirituelle sans précédent.

Peu à peu, il se met à nourrir une étrange obsession pour les zoos, les espèces en captivité, celles en voie de disparition.

Le propos de l’auteure est donc de nous montrer un monde réel à l’agonie, la protection nécessaire de l’environnement. C’est important, pour les américains, de prendre conscience que l’environnement est en danger.

Si j’ai pris plaisir à lire ce roman d’un jeune loup aux dents longues qui s’ouvre au Monde, je ne suis toutefois pas convaincu par le style de l’auteure. Et sa conclusion est bien plate.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion subite du héros pour les zoos (moi qui ai toujours détesté ça).

Le Cherche Midi, 6 octobre 2011, 290 pages

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Les Refus de Grigori Perelman – Philippe ZAOUATI

John Ball, aristocrate anglais jusqu’au bout de son parapluie, est chargé de convaincre le mathématicien russe Grigori Perelman d’accepter la Médaille Fields qui lui sera décerné à Madrid.

Car Grigori refuse cette très haute distinction, les ors et réceptions qui l’accompagnent.

Pendant 2 jours, dans les rues de Saint-Petersbourg en été John tente de convaincre le mathématicien. Mais les deux hommes parlent aussi de la société actuelle et leurs échanges, imaginés par l’auteur, sont passionnants.

Même si je ne suis pas une mathématicienne de haut vol, j’ai pris plaisir à lire ce roman sur la complexité des choses simples. Car à notre époque où tout va vite sous forme de tweets à 140 caractères, il est bon de se voir rappeler que notre intelligence se nourrit de complexité et non de simplicité.

J’ai aimé parcourir les rues avec les deux hommes, écouter leurs discussions et leurs visions de la vie.

Merci M. Zaouati, j’ai passé un très agréable moment de lecture et de réflexion.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grigori retournant à la simplicité de sa vie avec sa mère après avoir travaillé la complexité mathématique.

Pippa, 30 mars 2017, 182 pages

Je remercie Nathalie Zaouati pour l’envoi de ce roman passionnant.

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Les hamacs de carton – Colin NIEL

Premier roman de l’auteur publié il y a quelques années, je le découvre en format poche.

L’auteur situe son action en Guyane, à la fois sur les bords du fleuve Maroni et dans la capitale.

Plusieurs enquêtes pour homicides se déroulent en même temps, mais elles ont toutes un point commun.

J’ai aimé découvrir certains us et coutumes de tribus du fleuve, notamment celles autour de la mort et des cérémonies de deuil.

J’ai aimé découvrir les Noirs-marrons ; les liens avec le Suriname tout proche ; la culture en abattis-brûlis.

 

Un roman dense et touffu, à l’image de la forêt guyanaise.

L’image que je retiendrai :

Celle qui donne le titre au roman : les hamacs de carton.

Babel noir, 1er juin 2013, 378 pages

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Article 353 du code pénal – Tanguy VIEL

Qui croit encore que la justice règle tous les problèmes de façon impartiale ? Pas moi, en tout cas. Jusqu’à ce que je lise ce roman qui, au départ, ne me tentait pas plus que ça, rapport au code pénal.

Et puis il a croisé ma route, alors je me suis lancée dans sa lecture. Une lecture exigeante, car le personnage parle : les phrases sont longues, la chronologie aléatoire. Au lecteur de faire des ponts, rapprocher les événements et découvrir un personnage principal à qui la vie n’a pas fait de cadeau.

Pourtant, jamais il ne désespère. On suit ses réflexions, c’est un homme qui ne parle pas beaucoup mais observe et déduit. Et agit, finalement.

J’ai tout de même un doute sur la fin du roman par rapport à ce fameux article : oui, il invoque le doute raisonnable, mais pour les juges et jurés de court d’assise, pas avec le juge d’instruction, je me trompe ? 

Un auteur que j’apprécie toujours autant.

L’image que je retiendrai :

Celle du fils du personnage principal défaisant tous les amarres des bateaux de plaisance de la rade.

Lu sur Liselotte

Prix RTL-Lire

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La tresse – Laetitia COLOMBANI

Au début de ma lecture, j’ai cru que les trois histoires se déroulaient à des époques différentes. Mais non.

Ce roman nous parle de trois femmes sur trois continents. Des femmes qui tout semble opposer, mais qui seront reliées par un fil de vie.

Un très beau roman, très féministe, qui montre les luttes incessantes pour rester digne et maîtresse de son destin. Trois femmes fortes et puissantes chacune à leur manière.

Un roman qui m’a ému.

L‘image que je retiendrai :

Celle de Smita obligée de tout payer, même quelques roupies, alors qu’elle a si peu d’argent.

Lu sur Liselotte

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La fille du train – Paula HAWKINS

Je comprends maintenant l’engouement qu’à suscité ce roman à sa sortie : c’est un excellent tuniraspastecoucher.

Un personnage principal (la fille du train) en prise avec son addiction à l’alcool ; son ancien mari qui n’arrive pas à lui faire rompre le lien ; une jeune femme disparue mystérieusement ; un psy un peu louche ; un mari abandonné suspect ; des policiers pas très coopératifs. Une belle galerie de personnages tous plus suspect les uns que les autres.

Le style n’est jamais verbeux, et les pages défilent et vous attirent à la recherche du coupable.

L’auteure prend plaisir à brouiller les pistes et à nous faire suspecter tout le monde tour à tour jusqu’à la révélation finale.

Je ne manquerai pas de lire le roman suivant de l’auteure qui vient de sortir, en espérant qu’il soit tout aussi bon.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’intérieur des maisons anglaises toutes identiques.

Sonatine, 7 mai 2015, 378 pages

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Géopolitique du moustique – Erik ORSENNA

Le titre exact est : Petit précis de mondialisation Tome 4 : géopolitique du moustique. Je n’ai pas lu les 3 premiers petits précis, mais cela n’a pas d’importance.

L’académicien s’intéresse à la mondialisation des épidémies dues aux moustiques, car il existe plusieurs familles de moustiques. Seules les femelles nous piquent, ça je le savais, mais l’auteur explique comment elles transmettent virus et bactéries.

En voyageant à travers le monde, de la Guyane en Chine en passant par l’Afrique, Erik Orsenna rencontrent les chercheurs spécialisés et passionnés qui travaillent sur le sujet.

Un essai passionnant, abordable et pas verbeux pour un sou qui expose quelques solutions pour prévenir les piqûres. Mais l’auteur n’oublie pas que le moustique est un élément de la biodiversité qui a sa place dans la chaîne alimentaire : l’éradiquer n’est pas possible ni souhaitable.

L’image que je retiendrai :

Celle des captureurs de moustiques, chargés de récolter les petits bêtes pour les scientifiques. Un métier à risque.

Fayard, 29 mars 2017, 278 pages

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L’enfant pétrifié – Valérie LYS

Je découvre le commissaire Velcro, et je dois avouer que le personnage ne me plait pas : sûr de lui, suffisant parisien, il n’hésite pas à laisser se dépatouiller ses collègues locaux. Il m’est sorti par les yeux.

Je suis tout de même allée au bout du roman, car j’ai aimé découvrir certaines coutumes de Madagascar dont il est beaucoup question dans cette enquête.

J’ai également appris l’origine des tuniques des marins bretons : elle vient des tuniques des soldats de Napoléon. Elles étaient bleues comme le bleu des petits bretons des bols avec le prénom (appelé Grazik qui veut dire petit bleu). Après la défaite de Waterloo, il y a eu tellement de tissu à écouler que l’on a habillé tous les matelots, dont les Bretons, avec cette étoffe (p.50).

L’image que je retiendrai :

L’enquête se déroule à Quimper en automne, il y fait bien frais…..

 

Editions du Palémon, 24 mars 2017, 224 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman, même si je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur

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Un simple grain de sable – Anne-Solen KERBRAT

J’aime bien les romans d’Anne_Solen KERBRAT car ils commencent par nous décrire la cadre et les personnages, les implantant dans un milieu à chaque fois différent.

Dans ce dernier roman, l’action se déroule aux Sables d’Olonne en pleine canicule. Les personnages : une vielle dame très riche qui perd la tête, son amie qui lui rend visite régulièrement en lui apportant une bouteille de Porto, sa femme de ménage nouvellement arrivée dont le mari vient de perdre son emploi, un cadre supérieur imbu de lui-même, un médecin complaisant et un mystérieux visiteur.

Encore une fois, Perrot et Lefèvre chercheront à aller au-delà des apparences pour trouver le coupable.

Si j’ai aimé chercher l’auteur du crime de la vieille dame, j’avoue que je me serai bien passer des descriptions des repas des deux acolytes.

Ceci dit, l’auteure nous dresse le portrait d’une vieillesse solitaire, qui ne doit l’attention qu’on lui porte qu’à la grosseur de son compte en banque. Triste constat.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur écrasante du plein été aux Sables.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 368 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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En mémoire de Fred – Clayton LINDEMUTH

Baer retrouve son chien près de chez lui, mais mortellement blessé. Devinant que Fred (c’est son chien) a été enlevé pour participer à des combats illégaux, il décide d’en avoir le coeur net.

Baer est un original qui vit à côté de la maison hérité de ses parents et rachetée à son frère, et il distille la meilleure eau-de-vie à des kilomètres à la ronde.

Son amour de jeunesse, Ruth est partie habitée ailleurs en laissant sa fille Mae se débrouiller avec ses 3 enfants en bas âge et un mari qui la bât.

Quel beau tableau de l’Amérique profonde où le shériff est corrompu, les hommes saouls ou défoncés du soir au matin, les maisons brinquebalantes mais les 4X4 rutilants.

Le personnage de Baer m’a attendrit, qui repousse l’idée de rendre oeil pour oeil et dent pour dent. Et qui pourtant doit s’y résoudre.

J’ai aimé le style, enlevé et très réaliste tout en étant travaillé.

J’ai trouvé le personnage de Mae très attachant : mère seule de trois enfants suivant des courts par correspondance.

Seules les descriptions de combats de chiens ne m’ont pas plu.

L’image que je retiendrai :

Celle des parfums de l’eau-de-vie illégale distillée par Baer.

Seuil, coll. Cadre noir, 2 Mars 2017, 395 pages

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Les harmoniques – Gérald TENENBAUM

Les vies se croisent, le temps n’est pas rectiligne, les destins se brisent, les paraboles jamais n’approchent le zéro.

Rassurez-vous, il n’est pas question de mathématiques pures dans ce roman, elles ne sont là qu’en toile de fond.

Ce qui se joue, dans ce roman, ce sont les vies brisées par l’Histoire et la dictature pour Keïla dont la soeur jumelle a disparu ; c’est la rencontre avec Belen qui deviendra une vraie amie ; la rencontre fortuite entre Pierre et Keïla lors d’une soirée à l’ambassade ; l’amitié de Simon qui recherche Keïla pour Pierre ; l’explosion du centre Juif de Buenos Aires qui séparent les amoureux.

J’ai aimé suivre ces vies au hasard des chapitres qui ne suivent pas l’ordre chronologique ; j’ai aimé la présence du tango qui rapproche les corps dans une conquête impossible.

J’ai aimé les images poétiques au détour des phrases, moins les comparaisons que j’ai trouvé bien plates.

Une lecture exigeante, un texte que l’on goûte, mais un très beau moment de lecture, comme en-dehors du temps.

L’image que je retiendrai :

La première, celle de la rencontre de deux inconnus à Venise par un petit matin blême.

Nouvelle édition de l’Aube, 2 février 2017, 224 pages

Je remercie l’auteur pour cette proposition de lecture et l’envoi de son dernier roman.

 

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Mizudashi Sencha de Satsuki

Souple, sucré et avec de légères nuances d’abricot. Ce thé est spécialement choisi pour les infusions à l’eau froide. Les sachets sont entièrement recyclables.

Mon avis :

Je cherchais un thé vert à boire froid pour l’été. Celles et ceux qui s’y connaissent affirment que c’est le meilleur thé froid au monde.

Il s’agit d’un thé vert nature mais au goût délicatement parfumé, frais et léger.

Il s’infuse directement à froid, ce qui est pratique, et il n’est pas trop fort, même quand on oublie le sachet dans la tasse.

Ce sera donc le thé de mon été.

 

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Ne dis rien à papa – François-Xavier DILLARD

Je découvre l’auteur avec ce roman, très bon Tuniraspastecoucher.

Les chapitres sont courts et s’enchainent, certains en italique ; la narration opère des retours sur le passé ; certains personnages restent bien mystérieux jusqu’aux dernières pages ; le suspens ne faiblit jamais.

J’ai aimé le personnage de la mère, parfaite femme ayant réussi professionnellement et élevant ses jumeaux avec un mari artiste. J’ai aimé les jumeaux si dissemblables, dont le premier né particulièrement pervers avec son frère.

J’ai aimé chercher pourquoi l’histoire australienne était si importante, et qui était l’enfant rescapé.

Seule la fin m’a déçue, un peu trop angélique. A la fin d’un roman très noir psychologiquement, je ne m’attend pas forcément à une happy end.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Je ne manquerai pas de lire les anciens romans de cet auteur si ils sont tout aussi bien.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux inspecteurs si différents : l’un étant un bon vivant et l’autre se contentant de sandwichs.

Belfond,15 juin 2017, 320 pages

Je remercie Clémentine de l’Agence Babel pour l’envoi de ce roman

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Agatha Raisin enquête 6 : Bons baisers de Chypre – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon brandy : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral. (Après le sherry dans le tome précédent, le brandy a la côte dans celui-ci).

Adieu son cher village des Cotswolds, Agatha est à la poursuite de James à Chypre, dans sa partie turque, lieu de villégiature de nombreux anglais. Ici encore, l’enquête a peu d’importance, et nous suivons Agatha qui court après James. Mais elle retrouve sur sa route Sir Arthur qui la console des excentricités de James.Si Agatha n’est plus en butte avec ses quelques kilos en trop, elle s’en voit avec son maquillage qui ne cesse de couler à cause de la chaleur.

J’ai aimé les descriptions du guide touristique qu’Agatha nous lit chaque fois qu’elle se rend sur un nouveau site, j’ai eu l’impression d’être moi aussi sur l’île.

L’image que je retiendrai :

Celle de James annonçant à Agatha pourquoi il l’aime mais ne peut se résoudre à vivre avec elle.

Albin Michel, 31 mai 2017, 286 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour ce partenariat

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Echec à la reine – V. VALEIX

Premier volet d’une série intitulée Crimes et Abeilles, je découvre le personnage principal Audrey Astier, apicultrice, qui se lance à la recherche de son vieil ami Janissou qui a disparu.

Tous les deux habitent dans un village proche de Rocamadour, l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir cette belle région.

Une histoire d’amour serait-elle en train de naître entre la jeune femme et le lieutenant de gendarmerie Steinberger, qui parle régulièrement alsacien ?

L’enquête est intéressante, mais ce qui m’a plu, ce sont les découvertes autour du miel que nous propose l’auteure : elle explique très bien, sans être pédante, l’art de la fabrication du miel, ses bienfaits et l’organisation de la ruche.

Gageons que l’auteure a encore beaucoup à nous apprendre dans les prochains tomes de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle des tatouages des membres de la secte Apis Dei : une abeille avec ou sans dard au creux du poignet.

Editions du Palémon, 9 mars 2017, 384 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman apicole.

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Agatha Raisin enquête 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon sherry : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral.

Car Agatha ne carbure pas au thé, voyez-vous.

Si, dans cet épisode encore, l’enquête n’est qu’un prétexte, on en apprend un peu plus sur le mari d’Agatha, les circonstances de leur mariage et de leur séparation, en même temps que James.

Les dames de la paroisse ne sont pas en reste avec la femme du pasteur toujours aussi gentille.

Si j’ai moins rit que lors des épisodes précédents, j’ai savouré l’humour présent dans cette nouvelle aventure.

L’image que je retiendrai :

Celle du jardin de l’ex-maison d’Agatha en friche, ce qui la désole.

Albin Michel, 31 mai 2017, 288 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce 5e tome des aventures de l’inénarrable Agatha.

 

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Un été à quatre mains – Gaëlle JOSSE

L’espace d’un été, nous suivons Schubert en résidence dans une la maison de campagne d’un aristocrate autrichien avec sa femme et ses deux filles.

Le compositeur se sent proche de la cadette, Caroline, dite Cardine qui, comme lui, préfère la musique à la société de son temps.

Pourtant, leur amour est impossible.

Je retrouve la belle prose de Gaëlle Josse qui m’avait ravi dans Les heures silencieuses.

Une courte lecture qui se déguste avant les mauvais jours et le retour de l’automne.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur verte, celle de la malchance pour le compositeur, que pourtant porte régulièrement Caroline.

Ateliers Henry Dougier, 23 mars 2017, 87 pages

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Derniers jours sur terre – David VANN

Je laisse encore une chance à l’auteur avec cet essai sur un tueur de masse paru en 2014.

Mais il n’y a rien à faire, j’ai du mal à suivre les images de l’auteur et à comprendre où il veut en venir : il nous parle du suicide de son père en parallèle avec le suicide de Steve qui a juste avant tué 5 personnes dans son université. Quel rapport ?

L’auteur rencontre les personnes qui ont côtoyé Steve et retrace son parcours d’adolescent mal dans sa peau, interné plusieurs fois, sous anti-dépresseurs, souffrant de TOC, rejeté par sa soeur, un brin raciste et adorant les jeux vidéos violents. Quel tableau !

Pourtant, il tombe amoureux, mais il a une telle mauvaise image de lui et de ses capacités qu’il ne peut remonter la pente.

C’est l’occasion pour l’auteur de fustiger l’armée américaine qui « relâche » ses anciens enrôlés dans la nature sans aucun suivi ; sur le lobby des armes à feu incapable de tirer une leçon de ces tueries répétitives.

Mais je reste dubitative sur la portée de la conclusion de l’auteur : les plus malheureux sont les gens autour du suicidé qui doivent faire face au geste définitif. 28 ans et 260 pages pour en arriver à cette conclusion, cela me paraît beaucoup.

J’ai trouvé très longs les passages où l’auteur transcrivaient les dernières conversations écrites de Steve avec son amoureuse : il n’en fait aucune analyse et se contente de nous livrez les faits bruts.

De même, si, au départ, l’auteur ouvre son livre sur le suicide de son père, on s’aperçoit bien vite qu’aucune comparaison n’est possible. Alors pourquoi avoir maintenu le parallèle ?

Gallmeister, 4 septembre 2014, 256 pages

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Le tour du monde du roi Zibeline – Jean-Christophe RUFIN

Je gardai un souvenir ému de Rouge Brésil et de Katiba de cet auteur. C’est donc avec joie que je commençais ma lecture.

Si je n’ai pas détesté, je n’ai pas non plus été enchantée par ce dernier roman de l’auteur.

Commençons par ce que j’ai apprécié : c’est bien écrit, facile à lire, la prose est fluide. On voyage depuis la Pologne jusqu’à Madagascar en passant par le Kamchatka, Paris et les Etats-Unis. Les deux narrateurs font en sorte que le récit rebondisse et ne lasse pas. Il leur en arrive, des aventures !

Alors certes, le récit est prenant, mais je n’ai pas senti une vraie ambiance dans ce roman qui m’aurait donné envie d’y retourner ; et surtout je m’attendais à plus de profondeur dans le récit. Les références philosophiques aux philosophes des Lumières m’ont paru bien plates.

Oui, le romancier m’a fait découvrir le personnage haut en couleur de ce roi de Madagascar. Pourtant, cela ne suffira pas à ce que son roman me reste en mémoire longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la zibeline que le héros chasse au Kamchatka et qui sera son nom de roi.

Quelques citations :

« Ce qu’on ne peut éviter, il faut le vouloir. » (p.120)

« Elle m’expliqua que, d’après ses observations, les hommes avaient pour aimer besoin de conquérir l’objet désiré. Si l’amour des femmes, selon elle, pouvait se déployer dans l’abstrait, celui des hommes était inséparable de la possession. » (p.246)

Gallimard, 6 avril 2017, 384 pages

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Le dernier frère – Natacha APPANAH

Vous avez aimé Tropique de la violence ? Vous aimerez ce précédent roman de l’auteure.

Nous sommes cette fois-ci sur l’île Maurice, et le narrateur se souvient de son amitié peu commune avec David pendant l’été 1945.

Le narrateur, Raj, a perdu ses deux frères : l’aîné et le troisième lors d’une crue subite de la rivière. Après ce drame, ses parents, pauvres décident de déménager. Le père trouve un emploi à la prison Beau-Bassin.

Un jour que Raj lui emmène son repas préparé par sa mère, il croise un jeune garçon tout blond prénommé David et qui dit venir de Prague. Nait alors une amitié hors du commun.

J’ai aimé la nature luxuriante mais aussi féroce, avec ces cyclones qui dévastent tout : paysages, habitations et vies.

J’ai aimé cette amitié entre un Juif tchèque et un hindou mauricien. J’ai aimé que le narrateur prenne du recul et analyse avec ces yeux d’adulte les liens qui l’unissaient à David.

J’ai aimé la mère de Raj qui, grâce à ses décoctions de plantes et ses massages sauve des vies.

Enfin, le narrateur porte un regard désabusé sur l’humanité.

J’ai eu des poissons d’eau au cours de ma lecture : un roman bouleversant.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’oiseau rouge que recueille la mère de Raj et qui va se nicher sur la tête blonde de David.

Editions L’olivier, 23 août 2007, 216 pages

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Je dansais – Carole ZALBERG

Oui, Marie dansait avant d’être enlevée par un homme au visage brûlé.

Marie nous raconte comment elle vit les premiers temps de sa détention : la recherche de la fuite, le refus de tout ce que lui propose son ravisseur, jusqu’à l’acceptation.

Edouard nous parle aussi : son accident et sa défiguration, jusqu’au regard différent de Marie sur lui. Son amour pour elle.

Quelques chapitres avec les voix des parents de Marie qui espèrent, toujours.

Mais ce que j’ai aimé, dans ce roman, ce sont les choeurs : ces voix qui sont celles des femmes enlevées et violées et tuées partout dans le monde, des femmes réduites en esclavage. Ce sont ces voix qui me resteront en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marie se dirigeant vers les bras d’une maman lors d’un pique-nique.

Grasset, 1er Février 2017, 160 pages

Mercis Jostein, Noukette,  Leiloona, et Gambadou pour cette idée de lecture.

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« Arrête avec tes mensonges » – Philippe BESSON

Les rabâchages des mamans ont du bon : il ne faut pas se mentir, et surtout à soi-même.

Le narrateur (l’auteur ?) nous raconte son Grand Amour de jeunesse, Thomas. Thomas qui ne veut pas avouer ni s’avouer qu’il préfère les garçons. C’est un taiseux, Thomas, issu d’une famille d’agriculteurs, et dont la maman est espagnole.

Mais Thomas est tombé amoureux du narrateur et, le temps d’une petite année scolaire, ils se rencontrent en cachette.

Presque 20 ans plus tard, le narrateur découvre, par l’entremise du fils de Thomas, que ce dernier ne l’a pas oublié. Au hasard d’une rencontre, le fils comprend qui est son père. Ce qui n’empêchera pas sa fin tragique.

Ce livre m’a ému : cet amour adolescent si fort ; le poids du secret ; les deux vies si dissemblables.

L’auteur et sa maman ont raison : il faut arrêter avec nos mensonges, ce serait sinon trop tragique.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux amants à l’abri de la pluie discutant en attendant une accalmie.

Julliard, 5 janvier 2017, 198 pages

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Rouge armé – Maxime GILLIO

RFA, RDA, RAF : le roman nous plonge à la fois dans les années révolutionnaires de la Fraction Armée Rouge, de la construction du Mur de Berlin, mais aussi de la fin de la Guerre de 39-45 et du retour au pays des Sudètes.

L’auteur décrit le difficile retour en Allemagne des Sudètes : ces allemands partis s’installer en Bohème et Moravie et qui, à la fin de la Guerre de 39-45 ont été chassé et leur retour en Allemagne imposé, avec violence et passage par des camps qui ressemblaient grandement aux camps de déportation.

A cette première histoire se mêle une histoire secondaire : celle d’une jeune femme est-allemande qui décrit la partition de son pays en deux nations, son passage à l’Ouest puis son retour à l’Est.

Enfin, troisième récit imbriqué, celui de la naissance de la Fraction Armée Rouge, de sa doctrine, des attentats commis et du devenir de ses membres.

Un roman riche historiquement qui jamais ne perd son lecteur.

Si l’aspect policier du roman m’a moins parlé, j’ai aimé me plonger dans ce passé allemand que je connais peu.

Qui plus est, l’auteur m’avait indiqué, lors de sa dédicace aux Quais du polar, qu’il avait écrit une partie du roman après avoir découvert le passé trouble de sa belle-maman.

L’image que je retiendrai :

Celle du train ramenant les Sudètes à Berlin et traversant une ville en ruine.

Ombres noires, 2 novembre 2016, 347 pages

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Choucroute maudite – Rita FALK

Premier roman de l’autrice traduit en français, l’action se déroule dans un petit village de Bavière où tout le monde se connaît.

Le policier a été muté dans son village natal après quelques bavures à Munich. Il vit donc avec son Père et sa Mémé qui cuisine comme une cheffe.

Son frère Léopold fait de temps en temps son apparition avec sa Roxana roumaine, jusqu’à ce qu’elle parte en lui vidant son compte en banque.

Le travail pour Franz est difficile, car il doit sans cesse emmener la Mémé dans les différents supermarchés alentour en fonction des soldes et des promos. Ce qui lui laisse en définitive peu de temps pour s’acquitter de sa tâche. Mais comme il ne se passe pas grand chose dans le village… ou presque.

Vous l’aurez compris : pas de courses poursuites, pas de police scientifique, mais des conversations au bar ou après le match de foot de l’équipe locale.

J’ai passé un très bon moment en compagnie de Franz, sa famille et son chien Louis II.

Merci à l’autrice pour sa gentille dédicace aux Quais du polar, et pour les recettes de la Mémé en fin de volume.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Clairette de la Ferrari, que Franz prend au départ pour un bonnet.

Merci Antigone (et Monsieur) pour cette très bonne idée de lecture.

Mirobole Editions, 16 mars 2017, 256 pages

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Au milieu de nulle part – Roger SMITH

L’auteur nous emmène au milieu de nulle part : comprenez au fin fond de l’Afrique du Sud, en pleine brousse désertique, où le racisme a encore force de loi.

Des personnages hors-norme, jamais caricaturaux, mais emblématiques de la société du pays : le petit blanc réac qui s’est créé une communauté entièrement dévouée ; le bushmen qui a grimpé l’échelle sociale pour devenir policier ; l’ancienne dissidente devenue une politique influente ; la jeune fille en rébellion contre son papa ; et bien sûr les petits secrets de chacun.

Tout concourt à rendre ce roman passionnant, même si on met un certains temps à découvrir ce qui relie les personnages les uns aux autres.

Un instantané sur la société Sud-Africaine post-Apartheid. Une écriture fluide qui donne envie de ne jamais lâcher le texte. Un très bon moment de lecture. La découverte, pour moi, d’un auteur captivant.

L’image que je retiendrai :

Celle du 4X4 d’un des personnage rempli de junk-food, palliatif à son mal-être.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Calmann-Lévy pour l’envoie de ce roman.

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Trois grands fauves – Hugo BORIS

Je retrouve la plume si particulière de l’auteur, dans ce livre encore une fois différente.

Il a choisi de nous parler de personnalités plus vraies que nature, des ogres qui ont dévoré la vie et parfois leurs semblables, pour certains même la mort n’a pas voulu d’eux jusqu’au couperet final.

J’ai aimé que les histoires se répondent, j’ai cherché les détails communs (le vin, l’absence du père….).

Des personnages hors norme, dont il est bon de se rappeler qu’ils ont existé dans notre époque si politiquement correcte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la statue de Danton à Paris, l’une des deux seules à ne pas avoir été déboulonnée par les Allemands pendant l’occupation.

Pocket, 16 avril 2015, 192 pages

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Une illusion d’optique – Louise PENNY

Une nouvelle enquête de mon cher inspecteur ! Non, pas Maigret ni Hercule Poirot (encore moins Columbo). J’aurais dû dire : de l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec.

Encore un cadavre à Three Pines : celui d’une ancienne critique artistique, peintre elle-même, et membre des Alcooliques Anonymes.

Mais Armand arrive pour son enquête avec son passé récent : son inculpation d’Olivier (et là, si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, vous êtes perdus), le sauvetage de son coéquipier Jean-Guy qui, lui, ne s’est pas remis de ses blessures.

Vous l’aurez compris, il y a plus dans ces pages qu’une simple énigme policière : il y a tout ce qui fait le sel de la vie. Et c’est pour cela que j’aime toujours autant lire cette série.

L’auteure, dans les remerciements, déclare qu‘il lui a fallu une vie pour écrire ce livre. A le lire, je la crois.

Quelques idées abordées :

  • celle des vampires psychoaffectif : ces vampires suceur d’émotions (des gens qui sucent les autres jusqu’à la moelle. Après avoir passé du temps en leur compagnie, on se sent, sans raison, complètement vidé)
  • Armand Gamache se fit aux émotions, de ce qui relève du domaine de l’esprit.
  • dans cette enquête, il est question de contrastes : de sobriété et d’alcoolisme, des apparences et de la réalité, de changement en bien ou en mal, de jeux d’ombre et de lumière, de chiaroscuro.

L’image que je retiendrai :

Celle du repas final chez Cara et Peter juste avant la découverte du meurtrier.

Lu sur Liselotte

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Conclave – Robert HARRIS

Je découvre l’auteur ultra-connu avec ce roman.

Le sujet me tentait : entrer dans l’intimité d’un conclave, et je n’ai pas été déçue.

Si j’ai eu un peu de mal au départ avec les noms des différents protagonistes pour repérer qui était qui, j’ai très vite été prise par l’ambiance et le suspens.

J’ai aimé le personnage principal, Lomeli, dont le nom m’a fait sourire. Très bienveillant, il cherche à découvrir la vérité au milieu de menteurs patentés (oui, les Cardinaux peuvent mentir pour devenir Pape).

J’ai aimé le cardinal dernier arrivé Benitez (un nom non dénué d’humour lui aussi), même si le détail qui fait comprendre son identité m’a sauté aux yeux. Il reste une énigme jusqu’à la fin.

J’ai appris foule de détails sur les bâtiments du Vatican ainsi que sur le protocole et les vêtements sacerdotaux.

Un roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des cachettes dans le lit du Pape décédé.

Editions Plon, 1er juin 2017, 356 pages

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman passionnant en avant-première.

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Thé sans complexe de la Maison Théodor

Thé noir « Sans Complexe » de la Maison Theodor. Ce délicieux thé est parfumé aux arômes naturels de tarte au citron meringuée.
 Avant l’infusion, le thé sec dégage une douce odeur de citron accompagnée de notes plus sucrées, celles du fond de tarte, la pâte sablée.

sans complexe box the envouthe
 

Un thé noir réconfortant aux notes acidulées d’agrumes et gourmandes de tarte au citron meringuée, franchement, comment refuser ça ? 

Description : thé noir agrumes tarte au citron meringué

Origine de thé : thé de Chine

Teneur en théine : moyenne

Mon avis :

Oui, quand on ouvre la boîte, ça sent bon la tarte au citron meringuée (un de mes dessert préféré dont j’ai appris récemment qu’il était le plus sucré de tous les desserts….).

Une fois infusé, cela sent beaucoup moins.

Et au goût, et bien c’est du thé noir de Chine. Et même avec un bout de la fameuse tarte, ce n’est pas meilleur.

Au moins, il me reste l’odeur……

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Opération porcelaine – Hugo BUAN

Quelle joie de retrouver le commissaire Workan au travail !

Son enquête l’emmène à Nantes (est-ce encore la Bretagne ?!) au Musée des Arts en pleine exposition de vaisselle chinoise antique.

Entre dans la danse son cousin (enfin, petit-cousin éloigné) qui prépare le casse du Musée avec 3 acolytes. Mais la Mafia chinoise s’en mêle, compliquant la résolution de l’affaire du meurtre du délégué chinois.

J’ai aimé retrouvé l’humour du commissaire et les situations ubuesques créées par l’auteur. Je ne m’en lasse décidément pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du lancer de vaisselle antique chinoise par les fenêtres du Musée, vaisselle sur laquelle tire le cousin de Workan : « Pull ! »

Editions du Palémon, 19 mai 2017, 280 pages

Je remercie Myriam des Editions du Palméon pour l’envoi de ce roman.

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Mary Lester et la mystérieuse affaire Bonnadieu – Jean FAILLER

Je retrouve avec plaisir Mary Lester dans une enquête un peu longue, ce qui me laisse le temps de mieux découvrir son caractère.

L’action se déroule à Dinard, l’occasion de découvrir cette station huppée qui possède un golf en bord de plage.

Si l’enquête est relativement classique, l’intérêt du roman réside dans le personnage de Mary qui ne s’en laisse pas compter tout en charmant tout son monde, même les plus coriaces.

J’ai aimé le personnage de P’tit Lou, écaillé figure de la station balnéaire.

L’image que je retiendrai :

Celle des chocolats chauds que prennent les différents personnages dans des hôtels sélects.

Editions du Palémon, 22 avril 2017, 640 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Une femme au téléphone – Carole FIVES

Je découvre avec ce roman prêté par une amie la plume de l’auteure.

La mise en scène est originale : nous n’avons pas les dialogues en entier, juste ceux de la mère ; nous n’entendons pas la voix de sa fille.

Nous devinons donc que cette femme d’une soixantaine d’années a eu deux enfants : la fille à qui elle parle, et un garçon qui a lui-même une petite Valentine ; une vieille amie Colette ; elle est atteinte d’un cancer ; fait une rechute dépressive ; et cherche désespérément un homme après son divorce d’avec le père de ses enfants.

L’occasion pour l’auteur de nous parler des différents sites de rencontres que la mère fréquente assidûment sans trouver l’âme soeur.

J’ai aimé suivre les sautes d’humeur de cette mère représentative de sa génération (même si je n’aurai pas aimé être à la place de sa fille – Maman, je t’aime, ne change pas !).

L’image que je retiendrai :

Celle du pseudo de la mère : toujours en rapport avec son chinchilla.

L’arbalète – Gallimard, 12 janvier 2017, 112 pages

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Station eleven – Emily St JOHN MANDEL

Commençons par ce que je n’ai pas aimé : le style, ou plutôt l’absence de style. C’est plat et sans relief, les phrases s’enchaînent et c’est tout.

Alors oui, l’idée de départ est intéressante : une troupe de rescapé-e-s qui joue Shakespeare et Beethoven après un cataclysme mondial, c’est original. Le fait d’alterner avant le jour J et après sur plus de 20 ans pour nous parler de la destinée de chacun des personnages permet de ne pas laisser de lecteur dans l’incertitude. Mais j’en demande plus, en général, à un roman.

Le Prophète m’a paru sans relief et sa fin bien arrangeante. J’ai même eu l’impression parfois que l’auteure inventait et déroulait les évènements au fur et à mesure, sans plan au préalable.

Bref, si j’ai passé un bon moment de lecture, ce roman reste pour moi en-dessous de La route et de Dans la forêt.

L’image que je retiendrai :

« Survivre ne suffit pas » écrit sur la caravane de la troupe.

Lu sur Liselotte

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N’oublie rien en chemin – Anne-Sophie MOSZKOWICZ

Même pour la troisième génération, l’Occupation est toujours un sujet épidermique.

A la mort de sa grand-mère, Sandra se voit remettre par son père les cahiers de Moleskine dans lesquels Rivka a écrit sa vie : des petits riens de tous les jours, mais aussi les grands drames. Ainsi, sa petite-fille découvre que sa propre histoire d’amour est liée au passé douloureux de son aïeule. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.

Même si j’ai passé un agréable moment à suivre Sandra à Paris sur les traces de son passé fou amoureux d’Alexandre, je dois dire que le style m’a quelque peu déranger : vouloir à tout prix faire rentrer trois adjectifs dans une phrase, parfois cela m’a usé.

Mais j’ai été tenue en haleine jusqu’au bout, et la révélation finale m’a plaisamment surprise.

L’image que je retiendrai :

Celle des escapades folles de Sandra et Alexandre.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley pour l’envoi de ce roman

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Jeux de miroirs – Eugen Ovidiu CHIROVICI

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un bon Tuniraspastecoucher.

Une écriture fluide, une intrigue passionnante, je dois avouer que j’ai adoré chercher qui avait bien pu tuer le célèbre professeur : son homme à tout faire un brin perturbé ; son étudiante préférée ; ou le petit ami jaloux ?

Et puis deux protagonistes mènent l’enquête : un journaliste d’investigation dans la seconde partie, puis un ex-policier qui n’a pas pu à l’époque résoudre l’affaire dans la troisième et dernière partie.

Si je n’ai pas compris le jeu de miroirs du titre, j’ai aimé la mise en lumière du rôle de la mémoire : nous sommes persuadés que nos souvenirs sont justes alors qu’ils ne le sont pas toujours.

Une analyse du rôle et des dangers de la mémoire.

Toutefois, l’auteur lance des pistes qui ne vont pas au bout : pourquoi insister sur les portraits disparus du narrateur alors qu’ils n’ont par la suite plus d’importance ? Quel rôle tient vraiment l’hypnose dans les traitements du Professeur Wieder ? Pourquoi le manuscrit caché dudit Professeur comportait plusieurs types d’écritures ?

Ceci dit, j’ai été happée par cette histoire, et j’ai vraiment passé un très très bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de la cachette du manuscrit découverte par hasard au fond du bas d’un placard derrière une cloison. Or, ce manuscrit a disparu.

Editions Les Escales, 26 janvier 2017, 314 pages

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Voyage d’hiver – Jaume CABRE

Bien sûr, le titre fait référence au Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert, des sonates composées à la fin de sa vie sur des poèmes de Wilhelm Müller. Autant vous dire que la musique n’est pas des plus gaie.

Pourtant, les nouvelles qui composent ce recueil ne sont pas toutes déprimantes, loin de là. J’ai passé d’agréables moments à me plonger dans ces histoires qui toutes, ont un lien entre elles. Même si elles se déroulent à des époques différentes, un détail les relie. J’ai aimé chercher ce qui fera le lien. L’auteur maîtrise le contrepoint littéraire.

Des histoires différentes, mais une narration qui se renouvelle à chaque fois. L’auteur sait m’étonner, comme avec la nouvelle « Deux minutes », laps de temps entre le départ de l’amant et le retour du mari qui permet à l’auteur de nous décrire ce qu’il se passe en bas de l’immeuble.

Même la musique dissonante de Quiquin apparaît comme essentiel au recueil. Tout n’est pas harmonie, la discordance fait partie de la vie.

Merci M. Cabre, après Confiteor, j’ai apprécié la lecture de vos nouvelles.

L’image que je retiendrai :

Celle du petit garçon juif, caché avec sa famille et qui tousse, révélant la cachette. Son père, au camp, lui demande de commettre un geste funeste sur ordre des geôliers.

Actes Sud, 1er février 2017, 290 pages

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Furiously happy – Jenny LAWSON

J’ai beaucoup aimé le chapitre d’introduction qui prévient le lecteur que son auteure souffre de troubles mentaux : au moins, on est au courant.

Certains chapitres m’ont agacé, mais je dois avouer que j’ai énormément ris de certaines situations : sa passion pour les animaux empaillés mais impérativement mort de mort douce ; son rôle de mère si difficile uniquement par rapport aux autres mamans ; son mari si patient.

Tous les épisodes ne sont pas forcément en rapport direct avec la folie, cela rend cette lecture agréable.

L’auteure a paraît-il un blog, je vais aller fouiller Internet.

L’image que je retiendrai :

Celle du mantra d’espoir que ne cesse de lancer l’auteure : peut-être qu’aujourd’hui cela ne va pas, mais demain sera magnifique et sera vécu plus intensément.

Fleuve Editions, 9 mars 2017, 352 pages

Merci Leatouchbook pour cet excellent conseil de lecture.

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A toi demain – Hervé HUGUEN

Je retrouve avec plaisir le commissaire Baron (découvert dans Le cimetière perdu) qui ne se fie pas aux apparences. Toujours aussi taiseux, il décide de reprendre une enquête après l’acquittement en deuxième instance du présumé coupable.

L’auteur est avocat de profession et passionné de faits divers, et cela se sent dans son écriture : nous suivons le commissaire dans sa découverte et l’exploitation de la scène de crime ; mais aussi le déroulement d’une audience et le public qui y assiste.

Le récit est parfois un peu répétitif et j’ai regretté de ne pas prendre un bon bol d’air breton, mais le contexte et l’atmosphère ne s’y prêtaient pas.

J’ai aimé la conclusion de l’auteur : même 15 ans après, la roue tourne toujours et la mort n’est pas loin. Même si le doute sur l’identité du meurtrier subsiste.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de la vieille dame, figée dans le souvenir.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 280 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Douleur – Zeruya SHALEV

Deuxième essai de lecture d’un roman israélien contemporain. Cette fois-ci, je suis allée jusqu’au bout. Difficilement, mais jusqu’au bout.

Force m’est de reconnaître que je ne suis pas fan de ces romans qui circonvolutionnent à loisir autour du sujet. Des paragraphes compacts, des retours sur la vie des personnages en plein milieu de la narration, et deux intrigues – minces – qui ne m’ont pas passionnées.

Et que dire de la fin, traitée en quelques lignes, après toutes ces pages sur le sujet….

Le titre, déjà, aurait dû me rebuter : douleur. Je crois aussi que je n’avais pas envie de lire sur un tel sujet. Je suis d’ailleurs étonnée que le mot ne soit pas au pluriel, tant il est question de toutes sortes de douleurs.

L’image que je retiendrai :

La distance Jérusalem Tel-Aviv est très courte : moins d’une heure en voiture sans embouteillage.

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Deux cigarettes dans le noir – Julien DUFRESNE LAMY

Au commencement de ce roman, on pense que l’on va lire l’histoire d’une jeune femme un peu désespérée d’accoucher seule. Mais elle renverse quelqu’un sur la route en se rendant à la maternité. Entrent alors dans sa vie et son fils et Pina Bausch.

Son fils Barnabé avec lequel elle a une relation fusionnelle : bon bébé calme, il laisse à sa mère le temps de découvrir la chorégraphe allemande. En effet, Clémentine est persuadée que c’est elle qu’elle a écrasé.

En alternant les chapitres, en décrivant certains des spectacles de Pina, l’auteur nous invite à découvrir la chorégraphe et sa passion effrénée de la danse.

En parallèle, le lecteur s’inquiète avec la mère de Clémentine car son bébé ne grandit plus ni ne parle.

Lier la maternité et la danse dans un roman, quelle gageure. Et pourtant, l’auteur a su me passionner pour cette mère un peu à part.

Le style n’y est pas pour rien : on commence à se couler doucement dans la narration quand, au détour d’une phrase, l’auteur place un adjectif inusité mais qui sonne juste, réveillant son lecteur.

Une lecture qui me restera longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Clémentine dans les rues pluvieuses de Wuppertal.

Belfond, 12 janvier 2017, 304 pages

Je remercie Jules chez Gilles Paris ainsi que les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman

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Communardes ! Les éléphants rouges – Wilfrid LUPANO

Oui, je m’attendais à voir des éléphants dans Paris à la rescousse des Communardes. Quelle déception de ne pas voir mon souhait réalisé…

Alors oui, ce premier volet est l’occasion pour l’auteur de nous montrer Paris pendant le blocus de la Prusse : les femmes du peuple qui ne trouvent plus de travail ; les familles qui se nourrissent de rats ; les riches qui se nourrissent eux des animaux du zoo en consommé.

Bien sûr, les femmes qui veulent aider sur les barricades mais qui en sont empêché par les hommes.

Seule Victorine arrivera à prendre la tête de sa bande, pour un temps seulement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de Victorine construisant leur rêve d’éléphants dans un hôtel particulier déserté.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

Article mis en avant

Tombés des mains (2)

Au jour le jour – Paul VACCA

Vous vous rappelez La petite cloche au son grêle ? Ce magnifique roman tout en finesse…. Celui-ci est aux antipodes : cherchant la comparaison, la description exacte, le style empile les adjectifs et les détails anodins.

Pire : certains dialogues sont anachroniques, ce qui a fini de me rebuter.

J’ai persévéré jusqu’à la deuxième partie, mais les personnages et les situations caricaturales ont eu raison de moi.

Je n’étais pas prête à lire un tel roman. Tant pis pour moi.

 

Hermine blanche et autres nouvelles – Noëlle REVAZ

L’un des précédent roman de l’auteure ne m’avait pas passionné outre mesure (Rapport aux bêtes).

Je laisse une seconde chance avec ce recueil de nouvelles récemment paru, mais, lasse, j’ai abandonné au bout de quelques nouvelles.

Ce ne sont pas des nouvelles à chute, mais de petites histoires, ce qui n’est pas ma tassé de thé, je dois le dire.

Je n’ai pas franchement compris où l’auteure voulait en venir. Je dois être un peu bouchée, me direz-vous.

J’ai préféré rendre rapidement ce livre à ma BM afin qu’il trouve un lecteur plus digne de lui, sans doute.

 

Les témoins de pierre – Simon BECKETT

L’histoire promettait d’être passionnante : Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux fi lles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

Oui, mais voilà : le style, trop haché, a eu raison de mon envie de lire ce roman, malgré des personnages bien mystérieux dans une ambiance glauque.

Article mis en avant

Kaboul express – Cédric BANNEL

Je retrouve avec plaisir le commandant Kandar et sa femme infirmière à Kaboul.

Cette fois-ci, l’enquête franco-afghane se déroule sur fond de terrorisme. L’occasion pour l’auteur de nous parler du fameux Kaboul express qui donne son titre au roman : une filière qui permet aux combattants européens de partir combattre au côté de l’EI.

L’auteur nous emmène également visiter l’Afghanistan : une région sous contrôle taliban et ses habitants vivant comme au Moyen Age et, à l’autre bout du pays, une tribu de nomades rattrapée par le progrès.

Le style est fluide et l’on poursuit les méchants à un rythme effréné malgré les embuscades. J’adore !

L’image que je retiendrai :

Celle du vent noir qui peut faire disparaître toute une tribu dans le désert afghan.

Lus sur Liselotte

Je remercie Netgalley et les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce roman numérique.

Article mis en avant

Désorientale – Négar DJAVADI

Comment vous parler de ce roman qui circonvolutionne à loisirs ?

Je n’ai pas aimé toutes les histoires racontées, mais j’ai pris plaisir à découvrir la famille Sadr et ce père si particulier. 

Le récit tient plus de l’historique que du littéraire : l’auteure replace chaque événement historique iranien dans son contexte. Pourquoi pas.

La partie sur l’insémination artificielle m’a moins parlée, même si je comprends le parcours du combattant que la narratrice subit.

Ce roman décrit en finesse que l’homosexualité a toujours existé, que les mères sont souvent plus perspicaces que ce qu’elles laissent voir, craignant le poids social.

Un roman sur l’exil, aussi : comment un immigré doit d’abord se défaire de sa culture avant de pouvoir se fondre dans la culture de son pays d’accueil.

L’image que je retiendrai :

Celle des pâtisseries et autres plats autour desquels la famille se retrouve toujours.

Liana Lévi, 25 août 2016, 352 pages

Article mis en avant

Hier encore, c’était l’été – Julie de LESTRANGE

Une bande de jeunes soudée qui aiment plaisanter ; un décor idyllique entre la montagne et Paris ; une histoire qui se déroule sur plusieurs années depuis la naissance du grand-père jusqu’au décès de la grand-mère.

Une lecture de plage facile avec des personnages quelque peu stéréotypés et sans réels difficultés financières, voire même de très bonnes situations sociales ; un amour malheureux mais qui heureusement sera vite oublié.

Je ne me suis pas attachée aux personnages ni à leurs problèmes, je suis sans doute trop loin de leur univers.

Je remercie tout de même l’auteur pour l’envoi de son roman et sa gentille dédicace. Je lui souhaite de continuer à plaire, puisqu’il a été sélectionné pour un prix.

L’image que je retiendrai :

Celle des déménagements des deux garçons de la bande, toujours épiques.

Le livre de poche, 10 mai 2017, 384 pages

Article mis en avant

Une affaire d’homme – Todd ROBINSON

Le bandeau vert promet que ça va faire mal : et le roman tient cette promesse.

Il faut dire que l’action se déroule dans le milieu des boîtes de nuit bostoniennes, et que les personnages principaux sont des videurs d’une boîte un peu louche (mais pas trop quand même).

J’ai adoré cette ambiance de musique rock et de gros bras au cœur tendre.

J’ai adoré que l’auteur m’oblige à lire les descriptions de bastons en y glissant une réplique qui fait mouche. Car même si Boo et Junior ont plutôt la poisse, ils ne manquent pas de bonnes réparties qui m’ont faites sourire et même rire.

Le récit est mené tambours battant, sans temps morts, Boo s’en sortira avec des cicatrices supplémentaires.

Sans oublier les autres membres de la bande des Avengers, comme ils se sont surnommés à l’orphelinat : Twitch l’insaisissable qui apparaît toujours quand on ne l’attend pas, et Ollie le pro de l’informatique.

Je n’ai pas lu le roman précédent (mais je ne manquerai pas de le faire), ce roman-ci nous parle d’homosexualité : les expressions toutes faites qui peuvent être blessantes ;  les homosexuels obligés de se cacher de leurs amis. 

Un vrai polar noir qui nous parle de notre société.

Monsieur Robinson, vous m’avez gentillement pris la main aux Quais du polar pour m’inviter à lire votre roman, et je vous en remercie. Comme écrit dans votre dédicace : Rock and read ! J’ai adoré vous lire et rocker avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tempête de neige qui se déroule pendant les quelques jours du récit.

Gallmeister, 2 mars 2017, 363 pages

Article mis en avant

L’abbaye blanche – Laurent MALOT

Premier polar de l’auteur, je découvre une écriture fluide et un humour ravageur.

L’action se déroule entre la Suisse et le Jura, dans ma région, au milieu des montagnes où se nichent de vieilles abbayes.

L’enquêteur est à fleur de peau mais peut compter sur une juge d’instruction qui a des relations et une journaliste avec toujours un coup d’avance. Sans oublier la dernière recrue de la brigade qui a beaucoup d’humour.

L’enquête est classique, même si elle mêle notables véreux, secte et affaire d’Etat. 

Une touche de suspens supplémentaire avec la femme de l’enquêteur qui a disparu sans laisser de trace, et qui ressemble fortement à une tueuse engagée par les méchants.

L’auteur m’avait prévenu dans sa dédicace : dans le Jura règne la manipulation…..

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’explosion finale du bunker dans lequel sont retranchés les héros. Ça force le respect.

Bragelonne, 14 septembre 2016, 333 pages

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Le retour de Jules – Didier Van CAUWELAERT

Où l’on retrouve Jules qui, encore une fois, fait des siennes : il a agressé le petit fils d’une vieille dame riche et épileptique et est menacé d’euthanasie.

Je ne vous décrirais pas tous les rebondissements du roman, je vous laisse le plaisir de les découvrir.

L’auteur a le pouvoir de transformer deux chiens en personnages romanesques capables de raison et d’émotions. Et, même si je n’aime pas particulièrement les chiens, je dois avouer que Jules me plait bien.

Encore une fois, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de tous ces personnages, des rebondissements du récit et de l’humour incomparable de l’auteur.

L’auteur fait, de plus, œuvre utile en mettant en lumière l’apport des chiens dans le traitement de l’épilepsie.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jules allant se coucher dans le panier de sa belle.

Albin Michel, 3 mai 2017, 167 pages

Je remercie Gilles Paris pour l’envoi de ce roman en avant première.

Article mis en avant

Entre ici et ailleurs – VANYDA

J’ai eu un peu de mal, au début, avec cette bande dessinée, jusqu’à ce que je me rende compte que, pour moi, le livre relève plus du roman dessiné.

Je me plonge donc dans l’histoire de Coralie, qui découvre la capoeira (bon, ça, j’aurai pu m’en passer), jeune métisse de père laotien et de mère européenne, fraîchement célibataire.

Si ses histoires de coeur ne m’ont pas passionnées, en revanche, la quête de ses racines, par le biais d’un camarade de jeu de capoeira, m’a parlé.

Le voyage avec Kamel en Algérie lui fait prendre conscience que son propre voyage à la recherche de ses origines au Laos a été plus riche que ce qu’elle pensait. Finalement, c’est la fin de ce roman dessiné que j’ai préféré.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère de Coralie qui la pousse à commencer la capoeira.

Dargaud, 29 janvier 2016, 192 pages

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Brutale – Jacques-Olivier BOSCO

Un personnage principal qui passe de l’autre côté de la barrière le temps de ses crises, ça change des enquêteurs dépressifs alcooliques.

Ce roman aurait pu donc être différent, mais il reprend tous les codes du roman policier français contemporain : courses de voiture, violence gratuite, descriptions des armes à quoi je ne comprends rien. Je le lis, mais souvent en avance rapide.

Pour ce qui est de l’enquête en elle-même, c’est plutôt bien vu : tout le monde est impliqué des corses aux tchétchènes, sans oublier les combats illégaux.

J’ai aimé qu’un des personnages qui apparaît rapidement s’appellent Mako, comme le personnage de Laurent Guillaume. Un clin d’oeil ?

Vous l’aurez compris, si j’ai passé un bon moment de lecture, ce roman ne restera pas mon préféré des polars français. Oncle Paul et l’auteur ont eu une belle discussion suite à l’avis mitigé de Paul.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grosse moto de Lise.

Robert Laffont, 19 janvier 2017, 416 pages

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Thé de Pâques chez Mariage Frères

Les cloches sonnent pour inviter à la table gourmande. 
Pâques prend le goût irrésistible de crème brûlée avec un thé au parfum de fruits, d’agrumes et de vanille.

Mariage Frères a créé pour cette occasion une belle composition qui associe un thé noir à une note distinguée d’épices nobles.

Mon avis :

Un thé au subtil goût de vanille, mais qui conserve un brin de fraîcheur en bouche.

Un thé gourmand, mais pas trop, idéal avec un petit chocolat que les cloches ont déposées dans le jardin.

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Max et les poissons – Sophie ADRIANSEN

Max a 7 ans encore pour quelques jours et attend son anniversaire avec impatience. Malgré les tickets de rationnement, il sait que sa mère a économisé les oeufs et la farine pour son gâteau. Peut-être même que sa soeur lui a préparé un cadeau.

Mais le jour-dit, ce sont les gendarmes français qui arrivent et les emmènent, sa famille et lui. Sauf son poisson rouge. Max est bien triste de n’avoir pu amener son poisson reçu à son école pour ses excellents résultats.

Sophie Adriansen nous raconte en chapitres courts l’histoire de Max, à sa hauteur. Il ne comprend pas forcément tout ce qui lui arrive.

Des explications, en fin de roman, aident à mieux comprendre et remettre les événements dans leur contexte.

L’avis de mon Couassous qui l’a lu avec son école : il n’y a pas de moments joyeux. La fin est terrible pour les parents du petit garçon. J’ai appris qu’il y avait eu la Rafle du Vel’ d’hiv’.

Nathan, 5 février 2015, 64 pages

Merci Noukette et Jérôme pour cette pépite Jeunesse.

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La daronne – Hannelore CAYRE

Il y avait trop longtemps que je n’avais pas lu un roman de Hannelore Cayre. Et, encore une fois, ce fut un régal.

Une bonne dose d’humour et d’auto-dérision du personnage principal ; des images qui font mouches ; des remarques toujours justes et intelligentes ; un oeil acéré sur la société et ses dysfonctionnements (notamment sur les maisons de retraite)

En excellente conteuse, elle nous raconte des histoires dans son histoire principale, nous tenant en haleine sans jamais nous perdre.

Sans oublier la touche glamour au milieu des conversations ras les pâquerettes de certains protagonistes.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de cette Juive intrépide.

L’image que je retiendrai :

Celle de la photo de La Daronne enfant devant une énorme glace et voulant devenir Collectionneuse de feux d’artifices.

Anne-Marie Métailié, 9 mars 2017, 176 pages

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Prendre les loups pour des chiens – Hervé LE CORRE

Comment dire ? Comment vous donner envie de découvrir ce roman noir à l’écriture acérée. Même les répétitions participent au rythme du texte.

Comment vous expliquer l’ambiance qui ne vous lâche pas ; cette chaleur écrasante qui colle à la peau des personnages.

Comment vous dire les personnages tout droit sortis d’un roman de Zola qui serait écrit au 21e siècle : la misère, les petits trafiques (et les gros qui vous dépassent), la folie, la maternité non assumée, la prison, les bagnoles, la bière en canette, la violence et la torture.

Et cette petite fille, Rachel, qui ne parle pas mais qui a tout compris.

Pauvre personnage principal, embringué dans une histoire qui le dépasse, lui qui voulait seulement revoir son frère.

Et les chiens, menaçants mais n’attaquant jamais.

Un petit bémol tout de même (ou plutôt deux) : la rédemption du père (à la limite), et la fin en presque happy end.

Monsieur Le Corre, j’avais beaucoup aimé un de vos précédents romans Avant la guerre. Avec cette lecture, vous confirmer pour moi l’essai. Mais je vais me laisser tout de même le temps de reprendre ma respiration avant de me plonger dans un autre de vos précédent roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la scène de meurtre des parents de Jessica. Quand on sait qui a fait le coup….

Rivages, 11 janvier 2017, 320 pages

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Les filles au lion – Jessie BURTON

J’avais aimé Miniaturiste, mais quelque chose dans le style de l’auteure m’a paru poussif.

Je devais être dans une meilleure disposition d’esprit à la lecture de ce second roman, car j’ai réussi à me laisser porter par l’histoire (j’ai noté quelques tournures grammaticales étranges, mais pas de quoi me décourager).

J’ai aimé Odelle, arrivée de Trinidad à Londres en 1967 : le froid qu’elle ressent, la pluie, et son premier travail dans un magasin de chaussures.

J’ai aimé Quick, étrange femme au caractère versatile qui fait tout pour cacher son passé.

J’ai aimé Olive et Teresa, qui se débattent qui avec son frère, qui avec son amoureux engagé communiste dans les premiers affrontements de la Guerre d’Espagne.

Les parents d’Olive ne sont pas en reste : son père, marchand d’art allemand, et sa mère, anglaise sous médicaments elle aussi amoureuse du frère de Teresa.

J’ai aimé les descriptions des tableaux d’Olive, pleins de vie avec un vrai sens artistique (contrairement à ceux du frère de Teresa, de facture plus classique et bien ternes).

J’ai aimé que Teresa ose faire découvrir le talent des artistes qu’elle croise. Elle est, pour moi, le vrai personnage principal de ce roman. Je l’ai quitté à regret.

Sont également abordés par petites touches le racisme envers les personnes de couleur dans l’Angleterre des années 60-70 ; la passion de Peggy Guggenheim pour les oeuvres d’art ; les vernissages d’expositions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Teresa sur le bateau qui l’emmènera loin de son Espagne natale.

Gallimard, 9 mars 2017, 496 pages

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Le Blues de La Harpie – Joe MENO

La Harpie est une petite ville de l’Illinois où Luce Lemay et Junior auraient pu couler des jours heureux après leurs sorties de prison. Ils y ont trouvé un job dans une station essence et un hébergement chez une vieille dame.

Si Junior a été incarcéré après avoir découpé une jeune fille en morceaux (la seule description n’est jamais gore), Luce l’a été pour avoir volé la caisse d’un débit de boissons et tué, dans sa fuite, le bébé Yacinth dans son landau.

Au fur et à mesure des pages, on sent Junior pas tout seul dans sa tête tandis que Luce essaye de maintenir la barre.

Mais il tombe amoureux, et ce sera pour lui le début de la fin.

J’ai aimé la présence des oiseaux, dans ce roman, même si ils ne vivent pas longtemps, ainsi que celle des images pieuses présentes ça et là dans la vie des personnages.

A lire le roman, on pourrait croire qu’il ne se passe rien dans ces petites villes, jusqu’à ce qu’éclate la violence, comme ça, sans prévenir.

Une lecture dont le Blues m’a bercé.

L’image que je retiendrai :

Celle de Junior chargé de composé le panneau publicitaire lumineux tous les jours et qui rajoute un poème de son cru.

Agullo, 26 janvier 2017, 308 pages

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A toi – Claudia PINEIRO

Pour ne rien vous cacher, en commençant ce roman, j’avais peur de lire une bluette. Je fus heureusement vite détrompée : ça démarre tambour battant, et le rythme ne faiblit pas.

Nous suivons Inès, qui a découvert des lettres d’amour adressées à son mari par « A toi ». Le soir même, elle le suit et assiste au drame.

En femme pratique, elle élabore des plans pour disculper son mari.

En parallèle, nous suivons les conversations téléphoniques de sa fille enceinte qui ne veut rien avouer à ses parents et qui préfère s’en remettre à un inconnu rencontré à la gare routière.

La tension ne faiblit pas, jusqu’au final en apothéose.

Une belle découverte ; une lecture que j’ai adoré.

L’image que je retiendrai :

Celle des gants de vaisselle dont Inès se sert pour visiter l’appartement de « A toi » et qu’elle oublie d’enlever dans le café en face.

Babel, 1 mars 2017, 176 pages

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Le Voyage des Pères, Tome 5 : Moshé – David RATTE

Où l’on découvre Moshé, le frère de Barabas qui vient juste d’être libéré, et pas Jésus.

Nous suivons et Moshé et Barabas, qui petit à petit s’ouvre à l’Esprit Saint.

Les personnages, même annexe comme le père de Moshé et Barabas, sont croqués avec beaucoup d’humour. Un humour toujours très fin, assez irrévérencieux et décalé par rapport aux canons catholiques. mais c’est ça qui est bon.

L’image que je retiendrai :

Celle du rideau déchiré le jour de la mort de Jésus : un fait raconté dans les Evangiles.

Paquet, 8 mars 2017, 48 pages

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Laëtitia ou la fin des hommes – Ivan JABLONKA

Dans ce livre, l’auteur historien-sociologue veut rendre vie à Laëtitia Perrais, jeune fille tuée et démembrée dans le pays de Retz en 2011.

Ivan Jablonka nous raconte son enquête, ses rencontres avec la soeur jumelle, Jessica ; leur enfance malmenée qui aboutit à un placement dans une famille d’accueil ; les attouchements et relations forcées que le père d’accueil fait subir à Jessica.

En parallèle, l’auteur pointe du doigt la manipulation médiatique de l’ancien Président Nicolas Sarkozy qui s’est servi de cette « affaire » pour accuser la justice de tous les maux, divisant ainsi la société.

Heure par heure, minute par minute, sans être jamais pesant, l’auteur nous fait revivre le drame de Laëtitia, en tirant des conclusions sur « le fait divers » en général, sur l’échec de la démocratie qui se transforme en tragédie grecque (p.348).

L’image que je retiendrai :

L’auteur a redonné vie à Laëtitia, qui l’écrit elle-même dans un texto : « La vie est fête comme sa« .

Prix Médicis 2016 – Prix Le Monde 2016

Le seuil, 25 août 2016, 400 pages

 

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Eugène Onéguine – Piotr Illitch TCHAIKOVSKI

Oui, je pensais que la soirée n’allait pas être des plus gaie ce soir, à l’Opéra. Je m’attendais à un drame russe, sombre. Au final, la musique de Tchaïkovski fut un enchantement.

L’ouverture est particulièrement légère (il faut dire qu’avant d’assister aux spectacles, je ne me documente pas particulièrement sur l’histoire, je préfère découvrir in situ).

Quand le rideau s’ouvre, le décor, très design, est lui, sombre. Les jeux de lumière donnent du corps à la scène dépouillée. Les costumes en nuances de noir et blanc m’ont paru bien terne, sauf à l’acte 2, où ceux-ci sont en couleur (et j’adore la couleur).

Le drame est encore une fois un drame d’amour : il y a un mort, des lettres d’amour qui ne trouvent pas le coeur de l’aimé, un voyage de deux ans, et une déchirante déclaration d’amour éperdue.

Si j’ai eu du mal, au début, à me laisser porter par l’histoire et la musique, le charme a fini par opérer : les solistes n’ont pas démérité dans leurs longs monologues chantés (et ils sont longs….) et les passages où leurs voix s’emmêlent (jusqu’à 4 chanteurs différents pour certains passages, en même temps avec des phrases différentes).

Le choeur, très présent sur scène, exécute même certains pas de danse et chorégraphies scéniques symboliques.

Premier opéra que j’écoute en russe, il est aussi le premier où l’héroïne ne meurt pas à la fin. Un véritable hapax de l’opéra.

Le méchant au coeur dur est puni, tant pis pour lui ! Mais il a eut le mérite de ne pas induire en erreur sur sa personnalité celle qui l’aime.

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Jugan – Jérôme LEROY

Jugan est finalement le personnage principal de ce roman onirique : le narrateur, en vacances en Grèce, rêve des événements qui ont marqué sa vie quelques années auparavant, quand il était un jeune prof frais émoulu à son premier poste.

Apparaît dans son horizon Joël Jugan, révolutionnaire condamné lourdement pour faits d’armes, défiguré après une action d’éclat.

Mais ses années de prison n’ont pas démotivé ce fils de bonne famille qui prône encore la révolution totale.

Entre dans l’équation fatale une jeune fille maghrébine, Samia, prise entre l’envie de faire des études et le besoin d’aider son père dans son commerce (son petit frère tient les murs dans la cité). Sans oublier les imams du quartier qui font pression pour que le père ne vende plus ni alcool ni porc.

Sans oublier la gitane qui, après avoir aidé le père, jette un sort à la fille.

Un roman riche, vous l’aurez compris. Un personnage de révolutionnaire  manipulateur que l’on n’oublie pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du no man’s land dans lequel vivent les gitans et où se rendent Jugan et Samia.

Folio Gallimard, 16 février 2017, 224 pages

Merci Folavril pour cette très bonne idée de lecture

 

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Le vertige des falaises – Gilles PARIS

Dans ce nouveau roman, Gilles Paris nous plonge dans un univers totalement différent de ses précédents livres.

L’histoire se déroule sur l’île, jamais nommée, proche du Continent dont nous ignorerons le nom. Plus beaucoup d’habitants sur cette île.

Près des falaises se dresse une maison d’architecte toute de verre et d’acier où vivent Olivia, la grand mère et son aide Prudence ; la mère atteinte d’un cancer en phase terminale Rose ; et la jeune Marnie, rousse et pleine de vie.

Des personnages croisent la route de chacune, tantôt vrais, tantôt imaginés.

Un peu de suspens entoure la mort des deux hommes de la maison.

J’ai aimé les différentes voix s’exprimant dans le roman, donnant un éclairage différent aux différents drames que vit la famille. Et découvrir que Marnie était toujours au courant de tout.

Et malgré le drame qu’a vécu jour après jour Olivia, perce dans ces pages un hymne à l’amour familial sous toutes ses formes.

Merci, Monsieur Gilles Paris. Après Courgette, j’ai aimé suivre Marnie et sa famille le temps de ma lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marnie en bord de falaises, cherchant à défier les éléments.

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman en avant-première.

Plon, 6 avril 2017, 256 pages

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Sous le compost – Nicolas MALESKI

Ah, les joies d’être père au foyer : s’occuper de trois filles qui vont à l’école maternelle ; faire pousser ses légumes et s’occuper du jardin ; préparer le repas pour sa femme qui ne rentre pas avant 21h ; allez boire des coups au bistro avec les copains et faire, de temps en temps, du vélo avec eux….

Jusqu’au jour où arrive une lettre anonyme annonçant au narrateur que sa femme le trompe. Sa vie sexuelle devient alors débridée.

J’ai aimé lire les passages qui parlent du jardin, du potager et des récoltes ; moins ceux sur les parties de jambes en l’air.

Une petite intrigue en fin de roman, mais pas assez pour me faire oublier certaines longueurs.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine d’eau froide de sa maîtresse dans laquelle plonge délicieusement le narrateur (et la maîtresse, et la piscine).

Fleuve éditions, 12 janvier 2017, 288 pages

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Marx et la poupée – Maryam MADJIDI

La double culture, est-ce une chance ? L’auteure répond clairement non et nous décrit les difficultés, pour une enfant de 8 ans, d’être arrachée à sa terre natale pour la France dont elle ne connaît rien.

Tout n’était pas rose dans son pays : ses parents, fervents communistes, l’obligeaient à donner ses jouets à d’autres enfants. Des amis de ses parents, certains ont disparu dans les geôles du pouvoir.

Voulant s’intégrer en France, elle refuse de parler, de lire et d’écrire le persan. Mais un voyage en Iran pour retrouver sa famille bouleverse ses repères.

S’agit-il d’un roman ? Plutôt de fragments de vies mis parfois en poésie.

L’image que je retiendrai :

Celle des parents qui, avant de fuir en exil, enterrent dans le jardin les oeuvres de Marx et des grands penseurs communistes.

Le Nouvel Attila, 12 janvier 2017, 201 pages

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Løv is Beautiful de Løv Organic

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Løv is Beautiful est un séduisant mélange au doux parfum ensoleillé qui illuminera le visage de tous les gourmands. Elaboré sur une base de thé blanc, thé vert et rooibos vert, il est agrémenté d’abricots et d’arômes naturels de pêche qui lui donnent un goût fruité et légèrement sucré. De petits morceaux de mangue et d’ananas ajoutent une touche d’exotisme.

Løv is Beautiful s’impose comme le nouvel allié de la beauté au naturel. 

Ingrédients : Thé blanc*, thé vert*, rooibos vert*, morceaux de mangues*, d’ananas* et d’abricots*, arôme naturel pêche, arômes naturels.

* Produits issus de l’agriculture biologique.

Mon avis :

Un mélange thé blanc – thé vert au goût de fruits d’été, rafraîchissant en cours de matinée.

De quoi se donner des envies d’été….

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Hématomes – Romain SLOCOMBE

Depuis Monsieur le commandant, Romain Slocombe est un auteur que j’apprécie.

Une écriture maîtrisée, il peut décrire les pires atrocités et bassesses humaines, tout dans le feutré.

J’aime l’intelligence de sa plume et la finesse de son propos.

Même si les 9 nouvelles qui composent le recueil ne sont pas toutes de la même intensité, j’ai aimé les lire et me laisser guider par l’auteur, attendant toujours d’être surprise. Ce qui n’a pas manqué.

L’image que je retiendrai :

Celle de la jeune fille maquettiste croyant être poursuivie par Guy Georges, le tueur de l’est parisien.

Je remercie les Editions Belfond ainsi que NetGalley pour l’envoi de ce livre

Lu sur Liselotte

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Les cosmonautes ne font que passer – Eliza GUEORGUIEVA

Quand on a un grand-père vrai communiste et des parents qui diffusent une radio interdite dans la Bulgarie des années 70-80 ; quand on est une fille et que l’on rêve d’être cosmonaute comme Iouri Gagarine ; quand votre meilleure amie préfère jouer avec ses Barbies envoyées par sa mère de Grèce ; pas étonnant qu’avec la chute du Mur de Berlin chute aussi votre enfance.

Avec beaucoup de détachement et un brin d’humour, la narratrice qui se dit « tu » nous raconte comment la société bulgare perd peu à peu pied.

J’ai aimé suivre l’évolution de la narratrice, vouant une admiration sans borne à Kurt Cobain une fois que sa passion pour Iouri se fut éteinte.

Une lecture qui ne me restera pas forcément longtemps en mémoire, mais qui m’a fait passer un bel après-midi.

L’image que je retiendrai :

« Tu couvres ton sac d’épingles à nourrice. Enfin, tu détaches la chaîne de la chasse d’eau et tu l’accroches sur le côté du pantalon, en signe de désobéissance, ce qui lance, d’une part une nouvelle mode dans ton collège, et d’autre part un problème sanitaire dans le quartier. » (p.111-112)

Mercis Keisha et Clara pour cette très bonne idée de lecture.

Verticales, 25 août 2016, 184 pages

Article mis en avant

La rentrée n’aura pas lieu – Stéphane BENHAMOU

Nous sommes fin août en France, et les autoroutes sont vides. Même Martine n’est pas rentrée de ses vacances.

Mandaté par son ministère, Michel est chargé de comprendre pourquoi. Il se rend donc à Moustiers, petit village des Alpes de Haute Provence, pour tenter d’analyser ce phénomène désespérant.

Sauf qu’il n’y a pas d’explications : les aoûtiens n’ont pas envie de rentrer, c’est tout.

J’ai aimé découvrir la désorganisation de la société qui en découlait ; les dirigeants qui cherchaient à comprendre et ceux qui voulaient employer la manière forte. Même le porte-parole de Mme Merkel intervient dans l’affaire.

Un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais qui m’a fait passer un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle des autoroutes vides de monde à la fin du mois.

Don Quichotte, 25 août 2016, 176 pages

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La prophétie de l’abeille – HIGASHINO Keigo

Ancien roman de cet auteur que j’apprécie beaucoup, il est le dernier qu’il me reste à lire de lui.

Et j’ai bien fait de ne le lire qu’en dernier : quel pensum !

Si j’ai lu au départ toutes les descriptions sur les différents types de centrale nucléaire au Japon, j’ai vite abandonné ces passages. Et ils sont très nombreux dans le roman.

Ne m’a intéressé que l’enquête pour connaître le coupable. Un coupable bien fade.

Pas le meilleur de l’auteur, loin de là. J’irai même jusqu’à dire que c’est une lecture dont on peut se passer.

Actes Sud, 27 avril 2013, 384 pages

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Le grand méchant renard – Benjamin RENNER

Une fois n’est pas coutume, mes Couassous et moi avons lu le même ouvrage : celui de Benjamin RENNER retraçant les aventures du Grand Méchant Renard.

Un seul reproche : c’est écrit un peu petit pour mes vieux yeux. Pour le reste : c’est extra !

Nous nous sommes marrés en famille des déconvenues de ce pauvre renard qui tombe d’inanition à l’idée de toutes ces poules à manger rien que pour lui ; nous avons bien aimé le loup, très détaché, et qui attend que le renard fasse la sale besogne ; nous avons aimé le chien procrastineur qui se fait envahir par la poule survoltée qui a perdu ses oeufs.

Nous nous sommes attendri devant ce renard propulsé chef de famille et qui tente de faire comprendre à ses poussins qu’ils sont des poussins.

Monsieur Renner, merci beaucoup pour ce très bon moment de lecture en famille.

L’image que nous retiendrons :

Celle du poussin appelant sa maman renard à corps et à cris pour lui montrer une feuille jaune.

Delcourt, 21 janvier 2015, 192 pages

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Les larmes noires sur la terre – Sandrine COLLETTE

Tant pis si je me répète : ouvrir un roman de Sandrine Collette, c’est savoir que l’on va plonger dans un univers noir.

Et ce roman-ci l’est à plus d’un titre : noir de crasse, noir d’avenir bouché, noir d’une humanité qui tente de survivre, noir de mauvais sentiments.

Une seule lueur : le bébé de Moe pour qui elle se battra bec et ongles, jusqu’à commettre de nombreux forfaits pour s’en sortir.

Je me demandais pourquoi une casse en couverture du roman : c’est parce que l’action se déroule dans une casse transformée en camp de détention des services sociaux.

J’ai aimé les digressions qui nous racontent l’histoire des filles du bloc de Moe. Nous découvrons ainsi leur parcours et comment la vie les a malmené. Toutes les filles, sauf une : la moins résignée.

Une fin en happy end que je n’attendais pas. Je ne saurai dire si elle m’a déçu. Mais le roman est poignant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la petite voiture attribuée à Moe, dans lequel elle va faire son nid tant bien que mal.

Denoël, 2 février 2017, 336 pages

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Au bonheur des dames – Emile ZOLA

Une histoire d’amour au milieu des chiffons. Je sais, c’est un peu raide comme résumé, mais vous connaissez mon esprit de synthèse.

J’ai découvert tous les tissus possibles et imaginables, nous qui ne nous vêtons plus que de jeans et de coton (un peu de soie encore, parfois, en cas de mal de gorge).

Mais oui, Emile Zola a un talent incomparable pour nous décrire l’emprise des Grands Magasins et la destruction du petit commerce ; les coups marketing avant l’heure et la taylorisation du travail des vendeuses/eurs.

Les descriptions sont parfois un peu longues, mais rien de tel pour faire vivre Le Bonheur des Dames, qui devient un personnage à part entière.

Denise, le personnage principal, m’a un peu agacée, au début. Fraîchement débarquée de Valognes (c’est où ça ? C’est beau, mais c’est loin…), elle est un peu cruche au milieu du rayon et en amour.

J’ai préféré le personnage de Mme Aurélie, la première du rayon, et son fils qui n’en fait qu’à sa tête.

Sans oublier les bourgeoises qui volent de la dentelle pour le plaisir du frisson.

Mais M. Zola démontre avec brio que ce Bonheur des Dames n’est qu’une nouvelle forme d’emprisonnement des femmes :

« Alors, plus haut que les faits déjà donnés, au sommet, apparut l’exploitation de la femme » (p.70)

« Il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grandes, et, derrière elle, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner. » (p.70)

« Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. » (p.214)

Bref, je ne regarderai plus les tissus avec le même oeil maintenant.

L’image que je retiendrai :

Celle des rouleaux de tissus empilés dans la cave et par terre, formant des montages.

Lu sur Liselotte

Article mis en avant

La menace – S.K. TREMAYNE

Oui, ce roman avait tout pour me plaire : une jeune femme battante au passé trouble fraîchement installé dans une vieille demeure en Cornouailles ; un beau-fils qui perçoit l’avenir ; une belle-mère qui perd la tête en vieille lady anglaise très digne ; les mines qui ont fait la fortune de la famille en toile de fond ; et la mystérieuse disparition de la première femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

L’auteure multiplie les fausses pistes et parsème les révélations ; même le mari, au départ au-dessus de tout soupçon révèle son côté obscur.

Des chapitres comme des comptes à rebours avant la date fatidique de Noël.

Tout est là, je vous dis. Sauf le style.

Je n’avais pas lu le précédent et premier roman de l’auteur qui, apparemment, a eu du succès. Les seconds romans sont souvent moins bons. Espérons que le troisième sera meilleur.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites routes de campagne sur lesquelles roule Rachel, dans le brouillard.

Je remercie les Presses de la Cité et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

Article mis en avant

Dans la forêt – Jean HEGLAND

Le nature-writting ce n’est pas mon truc, ni les romans post-apocalyptique, d’habitude. Pourtant, cette lecture a été un coup de coeur.

Dans une maison californienne située à l’orée d’un bois, deux jeunes filles et leur papa tentent d’organiser leur vie sans électricité (elle a disparu peu à peu), puis sans pétrole (il n’y en a plus non plus). Coupés du monde, le père garde pourtant espoir que la vie reprendra son cours.

Mais tout ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Si Eva aime danser et ne pense qu’à ça, Nell prépare son examen d’entrée à Harvard. Mais la nécessité de manger les pousse à cultiver le potager et le verger, à faire des bocaux pour l’hiver.

Ce roman pourrait paraître ennuyeux, mais il n’en est rien, car il y a toujours une nouvelle difficulté qui attend les personnages.

Petit à petit, l’atmosphère devient plus lourde, la situation plus désespérée. Sans oublier les cauchemars de Nell.

J’ai aimé le mantra de la mère qui poursuit encore les filles longtemps après : « ta vie t’appartient« .

J’ai aimé Eva qui danse, encore et toujours, malgré les deuils et sans musique.

J’ai aimé l’ingéniosité dont les filles font preuve pour survivre, leur lien à la nature qui se tisse peu à peu, mais aussi leurs coups de blues.

Une lecture marquante. Un coup de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle des plantes médicinales que Nell apprend à connaître pour soigner sa soeur.

Quelques citations :

J’avais appris que l’envol et le frisson valaient la peine d’avoir eu peur. (p.62)

Tout ce qui nous menace, ce sont les souvenirs, tout ce qui me fait souffrir, ce sont les regrets. (p.68)

Mais que je le touche ou que je m’enfuie, que je rêve ou que je sois éveillée, le jour de son anniversaire ou n’importe quel autre jour, ma vie entière est contaminée par le fait qu’il est mort. (p.97)

Lu sur Liselotte

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La fille d’avant – J.P. DELANEY

Ce très bon « Tuniraspastecoucher » anglais m’a redonné goût à la lecture.

Premier roman, l’auteur a déjà les codes du bon thriller psychologique : chapitres courts en alternance, personnages biens campés et intriguants, action prenante. Et le petit plus : une maison comme personnage à part entière.

L’auteur lance des fausses-pistes et sait faire rebondir le récit pour nous tenir en haleine.

Peu d’hémoglobine, mais du suspens encore et toujours.

Et puis le manipulateur n’est pas forcément celui que l’on croit, ni la fameuse fille d’avant du titre non plus…

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle du questionnaire distribué à chaque postulant pour la location de la fameuse maison. Ce questionnaire est repris en début de chaque partie du livre.

Quelques citations :

Ce qu’il y a d’étrange avec le chagrin, c’est cette façon qu’il a de vous sauter dessus au moment où vous vous y attendez le moins. (p.146)

Lu sur Liselotte.

Je remercie les Editions Fayard ainsi que Netgalley pour l’envoi de ce roman en avant-première.

Article mis en avant

La chair – Rosa MONTERO

Encore une fois, Rosa Montero nous parle d’amour.

Son personnage principal, Soledad, est, dans ce roman, une sexagénaire fraîchement séparée de son compagnon, par ailleurs mari adultère. Pour tenter de se venger, elle fait appel à un escort.

S’installe entre eux une relation charnelle non tarifée.

Au même moment, Soledad se voit confier une exposition sur les écrivains maudits. L’occasion pour le lecteur de découvrir une palette d’auteurs damnés (dont Anne Perry, ce que je ne savais pas).

Nous découvrons également l’enfance si particulière de Soledad en compagnie de sa jumelle Dolores : la maman avait le sens de l’humour. Mais Dolores, souffrant d’une maladie mentale, est enfermée.

Un roman riche et puissant sur l’amour sororal, l’amour passion qui se termine, l’amour-amitié.

L’image que je retiendrai :

Celle de Soledad enfermée dans sa douche et croyant sa dernière heure arrivée.

Métailié, 12 janvier 2017, 196 pages

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Tombé(s) des mains – 1

J’inaugure cette nouvelle rubrique pour vous parlez rapidement des lectures qui ne m’ont pas convaincues (je pique l’idée à Yv et ses articles Ca coince).

Il faut dire qu’en ce moment, j’enchaîne les déceptions. La faute à une petite forme ? Sans doute.

De l’auteure, j’avais adoré Trois femmes puissantes. L’auteure avait donc toute ma sympathie. Mais je n’avais pas gardé en mémoire le style particulier, plein de circonvolutions qui, cette fois-ci, m’ont perdues.

Le narrateur est bien flou : Qui est-il ? Quelle place a-t-il dans la vie de la Cheffe ?

Même l’histoire de la cheffe ne m’a pas tenue en haleine.

J’ai lu une soixantaine de pages avant d’abandonner.

 

Pour ce livre, j’ai lu un peu plus de pages (environ 150) avant de décrocher : rien ne se passe, les personnages sont longs à mettre en place, et quand on croit que l’histoire va enfin démarrer, et bien non.

Malgré les critiques élogieuses lues un peu partout, ce roman partait avec un handicap : je n’aime pas les westerns ni à la télé, ni sur papier.

J’ai essayé, mais j’ai fini par abandonner aussi.

 

 

Quand je vous dis que je suis dans une mauvaise passe : j’ai lu ce livre en entier (il n’est pas très long), mais je n’en ai rien retenu !

 

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Thé des Neiges Eternelles des Thés de la Pagode

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Ce thé noir qui rend hommage au célèbre « masala chai » indien (qui signifie littéralement « thé épicé » en hindî), un mélange typique de thé noir de Ceylan et d’épices dites « chaudes », traditionnellement consommé avec du lait et du sucre à l’époque de Noël dans les pays occidentaux.

Le Thé des Neiges Eternelles des Grands thés des gourmets issu de l’agriculture biologique reprend la recette de ce célèbre mélange avec pour base un magnifique thé noir de Ceylan cultivé en altitude dans la région d’Uva au Sri Lanka, au goût fin et affirmé. Il est sublimé par une sélection des meilleures épices : Cardamome, Cannelle, Clou de Girofle et Gingembre. Elles enveloppent le palais avec leurs notes riches et puissantes. Les accords frais et acidulés de l’Orange et de la Mandarine viennent équilibrer ce thé aux épices qui accompagnera merveilleusement bien vos dégustations tout au long de l’hiver et vous fera voyager avec son parfum de Noël et d’exotisme.

Mon avis :

Un thé parfait pour l’hiver : des saveurs chaudes d’épices, mais pas trop. Un petit goût d’agrumes et le tour est joué.

De quoi finir l’hiver en douceur.

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La lumière de la nuit – HIGASHINO Keigo

L’action se déroule sur deux décennies depuis le meurtre initiale jusqu’au dénouement de l’histoire.

Nous suivons ainsi les personnages principaux, même si certains jouent à cache-cache. Un, en particulier, qui trempe dans des affaires louches de copies de jeux vidéos (le premier Mario Bross) puis de piratage informatique.

L’enquêteur Sasagaki ne lâche pas l’affaire, même en retraite. Grâce à lui, nous découvrirons le fin mot de l’histoire.

Et puis il y a la mystérieuse et envoûtante Yukiho, d’abord petite fille puis femme d’affaire accomplie. Toutefois, autour d’elle, il arrive de drôles de choses à ses rivales.

Pas de sang, pas de violence, mais une bien sombre histoire de moeurs.

Monsieur Higashino, merci beaucoup pour vos histoires. Depuis Un café maison, je ne me lasse pas de vos polars.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tunnel du temps par lequel les enfants sont passés pour découvrir le premier mort sur leur air de jeux.

Actes Sud, Actes noirs, mai 2015, 669 pages

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Chanson douce – Leïla SLIMANI

Pas de mystère, on sait dès les premières lignes que la nounou a tué les enfants. Reste à découvrir, au long des 180 pages comment et pourquoi le drame se met en place.

Un coup moderne parisien : monsieur n’a pas d’horaire et madame, qui recommence à travailler, privilégie sa carrière.

Et puis la nounou est efficace : elle récure tout du sol au plafond, mitonne des petits plats, et les enfants l’adorent.

Mais petit à petit, la nounou installe son emprise sur l’appartement. Le couple s’en rend compte, mais leur tranquillité d’esprit et leur confort de vie ont raison de leur méfiance.

Et puis, au fil des chapitres, on découvre le passé de la nounou, à peine brossé, mais très révélateur.

Le style est sec et sans fioritures, et la psychologie à peine esquissée. Je ne peux donc pas dire que ce Prix Goncourt me restera en mémoire pour sa langue et son histoire.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures de la nounou, qu’elle astique consciencieusement.

Lu sur Liselotte

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La baleine thébaïde – Pierre RAUFAST

Thébaïde ? Vous avez dit thébaïde ?

Cette baleine ne serait-elle pas plutôt endémique ?

Trêve de perlocutions, car ce roman n’est pas verbeux.

Encore une fois, j’ai aimé les histoires racontées dans ce roman : l’aventure du baleinier et de ses hommes ; la start-up de Richeville (est-ce son prénom ?) ; son histoire d’amour avec la libraire et son Front de Libération des Crabes.

J’ai aimé les baleines high-tech à la façon des Nabaztag (le nôtre trône toujours sur le frigo, inactif).

Des clins d’oeil à ses précédents romans, que j’ai attendu, cherché et trouvé.

Bref, une belle après-midi de lecture.

Ecrivez-nous encore des histoires, Monsieur Raufast, j’adore voyager avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la baleine jouet high-tech que toute la Californie a dans sa piscine. Je ne regarderai plus un jouet de façon innocente, maintenant.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 218 pages

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Dans les prairies étoilées – Marie-Sabine ROGER

Encore une belle galerie de personnages dans ce nouveau roman de Marie-Sabine Roger.

J’ai aimé découvrir Prune l’originale qui invente des noms charmants aux objets de brocante qu’elle tente de vendre.

J’ai aimé le dessinateur de BD et accessoirement de bestiaire si peu sûr de lui.

Leurs deux chats si opposés : l’un est une carpette qui ronronne, l’autre ne cherche qu’à griffer.

J’ai aimé leur maison à retaper sans eau chaude.

J’ai aimé l’amitié avec Laurent, qui décède. Laurent qui a une passion pour les whiskies.

J’ai aimé l’Oncle et la Tante Foune qui n’en fait qu’à sa tête.

Et bien sûr, Marie-Sabine Roger nous parle d’amour.

Comme le narrateur, j’ai regretté que ce livre se finisse trop vite, je serai bien resté encore un peu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Tante Foune et du Cousin Matthias fouillant l’appartement de Laurent à la recherche d’un testament qu’ils ne respecteront pas.

Rouergue, 4 mai 2016, 256 pages

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La doublure – Meg WOLITZER

Ce roman pourrait être un roman sur le difficile métier d’écrivain, ou plutôt de femme d’écrivains.

Mais il est, pour moi, un roman sur le couple.

La narratrice accompagne son mari pour la remise de son Prix à Helsinki récompensant l’ensemble de son oeuvre littéraire. Dans l’avion, puis lors de la remise du Prix et de la réception, elle nous raconte sa rencontre avec ce professeur de littérature qui deviendra son mari.

Elle nous parle de ses choix de femme : élever ses enfants, accompagner son mari (même dans ses démarches les plus extravagantes pour ses recherches littéraires).

Mais, au fil des pages, et en regardant le titre, on se doute que Joan ne nous dit pas toute la vérité sur les vrais rapports dans son couple.

J’ai aimé retrouver le récipient en verre plein de bonbons à la menthe ; les livres jamais lus qui se retrouvent chez le bouquiniste.

J’ai moins goûté la présence des noix et autres noisettes que Joe mange à tout bout de champ.

L’image que je retiendrai :

Celle de Joan demandant à la reine de Finlande si elle aime sa vie….

Mercis à Kathel, Clara et Cathulu pour cette idée de lecture.

Rue Fromentin Editions, 21 janvier 2016, 250 pages

 

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Un enfant plein d’angoisse et très sage – Stéphane HOFFMANN

Pauvre petit garçon dans son pensionnat en Suisse, qui doit passer ses vacances chez sa grand-mère à Chamonix, car sa maman ne peut l’accueillir pendant les vacances.

Une maman à la carrière prometteuse, patronne d’une entreprise de BTP, nommée depuis peu chef du Syndicat des entrepreneurs, et peut-être futur ministre.

Son père ? Il ne l’a jamais rencontré. Ce lord anglais cultive l’art du fare-niente.

Quant à sa grand-mère qui le recueil à chaque vacances, son passé de chanteuse est bien mystérieux.

Ajoutez à cette galerie de personnages le chien Jojo qui suit le garçon partout ; une blonde dont on ne sait qui elle est vraiment (une psychologue ?) ; un manager qui veut absolument faire revenir la grand-mère sous les feux de la rampe.

L’auteur croque un monde d’adultes pitoyable avec humour.

L’image que je retiendrai :

Celle de la virée en voiture du garçon avec son père en Italie, avec un aller-retour à Monaco.

Albin Michel, 17 août 2016, 263 pages

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Arrêt non demandé – Arnaud MODAT

Nouvelles ? Roman à six portes ? Comment savoir ?

L’auteur ne manque pas d’humour et croque ses personnages avec talent. J’ai beaucoup ri et souri à la lecture des premières histoires.

L’avant-dernière, plus grave, m’a mis mal à l’aise.

Les titres posent question d’entrée de lecture : La dernière nuit du hibou ; La fourchette à poisson.

On sent l’attachement de l’auteur à la ville de Strasbourg (ville que j’aime beaucoup par ailleurs).

Du léger, du plus grave, ne passez pas à côté de ce livre.

L’image que je retiendrai :

La liste des remerciements en fin de volume est fort drôle aussi.

Sur les conseils judicieux de Yv.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 144 pages

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De nos frères blessés – Joseph ANDRAS

Actes Sud Editions, 11 mai 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Alger, 1956. Jeune ouvrier communiste anticolonialiste rallié au FLN, Fernand Iveton a déposé dans son usine une bombe qui n’a jamais explosée. Pour cet acte symbolique sans victime, il est exécuté le 11 février 1957, et restera dans l’Histoire comme le seul Européen guillotiné de la guerre d’Algérie. Ce roman brûlant d’admiration, tendu par la nécessité de la justice et cinglant comme une sentence, lui rend hommage.

Mon avis :

Le roman commence fort : arrestation, torture, Fernand subit les pires outrages de la part de l’armée française.

Puis le roman alterne entre le récit de la rencontre entre Fernand et Hélène, comme une respiration, et l’emprisonnement de Fernand et son procès.

Le parti communiste reste étrangement muet ; les avocats de Fernand ont même audience chez le Président Coty ; Fernand répète qu’il ne voulait blesser personne avec ses bombes qui ne devaient que détruire du matériel ; ses bombes n’ont même pas explosé ; mais rien n’y fait.

Une citation en début de roman nous apprend que le destin tragique de Fernand Iveton est resté comme une blessure dans la vie de François Mitterand.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Hélène se démenant pour rendre visite à Fernand à la prison, forçant l’admiration du directeur.

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La couleur des âmes mortes – Gilles CAILLOT

Editions du Caïman, 22 septembre 2015, 550 pages

Présentation de l’éditeur :

Jusqu’où pouvons-nous aller pour satisfaire notre soif de vengeance ? Jusqu’à la perversion de notre propre âme ? Jusqu’à l’affadissement de nos convictions les plus profondes ? Tout est possible, d’autant plus que la douleur décuple les ressentis, exacerbe les passions, allant jusqu’à travestir nos propres croyances et interdits. Si vous aviez le destin du meurtrier de votre fille entre les mains, que feriez-vous ? Moi, je le sais…

Mon avis :

Quel roman fort ! Quelle descente aux enfers vivent les personnages.

Des parents à priori comme tout le monde perdent leur fille, tuée par un pédophile. Mais le mari découvre qui est le coupable et décide de se faire vengeance lui-même. Mais sa femme découvre l’homme retenu dans la cave, et l’enfer s’ouvre pour elle aussi.

Sans oublier un amant machiavélique qui tire les ficelles en arrière-plan.

Certains personnages sont un peu caricaturaux (les deux enquêteurs sont brossés à gros traits), mais ce n’est pas le plus important.

Certains passages sont un peu longs et n’apportent pas grand chose à l’histoire, mais le suspens ne faiblit pas.

Une lecture passionnante.

L’image que je retiendrai :

Celle du bracelet électronique du pédophile resté chez lui, alors qu’il est enfermé dans la cave des parents.

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Evaporé – Anne-Solen KERBRAT

Edition du Palemon, 7 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Pierre Alleux, courtier en assurances, doit se rendre à Bruxelles pour négocier un gros contrat. Il n’y arrivera jamais. Il disparaît des écrans radars avant d’attraper son train. Inquiète de son silence, son épouse s’en ouvre aux forces de l’ordre. Mais elle n’est pas la seule à s’interroger sur cette « évaporation » soudaine. Pierre avait une existence moins lisse qu’il n’y paraissait…

Mon avis :

Qui est vraiment Pierre Alleux ? Le doute plane lors de son « évaporation » dans la nature.

Qui lui en veut vraiment ? Menait-il une double vie ?

Un roman plein de suspens du début à la fin.

Je n’avais pas forcément fait le rapprochement avec les évaporés japonais, ces adultes qui disparaissent un jour, sans que jamais personne ne les retrouve. L’auteure place son action en France, et finalement, ça fonctionne plutôt bien.

Je rejoins toutefois l’Oncle Paul et son bémol sur la fin du roman : un peu rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle du quai de la gare où tout se joue.

Je remercie Babelio et les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Le chat du rabbin Tomes 4 – 5 et 6 – Joann SFAR

Dargaud, de 2005 à 2015

Présentation de l’éditeur :

Tome 4 : Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

Tome 5 : Alors que Zlabya s’ennuie au côté de son époux, le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l’Afrique pour retrouver la douzième tribu d’Israël. Cinquième tome du best seller de Joann Sfar, Jérusalem d’Afrique est un éblouissant voyage dans une Afrique sublimée, croisement improbable sur plus de 80 pages entre Tintin au Congo et les chefs-d’oeuvre d’Albert Cohen. Et en plus le chat reparle.

Tome 6 : Le Chat est désespéré : sa maîtresse, Zlabya, est enceinte… Que va-t-il se passer ? S’intéressera-t-elle encore à lui ? Pourra-t-il encore être caressé, pourra-t-il la voir quand il le voudra ? Quelle sera sa place ? Ne devrait-il pas partir et chercher une autre maison ?

Mon avis :

J’ai aimé le Tome 4, et les histoires du Malka des lions : quelle imagination !

J’ai moins goûté le tome 5 et la quête de la Jérusalem d’Afrique noire. Mais le clin d’oeil à Tintin m’a fait sourire.

Des trois, j’ai préféré le tome 6, plus philosophico-religieux, à l’image du premier tome.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du mari de Zlabya, tout deux exclus lors de l’arrivée du bébé.

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L’insouciance – Karine TUIL

Gallimard, 18 août 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

En 2009, de retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes au cours d’une embuscade tendue par les talibans, le lieutenant Romain Roller souffre d’un syndrome de stress post-traumatique. Durant le sas de fin de mission qui a lieu sur l’île chypriote de Paphos, il a une liaison passionnée avec une jeune journaliste et romancière, Marion Decker. Il revoit également Osman Diboula, un ancien éducateur social, fils d’immigrés ivoiriens, qu’il a connu pendant son enfance à Clichy-sous-Bois, et devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité montante de la vie politique française.

Le retour en France de Roller auprès de sa femme et de son fils se passe mal. Seule sa liaison avec Marion Decker parvient à le sortir de sa torpeur, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’elle est mariée à l’un des plus grands chefs d’entreprise français, le flamboyant François Vély, fils d’un ancien ministre juif ayant participé à la résistance dans le maquis de l’Yonne. Grand patron de presse, François Vély est un homme d’influence. Mais à la veille d’une importante fusion avec une société américaine, il pose pour un magazine sur une oeuvre d’art représentant une femme noire et il est accusé de racisme. Son empire est ébranlé par ce scandale, qui inonde les réseaux sociaux. Osman Diboula va prendre sa défense, bien qu’il soit lui-même récemment tombé en disgrâce aux yeux du Président de la république, qui l’a écarté brutalement de ses proches conseillers. Le destin de ces trois hommes se trouve alors inextricablement lié…

Mon avis :

Une grande fresque, passionnante, où les personnages se croisent et se recroisent.

Je les ai aimés, tous, dans leurs différences, leurs petites lâchetés  et leurs conflits.

Ils ont pourtant des postes clés, mais une inattention va les précipiter dans un avenir incertain.

Les scènes d’amour sont passionnelles, comme si les seuls points d’encrage des personnages étaient ces moments de corps à corps passionnels.

Il y est question de la guerre en Irak où personne ne fait confiance à personne ; du racisme anti-noir et anti-juif, ainsi que du cyber-harcèlement ; du retour des ultras religieux.

Les personnages grandissent dans la douleur : oui, le temps de l’insouciance est fini pour eux.

L’auteure termine toutefois son roman sur une note optimiste : c’est grâce à la famille que nous pouvons surmonter les épreuves.

L’image que je retiendrai :

Celle du Grand Cercle dans lequel rêve d’entrer Osman.

Quelques citations :

« – Les blessures d’humiliation sont les pires, rétorqua son père. Pourtant, on n’en meurt pas. Regarde-moi, je suis toujours là… » (p.218)

« On voit mieux certains choses avec des yeux qui ont pleuré. » (p.219)

« Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » (p.307)

« Peut-être qu’il ne faut pas chercher à être heureux mais seulement à rendre la vie supportable. » (p.509)

Merci Eve pour ce très bon conseil de lecture.

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Le sanglier – Myriam CHIROUSSE

Buchet Chastel, 25 août 2016, 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Christian et Carole vivent dans une vieille bicoque délabrée et isolée. Une fois par mois, ces néo-ruraux, vivant « loin de tout » sur le Plateau, prennent la voiture pour faire leurs courses dans la zone commerciale la plus proche.

A partir d’un rien, ce jour-là, tout part de travers. De la maison au centre commercial, avec des haltes dans un restaurant chinois et chez la grand-mère, puis une expédition nocturne finale vers un distributeur automatique, Carole et Christian traversent les orages et les affres d’une odyssée ordinaire, sans grandeur ni victoire.

Pour qui sait regarder, au cours d’une journée de ce genre, il se passe mille choses qui en disent long sur nos vies : des instants de rien du tout, presque des flashs, mais qui contiennent nos fêlures toutes entières. Ce qui nous hante nous accompagne toujours.

Mon avis :

Ces petits riens qui font la vie de tous les jours : les courses aux enseignes et à la mise en scène prometteuses ; les publicités des banques ; les restaurants chinois qui proposent tous les mêmes plats….

Tout est uniforme dans cette ville qui ressemble à tant d’autres.

Mais les personnages, eux, ont du caractère : lui est un taiseux, elle un peu tête en l’air.

Une lecture belle et pas déprimante sur la ville qui nous entoure et où l’animalité a disparu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la dentition de Christian, en référence au titre du roman.

Merci Antigone pour cette très belle idée de lecture.

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La disparition de Jim Sullivan – Tanguy VIEL

Minuit, 3 janvier 2017, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Du jour où j’ai décidé d’écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s’appellerait Dwayne Koster, qu’il enseignerait à l’université, qu’il aurait cinquante ans, qu’il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu’il détestait.

Mon avis :

Comment vous parler de ce livre ?

Je vais plutôt vous parler de ma lecture : l’auteur est malicieux, qui place des références et des bons mots qui font forcément sourire son lecteur (dont moi).

L’auteur nous présente le roman américain qu’il veut écrire : le choix des noms des personnages, des lieux, du déroulé de l’intrigue, tout en restant très français dans sa démarche.

Et au fait, Jim Sullivan, dans tout ça ? Je ne vous en dis pas plus.

Une histoire intelligente qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Je ne peux que vous inciter, si ce n’est déjà fait, à lire cet OLNI.

L’image que je retiendrai :

Celle des antiquités dans le coffre de Dwayne, qui vont servir à financer la prochaine campagne électorale de l’ancien président des Etats-Unis.

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Euphoria de Kusmi Tea

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Euphoria est une heureuse association de maté grillé aromatisé chocolat et orange. Plante tonique, le maté est consommé depuis des millénaires par les indiens du Brésil et du Paraguay. Le chocolat est quant à lui LE remède instantané, qui apporte joie et bonheur. Fruit du soleil par excellence, l’orange parfait la recette, pour un goût chaleureux et réconfortant.

L’alliance du maté, du chocolat et de l’orange fait d’Euphoria la boisson idéale pour faire le plein de bonne humeur. Les gourmands et gourmandes qui aiment le chocolat pour son goût mais aussi et surtout pour le plaisir qu’il apporte peuvent désormais craquer à volonté, sans culpabilité.
Un mélange gourmand pour un moment de plaisir…

Se déguste idéalement l’après-midi
Saveur : Chocolat et orange

Mon avis :

Découvert dernièrement chez cette grande et ancienne maison de thés, c’est un thé dont je ne me lasse pas en rentrant du travail, avec son petit goût de chocolat qui m’évite de croquer dans la tablette….

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La fille dans le brouillard – Donato CARRISI

Calmann-Lévy, 31 août 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé le premier roman de l’auteur : Le chuchoteur, beaucoup moins la suite, et je dois avouer que je l’avais un peu abandonné. Mais toutes les critiques sont dithyrambiques concernant ce dernier roman, alors, je me jette à l’eau.

Et je dois avouer que j’ai aimé me rendre dans cette petite ville italienne un peu particulière avec sa Communauté.

J’ai aimé le personnage de Vogel si sûr de lui, dont on découvre, petit à petit, le passé professionnel trouble.

Et puis l’accusé semble si innocent….

J’ai aimé le jeu avec les médias qui font feu de tout bois.

Sans oublier le psy à qui Vogel se confie.

Tous les personnages ont leu importance, mais le plus important de tous reste l’absente, celle qui a disparu.

L’image que je retiendrai :

Celle du brouillard qui enveloppe cette petite ville italienne pas si paisible.

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Radeau – Antoine CHOPLIN

La fosse aux ours, 27 août 2003, 134 pages

Présentation de l’éditeur :

En pleine débâcle, Louis, au volant d’un camion, fuit devant l’arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu’il faut mettre à l’abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan  » Hirondelle  » sont strictes. Il ne doit pas s’arrêter. Et pourtant..

Mon avis :

J’ai toujours un peu de mal avec le style sec de l’auteur en commençant la lecture d’un de ses livres. Mais, petit à petit, le charme agit.

D’autant plus dans ce roman où les personnages sont rudes et usent de peu de mots.

Pourtant, ils sont solidaires, ceux qui peuplent ces pages ; ils aiment boire et manger et profiter de la vie. En pleine guerre, ce n’est pas toujours facile.

On devine les caractères au travers d’attitudes et de répliques. Tout est toujours esquissé.

En contraste avec le fameux tableau du Radeau de la Méduse, qui donne à voir les corps dans une mise en scène sombre.

Encore une fois, je me suis émue avec les mots de M. Choplin.

L’image que je retiendrai :

Celle des habitants disparates du château devant les toiles sorties sur l’herbe pour qu’elles prennent l’air.

Une citation :

« Alors la faim l’emportera sur le chagrin ! » (p.112)

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Le dimanche des mères – Graham SWIFT

Gallimard, 12 janvier 2017, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche.

Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désoeuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire ? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée ? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie.

Mon avis :

Avec ce court roman, je découvre la plume de l’auteur. Une plume envoûtante, toute en redites, sachant créer une ambiance particulière pour décrire cette journée que l’on croirait estivale.

Oui, l’auteur  » dépeint avec sensualité et subtilité une aristocratie déclinante, qui porte les stigmates de la Première Guerre – les fils ont disparu, les voitures ont remplacé les chevaux, la domesticité s’est réduite… « .

Oui, l’auteur « célèbre le plaisir de la lecture et l’art de l’écriture. »

Mais ce roman restera avant tout pour moi le roman d’un amour interdit et secret, un attachement trop vite rompu par le décès de l’amant.

De très belles pages sur après l’amour, avant le départ de chacun, quand, dans le lit, on grappille encore un peu de la présence de l’autre.

Et puis Graham Swift pose une question : l’oeuvre d’un auteur ne tourne-t-il pas toujours autour du même acte fondateur, qu’il ne peut révéler ?

Un très beau roman que j’ai quitté à regrets.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tâche sur les draps du lit de Paul, symbole de leur amour mais aussi de la condition de chacun.

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Un jour on fera l’amour – Isabelle DESESQUELLES

Belfond, 12 janvier 2017, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle, c’est Rosalie Sauvage. Lui, Alexandre.
Ils se rencontrent et aussitôt se perdent.
Ils sont aussi semblables qu’ils diffèrent l’un de l’autre et n’ont que vingt-quatre heures pour se retrouver. Après quoi la possibilité du bonheur sera à jamais derrière eux.
Ils sont leur première et dernière chance d’aimer.

Mon avis :

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé Les âmes et les enfants d’abord, un texte fort et engagé. Ce roman-ci est différent, bien que l’on y retrouve le style si particulier d’Isabelle Desesquelles.

Avant de le commencer, je me disais : « encore un roman sur l’amour, bof.« 

Mais ce livre est plus que cela. C’est un livre qui nous parles des amours : l’amour difficile entre une mère et sa fille ; l’amour inconditionnel d’un père pour son fils ; l’amour dans un couple où arrive un enfant ; l’amour adultère impossible ; et bien sûr, l’amour coup de foudre.

Si le triangle amoureux ne m’a pas franchement parlé, j’ai beaucoup aimé l’analyse qu’en fait l’auteure.

Quel bel amour que celui du père d’Alexandre pour son fils : il lui a offert en plus l’amour du cinéma.

Quel magnifique coup de foudre improbable entre Rosalie et Alexandre, qui se croisent et se recroisent tout en se cherchant, mais sans jamais se rencontrer.

Faire l’amour n’est au fond pas si important ; le vivre est en revanche vital.

L’image que je retiendrai :

Celle du nom du cinéma du père d’Alexandre : le Rosebud.

Je remercie les Editions Belfond pour l’envoi de ce très beau roman d’une auteure que j’apprécie.

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Extermination des cloportes – Philippe SEGUR

Bouchet-Chastel, 3 janvier 2017, 285 pages

Présentation de l’éditeur :

En dehors de sa passion pour sa femme Betty, Don Dechine a un but dans la vie : écrire. Seulement voilà, pas facile d’écrire un roman fracassant quand on est prof de lycée et qu’après les avanies de la journée, il faut encore affronter un voisin pas content, les tracas de la copropriété, le harcèlement fiscal et les PV pour stationnement interdit. Rien de plus normal, pour se détendre, que de consacrer ses soirées à l’intégrale des six saisons des Soprano. Sauf que ça n’aide pas non plus à trouver la fortune et la gloire littéraire. Il y aurait bien une solution : tout plaquer pour aller vivre à la campagne. Comme l’explique Don Dechine, il n’y a que dans la nature qu’on peut valablement produire un chef-d’oeuvre. Armés d’une confiance et d’un humour à toute épreuve, Betty et lui vont donc se lancer dans la quête de la maison idéale, tenter de se débarrasser d’un appartement invendable et se perdre dans un monde inconnu et atroce : la jungle impitoyable de l’immobilier. Une sacrée aventure quand on est un futur génie de la littérature et qu’on se réveille un matin avec un cloporte dans l’oeil !

Mon avis :

J’aime bien procrastiner (le ménage peut attendre, et le repassage aussi, d’ailleurs, je ne le fais plus). Mais dans ce roman, le personnage principal a propulsé cette activité au rang de Grand Art.

Il échafaude pourtant des plans sur la comète pour enfin se mettre à écrire. Mais voilà : la réalité reprend le dessus, et puis Les Sopranos n’attendent pas.

J’ai trouvé ce roman plein d’humour et les situations bien vues.

Le personnage de Betty qui arrive toujours à ses fins tout en jouant les ingénues m’a plu ; sans oublier le voisin procédurier.

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture, malgré les cloportes dans l’oeil de Don.

L’image que je retiendrai :

Celle de leur salle de bain ravagée par un plombier pendant 3 semaines.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique, ainsi que les Editions bucher-chastel pour l’envoi de ce roman qui m’a fait passer un très bon moment.

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Fils du feu – Guy BOLEY

Grasset, 24 août 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ?

Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.

Mon avis :

J’ai trouvé que ce roman commençait poussivement : trop de comparaisons à des légendes, des dieux, des grands hommes.

Et puis vient l’épisode de la mort des grenouilles, et là, le texte prend son envol pour nous conter une perte douloureuse.

Un récit magnifique et touchant sur le deuil et notre rapport à la mort.

Car même si l’homme a domestiqué le feu, il n’a jamais réussi à domestiquer la mort.

L’image que je retiendrai :

Celle du linge lavé à la main, étendu sur des fils, et qui est inlassablement souillé par les vents noirs.

Une citation :

« La force de forger des armures pour protéger l’adulte, ce roitelet débonnaire sommeillant sous l’enfance.« 

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14 juillet – Eric VUILLARD

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Paris est désormais au peuple. Tout chaviré. Aiguisé. Se baignant aux fontaines. La nuit est tombée. De petits groupes marchent sur les barrières. Ce sont des bandes d’ouvriers, de menuisiers, de tailleurs, gens ordinaires, mais aussi des porte-faix, des sans-emplois, des argotiers, sortis tout droit de leur échoppe ou du port au Bled. Et dans la nuit de la grande ville, il y eut alors une étincelle, cri de mica. L’octroi fut incendié. Puis un autre. Encore un autre. Les barrières brûlaient. Ce qui brûle projette sur ce qui nous entoure un je-ne-sais-quoi de fascinant. On danse autour du monde qui se renverse, le regard se perd dans le feu. Nous sommes de la paille.

Mon avis :

Moi qui ai horreur des accumulations en littérature, on peut dire que j’ai été servi avec ce texte.

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à me passionner pour tel ou tel individu.

Oui, il y a un travail certain de recherche, mais la mise en forme m’a rebuté.

La fresque créée par l’auteur ne m’a pas parlé.

Tant pis pour moi.

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911 – Shannon BURKE

Lu sur mon Cabinet de Lectures Virtuelles

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’il devient ambulancier dans l’un des quartiers les plus difficiles de New York, Ollie Cross est loin d’imaginer qu’il vient d’entrer dans un monde fait d’horreur, de folie et de mort. Scènes de crime, blessures par balles, crises de manque, violences et détresses, le combat est permanent, l’enfer quotidien. Alors que tous ses collègues semblent au mieux résignés, au pire cyniques face à cette misère omniprésente, Ollie commet une erreur fatale : succomber à l’empathie, à la compassion, faire preuve d’humanité dans un univers inhumain et essayer, dans la mesure de ses moyens, d’aider les victimes auxquelles il a affaire. C’est le début d’une spirale infernale qui le conduira à un geste aux conséquences tragiques.

Mon avis :

Oui, il y a des villes dans le monde qui connaissent cette violence de tous les jours. L’auteur ne prend aucun gant pour nous en parler.

Faits après faits, jours après jours, son personnage se professionnalise puis apprend à connaître ses co-équipier. Mais il se rend également compte qu’il perd pied avec la réalité.

Deux drames successifs risquent de le faire basculer du côté obscur, comme certains de ses collègues.

Je n’ai pas compris tout de suite le rôle du texte en gras (je suis un  peu lente à la détente), mais j’ai fini par percevoir sa place dans le récit.

Une lecture et des personnages qui vous poursuivent longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette dame obèse emmenée nue aux urgences psychiatriques, et qui sort une salade de son sexe.

Merci Hélène pour cette très bonne idée de lecture.

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La danse des vivants – Antoine RAULT

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Eté 1918. Dans un hôpital militaire, un jeune homme se réveille amnésique. Il a tout oublié de son passé, jusqu’à son nom, mais parle aussi bien le français que l’allemand. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils lui donnent l’identité d’un mort allemand. Mais peut-on être un autre quand pour soi-même on est personne ?

Grande fresque historique et roman d’aventures captivant, où personnages imaginaires et réels se côtoient, La danse des vivants nous entraîne dans une épopée à travers l’Allemagne de Weimar. C’est toute l’Europe de l’entre-deux-guerres déchirée par la violence des nationalismes et des idéologies que nous dépeint l’auteur à travers ce héros sans mémoire. De surprises en surprises, une réflexion sur l’identité et le destin de l’homme emporté et bouleversé par la marche de l’Histoire.

Mon avis :

J’ai aimé suivre ce héros sans mémoire : qui est-il ? Il ne le saura jamais, le lecteur, si.

Comment va-t-il gérer cette double identité d’espion ? Ne va-t-il pas se dévoiler malgré lui ?

J’ai aimé également suivre l’après-guerre du côté français et allemand : la façon dont les hommes politiques ont géré la victoire ou la défaite vis-à-vis de l’opinion publique.

J’ai ainsi appris que les soldats allemands, après la démobilisation, sont partis directement se battre dans la Baltique contre les Bolchéviques.

On découvre Clemenceau dans ses tractations. Un roman riche historiquement et qui pose la question de la fin de la guerre et de l’identité.

L’image que je retiendrai :

Celle du traitement à l’électricité que subit Charles, censé faire retrouver la mémoire. Une torture avant l’heure (serions-nous, nous français, les spécialistes de la torture à l’électricité ?…..)

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Plumes… et emplumés – Gérard CHEVALIER

Editions du Palémon, 7 octobre 2016, 176 pages

Présentation de l’éditeur :

Catia, minette quimpéroise « surdouée », mène l’enquête en assistant son maître, journaliste d’investigation, dans ses recherches. Elle maîtrise le langage humain et emploie parfois des termes fleuris pour juger les comportements des « bipèdes ».

Mon avis :

Troisième volet des aventures de Catia (découverte de ce chat pour moi) dans lequel, jalouse de la naissance de la petite Rose, elle organise son propre enlèvement avec la complicité de ses « amis bipèdes ».

J’ai aimé retrouver certains comportements typiquement félins : s’endormir n’importe où, aimer se faire caresser.

En plus de pouvoir communiquer avec les bipèdes par le biais d’une tablette, cette chatte est aussi une vraie gourmette de bons petits plats mitonnés.

Mais quelle jalousie !

J’ai aimé le personnage de Môssieur le commissaire, même si il crie un peu trop à mon goût, ainsi que le policier à l’accueil, rugbyman un peu lent.

J’ai également appris plein de vocabulaire breton, l’auteur n’hésitant pas à en parsemer son texte, avec une traduction en bas de page.

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture félin.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chanson du SDF qui reste en tête longtemps après avoir fini le livre : Un clair de lune à Maubeuge….

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi des aventures de Catia.

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Vie et oeuvre de Constantin Eröd – Julien DONADILLE

Grasset, 13 janvier 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Yves Kerigny, jeune attaché culturel à l’ambassade de France à Rome au milieu des années 1990, fait la connaissance du prince héritier de Slovanie. Ce doux vieux monsieur, Constantin Erod, a avec lui des conversations charmantes, il est affable et attachant. A la suite des guerres yougoslaves. Constantin devient roi de Slovanie. Et c’est avec consternation qu’Yves découvre par les médias quel usage sanglant M. Erod fait de son pouvoir recouvré.

Quinze ans après ces événements, il est convoqué à l’ambassade de Slovanie à Paris pour y apprendre que son « ami » maintenant mort lui a légué un coffre. Que contient-il ? Qu’a été la vraie vie de Constantin Erod ? Celle d’un vieux monsieur exquis, ou celle d’un roi tyrannique ? Peut-on véritablement connaître les hommes ? Un roman tout en intrigues et en pièges, en sous-entendus et en mensonges, sur les postures et les impostures de la personnalité.

Mon avis :

Ce roman se déroule avec comme toile de fond la ville de Rome : le narrateur s’y promène souvent, nous faisant découvrir la ville et les saisons qui rythment sa vie. J’ai aimé ces promenades dans la ville éternelle.

Qui est vraiment Constantin ? Nous ne le saurons qu’à la toute fin du roman : ce fut une telle surprise !

Il est souvent fait référence à un poème de Gérard de Nerval. Constantin y glisse un document important.

Un roman que j’ai pris plaisir à lire, tentant de cerner le personnage du vieux monsieur érudit qui se prend d’amitié pour Yves.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bibliothèque personnelle de Constantin que Yves et sa collègue mettent plusieurs jours à vider.

Une citation :

« – Eh bien Michel-Ange, c’est pareil, la coupole de Saint-Pierre, c’est l’estocade qu’il porte à Rome et à l’architecture. Depuis, Rome n’est plus qu’un cadavre abandonné dans une arène, sanglant et putrescent. » L’image ne manquait pas de vérité. »

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L’arabe du futur 3 – Riad SATTOUF

Allary Editions, 6 octobre 2016, 160 pages

 

Présentation de l’éditeur :

Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

Mon avis :

J’ai moins goûté ce tome de l’enfance du petit Riad. Certes, le Noël en Syrie ne se déroule pas pour tout le monde pareil, et la vie est chère, mais j’ai trouvé que les personnages évoluaient peu.

On découvre la corruption jusque dans les copies universitaires. Ce qui prévoit un avenir difficile pour le pays.

Heureusement, la dernière page annonce un sacré rebondissement.

L’image que je retiendrai :

Celle du Goldorak géant que Riad réclame à corps et à cris pour Noël puis pour sa circoncision.

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L’extinction des cougars – Françoise LE MER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Nathalie Nicette, professeur de Lettres Classiques à Quimper, est une femme de quarante-sept ans, apparemment sans histoires. Veuve depuis trois années, elle vit seule, recevant de temps à autre la visite de ses deux grands enfants. Son existence, douillette mais morne, va basculer le jour où, par hasard, elle retrouve Crista, sa meilleure amie de lycée. Tout semble les séparer. Crista est délurée, joyeuse et décomplexée. Elle va entraîner une Nathalie étonnée par sa liberté de penser dans le monde festif de la nuit et l’initier aux réseaux sociaux. Mais dans l’ombre sévit un prédateur, déterminé à parvenir à ses fins, quitte au passage à se débarrasser de quelques victimes collatérales… Pourquoi la sage Nathalie intéresse-t-elle autant cette bête tapie, qui peut changer de profil autant qu’elle le veut ?

Mon avis :

Je découvre avec plaisir cette série des enquêtes de Le Gwen et Le Fur, même si ils n’apparaissent pas tout de suite dans le récit.

L’auteure préfère camper le personnage principal Nathalie, professeur de lettres classiques (excusez du peu) dans un grand établissement quimpérois. Et de nous dévoiler ainsi ce qu’il se passe dans une salle des profs : les rapports conflictuels entre les vieux-de-la-vieille et les frais-émoulus de la profession.

L’auteure, sous couvert de son personnage découvrant les réseaux sociaux, nous parle de leurs faces cachées et des précautions à prendre (très didactique, tout cela).

Enfin, une mystérieuse jeune fille se prostitue avec un grand patron, sous l’oeil bienveillant de son père, poivrot notoire.

Sans oublier la fille de Nathalie, caricature de la jeune femme vertueuse rêvant de s’élever par un beau mariage ; et la bonne copine retrouvée qui, à cinquante ans, n’a plus rien à perdre et drague effrontément.

Vous l’aurez compris, un récit entraînant avec des personnages intéressants.

J’ai regretté toutefois que la solution de l’énigme soit cachée jusqu’au bout au lecteur (ou alors c’est moi qui n’ai pas été assez attentive).

L’image que je retiendrai :

Celle du clochard Dédé que Nathalie aide parfois, et qui devient son ange gardien.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman dont la lecture m’a ravi.

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Les onze – Pierre Michon

Grand Prix du roman de l’Académie Française 2009

Folio, 2 février 2011, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère,

Lindet, Saint-Just, Saint-André. Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l’an II et la politique dite de Terreur. Mais qui fut le commanditaire de cette oeuvre ? A quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Elie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ?

Mêlant histoire et fiction, Michon fait apparaître, avec la puissance d’évocation qu’on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l’expression de Michelet qui, à son tour, devient l’un des protagonistes du drame.

Mon avis :

Que de découvertes littéraires en ce début d’année.

J’ai choisi ce titre de l’auteur, car le propos de base est de décrire un tableau et d’imaginer le commanditaire.

J’ai été quelque peu désarçonné par le style de l’auteur à la fois érudit et gouailleur. Qui répète à l’envie que « Dieu est un chien » (sic), allant même le proférer en patois.

Il a d’ailleurs la dent dur contre les Limousins. Posture du narrateur ?

Et puis j’ai appris un joli mot à replacer dans une prochaine conversation : anacréontisme. Parfaitement. Ne le cherchez pas dans le dictionnaire, il n’y est pas.

Mais là où l’auteur excelle, c’est à nous parler d’un tableau qui n’existe pas, allant jusqu’à citer Michelet pour preuve de l’existence du-dit tableau.

L’image que je retiendrai :

Celle que désire le commendataire : que parmi les onze personnages du tableau, on n’en remarque que trois.

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Double nationalité – Nina YARGEKOV

P.O.L., 8 septembre 2016, 688 pages

Présentation de l’éditeur :

Vous vous réveillez dans un aéroport.

Vous ne savez pas qui vous êtes ni où vous allez.

Vous avez dans votre sac deux passeports et une lingette rince-doigts.

Vous portez un diadème scintillant et vous êtes maquillée comme une voiture volée.

Vous connaissez par coeur toutes les chansons d’Enrico Macias.

Vous êtes une fille rationnelle.

Que faites-vous ?

Mon avis :

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman Prix de Flore. Et je dois dire que j’ai beaucoup aimé.

D’abord le ton, qui m’a enchanté : c’est décalé, drôle, et toujours juste. Quel dilemme d’être prise entre deux nationalités, deux cultures, deux façons de penser. Sans oublier les clichés sur l’une et l’autre culture.

J’ai aimé cette étrange Yazigie, le second pays du personnage principal, que l’on découvre, dans la seconde moitié du roman, être un vrai pays (dont je tairai le nom pour plus de suspens). J’aurais dû m’en douter avec l’histoire du dessin animé de La Petite Taupe, mais je suis passée à côté.

On sent une passion du personnage principal pour Enrico Macias et Dalida, un peu décalé en ce 21e siècle.

Un roman qui se déguste, même si l’explication finale m’a quelque peu déçue.

L’image que je retiendrai :

Celle du SDF dans la rue du personnage principal à qui elle donne son diadème à son arrivée à Paris.

Merci Keisha pour cette très belle idée de lecture.

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La veuve – Fiona BARTON

Fleuve Editions, 12 janvier 2017, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

Si le début du roman m’a fait penser à « La femme du monstre » de Jacques Expert, l’histoire prend vite une autre direction.

Oui, il est question d’une « femme de monstre » qui nous livre sa version de son histoire, mais aussi celle du policier chargé de l’enquête, ainsi que celui d’une journaliste ambitieuse et plutôt douée qui se fait ouvrir la maison de Jane.

Dans la première partie du roman, l’auteure plante le décor : Jane jeune mariée que l’on devine sous la coupe de son mari. Le comportement bizarre de celui-ci : d’abord employé de banque, il se fait renvoyer mais refuse d’avouer que c’est de sa faute.

Comment le policier mène l’enquête de son côté : les différentes pistes suivies, y compris la mise en accusation de la petite Bella disparue jusqu’à arriver au mari de Jane.

Puis la seconde partie retrace le déroulement des événements depuis l’enlèvement jusqu’à la mort de Glen.

Enfin, la troisième partie la plus palpitante, nous délivre la clef de l’histoire.

L’auteure nous dévoile les coulisses de la cyber-pédopornographie sans jamais être voyeuse ou vulgaire : avatar, forums, chat-room n’auront plus de secret pour nous après cette lecture.

Mais il est également question des relations de couple : Jane devine, dès les premiers soupçons des enquêteurs, que son mari est impliqué dans la disparition de la petite Bella. Mais elle ferme les yeux, et défend même son mari jusqu’au bout.

Pourtant, au fur et à mesure de la lecture, il apparaît que Jane est une femme en mal d’enfant, n’ayant jamais pu en avoir à cause de la stérilité de son mari. Une question se pose alors : qui est le plus manipulateur des deux dans le couple ?

J’ai aimé cette histoire qui rebondit à chaque nouveau chapitre, nous dévoilant des éléments nouveaux et une autre façon d’envisager les rapports de ce couple explosif. Jusqu’au dénouement final, inattendu.

Un premier roman maîtrisé et réussi.

L’image que je reteindrai :

Celle de Jane maîtrisant parfaitement son discours et ce qu’elle dévoile à la journaliste, toujours devant une tasse de thé.

Je remercie Fleuve Editions pour l’envoi de ce roman en avant-première, ainsi que lecteurs.com pour m’avoir désigné lectrice du mois de janvier. Ce fut un réel plaisir.

Cassandre et Marine ont beaucoup aimé également.

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Un paquebot dans les arbres – Valentine GOBY

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 268 pages

Présentation de l’éditeur :

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d’Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car à l’aube des années 1960, la Sécurité sociale ne protège que les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui, par insouciance, méconnaissance ou dénuement ne sont pas soignés à temps. Petite mère courage, Mathilde va se battre pour sortir ceux qu’elle aime du sanatorium, ce grand paquebot blanc niché dans les arbres, où se reposent et s’aiment ceux que l’enfance ne peut tolérer autrement qu’invincibles.

Mon avis :

Je retrouve la plume de Valentine Goby, parfois sèche, mais avec un tel pouvoir d’évocation.

L’enfermement, cette fois-ci, est celui de la misère. Celle des années 50-60 en France, sans protection sociale encore balbutiante.

La générosité des parents jamais récompensée ; le dévouement jusqu’à l’extrême de la seconde fille qui cherche inlassablement le regard du père qui jamais ne viendra.

La mère, amoureuse aveugle de son mari ; la fille aînée qui se protège en s’éloignant et construisant sa propre famille.

Et puis l’argent qui manque, tout le temps ; la maladie, insidieuse et silencieuse, qui finit par marquer le corps, et le détruire.

Une plongée dans les années 50-60, où l’on buvait jusqu’à plus soif, où l’on fumait dans un sanatorium même avec un poumon en moins.

J’ai aimé retrouver les pointes de couleur jaune dans le texte, celles qui ont sauvé Mathilde quand elle n’avait plus rien à manger, et qui ont sauvé son premier emploi.

Le paquebot, lui, m’a moins parlé : trop peu présent physiquement, sans doute.

En revanche, j’ai trouvé les Evénements d’Algérie trop présent en fin de roman. Une comparaison un peu trop appuyée à mon goût.

Il n’en demeure pas moins que je lirai les prochains romans de cette auteure qui sait créer un univers différent à chaque roman tout en continuant de nous parler du corps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison familiale que Mathilde habite de nouveau malgré les scellés.

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Le chat du Rabbin – Tomes 1 ; 2 et 3 – Joann SFAR

Dargaud, 2003, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Au début, le chat du rabbin ne parle pas. Il est simplement libre comme un chat et ronronne dans les bras de la fille du rabbin, Zlabya, sa maîtresse adorée. Mais dans la maison du rabbin, il y a ce perroquet qui jacasse sans arrêt, et le chat le bouffe.

Maintenant, il peut parler, et il commence par mentir : le perroquet est allé faire une course, dit-il, la gueule pleine de plumes. Mentir, c’est mal. Le rabbin décide donc de remettre le chat dans le droit chemin et d’en faire un bon Juif. Moyennant quoi, le chat exige de faire sa bar-mitsva.

Têtu comme une bourrique et pas toujours avenant (bien que capable de tendresses renversantes), il a aussi avalé ce qui se fait de mieux en matière de raisonnement vicelard, thèse, antithèse, etc. Le résultat est une sorte de conte initiatique d’une grande beauté, où l’on apprend bien des choses sur l’usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d’émotion et d’ironie.

Mon avis :

Il n’est jamais trop tard, la preuve : je découvre enfin cette BD devenue un classique.

Le chat est plutôt rachitique, mais qu’est-ce qu’il est gonflé ! J’adore.

Son maître rebondi toujours lui aussi malgré quelques situations difficiles, et ne s’embarrasse pas forcément de la doctrine la plus pure.

J’ai aimé les préfaces écrites par des personnalités juives, certaines avec un goût de passé retrouvé.

J’enchaîne les trois premiers tomes, et j’ai déjà réservé les 3 suivants. Un chat et son rabbin passionnants.

L’image que je retiendrai :

La scène du restaurant parisien dans lequel le rabbin commande tous les plats qu’il n’a jamais pu manger.

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L’amie prodigieuse 3 : Celle qui fuit et celle qui reste – Elena FERRANTE

Gallimard, 3 janvier 2017, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Après L’amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.

Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’Ecole normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver Lila et Linù que tout oppose, si ce n’est une amitié indéfectible et qui sera mise à rude épreuve dans ce troisième roman.

Une toile de fond plus politique, puisque l’Italie traverse une crise majeure dans ces années 70.

Si Lila semble trouver un équilibre au fil du roman, Linù, en revanche va faire basculer sa vie en s’amourachant de Nino, devenu un collègue de son mari.

Même si les deux héroïnes tentent de s’arracher à leur quartier natal, il est triste de constater qu’elles y retournent inlassablement pour trouver des solutions à leurs problèmes.

Linù ne pouvant écrire un second roman, se passionne pour l’histoire des femmes à travers les siècles.

Celle qui fuit et celle qui reste ne sont pas forcément celle à qui l’on pense de prime abord.

Il me tarde de retrouver ces deux personnages haut en couleur dans le dernier opus de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle de Lila négligeant sa santé pour apprendre toujours plus.

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Agatha Raisin enquête 4 : Randonnée mortelle – M.C. BEATON

Albin Michel, 2 novembre 2016, 242 pages

Présentation de l’éditeur :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Mon avis :

Je dois avouer que cet opus m’a moins fait rire que les précédents. Mais l’histoire d’amour entre James et Agatha se précise.

Une ambiance toujours aussi british, et cette fois-ci, nous prenons même le thé dans un manoir avec un baronnet, excusez du peu.

Un peu déçu par ce tome, je dois avouer que la fin me donne envie de lire le prochain numéro : il y a du rififi dans l’air.

L’image que je retiendrai :

On marche beaucoup dans les champs de colza dans ce quatrième tome.

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Agatha Raisin 3 : Pas de pot pour la jardinière – M.C. BEATON

Albin Michel, 2 novembre 2016, 245 pages

Présentation de l’éditeur :

De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !

C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cette chère Agatha enfin bien établie dans son village de Carsely. 

Cette fois-ci beaucoup moins entreprenante avec son voisin James, celui-ci ne l’en aime que plus.

Mais bien évidemment, quand Agatha revient dans son village, il y a un meurtre peu après.

Certes, la série repose sur le personnage d’Agatha, mais j’ai regretté que la psychologie de celui de Mary ne soit pas plus poussé.

Beau-papa me fait remarquer que la devise « qui s’y frotte s’y pique » inscrite en bas de la première de couverture est également celle de la ville de Nancy. A bon entendeur.

Ceci-dit, j’ai passé encore une fois du bon temps au village.

L’image que je retiendrai :

Celle des palissades autour du jardin d’Agatha, devant empêcher James de voir chez elle, mais qui empêche également le soleil de pénétrer. Que d’acrobaties fait Agatha pour que personne ne voit son jardin dévasté.

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Les mécomptes du capitaine Fortin : Mary Lester 45 – Jean FAILLER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Le capitaine Fortin, pour rendre service à son copain Béjy dont la fille a été entraînée dans une soirée par des petits gars peu recommandables, se trouve mêlé à une sombre histoire. Il est contraint de faire usage de sa force pour sortir l’adolescente du piège dans lequel elle est tombée et la gendarmerie intervient. Le problème se corse lorsque le cadavre d’une jeune femme est découvert dans une chambre de la villa : Voici donc le capitaine Fortin impliqué dans une mort violente, placé en garde à vue. Bien évidemment, Mary Lester va voler au secours de son équipier. Elle va rapidement suspecter un coup monté. L’enquête n’est pas simple. D’autant que l’adjudant-chef Cotten ne semble pas décidé à collaborer avec la police. Mais qui donc peut en vouloir au capitaine Fortin au point de tenter de le faire accuser de meurtre ?

Mon avis :

Je découvre cette série des enquêtes de Mary Lester grâce aux Editions du Palémon. Il y avait longtemps que j’avais envie de découvrir le personnage de Mary.

Une jeune femme au caractère bien trempée qui sait ce qu’elle veut et comment y arriver.

L’enquête est intéressante, mais les relations entre les personnages sont les plus importants ici.

Toutefois, l’auteur a parfois recours à des phrases toutes faites, ce qui gâche un peu la lecture.

J’ai tout de même passé un bon moment à Quimper et dans ses environs.

L’image que je retiendrai :

Celle du bateau de Béji qu’il doit soit-disant réparer.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi du dernier Mary Lester qui m’a fait passer un bon moment.

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Le cercle des plumes assassines – J.J. MURPHY

Folio, 20 octobre 2016, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Critique, poète et scénariste, Dorothy Parker a rassemblé autour d’elle quelques-uns des esprits les plus brillants du New York des Années folles. Ils ont leurs habitudes à l’hôtel Algonquin où ils se retrouvent, jusqu’au jour où, sous leur table, gît un inconnu, un stylo-plume en plein coeur. Le seul témoin du crime est un jeune homme du nom de Billy Faulkner qui rêve de devenir écrivain… Dorothy Parker et ses amis se lancent alors dans une enquête pleine de rebondissements et de bons mots entre stars de cinéma, gangsters notoires et légendes littéraires.

Mon avis :

Ils en font, des bons mots, le Cercle vicieux des plumes assassines !

L’enquête m’a moins passionnée, voire pas du tout.

En revanche, j’ai aimé me promener dans les New-York de la prohibition, rencontrer le malfrat du coin, et même William Faulkner accusé à tord du meurtre.

Un bon moment de lecture, même si je ne suis pas certaine de garder ce roman en mémoire bien longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des tasses de café dans lesquelles étaient servi l’alcool de contrebande.

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L’archipel d’une autre vie – Andreï MAKINE

Seuil, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire… Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartzev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée. La chasse prend alors une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

Mon avis :

Je n’avais encore jamais lu cet auteur, son style fut donc une découverte. Je ne peux pas dire que j’ai apprécié de rencontrer des termes précis de botanique de la taïga : ces mots n’évoquaient aucune image pour moi. Et c’est bien dommage car on en croise beaucoup dans le récit.

C’est ce qui m’a sans doute empêché de me prendre de passion pour l’immensité Russe.

J’ai préféré les trois feux allumés au large de l’île inaccessible parfois.

La traque dans la forêt révèle le caractère de chaque personnage en ces temps troublés du stalinisme.

Le personnage principal commence une thèse sur la « légitimité de la violence révolutionnaire ». Mais après sa chasse en forêt, il abandonne son sujet.

Mais ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est la dernière partie, une fois la traque terminée.

L’image que je retiendrai :

Celle des trois feux allumés sur la grève, comme des points de repère dans la tempête, de l’autre côté du bras de mer.

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Le chien arabe – Benoît SEVERAC

Manufacture de livre Editions, 18 mars 2016, 283 pages

Présentation de l’éditeur :

Sergïne Ollard est vétérinaire à Toulouse. Une adolescente désemparée, Samia, lui demande d’examiner un chien souffrant d’un mal mystérieux que son frère aîné, Nourredine Ben Arfa, cache dans une cave. Dans ce quartier gangrené par le trafic de drogue et travaillé par l’islamisme radical, la jeune vétérinaire va se trouver embarquée malgré elle dans un combat entre deux camps qui partagent la même culture de violence.

Le roman noir de la France d’aujourd’hui.

Mon avis :

Dans ce roman, les mules qui transportent de la drogue ne sont pas des hommes, mais des chiens. Ils passent aisément la frontière espagnole à pattes, et les trafiquants les récupèrent en France.

Dans ce roman, il est également question de Daesh et de l’endoctrinement de deux frères par l’imam de la cité.

Dans ce roman, nous sommes plongés dans une cité nord de Toulouse, loin du centre-ville rose.

Dans ce roman, il est question du mariage forcé d’une adolescente de 14 ans et de l’impuissance de ses amies.

Dans ce roman il est question de la brigade des stup qui s’acoquine avec le contre-terrorisme, au détriment des agents de terrain.

Dans ce roman, nous croisons les résidences ultra-sécurisées Monné-Decroix, comme une excroissance dans le paysage.

J’ai aimé la première moitié du roman, qui met en place le drame. moins la seconde qui délaye à loisirs l’action finale sur des dizaines de pages.

Un roman comme une photographie à l’instant T d’une cité comme il en existe des centaines en France.

L’image que je retiendrai :

Il ne faut pas donner de Doliprane à un chat : ça le fait mourir.

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Dieu et nous seuls pouvons – Michel FOLCO

Seuil, 12 octobre 2006, 309 pages

Présentation de l’éditeur :

Pour échapper à la galère, Justinien Pibrac devient bourreau officiel du seigneur de Bellerocaille. Le jour de sa première exécution, après quelques maladresses rocambolesques, il parvient finalement à briser les os du condamné. Ainsi débute la saga trépidante des Pibrac, qui deviendront de génération en génération les plus grands bourreaux de tous les temps.

Mon avis :

Ca commençait mal : le style un peu pompeux, le récit qui peine à démarrer. Et puis j’ai fini par entrer dans l’histoire de Justinien Premier et de sa famille, son installation en tant qu’exécuteur des Hautes et Basses Oeuvres.

La seconde partie, qui se déroule à la veille de la Première Guerre Mondiale permet à l’auteur de revenir sur les « créations » de la lignée.

Une lecture que je dois à une amie du Club de lecture, et que je n’aurai pas faite sans elle. Merci.

L’image que je retiendrai :

Comme elle aime son travail, cette dynastie, qui perfectionne son outil sans cesse.

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L’enterrement d’un juif hongrois – Catherine PAYSAN

Albin Michel, 2 janvier 2017, 507 pages

Présentation de l’éditeur :

Lui, le Juif hongrois né en 1922 dans les quartiers pauvres de Budapest a connu à vingt ans les horreurs du nazisme. Miraculé de la Shoah, il décide en 1946 de s’expatrier et de rejoindre Paris.

Elle, la Française de vieille souche née en 1926 dans le village d’Aulaines est restée attachée à sa terre sarthoise. Devenue écrivain, elle dit d’elle-même qu’elle a toujours été un arbre enraciné au carrefour des quatre vents de l’esprit, ayant pour vocation de prêter l’oreille au discours des oiseaux venus s’abriter dans ses feuillages. Ils se sont rencontrés à Paris et pendant plus de trente ans ne se sont plus quittés.

À quatre-vingt-dix, ans Catherine Paysan avec l’énergie de plume, la force d’évocation, la luxuriance d’écriture qui la caractérise, évoque ce que fut cette union hors normes qui a su triompher des affrontements identitaires, des différences culturelles et des grands traumatismes de l’histoire du XXe siècle, qu’elle sait faire revivre avec une acuité inégalée.

Mon avis :

Quelle belle découverte en ce début d’année 2017. Même si le titre est plutôt triste, la plume de l’auteure est magnifique. Un vrai souffle épique pour évoquer un amour qui ne devait pas durer.

Tout opposait ses deux personnages, rien ne les prédestinait à se rencontrer, et encore moins à s’aimer jusqu’au bout.

Je me suis laissée emporter par les phrases si belles et si rythmées, avec leur souffle propre. Et, cette fois, la redondance ne m’a pas dérangée (il faut dire que j’étais en vacances, j’avais le temps).

Il n’y a pas vraiment de chronologie, plutôt une écriture comme au fil de la mémoire de la narratrice, même si le récit suit l’avancée des années du couple entrecoupé de réminiscences.

Beaucoup de romans de l’auteure ont été primés, mais (dans mon inculture crasse) je n’en connaissais aucun. Je serai donc bien incapable de dire si ce roman s’inscrit dans le style habituel de l’auteure. Mais je suis certaine de lire d’autres critiques qui me l’apprendront.

L’image que je retiendrai :

Celle des démarches d’Emil et Annie pour pouvoir se marier à l’Eglise, après 12 ans de mariage civil.

Je remercie infiniment Ophélie des éditions Albin Michel pour l’envoi de ce très beau roman en avant-première. Quelle belle découverte !

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Nos âmes la nuit – Kent HARUF

Robert Laffont, 1 septembre 2016, 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble.

Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s’en mêlent… Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu’Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Mon avis :

Le style est un peu sec, je dois l’avouer. Malgré l’histoire belle et prenante, je n’en ferai donc pas un coup de coeur.

Mais j’ai aimé cette proposition d’Addie à Louis. L’arrivée du petit fils de cette dernière.

Personne, dans leur entourage proche, ne les comprend, et surtout pas leurs propres enfants.

Malgré tout, les liens créés ne se défont pas si facilement.

J’ai passée une très belle après-midi en compagnie de ces personnages.

L’image que je retiendrai :

Celle de la patte du chien Bonnie, estropié.

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Brillante – Stéphanie DUPAYS

Mercure de France, 14 janvier 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, cadre marketting d’un groupe agroalimentaire, elle construit sa carrière avec talent. Dans son travail, elle a la confiance de ses supérieurs et gère des projets ambitieux. Sa vie privée est à l’avenant et le couple qu’elle forme avec Antonin, lui-même cadre dans la finance, renvoie l’image du bonheur parfait.

Mais soudain, Claire vacille. Au travail, celle dont on louait les qualités se sent peu à peu évincée, des nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l’évidence : c’est la disgrâce ! Elle est placardisée. La descente aux enfers commence…

Mon avis :

Ah, ces jeunes loups aux dents longues issus des meilleurs écoles de commerce…. Eh bien ils sont comme tout le monde : ils marchent à l’adrénaline, et quand celle-ci vient à manquer, ils flanchent.

L’auteure décrit avec finesse l’enfance et la montée en puissance de Claire, petite fille tombée amoureuse de Paris, et qui rêve d’y travailler, loin de sa province.

Le personnage de la soeur m’a intéressé, à l’opposée de Claire. Elle a l’air heureuse dans sa vie de petits boulots.

La descente aux enfers lors de la placardisation est très bien décrite : crises de panique, replis sur soi et besoin d’aller voir ailleurs.

Mais l’auteure dresse un constat amer : finalement, on ne se refait pas, et Claire retournera tête baissée dans l’arène (avec quelques ordonnances de cachets en plus). Impossibilité de changer de vie ?

L’image que je retiendrai :

Celle des nouvelles chaussures de Claire qui rendent jalouses sa boss. Le début de la fin pour le personnage.

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A la recherche du temps perdu – Le temps retrouvé – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Le Temps retrouvé est le septième et dernier tome de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, publié en 1927 à titre posthume. L’œuvre s’ouvre sur le séjour du narrateur chez Gilberte de Saint-Loup à Tansonville. Une lecture d’un passage inédit du journal des Goncourt entraîne le narrateur dans des réflexions sur l’art et la littérature, d’où il conclut qu’en se demandant si tous les gens que nous regrettons de ne pas avoir connus parce que Balzac les peignait dans ses livres […] ne m’eussent pas paru d’insignifiantes personnes, soit par une infirmité de ma nature, soit qu’elles ne dussent leur prestige qu’à une magie illusoire de la littérature. L’action se poursuit ensuite à Paris, en 1916.

Mon avis :

La guerre de 14 fait rage. Mais du salon Verdurin, aucun n’est sur le front. Certains travaillent dans des bureaux, le narrateur lui-même est en maison de santé.

Il compare le comportement des nations à celui des individus : la logique qui les conduit est tout intérieur, et perpétuellement refondue par la passion comme celle de gens affrontés dans une querelle amoureuse ou domestique. 

M. de Charlus est accusé d’être allemand, étant germanophile.

La guerre fait des dégâts : l’église de Combray a été détruite par les Français et les Anglais car elle abritait un observatoire allemand.

M. de Charlus se fait torturer physiquement dans la maison de passes de Jupien. Françoise se fait torturer psychologiquement pas le maître d’hôtel qui lui fait peur.

Des pavés inégaux et un bruit de roues de train tire le narrateur de son découragement et lui rendent la confiance dans l’écriture.

Manuel du parfait écrivain, ou quels écueils éviter pour faire un bon livre (contrairement à Sainte-Beuve, encore lui….)

Le hasard existe-t-il ? Il semblerait que non.

Le narrateur prend conscience, lors d’une matinée chez les Guermantes que tout le monde a vieilli, y compris lui-même, qui se considère toujours comme un jeune homme.

Révélation : Mme Verdurin a épousé en troisième noce le prince de Guermantes. Les bras m’en tombent !

Morel est devenu un témoin moral (si,  si….)

Malgré sa maladie, ou plutôt grâce à elle, le narrateur peut enfin commencer son Grand Œuvre et placer ses personnages dans le Temps, malgré le peu de place qu’ils ont occupés dans l’espace.

Quelques citations :

« Les jambes, les bras sont pleins de souvenirs engourdis. »

« Ce qui est étonnant, dit-il, c’est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu’il juge par lui-même. »

« Les cathédrales doivent être adorées jusqu’au jour où, pour les préserver, il faudrait renier les vérités qu’elles enseignent. »

« Le salut empressé et humble du baron proclamait ce qu’a de périssable l’amour des grandeurs de la terre et tout l’orgueil humain. »

« Car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

« Un être qui n’apparaissait, par une de ses identités entre le présent et le passé, il pouvait se trouver dans le seul milieu ou il pût vivre, jouir de l’essence des choses, c’est à dire en dehors du temps. »

« L’impuissance que nous avons à nous réaliser dans la jouissance matérielle. Et repensant à cette joie extrasensorielle….. »

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie, par conséquent, réellement vécue, c’est la littérature. »

« Je m’étais rendu compte que seule la perception grossière et erronée place tout dans l’objet, quand tout est dans l’esprit. »

« Mon livre, grâce auquel je leur fournirai le moyen de lire en eux-mêmes. »

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A la recherche du temps perdu – Albertine disparue – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Albertine disparue est le dernier volume revu et remanié par Proust avant sa mort. Prévu d’abord sous le titre La Fugitive, comme le pendant de La Prisonnière, il présente la fin de l’épisode d’Albertine : sa fuite, sa mort, le chagrin, puis l’oubli. Le huis-clos de La Prisonnière s’achève, non sur l’apaisement, mais sur une multiplication des regrets et des enquêtes posthumes. Un long passage conduit Marcel à Venise, depuis toujours cité de ses désirs, maintenant univers thématique dense où nous retrouvons sa mère, Mme de Villeparisis et M. de Norpois. Il s’y livre à la fois à l’éblouissement esthétique et à de nouvelles poursuites amoureuses.

Mon avis :

Mon Dieu ! Albertine est disparue, quelle tragédie…..

Le narrateur émet des hypothèses : et si Albertine était restée auprès de lui ?

Il se remémore les premiers moments de son amour avec la disparue.

La retenir prisonnière a empêché Albertine de s’adonner à ses penchants de Gomorre.

Peu à peu, le narrateur en vient à se demander si sa vie amoureuse n’a pas été comme celle de Swann. Enfin !

Omniprésence de la lanterne magique.

Où l’on apprend que Gilberte ne s’appelle plus Swann mais Mlle de Forcheville et fréquente le salon Guermantes. Elle épousera même Saint-Loup.

De même que la nièce de Jupien, fille adoptive de M. De Charlus, se mariera avec le fils Cambremer.

Où le narrateur part enfin à Venise.

Non, pas Saint-Loup aussi ? Si ?!

Enfin, Gilberte lui reparle de Combray et de leur première rencontre. Le narrateur n’avait pas perçu ni compris ce que voulait lui dire la petite fille.

Quelques citations :

« Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! »

« Il y a des moments dans la vie où une sorte de beauté naît de la multitude des ennuis qui nous assaillent, entrecroisés comme des leitmotive wagnériens. »

« Pour me consoler, ce n’est pas une, ce sont d’innombrables Albertine que j’aurai dû oublier. »

« Ce n’était pas Albertine seule qui n’était qu’une succession de moments, c’était aussi moi-même. »

« Je n’aurai pas dû souffrir de cette idée ; mais, comme aux amputés, le moindre changement de temps renouvelait mes douleurs dans le membre qui n’existait pas. »

« Nous ne connaissons vraiment que ce qui est nouveau, ce qui introduit brusquement dans notre sensibilité un changement de ton qui nous frappe. »

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A la recherche du temps perdu – La prisonnière – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Albertine a renoncé à faire une croisière et lorsque, à la fin de l’été, elle rentre de Balbec avec le narrateur, elle s’installe chez lui, à Paris : il ne se sent plus amoureux d’elle, elle n’a plus rien à lui apprendre, elle lui semble chaque jour moins jolie, mais la possibilité d’un mariage reste ouverte, et en lui rendant la vie agréable, peut-être songe-t-il à éveiller en elle le désir de l’épouser. Il se préoccupe en tout cas de son emploi du temps, l’interroge sur ses sorties sans pouvoir bien percer si sa réponse est un mensonge, et le désir que visiblement elle suscite chez les autres fait poindre la souffrance en lui. 

Mon avis :

La prisonnière, c’est Albertine avec qui le narrateur revient à Paris et accueille chez lui, sa mère étant absente.

La musique de Wagner passionne le narrateur.

Il apprend également la mort de Bergotte.

Le narrateur montre comment la jalousie redouble l’amour. Mais il ne m’a pas convaincu.

Où M de Charlus tombe en disgrâce en plein salon Verdurin, accusé d’homosexualité.

Le narrateur doute de plus en plus d’Albertine, ne se décide pas à rompre. Ce sera elle qui partira.

Il imagine même une relation entre Albertine et Gilberte…..

Quelques pages sur l’oeuvre de Dostoievski, ainsi que sur les écrivains bons maris qui ont écrit les œuvres les plus perverses (Choderlos de Laclos) et d’autres qui écrivirent des contes moraux et furent de vrais tyrans (la duchesse d’Orleans).

Quelques citations :

« En réalité, en quittant Balbec, j’avais cru quitter Gomorrhe, en arracher Albertine ; hélas ! Gomorrhe était dispersé aux quatre coins du monde. »

« Cela aide à connaître l’âme, mais on se laisse tromper par les individus. Ma jalousie naissait par des images, pour une souffrance, non d’après une probabilité. »

« La vieillesse fatiguée aimait le repos. Or dans le monde il n’y a que les conversations. Elle y est stupide. »

« Si nous lisons le chef-d’oeuvre nouveau d’un homme de génie, nous y retrouvons avec plaisir toutes celles de nos réflexions que nous avons méprisées, des gaietés, des tristesses que nous avions contenues, tout un monde de sentiments dédaignés par nous et dont le livre où nous les reconnaissons nous apprend subitement la valeur. »

« Les grands littérateurs n’ont jamais fait qu’une seule œuvre, ou plutôt n’ont jamais que réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu’ils apportent au monde. »

« Mais ma chambre ne contenait-elle pas une œuvre d’art plus précieuse que toutes celles-là ? C’était Albertine. »

« L’amour c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur. ».

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A la recherche du temps perdu – Sodome et Gomorrhe – Marcel PROUST

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Sodome, c’est M. de Charles et Gomorrhe Albertine. Entre ces deux figures, chacune étant le centre d’une tragi-comédie dont le spectateur ne fait que percevoir les échos mêlés, le héros du livre, celui qui parle à la première personne, poursuit son voyage à la recherche du temps perdu.

Mon avis :

Bon sang ! Monsieur de Charlus est homosexuel ! Le narrateur, et le lecteur, le découvrent de concert.

Albertine l’est-elle aussi ? Le narrateur ne peut trancher.

Beaucoup de « téléphonage » dans cet opus. L’instrument se démocratise.

De retour à Balbec, le narrateur se souvient de sa grand-mère, dont il apprend qu’elle était déjà fort malade lors de son précédent séjour.

En compagnie des invités des Verdurin, il prend le beau train d’une heure trente-cinq.

Les pages sur les généalogies des noms de villes sont un peu longues, mais cela change des généalogies des personnages. Quelques pages également sur le nom de certaines rues parisiennes.

Le narrateur relève par ailleurs les erreurs de langue, empruntées si souvent à l’anglais, mais qui ne nous choquent plus maintenant.

Les souvenirs du narrateur suivent les arrêts du train de la côte de Balbec. Mais il souffre de jalousie quand, dans ce même train, Albertine n’est pas avec lui dans le même compartiment.

Albertine, qui est cause de la fin de l’amitié entre le narrateur et son ami d’enfance Bloch. Ce premier se découvre snob (sans blague !)

Pour le narrateur, certains hommes sont de Sodome, et certaines femmes (dont Albertine ?) de Gomorrhe.

Quelques citations :

« Car aux troubles de la mémoire sont liés les intermittences du cœur. »

« Car comme les morts n’existent plus qu’en nous, c’est nous même que nous frappons sans relâche quand nous nous obstinons à nous souvenir des coups que nous leur avons assénés. »

« La médecine, faute de guérir, s’occupe à changer le sens des verbes et des pronoms. »

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A la recherche du temps perdu – Le côté des Guermantes – Marcel PROUST

lecotedesguermantesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Les Guermantes n’étaient pas seulement d’une qualité de chair, de cheveu, de transparent regard, exquise, mais avaient une manière de se tenir, de marcher, de saluer, de regarder avant de serrer la main, par quoi ils étaient aussi différents en tout cela d’un homme du monde quelconque que celui-ci d’un fermier en blouse. Et malgré leur amabilité on se disait : N’ont-ils pas vraiment le droit quoiqu’ils le dissimulent, quand ils nous voient marcher, saluer, sortir, toutes ces choses qui, accomplies par eux, devenaient aussi gracieuses que le vol de l’hirondelle ou l’inclinaison de la rose, de penser : « ils sont d’une autre race que nous, et nous sommes, nous, les princes de la terre. »

Mon avis :

Le récit commence avec l’emménagement de la famille dans une aile de l’hôtel particulier des Guermantes, rapprochant ainsi le narrateur de Mme de Guermantes dont il est tombé amoureux. Pour se rapprocher d’elle, il contacte Saint-Loup. S’ensuivent de nombreuses pages sur l’art militaire.

Une page également sur les différentes sortes de sommeil, et de nombreuses sur l’Affaire Dreyfus qui divise les familles.

La maîtresse de Robert est désignée par « Rachel quand du Seigneur« , d’après les premiers mots d’un opéra d’Halevy « La juive« .

Dans la seconde partie, la grand-mère du narrateur décède après une maladie qui la fait beaucoup souffrir et la diminue physiquement.

Le narrateur revoit Albertine à Paris, mais ses stratagème pour se rapprochèrent de Mme de Guermantes échouent. Celle-ci ne lui accorde son amitié que lorsque sa mère le convainc du ridicule de la situation. Son affection se reporte alors sur Mme de Stermaria.

La troisième partie m’a moins plue, n’étant pas passionnée par les conversations de salons ni par les généalogies de tout ce petit monde.

Et puis j’ai eu l’impression de relire, en plus délayée, « Contre Sainte-Beuve » du même auteur.

Toujours la présence de la lanterne magique, du style composite et du snobisme, entre autre.

L’image que je tiendrai :

Celle du valet de Mme de Guermantes et ses amours contrariées par sa maîtresse.

Quelques citations :

« Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre. »

« Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d’essayage. »

« Le genre de charme que je pouvais trouver chez elle et d’avoir l’humilité de ne me plaire que comme un herbier, plein de plantes démodées. »

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A la recherche du temps perdu – A l’ombre des jeunes filles en fleurs – Marcel PROUST

alombredesjeunesfillesenfleurLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Dans cette première partie du roman, le narrateur parle de ses relations à Paris, entre autres celles eues avec M. de Norpois ou encore avec son idole littéraire Bergotte. Il va également pour la première fois au théâtre où il voit enfin l’actrice qu’il aime tant, la Berma, interprétant Phèdre de Racine. On y lit ses déceptions incomprises par les autres vis-à-vis de sa première vision théâtrale. Puis, il arrive à se faire introduire chez les Swann. Alors sont décrites ses relations avec Gilberte Swann et ses parents : Odette de Crécy et Charles Swann. Ce dernier le prend en amitié, est très agréable avec lui, tout comme sa femme qui lui demandera de venir la voir personnellement même s’il n’a plus envie de rencontrer Gilberte, qu’il aime toujours, mais dont le sentiment à son égard – tout comme leur relation – va se désagréger peu à peu jusqu’au jour où il partira pour le pays qui l’attire tant : Balbec.

Arrivé dans la contrée dont il a tant voulu voir les cathédrales, le narrateur s’installe avec sa grand-mère et Françoise, leur employée, dans un hôtel pour un certain temps. Au début, sa vie est très solitaire, ne connaissant personne, il ne parle quasiment à personne hormis sa grand-mère, bien qu’il en ait très envie. Mais, de relations en relations, fréquentant Robert de Saint-Loup et le peintre Elstir entre autres (qui est l’artiste ami des Verdurin dont il est question dans Un amour de Swann : M. Biche), il finit par réussir à se lier d’amitié avec les jeunes filles qu’il observait depuis longtemps : Albertine, Andrée, Rosemonde… Il tombe amoureux d’Albertine qu’il essaie de rendre jalouse en se rapprochant d’Andrée, mais tous ses efforts seront réduits à néant lors d’une tentative de changement de relation vers la fin de l’ouvrage.

Mon avis :

On retrouve, dans la première partie et la moitié de la seconde, Gilberte et ses parents, sa mère tenant salon. Mais le narrateur n’est plus si amoureux de Gilberte et s’en détache peu à peu.

Dans la seconde partie, lorsque le narrateur part avec sa grand-mère à Balbec, celle-ci ne manque pas d’emmener Mme de Sévigné dans ses bagages, et y fait régulièrement référence.

il est question de la « petite bande » de filles : Albertine, Rosemonde, Andrée, les trois plus importantes.

Il est toujours fait référence aux cathédrales et aux églises, première visite du narrateur à Balbec : son église.

Les leitmotivs chers à l’auteur sont encore et toujours présents : la nature, la couleur, les salons et les préséances, mais aussi et surtout l’Amour. Il me semble que ce thème-ci est aussi important, dans le roman, que celui du Temps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de filles passant en vélo et habillées de polos noirs devant la plage, ce qui intrigue beaucoup le narrateur.

Quelques citations :

« ….leur amitié avec Bergotte, laquelle avait été à l’origine du charme que je leur avais trouvé… »

« Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies. »

« Il y avait toujours près du fauteuil de Mme Swann une immense coupe de cristal remplie entièrement de violettes de Parme. »

« Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent et l’habitude le remplit. »

« Elle était entourée de sa toilette comme l’appareil délicat et spiritualisé d’une civilisation. »

« On devient moral dès qu’on est malheureux. »

« Je me rendais compte à Balbec que c’est de la même façon que lui qu’elle nous présente les choses, dans l’ordre de nos perceptions, au lieu de les expliquer d’abord par leurs causes. »

« Cela fait penser à cette chambre du château de Blois où le gardien qui le faisait visiter me dit : « C’est ici que Marie Stuart faisait sa prière ; et c’est là maintenant où ce que je mets mes balais. »

« Je m’efforce de tout comprendre et je me garde de rien condamner. »

« …et je m’étais rendu mieux compte depuis qu’en étant amoureux d’une femme nous projetons simplement en elle un état de notre âme. »

« Une hygiène qui n’est peut-être pas très recommandable, mis elle nous donne un certain calme pour passer la vie, et suis – comme elle permet de ne rien regretter, en nous persuadant que nous vous teint le meilleur, et que le meilleur n’était pas grand’chose – et pour nous résigner à la mort. »

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A la recherche du temps perdu – Du coté de chez Swann – Nom de pays : le nom – Marcel PROUST

nomdepayslenomLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

« Noms de pays : le nom » évoque les rêveries du narrateur, ses envies de voyage, lui à qui la maladie interdit jusqu’à une sortie au théâtre. C’est donc à travers les horaires des trains qu’il voit Balbec et surtout Venise. 

Mon avis :

Où l’on retrouve la nature, les couleurs, les violettes qui ornent les décolletés d’Odette de Crecy, devenu Mme Swann.

Ah, qu’évoquent de splendeurs et de beauté les noms des villes italiennes…. Rien que du peu que nous en savons, nous voyageons déjà avant même de partir. Malheureusement, le narrateur ne partira pas en Italie cette année-là. Tant pis, il rencontrera Gilberte.

Le narrateur s’éprend de Gilberte, la fille de Swann et d’Odette, avec qui il partage le jeu des barres sur les Champs Elysées chaque après-midi, ou presque.

Bergotte est toujours cher au cœur du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de Gilberte glissant sur la glace pour rejoindre le narrateur malgré la neige.

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Love story à l’Iranienne – DELOUPY

lovestoryaliranienneDelcourt, 13 janvier 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.

Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Mon avis :

Prix BD-STAS de la Fête du Livre de Saint-Etienne 2016

Cette BD est une sorte de documentaire sur la jeunesse amoureuse d’Iran. Les reporters se sont rendus dans les grandes villes du pays pour rencontrer des jeunes amoureux qui ont bien voulu leur parler des difficultés de leur relation.

Dans ce pays, ce sont les parents qui décident avec qui va se marier une jeune fille : il faut que l’homme ait un appartement et une voiture, au minimum.

Hommes et femmes n’ont pas le droit de se promener ensemble dans la rue, sauf si ils sont mariés.

Parfois, au fil de l’interview, les deux parties se rendent compte qu’elles ne sont pas d’accord sur pleins de sujets, car les couples n’ont aucun espace ni temps de parole ensemble.

Certaines jeunes femmes interviewées acceptent aussi cette situation et ne dédaignent pas devenir mère au foyer.

Une lecture qui interroge, d’autant que les parents de ces jeunes-gens ont tous manifestés pour la démission du Shah. Des années après, rien n’a changé.

L’image que je retiendrai :

Des témoignages vraiment différents et contrastés.

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – Un amour de Swann – Marcel PROUST

unamourdeswannLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ce roman décrit l’amour que Swann, un homme de la haute société, porte à Odette de Crécy, une jeune femme aux mœurs légères. Mais, pour Swann, l’amour est indissociable de la jalousie et de l’angoisse qu’elle génère. Aussi va-t-il compenser les insuffisances d’Odette et construire sa propre image d’elle : en l’associant à une œuvre musicale, en la comparant à une bergère d’une fresque de Botticelli… Pour autant, cette idéalisation, cette esthétisation de l’être désiré suffiront-elles à sauver l’amour de la ruine ?

Mon avis :

Pas de transition entre la fin de Combray et le début de cette seconde partie. 

On devine, au fil de récit, que Swann est un aristocrate coureur de jupons, qui s’éprend d’une demi-mondaine.

Elle le fait inviter chez des bourgeois qui se piquent d’être des intellectuels à la mode. On sent de l’humour de la part du narrateur lorsqu’il fait parler un certain docteur.

Tout au long du récit, j’ai eu envie de crier à Swann : « Mais ouvre les yeux sur cette femme, bon sang ! Dés le premier abord, tu ne l’as pas trouvé jolie, ni même charmante. Elle te cache des choses, attention ! » Mais non, l’amour de Swann était aveugle. Et nous de deviner que M. De Charlus est tombé lui aussi sous le charme d’Odette.

J’ai aimé les pages sur la musique de Vinteuil, qui rappelle à Swann les premiers temps de son amour.

Moins de couleurs, moins de nature dans cette seconde partie. Plus de rapports sociaux sous la Troisième République.

L’image que je retiendrai :

Celle de Swann à la recherche d’Odette dans tous les restaurants de Paris encore ouvert tard le soir.

Quelques citations :

« Il se plongeait dans le plus enivrant des romans d’amour, l’indicateur des chemins de fer, qui lui apprenait les moyens de la rejoindre, l’après-midi, le soir, ce matin même ! »

« Ces images étaient fausses pour une autre raison encore : c’est qu’elles étaient forcément simplifiées. »

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A la recherche du temps perdu – Du côté de chez Swann – 1ère partie : Combray – Marcel PROUST

combrayLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, œuvre à part entière mais aussi amorce dramatique d’un joyau de la langue française, le narrateur s’aperçoit fortuitement, à l’occasion d’un goûter composé d’une tasse de thé et d’une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d’un buisson d’aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s’exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l’eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ».

Mon avis :

Force m’est de constater que lors de ma première lecture de ce texte il y a plus d’une vingtaine d’années, j’étais passée complètement à côté.

20 ans plus tard, devenu maman, je comprends et ressens les couchers tardifs du narrateur, grappillant encore et toujours un baiser de sa mère.

Je n’avais pas perçu, lors de ma première lecture, l’omniprésence de la nature dans ces pages : les fleurs, les lilas et les nymphéas.

Mais aussi la présence de la couleur, notamment la couleur jaune et rose.

J’ai aimé découvrir Combray et la tante du narrateur ; sa bonne et cuisinière et la découverte du sadisme par l’enfant.

Je n’avais pas oublié « La charité de Giotto » qui accouche dans la maison.

J’ai redécouvert la grand’mere qui ajoute un filtre d’art au cadeau qu’elle veut faire, aux risques et périls du receveur.

Enfin, j’ai aimé me laisser porter par les phrases et les associations d’idées du narrateur.

L’image que je retiendrai :

Celle de la visiteuse de l’oncle Octave, toute de rose vêtue avec un grand collier de perles.

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Carthage – Joyce Carol OATES

carthagePoints, 3 octobre 2016, 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout semble aller pour le mieux dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse.

Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère.

Mon avis :

C’est toujours avec une certaine appréhension que j’ouvre un livre de cette auteure. J’en ai follement aimé, et abandonné d’autres peu après les avoir commencé.

Celui-ci se situe entre les deux : j’ai aimé les personnages complexes ; beaucoup moins les longueurs inutiles sur les personnages secondaires.

J’ai aimé rencontrer M.C. Escher et ses créations étranges.

J’ai aimé le discours de Mme Oates sur la Guerre (en Irak ou en Afghanistan), qui détruit les jeunes hommes en quête d’idéal.

J’ai aimé le personnage de Cressida, même si dans ce roman, c’est elle qui tombe amoureuse de son futur beau-frère, pour le malheur de tous.

Dans ce roman, le paradoxe de Zenon (le père) est mis à mal : « toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible. » disait le philosophe grec du même nom.

Les pages sur la beauté / laideur m’ont moins touchées.

L’image que je retiendrai :

Celle du mur de la prison, si long, si gris.

Quelques citations :

« Les éléphants aussi enterrent leurs morts. (…) Sauf que les éléphants étaient capables de reconnaître les os de leurs morts des années plus tard. Une mère éléphant poussait des barrissements angoissés, saisissant les grands os courbes de sa grand-mère, enfouies dans la terre desséchée. Mais aucun être humain ne peut reconnaître les os d’un parent. »

« Il nous est nécessaire d’être farouchement aimé par une personne pour exister. » (p.410)

« Dans la totalité du monde biologique, le monde humain est le seul où les parents souffrent de la honte de leurs rejetons. Ce n’est possible dans aucune autre espèce que celle des Homo sapiens. » (p.467)

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Queen Anne de Fortnum and Mason

boite

J’aime beaucoup cette respectable maison de thés anglaise.

Dernièrement, j’ai tentée leur thé Queen Anne.

Le descriptif :

Créé en 1907, notre année du bicentenaire, ce mélange populaire commémore le souverain régnant dans l’année où Fortnum & Mason a commencé. Le mélange soigneusement sélectionnés de thés TGFOP Assam et de Ceylan FBOP produit un thé fort qui est rafraîchissant à tout moment de la journée.

Mon avis :

Un thé fort ? Je craignais qu’il ne soit trop fort, les anglais l’aimant ainsi. Mais finalement, je découvre avec plaisir un thé fin et goûteux pas du tout amer.

J’en reprendrais, c’est sûr !

queenanne

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L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.