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Plus haut que la mer – Francesca MELANDRI

plushautquelamerFolio, 3 mars 2016, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

1979. Paolo et Luisa ne se connaissent pas. À bord du bateau qui les emmène sur l’Île où sont détenus leurs proches, chacun ressasse la tragédie dont il a été victime. Le fils de Paolo a été condamné pour des actes terroristes. Le mari de Luisa pour avoir tué deux hommes.

Le mistral empêche les visiteurs de regagner la côte. Ils passent la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco, avec qui une étrange complicité va naître.

Un roman tout en subtilité sur ces infimes moments de grâce qui font basculer les vies.

Mon avis :

Ca commence un peu rudement : tabassages, menaces, gardiens.

Puis le récit commence et entremêle trois vies : celle de Luisa, femme de paysan avec 4 enfants qu’il faut nourrir ; Paolo, ancien professeur de philosophie qui a perdu la relation si particulière qu’il avait avec son fils ; Pierfrancesco le gardien qui se laisse peu à peu rattraper par la violence de son travail.

Au gré des paragraphes, se dévoilent la vie de chacun, par petites touches, en même temps que se déroule le récit.

Et, par opposition aux actes violents qui ont conduits les personnages secondaires en prison, les personnages principaux vivent des instants qui leur ouvriront un monde de douceur.

Une lecture poignante, une fois le livre refermé, par tout ce qu’elle contient sans le dire. Il y a encore des êtres de bonne volonté dans ce monde.

L’image que je retiendrai :

Celle de Paolo et Luisa se tenant par la main, sans rien se dire, comme une évidence.

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Ce coeur changeant – Agnès DESARTHE

cecoeurchangeantEdition de l’Olivier, 20 août 2015, 338 pages

Présentation de l’éditeur :

C’est une histoire qui commence en 1889 à Soro, au Danemark. Et qui se termine en 1931, au même endroit : la « maison » Matthisen, demeure ancestrale d’une vielle famille de la noblesse. Trois femmes occupent les rôles principaux : Mama Trude, la grand-mère ; Kristina, la mère, qui épouse un officier français, René de Maisonneuve ; leur fille, Rose.

A 20 ans, Rose quitte le manoir familial et part vivre à Paris. C’est elle l’héroïne de ce roman mené tambour battant, et qui la conduit d’une fumerie clandestine d’opium à un appartement bourgeois de la rue Delambre où elle vit en couple avec une femme, Louise, avant de recueillir une enfant trouvée, Ida, qui deviendra sa fille.

C’est le début du siècle – l’affaire Dreyfus, la guerre de 14, les années folles, les voitures Panhard-Levassor, le féminisme – qui défile en accéléré, mais sans jamais tomber dans la reconstitution historique.

Car le vrai sujet de ce formidable roman, c’est le destin de Rose et la manière dont elle parvient, petit à petit, à en déchiffrer le sens.

Mon avis :

J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire contée, à cause du style si particulier de l’auteure. Et pourtant. Après quelques pages et un bon galop d’essai, je fus ferrée.

Une lecture exigeante, qui montre que le temps est circulaire : le roman débute sur le lac et fini au même endroit.

Une triple histoire triste : celle de Rose, au premier plan, qui découvre la vie avec ses yeux d’enfants et se laisse porter par elle jusqu’à la mendicité ; celle de sa mère qui engage une meurtrière pour s’occuper de son enfant ; celle de la grand-mère qui se sépare de ses enfants pour les protéger. La séparation et ses conséquences est un des thèmes central de ce roman.

Seul personnage masculin, le père s’en réfère à Spinoza.

La Grande Histoire est toujours très proche, qui influence leurs actions jusqu’à la folie.

Enfin, l’auteure fait elle aussi référence aux portraits du Fayoum.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rose et Ida sous l’escalier, dernier refuge pour cette mère perdue.

Lydie a adoré cette lecture.

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Noire solitude – Ann CLEEVES

noiresolitudeBelfond, 20 mai 2009, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une matinée glaciale de janvier, Fran Hunter, tout juste de retour sur l’île de son enfance, remarque une scène étrange. Un éclat rouge, la danse macabre des corbeaux sur la lande couverte de neige. Et soudain, sous ses yeux, le cadavre de Catherine Ross, une adolescente du village.

Tous les regards se tournent alors vers le coupable idéal : Magnus Tait, un vieil homme solitaire, simple d’esprit, rejeté par les habitants. Mais pour l’inspecteur Jimmy Perez, débarqué du continent avec ses hommes, la piste semble un peu trop évidente.

Lorsqu’il décide de poursuivre ses investigations, la suspicion et la peur s’emparent de la petite communauté shetlandaise. Les portes se ferment tandis que le tueur rôde…

Mon avis :

Que ce roman est lent. L’enquête n’avance pas, sauf dans les 5 dernières minutes pages dans lesquelles on assiste à un dénouement que rien ne laissait prévoir.

Un roman type Agatha Christie dans lequel même l’auteur semble ne pas savoir qui est le meurtrier avant de nous le dire.

L’intérêt est avant tout de nous faire partager la vie des protagonistes dans les Shetlands, dans un village où tout se sait, ou presque.

Une lecture qui ne m’a même pas fait voyager.

L’image que je retiendrai :

Celle du corps de la petite Catriona caché dans la tourbe après son assassinat. La tourbe, ça conserve.

Manue a un avis plus enthousiaste que le mien.

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La Madone de Notre-Dame – Alexis RAGOUGNEAU

madonnenotredameEditions Viviane Hamy, 23 Janvier 2014, 201 pages

Présentation de l’éditeur :

La police et Claire Kauffmann, la procureur, s’interrogent. Qui est cette morte à la robe blanche ? Au nom de quelle abomination lui a-t-on scellé le vagin à la cire de cierge ? Sa présence lors de la procession du 15 août tenait-elle de la provocation ou de la ferveur religieuse ?

Le père Kern, le prêtre de Notre-Dame, est persuadé que l’enquête fait fausse route. Pour élucider le mystère de la Madone, l’homme de foi remontera jusqu’aux racines du mal…

Mon avis :

Premier volet des enquêtes du Père Kern, prêtre à Notre-Dame de Paris et aumônier de prison. Je l’avais déjà découvert en commençant par lire le second volet Evangile pour un gueux.

Dans cet opus, l’auteur met en place ses personnages, même si certaines de leur blessures ne nous seront expliquées que dans le second roman.

Révisez votre vocabulaire d’histoire de 5e afin de ne pas vous perdre entre déambulatoire, nef ou transept.

Des personnages haut en couleur, profondément humain.

Je ne manquerai pas de lire le troisième roman, quand il sortira…..

L’image que je retiendrai :

Celle des dessins de l’Ange Blond qui ornent sa chambre : la Vierge Marie sous toutes les coutures, absolument toutes.

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Entretien avec le diable – Olivier BARDE-CABUCON

entretientaveclediableActes Sud Editions, 2 mars 2016

Présentation de l’éditeur :

Une jeune fille possédée par le diable, des villageois qui meurent chaque jour, une abbaye hantée depuis la mort de son abbé, une mystérieuse Dame blanche errant dans la forêt… Le mal aurait-il envahi cette vallée perdue de Savoie ? Et qui est cette jeune fille à la capuche rouge qui semble ne pas avoir peur du loup ?

Sur le chemin qui les ramène de Venise à Paris, le commissaire aux morts étranges et son père vont profiter de leur étape dans ce lieu insolite et reculé pour opposer les préceptes de la raison aux manifestations de l’inexplicable. Temporairement aveugle, le chevalier de Volnay doit s’en remettre à l’ingénue Violetta et à ses sens exacerbés par la tension ambiante. Son père, quant à lui, cache tant bien que mal son excitation sous sa robe de bure : car quoi de plus tentant, pour un moine hérétique, que de s’entretenir avec le diable lui-même ?

Mon avis :

Je retrouve le personnage du commissaire aux morts étranges, dont j’avais lu la première aventure qui ne m’avait pas convaincue (trop de bavardages). Dans ce dernier opus paru, l’auteur va à l’essentiel, tant mieux.

Si certains aspects du récit m’ont fait penser au film L’exorciste, j’ai en revanche apprécié le côté Petit Chaperon Rouge de l’histoire. Les contes disent vrai, les jeunes filles doivent se méfier des forêts et des loups. Et des bucherons aussi, parfois.

Certains dialogues ne sonnent pas trop 18e siècle, mais j’ai tout de même passé un agréable moment dans cette vallée perdue de Savoie.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère Valentin, l’herboriste, qui a fit vœux de silence mais qui respecte peu cette règle.

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Prends garde – Milena AGUS

prendsgardeLiana Levi, 8 Janvier 2015, 176 pages

Présentation de l’éditeur :

Pouilles, printemps 1946.

D’un côté il y a les soeurs Porro, qui vivent recluses dans leur palais et ignorent le monde environnant. De l’autre les ouvriers agricoles, bousculés par la guerre et tenaillés par la faim. Les soeurs continuent à tenir leur rang, à se rendre à l’église, à se pencher sagement sur leurs broderies. Les travailleurs, eux, se mobilisent pour obtenir un emploi, nourrir leurs enfants, contenir la pression des réfugiés qui affluent dans la botte du pays.

Ce jour de mars 1946 la foule se rassemble sur la place où s’élève la noble demeure pour un meeting syndical lorsqu’un coup de fusil retentit.

Milena Agus a rempli les vides de cette histoire vraie grâce à son imagination. Elle fait revivre sous les yeux du lecteur les soeurs Porro, prisonnières comme les paysans de leur condition sociale mais coupables de n’avoir pas ouvert les yeux sur les cruautés de l’Histoire.

Luciana Castellina nous relate cet épisode de l’Histoire dans le contexte trouble de l’époque : le débarquement allié en Italie du Sud, la dissolution du Parti fasciste, l’établissement du roi à Brindisi, l’arrivée des réfugiés dans les Pouilles et les révoltes paysannes.

Mon avis :

J’ai longuement hésité : que faut-il lire en premier ? Le roman ou l’histoire brute ? J’ai opté pour le roman. Et c’est la partie que j’ai préférée.

L’histoire brute est trop succincte, traitée froidement, et avec des références politiques locales qui m’ont échappées.

Le roman, qui s’attache aux personnages des soeurs, m’a plu. Leur enferment dans un autre siècle, leur appartenance à une lignée qui ne fait rêver plus qu’elles, leur aveuglément sur ce qui se passe dans le village.

Les deux auteurs ne s’attardent pas sur la violence déchainée ce soir-là et le sort réservé à deux des soeurs.

L’image que je retiendrai :

Celle des draps et des affaires stockés dans les innombrables placards de la propriété et qui ne servent jamais.

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Le fils – Jo NESBO

lefilsGallimard, 8 octobre 2015, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Sonny Lofthus est héroïnomane, mais c’est un prisonnier modèle. Endossant des crimes qu’il n’a pas commis pour expier le souvenir du suicide de son père, policier corrompu, il fait également figure de guérisseur mystique et recueille les confessions de ses codétenus. Un jour, l’une d’elles va tirer Sonny de sa quiétude opiacée. On lui aurait menti toute sa vie, la mort de son père n’aurait rien d’un suicide…

Il parvient alors à s’évader de prison et, tout en cherchant une forme de rédemption, va se livrer à une vengeance implacable. Errant dans les bas-fonds d’Oslo, en proie aux démons du ressentiment et du manque, il entend bien faire payer ceux qui ont trahi son père et détruit son existence. Quel qu’en soit le prix.

Mon avis :

Il faut quelques chapitres pour que s’installe l’intrigue et le personnages. Puis la quête du fils commence, et ce sera un carnage.

Malgré son parcours sanglant, le personnage du Fils est attachant, qui découvre l’amour.

La taupe, à l’origine du carnage, ne se devine pas un seul instant. Le mystère plane jusqu’à la toute fin. L’auteur maîtrise à la perfection les codes du genre.

Un roman noir à souhait, avec juste ce qu’il faut d’hémoglobine.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage du Fils, très christique, toujours calme et donnant l’absolution à qui le lui demande.

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Congo Requiem – Jean-Christophe GRANGE

congo-requiemAlbin Michel, 4 mai 2016, 736 pages

Présentation de l’éditeur :

On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan. 

Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu’à Lontano, au coeur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris. 

Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi : L Homme-Clou. 

Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver l’auteur dans un univers à chaque fois différent. Quoi que. Depuis Le vol des cigognes, on sent que l’auteur est attiré par le continent africain.

Il nous entraîne ici dans un paysage alternant poussière rouge et vert forestier. Avant de planter le décor dans l’ardoise bretonne.

J‘ai beaucoup aimé l’intrigue, mêlant trois histoires au départ, qui se rejoignent en fin de volume.

L’auteur emprunte également au côté définitif de Game of Thrones pour certains personnages ; à Shutter Island et son monde de la psychiatrie.

Encore une fois, il fait fort, très fort.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grégoire, chef de clan détesté par ses enfants, mais finalement vengé par eux. La famille….

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman si impatiemment attendu.

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Les racines du sang – Natacha CALESTREME

lesracinesdusangAlbin Michel, 4 mai 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Un homme est retrouvé assassiné d’un coup de couteau à la jugulaire dans le parking sous-terrain de l’immeuble où vit sa maitresse. Une rose est enfoncée dans la plaie et du sucre est découvert dans la gorge de la victime… Assez vite, un deuxième puis un troisième cas apparaissent, présentant le même modus operandi. S’agit-il d’une vengeance familiale, professionnelle ou la signature d’un tueur en série ?

De l’Afrique au prise avec Ebola, en passant par des magouilles de laboratoires, de manipulations et de guerre des polices, on s’aventure avec délectation dans un enchevêtrement de pistes, formidablement rythmées, et l’on retrouve l’attachant major Yoann Clivel, avec ses zones d’ombre et son passé douloureux qui s’ouvre enfin à ses perceptions extrasensorielles.

Mon avis :

Malgré les exhortations de Florinette à lire Le testament des abeilles du même auteur, je n’avais jamais ouvert un de ses livres : l’occasion ne c’était jamais présentée.

J’ai donc découvert l’auteure et son personnage avec ce troisième roman qui s’attaque à un scandale sanitaire et pharmaceutique mondiale.

J’ai trouvé dès le départ le ton un peu didactique, j’avais l’impression d’être revenu à l’école. Passée cette première impression, l’auteure a su m’entraîner dans son histoire au milieu de ses personnages dont certains ont des perceptions extrasensorielles et s’en servent.

Le récit nous emmène même en Afrique côtoyer les féticheurs.

J’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de Yoann s’expliquant avec son demi-frère Valentin dans un café, ce qui leur permet de se pardonner mutuellement.

Je remercie Gilles Paris pour l’envoi de ce roman tout juste sorti.

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Après le carnage – T. C. BOYLE

apreslecarnage Grasset, 6 mars 2013, 475 pages

Présentation de l’éditeur :

Au large de Santa Barbara, les Channel Island, havre de paix pour une faune luxuriante que sont venus à peine déranger, au fil des siècles, quelques aventuriers solitaires, fermiers, hippies et autres naufragés…

Dave LaJoy, défenseur acharné des droits des animaux, a déclaré une guerre sans merci à Alma Boyd Takesue, une biologiste qui s’est donné pour mission d’éradiquer les bestioles les plus nuisibles à l’écosystème de l’archipel. Entre ces deux écologistes aux méthodes radicalement opposées, une lutte fratricide s’engage, qui va bientôt prendre des proportions dantesques.

Mon avis :

Que de descriptions, de détails inutiles, de flash-back. Je n’ai pas eu envie de lire tous ces détails, je souhaitais que l’auteur en vienne enfin aux faits.

Et des faits, il n’y en a pas beaucoup dans ce roman. De plaidoyer écologique non plus, d’ailleurs.

C’est plus une différence de personnalité entre deux personnages. Pour un final en queue de poisson.

Premier roman que je lisais de l’auteur, pas certaine d’en lire un autre un jour….

L’avis plus enthousiaste de Clara.

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La terre des Wilson – Lionel SALAUN

laterredeswilsonLiana Levi, 1 avril 2016, 200 pages

Présentation de l’éditeur :

Dick Wilson a quitté ce bout de terre misérable au Nord-Ouest de l’Oklahoma avec sa mère alors qu’il était tout juste adolescent. Quinze ans plus tard, le voici de retour avec chapeau et fine moustache, dans une belle voiture aux pare-chocs chromés.

Retrouver la petite ferme familiale ne va pas de soi, d’autant que des événements déconcertants se sont produits en son absence. Annie Mae, son amie d’enfance, vit à présent avec le vieux George, le père de Dick, un homme rustre et violent dont elle a un enfant. Dick étouffe sa rancoeur derrière des manières affables et des projets ambitieux pour lesquels il embauche Jasper, un pauvre hère du comté.

Qu’espère-t-il trouver dans ce pays désolé ? Peut-être l’or noir dont tout le monde parle. Peut-être l’or jaune – l’alcool – dont il connaît toutes les routes secrètes et qui dans cet état où la prohibition est maintenue, pourrait rapporter gros. Peut-être quelques réponses à ses propres démons.

Lionel Salaün renoue avec les paysages de l’Amérique profonde. Celle du début des années 30, de la Grande Dépression et des  » dust bowl « , ces tornades de poussière qui ont mis à genoux les agriculteurs pendant près d’une décennie. Un monde féroce où seule la fraternité est rédemptrice.

Mon avis :

Le style m’a dérouté dès les premières pages : beaucoup de virgules, des phrases hachées. J’ai bien cru que ce procédé allait être rédhibitoire. Mais finalement, cela créer un rythme et une atmosphère plutôt envoûtante.

L’histoire est intéressante, qui raconte la revanche d’un fils sur son père. Père qui m’a fait pitié : il s’acharne à cultiver une terre qui ne donne plus rien depuis le début de la Grande Sécheresse. Un homme qui refuse de partir vers des terres plus vertes et qui s’accroche à son bout de désert. Il défoule sa rage sur la pauvre mule ; on prend les palliatifs que l’on peut.

Je ne connaissais pas les « dust bowl », ces tornades de poussières qui ravagèrent des états entiers aux Etats-Unis pendant la crise de 29 et après. L’auteur a très bien mis en scène cette catastrophe créée par l’homme.

L’image que je retiendrai :

Celle de la poupée qu’offre Dick à la fille d’Annie Mae, si délicate, si blanche dans cet univers de poussière. 

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Le grand n’importe quoi – J.M. ERRE

grandnimportequoiBuchet Chastel, 11 février 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

L’action se déroule le samedi 7 juin 2042, à 20h42.

Durant cette minute qui n’en finit jamais, de nombreux personnages vont se croiser dans les rues d’un petit village de la campagne française après l’apparition d’une soucoupe volante et la tentative d’enlèvement d’un villageois par des extraterrestres.

Parmi eux, on suivra notamment le destin de : Lucas, un réfugié monégasque qui n’aurait jamais dû se rendre avec sa future ex-fiancée à une soirée costumée pleine de culturistes ; Alex, un auteur de science-fiction en panne d’inspiration qui n’aurait jamais dû ouvrir sa porte à Marilyn Monroe ; le Grand Joël, auteur de L’Incroyable Révélation, un modeste essai qui apporte une réponse définitive aux plus grands mystères de l’univers ; Madeleine, maire du village et conceptrice d’une technique imparable pour échapper aux angoisses existentielles ; Bob et Douglas, les philosophes du bar local, qui commentent l’action avec l’ampleur lyrique d’un ch ur antique (ou presque) ; et, en guest star, Alain Delon, dans un rôle inédit.

Mon avis :

De l’auteur, j’ai aimé tous les romans que j’ai lu (tous sauf un). J’aime son univers décalé et son humour travaillé, plein de petits détails de langage jubilatoire.

Même si je ne suis pas fan de science-fiction, l’auteur a réussi à m’emmener dans son histoire invraisemblable.

Et là ou l’auteur fait fort, c’est quand il nous parle, à travers ses personnages, de physique quantique et du chat de Schrödinger. J’ai entrevu un début de compréhension, bien que cette question tienne plus de la philosophie, à mon avis, que de la science dure.

J’allais oublier les Malgaches qui ont racheté toutes les grosses entreprises planétaires. Ainsi, McDonald est devenu MalagMcDo. Entre autre.

L’auteur publie avec régularité un roman tous les deux ans. Je prends donc RDV pour 2018.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux alcooliques devant leur boisson et leurs cacahouètes venant à manquer, se demandant si le chat est encore vivant dans le carton…..

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Confidences à Allah – Saphia AZZEDINE

confidencesaallahFuturopolis, 5 juin 2015, 86 pages

Présentation de l’éditeur :

« Allah, si j’étais née dans une famille bien, dans une ville bien, avec une éducation bien, j’aurais forcément été une fille bien. Mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé au départ, Tu avoueras que je suis partie avec vachement plus d’emmerdes »

Eddy Simon et Marie Avril adaptent le monologue fiévreux de Saphia Azzeddine, portrait sans concession d’une jeune femme qui rêve d’émancipation et refuse de se soumettre.

Mon avis :

Un graphisme et des couleurs soignés, tout en nuances. Des chapitres de la vie de Jbara séparés par une page blanche avec un seul dessin au fusain.

Quelle vie que celle de cette petite bergère qui ne se satisfait pas de la pauvreté de ses parents, et qui a très tôt compris l’emprise des hommes et de la religion sur la société.

Jbara est une femme libre qui, avec peu de moyen mais beaucoup de chance, décide de mener la vie qu’elle veut.

Et pendant toutes ces pages, elle s’adresse à Allah et lui parle comme une fille à son père.

Magnifique.

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L’analphabète : récit autobiographique – Agota KRISTOF

analphabeteEditions Zoé, 27 août 2004, 58 pages

Présentation de l’éditeur :

L’Analphabète est l’unique texte autobiographique d’Agota Kristof. L’auteur y retrace son étrange parcours : l’amour des mots, la rupture du « fil d’argent de l’enfance », elle parle de l’adolescente qui écrit des poèmes et finalement décrit l’exil qui n’est pas seulement exil hors d’un pays mais surtout hors d’une langue. C’est avec horreur que la narratrice se constate «analphabète» devant la nouvelle langue qu’est pour elle le français.

Dans ce texte dense et précis, elle retrace aussi ses premières années de vie en Suisse, le travail d’usine, la passion de l’écriture : «Ce dont je suis sûre, c’est que j’aurais écrit, n’importe où, dans n’importe quelle langue». Ce sera le français.

Mon avis :

Il y a trèèèès longtemps, j’avais lu Le Grand Cahier, puis La preuve, et enfin Le troisième mensonge. Quelle claque ! De leur auteure, je ne savais rien, et je n’avais pas cherché à savoir, ses textes me suffisaient.

Après l’avis de Cathulu sur ce court texte autobiographique, je décidais de le lire.

Avec des mots simples et précis, l’auteure nous parle, certes de son enfance, mais surtout de sa farouche volonté d’écrire.

Son périple pour fuir la Hongrie m’a émue et raisonne avec l’actualité. On accueillait plus volontiers les personnes fuyant l’Europe de l’Est que les actuels migrants.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Agota et son frère aîné, puni pour avoir fait croire au petit dernier qu’il était un enfant adopté.

Merci Cathulu pour cette idée de lecture.

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L’amie prodigieuse – Elena FERRANTE

amie-prodigieuseFolio, 1er Janvier 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée.

Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Mon avis :

J’avais décidé de lire la trilogie à la suite, mais ce premier volet a fait partie de la sélection de mon club de lecture pour le mois de mai.

Je découvre ainsi les deux amies inséparables, malgré le temps qui passe et le choix de vie que leurs parents font pour elles.

L’arrière-plan du roman m’a le plus intéressé : un quartier populaire de Naples où l’on ne parle que le patois ; les femmes à la maison avec les enfants et les maris au travail ; la violence et les rapports de force omniprésents.

Lila adopte cette attitude très masculine tôt dans son enfance. Elena est plus discrète, qui se laisse influencée par son amie. Si Elena a des notes moyennes, Lila a déjà perçu qu’il faut se battre et souhaite être la meilleure tout le temps.

En revanche, Lila est souvent décrit comme méchante. Je n’ai pourtant pas perçu ce trait de caractère au fil de ma lecture.

Et puis Lila se met à souffrir de crises étranges qui sont restés mystérieuses, sans véritable explication. J’espère en apprendre plus dans le prochain opus.

Autre détail gênant : l’auteure, régulièrement, nous annonce qu’il va se passer un fait marquant, que le cours de sa vie va changer pour deux raisons avant de nous les expliquer. J’ai trouvé le procédé un peu lourd. Pas besoin d’appuyer sur la tête du lecteur pour lui faire regarder dans la bonne direction.

Deux amies que je retrouverai avec plaisir dans le prochain volet.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures extravagantes que LIla imagine et se bat pour fabriquer.

club-lecture

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Someone – Alice McDERMOTT

someoneQuai Voltaire, 27 août 2015, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Brooklyn, années 30, quartier irlandais.

Marie vit avec ses parents, immigrés avant sa naissance, et son grand frère Gabe dans un minuscule appartement bien astiqué. Son père boit trop mais il aime sa fille tendrement. Sa mère a la rudesse des femmes qui tiennent le foyer.

Tandis que Gabe se destine dès le plus jeune âge à la prêtrise, Marie traîne sur les trottoirs de New York avec ses copines, colportant les cancans du bloc d’immeubles, assistant aux bonheurs et aux tragédies d’un quartier populaire.

Viendront le temps des premiers émois, puis du premier emploi, chez le croque-mort du quartier, le débonnaire M Fagin. Un jour, elle rencontre Tommie, GI détruit par la guerre qui vient de s’achever, employé d’une brasserie de bière et ancien paroissien de Gabe. Tommie est ce qu’on appelle « un gars bien ». Ensemble, ils vont élever quatre enfants qui connaîtront l’ascension sociale américaine.

Poignant et caustique, le récit de la très ordinaire vie de Marie – un parcours de femme, des tracas et des joies d’épouse, de mère, de fille, de soeur, d’amie – devient un témoignage historique évocateur de la communauté irlandaise du New York des années 30, du traumatisme de la guerre, des mutations sociologiques de l’époque contemporaine.

Mon avis :

Je n’ai pas trouvé le fil conducteur de ce roman. Celui-ci est construit par petites touches en fonction des souvenirs de Marie.

Je qualifierai le personnage de jeune fille un peu écervelée, mais à la tête dure. Elle se laisse porter par la vie, sans forcément chercher à comprendre ceux qui l’entoure.

Il m’a manqué un peu de profondeur pour vraiment adhérer au propos.

Malgré tout, le récit offre un beau panorama de la vie des immigrés à Brooklyn dans les années 30, ainsi qu’un pan de la vie de ce quartier avant sa chute.

L’image que je retiendrai :

C’est le mot « Amadan » prononcée par l’amie de Marie et que celle-ci répète à tout bout de champs, sans forcément comprendre sa signification.

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Le Voyage des Pères T4 : Barabbas – David RATTE

barabbasPaquet, 30 mars 2016, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Jérusalem, an 33 de notre ère…

Ils s’appellent Barabbas, Moshé, Amos… Ils ne sont pas contents et ils ont un message pour Rome : « l’Empire n’est pas le bienvenu en terre promise. » Découvrez comment l’opération « Polus Botus » va mettre cette brochette de révolutionnaires sur la route d’un messie nazaréen…

Et de trois pères en voyage. Il faut dire qu’en ce moment on rencontre de drôles de gens à Jérusalem.

Mon avis :

Dans ce cycle 2, les trois pères ne sont plus les personnages centraux. L’auteur s’intéresse maintenant aux personnages « périphériques », dans ce nouvel opus : Barabbas.

Il y a toujours autant d’humour et de décalage, j’adore !

Vivement la suite…..

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Ca aussi, ça passera – Milena BUSQUETS

capasseraLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

C’est l’été, la saison préférée de Blanca. Après le décès de sa mère, elle quitte Barcelone pour s’installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sur cette terre riche des souvenirs de son enfance, sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l’apaisement.

Mais elle ne part pas seule, une troupe disparate et invraisemblable l’accompagne : ses deux ex-maris, les fils qu’elle a eus d’eux, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère défunte, à qui elle ne cesse de parler par-delà la mort, tant cette disparition lui semble difficile et inacceptable.

Les baignades, les promenades en bateau et les siestes dans le hamac vont se succéder, tout comme ces longs dîners estivaux au cours desquels les paroles s’échangent aussi facilement que les joints ou les amours. Les souvenirs affleurent alors, faisant s’entrelacer passé et présent.

Blanca repense à cette mère fantasque, intellectuelle libre et exigeante, qu’elle a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre silencieuse et intense dans laquelle elle essaie de faire le bilan le plus honnête de leur relation douloureusement complexe. Elle lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants que face à la mort elle choisit l’élégance, la légèreté, la vie. Elle lui dit qu’elle choisit l’été et Cadaqués car elle sait que ça aussi, ça passera.

Mon avis :

Un roman à la fois léger et grave sur le décès d’une mère qui hante Bianca pendant ses vacances à Cadaquès.

Bianca aime la vie et la croque à pleines dents.

Malgré le sujet certes grave, j’ai passée une belle après-midi de lecture en compagnie de cette femme un peu fofolle.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’histoire inventée par la mère de Bianca qui raconte que l’empereur de Chine avait demandé à ses plus grands savants de lui trouver la phrase pouvant être utilisée à tout propos. « Ça aussi ça passera » fut leur réponse.

Quelques citation :

« Je crois que je partage avec la plupart des femmes de la planète, et peut-être avec le pape et quelque autre chef religieux, l’idée folle que seule l’amour nous sauvera. » (p.50)

« Je ne sais pas si la vie aurait autant de sens s’il n’y avait pas les nuits d’été. » (p. 65)

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Te ji hua cha – Teatower

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Issu de notre sélection 2009 exclusive, ce thé vert parfumé nous emmène dans la région de ChongQing, à l’Ouest du barrage des 3 gorges. On y récolte aussi les fleurs de ZhenZhulan (Cloranthus Spicatus) dont le nom pourrait se traduire par « orchidée de perles ». Inconnue par chez nous, la saveur de ces fleurs est particulièrement raffinée et rafraichissante.
 

Thé vert parfumé avec : orchidée de perles (zhenzhulan)

Mon avis :

Une maison de thé que j’ai découverte il y a peu, Teatower offre une belle sélection de thés natures ou parfumés.

Un thé vert très désalterant que j’aime boire après le sport.

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L’ours est un écrivain comme les autres – William KOTZWINKLE

ours-ecrivain10X18, 21 Janvier 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain.

Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Mon avis :

Un récit sympathique qui nous décrit les affres de la vie d’un écrivain : négociation de contrat, promos, pression pour écrire son prochain roman.

En parallèle, si l’ours devient de plus une personne, l’écrivain lésé se rapproche de la nature et de son ursitude, allant jusqu’à hiberner. C’est cette partie-là du roman que j’ai préféré.

L’ours-voleur, lui, préfère les femmes avec des poils sur les jambes, et découvre que les jambes de ces dites-femmes sont toutes différentes, contrairement à celles des ourses. Sacré plaidoyer contre l’épilation.

J’ai également appris que les ours ne s’accouplaient qu’une fois par an, ce qui pose problème à notre ours-voleur avec la gent féminine humaine.

L’auteur s’en donne à coeur joie en comparant son ours-voleur à Ernest Hemingway, grand écrivain bourru, ou encore à Albert Einstein tête en l’air.

Un roman moins léger qu’il n’y parait avec lequel j’ai passé un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’ours-voleur se régalant de miel et de sucrerie, comme une jouissance.

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Intérieur nuit – Marischa PESSL

interieur-nuitGallimard, 20 août 2015, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott Mc Grath ne voit pas les choses du même oeil.

Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, Mc Grath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’oeuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, Mc Grath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore.

Mon avis :

Quel roman ! Quelle histoire ! A la limite du coup de coeur, parce qu’il y a un mais : je n’ai pas aimé les mots en italiques, beaucoup trop nombreux dans le texte.

Mis à part cet infime détail, je me suis régalée : du suspens autour de la mort d’Ashley et une enquête journalistique qui soulève bien des voiles.

Un trio de fouineurs improbables : un journaliste, un dealer et une jeune fille travaillant dans un vestiaire de restaurant.

Un mystérieux réalisateur de films d’horreur dont on découvre la filmographie au fil des chapitres (l’auteure a inventé de toute pièce chaque film, chapeau !).

Une mystérieuse suicidée au caractère bien trempée qui pratique la magie noire. Bien que le trio doute jusqu’au bout de son suicide et imagine plutôt un meurtre.

Des articles de journaux et de blogs glissés très à-propos dans le récit, venant dynamiser celui-ci. Des pages noires intercalées pour délimiter une visite nocturne qui tourne au cauchemar.

Et au milieu de tout ce noir, la couleur orange qui revient, comme un leitmotiv lumineux.

Une atmosphère dont on ne sort pas indemne. Un livre qui ne vous lâche pas si facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sam, la fille de McGrath, qui vient apporter une touche d’innocence dans ce roman noir.

Mercis Clara, Jostein et Richard pour cette idée de lecture.

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La renverse – Olivier ADAM

larenverseFlammarion, 6 janvier 2016, 266 pages

Présentation de l’éditeur :

« Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. A l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. « 

Mon avis :

L’auteur nous emmène dans l’univers de la politique de province, dans une ville de banlieue coincée entre Paris et Rouen. 

Qui plus est se mêle une sortie histoire de sexe ardemment décrite sur fond de pouvoir social.

Au milieu d’adultes aux dents longues surnage un adolescent paumé et rêveur, devenu l’adulte qui nous raconte l’histoire à postériori.

Et comme nous, pauvre lecteur, avons l’habitude d’adhérer aux histoires que nous raconte Olivier Adam, nous croyons les yeux fermés à l’histoire que nous raconte le narrateur. Avant que la dernière partie, lorsque l’adolescent se réveille, nous apporte une autre façon d’envisager cette histoire.

Un roman un peu moins misérabiliste que les précédents, mais toujours aussi près d’une certaine réalité sociale.

L’image que je retiendrai :

Celle du narrateur travaillant dans une librairie bretonne au bord de la mer, frappée par les embruns.

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L’intranquille – Gérard GAROUSTE et Judith PERRIGNON

intranquilleLe livre de poche, 5 Octobre 2011, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Je suis le fils d’un salopard qui m’aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des juifs déportés. Mot par mot, il m’a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation.

A vingt-huit ans, j’ai connu une première crise de délire, puis d’autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l’enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n’ai été qu’une somme de questions. Aujourd’hui, j’ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j’ai compris.

Mon avis :

De l’artiste, je ne connaissais rien, ni sa vie, et encore moins son œuvre. J’ai donc découvert un enfant malheureux entouré de secrets de famille (mais qui ne l’est pas…), un adulte qui peine à grandir et que les crises de folie dévaste, un artiste monté très vite en gloire ; un homme tourmenté comme l’illustre si bien la couverture.

J’ai trouvé malgré tout la narration un peu brouillonne, et le mot de la fin un peu trop angélique.

Cependant, cet autoportrait à quatre mains m’a donné envie de découvrir les tableaux du peintre avec Le Classique et l’Indien.

L’image que je retiendrai :

Celle des débuts de l’artiste, qui commence par peindre les boîtes de nuit du Palace.

Quelques citations :

« Il savait que la qualité de vie se mesure à la distance d’un père à son fils. » (p.132)

« Ce n’est pas un hasard si cette toile m’a ouvert les portes (à propos de son tableau Adhara). Elle dit mon rêve, mon choix, l’imbroglio de mes pensées, mon langage des signes, cette idée, à laquelle je tiens, qu’on représente une chose et qu’on en raconte une autre. Celui qui la regarde n’y verra pas forcément tout ce que j’y ai mis, c’est l’intensité qui doit passer. » (p.146).

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Le crime : histoire d’amour – Arni THORARINSSON

crimeEditions Métailié, 4 Février 2016, 140 pages

Présentation de l’éditeur :

Avant ils étaient heureux, une famille heureuse, et puis ils l’avaient appris et leur vie était devenue un enfer. Ils ont tout caché, surtout pour leur fille, mais se sont engagés à lui parler le jour de ses 18 ans. Tous les trois ils ont attendu ce jour et craint son arrivée.

La mère veut, contre vents et marées, tenir sa promesse. Le père doute que la vérité les libère du cauchemar qu’est leur vie. La fille se révolte, essaie de survivre, de les tenir à l’écart, elle les hait autant qu’elle les aime, et elle vit loin d’eux, entourée d’amis bien intentionnés, qui l’aiment.

Mon avis :

Alternant les point de vue à chaque chapitre, en alternance le père, la fille, la mère et la lettre de la mère à sa fille, nous découvrons une famille éclatée dans l’impossibilité de recoller les morceaux.

Pourquoi ? C’est ce que nous apprend la grand-mère au milieu du roman. Seule la fille restera dans l’ignorance jusqu’à la fin de cette journée.

L’auteur distille subtilement le doute : faut-il révéler ce terrible secret de famille à cette jeune fille de 18 ans ? Le doute perdure une fois la lecture achevée….

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère, tombée profondément dans le cercle vicieux de la drogue, en appelant à son ex-mari psychologue pour régler ses dettes, et que sa fille filme un jour de déchéance en pleine rue.

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Le hameau des purs – Sonia DELZONGLE

hameau-pursCogito Editions, 3 février 2011, 380 pages

Présentation de l’éditeur :

La jeune journaliste Audrey Grimaud est dépêchée sur une affaire d’incendie criminel au hameau, dans une campagne austère déjà bouleversée depuis une douzaine d’années par une série de meurtres commis par un mystérieux tueur surnommé l’Empailleur. Le passé d’Audrey est étroitement lié à ce lieu où, petite, elle venait passer ses vacances chez ses grands-parents, membres d’une communauté de  » Purs  » vivant à l’écart du monde moderne selon des principes sectaires, et où elle a découvert de lourds secrets bien enfouis.

L’incendie criminel qui fait sept victimes parmi les Purs est-il lié aux meurtres en série ? Tous ces événements ont-ils un rapport avec l’histoire nébuleuse du hameau ? La vérité ne se trouve pas toujours là où on le pense…

Mon avis :

L’histoire du hameau est intéressante, raconté par Audrey à son amant. Et puis qui sont ses enfants juifs cachés pendant l’Occupation ? Qui est ce tueur fou qui rode dans le village ?

Puis tout se complique dans la seconde partie du roman dans laquelle apparaissent de nouveaux personnages qui n’éclairciront pas pour autant les mystères qui planent dans ce coin reculé de France.

Ca se gâte dans la dernière partie : si vous avez lu Shutter Island, vous serez comme moi désolée que l’auteure reprenne la même ficelle. Et pire, qu’elle fasse rebondir cette fin rocambolesque encore une fois, finissant de m’embrouiller sur qui est qui. Quel dommage…..

L’image que je retiendrai :

Celle d’Audrey en vacances chez sa Grand-Mère, une Pure, en plein hiver, avec tempête de neige et burle.

Coccinelle et l’Oncle Paul m’avait pourtant donné envie de découvrir ce polar.

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La femme sur l’escalier – Bernhard SCHLINK

femme-escalierGallimard, 3 mars 2016, 256 pages

Présentation de l’éditeur :

Le narrateur est un avocat allemand d’une soixantaine d’années. Il a brillamment réussi et se considère plutôt heureux. Mais lors d’une mission en Australie, son équilibre s’effondre quand il voit par hasard un tableau intitulé Femme sur l’escalier dans une galerie à Sydney. Car il a déjà vu ce portrait en pied…

Retour en arrière : au début de sa carrière, il est contacté par le peintre Schwind qui veut trouver un règlement à l’amiable avec l’industriel Gudlach à qui il a vendu le portrait en question. Irène, la femme de Gudlach et modèle du tableau, a quitté son mari pour le peintre. Depuis, Gudlach procède régulièrement à de petits actes de vandalisme sur le tableau. Surgit alors l’idée folle d’un troc : Gudlach propose à Schwind de lui rendre son tableau si Irène revient vivre avec lui. Le narrateur se prête à la rédaction du contrat qui doit préciser les modalités de cet échange, mais au cours des négociations, il tombe amoureux d’Irène. Tous deux décident de duper Gudlach et Schwind, de récupérer le tableau et de s’enfuir ensemble. Quand Irène disparaît avec le tableau, le narrateur comprend qu’il a été trahi.

Trente-cinq ans plus tard, il décide de mener l’enquête : Irène vit retirée du monde sur une île. Les retrouvailles avec la femme qu’il a passionnément aimée sont étranges : quand il apprend qu’elle est en phase terminale d’un cancer, il décide de rester. Ils se rapprochent, Irène livre quelques secrets de son passé, puis demande au narrateur de lui raconter la vie qu’ils auraient eue si elle ne l’avait pas abandonné. Un soir, grâce à la cocaïne, Irène reprend suffisamment de forces pour descendre l’escalier de sa maison, nue comme sur le portrait, et le narrateur lui fait l’amour. Quand un violent incendie se déclare sur l’île, il la transporte sur son bateau pour l’éloigner du danger.

Mon avis :

De l’auteur, je n’avais pas lu son grand succès Le liseur. Je l’avais vu en film, et j’avais beaucoup aimé.

L’auteur, dans ce dernier roman, reprend quelque peu le pitch de départ : un avocat, une femme mystérieuse qu’il n’a pas vu pendant quelques années.

Si l’écriture est très précise, les sentiments des uns et des autres restent très flous : j’ai eu cette impression que leurs paroles ne disaient jamais le fond de leurs pensées.

Par ailleurs, beaucoup de détails restent obscurs : qui est la fille d’Irène ? Qu’a-t-elle fait de répréhensible pour être obligée de se déguiser ? Pourquoi cette fuite et cette vie recluse en Australie ?

Au final, un roman tout en contraste qui part d’un tableau de Gerhard Richter Ema.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mer au pied de la maison d’Irène, en Australie.

Une citation :

« Ma femme disait que le contraire du mal n’est pas le bien mais la bonne intention (…). Mais le contraire du mal n’est pas la mauvaise intention, c’est le bien. » (p.44)

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C’est où le Nord ? – Sarah MAEGHT

cestoulenordAlbin Michel, 30 mars 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Si vous commencez le roman de Sarah Maeght, vous ne le lâcherez plus… Ses phrases galopent, ses mots crépitent. Elle raconte avec rage et pleine d’espoir le quotidien d’une prof, les errances d’une fille de vingt-quatre ans qui ne sait pas très bien où elle va. C’est où, le nord ? Elle l’ignore. Mais elle y va gaiement.

C’est le portrait d’une génération, une photographie de la France d’aujourd’hui, un verre de grenadine avec trois doigts de désespoir et quelques substances interdites. Les jeunes s’y retrouveront, les parents qui se posent des questions aussi. Des romans comme celui-là, on les ouvre et on reste planté à tourner les pages, la langue pendante…

Mon avis :

Voici un roman léger sur une jeune femme de 24 ans récemment installée à Paris et qui découvre la vie.

La vie amoureuse d’abord : son mec depuis 6 ans l’a quitté pour retourner s’installer à Dunkerque. Lors d’une soirée à Budapest, elle tombe sous le charme de Cléo et découvre l’amour saphique et les substances illicites récréatives.

Au travail, ensuite : ses élèves sont charmants et travailleurs, drôles parfois. Ses collègues un peu relous, mais elle ne les fréquente pas beaucoup.

Un premier roman léger sur une génération qui se cherche.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mamie Colette, imbattable sur les santons provençaux et qui ne crache pas sur un petit apéro.

Je remercie Aurore, des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman.

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Etta et Otto (et Russell et James) – Emma HOOPER

etta-et-ottoLes escales éditions, 22 octobre 2015, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans sa ferme du fin fond du Saskatchewan, Etta, quatre-vingt-trois ans, n’a jamais vu l’océan. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat, et entame les trois mille deux cent trente-deux kilomètres qui la séparent de la mer.

 » J’essaierai de ne pas oublier de renter.  » C’est le mot qu’elle laisse à Otto, son mari. Lui a déjà vu l’océan, il l’a même traversé des années plus tôt, pour prendre part à une guerre lointaine. Il comprend la décision de sa femme mais, maintenant qu’elle n’est plus là, il ne sait plus comment vivre.

Russell, l’ami d’enfance d’Otto, a passé sa vie à aimer Etta de loin. Il ne peut se résoudre à la laisser seule et part à sa suite. Et qui sait, peut-être pourra-t-il chasser le caribou en chemin.

Mon avis :

Après des avis dithyrambiques sur ce roman, je me jette à l’eau. Et je peux dire que je n’ai pas aimée autant que les autres lecteurs.

D’abord j’ai trouvé la narration brouillonne : Russell part mais finalement atterrit ailleurs on ne sait pas trop où ; la journaliste qui arrive comme un cheveu sur la soupe, puis qui réapparait.

L’eau, rappelée inlassablement, tout le temps et à tout propos. Mais ce procédé n’a pas suffit à me faire sentir le flux et le reflux des vagues. J’ai plutôt eu l’impression de me noyer. Sensation désagréable.

Une rencontre qui n’a pas eut lieu en ce qui me concerne.

L’image que je retiendrai :

Celle de la poussière qui fait mourir le premier instituteur et qu’Otto transporte encore à la guerre.

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Rester groupés – Sophie HENAFF

rester-groupesAlbin Michel, 30 mars 2016, 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Ca bouge au 36 Quai des Orfèvres. De nouvelles recrues rejoignent les rangs de la brigade maudite du commissaire Anne Capestan, dont Saint-Lô, sorti de l’hôpital psychiatrique dans la peau de d’Artagnan et Ratafia, rat policier.

Sale affaire pour l’équipe de bras cassés : trois assassinats éparpillés sur le territoire. Un point commun : le tueur a prévenu ses victimes. Cerise sur le gâteau : l’ex beau-père de Capestan est l’une d’elles.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cette brigade hors norme.

Après un bref rappel des spécificités de chacun, l’enquête commence, et nous emmène de Paris à l’Ille sur le Sorgue et Lyon.

On en apprend plus sur Capestan, divorcée d’un ancien comique dont la carrière est derrière lui.

Viennent enrichir la brigade Saint-Lo, alias D’Artagnan, et un ex de la BRI au cœur tendre. Sans oublier le chien Pilote et le rat Ratafia, qui donneront un sacré coup de pattes lors d’une échauffourée.

Par manque de moyens, le portrait robot du suspect se fait sur World of Warcraft…

Une suite sympathique et toujours aussi drôle.

L’image que je retiendrai :

Celle des post-dit de Dax collés sur son PC : effacer ses traces – ne pas jouer avec le suspect.

Je remercie Aurore, des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman fort drôle.

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Troubles – Jesper STEIN

troublesPiranha, 17 mars 2016, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Copenhague, théâtre de poussées de violences régulières, connaît en cette fin d’hiver 2007 les pires émeutes de son histoire après que les autorités ont décidé d’évacuer et de raser la « Maison des jeunes », le plus grand squat du quartier cosmopolite de Nørrebro.

Alors que les combats de rue font rage entre forces de l’ordre et militants autonomes accourus de toute l’Europe, un cadavre est découvert dans un cimetière, en plein coeur de la zone pourtant entièrement quadrillée et surveillée par la police. Axel Steen, enquêteur à la Crim’ aux méthodes peu conventionnelles et à la vie privée chaotique, est chargé de l’enquête qui le mène des milieux activistes à ceux du trafic de drogue.

Mon avis :

Premier roman traduit d’un auteur suédois à succès, je découvre son personnage de policier en marge : Axel Steen.

En Suède aussi, il y a des squats évacués par la police ; des brutalités policières et des services de Renseignements en-dessous de tout. Je ne sais pas si c’est rassurant, finalement…..

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture à tenter de deviner qui est le coupable filmé avec un brassard Police.

Dans cet opus, les journalistes ne sont pas tout blanc, renversant la vapeur créée par Mickaël Bloomkvist.

Je ne manquerai pas de lire les autres enquêtes de ce policier.

L’image que je retiendrai :

Celle de la fille d’Axel, Emma, qui s’ennuyait devant son dessin animé à la morgue pendant que son père assistait à une autopsie et qui est allée ouvrir les tiroirs dans la pièce à côté.

Je remercie les éditions Piranha pour l’envoi de ce roman.

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Des fleurs pour Algernon – Daniel KEYES

fleurs-algernonFlammarion – Tribal, 12 janvier 2011, 443 pages

Présentation de l’éditeur :

Algernon est une souris dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit.

C’est bientôt l’extraordinaire éveil de l’intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon commencent à décliner…

Mon avis :

Je n’ai pas boudé mon plaisir d’une belle lecture avec ce roman jeunesse.

Il fait réfléchir sur la notion d’intelligence, de respect de la personne et de la place du cobaye dans une expérience scientifique.

Malgré tout, il reste très manichéen. Certaines scènes érotiques me le ferait conseillé pour les plus grands ados.

L’image que je retiendrai :

Celle de la souris Algernon dans ses labyrinthes de plus en plus perfectionnés, puis de moins en moins.

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Today we live – Emmanuelle PIROTTE

todayweliveLe Cherche Midi, 2 septembre 2015, 240 pages

Présentation de l’éditeur :

Décembre 1944. C’est la contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. Pris de panique, un curé confie Renée, une petite fille juive de 7 ans, à deux soldats américains. Ce sont en fait des SS infiltrés, chargés de désorganiser les troupes alliées. Les deux nazis décident d’exécuter la fillette. Au moment de tirer, Mathias, troublé par le regard de l’enfant, tue l’autre soldat.

Commence dès lors une cavale, où ils verront le pire, et parfois le meilleur, d’une humanité soumise à l’instinct de survie.

Mon avis :

J’ai passé une belle matinée en compagnie de Mathias et de Renée, dans les caves de la ferme, au gré des vagues successives d’Américains ou d’Allemands.

Un lien particulier uni les deux personnages, qui restera à jamais indéfinissable.

Mais tout de même, Mathias n’est pas un soldat allemand comme les autres. Il a vécu dans le Grand nord Canadien et à été soigné par une guérisseuse. Il est donc sensible à une autre forme de monde.

Un très belle amitié au coeur de la guerre et de ses cruautés.

L’image que je retiendrai :

Celle de Renée se retournant au moment où Mathias la mettait en joue, scellant leur amitié si peu commune.

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A la table des hommes – Sylvie GERMAIN

table-hommesAlbin Michel, 4 Janvier 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Son obscure naissance au coeur d’une forêt en pleine guerre civile a fait de lui un enfant sauvage qui ne connaît rien des conduites humaines. S’il découvre peu à peu leur complexité, à commencer par celle du langage, il garde toujours en lui un lien intime et pénétrant avec la nature et l’espèce animale, dont une corneille qui l’accompagne depuis l’origine.

Mon avis :

Quelle idée de commencer un roman avec pour personnage principal un cochon ? Je craignais un peu cette entrée en matière, mais heureusement, cela ne dure pas, le cochon se transformant vite en homme (cet aspect quelque peu fantastique du roman m’a étonné, mais après tout, pourquoi pas).

Ce point de départ explique que le personnage principal, Babel, perçoive le monde en couleurs et en senteurs. Un roman très olfactif et colorés, donc.

Mais là où l’auteure m’a conquise, c’est en utilisant un vocabulaire très précis, un langage soutenu pour nous parler des bassesses des hommes. Sa langue nous projette littéralement dans les hautes sphères pour nous raconter combien les hommes sont terre à terre et violents.

J’ai aimé le passage sur le Prix Nobel Piotr Kapitsa qui a fait le calcul du lieu de résidence de Dieu, soit à environ neuf années-lumières de la Terre.

Il est également fait référence aux portraits du Fayoum, comme dans le roman-fleuve de Mathias Enard.

Une auteure à part dans les lettres françaises.

L’image que je retiendrai :

Celle de la corneille se perchant sur les épaules de Babel, compagnon fidèle avec qui il communique.

Une citation :

« Et il a raconté la façon dont le physicien avait procédé pour évaluer la distance à laquelle ledit Dieu avait planté son trône céleste. Kapista s’était basé sur le lancement de prières émises en 1905, vers la fin de la guerre russo-japonaise, par des popes pleins de ferveur patriotique et leurs ouailles les plus dévotes. Dans leur appel, ils adjuraient Dieu de châtier leurs ennemis. La réponse était arrivée dix-huit ans plus tard, en 1943, sous la forme d’un violent séisme qui avait frappé une partie de l’île centrale du Japon(…). Les prières voyageant certainement comme les photons à la vitesse de la lumière dans le vide intersidéral, soit 300 000 kilomètres à la seconde, et l’accusé de réception de la part de Dieu idem, Kapista avait pu ainsi élaboré son calcul. » (p.194)

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La poupée de Kafka – Fabrice COLIN

poupee-kafkaActes Sud Editions, 6 janvier 2016, 258 pages

Présentation de l’éditeur :

Au cours d’un séjour à Berlin, la jeune Julie Spieler, en quête d’une improbable réconciliation avec son père, Abel – séducteur impénitent, époux volage, menteur invétéré et professeur de littérature allemande à la Sorbonne -, débusque la récipiendaire putative de textes inédits de Kafka, écrivain qui fait l’objet d’une folle idolâtrie de la part de son inconséquent géniteur.

La jeune fille entame alors de difficiles tentatives d’approche auprès de cette vieille dame particulièrement revêche qui porte en elle toute la mémoire d’un siècle traversé de guerres, d’exils et d’horreurs.

L’été suivant, contre toute attente, ces trois personnages se retrouvent dans un chalet, face au mont Blanc, pour dénouer les noeuds et secrets obscurs dont chacun a tressé sa vie.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Blue Jay Way et Ta mort sera la mienne. Je le retrouve ici dans un genre totalement différent, et je dois avouer que je suis passée à côté de cette lecture.

Le début du roman m’a paru alambiqué, mais c’est moi qui n’était sans doute pas assez concentrée.

J’ai en revanche aimé les passages dans lesquels Julie se rapproche de la vieille dame et y parvient.

Le personnage du père m’a paru inconsistant, mais il est vrai que l’on en sait peu sur lui.

Au fond, seul le personnage de la vieille dame a trouvé grâce à mes yeux, car l’auteur nous livre par petites touches le drame de sa vie, et pourquoi elle base sa vie sur le mensonge.

L’image que je retiendrai (attention divulgachions) :

Celle de la vieille dame, alors jeune fille enfermée à Auschwitz, les pieds dans la boue lors des appels interminables, rêvant à sa poupée partie aux Etats-Unis, comme le lui avait écrit Kafka. Ce sont ces « rêves » qui lui ont permis de tenir.

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La route étroite vers le nord lointain – Richard FLANAGAN

route-etroite Actes Sud, 6 janvier 2016, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1941, Dorrigo Evans, jeune officier médecin, vient à peine de tomber amoureux lorsque la guerre s’embrase et le précipite, avec son bataillon, en Orient puis dans l’enfer d’un camp de travail japonais, où les captifs sont affectés à la construction d’une ligne de chemin de fer en pleine jungle, entre le Siam et la Birmanie. Maltraités par les gardes, affamés, exténués, malades, les prisonniers se raccrochent à ce qu’ils peuvent pour survivre – la camaraderie, l’humour, les souvenirs du pays. Au coeur de ces ténèbres, c’est l’espoir de retrouver Amy, l’épouse de son oncle avec laquelle il vivait sa bouleversante passion avant de partir au front, qui permet à Dorrigo de subsister. 

Cinquante ans plus tard, sollicité pour écrire la préface d’un ouvrage commémoratif, le vieil homme devenu après guerre un héros national convoque les spectres du passé. Ceux de tous ces innocents morts pour rien, dont il entend honorer le courage. Ceux des bourreaux, pénétrés de leur « devoir », guidés par leur empereur et par la spiritualité des haïkus. Celui d’Amy enfin, amour absolu et indépassable, qui le hante toujours. Les voix des victimes et des survivants se mêlent au chant funèbre de Dorrigo, se répondent et font écho. A travers elles, la « Voie ferrée de la Mort », tragédie méconnue de la Seconde Guerre mondiale, renaît sous nos yeux, par-delà le bien et le mal, dans sa grandeur dérisoire et sa violence implacable.

Mon avis :

J’ai pris pour habitude de ne plus lire les quatrièmes de couverture, d’entrer dans un roman sans à-priori. Pour ce roman, je n’aurai pas dû.

C’est un roman exigeant tant pas sa construction que par son style. Une construction éclatée, des chapitres qui passent du coq à l’âne. Une écriture que certains qualifieront de poétique, mais qui m’a juste énervée. On n’écrit pas 430 pages de poésie condensée, ce n’est pas humainement lisible.

Bref, je suis passée à côté de cette somme. Mais je ne doute pas que mes complices du Club Lecture réussiront à me le faire aimer et, quittait, relire avec un oeil neuf.

Leiloona l’a dégusté.

club-lecture

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Le jardin de bronze – Gustavo MALAJOVICH

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Actes Sud Editions, 8 janvier 2014, 524 pages

Présentation de l’éditeur :

Mystérieusement disparue à la sortie du métro en compagnie de sa baby-sitter, la petite Moira n’arrivera jamais au goûter d’anniversaire où l’attend son père. Ses parents placent d’abord tous leurs espoirs dans les appels à témoins, puis se déchirent à mesure que l’enquête policière piétine. L’homme, seul, continuera la lutte. 

Après une dizaine d’années de recherches et d’innombrables impasses, une petite araignée en bronze, et l’alliage particulier de son métal, déporte l’enquête des pavés de Buenos Aires aux confins d’Entre Rios, où un Kurtz argentin règne au coeur des ténèbres du Paranà. 

Et c’est dans un jardin de bronze aux arbres métalliques envahis par la végétation que des statues de femmes, ou plutôt d’une même femme reproduite à l’infini, révèlent l’effroyable aliénation des liens du sang.

Mon avis :

Si j’ai bien aimé la première moitié du roman, j’ai trouvé la seconde moitié un peu bavarde. L’histoire avance doucement, très doucement.

Ceci dit, c’est un peu à l’image de la vie : des personnes croisent notre route puis disparaissent. 

Le fin mot de l’histoire était impossible à trouver avant les dernières pages, chapeau.

Les images que je retiendrai :

Celle de la petite Moira tenant son doudou-grenouille dans sa main, ce qui fait dire à un témoin qu’elle avait la main verte.

Celle de la poule dans le bureau du détective qui se cache et survie malgré le chat présent dans le même bureau.

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Les disparus de l’A16 – Maxime GILLIO

disparus-A16J’ai lu, 3 février 2016, 282 pages

Présentation de l’éditeur :

Triste publicité pour la commune de Saint-Folquin : quatre hommes et une femme sent disparu sur l’autoroute A16, aux abords du village. Trois disparitions inexpliquées survenues à quelques mois d’intervalle… Alors que la police piétine, la compagne d’un des disparus demande à Virginia Valmain de faire sa propre enquête. Quand la célèbre détective privée dunkerquoise, connue pour son franc-parler et ses mauvaises manières, débarque à Saint-Folquin avec son équipe de choc, les événements s’accélèrent. Virginia ne porte pas de gants et ne fait pas dans la dentelle. Attention aux éclaboussures !

Mon avis :

Je dois avouer que je n’ai rien compris au dénouement de ce roman policier. Mais ce n’est pas grave, car l’auteur lui-même ne semble pas y croire non plus. Ou en tout cas nous le fait croire…..

L’intérêt de ce roman réside plutôt dans l’exercice de style : maîtrisant les codes du roman policier, l’auteur en joue, joue su les mots, joue avec ses personnages, et donc avec le lecteur.

Ce qui lui permet aussi de distiller sa science au gré des péripéties (ainsi, j’ai appris que le foc dont il est question dans l’expression est en fait un terme de marine).

Un petit bémol, parce qu’il en faut bien un : de trop nombreuses notes de bas de pages. Ici, le comique de répétition n’a pas fonctionné pour moi.

Mon Cher et Tendre n’a pas aimé le ton employé. Il a abandonné page 30.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’amoureux passionné mais éconduit Curly, surnommé ainsi à cause de la taille de son pénis. J’allais oublier le médecin légiste qui ne parle qu’en alexandrins salaces.

Merci Oncle Paul et Cécibon pour cette idée de lecture rigolote.

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Evangile pour un gueux – Alexis RAGOUGNEAU

evangile-gueuxEditions Viviane Hamy, 14 janvier 2016, 360 pages

Présentation de l’éditeur :

Quel est ce jeune homme dont le cadavre patiente sur la table de dissection ? Ses plaies béantes évoquent irrésistiblement les stigmates du Christ. Le docteur Saint-Omer, le légiste, procède à l’autopsie. Le verdict tombe : mort par noyade malgré les blessures infligées.

La victime est Mouss, le SDF qui a fait la une des journaux avec certains de ses frères de misère pour avoir occupé Notre-Dame de Paris pendant la période de Noël, clamant leurs revendications : un logement pour tous ! Le Père Kern y officiait au moment de l’invasion du saint lieu. Témoin autant qu’acteur, le bras de fer entre les sans logis et les autorités – policière et religieuse – l’avait profondément touché. Depuis, le prêtre s’est retiré. Il se consacre désormais au tri et à la conservation des  » traces du passage des plus pauvres sur cette terre  » au centre Wresinski, dans le Val d’Oise.

Claire Kauffmann, l’ex-procureur, est chargée d’instruire l’affaire du noyé des Batobus. Lorsqu’elle apprend que François Kern connaissait la victime, elle décide d’aller le voir pour le convaincre de l’aider dans son enquête. Elle essuie un refus : la jeune femme devra se débrouiller seule, cette fois…

Mais le Père Kern résistera-t-il à l’appel du coeur et au besoin de comprendre ? Entre les silences, les non-dits et les malentendus, les enquêteurs, officiels ou non, auront bien du mal à démêler les fils de ce crime sordide.

Mon avis :

Je découvre avec ce second titre le trio Kern/Kauffmann/Landard-Gombrowicz, affublé de Kristof – la gargouille -, qui hante les jardins comme les travées de Notre-Dame.

Un roman policier fort bien écrit qui nous emmène dans la rue avec les SDF au plus près de leurs conditions de survie ; mais aussi dans Notre-Dame de Paris et ses arrières-cours que les protagonistes arpentent sans cesse.

Dans cet opus, l’auteur se focalise sur les groupes ultra-religieux catholiques et leurs gros bras.

Mais il nous parle également d’un Christ miséreux qu’un Judas pris d’un délire aurait forcé à vivre son agonie, comme dans le Nouveau Testament.

L’auteur a tout de même quelques obsessions : trois personnages tombent dans la Seine, volontairement ou non ; ils mangent des pizzas à presque tous les repas.

Je ne manquerai pas de suivre les autres enquêtes de ce trio, et de lire leur première aventure qui, j’espère sera aussi passionnante.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mouss caché dans un coin de mur que seul Stavros peut trouver.

Mercis Leiloona, Luna et Dasola pour cette très bonne idée de lecture.

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La cache – Christophe BOLTANSKI

la-cacheStock, 19 août 2015, 344 pages

Présentation de l’éditeur :

« Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la petite comme de la grande histoire. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr. Cette appréhension, ma famille me l’a transmise très tôt, presque à la naissance. »

Que se passe-t-il quand on tête au biberon à la fois le génie et les névroses d’une famille pas comme les autres, les Boltanski ? Que se passe-t-il quand un grand-père qui se pensait bien français, mais voilà la guerre qui arrive, doit se cacher des siens, chez lui, en plein Paris, dans un « entre-deux », comme un clandestin ? Quel est l’héritage de la peur, mais aussi de l’excentricité, du talent et de la liberté bohème ? Comment transmet-on le secret familial, le noyau d’ombre qui aurait pu tout engloutir ?

Mon avis :

Un Prix Femina intéressant, mais un peu brouillon à mon goût. Chaque chapitre n’a rien à voir avec le précédent, aucun fil directeur. Soit, c’est fait exprès et exprime, dans la construction du texte, une construction familiale peu commune.

J’ai tout de même bien aimé la présentation de la maison, en commençant par la cour, puis décrivant les pièces de la maison petit à petit, avec leur lot de souvenirs.

Peu de psychologie, mais des descriptions de faits et gestes des personnages, comme les verrait un enfant.

Une lecture qui ne me marquera pas longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Mère-Grand atteinte de polio et qui fait tout pour que personne ne le remarque.

Une citation :

 » Cette famille n’est qu’une longue suite de pseudonymes, de sobriquets, d’alias achetés ou imaginaires. Des noms plus tout à fait propres à force d’en cacher d’autres qui posent tous la même question : « Qui sommes-nous ? » (p.184)

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Montagne d’or – Mariage Frères

montagne-dor.jpg

Mariage réussi de thés parfumés traditionnels de Chine et de fruits des montagnes du Triangle d’or.

Thé précieux.

Mon avis :

Un peu succinct comme description.

Je me fis à la description et aux notes de fruits. Sauf que celles-ci donnent un goût acidulé en bouche qui ne me plait pas spécialement.

Pas mon thé préféré de cette maison.

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Surtension – Olivier NOREK

surtensionsMichel Lafon, 31 mars 2016

Présentation de l’éditeur :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels ? un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur ? se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ? 

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance… Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir toute l’équipe de Coste encore une fois sur le pied de guerre. Même si dans ce nouvel opus, tout ne se passe pas comme prévu.

D’abord, une longue ouverture qui se déroule en prison : nous y faisons la connaissance de quelques détenus que nous reverrons, ou pas. L’enquête ne démarre vraiment qu’au second tiers du livre.

Et puis Coste veut démissionner, il est là sans être là. Il prend la place de son supérieur puis retourne à son poste. Supérieur nouvellement arrivé qui est son pote puis avec qui il a une grave altercation. Bizarre. L’auteur en aurait-il assez de ses personnages ?

Si j’ai beaucoup aimé les deux premiers romans, je dois avouer que ce troisième mouvement m’a perturbé. Les rôles changent au sein de la brigade. Mais finalement, comme dans la vie, rien n’est jamais figé.

Un clin d’oeil à Maud Mayeras sympathique.

Un auteur qui nous dévoile le système de la prison française de l’intérieur avec des matons débordés, un psy impuissant et des règles internes entre détenus.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage d’Alexandra, jeune femme déterminée à sauver son petit frère. Mais un vrai cliché Corse d’après mon cher et tendre.

Je remercie les Editions Michel Lafon pour l’envoi de ce roman en avant-première, ainsi que l’auteur d’avoir mentionné mon modeste blog dans ses remerciements.

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Un océan d’amour – Wilfrid LUPANO et Grégory PANACCIONE

oceandamourDelcourt, 29 octobre 2014, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux chassé-croisé, sur un océan dans tous ses états. Une histoire muette avec moult mouettes.

Mon avis :

Des dessins très expressifs qui rendent inutiles tout dialogue.

J’ai aimé Monsieur, avec ses lunettes toutes rondes, qui, maladroit, tombe dans sa baignoire avant de partir faire un métier dangereux.

J’ai aimé Madame, ses crêpes et sa coiffe bigoudène.

Sans oublier les boîtes de sardines qui sauvent la vie, et la mouette (celle de Gaston ?) qui tient compagnie.

De l’espoir et de l’amour, un très bel album.

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Hérétiques – Léonardo PADURA

heretiques

Points, 21 janvier 2016, 715 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1939, le S.S. Saint-Louis, transportant quelque 900 juifs qui avaient réussi à fuir l’Allemagne, resta plusieurs jours ancré au large du port de La Havane à attendre l’autorisation de débarquer ses passagers. Le jeune Daniel Kaminsky et son oncle avaient attendu sur le quai l’arrivée de leur famille, sûrs que le trésor qu’ils transportaient convaincrait les fonctionnaires chargés de les contrôler. Il s’agissait d’une petite toile de Rembrandt qui se transmettait dans la famille depuis le XVIIe siècle. Mais le plan échoua et le navire remporta vers l’Allemagne tout espoir de retrouvailles. 

Des années plus tard, en 2007, le tableau est mis aux enchères à Londres et le fils de Daniel Kaminsky se rend à Cuba pour savoir ce qui s’y était passé concernant sa famille et le tableau. Il réussit à convaincre le détective Mario Conde de l’aider. Celui-ci, reconverti dans le commerce des livres anciens, découvre que cette toile représentant le visage du Christ était le portrait d’un jeune homme juif travaillant dans l’atelier de Rembrandt et y ayant étudié la peinture, contre toutes les lois des religieux. 

Leonardo Padura fait ici un panorama de l’exercice de la liberté individuelle, du libre arbitre à travers diverses époques depuis Rembrandt dans l’Amsterdam du XVIIe siècle, décidant de représenter des individus et non des idées, puis le jeune juif qui ose désobéir au Consistoire et apprend à peindre, et décide ensuite de suivre un nouveau Messie, jusqu’à l’éclosion des tribus urbaines de La Havane où une jeune émo paye de sa vie l’exercice de sa liberté dans une société figée. 

Leonardo Padura écrit un livre magnifique et profond et se sert de son habileté d’auteur de roman noir pour nous amener, sous la houlette de son héros Mario Conde, à réfléchir sur ce que signifie notre libre arbitre.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé L’homme qui aimait les chiens, sur l’assassin de Trotski. Ce roman-somme offrait de nouveau une perspective historique intéressante, je profitais donc de quelques jours de vacances pour me lancer dans sa lecture.

Je ne me rappelais pas que l’écriture de Padura était si ardue : des phrases longues, un rythme pas vraiment soutenu, des adjectifs incongrus. 

Mais quelle histoire que celle de ce bateau parti de Hambourg pour Cuba avec à son bord des centaines de juifs fuyant les persécutions nazis, et que quelques bureaucrates cubains avaient rançonnés avant leur départ pour obtenir un visa qui serait déclaré nul une fois le bateau dans le port de la Havane. Car avant la dictature communiste, il y avait une autre dictature libérale.

La seconde partie sur Rembrandt et son disciple juif ne m’a pas passionné du tout.

Quant à la troisième partie, elle éclaire d’un jour différent le propos de l’auteur sur la fameuse Hérésie : un choix, une division, une préférence. Mais j’ai trouvé la démonstration un peu longue.

L’image que je retiendrai :

Celle de Conde hésitant à offrir sa bague de fiançailles à Tamara.

Une citation :

 » Car, s’il est possible que même Dieu soit mort, en supposant qu’Il ait existé, et si on a aussi la certitude que tant de messies sont finalement devenus des manipulateurs, tout ce qui te reste, la seule chose qui en réalité t’appartient, c’est la liberté de choix. » (p.714)

Yv est beaucoup plus enthousiaste que moi.

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Il faut beaucoup aimer les hommes – Marie DARRIEUSSECQ

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Folio, 5 mars 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. 

L’homme est noir, la femme est blanche. Et alors ?

Mon avis :

Cette phrase de Marguerite Duras qui sert de titre au roman m’a fait apprécier cet homme mystérieux.

Elle, Solange, actrice française à Hollywood tombe éperdument amoureuse de cet acteur qui rêve de réaliser son film, tiré d’un roman de Conrad.

Pour lui, elle accepte tout : l’éloignement, les relations en pointillés, le peu d’intérêt qu’il manifeste pour son enfance à elle.

Mais on comprend que c’est sa façon à lui d’aimer.

Au passage, l’auteure égratigne nos comportements pleins de préjugés.

L’image que je retiendrai :

Celle du film enfin réalisé, rendant hommage à l’Afrique.

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Le quai des enrhumés – Hugo BUAN

quai-enrhumesEditions du Palémon, 12 mars 2016,

Présentation de l’éditeur :

La découverte du cadavre d’un homme nu, enfoui sous des tonnes de sel, ne laisse rien augurer de bon quant à son avenir. Cette méthode de conservation intrigue forcément la police locale de Saint-Malo. Le commissaire Workan est chargé de l’enquête. Arrivé dans la cité corsaire, il découvre que le départ de la célèbre Route du Rhum est imminent…

Un enchaînement implacable va le plonger dans le cœur même de la course et des imprévus destructeurs qui la guettent. Il devra en découdre avec Bob le chien et son irascible maître qui persiste à l’emmener faire ses besoins sur la pelouse du bâtiment de la Chambre de Commerce et de l’Industrie. Sourde vengeance.

Son enquête le guidera vers une valise à roulettes (ennemie jurée de Bob le chien), d’un négociant en croquettes, de la nymphomane du port et d’un crapaud. Et pendant ce temps une menace gronde. Jamais au fil des siècles un tel danger n’aura plané sur la ville et ses remparts.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver le Commissaire Workan et ses réparties drôlissimes !

Toujours dans sa vieille Bentley et ses costumes à 400 euros, il navre son supérieur avec ses réparties cinglantes.

Dans cette enquête, il retrouve un vieil ami Corse avec lequel il a fait ses classes. Leurs chemins se sont séparés ensuite quand Paoli est parti dans l’anti-terrorisme.

L’auteur nous dévoile une méthode terroriste très spéciale et plutôt drôle.

Les personnages secondaires ne sont pas en reste, tout aussi bien brossés.

Bref, je me suis encore régalée !

L’image que je retiendrai :

Au départ de la Route du Rhum, cela sent bon le Ti’punch et les acras à Saint-Malo.

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L’arabe du futur 1 et 2 – Riad SATTOUF

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                            Allary Editions, 2014-2015

Présentation arabedufutur2de l’éditeur :

Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. 

Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

En 1984, la famille déménage en Syrie et rejoint le berceau des Sattouf, un petit village près de Homs. Malmené par ses cousins (il est blond, cela n’aide pas…), le jeune Riad découvre la rudesse de la vie paysanne traditionnelle. Son père, lui, n’a qu’une idée en tête : que son fils Riad aille à l’école syrienne et devienne un Arabe moderne et éduqué, un Arabe du futur.

Dans le second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père. 

La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.

Mon avis :

Du bleu pour la France, du vert pour la Libye, du rose pour la Syrie. La mère et les enfants suivent le père, déraciné, qui cherche et trouve difficilement un emploi.

Un père qui rêve, resté un petit enfant qui se réfugie dans les robes noires de sa mère, se frottant le nez quand il est contrarié.

Une mère effacée, qui est toujours très fatiguée de devoir faire avec le peu de moyen du pays.

Riad, enfin, très sensible aux odeurs des grandes personnes ; qui a un talent de dessinateur qu’il est obligé de caché, comprenant déjà comment le monde des adultes fonctionne.

Des cousins qui ne pensent qu’à se battre ; des copains qui jouent à tuer des Juifs, toujours.

Et puis il y a l’arrière plan : des maisons fissurées ; une propreté municipale inexistante ou chacun défèque où il veut quand il veut ; des femmes qui mangent dans une pièce à part des hommes les restes que ces derniers n’ont pas mangé. Une jeunesse endoctrinée dès l’école maternelle.

Une belle découverte que cette BD politique et sociétale.

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La nuit de Zelemta – René-Victor PILHES

nuit-zelemtaAlbin Michel, 4 Janvier 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

A la fin de l’été 1953, Jean-Michel Leutier quitte l’Algérie pour continuer ses études dans un lycée toulousain. Lors d’un week-end à Albi, il fait une rencontre qui va changer sa vie : Abane Ramdane, le plus célèbre prisonnier politique de France, l’un des fondateurs du FLN.

Quatre ans plus tard, devenu officier français patrouillant dans la région de Zelemta, il le retrouve sur sa route, fuyant vers le Maroc.

Ce face-à-face passionnant entre un mythe de la Révolution algérienne et un jeune pied-noir aussi brillant que naïf contient en soi toute la complexité des rapports entre Algériens et Français, les enjeux de la guerre nationale comme les paradoxes de l’histoire coloniale.

Mon avis :

Après l’avis enthousiaste de Zazymut, et après sa proposition de me prêter son ouvrage, je dois avouer que je ressors quelque peu déçue de ma lecture.

Le style d’abord : de longues phrases, comme un récit parlé. Sauf que le vocabulaire utilisé ne peut pas être celui d’un homme qui parle. Certains mots de vocabulaire inusités viennent hacher le discours.

Ensuite la narration, faite de présent de la narration et d’aller-retours passé-futur.

Enfin, une nuit bien vite expédiée à la fin du récit, qui se termine sur une note peu optimiste.

L’image que je retiendrai :

Celle de deux hommes dans une maison de repos – le petit curé et le narrateur – discutant au bord de la mer.

Merci Zazy pour cette lecture, même si je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur.

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L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir – Rosa MONTERO

idee-ridiculeMétailié, 22 janvier 2015, 177 pages

Présentation de l’éditeur :

Chargée d’écrire une préface pour l’extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montera s’est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime.

Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l’existence avec plénitude et légèreté.

Mon avis :

Voici un texte étrange, entre le récit de la vie de Marie Curie et les mémoires de l’écrivain à propos de la mort de son époux. Une lecture qui parle du deuil.

#Coïncidences, comme aurait dit l’auteure, je lis ce texte le jour de l’anniversaire de la mort de mon père il y a 15 ans. Un très beau texte qui forcément résonne en moi.

Mais l’auteure nous parle aussi de la place des femmes dans la société, celle du temps de Marie et la notre. De l’importance du #FaireCeQu’IlFaut qui nous plombe un peu la vie, il faut avouer.

Mais aussi de la #FaiblesseDesHommes et de l’importance des #Mots.

Un texte puissant, et un livre-hérisson.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marie Curie qui, une fois en France et absorbée par son travail se nourrissait très peu (quelques radis ou quelques fraises).

Quelques citations :

« Pour vivre, nous devons nous raconter. Nous sommes un produit de notre imagination. Notre mémoire est en réalité une invention, un conte que nous réécrivons un peu tous les jours (…). Ce qui veut dire que notre identité, elle aussi, est fictionnelle, étant donné qu’elle se fonde sur la mémoire. » (p.101)

« Je ne crois pas qu’on puisse exprimer ça mieux. La vie salit. » (p.161)

« Il y a longtemps déjà, Einstein a dit que le temps et l’espace étaient courbes, mais nous continuons à vivre les minutes comme une séquence (et une conséquence) inexorable. » (p.167)

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Je suis Pilgrim – Terry HAYES

jesuispilgrim Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie Saoudite. Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. 

Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom de Pilgrim. Pilgrim est le nom de code d’un individu qui n’existe pas officiellement. Il a autrefois dirigé une unité d’élite des Services secrets américains. Avant de se retirer dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d’agent secret va bientôt le rattraper…

Mon avis :

Je ne suis pas fan de romans d’espionnage, mais j’adore les romans policiers, et ce roman mêle habillement les deux, heureusement.

Sans surprise, j’ai donc beaucoup aimé la partie plus policière de l’histoire. Mais la partie plus espionnage ne m’a pas déplue non plus.

L’auteur sait mêler habillement 3 histoires en une sans nous lasser. Une gageure.

Un très bon Tuniraspastecoucher, avec des chapitres courts et en alternance.

Seule la fin m’a déçue : je n’ai pas les courses poursuites, y’a rien à faire. J’ai trouvé également la fin du Sarrasin un peu bâclée : mais il faut bien que l’Amérique gagne, n’est-ce pas ?

Je comprends le succès de ce roman-somme, devenu un incontournable.

L’image que je retiendrai :

Celle de la ville de Bodrum (ancienne Halicarnasse) que l’auteur nous fait visiter à travers son roman. Avec sa Maison française, étrange construction….

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Tout le monde te haïra – Alexis AUBENQUE

tout-le-mondeRobert Laffont, 5 Novembre 2015, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

En Alaska, la ruée vers l’horreur a commencé.

La première enquête de Tracy Bradshaw et Nimrod Russell.

White Forest, petite ville côtière du sud de l’Alaska, est en émoi. Pris dans les glaces, un navire ayant sombré en 1920 vient d’être découvert. Les corps des marins en ont été extraits, mais manquent à l’appel ceux d’une centaine d’orphelins…

C’est dans cette étrange atmosphère que débarque Alice Lewis, avec l’espoir de retrouver sa soeur disparue. Elle engage aussitôt un ancien flic au passé trouble devenu détective privé, Nimrod Russell. De l’autre côté de la ville, la lieutenante Tracy Bradshaw récupère une sordide affaire : pendu par les pieds dans sa grange, un notable a été éventré à l’aide d’un hakapik, l’arme inuit servant à abattre les phoques. Envers, et surtout contre tous, les deux ex-coéquipiers, Tracy et Nimrod, vont devoir travailler ensemble alors que plane sur eux l’ombre des enfants disparus.

Mon avis :

Après River Falls, l’auteur nous entraîne en Alaska quelques jours avant Noël. Prenez vos moufles : il y fait très froid.

J’ai trouvé le nom de l’un des personnages principaux étrange : Nimrod, à l’envers, il donnerai presque envie de dormir.

Le fin mot de l’histoire n’est pas prévisible ni même décelable pendant le récit, quel dommage.

J’ai tout de même passé un bon moment avec ce roman. Même si rien n’est bien nouveau sous le soleil de l’Alaska.

L’image que je retiendrai :

Celle du side-car de Nimrod qui ne doit pas être facile à conduire sur la neige.

Article mis en avant

En vieillissant les hommes pleurent – Jean-Luc SEIGLE

vieillissant

J’ai lu, 11 mai 2013, 250 pages

Présentation de l’éditeur :

9 juillet 1961. Albert Chassaing est ouvrier chez Michelin la nuit et paysan le jour. Il vit avec sa femme Suzanne et son fils cadet, passionné par les livres, dans un petit village d’Auvergne. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans leur maison pour y voir le fils aîné Henri, soldat en Algérie, interviewé dans un reportage sur la guerre. Pour Albert, c’est le monde qui bascule. Réussira-t-il à trouver sa place dans ce monde où tout change ?

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Je vous écris dans le noir. Sur les conseils avisés de certain(e)s, je me suis donc lancée dans ce troisième roman de l’auteur, Prix RTL-Lire 2012.

J’ai aimé suivre le père pendant cette journée d’été si particulière. J’ai aimé la mère et son amour exclusif pour son fils aîné, parti en Algérie et pour qui elle commande spécialement une télévision.

J’ai aimé le lien si particulier qui se crée entre le père et sa propre mère.

J’ai aimé, bien sûr, le fils cadet qui vit sa journée au rythme de sa lecture d’Eugènie Grandet.

Et puis la seconde partie du roman L’imaginot qui explique et éclaire le récit précédent.

L’image que je retiendrai :

Celle du cerisier à moitié coupé dans le jardin.

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Le vieux chagrin – Jacques POULIN

vieux-chagrin

Babel, 2 janvier 2008, 188 pages

Présentation de l’éditeur :

Sur les rives du Saint-Laurent où il vit retiré en compagnie du chat  » Vieux Chagrin « , un écrivain épie jusqu’à l’obsession l’inaccessible silhouette d’une jeune femme dont le voilier est venu mouiller dans une anse du fleuve. Un exemplaire des Mille et Une Nuits, abandonné dans une grotte proche, est la seule preuve tangible de l’existence de cette muse récalcitrante, à laquelle se substitue bientôt une enfant malheureuse venue trouver, auprès de l’écrivain, refuge et réconfort. Tandis que l’oeuvre tant désirée s’élabore lentement, le narrateur se laisse prendre en otage par la confusion du réel jusqu’à y découvrir l’inspiration.

Mon avis :

Encore une fois, l’auteur nous plonge dans un petit bout du monde, avec ses joies et ses peines.

Même si le métier du personnage principal ne m’a pas passionné (en général, je n’aime pas trop visiter les arrières cuisines), j’ai aimé le personnage en lui-même.

La Petite, énigmatique à sa façon, également.

J’ai passé une belle après-midi de lecture avec l’énigmatique Marika.

L’image que je retiendrai :

Celle de la boîte aux lettres que dispose le vieil homme entre sa maison et la grotte où habite Marika.

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Les reliques – Jeanne BENAMEUR

reliques

Babel, 26 février 2011, 101 pages

Présentation de l’éditeur :

ls sont trois dans une cabane entre village et décharge, trois hommes âgés sur lesquels le temps n’a plus de prise. Hésior, le magicien, Zeppo, le clown, et Nabaltar, le soigneur de fauves, « trois coeurs collés ensemble ». Leur amante, Mira la trapéziste, est morte, et le cirque ne veut plus de l’énigme des trois hommes. En dehors du monde, en dehors du temps, ils existent par le désir toujours vif qui les anime. Unis par leur trésor commun – le coffre contenant le dernier costume de scène de Mira -, ils fabriquent de fausses reliques qu’ils enterrent au pied des églises, des maisons. Parce que la foi ne conduit pas qu’aux saintes, qu’il n’y a pas de grand ou de petit ravissement. Composé dans une langue à la grâce enivrante et au lyrisme brûlant, ce roman brave la mort au nom de l’amour fou.

Mon avis :

J’aime l’auteure dans ses textes courts et forts. Le texte est ciselé, rien n’est à enlever. L’auteure va à l’essentiel, en peu de mots, pour nous faire sentir une situation.

Et quelle situation que celle de ces trois artistes de cirque relégués dans une masure en bord de ville, car le cirque refuse la mort.

On découvre, peu à peu, ce qui les a exilé. C’est un amour partagé, et un assassinat assumé.

J’ai aimé Mira, libre et légère comme l’air.

J’ai aimé que le texte ait été rédigé un 8 décembre, et que l’anagramme de Marie soit le personnage principal de ce récit bouleversant.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mira, « s’élançant dans les airs comme les religieuses lancent leurs prières vers le ciel« .

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Serre-moi fort – Claire FAVAN

serre-moi-fort                              Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

 » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.

Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.

Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d’une rare violence…

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir l’auteure pour un nouveau roman policier.

Un univers terrible ou il est question d’enfermement psychologique avec un tueur psychopathe (tant qu’à faire).

Si j’ai trouvé les scènes de la prison un peu too-much, elles trouvent leur raison d’être dans la suite de la narration.

Un final qui ne laisse que peu d’espoir, mais un policier qui va au bout de son enquête.

Bref, je n’ai pas été déçue par ce dernier opus d’une grande dame du thriller français.

L’image que je retiendrai :

Celle de la belle-mère du policier lui confiant, au fond du jardin, qu’elle a elle aussi trompé son mari atteint d’un cancer en phase terminale.

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La part des flammes – Gaëlle NOHANT

partdesflammes

Heloïse d’Ormesson, 19 mars 2015, 492 pages

Présentation de l’éditeur :

4 mai 1897. Autour de l’épisode méconnu du tragique incendie du Bazar de la Charité, La Part des flammes mêle les destins de trois figures féminines rebelles de la fin du XIXe siècle : Sophie d’Alençon, duchesse charismatique qui officie dans les hôpitaux dédiés aux tuberculeux, Violaine de Raezal, comtesse devenue veuve trop tôt dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, et Constance d’Estingel, jeune femme tourmentée, prête à se sacrifier au nom de la foi.

Mon avis :

Ce roman nous plonge au coeur du 19e siècle et de sa société de classes aux codes inébranlables et qui fait la part belle aux hommes.

Il s’ouvre sur un drame qui n’a fait que des victimes féminines, ou presque (seuls 6 hommes en réchappent). Les personnages principaux sont des femmes qui prennent leur vie en main (ou essayent, pour le moins).

Il est question, bien sûr, de l’incendie du Bazar de la Charité, mais aussi des aliénistes, des communards, des partisans de la Monarchie, du vent frais qui vient d’Amérique et des ordres religieux féminins.

Un roman riche, écrit comme un roman-feuilleton du 19e siècle. Il est en cela dépaysant et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’importance donnée aux cheveux et aux coiffures des différents personnages féminins du roman.

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Trois jours et une vie – Pierre LEMAITRE

trois-jours Albin Michel, 2 mars 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de Pierre Lemaitre qui m’avait enchantée avec ses premiers romans à suspens, et bien sûr son Prix Goncourt 2013.

De suspens, il est encore question dans ce roman, autour d’Antoine et de son crime. Mais il n’y a pas vraiment de tension, car Antoine évacue bien vite son geste. Malgré les crises d’angoisses qui jalonnent sa vie, il va de l’avant.

Pourtant, il reste toujours une question en attente de réponse tout au long du roman.

Comme s’en expliquait l’auteur dans La Grande Librairie, il a voulu écrire un roman sur les conséquences d’un acte : l’accident se déroule, mais qu’arrive-t-il après ?

Ce que j’ai moi apprécié dans ce livre, c’est l’amour caché qui sauve une vie, du moins en partie.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites mains de Rémi qui s’agrippent au bord du trou dans lequel il va être dissimulé.

Clara a elle aussi dévoré les pages de ce roman.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman que j’ai dévoré.

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Jacob, Jacob – Valérie ZENATTI

jacob

Points, 14 janvier 2016, 182 pages

Présentation de l’éditeur :

Jacob, jeune Juif de Constantine, est la fierté de sa mère Rachel. Par son sourire, ses chants, sa générosité, lui seul apporte de la gaîté au sein de la famille Melki, où trop souvent résonne la fureur du père.

Mais Jacob est enrôlé en juin 1944. Comme lui, des juifs et des musulmans se battent sur le sol français pour libérer un pays qui n’est pas toujours juste envers eux. La famille de Jacob attend son retour avec impatience. Mais la nouvelle de la mort du jeune homme ouvrira une blessure impossible à refermer.

Mon avis :

Le récit s’ouvre sur un jeune homme sur le pont de Sidi M’cid à Constantine en Algérie. (J’ai regardé les photos sur Googel, c’est impressionnant et magnifique !). Ce pont reviendra souvent dans la narration, trait d’union de la ville et trait d’union entre la narratrice et Jacob.

J’ai aimé découvrir cette famille si particulière de Juifs d’Algérie, fidèle à ses traditions et à ses petits rituels.

J’ai aimé suivre Jacob dans son combat en terre de France contre les Allemands, sa découverte de l’amour avec Louise-Léa, ses compagnons de route.

Un livre à la mémoire d’un soldat africain qui n’est jamais revenu de loin.

L’image que je retiendrai :

Celle des beignets que fait Rachel, qu’elle trempe ensuite dans le sirop, et dont Jacob raffole.

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Manuel de mise en scène – Axel SENEQUIER

manuel-mise-en-scene L’Entretemps Editions, 28 janvier 2016, 254 pages

Présentation de l’éditeur :

Cet ouvrage s’adresse à tous les passionnés de théâtre. Aucune connaissance ni pratique préalable n’est requise pour profiter pleinement des mille et une idées proposées. (…)

Ce manuel est conçu comme une aide pour celui qui s’aventure dans la mise en scène, il lui permettra de questionner chaque élément de la pièce, guidera sa réflexion et lui fournira les clés pour transformer sa vision d’une oeuvre en spectacle !

Mon avis :

Je n’y connais rien en mise en scène, me contentant d’être spectatrice, de temps en temps. Je trouve parfois certains partis-pris plus ou moins audacieux, certains comédiens ou chanteurs plus ou moins dans le rôle ou en voix.

Mais je n’ai jamais fait de mise en scène ni envisagé d’en faire.

Ce qui m’a intéressé, dans ce livre, ce sont les anecdotes historiques. Il donne des conseils, des pistes que même un(e) néophyte peut comprendre.

Ce n’est donc pas un traité théorique approfondi, et c’est en cela qu’il m’a plu.

Je remercie l’auteur pour sa proposition que je me suis empressée d’accepter.

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Banquises – Valentine GOBY

banquises

Le livre de poche, 21 août 2013, 216 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1982, Sarah, 22 ans, quitte la France pour Uummannaq au Groenland. Elle monte dans un avion qui l’emporte vers la calotte glaciaire où elle disparaît corps et âme. Sa famille ne l’a jamais revue. Vingt-sept ans plus tard, Lisa décide de partir sur les traces de sa sœur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace.

L’auteur de Qui touche à mon corps je le tue nous emporte sur ces terres qui s’effacent dans un grand et beau livre sur le désenchantement du monde et l’impossibilité du deuil.

Mon avis :

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé Kinderzimmer. Je me réjouissais donc de découvrir un de ses romans plus ancien.

Mais le style m’a rebuté : trop haché, phrases bancales, je n’ai pas accroché.

Toutefois, Sarah est une passionnée de musique classique et se rend dans toutes les grandes salles de concert du monde, expliquant à sa petite soeur pourquoi telle salle avec son acoustique est faite pour telle musique. Des propos qui m’ont intéressés.

Les personnages ne m’ont pas touché dans leur détresse et les descriptions des conditions de vie au Groenland, notamment celle des chiens de traîneau ne m’ont pas passionné.

Tant pis pour moi…..

L’image que je retiendrai :

Celle du sac à dos de Sarah retrouvé des mois plus tard sur un bateau. Mais de Sarah, aucune trace.

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Osez parler de sexe à vos enfants – Sandra FRANRENET

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La Musardine, 18 février 2016, 127 pages

Présentation de l’éditeur :

Quel adulte n’a jamais rougi en entendant son chérubin aborder les délices de la sexualité ? Loin d’asséner des réponses toutes faites, ce livre propose de partager quelques clés utiles. Petite enfance, pré-ados, ados… A chaque âge, ses solutions !

Ecrit par une journaliste spécialisée, émaillé de paroles d’experts de la petite enfance, ce livre vous permettra de ne plus jamais vous sentir dans l’embarras, même devant les demandes les plus incongrues.

Mon avis :

Si mes enfants ont passé l’âge de demander comment on fait les bébés, ils ont parfois des questions plus intimes pour lesquelles je bote en touche en leur disant : Allez demander à papa ! (l’avantage d’avoir deux garçons….)

Mais ce livre ne parle pas que du fonctionnement pratique des différents organes, mais aussi d’amour et de contraception.

A lire les anecdotes, on se sent moins seul, et les conseils sont toujours bons à prendre.

Mon grand entre dans l’adolescence (avec boutons et autres joyeusetés), me voilà maintenant paré à toutes formes d’interrogations plus ou moins intimes.

Je remercie les Editions La muscardine pour l’envoi de ce guide parental au ton humoristique et décomplexé.

Parce que chez Stephie, le premier mardi c’est permis ! 

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Gibraltar – Palais des Thés

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Gibraltar est un mélange original de saveurs du sud. Un délicieux thé noir parfumé 

aux agrumes rouges, vanille, miel et épices.

Avec une dominante fruitée et épicée, ce thé noir parfumé est un vrai plaisir des sens 

à déguster à tout moment de la journée. 

Mon avis :

Un peu plus corsé que le célèbre « Montagne bleue » de la même maison de thés,

il garde un goût riche en bouche et parfumé.

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Le cimetière perdu – Hervé HUGUEN

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Palémon Editions, 9 octobre 2015, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Été 1979. Dans le Nord Finistère, une jeune fille est enlevée sous les yeux d’un petit voisin. Emportée dans un véhicule qui ne sera pas retrouvé, Céline disparaît sans laisser la moindre trace. L’enquête ne permettra jamais d’identifier les auteurs du rapt ni de comprendre leurs motivations.

Trente-cinq ans plus tard, l’ami qui l’accompagnait a vieilli mais n’a pas oublié. Il est devenu l’officier de police Nazer Baron, et espère toujours percer ce douloureux mystère.

Se présente alors un témoin, un malfrat incarcéré pour un braquage raté. L’homme souhaite négocier une libération anticipée contre des informations sur le kidnapping. À Brest, dans les Abers, mais aussi à Paris, le commissaire Baron engage une course contre le temps et remonte la piste qui le mènera même jusqu’en Irlande… Il plonge dans le milieu de la musique et du show-business et croise une galerie de personnages surprenants.

Mais… Connaissait-il vraiment Céline ?

Mon avis :

Les éditions Palémon m’emmène toujours avec bonheur en Bretagne. Rappelez-vous Hugo Buan et son inspecteur Workan…

Je découvre avec ce roman un nouvel auteur et un nouvel enquêteur : Nazer Baron, qui se méfie beaucoup des apparences.

J’ai aimé le suivre dans son enquête en Bretagne et en Irlande, rencontré les parents de Céline, flirter avec le juge.

Et pourtant, Nazer se laisse prendre au jeu des apparences, et nous aussi !

L’image que je retiendrai :

Celle du véhicule blanc plongé dans un crique bretonne et retrouvé 20 ans plus tard. Bonjour la pollution…..

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique de m’avoir fait découvrir cet auteur et son enquêteur. Merci aux Editions Palémon pour l’envoi du roman. 

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Les échoués – Pascal MANOUKIAN

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Don Quichotte, 20 août 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

1992. Lampedusa est encore une petite île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d’assaut les routes qu’ils sont en train d’ouvrir.

Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

Mon avis :

Une lecture qui commençait bien : des analyses intéressantes sur le sujet des réfugiés, les conditions de leur arrivée en Europe, leurs conditions de vie. Et même si les histoires de chacun débutent quand ils se font pisser dessus, baste, j’ai continué ma lecture.

Et puis est arrivé le moment « Disney » tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et là, le récit s’est enlisé façon conte de fées. Dommage.

Une lecture qui reste intéressante toutefois pour les éclairage qu’elle propose sur le phénomène migratoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Virgil et Assan mangeant sur une poutrelle d’un immeuble façon gratte-ciel américain.

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Magnus – Sylvie GERMAIN

magnus

Folio, 7 juin 2007, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

 » D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ?  »

Franz-Georg, le héros de Manus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu’au jour de sa naissance. Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu’on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l’oreille roussie : Magnus.

Dense, troublante, cette quête d’identité a la beauté du conte et porte le poids implacable de l’Histoire.

Mon avis :

J’étais persuadée d’avoir déjà lu l’histoire de cet ours et du jeune garçon qui a perdu la mémoire. Mais non !

J’ai donc découvert la plume de l’auteure avec ce titre, Prix Goncourt des lycéens en 2005.

Plus que son style, j’ai aimé la façon dont elle raconte la vie de ce jeune garçon devenu un homme sans identité fixe. A l’heure du débat sur la déchéance de nationalité, ce récit met en perspective l’agitation politique.

Une auteure que je retrouverai avec plaisir.

L’image que je retiendrai :

Celle des diamants qui pleurent dans les yeux de l’ours.

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La dame de pierre – Xavier-Marie BONNOT

dame-pierre

Belfond, 1er octobre 2015, 438 pages

Présentation de l’éditeur :

De la famille Verdier, il ne reste plus qu’eux, Pierre et Claire, le frère et la sœur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l’existence de sa sœur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu’elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l’an, dans cette maison de famille où rien n’a changé.

Mais cette fois-là, c’est différent. Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu’elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l’homme de la terre, les secrets et les névroses de sa sœur ne sont que des faiblesses.

Un matin d’hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu’on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c’est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent. Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d’alpiniste, aurait-il pu commettre l’irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l’entourage de Claire ne semble connaître l’existence ? Pierre comprendra bien tard qu’elle était le secret le mieux caché de sa sœur…

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la présentation de l’éditeur, le secret le mieux caché de Claire, on le devine rapidement.

Mais là n’est pas l’essentiel. Car si tout se dévoile au fur et à mesure de la lecture, ce n’est que pour mieux  rajouter une couche de suspens. Un coin du voile se lève quand un autre mystère apparait.

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le pays oublié du temps. Je retrouve avec plaisir sa plume qui m’emmène cette fois-ci dans les montagnes de l’Isère, auprès de ces guides de haute-montagne qui risquent leur vie pour le plaisir d’ouvrir une cordée.

L’auteur nous parle également des ravages de la justice qui sacrifie un coupable que tout désigne, Pierre y perdra son cheptel.

J’ai aimée la fin si triste mais si proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle des mains de Paul habituées au froid des glaciers et qui font aussi naître des chevreaux.

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Deux gouttes d'eau – Jacques EXPERT

gouttes-eau

Sonatine, 22 janvier 2015, 330 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences.

Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau…

Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de cet auteur que j’avais découvert avec La femme du monstre il y a quelques années (et qui, à mon avis, reste son meilleur).

L’action se déroule entre les murs du commissariat de police où Laforge, que l’on devine colérique et emporté, tente de faire craquer le suspect. Mais il tombe sur plus fort que lui.

L’histoire des jumeaux, depuis leur conception jusqu’à l’âge adulte nous est contée en courts chapitres qui s’intercalent dans la narration principale.

Dans ce roman, même les personnages du côté de la loi ne sont pas des gentils, et les méchants jouent sur toute la palette des sentiments pour attendrir leur prochain.

Bref, un roman que l’on ne lâche pas, mais qui nous laisse tout de même en pleine incertitude…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la pluie qui tombe sans interruption pendant cette nuit de garde à vue.

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Le tabac Tresniek – Robert SEETHALER

cafe-tresniek

Sabine Wespieser Editeur, 2 octobre 2014, 249 pages

Présentation de l’éditeur :

En août 1937, le jeune Franz Huchel, contraint de gagner sa vie, quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour apprendre un métier à Vienne chez Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession.

Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente. La tâche du garçon consistera d’abord à retenir les habitudes et les marottes des clients – comme celles du « docteur des fous », le vénérable Freud en personne, toujours grand fumeur de havanes – et aussi à aiguiser son esprit par la lecture approfondie des journaux, laquelle est pour Otto Tresniek l’alpha et l’oméga de la profession.

Mais, si les rumeurs de plus en plus menaçantes de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement son éducation politique, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire.

Eperdument amoureux d’une jeune artiste de variété prénommée Anezka et ne sachant à quel saint se vouer, il va chercher conseil auprès du célèbre professeur, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, Freud n’a rien perdu de son acuité intellectuelle, mais se déclare incompétent pour les choses de l’amour.

Il va pourtant céder à l’intérêt tenace que lui témoigne le jeune garçon, touché par sa sincérité et sa vitalité. Une affection paradoxale s’installe ainsi entre le vieux Freud et ce garçon du peuple, vif et curieux, à qui il ouvre de nouveaux horizons. Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié.

Mon avis :

Que je me suis ennuyée dans ce tabac, malgré les pérégrinations amoureuses du jeune Franz. Il est vrai qu’en général, les roman de formation ne me passionnent plus tellement.

L’amitié avec Freud m’a paru factice. Seul le personnage d’Otto, vieux juif renfermé, m’a intéressé.

Je n’ai pas compris l’humour viennois.

Les tâches de couleur de la narration ont tout de même égaillées ma lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du pantalon d’Otto accroché au mas de l’hôtel de ville, et flottant au vent entre deux étendards à croix gammée.

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Wolf – Kristina IEKABSONE

wolf

Editions Mélibée, 18 décembre 2015, 76 pages

Présentation de l’éditeur :

Peut-on tuer par amour ? Peut-on survivre au dit « Syndrome de Stockholm » ? Peut-on vivre avec le Syndrome de Stockholm ?

À travers des lieux parisiens, WOLF vous plonge dans cet univers que la société cache…Vous allez entrer dans la complexité des sentiments…

Mon avis :

Disons-le tout de suite, il s’agit du premier roman d’une jeune femme de 18 ans. Il souffre donc de quelques imprécisions : des ellipses qui font perdre le fil du récit et de qui parle ; un numéro de téléphone plus attribué mais qui, quelques pages plus loin répond tout de même (ou alors c’est moi qui n’ai pas tout compris de la chronologie).

Un récit qui aurait mérité d’être plus long et donc plus dense pour poser vraiment les personnages et les lieux.

Un dernier paragraphe un peu naïf, mais on pardonnera le jeune âge de l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Celle de Blondine servant dans un bar (allez comprendre pourquoi !).

Je remercie les Editions Mélibée pour l’envoi de ce premier roman au sujet intéressant.

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En attendant Bojangles – Olivier BOURDEAUT

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Finitude, 7 janvier 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis :

Malgré le fait que j’ai trouvé le personnage du narrateur peu crédible sur la fin (il grandit en âge et il reste pourtant naïf), j’ai aimé ce couple étrange qui peut s’offrir des fêtes et des rires comme on en rêve.

Il n’y a pas de quotidien, jamais de routine. Avec eux, Paris est une fête.

Et la fin, bien sûr, si belle, et qui nous laisse orphelin.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mademoiselle Superfétatoire, ce grand oiseau exotique qui fait partie de la famille.

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Ritzy – Pauline-Gaïa LABURTE

ritzy

Albin Michel, 3 février 2016, 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout commence par une scène pastorale dans les montagnes bleues du Valais. Sauf que le petit berger suisse au milieu de son troupeau bêlant n’a rien d’un sujet de porcelaine. Le jeune César rêve de Paris et de gloire. Le moyen d’y parvenir ? L’hôtellerie. Il est sûr de son destin : un jour son nom rimera partout avec luxe et élégance.

Ainsi débute l’extraordinaire histoire de César Ritz, monomaniaque et infatigable génie entrepreneur. De Lucerne à la Riviera, du Savoy de Londres au Ritz de Paris, homme de l’ombre des grands de ce monde, il construira un empire. Mais sous les stucs et les moulures dorées, se cachent les angoisses de ce visionnaire, qui finira par sombrer dans la folie, continuant de griffonner frénétiquement des plans d’hôtel dans un asile des bords du lac de Lucerne.

Mon avis :

D’ordinaire, je ne suis pas fan de biographie. Mais celle de l’homme qui créa le Ritz m’attira telle la pie avec tout ce qui brille.

De César, je ne connaissais rien, dans mon ignorance crasse, même pas que le nom venait d’un homme qui avait gravit les échelons de l’hôtellerie à la force de son travail et de son imagination.

J’ai aimé que cette biographie ne soit pas une somme mais un récit au rythme enlevé, infatigable, comme cet homme qui a forgé son destin et sa vie.

Malheureusement, sa force de travail et ses insomnies ont fini par avoir raison de sa santé bien jeune.

Il est l’inventeur du 4 heure à la française. De retour de Londres où il ouvrit le Savoy, trouvant l’idée du Tea Time excellente, mais l’heure trop tardive, il avança le goûter pour le mettre au goût français.

L’auteure n’oublie pas de replacer la vie de César dans son contexte historique, ce qui m’a permis une petite révision non négligeable.

J’ai passé un bon moment au côté de ce Monsieur qui voulait faire rêver les grands de ce monde et qui y a réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle des pots des plantes utilisés comme braseros quand le chauffage central de l’hôtel de montagne est tombé en panne.

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman à la fois instructif et divertissant.

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Et tu n'es pas revenu – Marceline LORIDAN-IVENS

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Grasset, 4 février 2015, 112 pages

Présentation de l’éditeur :

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

Mon avis :

Un petit livre, tout discret, tout mignon, mais qui cache une grande question : comment vivre après la déportation dans un camp de la mort ?

La narratrice adresse une lettre à son père, tellement peinée d’avoir perdu celle que celui-ci lui avait adressée dans le camp d’Auschwitz où ils étaient déporté ensemble. Perdue la lettre, oublié le texte, sauf l’en-tête et la signature.

Bien sûr, il y a des redites sur le fonctionnement du camp que l’on a déjà lu cent fois ailleurs : pourquoi le nom de Canada pour l’atelier des vêtements ; la manie de Madame Simone Veil de toujours subtiliser les petites cuillères. Mais l’auteur ajoute la déportation avec son père, l’apprentissage avec ce seul repère familial. 

De l’auteure, je ne connaissais rien. Il me tarde maintenant de découvrir son oeuvre cinématographique.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tomate et de l’oignon que le père donne à sa fille la dernière fois qu’il la voit.

Article mis en avant

Canada – Richard FORD

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Edition de l’Olivier, 22 août 2013, 478 pages

Présentation de l’éditeur :

Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Mais le hold-up échoue, les parents sont arrêtés. Dell doit choisir entre la fuite et l’orphelinat.

Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Arthur Remlinger, le propriétaire d’un petit hôtel, le prend alors à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis… C’est la fin de l’innocence pour Dell.

Dans l’ombre de Remlinger, au sein d’une nature sauvage et d’hommes pour qui seule compte la force brutale, il cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l’ont marqué à jamais.

Mon avis :

C’est bien parce que ce roman fait l’objet d’un Prix et a reçu de très bonnes critiques que je me suis accrochée. Parce que ça partait mal : des redites, beaucoup, un rythme à faire s’endormir un insomniaque, un personnage principal qui ne comprend rien à ce qu’on lui dit et à ce qu’il se passe autour de lui, tout pour me plaire.

Le récit à commencé à m’intéresser dans sa seconde partie, au Canada. Des hommes rudes, un mystère qui plane, et le personnage d’Arthur insaisissable. Seuls quelques indices nous permettent de l’entrevoir, si peu.

J’ai, à ce propos, trouvé l’auteur meilleur dans ses réflexions sur la vie dans cette seconde partie. Il nous démontre ainsi que notre vie telle que nous la vivons n’est faite que de petits instants sans rapports les uns aux autres, s’enchaînant tout simplement dans le temps. L’absence de temps est d’ailleurs l’une des constantes de la vie du personnage au Canada.

Malgré son Prix Femina en 2013, je ne suis pas certaine qu’il me restera grand chose de ce texte d’ici quelques semaines.

L’image que je retiendrai :

Celle de Dell enterrant les deux américains sous l’oeil d’Arthur, ce qui scellera son abandon par celui-ci.

Quelques citations :

« Le prélude aux drames est parfois dérisoire. Charley l’avait dit, mais il pouvait aussi être seulement banal, sans rien de saillant. » (p.412)

« (…) moi étant la constante, le raccord, le coeur de cette logique. Avant de me dire que je bricole, que je bidouille pour inventer une logique, réfléchissez combien le mal est proche de pratiques ordinaires qui  n’ont rien de commun avec lui. » (p.440) 

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Il reste la poussière – Sandrine COLLETTE

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Denoël, 25 janvier 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Argentine, plateaux de la Patagonie. Une steppe infinie, balayée par des vents glacés. C’est là que Rafael, dix ans, grandit dans une famille haineuse. Sa mère s’est endurcie autour d’un secret qu’elle a su garder mais qui l’a dévorée de l’intérieur : une nuit, elle a tué leur ivrogne de père et a coulé son cadavre dans les marais. Depuis, elle fait croire que son mari les a abandonnés, et mène son maigre élevage de moutons et de boeufs d’une main inflexible, écrasant ses quatre garçons de sa dureté et de son indifférence.

Mais depuis, aussi, les aînés détestent leur plus jeune frère, né après la disparition du père, et en ont fait la cible de leurs jeux brutaux. Alors Rafael, seul au monde, ne vit que pour son cheval et son chien. Voilà longtemps qu’il a compris combien il était inutile de quémander ailleurs un geste d’affection.

Dans ce monde qui meurt, car les petits élevages sont peu à peu remplacés par d’immenses domaines, la révolte est impossible. Et pourtant, un jour, le jour le plus sauvage et le plus douloureux de la vie de Rafael, quelque chose va changer. Le jeune garçon parviendra-t-il à faire sauter l’étau de terreur et de violence qui le condamne à cette famille ?

Mon avis :

Ouvrir un roman de Sandrine COLLETTE, c’est accepter de se laisser enfermer dans l’univers qu’elle a créé spécialement pour le lecteur. Dans ce dernier opus, elle nous plonge au coeur d’une famille tenue d’une main de fer par la mère. Jamais rien ne va, ses enfants ne travaillent jamais assez, et de distractions, il n’y en a pas.

Même les grands espaces de Patagonie sont hostiles, battus par les vents, et la plaine aride.

Mais la geôlière ne peut tout contrôler, et c’est à partir d’actes malheureux que la vie arrive tout de même à transpercer cet univers reclus.

J’aime la plume de cette auteure, qui casse ses phrases pour y introduire des tournures de langage parlé, rompant ainsi la fluidité de la narration.

J’ai aimé, dans ce roman, le côté initiatique de l’histoire : les chiens s’appellent un, deux et trois ; la famille est composée de 5 membres ; le petit subit l’épreuve de la terre…. Des clins d’oeil qui m’ont parlé.

L’auteure sait à chaque fois créer une ambiance différente tout en reprenant le même thème en toile de fond.

L’image que je retiendrai :

Celle du sac en cuir qui va faire basculer, lui aussi, la vie de la famille.

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Dans le grand cercle du monde – Joseph BOYDEN

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Le livre de poche, 30 septembre 2015, 696 pages

Présentation de l’éditeur :

Au XVIIe siècle, dans les espaces sauvages du Canada, les voix d’un jeune jésuite français, d’un chef de guerre huron et d’une captive iroquoise tissent l’écheveau d’une fresque où se confrontent les traditions et les cultures. Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance.

Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour chasser ces « Corbeaux » venus prêcher sur leur terre.

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le chemin des âmes il y a quelques années. Je me réjouissais donc à l’idée de plonger de nouveau dans l’univers de l’auteur.

Qui plus est, le décor et les personnages étaient tentant : des tribus indiennes au Québec et l’arrivée du christianisme. Champlain fait même une apparition.

Mais la sauce n’a pas pris cette fois-ci.

Ca commençait pourtant fort, en pleine bataille hurons-iroquois, avec une captive de l’autre tribu et un captif prêtre.

Oui mais c’est trop délayé alors que l’auteur ne cesse de répéter le but de chacun.

Et puis je n’ai pas retrouvé la petite musique de l’auteur qui m’avait tant plus la fois précédente.

Un abandon.

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Illska – Eirikur Orn NORDDHAL

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Editions Métaillié, 20 août 2015, 608 pages

Présentation de l’éditeur :

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays.

L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre-et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.

lllska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

Mon avis :

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Quel roman que celui-là ; quelle plongée il nous propose dans le monde moderne et sa folie !

Il nous propose bien sûr une réflexion sur le racisme actuel ; sur les parties d’extrême droite en Europe et comment ils s’habillent de frais ; sur la révolution des casseroles en Islande ; sur le couple et la place de l’enfant.

Mais c’est aussi un roman sur la dérive d’un homme, Omar : hacker à la petite semaine, violeur par inadvertance, pyromane sur un coup de colère. Un homme qui doute de lui, toujours, tout le temps. Je me suis attachée à cet homme déboussolé et sans repère, si ce n’est son amour extraordinaire pour Agnes et son fils, lui pardonnant tout et se rendant lui-même sur les traces du passé de sa femme.

Mais c’est avant tout un roman sur le silence : celui qui ne dit pas les exécutions sommaires des Juifs en Lituanie ; celui des points de suspension dans les dialogues entre les personnages ; celui qui règne entre Omar et Agnes.

Une lecture qui m’a toutefois mise mal à l’aise dans les premières pages, mais dont j’ai aimé la construction, les différentes voix qui se chevauchent.

Et le personnage d’Arnor, si attachant, finalement. Le coeur sur la main, cet homme…..

Un grand roman !

L’image que je retiendrai :

Celle des pensées de Snorri depuis sa naissance jusqu’à la fin du roman : un bébé qui nous raconte son monde et ses avancées en grandissant.

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Pretty Girls – Karine SLAUGHTER

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Mosaic, 24 février 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux sœurs. Deux étrangères.

Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille.  Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.

A tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante…

Mon avis :

Si j’ai aimé la première partie du roman, j’avoue que la seconde, trop bavarde, m’a lassée.

On sait qui est le coupable, on sait comment il agit, alors pourquoi vouloir délayer la sauce encore et encore…..

C’est le premier roman que je lis de cette auteure. L’idée de départ est originale, et l’auteure m’a fait douter plusieurs fois sur le nom du coupable.

Malgré tout, j’ai passé la fin en avance rapide, en sachant que tout finirait bien, de toute façon.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine en marbre dans la propriété, une hérésie car en été, le marbre brûle les pieds.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique qui m’a permis de découvrir ce roman en avant-première.

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Genmaïcha – Palais des thés

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Genmaicha est un étonnant mélange de bancha, de riz grillé et de maïs soufflé, traditionnellement consommé au Japon. Le Genmaicha est également très désaltérant, il accompagne agréablement un repas salé.

Son infusion donne un parfum savoureux et un goût de céréales grillées qui en fait un thé très apprécié de ceux qui ne sont pas habitués au thé vert.

Liqueur :
Couleur : vert/jaune. Texture en bouche : souple en bouche. Saveurs : légère acidité.
Arômes : grillé, céréale en attaque, soutenus par des notes fraîches végétales.
Profil aromatique et longueur en bouche : présent dès l’attaque. Longueur moyenne.

Mon avis :

Un thé que j’aime beaucoup en fin de matinée, avec un petit goût salé (je ne mets jamais de sucre dans mon thé).

Très désaltérant.

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Dust – Sonja DELZONGLE

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Denoël, 2 avril 2015, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Quelque part en Afrique, la mort rôde…

2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s’amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d’une longue série.

2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans.

Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profiteuse de renom, va s’emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l’envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s’attend pas à ce qu’elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d’albinos vont l’emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Mon avis :

Un thriller de bonne facture qui nous emmène au Kenya et nous fait découvrir la médecine « parallèle », faite de croyances d’un autre temps et utilisant sorcellerie et fétiches.

L’auteure base son récit sur le problème des albinos africains, pourchassés et mutilés, et dont les membres réduits en poudre sont revendus à des charlatans. Cette poudre est censé procurer force et vigueur.

Le personnage principal est une profileuse seule, sans acolyte masculin. Qui plus est, elle préfère les femmes. On est loin du privé alcoolique et divorcé.

Une nouvelle voix intéressante dans l’univers du polar.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de Karen Blixen qu’Hannah visite à la fin de son séjour. Un panorama merveilleux.

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[Kokoro] – Delphine ROUX

kokoro

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Seki pense que j’ai l’âge mental d’un gosse de dix ans, tout au plus, qu’il faudrait que je pense à grandir, à agir en homme.

Le mot homme a peut-être été inventé pour d’autres que moi.

Il ne fait pas partie de mon dictionnaire intime.

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.

Koichi et sa soeur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le coeur en hiver.

Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Corset diaphane à l’abdomen, stalagmites au coeur. Le début de l’ère glaciaire.

Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité.

Mais le jour où il apprend que sa soeur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance.

Mon avis :

Un roman très doux sur les relations entre un jeune homme et sa grand-mère à qui il apporte de bons gâteaux dans sa maison de retraite si triste.

La non-communication avec sa grande soeur, jusqu’à la dépression de celle-ci.

Seki attend et sait prendre le temps depuis la mort brutale de ses parents, un soir, au théâtre.

L’image que je retiendrai :

Celle des gâteaux plein de chantilly que Seki teste avant de les apporter à sa grand-mère.

Une citation :

« Je savais qu’il faudrait du temps pour que les chocs de toutes ces années sourdes se muent en cicatrices douces au toucher. Je me disais qu’un jour viendraient les paroles libres, tranquilles. » (p.98)

Merci Pati pour cette très douce idée de lecture. Lydie a aimé aussi.

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Appelez-moi Lorca Horowitz – Anne PLANTAGENET

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Stock, 1er janvier 2016, 216 pages

Présentation de l’éditeur :

« Je voulais comprendre comment Lorca Horowitz avait mis en place son plan d’anéantissement sans éveiller le moindre soupçon, et avait osé monter une à une, sans jamais reculer ni même hésiter, les marches qui la menaient droit à son crime. Je voulais comprendre pourquoi elle l’avait fait. Mais surtout en quoi cela me concernait, me touchait. Qu’avais-je à voir là-dedans ? »

Mon avis :

L’auteure nous propose une plongée dans un fait divers : une secrétaire nouvellement embauchée par bonté d’âme copie sa patronne au point de lui ressembler tout en détournant les fonds de l’entreprise à son propre profit.

Les chapitres alternent entre l’auteur essayant de comprendre son attirance pour ce fait divers spécifique, et la voix de Lorca qui raconte son histoire depuis son embauche jusqu’à son arrestation.

L’occasion pour l’auteure de revenir sur le genre du fait divers en littérature, mais aussi de nous parler de la rupture amoureuse qui fait perdre la tête. Lorca n’étant qu’un personnage venant illustrer son propos. Ou peut-être le double de l’auteure, celle qu’elle serait devenu après un chagrin d’amour fatal.

Une lecture plaisante dans laquelle monte le suspens.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rocio, la patronne de Lorca, la croisant sur la Côte d’Azur pendant ses vacances et qui finit de lui faire perdre la tête.

Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio

ainsi que les éditions Stock pour l’envoi de ce roman.

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Les rues de Santiago – Boris QUERCIA

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Le livre de poche, 3 juin 2015, 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi…

Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.

Mon avis :

Lorsqu’un auteur Sud Américain vous met son livre dans les mains en vous demandant de le lire avec un accent à tomber par terre, vous ne pouvez pas refuser. Quand, en plus, il vous fait une jolie dédicace dans sa langue, vous lui dites merci.

J’ai passé une bonne après-midi à lire ce court roman noir policier. Rien de bien nouveau sous le soleil, bien que dans ce récit, ce soit l’hiver au Chili.

L’image que je retiendrai :

Celle de Santiago mangeant des hamburgers et buvant des bières en terrasse en plein hiver. Les après-midis sont chaudes et les matinées froides au Chili.

Edea a bien aimé également.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace lors des rencontres Sang d’Encre à Vienne.

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Profession du père – Sorj CHALANDON

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Grasset, 19 août 2015, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

« Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider. 
Je n’avais pas le choix. 
C’était un ordre. 
J’étais fier. 
Mais j’avais peur aussi…
À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. »

Mon avis :

Oui, ce roman raconte la folie du père. Mais le personnage qui m’a la plus intéressé, c’est le seul personnage féminin du roman : la mère.

Elle n’est jamais loin, toujours inquiète et pourtant silencieuse. Mise à l’écart par le père, elle sait pourtant tout ce qui se passe dans la maison.

A-t-elle réellement conscience de la folie de son mari ? Jusqu’où est-elle prête à aller pour le couvrir et le dédouaner ? Son dernier geste, celui qui clôt le roman, lui donne finalement le mot de la fin.

Un personnage qui m’a dérangé, vraiment.

Quant au reste du roman, je l’ai trouvé trop journalistique, mais c’est le reproche que je fais habituellement à l’auteur : des faits, encore des faits, des descriptions de faits, un brin d’humour, rarement. Et puis c’est tout. Un peu court tout de même.

J’ai toutefois aimé la phrase du père qu’il aime répéter : « Dans une cellule, il y a un mur de trop« , sans doute le quatrième ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère dormant sur le palier après être allée écouter Les Compagnons de la Chanson, ce que son mari refusait qu’elle fasse.

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D'après une histoire vraie – Delphine de VIGAN

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JC Lattès, 26 août 2015, 484 pages

Présentation de l’éditeur :

« Ce livre est le récit de ma rencontre avec L.
L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu’un écrivain ne devrait jamais croiser.»

Mon avis :

J’aime lire les oeuvres de fiction de cette auteure, ses deux précédentes (auto)-biographies m’ayant déçues.

C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé sa plume efficace, qui maîtrise les codes du genre suspens. Cela se sent, mais qu’à cela ne tienne, le propos de l’écrivain est ailleurs.

Celle-ci interroge les effets de réels dans la narration, pour finir par aborder les « effets de fiction » dans cette même narration.

Mais peu importe que ce soit vrai ou faux, ce qui compte, c’est l’histoire et ce que l’auteure nous dit de la vie, de la société qui nous entoure. Peu importe l’écrivain, seul son texte compte, que la narratrice redécouvre elle-même avec le recul et un point de vue différent.

J’ai aimé le personnage de L. qui, grâce à ses techniques, est capable de produire n’importe quelle sorte de textes crédibles.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage principal descendant dans la cave de sa maison de campagne : le lecteur s’attend à ce qu’on l’enferme dedans….

Une citation :

« (…) de certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. Malgré le temps passé, malgré la douceur d’autres mots et d’autres regards. » (p.317)

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Le contrat Salinger – Adam LANGER

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Super 8 éditions, 19 août 2015, 311 pages

Présentation de l’éditeur :

Signez, vous ne risquez rien, ou presque…

Journaliste désabusé, Adam Langer retrouve un jour une vieille connaissance : Conner Joyce, auteur de thrillers en perte de vitesse en pleine promotion de son dernier roman. Ce dernier lui confie avoir reçu une offre ahurissante : un homme d’affaires richissime, lui a proposé d’écrire un roman rien que pour lui moyennant une somme colossale. Seule particularité, le contrat s’assortit de certaines clauses assez particulières : 1/ le livre rejoindra la collection privée d’exemplaires uniques de l’homme d’affaire, pour lequel ont déjà travaillé des écrivains aussi prestigieux que Thomas Pynchon, Norman Mailer ou J. D. Salinger… et n’en sortira jamais. 2/ Le propriétaire se réserve le droit d’exiger de l’auteur quelques modifications de son cru. 3/ l’accord doit rester absolument secret. Bientôt, et tandis qu’un Conner visiblement aux abois s’obstine à tout raconter à son ami – lequel se passerait bien de ces révélations –, l’histoire prend une tournure des plus inquiétantes : l’offre n’a évidemment rien de philanthropique, et le contrat désormais signé aura des conséquences imprévues.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir l’auteur des Voleurs de Manhattan, qui se situait déjà dans le monde de l’édition. Cette fois-ci, nous suivons l’auteur d’un seul livre, reconverti dans le journalisme, mais qu’il a finalement abandonné pour suivre sa femme universitaire dans une petite ville de province.

Mais l’essentiel de l’action se situe surtout entre le célèbre auteur Conner et son mystérieux commanditaire Dex. J’ai aimé cet homme richissime qui paye des auteurs pour lui écrire un seul roman qui ne sera jamais publié.

Quant au propos de l’auteur, il pose la question de qui manipule qui ; qui ment réellement dans cette histoire. (Décidément, le mensonge me poursuit en ce début d’année, faut-il y voir un signe ?….)

Une histoire sympathique et bien menée. J’ai passé un excellent moment à tourner les pages pour tenter d’en savoir plus, au vue de informations distillées par l’auteur au compte-gouttes.

Une lecture qui m’a tout de même donné envie de relire L’Attrape -coeur de Salinger.

L’image que je retiendrai :

Celle de la clé USB de l’auteure à succès Margot avec des diamants dessus, contenant son dernier opus top-secret.

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Les petites filles – Julie EWA

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Albin Michel, 4 janvier 2016, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village.

Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…

Mon avis :

Premier roman de cette jeune auteure de 24 ans, ce roman nous emmène dans un village reculé de Chine dans une tribune Han.

Le récit alterne entre années 70 et présent, le personnage principal de Lina menant son enquête en 2013. Or, dans les années 70 en Chine était pratiqué la politique de l’enfant unique.

Bien sûr, l’auteure nous décrit le meurtre des petites filles à leur naissance, ou leur abandon quelques années plus tard, lorsqu’un fils est né. Mais l’auteure va plus loin qui nous fait découvrir également le trafique qui en découle.

Même si j’ai trouvé le début assez lent, j’ai aimé suivre Lina et me demander qui était le méchant dans l’histoire, car l’auteure sait brouiller les pistes. Le suspens monte crescendo  et je m’y suis laissée prendre.

Une auteure à suivre.

L’image que je retiendrai :

Celle des faussées dans lesquels sont retrouvés les petites filles de tous âges, mortes ou vivantes.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman à suspens qui m’ captivé ce week-end.

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Les oreilles de Buster – Maria ERNESTAM

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Gaïa, 4 septembre 2011, 409 pages

Présentation de l’éditeur :

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu’elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu’on l’évoque dans l’atmosphère feutrée d’une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l’a jamais aimée. 

Très tôt, Eva s’était promis de se venger. Et elle l’a fait, avoue-t-elle d’emblée à son journal intime. 

Mon avis :

Je le reconnais, la couverture cul-cul la praline m’a longtemps tenue éloignée de ce roman. Et c’est fort dommage.

Une lecture qui m’a passionnée : le personnage d’Eva, d’abord enfant puis jeune fille amoureuse ; sa mère imprévisible ayant toujours un commentaire acerbe à faire ; le village dans lequel vit Eva maintenant avec ses habitants sympathiques et si bien campés.

Ceci dit, il ne fait pas bon vieillir en Suède…

Même si j’avais deviné le secret des rosiers d’Eva, je ne pensais pas qu’elle avait transformé cette souffrance d’enfance en si jolies pensées.

Son histoire d’amour malheureuse m’a émue.

Et le personnage de Sven est resté un mystère jusqu’au bout.

Sans oublier les fameuses oreilles, glissées sous un coin d’oreiller. Une petite fille qui a su vaincre ses peurs, sa vie en dépendait, mais qui est tout de même restée une jeune fille et une femme sensible.

Une bien belle lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle du collier et du pendentif en forme de rose qu’offre John à Eva, signe de son amour.

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Amnésie – Serge RADOCHEVITCH

amnesie

Témoins, 6 octobre 2015

Présentation de l’Oncle Paul :

A la suite d’un accident de voiture, Pierre-Julien Renouart est devenu amnésique. Il ne se souvient de rien mais n’a pas tout oublié. Il parle, sait lire, écrire, compter, de quoi se débrouiller dans sa nouvelle vie.

Mais à part ça, il lui faut tout réapprendre. Son nom, d’abord, renouer avec ses parents, son frère Régis, son divorce, tous ces petits événements qui marquent une vie. Régis, par exemple, aujourd’hui marié, tiens il ne le savait pas. Normal parce qu’ils sont brouillés depuis dix ans, depuis qu’il a fichu à la baille ce frangin qui avait osé gagner contre lui un match de tennis. Un match important alors que d’habitude Régis perdait tout le temps. Et ce n’est pas parce que son frère était plus jeune de quatre ans, mais parce que lui Julien était le meilleur sur le papier et qu’une jeune fille qui était venue le voir était partie à la fin en le méprisant. Du moins c’était ce qu’il avait ressenti. Seulement Julien était agressif, ne s’était pas maîtrisé, et son ménage avait capoté aussi à cause de sa violence.

Pierre-Julien a décidé qu’il s’appelait Julien, tout court, Pierre devenant son double, son ectoplasme, celui avec qui il peut converser en tête à tête. Au moins personne ne le contredit. Un retour dans la famille raté, mais cela ne le gêne pas outre-mesure. De même que son retour à la vie civile comme agent immobilier, ses congés de maladie empiétant sur son travail. D’ailleurs son patron ne se gêne pas pour lui signifier un congé définitif et il peut aller voir ailleurs si quelqu’un désire l’embaucher.

Alors il traîne dans les bars, fait des rencontres. Notamment Bobosse. Mais également Michèle, jeune journaliste que cette histoire d’amnésie intéresse. Il lui narre ses mésaventures et bientôt ils seront proches, très proches. Elle est tombée amoureuse, ce sont des choses qui arrivent. Il est également abordé par Daniel qui se promène avec un cartable en cuir. Dedans, un manuscrit que Julien récupère. Mais Daniel disparait. Julien exhibe fièrement son manuscrit et Michèle qui en ignore la provenance propose de le soumette à un éditeur. Edité ce roman connait un gros succès.

Son statut d’amnésique intéresse les bourgeois nancéiens et Julien est invité sans discontinuer. Il fait figure de bête curieuse, pourtant un soir, un homme portant beau le prend à part et affirme que comme lui, Julien est un tricheur.

Cependant Michèle se pose des questions. Est-il amnésique, un peu, beaucoup, ou pas du tout ? Le succès littéraire engendre des rentrées d’argent et Julien peut s’installer en dehors de Nancy dans une propriété. En compagnie de Michèle il se promène dans les environs, dans un bois proche, près d’un précipice. Estimant celui-ci dangereux il pose un grillage. Mais celui-ci n’est pas assez efficace, car un jour Michèle est découverte morte, en bas de l’abîme. La clôture a été défoncée. Acte de malveillance ? Accident ?

Lydia, la sœur de Michèle n’est pas convaincue de cette dernière hypothèse. Elle en fait part à un policier qui n’en peut guère, toutefois il demande à Simon Bielik, un ami journaliste, de fouiller dans cette histoire et de se faire une opinion.

Julien continue de vivre normalement, retrouvant de temps à autre Bobosse, son ami de beuverie. Il croit apercevoir Daniel. Le véritable auteur du manuscrit ne serait-il pas décéder ? Une question qui le taraude. Mais Simon Bielik est à l’affût.

Mon avis :

J’aurais voulu apprécier ce texte comme l’Oncle Paul. Malheureusement, je lui ai trouvé pleins de défauts : le style si particulier qui non seulement adopte les focalisations de tous les personnages, mais en plus utilise le « je » après avoir changé de focalisation. A y perdre son latin.

J’ai trouvé les personnages inconsistants, seule Michèle m’a paru attachante.

Si vous habitez la région de Nancy, ce texte vous plaira sûrement.

Merci tout de même, Oncle Paul, de m’avoir fait parvenir ce roman. Son article ici.

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Le vieil homme et le mer – Ernest HEMINGWAY

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Futuropolis, 9 octobre 2014, 128 pages

Présentation de l’éditeur :

La mer abrite des millions de poissons, mais le vieux pêcheur n’a rien pris depuis quatre-vingt-cinq jours. Le Vieil Homme et la mer, durant trois jours entiers, se retrouvent face à face.

Rare élément féminin dans ce récit qui oppose deux volontés viriles et où la douceur maternelle provient d’un gamin, la mer est le lieu du lien. Lien entre le vieil homme et l’espadon, entre le pêcheur et la vie, lien entre le retour et le départ, l’eau est un lieu de séjour transitoire entre la vie et la mort. A peine un purgatoire, car l’on imagine mal cet homme à l’âme sublime avoir commis aucun péché, la mer fait surgir en lui des sentiments d’amour profond, de respect pour la vie, mais aussi de manque et de lassitude.

Mon avis :

Un dessin sobre, deux cases par page, tout en couleurs : le bleu si beau de la nuit, le rouge et jaune de l’Afrique, l’orange de Cuba.

Un enfant qui raconte l’histoire du pêcheur aux prises avec un poisson plus gros que lui, plus gros que la vie.

Une lecture marquante par son graphisme.

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L'autre fille – Annie ERNAUX

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NIL, 3 mars 2011, 77 pages

Présentation de l’éditeur :

Yvetot, un dimanche d’août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l’École. Sa mère sort de l’épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d’elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d’une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d’Annie.

Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l’âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n’entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette sœur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question.

Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l’identité de l’auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l’imaginaire, la fiction de cette  » aînée  » pour celle à qui l’on ne dit rien.

Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu’elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n’a disparu que pour se reformer à l’identique, l’histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles.

C’est en évaluant très exactement cette distance que l’auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.

Mon avis :

Comment gérer émotionnellement la mort de son enfant de 10 ans ? Les parents d’Annie ont fait le choix de refondre leur famille à l’identique, cachant au second enfant l’existence (et la mort) du premier.

Dans sa lettre à sa soeur défunte, l’auteure nous parle de ses parents, de son rapport à eux. Un rapport forcément compliqué et silencieux.

Une très belle lettre pour pardonner le secret de famille échappée un dimanche.

L’image que je retiendrai :

Celle du lit dans lequel dort Annie et dans lequel avait dormi sa soeur avant elle.

Une citation :

« Lutter contre la longue vie des morts. » (p.77)

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Boussole – Mathias ENARD

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Actes Sud, 19 août 2015, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements.

Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent.

Mon avis :

Les boussoles ne servent pas toutes à indiquer le Nord. En l’occurrence, celle qu’offre Sarah au personnage principal indique l’est.

A la manière d’un Marcel Proust insomniaque, le narrateur nous donne à voir l’Orient depuis sa propre porte à Vienne : il nous emmène en Turquie, puis en Iran. Tel la Shéhérazade des Mille et Une nuits, il nous tient en haleine par son phrasé envoûtant parsemé de références musicales : celles des compositeurs européens jouant l’Orient, et celle des musiciens orientaux.

Il est également question de poésie et de grands écrivains qui, tel Hugo, prennent parfois leur inspiration à l’est du Bosphore.

L’auteur démontre ainsi qu’Orient et Occident sont entremêlé depuis toujours.

J’ai découvert que le premier vampire est né sous la plume d’un écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, avec son roman Carmilla.

L’auteur parle souvent de Hammer-Purgstall, autrichien grand traducteur de littérature orientale et considéré comme l’un des fondateur des études scientifiques de l’Empire ottoman.

Sans oublier le Divan de Hafez, ses oeuvres complètes qui regroupent plus de 900 poèmes, et qui ont influencés Goethe, entre autre.

Je n’ai pas cherché à comprendre toutes les références de l’auteur, je me suis laissée porter par sa plume de conteur, et ce fut un très beau voyage.

L’image que je retiendrai :

Celle du manque de communication entre Sarah et Franz, s’attendant l’un l’autre de chaque côté de la porte.

Quelques citations :

« Depuis Chateaubriand, on voyage pour raconter : on prend des images, support de la mémoire et du partage. » (p.102)

« Sur toute l’Europe souffle le vent de l’altérité, tous ces grands hommes utilisent ce qui leur vient de l’Autre pour modifier le Soi, pour l’abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l’utilisation des procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d’église et de l’harmonie. » (p.121)

« Il n’en reste pas moins que nous devons à l’Empire ottoman et à un de ses plus éminents diplomates un des joyaux de la peinture érotique européenne. » (p.284)

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A ce stade de la nuit – Maylis de KERANGAL

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Verticales, 15 octobre 2015, 80 pages

Présentation de l’éditeur :

Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster- héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry- puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : Le naufrage d’un bateau de migrants.

Mon avis :

Finalement, je tente de nouveau de lire l’auteure, dont j’avais abandonné Naissance d’un pont il y a quelques années. Ce texte court en est l’occasion.

Je dois dire que je suis agréablement surprise, je peux dire que j’ai aimé cette méditation d’une nuit.

Lu d’une traite, l’écrivain a su me faire entrer dans ses méditations à la limite du songe, à l’heure où les pensées et les images s’enchainent sans ordre.

Oeuvre de commande pour la Fondation Facim (Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne), Maylis de Kerangal nous parle surtout des paysages qui ont bercé notre vie, des lieux reliés à notre parcours personnels.

Une belle et douce lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’arrivé en bateau sur l’île de Stromboli de la narratrice, avec son enfant dans les bras, pour rejoindre un homme.

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Sanguinaires – Denis PARENT

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Robert Laffont, 7 janvier 2016, 360 pages

Présentation de l’éditeur :

A cinquante ans, Hugo, batteur professionnel, vit dans la maison familiale, face aux îles Sanguinaires, un archipel à l’entrée du golfe d’Ajaccio. Entre deux tournées et deux enregistrements sur le continent, il veille sur sa lignée et son jardin. Son fils de vingt-huit ans et son petit-fils vivent avec lui.

Sébastien est barman, ancien taulard, ancien toxico. Vittorio finit son année de CM2. Ils n’ont pas de femmes dans leur vie. Un matin, Sébastien est abattu de plusieurs balles par des tueurs en moto sur la terrasse du bar où il travaille. A Ajaccio, tout le monde soupçonne une famille de voyous d’être les commanditaires de ce meurtre. Hugo, fou de douleur, met son petit-fils à l’abri au village, dans la montagne.

Le soir même, il tente de se venger du clan rival. Mais au moment de tuer, il renonce. Le lendemain il charge son van, prend le ferry et part sur le continent avec Vittorio. Sur les routes du Sud-Ouest, dans les Cévennes, le Quercy et jusque dans les Landes, jouant dans des fêtes votives, parmi les vacanciers et les ruraux, Hugo et Vittorio cherchent la mère de l’enfant. Mais ils sont suivis. Par un tueur. Par un ange gardien. Hugo fera tout pour sauvegarder ce qui reste de sa famille décomposée. Tout.

Mon avis :

Une lecture exigeante, hachée et pourtant pleine de poésie. Les inventions de mots de Vittoriu sont de vraies réussites.

Pourtant, le style n’est pas au service du récit, dans ce roman. A trop réfléchir sur les mots, la fluidité de l’histoire en pâti. Beaucoup.

Seule l’amour que l’on ressent entre un grand-père, son fils et son petit fils m’a touché. 

Malgré tout, j’ai également aimé le personnage de Seb, qui nous parle après son assassinat.

L’image que je retiendrai :

Celle des îles sanguinaires qui donnent leurs noms au roman.

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Un fond de vérité – Zygmunt MILOSZEWSKI

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Mirobole Editions, 6 janvier 2015, 472 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif…

Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Les impliqués, premier roman de l’auteur. Je retrouve avec plaisir son personnage principal dans une nouvelle enquête.

Je ne connais pas la Pologne, mais l’auteur m’a donné envie de découvrir la ville de Sandomierz au printemps.

Outre le fait que tout le monde ment, Teodore cherche toujours le fond de vérité dans chaque déclaration.

Ne vous y méprenez pas, il y a aussi de l’action dans ce roman. Mais pas de poursuite en voiture, ouf !

L’auteur s’appuie cette fois-ci sur la vieille légende polonaise du « Prix du sang » : les Juifs auraient pour coutume d’enlever les enfants polonais pour fair leur pain azyme (si, si, c’est une légende urbaine qui a vraiment existé). Impressionnant !

L’action se déroule sur quelques jours, et l’auteur se plait, avant chaque début de journée, à nous rappeler les faits marquants du jour, ainsi que la météo.

L’image que je retiendrai :

Celle des galeries souterraines de la ville, creusées dans du loess par les habitants au fil des ans pour y cacher leurs trésors.

Je remercie l’auteur qui parle très bien français pour sa dédicace fleurie lors du salon Sang d’encre à Vienne en novembre 2015.

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Pike – Benjamin WHITMER

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Editions Gallmeister, Néonoir, 5 mars 2015, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Ça fait un moment que Douglas Pike n’a plus grand-chose à voir avec le truand qu’il était autrefois. De retour dans sa ville natale des Appalaches, il vit de petits boulots et tente de combattre ses démons du mieux qu’il peut.

Jusqu’au jour où il apprend que sa fille, depuis longtemps perdue de vue, vient de mourir d’une overdose. Et où il découvre par la même occasion l’existence de sa petite-fille. Le voilà avec une gamine de douze ans sur les bras, et il va bien falloir s’en occuper. D’autant qu’un flic brutal et véreux manifeste un intérêt malsain pour la fillette.

Mon avis :

Un western au milieu des camés du 21e siècle : bienvenue dans l’univers de Pike, là où le sable du désert a été remplacé par la neige fondue et noire.

Ca picole sec, les armes à feu sont le prolongement naturel des mains, et la libido n’est jamais loin. Les personnages sont sales et se fichent de tout.

Ca se termine en apothéose comme tout bon western qui se respect, celui qui a dégainé le premier a gagné.

Une image de l’Amérique loin de l’image idyllique véhiculée par les médias.

C’est noir, c’est dur, c’est la vie.

L’image que je retiendrai :

Celle des maisons toutes de guingois dans les quartiers résidentiels pauvres.

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Au-delà de 125 palmiers – Pauline DESNUELLES

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La Remanence, 17 avril 2015, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Alma mène une existence routinière avec son jeune fils Léopold et son mari. Lorsque ce dernier part pour de longs mois en Antarctique à l’occasion d’une mission scientifique, l’univers de la jeune femme vacille. Accompagnée de Léopold, auquel la lie un amour fusionnel, elle fuit la ville et roule sans se retourner. Ils s’installent dans une vieille villa au bord de la Méditerranée. Elle y fait la connaissance d’un vieillard mythomane, écrivain esseulé, puis de son fils Gaspard.

Sous le charme des Pyrénées-Orientales, Alma se laisse aller à goûter cette douce échappée. Peu à peu, elle se libère de sa fragilité, de sa retenue, et se réconcilie avec une sensualité longtemps enfouie au plus profond d’elle-même. Elle sent alors renaître en elle des forces intérieures, comme resurgissent à l’esprit les paysages oubliés.

Mon avis :

Un personnage principal tout en douceur, lié à son fils par un lien maternel fort. Un mari absent dont on sent que le caractère autoritaire a fait perdre pied à Alma, au fil des jours.

J’ai aimé ce retour aux sources, ce retour au pays de l’enfance et de la mer. Alma se lance même dans l’apprentissage de la planche à voile.

J’ai aimé lire cette renaissance lente.

Seule la fin, incertaine, m’a déçue. Mais sait-on de quoi l’avenir sera fait ?…..

L’image que je retiendrai :

Celle des histoires lues à Léopold chaque soir, dont l’une ouvre le récit.

Merci Yv pour ce beau livre voyageur avec lequel j’ai passé une belle après-midi hors du temps. Hélène a un avis plus mitigé, il s’envole maintenant vers Zazy…

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La Thé Box

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Le Père-Noël a bien garni mes souliers cette année, sans doute parce que j’ai été très sage et toujours d’humeur égal (j’entends que l’on rit dans le fond….)

Chez ma Petite Soeur, il a déposé une Thé Box de Noël.

A l’intérieur, plein de bonnes choses, regardez un peu :

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Du thé vert, du thé vert et bleu, du thé blanc, du thé noir, du thé de grandes maisons, du thé de maisons que je ne connais pas, mais aussi quelques gourmandises. Et un livret de découverte.

Le tout dessiné par Evelyne Mary.

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Jappeloup – Max L'HERMENIER

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Jungle Editions, 11 novembre 2015, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Comme tous les garçons de son âge Pierre est un jeune écolier, fan de football. Un jour, alors qu’il dispute un match avec ses amis, le ballon atterrit dans une prairie plus loin. Le jeune Pierre part alors à la recherche du ballon sans se douter qu’il va faire la plus belle rencontre de sa vie… Celle de Jappeloup !

À eux deux, ils marqueront à jamais l’histoire du sport équestre. Mais avant de rêver de médailles, ils devront d’abord apprendre à se connaître, se faire confiance et relever les premiers défis qui vont se dresser sur leurs routes.

Mon avis :

De Jappeloup et de Pierre Durand, je connaissais l’histoire grâce au film homonyme.

C’est au tour de la BD de se pencher sur ce duo de choc.

Une graphie très travaillée et toute en rondeurs, des cases très visuelles, un livre qui plaira aux enfants et ados fans de chevaux pour leur faire découvrir cette belle aventure.

Un carnet de fiches pédagogiques en fin de volume pour les néophytes comme moi.

Je remercie Babelio et l’opération Masse Critique pour l’envoi de cet album.

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