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Ils vont tuer Robert Kennedy – Marc DUGAIN

Tout le monde sait qu’ils ont tué aussi Robert Kennedy. Mais qui sont ces ils ?

D’après le narrateur, ce n’est pas la mafia, mais plutôt le conglomérat militaro-pétrolier. Oui, parce que les fils Kennedy sont plutôt des pacifistes dans l’âme. Et puis le père, Joe, était lié à la mafia.

Si tout le monde connaît la « balle magique » qui a tué JFK, j’ai découvert le pistolet magique qui a tué RFK capable de tirer 11 balles alors que le chargeur ne peut ne contenir que 8. Et bizarrement, les preuves et les témoins disparaissent aussi plus ou moins rapidement.

J’ai aimé suivre en parallèle l’enquête du narrateur sur sa famille, un peu capillo-tractée, mais ces chapitres alternés permettent une respiration dans l’histoire Kennedy.

J’ai aimé la démystification du clan qui se faisait littéralement passer les femmes comme les postes de pouvoir.

Pauvre Bobby qui ne se remet pas de la mort de son frère, devenant dépressif et ne trouvant de l’énergie que lors de ses campagnes.

J’ai aimé que l’auteur me parle de la théorie du complot qui ne cesse de résonner de nos jours (les attentats du 11 Septembre, entre autre), ainsi que de notre société devenue gavée de sucrée et de programmes télés. Les paranoïaques et les lanceurs d’alerte ne seront-ils pas nos sauveurs ?

J’ai aimé le souffle romanesque du roman, les longues phrases envoûtantes du narrateur, comme hypnotiques.

Merci, M. Dugain, j’ai encore passé un excellent moment de lecture intelligent avec votre roman.

L’image que je retiendrai :

Celle du dernier fils, Ted, qui ne pourra jamais exhausser le voeux du patriarche en laissant mourir sa passagère dans sa voiture.

Quelques citations :

« Il était selon elle aussi difficile de progresser sur l’histoire de la Résistance française que sur l’assassinat des frères Kennedy. » (p.286)

« Mais l’interrogatoire de Sandra Serrano par la police de Los Angeles suffit pour expliquer par quelles forces et par quelles méthodes naît une théorie du complot dont on voudrait nous faire croire qu’elle émane d’esprits fragiles, infectés par la paranoïa, cette maladie invoquée pour toute personne mettant en cause une vérité officielle. » (p.353)

« La résistance et le terrorisme ne sont que les deux faces d’une même pièce de monnaie. » (p.392)

Gallimard, 17 août 2017, 400 pages

Merci Michèle C. pour le prêt de ce roman passionnant

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L’enfant qui mesurait le monde – Metin ARDITI

Grèce, de nos jours, sur une île proche d’Athènes. Des promoteurs immobiliers ont un projet d’envergure de l’autre côté de l’île pour faire venir des touristes dans un Resort avec casino. Fie de l’écologie et de la préservation du site, le nouveau palace offrira des emplois.

Pourtant, tout le monde sur l’île ne voit pas ce projet d’un bon oeil.

C’est le cas d’Eliot Peters, américain de 60 ans d’origine grecque, venu sur l’île après le décès de sa fille. Il se prend d’amitié pour le fils de sa voisine qui est autiste. Sur l’île, tout le monde respecte les lubies qui calment Yannis, mais seul Eliot sait pénétrer son univers et lui apprendre, petit à petit, que le monde change.

J’ai aimé le personnage de la mère, pêcheuse volontaire qui se démène seule avec son fils. Tout doit être parfait pour que Yannis ne fasse pas de crises, et pourtant, parfois, elle craque.

Pourtant, j’ai trouvé que le récit était long à se mettre en place. Seul l’histoire du projet m’a intéressé.

Une lecture en demi-teinte.

L’image que je retiendrai :

Celle des bols de couleur dans lesquels mange Yannis : une couleur pour chaque type d’aliment.

Grasset, 24 août 2016, 304 pages

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Les cuisines du grand Midwest – J. Ryan STRADAL

Un roman avec des recettes dedans, mais pas que.

C’est avant tout la vie d’Eva, depuis sa naissance jusqu’à son succès de cuisinière hors-pair et originale.

Si j’ai aimé découvrir cette fille douée hors norme, j’ai regretté de la suivre de si loin : chaque chapitre nous raconte d’abord un épisode de la vie d’une personne ayant côtoyé Eva. Et parfois, elle n’apparaît que rapidement.

J’ai aimé toutefois découvrir une Amérique profonde et des strates de population qui ne se rencontrent pas souvent.

J’ai aimé retrouver la couleur jaune au détour des pages, comme un fil conducteur.

J’ai aimé le récit parsemé de recettes différentes.

Un roman qui montre, au final, la diversité des Etats-Unis, tant par sa population que par sa cuisine.

L’image que je retiendrai :

Celle du dîner dominicale pour lequel chacun apporte un plat réalisé avec les ingrédients les plus recherchés qui soient (tomates et maïs de telle propriété, salade de tel marché….)

Rue Fromentin, 11 mai 2017,  342 pages

Merci Aifelle et Cathulu pour cette très bonne idée de lecture

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Vera – Karl GEARY

Un amour qui aurait dû être impossible entre un jeune homme et une femme mûre.

Entre un jeune homme pauvre qui compte chaque penny et une femme de la bourgeoisie.

Entre un jeune homme à l’avenir devant lui et une femme cloîtrée dans son passé tragique.

J’ai aimé que Sonny découvre la littérature chez Vera par hasard. Qu’il se rende au Musée parce qu’elle y travaillait.

J’ai moins aimé les trop longues descriptions des silences familiaux.

J’ai aimé les pages d’amour entre Sonny et Vera.

Toutefois, j’ai vraiment regretté que cette histoire d’amour centrale dans le roman ne commence réellement qu’au 3/4 du livre. Même si il faut mettre le cadre en place, j’ai trouvé cette exposition trop longue.

Et puis le style ne m’a pas permis de rentrer pleinement dans le roman : l’auteur utilise le « tu » pour parler de Sonny. Et cela a plutôt joué comme un repoussoir.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sharron, l’amie de Sonny qu’il retrouve tous les jours assise sur sa pierre préférée.

Rivages, 30 août 2017, 276 pages

Les avis plus enthousiastes de Léa Touch Book et Cannibales Lecteurs

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Comment vivre en héros ? – Fabrice HUMBERT

La question que pose l’auteur n’est pas primordiale pour moi (Daniel Balavoine « Je n’suis pas un héros, un héros-os »). J’ai pourtant lu ce roman avec plaisir, m’attachant aux personnages. Et en plus, je n’aime pas la boxe !

Mais l’auteur a su tirer le meilleur de ce sport et me faire commencer à l’apprécier dans son aspect technique.

J’ai aimé le personnage de Tristan, qui se débat avec son père et sa volonté de faire de lui un héros.

J’ai aimé Juliette, en rébellion contre son père Tristan ; Alexandre dont le bégaiement l’empêche de créer des liens avec son père.

En refermant ce roman, je  me suis demandé si l’auteur, plutôt que d’interroger le concept de héros, n’avait pas plutôt interroger la figure du père. De là à lier les deux….

J’ai aimé Marie qui tente de maintenir la cohésion de sa famille, sans succès.

J’ai aimé les personnages secondaires : Sen, les beaux-parents de Tristan, et bien sûr Bouli.

J’ai aimé que l’auteur me parle de la violence dans l’antiquité, et l’amène sur le terrain moderne. Son personnage principal est plutôt pacifiste et croit à la victoire des purs. Malheureusement, la société ne fonctionne pas comme cela. L’amour, peut-être…..

Ou le vieux rêve de la littérature : la restauration de la pureté (p.239).

Il y a quantité d’autres sujets dans ce roman (beau-papa député socialiste qui devient ultra-libéral une foi la droite revenu au pouvoir, l’amitié plus forte que les imbéciles…), je ne pourrais les écrire tous et vous laisse découvrir ce roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle du chalet des parents de Marie où elle emmène Tristan qui n’avait jamais vu la montagne.

Gallimard, 17 août 2017, 416 pages

Je remercie Price Minister et son opération des Matchs de la Rentrée Littéraire pour l’envoi de ce roman.

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Un funambule sur le sable – GILLES MARCHAND

Quelle drôle d’idée de départ : naître avec un violon dans la tête ! Pauvre Stradi (surnom donné par ses camarades) qui va devoir apprivoiser cet instrument qui s’est imposé à lui.

Difficile de rester concentré en classe quand il faut maîtriser les sons du violon pour ne pas déranger les autres ; difficile de se rendre en classe certains jours après la piqure de l’infirmière sensée aider le violon à grandir en même temps que Stradi.

Petit à petit, le roman frôle l’onirique tout en étant bien ancrée dans notre réalité.

Et puis Stradi tombe amoureux : incompréhension des parents de la jeune fille, fuite, tentative de vie à deux avec une moitié de chien avant l’arrivée du bébé.

J’ai aimé également le personnage de Max qui lui boîte : leurs deux différences font naître une amitié hors du commun, même si au contraire de Stradi, la musique enferme Max.

J’ai aimé Lélie, jeune fille volontaire qui tire trop sur la corde. J’ai aimé Stradi qui se dépatouille comme il peut.

Merci, M. Marchand, j’ai aimé le monde que vous avez créé dans ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame du premier qui s’inquiète pour ce jeune couple.

Aux forges de Vulcain, 24 août 2017, 353 pages

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Le jour où Beatriz Yagoda s’assit dans un arbre – Idra NOVEY

Au Brésil, tout se vit plus intensément : les amours, les séparations.

C’est sans doute ce qui attire Emma, la traductrice américaine de la célèbre auteure Beatriz Yagoda qui a disparu. Elle quitte son petit ami sur un coup de tête pour tenter de retrouver celle qu’elle connaît à travers ses livres.

Dans la chaleur étouffante de Rio, elle tombe amoureuse du fils de Beatriz, échappe de peu à l’usurier de l’auteure tout en essayant de retrouver l’écrivain.

J’ai aimé le personnage d’Emma, américaine sans vraiment d’attache capable de partir à l’autre bout du monde sur un coup de tête.

J’ai aimé la fille de Beatriz, femme un peu revêche qui se défend contre tout.

En revanche, j’ai moins apprécié l’aspect travail de l’écrivain. Beatriz disparaît car elle ne peut avancer dans son nouveau roman : elle bute sur un passage qu’elle remanie cent fois sans trouver de solutions.

Et puis le final du roman, lorsque mère et fille se retrouvent est traité de trop loin et trop évasivement à mon goût. Même si on devine la teneur des propos échangés, l’auteure Idra Novey ne nous donne pas assez de détails au cours de son roman.

Toutefois, j’ai aimé l’ambiance un peu folle de ce roman et cette idée de départ originale : monter tout simplement dans un arbre pour disparaître.

Un premier roman maîtrisé.

L’image que je retiendrai :

Celle du caleçon rouge abandonné dans la chambre d’Emma par son amant brésilien et que découvre son petit ami américain.

Les escales éditions, 12 octobre 2017, 272 pages

Je remercie Les Escales pour l’envoi de ce roman loufoque mais profond en avant-première

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Les saisons de la nuit – Colum MCCANN

Nous suivons Nathan Walker, noir américain faisant partie d’une des équipes chargées de creuser un tunnel sous l’Hudson pour faire passer le métro. Sous terre, dans la vase, il n’y a que des travailleurs sans distinction de couleur de peau.

Nathan s’éprend d’une jeune femme blanche et rousse, fille d’émigrés irlandais. Difficile pour eux de trouver un logement.

Puis le travail se fait rare, leur fils aîné s’engage à la guerre, se marie, mais commet un acte violent et sera tué dans un état du Sud. Leurs deux filles s’en sortent mieux.

Nathan reste veuf avec sa belle fille et son petit-fils. Les temps sont durs, la belle fille devient alcoolique puis droguée. Le petit-fils, lui, est un équilibriste hors pair qui trouvera de l’embauche pour construire les gratte-ciels. Quelques temps.

Nous suivons ainsi 3 générations d’Américains à New-York, depuis le fond de l’Hudson jusqu’aux plus hauts buildings. La chute n’en sera que plus rude.

En parallèle de l’histoire de Nathan, nous suivons un SDF qui loge dans le métro, dont nous apprendrons l’identité par recoupement.

J’ai aimé le personnage de Nathan, un colosse, vrai force de la nature, et pourtant résigné devant les caprices du destin.

J’ai toutefois trouvé la fin un peu trop angélique.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’accident au fond du tunnel provoquant un geyser et catapultant 3 travailleurs à l’extérieur dans un jet d’eau tonitruant.

10/18, 2000, 321 pages

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Communardes ! : L’aristocrate fantôme – Wilfrid LUPANO

1871. Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste vingt ans arrivée à Paris depuis une semaine à peine, devient la présidente du premier mouvement officiellement féministe d’Europe : l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés.

Véritable passionaria socialiste et va-t-en-guerre, elle est envoyée par Karl Marx lui-même !

Sa beauté et sa verve, qui la distinguent des autres insurgées, d’origines plus populaires, suscitent l’intérêt des « hommes » jusqu’ici peu sensibles aux revendications des communardes.

Ainsi, paradoxalement, l’une des premières grandes figures du combat pour le droit des femmes en France était… une aristocrate russe.

Quel personnage ! Un peu trop va-t-en guerre à mon goût, elle a le mérite d’aller au bout de ses idées et ne craint pas de s’impliquer dans le mouvement.

Mais dans ce tome, on voit que les hommes sont réticents à donner des droits aux femmes, qui ne cessent de répéter qu’il faut aller doucement. Ces messieurs sont bien frileux. On apprend aussi le rôle des banques dans la victoire ou la défaite de chaque camp.

Un texte encore une fois engagé en faveur des femmes passées inaperçues pendant la Commune, servi par un dessin à la hauteur des batailles qui se déroulaient dans Paris insurgé.

L’image que je retiendrai :

La dernière, celle d’Elisabeth dans la campagne russe sous la neige, près du goulag de son mari.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

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La Reine Noire – Pascal MARTIN

La Reine Noire, c’est la tour qui domine la ville de Chanterelle au si joli nom. Mais la Reine est morte : l’usine de sucre à ses pieds ne produit plus rien.

Deux de ses anciens enfants débarquent un jour, chamboulant l’équilibre précaire de la communauté.

J’ai aimé les personnages secondaires de ce roman, tous haut en couleur sans être caricaturaux.

J’ai découvert les oreilles indiscrètes et les lettres de délation toujours en vigueur dans le bourg.

J’ai aimé que le méchant ne soit pas celui que tout le monde désigne. J’ai aimé qu’il offre à la fille du bar l’envie de partir.

J’ai passé un très bel après-midi de lecture sous le regard de cette cheminée vestige d’un autre temps.

L’image que je retiendrai :

Celle des femmes de Chanterelle ayant pour la plupart tendance à devenir folle et à finir leur vie en HP.

Jigal Polar, 8 septembre 2017, 248 pages

Fournisseur officiel : Jigal Polar que je remercie pour l’envoi

Vil tentateur : Paul Maugendre

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Dompteur d’anges – Claire FAVAN

J’aime toujours autant cette auteure française qui toujours situe l’action de ses polars aux Etats-Unis.

Cette fois-ci, il s’agit de la vengeance d’un gars au départ comme les autres, mais que ses années de prison ont rendu vindicatif.

Le style est sans fioritures, et j’ai aimé me laisser porter par la narration qui va à l’essentiel.

Un très bon moment de lecture, mais une fin en happy end qui m’a fait râler : j’attendais moins de bons sentiments après un polar noir.

L’image que je retiendrai :

Le clin d’oeil à Nicolas Lebel et Olivier Norek en début de roman.

Lu sur Liselotte

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Journal d’une princesse – Carrie FISHER

Vous êtes un hyper fan de Star Wars ; la princesse Leia vous a fait fantasmer étant jeune pubère, alors ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin.

Ce n’est pas le journal intime ni l’autobiographie de l’actrice. Le récit commence avec le premier film de l’actrice et se termine après le tournage de Star Wars.

Un peu de croustillant : vous voulez savoir si il y a eu une idylle entre Carrie et Harrison ? Vous n’aurez pas le compte-rendu de leurs ébats, à peine si Carrie s’en souvient et nous dévoile qu’ils n’ont pas joué au scrabble.

Ca partait bien côté style, mais très vite, ça part en…. cacahouète.

J’ai fini en avance rapide, et mon Cher et Tendre est du même avis.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’actrice n’en revenant pas sur des pages et des pages d’avoir été un sexe-symbole.

Fantask, 6 octobre 2017, 272 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

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Les délices de Tokyo – Durian SUKEGAWA

Quelles ont l’air délicieuses, ces pâtisseries concoctées par Tokue dans l’échoppe de Sentarô : pour la confection des dorayaki, le secret réside dans la préparation de la pâte de haricots.

Et Tokue sait l’écouter murmurer, elle qui a tant souffert dans sa chaire.

C’est ce que va découvrir Sentarô à cause d’une propriétaire malveillante.

Aidé de Wakana, une jeune fille en marge, ils se prennent d’amitié pour la vieille dame et découvrent son terrible secret et la condition des lépreux au Japon.

Un roman pas si doux qu’il n’y parait. Une omniprésence des cerisiers à travers les saisons.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame, Tokue, apprenant à Sentarô à écouter.

Albin Michel, 3 février 2016, 240 pages

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Le dernier violon de Menuhin – Xavier-Marie BONNOT

Rodolphe Meyer est un prodige du violon. Depuis ses 5 ans, son père le pousse à jouer de cet instrument avec lequel il excelle.

Le récit commence au moment du décès de la grand-mère de Rodolphe. Il hérite de son exploitation dans l’Aveyron et s’y rend pour son inhumation.

Une tempête de neige l’oblige à passer la nuit dans la maison, puis sa voiture qui ne démarre plus à cause de fils coupés.

C’est Victor, l’Enfant sauvage, qui a saboté la voiture de Rodolphe.

Qui est vraiment Victor ? Qui est l’Autre avec qui Rodolphe s’entretient ? Pourquoi le dernier violon de Yehudi Menuhin a-t-il tant d’importance pour Rodolphe ?

J’ai aimé ce roman qui parle de la page sombre en chacun de nous ; de l’ingratitude d’être un prodige. Certains s’en sortent, tel Yehudi, d’autres non comme Rodolphe.

J’ai aimé que l’auteur me parle de nos racines terriennes pas si loin de nous ; des légendes vivaces dans ces campagnes désertées.

Comme toujours, je me suis régalé du nouveau roman de M. Xavier-Marie BONNOT.

L’image que je retiendrai :

Cette du repaire sylvain de Victor au milieu des bois.

Quelques citations :

« Diriger des chanteurs avec un ego gros comme une montagne, des danseurs qui ne font que compter dans leurs têtes, des choristes qui ne sont jamais tous en mesure. » (p.102)

« Nous, les virtuoses, sommes tous des névrosés, des orphelins de l’enfance. » (p.190)

Belfond, 17 août 2017, 240 pages

Je remercie les Editions Belfond et Gilles Paris pour l’envoi de roman

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Danser – Astrid ELIARD

Ils ne rêvent que de cela, les trois petits rats tout juste entrés à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris : Chine, Delphine et Sébastien. Ils ont la danse dans le corps, malgré les exercices sans fin et les muscles qui crient grâce.

Tous les trois sont issus de milieu sociaux-culturels et de régions différentes, mais tous ont réussi à intégrer cette prestigieuse école qui forme aussi des élèves étrangers.

Petit à petit se noue une amitié sans rivalité autour de Delphine qui sait si bien nouer des contacts, Chine étant plus discret et Sébastien le trublion de la bande.

J’ai aimé suivre ces trois enf-adolescents lors de leur première année : leurs questionnements sur leur passion de la danse, mais aussi les amitiés perdues avec ceux restés chez eux ; la découverte du corps de l’autre, leurs premiers émois et leurs premières amours.

Des adolescents attachants malgré la pression sur leurs frères épaules.

L’image que je retiendrai :

Celle des parents des trois enfants qui ne comprennent pas cette passion frénétique et cette envie incessante de danser.

Mercure de France, 11 février 2016, 184 pages

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Red Balloon de TWG

Je vous parle aujourd’hui d’un thé d’exception qui me faisait de l’oeil à chacune de mes visites chez Harrods’ (je n’ai pas encore la carte de fidélité pour autant).

La maison de thé TWG (The Wellbeing Group (le groupe du bien-être)) est localisée à Singapour pour être plus près des plantations. Elle propose des thés d’exception, et qui dit exception dit cher.

C’est donc un luxe que je m’offre.

Description du thé Red Balloon :

Une envolée magique de l’imagination : ce thé est une création parfaite pour égayer votre journée. Des myrtilles prêtent leur douce acidité à ce thé rouge aérien et sans théine qui étincelle de notes de poires croquantes. Envolez-vous avec une délicieuse ode à la jeunesse et à l’innocence, le mélange parfait pour tous les amateurs de thé de tous les âges.

Mon avis :

Il vaut mieux aimer la myrtille : dès la boîte ouverte, les parfums s’exhalent. Pas de senteurs une fois le thé infusé, mais au palais, je retrouve le goût de la myrtille. Un goût qui me restera longtemps en bouche.

Les poires donnent un goût léger et doux.

Un thé réconfortant en cet automne pluvieux et froid.

 

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Ne te fie à personne – Vincent VILLEMINOT

Quel plaisir de retrouver la Brigade des Goules et son personnel à part.

J’ai plongé dans cette suite  passionnante, mettant en danger Diane de Moitié ainsi que Adé, la fille du commissaire.

J’ai retrouvé avec plaisir Antonin Antonin (dont on apprendra le vrai prénom) toujours amoureux de Fleur. Ce n’est déjà plus un amour platonique dans cet épisode.

J’ai aimé que le personnage de Jimi soit plus présent.

Si l’enquête en elle-même est traité de façon plutôt rapide, ce roman met en scène des personnages attachants que je retrouverai volontiers lors du prochain épisode.

L’image que je retiendrai :

Celle des décoctions que Jimi fait brûler à chaque fois qu’il apparaît.

Une citation :

« l’idée que la vie prend te donne, sans équanimité, sans logique, sans loi » (p.70)

Casterman, 5 avril 2017, 350 pages

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Eleanor Oliphant va très bien – Gail HONEYMAN

J’ai découvert avec plaisir ce premier roman d’une auteure écossaise qui ne manque pas d’humour. Elle a su créer un personnage sympathique, tellement refermée sur elle même qu’elle passe pour un peu spéciale.

Mais un de ses collègues, Raymond, se prend d’amitié pour elle et, petit à petit, au fil des déconvenues de l’un et l’autre, se crée une vraie relation.

Ça a l’air beau et gnan-gnan, en effet. Mais ce roman n’est pas que cela, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui s’émancipe d’un passé douloureux et d’une mère possessive et violente. D’une personnalité forte et au vocabulaire riche capable de rire d’elle-même et de chercher à s’intégrer. C’est enfin l’histoire touchante d’une ancienne petite fille qui a tout perdu mais qui se reconstruit.

J’ai été sensible à toutes les histoires contenues dans ce roman. Il m’a fait sourire parfois, m’a ému beaucoup.

J’ai aimé la présence du feu dans le récit, j’ai cherché pourquoi il avait tant d’importance dans la vie d’Eleanor.

Une auteure que je ne manquerai pas de suivre.

L’image que je retiendrai :

Celle du cabas et du pourpoint d’Eleanor, son armure et son sac à roulette ultra pratique.

Fleuve Edition, 28 septembre 2017, 432 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

 

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Taba-Taba – Patrick DEVILLE

Je qualifierais ce roman d’ode à l’hippocampe cérébral, cette structure du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale.

Car ce livre condense la mémoire de l’Histoire des 19e, 20e et 21e siècle en résumant les grands événements mondiaux ; en effectuant des rapprochements avec l’actualité.

De plus, le narrateur voyage au fil des pages : Lafrançaise (dans le Tarn-et-Garonne), les Vosges, mais aussi Saigon ou Antananarivo, et j’en oublie tellement.

Pourtant, le narrateur ne peut oublier celui qu’il a baptisé Taba-Taba et auprès de qui il s’asseyait, enfant, sur les marches de l’asile psychiatrique. Taba-Taba répétait cet alexandrin : Taba-taba-taba / Taba-taba-taba. Jamais il ne bougea, jamais il ne dit autre chose. Ainsi, l’auteur embrasse dans cette somme les deux pôles de l’humanité.

Je dois confesser que ce roman (mais je pose la question : est-ce réellement un roman ?) est parfois ardu à lire : tant de détails historiques, tant de pays dans une seule page, j’ai failli en perdre mon latin.

J’aurais aimé plus de romanesque : en apprendre plus sur la vie du narrateur au temps de Taba-Taba, sur les amours de ses parents, sur sa propre relation avec Yersin.

Une lecture en demi-teinte, donc, dans laquelle si je n’ai pas trouvé de souffle romanesque, j’ai au moins trouvé un souffle historique.

L’image que je retiendrai :

Celle du gymnaste, comprenez le grand-père du narrateur, sur les routes tout au long de sa vie pour fuir la guerre.

Quelques citations :

« Les livres sont des rapaces qui survolent les siècles, changent parfois en chemin de langue et de plumage et fondent sur le crâne des enfants éblouis. Des années encore et je lirai cette phrase du Journal d’un lecteur d’Alberto Mangel : « Pour Machado de Assis, de même que pour Diderot et Borges, la page-titre d’un livre devrait comporter les deux noms de l’auteur et du lecteur, puisque tous deux en partage la paternité.’ (p.26-27)

« (…) je tentais de saisir la simultanéité du monde pendant ces quelques journées. » (p.204)

« Les maquis ne cessent de harceler les Allemands qui ne cessent de martyriser les civils. C’est la grande question de la violence dans l’Histoire résolue depuis la Révolution française. Le droit ne s’installe pas par les moyens du droit. L’action terroriste illégale peut n’être pas illégitime. » (p.262)

Editions du Seuil, 17 août 2017, 430 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

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Ces rêves qu’on piétine – Sébastien SPITZER

Un premier roman à la fois maîtrisé, passionnant et très riche.

J’ai aimé le style, pourtant sans fioriture, des phrases sèches, courtes, comme pour dire l’urgence.

J’ai aimé l’urgence de Feda, sa volonté de vivre malgré les expériences commises sur elle.

J’ai aimé le silence d’Ava et son attention à la besace dans laquelle se trouve la mémoire des camps.

J’ai aimé découvrir l’enfance de Magda, née Marie-Madeleine, ambitieuse prête à tout pour ne pas retourner dans la misère. J’ai aimé son regard sans concession sur les occupants du bunker.

Même les personnages secondaires sont brossés intelligemment : Lee-Meyer et Gary en pleins, Adolf et Joseph en creux.

Et puis le grand absent, celui toujours caché : le père de Magda.

Un roman très documenté qui n’est jamais pontifiant, mais qui remet à hauteur d’hommes, et surtout de femmes, l’Histoire en marche.

L’image que je retiendrai :

Celle du bunker dans lequel sont enfermés les derniers caciques du régime qui se meurt sous les bombes.

Les éditions de l’observatoire, 23 août 2017, 304 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

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Sonia – Ignacy KARPOWICZ

Nous rencontrons Sonia alors qu’elle est déjà une vieille dame, seule dans son village avec ses vaches, son chien douzième du nom et son chat à la neuvième vie.

Arrive un jeune metteur en scène à la carrière théâtrale en berne, et dont la voiture vient de tomber en panne.

Sonia l’invite chez elle et lui raconte son histoire, comme pour laisser son fardeau avant de mourir.

Si j’ai aimé le personnage de Sonia et son histoire, j’ai été moins sensible à la forme de la narration entrecoupée de morceaux de la pièce de théâtre qu’imagine le jeune homme Igor.

Mais l’auteur a su me plonger en pleine campagne polonaise pendant la Seconde Guerre.

J’ai aimé le personnage du mari, qui endosse le mensonge du fils avec Sonia, et qui se sacrifie pour le village.

Un roman beau et très évocateur.

L’image que je retiendrai :

La poésie des scènes d’amour entre Sonia et son amoureux allemand.

Les Editions Noir sur Blanc, 9 février 2017, 176 pages

Merci beaucoup Edyta pour l’envoi de ce livre-voyageur. Son article ici.

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Mercy, Mary, Patty – Lola LAFON

Oui, qui est le personnage principal de ce roman ?

Est-ce Patty, née Patricia Hearst puis renommée par elle-même Tania ? Est-ce la jeune enseignante-chercheuse Gene Neveva qui tente de cerner Patty pour sa défense lors de son procès ? Est-ce Violaine, qui se rebaptise telle, chargée d’aider Gene dans ses recherches avec son regard neuf ?

Sont-ce les deux autres jeunes filles du titre : Mercy et Mary dont il est si peu question dans les pages de ce roman ? Enlevées elles aussi, elles apparaissent en creux tout au long du récit.

Est-ce le roman éponyme écrit par Gene dont nous sont cités certains passages ?

Est-ce la liberté de choix, sujet au coeur du roman et qui fait l’ambiguïté de Patty ?

Est-ce la rébellion qui habite Gene et Patty/Tania ?

Oui, je me suis posée toutes ces questions lors de ma lecture et même maintenant à l’heure d’écrire mon billet.

L’image que je retiendrai :

Celle des vieux journaux et enregistrements que doit décortiquer Violaine.

Actes Sud Editions, 16 août 2017, 238 pages

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Un loup pour l’homme – Brigitte GIRAUD

Nous ne découvrirons qu’à la fin du roman pourquoi l’animal est important dans cette histoire. En attendant, l’auteure nous parle d’un autre loup pour l’homme : lui-même.

Le récit a lieu pendant les Evénement d’Algérie (ah, ah, ah). Nous suivons Antoine, jeune appelé qui choisi de devenir infirmier, et sa femme Lila tout juste enceinte qui choisi de le rejoindre à Sidi-Bel-Abbès avant la naissance de leur enfant.

A l’hôpital où il travaille, Antoine se prend d’amitié pour Oscar, appelé amputé d’une jambe qui ne parle pas.

J’ai aimé découvrir les paysages algériens si beaux sous la plume de Brigitte GIRAUD. Mais aussi les récits auvergnats qu’Antoine fait à Oscar et l’omniprésence du genêt.

J’ai aimé la guerre telle que décrite par l’auteure : les corps qu’Antoine soignent ; les appelés et jamais les militaires, la torture qui fait son apparition sans jamais être nommée.

J’ai aimé l’innocence de Lila qui ne comprend rien à ce conflit, se liant d’amitié avec sa femme de ménage.

Enfin, j’ai aimé la fable du loup finale.

Merci, Mme GIRAUD, l’Algérie est si belle dans votre roman, et les hommes si humains et perdus.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Antoine luttant contre les cafards à son arrivée à l’hôpital, sorte de rite de passage. Il doit faire soigner son dos par un camarade.

Flammarion, 23 août 2017, 245 pages

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Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières – Barney NORRIS

5 voix, 5 vies, comme les 5 rivières qui viennent se jeter dans l’Avon à Salisbury.

J’ai aimé le préambule historique sur le site qui a vu naître la ville.

Puis chaque personnage du drame nous est dévoilé à travers le récit de cette journée spéciale. Chacun assiste à un accident de la route et nous les suivons avant, pendant et après le drame.

Les vies s’entremêlent, pleines de non-dits, d’amour inexprimé. Cela aurait pu être rebutant, mais sous la plume de l’auteur, c’est juste et beau.

Des fins de vie, des amours adolescentes, une dépression, mais toujours en point de mire la flèche de la cathédrale de Salisbury.

J’ai aimé ce rapport à la cathédrale et à la ville qu’a chaque personnage. J’ai aimé le fil invisible de ces 5 rivières se jetant dans le fleuve en des points distincts, mais pour un même but.

Une très belle après-midi de lecture.

L’image que je retiendrai :

Le titre français est vraiment trop moche, je lui préfère le titre originale : Five Rivers Met on a Wooded Plain.

Le Seuil, 17 août 2017, 304 pages

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« Je me promets d’éclatantes revanches » – Valentine GOBY

Je découvre avec ce texte Mme Charlotte Delbo, une femme engagée, déportée à Auschwitz puis Buchenwald. Son décès d’un cancer des poumons.

J’ai aimé l’analyse de Valentine Goby sur l’écriture de Charlotte : non pas pour dire l’expérience des camps, mais comme un hymne à la vie. Une écriture poétique qui dit la faim, fait sentir la soif.

Lecteurs, nous savons tout ce que nous apporte un texte littéraire fort ; l’auteure nous éclaire ici sur ce qu’apporte l’écriture en elle-même.

Un texte fort, à part, un livre-hérisson. Une merveille de cette rentrée littéraire.

Quelques citations :

« Lire a été non une quête d’exotisme mais une entreprise d’excavation : la révélation de ce qui me relie intimement au monde ; me coule dans sa respiration ; me fait une semblable. » (p.41)

« Je savais que j’oublierais puisque c’est oublier que continuer à respirer. » (p.64)

« Là-bas, j’ai été sûre qu’une langue n’est pas ajustable à toute réalité. » (p.78)

« je suis Charlotte Delbo, je suis vivante et j’aime ça. » (p.110)

A propos des camps : « On ne revient pas meilleur. On n’est augmenté que d’effroi. La déportation est une perte sèche. » (p.158)

L’Iconoclaste, 30 août 2017, 178 pages

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De cauchemar et de feu – Nicolas LEBEL

J’ai retrouvé avec plaisir la capitaine Mehrlicht qui s’entraîne toujours pour les sélections à Question pour un champion ; ses co-équipiers qui, pour cette enquête, auront la tête ailleurs. Et bien sûr la jeune recrue : venue de Lyon, sortie major de sa promo, elle lance des aphorismes à tout va (j’ai aimé découvrir d’où provenaient ses citations en fin de volume, et cela m’a fait sourire).

J’ai aimé suivre en parallèle l’histoire du conflit Nord Irlandais par le petit bout de la lorgnette : le récit suit une bande de copains vivant à Derry. Si, au début des années 70 ils lancent des pierres contre les soldats anglais, leur arsenal et leurs méthodes vont évoluer avec le temps. La réponse du gouvernement anglais aussi.

On met du temps à découvrir qui sera le méchant de cette bande, celui qui posera des bombes au phosphore en plein Paris, et pourquoi. Le radicalisme religieux n’est pas qu’islamiste. Dans les années 80, il était catholique.

Car pour justifier ses actes, le coupable ne cesse de citer des passages de la Bible justifiant l’usage de la violence.

Merci, M. Lebel, de nous rappeler qu’avant de jeter la pierre, il faut regarder notre passé.

L’image que je retiendrai :

Celle du capitaine Mehrlicht découvrant que ce n’est plus Julien Lepers qui anime l’émission, sapant ses envies de vengeance.

Lu sur Liselotte

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C’est le coeur qui lâche en dernier – Margaret ATWOOD

Un début noir sur fond apocalyptique : un couple qui n’a plus que sa voiture pour vivre après la Grande Crise qui a touché l’est du pays. Lui, Stan, au chômage ; elle, Charmaine, serveuse dans un bar. Chaque nuit, ils se déplacent de parking en parking pour échapper aux voleurs.

Un jour, ils cèdent à l’appel d’une publicité leur vantant les mérites d’une ville où tout le monde a un emploi, une maison. Ils succombent à l’appel des sirènes.

Dans leur nouvelle vie, Stan est réparateur de scooters et Charmaine est chargée d’injecter à des condamnés une piqûre létale. Ca aurait pu être intéressant, mais l’auteure n’exploite pas cette voie.

La vie que le couple mène est un peu particulière : un mois ils habitent dans leur maison, et le mois suivant ils sont en prison (pendant ce temps, un autre couple habite leur maison). Chaque mois, les couples permutent. Ca aurait pu être intéressant comme concept, mais l’auteure n’exploite pas non plus cette voie.

En fait, le Big Boss de l’entreprise est tombé amoureux de Charmaine et fait tout pour se rapprocher d’elle. Ca aurait pu être intéressant comme développement, mais l’auteure n’exploite pas cette voie.

Stan découvre le trafique d’organes organisé par le Big Boss, et la future exploitation de sang de bébé. Mais il n’en fait rien. Il préfère se laisser déguiser en Elvis pour sortir de la ville.

Ah ça, les sosies d’Elvis et Marilyn en prennent pour leur grade dans ce roman. Mais franchement, je m’attendais à un roman plus conséquent et engagé de la part de l’auteure de La servante écarlate.

Je suis passée complètement à côté de son humour ; j’ai attendu sans fin un quelconque engagement. Une déception.

Ceci dit, c’est un roman qui se lit bien et facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle des nounous bleus que les femmes tricotent les soirs en prison.

Cathulu l’a en revanche beaucoup aimé.

Robert Laffont, 17 août 2017, 450 pages

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Nos richesses – Kaouther ADIMI

L’Algérie, ce n’est pas seulement le bleu et le blanc, ce ne sont pas seulement les Evénements. C’est aussi la soif d’entreprendre des hommes, et notamment d’Edmond Charlot, libraire et éditeur passionné.

Depuis le pas de porte de sa petite librairie, sont entrés des auteurs majeurs : Camus, bien sûr, mais aussi Roblès et Saint-Exupéry.

En parallèle, nous suivons Ryad, jeune homme venu dans cette même librairie de nos jours pour la liquider et permettre l’installation d’un magasin de beignets.

J’ai aimé suivre Ryad qui découvre en même temps que moi la société algéroise de ce quartier : tout le monde se ligue pour ne pas lui vendre de peinture ; l’école refuse les livres qu’il veut lui donner.

J’ai aimé découvrir le personnage d’Edmond Charlot qui s’est engagé dans une entreprise trop grande pour lui.

En refermant le roman, je me suis demandé où sont nos vraies richesses de nos jours.

L’image que je retiendrai :

Celle des caisses laissées devant la librairie pour que chacun se serve en livres. Le lendemain, il y a toujours les livres, mais plus de caisse.

Le Seuil, 17 août 2017, 224 pages

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Cassandra – Todd ROBINSON

Premier roman de l’auteur, je dois dire que j’ai autant aimé que son second Une affaire d’homme.

Ils sont attachants, ces deux gros bras videurs dans un bar. Ils ont des répartis et beaucoup d’humour. Encore une fois, je n’ai pas été déçue.

Certains chapitres nous relatent la genèse de leur bande d’amis au pensionnat Saint Gab.

J’ai aimé le personnage de Cassandra, adolescente un peu perdue, amoureuse éperdue et qui sait se défendre.

Inutile de vous dire que j’attends impatiemment le troisième volet des aventures de Boo et Junior.

L’image que je retiendrai :

Celle de la ville de Boston dans laquelle il est difficile de conduire d’un point A à un point B sans passer par des tours et des détours.

Editions Gallmeister, 20 août 2015, 379 pages

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La part des anges – Laurent BENEGUI

Pendant une journée, nous suivons Maxime, qui se rend au Pays Basque pour les funérailles de sa mère. Son décès soudain l’a pris au dépourvu, et nous le voyons se débattre avec les Pompes Funèbres locales (grands moments de situations cocasses).

En parallèle du récit, la mère décédée de Maxime, Murielle, parle au lecteur pour nous expliquer la situation et son ressenti, mais aussi ce qu’elle attend que son fils fasse qu’elle n’a pas eu le temps de faire de son vivant.

J’ai aimé suivre Maxime dans le marché que sa mère adorait, au milieu des étales, des senteurs et des saveurs du Pays Basque.

J’ai aimé que le personnage principal ai un rapport décomplexé avec la mort et le corps et les cendres de sa mère.

J’ai aimé que cette journée d’enterrement soit une ode à la vie.

L’image que je retiendrai :

Celle de la généalogie du cafetier affichée dans les toilettes des hommes.

Juilliard, 7 septembre 2017, 198 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

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Dark Net – Benjamin PERCY

Non, je ne m’attendais pas à un tel récit fantastique en ouvrant ce roman. Et le fantastique n’étant pas ma tasse de thé, c’était mal parti.

Qu’importe, je continue ma lecture, mais le style, ou plutôt l’absence de style, me heurte. Des phrases courtes, sans forcément de liens entre elles, très descriptives. Bref, aucune atmosphère dans ce récit.

Et puis je me suis un peu perdue dans les arcanes du Dark Net : je savais ce que c’était avant de commencer ma lecture (je ne suis pas une super bille non plus), mais le fait de rajouter des êtres maléfiques à l’intérieur m’a paru étrange.

Bref, un roman qui n’était pas pour moi dès le départ, mais que j’ai lu jusqu’au bout. La fin, peu heureuse, est plus proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle du chien Hemingway qui suit le personnage principal dans ses aventures.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Super 8 pour l’envoi de ce texte.

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L’héritier – Joost de VRIES

Un roman un peu décousu, voire même franchement.

La première partie m’a intéressée, qui place les personnages et l’histoire de chacun. Mais la seconde moitié du roman m’a franchement déçue.

Le personnage principal, Friso de Vos, est l’assistant personnel de Josip Brik, un éminent universitaire et penseur qui m’a fait penser à Umberto Eco, je ne sais pas pourquoi. La première partie du roman raconte donc les aventures de Friso avant qu’il n’apprenne que Josip Brik est décédé. Ensuite, il n’est question de de Brik : Brik par-çi, Brik par-là, Brik par-çi, Brik par-là, Brik par-çi, Brik par-là…. Ca n’en fini plus. Si, cela a fini par me lasser.

De même que les constantes références à l’oeuvre de Tolkien Le Seigneur des Anneaux. Une fois, ça va, mais pendant tout un roman, il faut savoir varier les plaisirs.

Le méta discours autour des travaux universitaires sur Hitler aurait pu être humoristique, mais j’avoue que cela ne m’a pas fait rire.

Pour couronner le tout, Friso, le personnage principal, se fait passer pour un certain Monsieur de Vries, qui s’est auto-proclamé héritier de Brik, et qui a le même nom de famille que l’auteur.

A la fin du livre, dans les remerciements, l’auteur annonce que des extraits du roman sont paru ici et là précédemment sous forme condensé ou abrégé. J’ai enfin compris pourquoi ce roman me paraissait décousu.

L’image que je retiendrai :

Celle de Mme Carlson, une riche américaine, obligeant Friso à dépenser son argent grâce à sa carte de crédit noire qu’elle lui a prêté.

Plon, 7 septembre 2017, 248 pages

Je remercie Valérie Guiter pour l’envoi de ce roman en avant-première.

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Au fond de l’eau – Paula HAWKINS


J’ai bien cru que l’auteure allait me noyer sous le nombres de personnages qui parlent presque tous à la première personne.

Autant le premier roman de l’auteure était alambiqué juste comme il fallait, autant ce second roman, en offrant trop de fausses pistes, m’a agacé.

L’histoire en toile de fond est néanmoins intéressante : une partie de la rivière locale, sous un promontoire rocheux, était autrefois le lieu où l’on noyaient les sorcières. Depuis, des femmes se suicident à cet endroit. Mais l’enquêtrice se rend compte que c’est d’abord un lieu où l’autorité masculine s’exerçait sur les femmes.

Une lecture en demi teinte, donc, pour ce second roman de l’auteure. J’attends toutefois le roman suivant, on ne sait jamais.

L’image que je retiendrai :

Non seulement la rivière et l’eau sont omniprésentes dans ce roman, mais il pleut également beaucoup.

Lu sur Liselotte

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Quand sort la recluse – Fred VARGAS

Ouvrir un roman de Fred Vargas, c’est être certain que l’on va passer un bon moment en compagnie d’Adamsberg et de sa brigade.

Je n’ai pas été déçue, l’enquête officieuse dont s’occupe le commissaire se déroule à Nîmes et ses environs, mais aussi autour d’une table d’un restaurant de spécialités des Pyrénées, d’un plat de garbure et de bouteilles de Madiran.

J’ai aimé le double sens du mot Recluse, j’ai découvert à ce propos qu’il pouvait également s’agir d’araignées, je connaissais déjà l’histoire des saintes.

L’affrontement entre Danglard et Adamsberg donne du piquant à l’épisode.

Bref, un bon moment de lecture en compagnie de Jean-Baptiste qui n’est plus un pelleteur de nuages, mais qui laisse se mouvoir les bulles dans son esprit.

L’image que je retiendrai :

Je goûterai bien un bon Madiran avec une bonne garbure.

Lu sur Liselotte

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En sacrifice à Moloch – Asa LARSSON

Oui, il y a beaucoup d’animaux dans ce roman : l’ours qui ouvre le récit, puis le renard du Petit Prince, sans oublier les chiens de Krister et Rebecka.

Il y a même Markus, le petit garçon trouvé qui se prend pour un chien, sa façon à lui de faire face au drame.

J’ai aimé que le récit me plonge en parallèle en pleine guerre de 14 en Suède, alors indépendante, mais dont les capitaines d’industries faisaient des affaires avec les deux camps.

J’ai aimé le personnage d’Elina, jeune femme indépendante qui a trop lu les suffragettes. Malheureusement pour elle, elle tombe amoureuse du patron, de plusieurs années son aîné. Ils vivent une passion sans entraves, jusqu’à ce qu’Elina tombe enceinte, drame qui aura des répercussions jusqu’à son petit fils Markus, le fameux.

J’ai aimé sentir le froid de l’hiver suédois quand la neige craque dans les maisons du début du 20e siècle non isolées.

J’ai aimé le parallèle entre le méchant régisseur qui poursuit Elina, et le rival professionnel de Rebecka. Tout deux sont de parfaits femme-ophobes. Certains comportements masculins ne changent pas.

L’image que je retiendrai :

Celle de Markus jouant à quatre pattes avec les chiens et dormant avec eux.

Albin Michel, 30 août 2017, 448 pages

Je remercie Babelio et son Opération Masse critique pour l’envoi de ce roman en avant-première.

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Summer de Harrods

Harrods Celebration Teas collection comprend le thé Summer Leaf Leaf présenté dans cette boîte magnifiquement décorée. Une explosion de doux fruits d’été et de fleurs à partir de morceaux de pommes et de fraises douces, aux éclats d’hibiscus astringent et à la rose fruitée. La perfection aromatique à chaque gorgée.

INGRÉDIENTS

La pomme (45%), l’hibiscus (27%), le rose-sang (10%), les betteraves, les feuilles de mûre douce, les morceaux de fraises (2%), les mûres, les framboises, les arômes aromatiques, les framboises, les mûres et les pétales de carthame.

Mon avis :

Que de fleurs et de fruits en ouvrant la boîte : pas seulement des arômes artificiels, mais énormément de végétaux qui vont se déployer dans la tasse et développer leurs parfums.

Un petit côté astringent pas désagréable (pour moi qui n’aime pas cela habituellement).

Même si ce thé se boit chaud, il exhale l’été dans la boîte et dans la tasse.

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La petite danseuse de 14 ans – Camille LAURENS

Camille Laurens n’a de cesse d’admirer cette statue de Degas dans tous les musées où elle est exposée, comme attirée par la jeune fille dont le sculpteur précise dans le titre qu’elle a 14 ans.

L’auteure nous parle d’abord du siècle qui a vu naître cette statue : celui de Degas, un siècle où les enfants allaient travailler dès leur plus jeune âge, ce qui était le cas des petits rats de l’Opéra qui étaient rémunérés pour leur travail harassant.

L’occasion également de nous parler de Monsieur de Gas, d’origine à particule qui préfère la perdre et l’accoler à son nom comme patronyme d’artiste.

J’ai aimé apprendre que la statue première était en cire, qu’elle a été très mal accueillie lors de sa première exposition, et que l’artiste n’a jamais voulu s’en séparer. Ainsi, l’auteure, à travers l’oeuvre d’art, nous décrit la France de 1880.

J’ai aimé découvrir Marie van Goethem, sa vie imaginée par Camille Laurens à partir du peu d’informations récoltées ; les origines de sa famille ; le destin de ses soeurs.

Enfin, l’auteure nous montre que cette sculpture est intemporelle, la prima ballerine noire Misty Copland ayant posée devant dans la même position il y a peu d’années.

Un seul bémol, petit, car j‘ai vraiment passé un très agréable après-midi de lecture : le dernier paragraphe m’a semblé de trop.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’air revêche de la petite danseuse, qui a posé nue pour le sculpteur.

Quelques citations :

« habitué à entendre « des mots sans feuille de vigne » » (p.55) : j’aime beaucoup l’expression

« une sorte de tension ou d’incertitude entre l’enfant et la femme, l’innocence et la sensualité, qui fascine l’artiste. » (p.57)

« (Dans la sculpture en cire) il s’y trouve aussi des chiffons, des copeaux de bois, du molleton de coton, des verres et des bouchons de liège, tous empruntés par Degas à son environnement immédiat »

« En élevant l’infime au rang d’oeuvre, en usant de techniques sommaires et de matériaux communs, Degas ouvre infiniment l’espace de la création, qu’il libère » (p.60)

Lu sur Liselotte grâce à NetGalley et aux éditions Stock 

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Nulle part sur la terre – Michael FARRIS SMITH

Où fuir quand on n’a pas de famille et sa petite fille avec soi ; que l’on a tendance à se mettre dans le pétrin quoi que l’on fasse.

Où aller quand on sort de prison et que l’on sait que les frères du jeune homme que l’on a tué n’attende que votre retour pour vous tuer.

Ces deux personnages que tout oppose et qui n’ont nulle part où aller se retrouvent dans une petite ville de Louisiane qui brûle sous le soleil de l’été.

J’ai aimé suivre ces deux âmes qui s’accrochent malgré tout.

j’ai aimé le style si particulier de l’auteur, dont les phrases sont pleines de la conjonction et. C’est déroutant mais cela créé un vrai rythme.

Un auteur américain à la voix particulière et au discours optimiste, malgré l’Amérique qu’il décrit.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’étang au bord duquel vit le père du personnage principal Russell et qui regorge de poissons qu’il nourrit.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Sonatine pour l’envoi de ce très bon roman américain en avant-première

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Trois verres de vodka – Dominique SCHNEIDRE

Il est donc question de la Pologne dans ce roman, à travers le personnage du réalisateur Andrzej Zulawski qui habite quelques années chez Cécile, la narratrice, et Tom, dans leur appartement à Paris.

L’année dernière, comprenez en 2016, la narratrice décide de raconter ces temps de cohabitation avec le célèbre cinéaste, le contexte politique français et polonais, ainsi que la façon dont se déroulaient les tournages des films de Zulawski.

Sans être voyeuse, la narratrice prend du recul par rapport aux événements et tente de ne garder que le meilleur de chacune des personnes qu’elle a croisées.

J’ai passé une belle après-midi de lecture, mais je ne suis pas certaine qu’il me restera quelque chose de cette lecture dans quelques semaines.

L’image que je retiendrai :

Celle du monstre créé pour le film Possession, que je n’ai pas vu, mais que je vais m’empresser de trouver.

JC Lattès, 23 août 2017, 320 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

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De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles – Jean-Michel GUENASSIA

Encore un roman qui contient dans son titre le nom de l’artiste androgyne et qui nous parle….. de la famille.

Celle-ci est très moderne : deux femmes – Lena et Stella – élèvent Paul à la silhouette efféminée, le narrateur.

Si j’ai aimé Lena et son caractère bien trempé de râleuse tatoueuse pour femmes en Harley Davidson, je dois avouer que le personnage de Paul m’a ennuyé.

J’ai trouvé étrange que ce jeune homme qui jamais ne pose de questions sur son père se mette soudain en fin de récit à sa poursuite.

Le roman tourne autour du personnage de Paul, jeune homme que j’ai trouvé un peu falot à mon goût.

Je pense qu’il ne me restera pas grand chose de ce roman dans quelques mois.

L’image que je retiendrai :

Celle de la rencontre entre Lena et le fameux M. Bowie.

Albin Michel, 23 août 2017, 336 pages

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Le Presbytère – Ariane MONNIER

La quatrième de couverture m’avait prévenue : peu à peu, dans le récit familial aux apparences parfaites, des dissonances se glissent.

Je m’étais donc préparée à un secret de famille plus ou moins inavouable, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à ce roman glauque qui ne dévoile jamais rien.

Les parents sont spéciaux et je leur aurai donné des claques : la mère qui passe son temps à se déguiser et à répéter des pièces de théâtre inventées par elle ; le père qui a des lubies plus ou moins saines et s’enferme des heures avec son clavier.

Puis apparaît le personnage de Tanguy, accueilli à bras ouverts. Mais il sera le seul dans cette famille. Bizarre.

Ensuite le couple d’amis bienveillants qui accueil le fils aîné de temps en temps au prétexte de lui faire faire de la musique. Pourquoi lui seul ?

Et puis il est souvent question de jeux, d’abord inoffensifs, puis franchement malsains.

Le style est sec mais lisible, ce n’est pas cela qui m’a dérangé. Car j’ai trouvé la première partie un peu gratuite.

La seconde partie du roman le fait enfin entrer dans la littérature avec la présence de l’eau. De belles images poétiques viennent en aide au déroulement de l’histoire.

Un premier roman dérangeant qui peine à démarrer. Mais on sent, au final, que l’auteure a su entrer en littérature et nous parler de notre vie moderne.

L’image que je retiendrai :

Celle du tilleul devant la maison baptisée par le père Le Presbytère, et qui cache le jardin.

JC Lattès, 23 août 2017, 272 pages

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David Bowie n’est pas mort – Sonia DAVID

Le récit commence avec le décès de la mère ; puis arrive celui du père presque un an après. Entre les deux, M. David Bowie décède.

J’ai aimé rencontrer cette mère qui accumoncèle des objets hétéroclites dans son appartement. Qui attribue à ses trois filles quand elles sont petites des couleurs déterminées : le bleu pour l’aîné, le marron pour la seconde, et le violet pour la narratrice.

J’ai été moins séduite par la seconde partie et le récit du décès d’un père partie avec la jeune fille au pair, recherchant son identité juive.

Quand à la troisième et dernière partie, sensée nous révéler le lien avec le chanteur culte, et nous éclairer sur les relations distendues avec la soeur aînée, je dois dire que je suis passée complètement à côté.

La conclusion du roman est jolie : nous venons tous de quelque part, avec nos expressions favorites et nos gestes machinaux, qui ne sont pas forcément ceux que nous ont imposés nos parents.

L’image que je retiendrai :

Celle des tableurs Excel que la famille du défunt doit faire pour gérer la succession.

Robert Laffont, 24 août 2017, 180 pages

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Summer – Monica SABOLO

Il est beaucoup question d’eaux, de noyades, de corps flottant à la surface de piscines ou de lacs dans ce roman. Tellement, que j’ai bien failli me noyer.

Oui, le personnage principal imagine sa soeur disparue telle Ophélie, jeune fille magnifique couchée sur l’eau tel un grand lys. Il en rêve même la nuit, de sa soeur noyée. A tel point que je me suis demandé (vous connaissez mon esprit torturé) si ce n’était pas lui qui l’avait tué et fait disparaître, et refuserai de s’en souvenir.

Car Benjamin fréquente les psys depuis la disparition de sa soeur, sans jamais rien leur dire. Mais 25 ans après les événements, une odeur de peinture le replonge en plein drame et une crise de panique le contraint à s’arrêter de travailler pour dépression. Inutile de vous dire que les descriptions de ses symptômes ne m’ont pas passionné.

Vous l’aurez compris, je suis restée totalement hermétique à la petite musique de l’auteure, à l’ambiance glauque crée, et je n’ai fini ma lecture uniquement pour savoir ce que Benjamin allait devenir.

J’ai tout de même aimé le message de l’auteure : dans les familles, il est important, sinon vital, de se parler.

L’image que je retiendrai :

Celle de Summer avant de disparaître : une jeune fille blonde en short d’été avec un tee-shirt blanc.

JC Lattès, 23 août 2017, 320 pages

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L’insoumise de la Porte de Flandre – Fouad LAROUI

Oui, elle est peu ordinaire Fati, de parents marocains installés à Molenbeek qui, trop vieux, ne sortent plus de chez eux. Elle a entrepris des études supérieurs mais, un jour, elle décide de les suspendre.

Fati sort de chez ses parents, dans le quartier, habillée en noir de pieds en cap, seul son visage est visible, musulmane en drap sombre qui tente de prendre le moins de place possible comme le lui a appris sa mère.

Mais sortie du quartier, Fati a une autre vie, une vie inimaginable pour son fiancé auto-proclamé Fawzi qui un jour décide de suivre cette jeune femme bien sous tout rapport. Sauf que Fawzi, qui, disons-le tout net a un petit poids dans la tête, va tomber sur un os.

J’ai adoré cette jeune femme indépendante et sûre d’elle, capable d’argumenter et qui cherche à retrouver son corps et la jouissance de celui-ci.

J’ai aimé le style de l’auteur, son humour, sa façon de nous décrire ce quartier sensible et ses lois, les rapports humains engendrés par cette situation.

Merci, M. Laroui, je découvre votre plume avec ce roman, et, en le refermant, je me suis sentie plus riche.

L’image que je retiendrai :

Celle de Fawzi qui crève un mannequin de vitrine de sous-vêtements à coup de couteau.

Julliard, 17 août 2017

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Une partie rouge – Maggie NELSON

Ce récit de Maggie Nelson ne nous parle pas de n’importe quel crime : il s’agit celui de sa tante, et soeur de sa mère, Jane, survenu en 1969 dans le Michigan.

Alors que Maggie travaille sur un recueil de poésie autour de ce meurtre en 2004, elle apprend que l’enquête a été ré-ouverte et qu’un nouveau coupable est près d’être arrêté.

Au cours de ce récit, l’auteure nous parle de ses sentiments et de ses réflexions face à ce nouveau procès 40 ans après. Comment son enfance et celle de sa soeur ont été influencées par cet événement.

Mais elle revient aussi sur le décès de son père, arrivé de façon soudaine, alors que ses parents étaient séparés.

L’auteure s’interroge sur les fantômes qui peuplent sa vie, et nous amène à réfléchir sur notre propre psycho-généalogie, car nous ne sommes pas en mesure de changer ce qui a été fait.

J’ai aimé ce texte sans concession sur le crime et sur la propre vie de l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Maggie Nelson ne met pas de photos dans son texte, mais nous décrit et commente quelques images projetées pendant le procès.

Editions du sous-sol, 17 août 2017, 224 pages

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La serpe – Philippe JAENADA

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Sulak, et pas lu son précédent La petite femelle sur Pauline Dubuisson. Je savais donc que l’auteur écrit beaucoup sur les erreurs judiciaires, et je ne connaissais pas cette « affaire »-çi.

On peut dire que j’ai appris pleins de choses qui n’ont pas forcément à voir avec le sujet principal : Maryline dormait avec son soutien-gorge ; le premier bébé élu Bébé Cadum est devenu un grand résistant déporté à Auschwitz ; Henri Girard, le principal inculpé dans l’affaire va devenir l’auteur à succès du « Salaire de la peur » Georges Arnaud ;Simone Signoret avec une maîtrise de philo la jouait proche du peuple ; l’auteur et sa femme ont un fils prénommé Ernest.

Si j’ai bien aimé la première partie du roman (mais est-ce un roman ?) qui nous décrit les faits tels que parus et perçus en lieu et place, j’ai moins aimé la seconde partie qui innocente Henri Girard – non pas parce qu’elle l’innocente, mais parce qu’il y a foule de détails et de longueurs, comme pour bien enfoncer le clou.

J’ai aimé les coïncidences qui jalonnent les recherches de l’auteur : les prénoms Pauline et Ernest qui reviennent, les lieux des précédentes enquêtes pas si éloignées de l’enquête actuelle. 

J’ai aimé les digressions de l’auteur, avec moultes parenthèses dans la parenthèse, mais je conçois que l’irruption des problèmes personnels de Monsieur Jaenada dans son récit peut agacer. Moi, cela m’a plu et fait sourire.

Me voilà partante maintenant pour lire son précédent roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’attachement d’un père à son fils, ce que personne n’a vu, à l’époque.

Julliard, 17 août 2017, 648 pages

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La chambres des époux – Eric REINHARDT

Parfaitement, le narrateur écrit pour Marie un roman qui sera son mausolée. Atteinte d’un cancer, comme sa femme, le narrateur tombe amoureux de Marie, en rémission elle aussi.

L’occasion pour l’auteur de nous parler du cancer, comment il peut transformer, en bien, la vie et du malade et de son conjoint.

Mais Marie a une rechute qui lui sera fatale, et le narrateur décide de vivre ses derniers instants auprès d’elle.

Si j’avais beaucoup aimé L’amour et les forêts, le précédent roman de l’auteur, je dois avouer que j’ai beaucoup moins accroché à la poésie de ses phrases dans ce dernier livre.

Le procédé d’écriture consistant à répété ad nauseam les mêmes mots (la Scala de Milan jusqu’à l’écoeurement, entre autre) m’a rapidement lassé.

J’ai toutefois aimé le passage sur son intervention à la Villa Gillet qui m’a fait sourire. Pour le reste, le sujet principal du roman est plutôt triste, même si le thème de la mort est forcément sublimé par l’auteur.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’accoutrement de l’auteur anglo-saxon citant Joyce dès le début de son intervention sans répondre à la question posée.

Gallimard, 17 août 2017, 176 pages

Je remercie Babelio et les Editions Gallimard pour l’envoi de ce roman de la rentrée littéraire en avant-première

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L’affaire des vivants – Christian CHAVASSIEUX

Pour une fois, le bandeau du roman signé Alice Ferney (excusez du peu) a raison : ce roman est un chef d’oeuvre.

Tout m’a plu : le style à la fois simple mais au vocabulaire recherché (l’auteur explique en fin de volume qu’il s’est servit de certains mots de la langue française tombés en déshérence).

L’histoire ensuite : celle de ce bébé que le grand-père prénomme Charlemagne et qui sera un homme à part, faisant plier tout le village devant lui. Un homme entreprenant et avide de s’élever socialement.

J’ai aimé tous les personnages, car l’auteur ne les dénigre jamais : ses deux frères rustauds et le troisième un peu révolté ; le fils gâté et exact opposé de son père ; la femme sachant reprendre les rênes ; l’associé un peu frileux….

J’ai aimé la conclusion de ce roman : notre rapport avec nos morts ; ce que la vie nous apprend.

Vous l’aurez compris, un coup de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle de la documentation que l’auteur a utilisé, et les explications qu’il donne en fin de volume, notamment sur la venue de Louise Michel dans le bourg.

Libretto, 3 janvier 2017, 368 pages

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Dracula – Bram STOKER

Je n’aime pas les histoires de vampires, mais il me fallait lire ce classique de la Littérature mondiale (après mon Grand qui l’a lu cette année pour le collège, la honte).

Bien m’en a pris (même si j’ai eu un peu peur au début du roman), car je pensais que toute l’action se déroulait en Transylvanie. Grave erreur !

Je savais pour les colliers d’ail, mais ce ne sont pas de simples chapelets comme on en trouve dans le commerce, que nenni, il faut que ce soient des fleurs d’ail.

J’ignorai également que le Comte avait un certain pouvoir sur les animaux.

Bref, ce fut une belle découverte, même si j’ai regretté le style ampoulé de certains dialogues quand les hommes s’adressent aux femmes (autres temps…)

L’image que je retiendrai :

Celle de l’odeur de l’ail frotté partout dans la chambre. Je n’ose imaginer au petit matin.

Le livre de poche, 30 septembre 2009, 605 pages

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Mille femmes blanches – Jim FERGUS

Qu’ils sont inventifs, ces américains blancs, quand il s’agit de plumer son prochain.

En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à 1000 de ses guerriers afin de favoriser l’intégration. Sauf que le Président ne tiendra jamais sa promesse, car le territoire cheyenne se trouve sur la route de l’Or.

L’auteur imagine le journal d’une de ces femmes blanches partie pour deux ans auprès d’une tribu indienne.

J’ai aimé la nature omniprésente dans les pages du journal, moins le propos du personnage principal un peu trop manichéen à mon goût, et peu en adéquation avec l’époque du récit.

Même si j’ai trouvé le discours de l’auteur un peu lourd, j’ai aimé découvrir ce pan peu reluisant de l’Histoire de la conquête de l’Ouest.

L’image que je retiendrai :

La cérémonie de mariage, haute en couleurs.

Pocket, 22 juillet 2004, 505 pages

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#Marcelforever

J’avais passé l’hiver en compagnie du narrateur le plus célèbre de la littérature française. J’ai commencé mon été avec ce recueil d’écrits de romanciers, biographes ou universitaires qui se sont passionnés pour l’Oeuvre.

Chacun évoque un aspect du roman à travers un thème : le temps, les personnages, Proust et son monde, l’amour, l’imaginaire, les lieux, Proust et les philosophes, les arts.

J’ai aimé retrouver des passages lus il y a quelques mois et dont je découvre qu’ils me sont restés en mémoire (pas au mot près, mais certaines scènes ou impressions, quelques détails).

Une bonne approche de l’Oeuvre, même si on ne l’a jamais lu.

Des Equateurs, 5 juin 2014, 235 pages

 

Je continue mon été avec cet essai intitulé L’humour du côté de chez Proust.

Car oui, il y a beaucoup d’humour dans les pages de La Recherche.

Encore une fois, j’ai aimé retrouver certains passages drôles, d’autres un peu oublié ou dont je n’avais pas spécialement saisi la portée.

J’ai aimé la conclusion de l’auteur : il est important, avant tout, de savoir rire de soi.

Hippolyte WOUTERS, Editions Glyphe, 3 décembre 2016, 160 pages

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L’enfant qui – Jeanne BENAMEUR

Il m’a plu, cet enfant qui a perdu sa mère, cet enfant qui a vu son père n’utiliser que ses poings, cet enfant qui part en foret retrouver les mots de sa mère.

Comme souvent, Jeanne Benameur sait faire naître des images et des sensations avec peu de mots choisis. Sans en dire trop, jamais, de façon à nous laisser ressentir son texte.

J’ai aimé suivre l’enfant, mais aussi son père par cette journée particulière, et sa grand-mère. Chacun, à leur façon, trouveront leur voie pour sortir du chagrin.

Plonger dans un roman de cette auteure, c’est passer un moment de lecture hors du temps, dans un monde qui est le notre, mais pas tout à fait non plus. Il s’en dégage une certaine poésie.

Une belle réflexion sur la mort et les êtres disparus qui nous sont chers.

L’image que je retiendrai :

Celle de la jupe rouge délavée de la mère de l’enfant ; et ses bracelets de perles.

Actes Sud Editions, 29 avril 2017, 128 pages

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Thé glacé Jardin bleu de Dammann Frères

THÉ GLACÉ JARDIN BLEU – 6 SACHETS

Pour la préparation à froid, à raison d’un sachet pour 1,5L de boisson rafraîchissante.

  • Note dominante : Fruits du Verger
  • Type(s) d’infusion(s) : Thé noir
  • Saveur principale : Rhubarbe
  • Saveur(s) complémentaire(s) : Fraise des bois parsemé de fleurs de bleuet et d’hélianthe
  • Temps d’infusion :  8 à 11 heures

Mon avis :

Une préparation à prévoir à l’avance, car le temps d’infusion à froid est un peu long.

Un bon goût de rhubarbe et de fraise des bois.

Rafraîchissant et bon.

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Tombés des mains (3)

Les Mandible : une famille, 2029-2047 de Lionel SHRIVER

De l’auteure, j’avais adoré Il faut qu’on parle de Kevin. Je me faisais une joie de la retrouver. Certes, c’est un pavé, mais le récit mais vraiment du temps avant de commencer.

Et puis les explications sur le crack boursier que subit les Etats-Unis sont trop longues, trop détaillées et ont fini par me lasser.

Même en ne lisant pas ces passages, le roman ne démarre jamais vraiment.

Belfond, 4 mai 2017, 528 pages

 

V.I.P. de Laurent CHALUMEAU

Le sujet était intéressant : un plan presse people avec une jeune actrice et un visiteur mystérieux, un paparazzi en embuscade. Mais le shooting tourne au cauchemar….. et ma lecture aussi.

Je n’ai pas aimé le style écriture orale hachée qui a été rédhibitoire pour moi.

Tant pis.

Grasset, 8 mars 2017, 272 pages

 

 

 

Lumières fantômes de Lydia MILLET

Si j’avais pu lire son précédent roman entièrement, je dois dire que d’entrée de jeu, le style de cette suite ne m’a pas plu : phrases hachées, sujet passant du coq à l’âne, histoire peu intéressante.

Je ne saurais jamais ce qui arrivera au personnage principal, mais cela ne me manquera pas.

Le Cherche Midi, 17 octobre 2017, 260 pages

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Depuis l’abîme – Olivier TAVEAU

Je n’avais pas aimé (du tout) le précédent roman de l’auteur Les âmes troubles, qui m’était tombé des mains : un style trop sec qui m’avait lassé.

Mon billet avait piqué Olivier Taveau sans que j’en sache rien. Son dernier roman sorti, il me contacte et me propose de lire ce dernier. Comme je laisse toujours d’autres chances aux auteurs, j’accepte. Bien m’en a pris : j’ai passé un excellent moment de lecture par une belle après-midi d’été.

Ca commence comme un polar avec disparitions suspects d’un groupe d’adolescents, une enquêtrice qui fait du surf pour se vider la tête, un étrange personnage nommé Virgile.

Un jour, l’un des ado refait surface dans un drôle d’état, et le récit prend une tournure para-normale qui ne m’a pas déplue (ni trop, ni trop peu).

J’ai aimé l’enquêtrice Heddy et sa supérieure qui ne s’en laisse pas compter ; j’ai aimé Virgile, personnage étrange qui apparait bien à propos ; j’ai aimé le gros balèze Owca qui tombe sous le charme d’Heddy.

Le style est fluide (oserais-je dire enfin lisible pour moi), haché quand il le faut, mais pas trop.

Merci, M. Taveau, j’ai beaucoup aimé votre dernier roman. Vous pouvez m’envoyer quand vous voulez le suivant, qui j’espère, aura les mêmes personnages principaux.

L’image que je retiendrai :

L’auteur ne dit jamais dans quelle région se situe l’action de son roman, mais des montages et des plages de surf, cela m’a emmené au Pays Basque, bien sûr.

Le Masque, 31 mai 2017, 448 pages

Je remercie encore une fois l’auteur pour l’envoi de son roman.

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Je suis innocent – Thomas FECCHIO

Jean Boyer le clame haut et fort : il est innocent du meurtre dont on l’accuse. Oui mais lui qui vient de sortir de prison a toutes les preuves contre lui. Seul le capitaine Germain, dit Chérubin, croit en son innocence.

L’idée de départ est intéressante, et le récit plutôt bien mené. Mais, à partir de la seconde moitié, il souffre de longueurs. Certes, Boyer n’a que les articles de presse pour se tenir au courant des avancées de l’enquête, mais pour nous lecteur, c’est un peu répétitif à lire.

Et puis j’ai été dérangée de suivre les pensées d’un meurtrier pervers de si près. Mais je suis une petite nature.

J’ai en revanche aimé que le coupable final ne soit pas complètement puni : c’est comme ça dans la vraie vie.

Et la fin du roman laisse présager d’une suite.

L’image que je retiendrai :

Celles des méthodes du capitaine Germain, peu conventionnelles quand il s’agit de faire craquer un témoin.

Editions Ravet-Anceau, 2 février 2017, 304 pages

Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. En refermant celui-ci, je me rends compte que je me suis attachée à son capitaine.

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Des coccinelles dans des noyaux de cerise – Nan AUROUSSEAU

Le personnage principal de ce polar est un petit Gaulois qui vit de petites combines illégales. Bien sûr, il se fait prendre et a pour compagnon de cellule un gros malfrat respecté.

Une fois sorti, François, notre héros, vit dans une caravane avec une femme peu avenante, mais qui va lui servir pour le gros coup qu’il prépare.

Mais le plus intéressant, c’est qu’un gendarme l’interroge à propos de disparitions étranges de femmes âgées qu’il a côtoyé peu avant leur mort. Là, le récit a commencé à devenir intéressant pour moi. Comment François allait-il s’en sortir ?

J’ai bien aimé la seconde moitié du roman, à partir de l’intervention de l’enquêteur. Avant, je trouvais que le récit se traînait un peu. C’est à partir de là que l’on comprend pourquoi les coccinelles sculptées dans des noyaux de cerise ont leurs importances.

J’ai aimé les astuces de François et son final grandiose.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère de François, enceinte mais dans le coma. Aurait-il absolument fallu la maintenir en vie pour sauver son fils ?

Buchet-Chastel, 3 janvier 2017, 220 pages

Merci Killing79 pour cette bonne idée de lecture

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Je m’appelle Nathan Lucius – Mark WINKLER

Il faut s’accrocher pour lire ce roman : d’abord à cause du style très haché, ensuite à cause de l’histoire.

J’ai été déroutée par le style : nous sommes dans les pensées de Nathan Lucius, qui pense par phrases courtes – sujet, verbe, complément. C’est un peu raide. Parfois ses pensées digressent (là, j’ai sauté des paragraphes entiers).

Ensuite l’histoire : à cause de longs paragraphes de digressions, il n’y a pas vraiment d’action dans ce roman. Seule la seconde partie a commencé à éveiller ma curiosité, jusqu’à la phrase finale qui aurait mérité d’arriver plus tôt.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, car ce serait de la divulgachion, je ne voudrais pas vous ôter le plaisir de la découverte.

Un roman à la voix originale et à l’aspect psychologique profond, mais un peu trop fouillis à mon goût.

L’image que je retiendrai :

Celle du foulard rose, ou peut-être rouge, qui sait.

Anne-Marie Métailié, 26 janvier 2017, 240 pages

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La prochaine fois ce sera toi – Vincent VILLEMINOT

Je découvre l’auteur avec ce roman (il a co-écrit la série à succès U4), et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Ce n’était pas gagné : les policiers de cette brigade un peu spéciale chassent les goules. Vous ne savez pas ce que c’est ? Moi non plus, mais ce n’est pas grave. L’originalité du roman est ailleurs. (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »), est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits.)

D’abord la brochette de personnages haut en couleur : Godfather qui dirige les opérations depuis son fauteuil au milieu de sa bibliothèque ; son adjoint Gimli qui s’occupe des opérations de terrain ; Toussaint Fermeture (j’adore !) alias Jimi Hendrix, aux méthodes peu légales et occultes et aux tee-shirt un brin provocateurs. Et enfin la nouvelle recrue Diane-de-Moitié fraîchement débarquée qui ne comprend pas bien les codes et qui a la gâchette facile.

J’ai aimé que le méchant fasse des erreurs et ne soit pas invincible.

J’ai aimé rencontrer les deux filles de Godfather et suivre leur vie en parallèle de l’action principale.

Premier volet d’une série intitulée La brigade de l’ombre, je ne manquerai pas de suivre leurs prochaines enquêtes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la seconde fille de Godfather qui passe son temps à dessiner avec des feutres noirs plus ou moins fins.

Casterman, 2 juin 2016, 350 pages

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Chère brigande – Michèle LESBRE

De l’auteure, je gardai un souvenir ému du Canapé rouge. Une lecture toute en sensibilité.

Je n’ai pas été déçue avec ce dernier livre, qui est une lettre à Marion du Faoüet, une jeune brigande du 18e siècle.

La narratrice part sur ses traces, mais c’est surtout l’occasion pour elle de nous parler de notre monde moderne, notre vie si connectée qui a perdu tout goût de la révolte.

Marion, elle, incarne cette jeunesse illettrée mais insoumise, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, même après avoir été torturée avec le feu et exposée à moitié nue en place publique.

J’ai aimé découvrir cette rebelle qui a brûlé sa vie pour un peu de justice.

L’écriture de Michèle Lesbre est toujours un enchantement, qui fait naître des images fortes à partir de peu de mots.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice devant la mer bretonne, une retrouvaille riche en émotion.

Sabine Wespieser, 13 février 2017, 77 pages

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Café Krilo – Baptiste BORYCZKA

Copenhague, dans quelques années, quand l’Eldorado sera la Chine et l’Afrique, et que notre vieille Europe sera prise en main par les religieux sectaires.

Trois jeunes adultes habitent dans l’ancien quartier rouge qui tombe en ruine, une sorte de résistance à l’ordre établi. En face, Hans, un prêtre fanatique inquiétant.

Au fil de pages, l’auteur sait créer une ambiance et nous rendre ses personnages attachants.

J’ai aimé l’esprit libertaire et révolutionnaire jamais loin : il faut sans cesse se battre pour ses idées et la liberté de les dire.

Sans oublier le café Krilo qui renait de ses cendres : vives la musique, la danse et l’alcool !

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage de Thor, énigmatique.

Lemieux Editeur, 14 février 2017, 165 pages

Merci Pativore pour ce livre-voyageur au propos qui m’a parlé

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Le grand A – Xavier BETANCOURT et Jean-Luc LOYER

Sous titre : il mange 195 jours de votre vie

Les auteurs commencent leur récit avec les premiers commerçants : les Vikings. Puis en appellent à Jésus qui chassa les marchants du centre-ville, avant l’arrivée du Grand A, comprenez l’Hypermaché.

En 5 chapitres aux titres de romans de la littérature mondiale, il nous font découvrir les coulisses de ce magasin hors-norme, les rouages et les politiques d’expansion.

En fin de volume, des explications détaillées sur certaines pages, situant le récit dans son contexte historique, politique et social.

Moi qui ai travaillé dans un tel commerce étant étudiante, je n’ai rien découvert de nouveau, mais j’ai aimé découvrir l’évolution dans le temps du grand A.

L’image que je retiendrai :

Celle du rayon polonais très développé, une grande partie de la population locale étant d’origine polonaise.

Futuropolis, 7 janvier 2016, 136 pages

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Comment rêvent les morts – Lydia MILLET

 Depuis son plus jeune âge, Thomas vénère le Dieu Dollar, les mécanismes implacables et la
beauté glaciale de la société capitaliste. Agent immobilier sans scrupules, il n’a d’autres horizons que l’enrichissement et l’accumulation. Jusqu’au jour où quelques événements successifs, une histoire d’amour avortée, un bouleversement familial, la mort d’un coyote vont provoquer chez lui une crise spirituelle sans précédent.

Peu à peu, il se met à nourrir une étrange obsession pour les zoos, les espèces en captivité, celles en voie de disparition.

Le propos de l’auteure est donc de nous montrer un monde réel à l’agonie, la protection nécessaire de l’environnement. C’est important, pour les américains, de prendre conscience que l’environnement est en danger.

Si j’ai pris plaisir à lire ce roman d’un jeune loup aux dents longues qui s’ouvre au Monde, je ne suis toutefois pas convaincu par le style de l’auteure. Et sa conclusion est bien plate.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion subite du héros pour les zoos (moi qui ai toujours détesté ça).

Le Cherche Midi, 6 octobre 2011, 290 pages

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Les Refus de Grigori Perelman – Philippe ZAOUATI

John Ball, aristocrate anglais jusqu’au bout de son parapluie, est chargé de convaincre le mathématicien russe Grigori Perelman d’accepter la Médaille Fields qui lui sera décerné à Madrid.

Car Grigori refuse cette très haute distinction, les ors et réceptions qui l’accompagnent.

Pendant 2 jours, dans les rues de Saint-Petersbourg en été John tente de convaincre le mathématicien. Mais les deux hommes parlent aussi de la société actuelle et leurs échanges, imaginés par l’auteur, sont passionnants.

Même si je ne suis pas une mathématicienne de haut vol, j’ai pris plaisir à lire ce roman sur la complexité des choses simples. Car à notre époque où tout va vite sous forme de tweets à 140 caractères, il est bon de se voir rappeler que notre intelligence se nourrit de complexité et non de simplicité.

J’ai aimé parcourir les rues avec les deux hommes, écouter leurs discussions et leurs visions de la vie.

Merci M. Zaouati, j’ai passé un très agréable moment de lecture et de réflexion.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grigori retournant à la simplicité de sa vie avec sa mère après avoir travaillé la complexité mathématique.

Pippa, 30 mars 2017, 182 pages

Je remercie Nathalie Zaouati pour l’envoi de ce roman passionnant.

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Les hamacs de carton – Colin NIEL

Premier roman de l’auteur publié il y a quelques années, je le découvre en format poche.

L’auteur situe son action en Guyane, à la fois sur les bords du fleuve Maroni et dans la capitale.

Plusieurs enquêtes pour homicides se déroulent en même temps, mais elles ont toutes un point commun.

J’ai aimé découvrir certains us et coutumes de tribus du fleuve, notamment celles autour de la mort et des cérémonies de deuil.

J’ai aimé découvrir les Noirs-marrons ; les liens avec le Suriname tout proche ; la culture en abattis-brûlis.

 

Un roman dense et touffu, à l’image de la forêt guyanaise.

L’image que je retiendrai :

Celle qui donne le titre au roman : les hamacs de carton.

Babel noir, 1er juin 2013, 378 pages

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Article 353 du code pénal – Tanguy VIEL

Qui croit encore que la justice règle tous les problèmes de façon impartiale ? Pas moi, en tout cas. Jusqu’à ce que je lise ce roman qui, au départ, ne me tentait pas plus que ça, rapport au code pénal.

Et puis il a croisé ma route, alors je me suis lancée dans sa lecture. Une lecture exigeante, car le personnage parle : les phrases sont longues, la chronologie aléatoire. Au lecteur de faire des ponts, rapprocher les événements et découvrir un personnage principal à qui la vie n’a pas fait de cadeau.

Pourtant, jamais il ne désespère. On suit ses réflexions, c’est un homme qui ne parle pas beaucoup mais observe et déduit. Et agit, finalement.

J’ai tout de même un doute sur la fin du roman par rapport à ce fameux article : oui, il invoque le doute raisonnable, mais pour les juges et jurés de court d’assise, pas avec le juge d’instruction, je me trompe ? 

Un auteur que j’apprécie toujours autant.

L’image que je retiendrai :

Celle du fils du personnage principal défaisant tous les amarres des bateaux de plaisance de la rade.

Lu sur Liselotte

Prix RTL-Lire

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La tresse – Laetitia COLOMBANI

Au début de ma lecture, j’ai cru que les trois histoires se déroulaient à des époques différentes. Mais non.

Ce roman nous parle de trois femmes sur trois continents. Des femmes qui tout semble opposer, mais qui seront reliées par un fil de vie.

Un très beau roman, très féministe, qui montre les luttes incessantes pour rester digne et maîtresse de son destin. Trois femmes fortes et puissantes chacune à leur manière.

Un roman qui m’a ému.

L‘image que je retiendrai :

Celle de Smita obligée de tout payer, même quelques roupies, alors qu’elle a si peu d’argent.

Lu sur Liselotte

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La fille du train – Paula HAWKINS

Je comprends maintenant l’engouement qu’à suscité ce roman à sa sortie : c’est un excellent tuniraspastecoucher.

Un personnage principal (la fille du train) en prise avec son addiction à l’alcool ; son ancien mari qui n’arrive pas à lui faire rompre le lien ; une jeune femme disparue mystérieusement ; un psy un peu louche ; un mari abandonné suspect ; des policiers pas très coopératifs. Une belle galerie de personnages tous plus suspect les uns que les autres.

Le style n’est jamais verbeux, et les pages défilent et vous attirent à la recherche du coupable.

L’auteure prend plaisir à brouiller les pistes et à nous faire suspecter tout le monde tour à tour jusqu’à la révélation finale.

Je ne manquerai pas de lire le roman suivant de l’auteure qui vient de sortir, en espérant qu’il soit tout aussi bon.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’intérieur des maisons anglaises toutes identiques.

Sonatine, 7 mai 2015, 378 pages

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Géopolitique du moustique – Erik ORSENNA

Le titre exact est : Petit précis de mondialisation Tome 4 : géopolitique du moustique. Je n’ai pas lu les 3 premiers petits précis, mais cela n’a pas d’importance.

L’académicien s’intéresse à la mondialisation des épidémies dues aux moustiques, car il existe plusieurs familles de moustiques. Seules les femelles nous piquent, ça je le savais, mais l’auteur explique comment elles transmettent virus et bactéries.

En voyageant à travers le monde, de la Guyane en Chine en passant par l’Afrique, Erik Orsenna rencontrent les chercheurs spécialisés et passionnés qui travaillent sur le sujet.

Un essai passionnant, abordable et pas verbeux pour un sou qui expose quelques solutions pour prévenir les piqûres. Mais l’auteur n’oublie pas que le moustique est un élément de la biodiversité qui a sa place dans la chaîne alimentaire : l’éradiquer n’est pas possible ni souhaitable.

L’image que je retiendrai :

Celle des captureurs de moustiques, chargés de récolter les petits bêtes pour les scientifiques. Un métier à risque.

Fayard, 29 mars 2017, 278 pages

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L’enfant pétrifié – Valérie LYS

Je découvre le commissaire Velcro, et je dois avouer que le personnage ne me plait pas : sûr de lui, suffisant parisien, il n’hésite pas à laisser se dépatouiller ses collègues locaux. Il m’est sorti par les yeux.

Je suis tout de même allée au bout du roman, car j’ai aimé découvrir certaines coutumes de Madagascar dont il est beaucoup question dans cette enquête.

J’ai également appris l’origine des tuniques des marins bretons : elle vient des tuniques des soldats de Napoléon. Elles étaient bleues comme le bleu des petits bretons des bols avec le prénom (appelé Grazik qui veut dire petit bleu). Après la défaite de Waterloo, il y a eu tellement de tissu à écouler que l’on a habillé tous les matelots, dont les Bretons, avec cette étoffe (p.50).

L’image que je retiendrai :

L’enquête se déroule à Quimper en automne, il y fait bien frais…..

 

Editions du Palémon, 24 mars 2017, 224 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman, même si je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur

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Un simple grain de sable – Anne-Solen KERBRAT

J’aime bien les romans d’Anne_Solen KERBRAT car ils commencent par nous décrire la cadre et les personnages, les implantant dans un milieu à chaque fois différent.

Dans ce dernier roman, l’action se déroule aux Sables d’Olonne en pleine canicule. Les personnages : une vielle dame très riche qui perd la tête, son amie qui lui rend visite régulièrement en lui apportant une bouteille de Porto, sa femme de ménage nouvellement arrivée dont le mari vient de perdre son emploi, un cadre supérieur imbu de lui-même, un médecin complaisant et un mystérieux visiteur.

Encore une fois, Perrot et Lefèvre chercheront à aller au-delà des apparences pour trouver le coupable.

Si j’ai aimé chercher l’auteur du crime de la vieille dame, j’avoue que je me serai bien passer des descriptions des repas des deux acolytes.

Ceci dit, l’auteure nous dresse le portrait d’une vieillesse solitaire, qui ne doit l’attention qu’on lui porte qu’à la grosseur de son compte en banque. Triste constat.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur écrasante du plein été aux Sables.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 368 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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En mémoire de Fred – Clayton LINDEMUTH

Baer retrouve son chien près de chez lui, mais mortellement blessé. Devinant que Fred (c’est son chien) a été enlevé pour participer à des combats illégaux, il décide d’en avoir le coeur net.

Baer est un original qui vit à côté de la maison hérité de ses parents et rachetée à son frère, et il distille la meilleure eau-de-vie à des kilomètres à la ronde.

Son amour de jeunesse, Ruth est partie habitée ailleurs en laissant sa fille Mae se débrouiller avec ses 3 enfants en bas âge et un mari qui la bât.

Quel beau tableau de l’Amérique profonde où le shériff est corrompu, les hommes saouls ou défoncés du soir au matin, les maisons brinquebalantes mais les 4X4 rutilants.

Le personnage de Baer m’a attendrit, qui repousse l’idée de rendre oeil pour oeil et dent pour dent. Et qui pourtant doit s’y résoudre.

J’ai aimé le style, enlevé et très réaliste tout en étant travaillé.

J’ai trouvé le personnage de Mae très attachant : mère seule de trois enfants suivant des courts par correspondance.

Seules les descriptions de combats de chiens ne m’ont pas plu.

L’image que je retiendrai :

Celle des parfums de l’eau-de-vie illégale distillée par Baer.

Seuil, coll. Cadre noir, 2 Mars 2017, 395 pages

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Les harmoniques – Gérald TENENBAUM

Les vies se croisent, le temps n’est pas rectiligne, les destins se brisent, les paraboles jamais n’approchent le zéro.

Rassurez-vous, il n’est pas question de mathématiques pures dans ce roman, elles ne sont là qu’en toile de fond.

Ce qui se joue, dans ce roman, ce sont les vies brisées par l’Histoire et la dictature pour Keïla dont la soeur jumelle a disparu ; c’est la rencontre avec Belen qui deviendra une vraie amie ; la rencontre fortuite entre Pierre et Keïla lors d’une soirée à l’ambassade ; l’amitié de Simon qui recherche Keïla pour Pierre ; l’explosion du centre Juif de Buenos Aires qui séparent les amoureux.

J’ai aimé suivre ces vies au hasard des chapitres qui ne suivent pas l’ordre chronologique ; j’ai aimé la présence du tango qui rapproche les corps dans une conquête impossible.

J’ai aimé les images poétiques au détour des phrases, moins les comparaisons que j’ai trouvé bien plates.

Une lecture exigeante, un texte que l’on goûte, mais un très beau moment de lecture, comme en-dehors du temps.

L’image que je retiendrai :

La première, celle de la rencontre de deux inconnus à Venise par un petit matin blême.

Nouvelle édition de l’Aube, 2 février 2017, 224 pages

Je remercie l’auteur pour cette proposition de lecture et l’envoi de son dernier roman.

 

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Mizudashi Sencha de Satsuki

Souple, sucré et avec de légères nuances d’abricot. Ce thé est spécialement choisi pour les infusions à l’eau froide. Les sachets sont entièrement recyclables.

Mon avis :

Je cherchais un thé vert à boire froid pour l’été. Celles et ceux qui s’y connaissent affirment que c’est le meilleur thé froid au monde.

Il s’agit d’un thé vert nature mais au goût délicatement parfumé, frais et léger.

Il s’infuse directement à froid, ce qui est pratique, et il n’est pas trop fort, même quand on oublie le sachet dans la tasse.

Ce sera donc le thé de mon été.

 

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Ne dis rien à papa – François-Xavier DILLARD

Je découvre l’auteur avec ce roman, très bon Tuniraspastecoucher.

Les chapitres sont courts et s’enchainent, certains en italique ; la narration opère des retours sur le passé ; certains personnages restent bien mystérieux jusqu’aux dernières pages ; le suspens ne faiblit jamais.

J’ai aimé le personnage de la mère, parfaite femme ayant réussi professionnellement et élevant ses jumeaux avec un mari artiste. J’ai aimé les jumeaux si dissemblables, dont le premier né particulièrement pervers avec son frère.

J’ai aimé chercher pourquoi l’histoire australienne était si importante, et qui était l’enfant rescapé.

Seule la fin m’a déçue, un peu trop angélique. A la fin d’un roman très noir psychologiquement, je ne m’attend pas forcément à une happy end.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Je ne manquerai pas de lire les anciens romans de cet auteur si ils sont tout aussi bien.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux inspecteurs si différents : l’un étant un bon vivant et l’autre se contentant de sandwichs.

Belfond,15 juin 2017, 320 pages

Je remercie Clémentine de l’Agence Babel pour l’envoi de ce roman

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Agatha Raisin enquête 6 : Bons baisers de Chypre – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon brandy : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral. (Après le sherry dans le tome précédent, le brandy a la côte dans celui-ci).

Adieu son cher village des Cotswolds, Agatha est à la poursuite de James à Chypre, dans sa partie turque, lieu de villégiature de nombreux anglais. Ici encore, l’enquête a peu d’importance, et nous suivons Agatha qui court après James. Mais elle retrouve sur sa route Sir Arthur qui la console des excentricités de James.Si Agatha n’est plus en butte avec ses quelques kilos en trop, elle s’en voit avec son maquillage qui ne cesse de couler à cause de la chaleur.

J’ai aimé les descriptions du guide touristique qu’Agatha nous lit chaque fois qu’elle se rend sur un nouveau site, j’ai eu l’impression d’être moi aussi sur l’île.

L’image que je retiendrai :

Celle de James annonçant à Agatha pourquoi il l’aime mais ne peut se résoudre à vivre avec elle.

Albin Michel, 31 mai 2017, 286 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour ce partenariat

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Echec à la reine – V. VALEIX

Premier volet d’une série intitulée Crimes et Abeilles, je découvre le personnage principal Audrey Astier, apicultrice, qui se lance à la recherche de son vieil ami Janissou qui a disparu.

Tous les deux habitent dans un village proche de Rocamadour, l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir cette belle région.

Une histoire d’amour serait-elle en train de naître entre la jeune femme et le lieutenant de gendarmerie Steinberger, qui parle régulièrement alsacien ?

L’enquête est intéressante, mais ce qui m’a plu, ce sont les découvertes autour du miel que nous propose l’auteure : elle explique très bien, sans être pédante, l’art de la fabrication du miel, ses bienfaits et l’organisation de la ruche.

Gageons que l’auteure a encore beaucoup à nous apprendre dans les prochains tomes de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle des tatouages des membres de la secte Apis Dei : une abeille avec ou sans dard au creux du poignet.

Editions du Palémon, 9 mars 2017, 384 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman apicole.

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Agatha Raisin enquête 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon sherry : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral.

Car Agatha ne carbure pas au thé, voyez-vous.

Si, dans cet épisode encore, l’enquête n’est qu’un prétexte, on en apprend un peu plus sur le mari d’Agatha, les circonstances de leur mariage et de leur séparation, en même temps que James.

Les dames de la paroisse ne sont pas en reste avec la femme du pasteur toujours aussi gentille.

Si j’ai moins rit que lors des épisodes précédents, j’ai savouré l’humour présent dans cette nouvelle aventure.

L’image que je retiendrai :

Celle du jardin de l’ex-maison d’Agatha en friche, ce qui la désole.

Albin Michel, 31 mai 2017, 288 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce 5e tome des aventures de l’inénarrable Agatha.

 

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Un été à quatre mains – Gaëlle JOSSE

L’espace d’un été, nous suivons Schubert en résidence dans une la maison de campagne d’un aristocrate autrichien avec sa femme et ses deux filles.

Le compositeur se sent proche de la cadette, Caroline, dite Cardine qui, comme lui, préfère la musique à la société de son temps.

Pourtant, leur amour est impossible.

Je retrouve la belle prose de Gaëlle Josse qui m’avait ravi dans Les heures silencieuses.

Une courte lecture qui se déguste avant les mauvais jours et le retour de l’automne.

L’image que je retiendrai :

Celle de la couleur verte, celle de la malchance pour le compositeur, que pourtant porte régulièrement Caroline.

Ateliers Henry Dougier, 23 mars 2017, 87 pages

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Derniers jours sur terre – David VANN

Je laisse encore une chance à l’auteur avec cet essai sur un tueur de masse paru en 2014.

Mais il n’y a rien à faire, j’ai du mal à suivre les images de l’auteur et à comprendre où il veut en venir : il nous parle du suicide de son père en parallèle avec le suicide de Steve qui a juste avant tué 5 personnes dans son université. Quel rapport ?

L’auteur rencontre les personnes qui ont côtoyé Steve et retrace son parcours d’adolescent mal dans sa peau, interné plusieurs fois, sous anti-dépresseurs, souffrant de TOC, rejeté par sa soeur, un brin raciste et adorant les jeux vidéos violents. Quel tableau !

Pourtant, il tombe amoureux, mais il a une telle mauvaise image de lui et de ses capacités qu’il ne peut remonter la pente.

C’est l’occasion pour l’auteur de fustiger l’armée américaine qui « relâche » ses anciens enrôlés dans la nature sans aucun suivi ; sur le lobby des armes à feu incapable de tirer une leçon de ces tueries répétitives.

Mais je reste dubitative sur la portée de la conclusion de l’auteur : les plus malheureux sont les gens autour du suicidé qui doivent faire face au geste définitif. 28 ans et 260 pages pour en arriver à cette conclusion, cela me paraît beaucoup.

J’ai trouvé très longs les passages où l’auteur transcrivaient les dernières conversations écrites de Steve avec son amoureuse : il n’en fait aucune analyse et se contente de nous livrez les faits bruts.

De même, si, au départ, l’auteur ouvre son livre sur le suicide de son père, on s’aperçoit bien vite qu’aucune comparaison n’est possible. Alors pourquoi avoir maintenu le parallèle ?

Gallmeister, 4 septembre 2014, 256 pages

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Le tour du monde du roi Zibeline – Jean-Christophe RUFIN

Je gardai un souvenir ému de Rouge Brésil et de Katiba de cet auteur. C’est donc avec joie que je commençais ma lecture.

Si je n’ai pas détesté, je n’ai pas non plus été enchantée par ce dernier roman de l’auteur.

Commençons par ce que j’ai apprécié : c’est bien écrit, facile à lire, la prose est fluide. On voyage depuis la Pologne jusqu’à Madagascar en passant par le Kamchatka, Paris et les Etats-Unis. Les deux narrateurs font en sorte que le récit rebondisse et ne lasse pas. Il leur en arrive, des aventures !

Alors certes, le récit est prenant, mais je n’ai pas senti une vraie ambiance dans ce roman qui m’aurait donné envie d’y retourner ; et surtout je m’attendais à plus de profondeur dans le récit. Les références philosophiques aux philosophes des Lumières m’ont paru bien plates.

Oui, le romancier m’a fait découvrir le personnage haut en couleur de ce roi de Madagascar. Pourtant, cela ne suffira pas à ce que son roman me reste en mémoire longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la zibeline que le héros chasse au Kamchatka et qui sera son nom de roi.

Quelques citations :

« Ce qu’on ne peut éviter, il faut le vouloir. » (p.120)

« Elle m’expliqua que, d’après ses observations, les hommes avaient pour aimer besoin de conquérir l’objet désiré. Si l’amour des femmes, selon elle, pouvait se déployer dans l’abstrait, celui des hommes était inséparable de la possession. » (p.246)

Gallimard, 6 avril 2017, 384 pages

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Le dernier frère – Natacha APPANAH

Vous avez aimé Tropique de la violence ? Vous aimerez ce précédent roman de l’auteure.

Nous sommes cette fois-ci sur l’île Maurice, et le narrateur se souvient de son amitié peu commune avec David pendant l’été 1945.

Le narrateur, Raj, a perdu ses deux frères : l’aîné et le troisième lors d’une crue subite de la rivière. Après ce drame, ses parents, pauvres décident de déménager. Le père trouve un emploi à la prison Beau-Bassin.

Un jour que Raj lui emmène son repas préparé par sa mère, il croise un jeune garçon tout blond prénommé David et qui dit venir de Prague. Nait alors une amitié hors du commun.

J’ai aimé la nature luxuriante mais aussi féroce, avec ces cyclones qui dévastent tout : paysages, habitations et vies.

J’ai aimé cette amitié entre un Juif tchèque et un hindou mauricien. J’ai aimé que le narrateur prenne du recul et analyse avec ces yeux d’adulte les liens qui l’unissaient à David.

J’ai aimé la mère de Raj qui, grâce à ses décoctions de plantes et ses massages sauve des vies.

Enfin, le narrateur porte un regard désabusé sur l’humanité.

J’ai eu des poissons d’eau au cours de ma lecture : un roman bouleversant.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’oiseau rouge que recueille la mère de Raj et qui va se nicher sur la tête blonde de David.

Editions L’olivier, 23 août 2007, 216 pages

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Je dansais – Carole ZALBERG

Oui, Marie dansait avant d’être enlevée par un homme au visage brûlé.

Marie nous raconte comment elle vit les premiers temps de sa détention : la recherche de la fuite, le refus de tout ce que lui propose son ravisseur, jusqu’à l’acceptation.

Edouard nous parle aussi : son accident et sa défiguration, jusqu’au regard différent de Marie sur lui. Son amour pour elle.

Quelques chapitres avec les voix des parents de Marie qui espèrent, toujours.

Mais ce que j’ai aimé, dans ce roman, ce sont les choeurs : ces voix qui sont celles des femmes enlevées et violées et tuées partout dans le monde, des femmes réduites en esclavage. Ce sont ces voix qui me resteront en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marie se dirigeant vers les bras d’une maman lors d’un pique-nique.

Grasset, 1er Février 2017, 160 pages

Mercis Jostein, Noukette,  Leiloona, et Gambadou pour cette idée de lecture.

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« Arrête avec tes mensonges » – Philippe BESSON

Les rabâchages des mamans ont du bon : il ne faut pas se mentir, et surtout à soi-même.

Le narrateur (l’auteur ?) nous raconte son Grand Amour de jeunesse, Thomas. Thomas qui ne veut pas avouer ni s’avouer qu’il préfère les garçons. C’est un taiseux, Thomas, issu d’une famille d’agriculteurs, et dont la maman est espagnole.

Mais Thomas est tombé amoureux du narrateur et, le temps d’une petite année scolaire, ils se rencontrent en cachette.

Presque 20 ans plus tard, le narrateur découvre, par l’entremise du fils de Thomas, que ce dernier ne l’a pas oublié. Au hasard d’une rencontre, le fils comprend qui est son père. Ce qui n’empêchera pas sa fin tragique.

Ce livre m’a ému : cet amour adolescent si fort ; le poids du secret ; les deux vies si dissemblables.

L’auteur et sa maman ont raison : il faut arrêter avec nos mensonges, ce serait sinon trop tragique.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux amants à l’abri de la pluie discutant en attendant une accalmie.

Julliard, 5 janvier 2017, 198 pages

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Rouge armé – Maxime GILLIO

RFA, RDA, RAF : le roman nous plonge à la fois dans les années révolutionnaires de la Fraction Armée Rouge, de la construction du Mur de Berlin, mais aussi de la fin de la Guerre de 39-45 et du retour au pays des Sudètes.

L’auteur décrit le difficile retour en Allemagne des Sudètes : ces allemands partis s’installer en Bohème et Moravie et qui, à la fin de la Guerre de 39-45 ont été chassé et leur retour en Allemagne imposé, avec violence et passage par des camps qui ressemblaient grandement aux camps de déportation.

A cette première histoire se mêle une histoire secondaire : celle d’une jeune femme est-allemande qui décrit la partition de son pays en deux nations, son passage à l’Ouest puis son retour à l’Est.

Enfin, troisième récit imbriqué, celui de la naissance de la Fraction Armée Rouge, de sa doctrine, des attentats commis et du devenir de ses membres.

Un roman riche historiquement qui jamais ne perd son lecteur.

Si l’aspect policier du roman m’a moins parlé, j’ai aimé me plonger dans ce passé allemand que je connais peu.

Qui plus est, l’auteur m’avait indiqué, lors de sa dédicace aux Quais du polar, qu’il avait écrit une partie du roman après avoir découvert le passé trouble de sa belle-maman.

L’image que je retiendrai :

Celle du train ramenant les Sudètes à Berlin et traversant une ville en ruine.

Ombres noires, 2 novembre 2016, 347 pages

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Choucroute maudite – Rita FALK

Premier roman de l’autrice traduit en français, l’action se déroule dans un petit village de Bavière où tout le monde se connaît.

Le policier a été muté dans son village natal après quelques bavures à Munich. Il vit donc avec son Père et sa Mémé qui cuisine comme une cheffe.

Son frère Léopold fait de temps en temps son apparition avec sa Roxana roumaine, jusqu’à ce qu’elle parte en lui vidant son compte en banque.

Le travail pour Franz est difficile, car il doit sans cesse emmener la Mémé dans les différents supermarchés alentour en fonction des soldes et des promos. Ce qui lui laisse en définitive peu de temps pour s’acquitter de sa tâche. Mais comme il ne se passe pas grand chose dans le village… ou presque.

Vous l’aurez compris : pas de courses poursuites, pas de police scientifique, mais des conversations au bar ou après le match de foot de l’équipe locale.

J’ai passé un très bon moment en compagnie de Franz, sa famille et son chien Louis II.

Merci à l’autrice pour sa gentille dédicace aux Quais du polar, et pour les recettes de la Mémé en fin de volume.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Clairette de la Ferrari, que Franz prend au départ pour un bonnet.

Merci Antigone (et Monsieur) pour cette très bonne idée de lecture.

Mirobole Editions, 16 mars 2017, 256 pages

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Au milieu de nulle part – Roger SMITH

L’auteur nous emmène au milieu de nulle part : comprenez au fin fond de l’Afrique du Sud, en pleine brousse désertique, où le racisme a encore force de loi.

Des personnages hors-norme, jamais caricaturaux, mais emblématiques de la société du pays : le petit blanc réac qui s’est créé une communauté entièrement dévouée ; le bushmen qui a grimpé l’échelle sociale pour devenir policier ; l’ancienne dissidente devenue une politique influente ; la jeune fille en rébellion contre son papa ; et bien sûr les petits secrets de chacun.

Tout concourt à rendre ce roman passionnant, même si on met un certains temps à découvrir ce qui relie les personnages les uns aux autres.

Un instantané sur la société Sud-Africaine post-Apartheid. Une écriture fluide qui donne envie de ne jamais lâcher le texte. Un très bon moment de lecture. La découverte, pour moi, d’un auteur captivant.

L’image que je retiendrai :

Celle du 4X4 d’un des personnage rempli de junk-food, palliatif à son mal-être.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Calmann-Lévy pour l’envoie de ce roman.

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Trois grands fauves – Hugo BORIS

Je retrouve la plume si particulière de l’auteur, dans ce livre encore une fois différente.

Il a choisi de nous parler de personnalités plus vraies que nature, des ogres qui ont dévoré la vie et parfois leurs semblables, pour certains même la mort n’a pas voulu d’eux jusqu’au couperet final.

J’ai aimé que les histoires se répondent, j’ai cherché les détails communs (le vin, l’absence du père….).

Des personnages hors norme, dont il est bon de se rappeler qu’ils ont existé dans notre époque si politiquement correcte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la statue de Danton à Paris, l’une des deux seules à ne pas avoir été déboulonnée par les Allemands pendant l’occupation.

Pocket, 16 avril 2015, 192 pages

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Une illusion d’optique – Louise PENNY

Une nouvelle enquête de mon cher inspecteur ! Non, pas Maigret ni Hercule Poirot (encore moins Columbo). J’aurais dû dire : de l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec.

Encore un cadavre à Three Pines : celui d’une ancienne critique artistique, peintre elle-même, et membre des Alcooliques Anonymes.

Mais Armand arrive pour son enquête avec son passé récent : son inculpation d’Olivier (et là, si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, vous êtes perdus), le sauvetage de son coéquipier Jean-Guy qui, lui, ne s’est pas remis de ses blessures.

Vous l’aurez compris, il y a plus dans ces pages qu’une simple énigme policière : il y a tout ce qui fait le sel de la vie. Et c’est pour cela que j’aime toujours autant lire cette série.

L’auteure, dans les remerciements, déclare qu‘il lui a fallu une vie pour écrire ce livre. A le lire, je la crois.

Quelques idées abordées :

  • celle des vampires psychoaffectif : ces vampires suceur d’émotions (des gens qui sucent les autres jusqu’à la moelle. Après avoir passé du temps en leur compagnie, on se sent, sans raison, complètement vidé)
  • Armand Gamache se fit aux émotions, de ce qui relève du domaine de l’esprit.
  • dans cette enquête, il est question de contrastes : de sobriété et d’alcoolisme, des apparences et de la réalité, de changement en bien ou en mal, de jeux d’ombre et de lumière, de chiaroscuro.

L’image que je retiendrai :

Celle du repas final chez Cara et Peter juste avant la découverte du meurtrier.

Lu sur Liselotte

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Conclave – Robert HARRIS

Je découvre l’auteur ultra-connu avec ce roman.

Le sujet me tentait : entrer dans l’intimité d’un conclave, et je n’ai pas été déçue.

Si j’ai eu un peu de mal au départ avec les noms des différents protagonistes pour repérer qui était qui, j’ai très vite été prise par l’ambiance et le suspens.

J’ai aimé le personnage principal, Lomeli, dont le nom m’a fait sourire. Très bienveillant, il cherche à découvrir la vérité au milieu de menteurs patentés (oui, les Cardinaux peuvent mentir pour devenir Pape).

J’ai aimé le cardinal dernier arrivé Benitez (un nom non dénué d’humour lui aussi), même si le détail qui fait comprendre son identité m’a sauté aux yeux. Il reste une énigme jusqu’à la fin.

J’ai appris foule de détails sur les bâtiments du Vatican ainsi que sur le protocole et les vêtements sacerdotaux.

Un roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des cachettes dans le lit du Pape décédé.

Editions Plon, 1er juin 2017, 356 pages

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman passionnant en avant-première.

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Thé sans complexe de la Maison Théodor

Thé noir « Sans Complexe » de la Maison Theodor. Ce délicieux thé est parfumé aux arômes naturels de tarte au citron meringuée.
 Avant l’infusion, le thé sec dégage une douce odeur de citron accompagnée de notes plus sucrées, celles du fond de tarte, la pâte sablée.

sans complexe box the envouthe
 

Un thé noir réconfortant aux notes acidulées d’agrumes et gourmandes de tarte au citron meringuée, franchement, comment refuser ça ? 

Description : thé noir agrumes tarte au citron meringué

Origine de thé : thé de Chine

Teneur en théine : moyenne

Mon avis :

Oui, quand on ouvre la boîte, ça sent bon la tarte au citron meringuée (un de mes dessert préféré dont j’ai appris récemment qu’il était le plus sucré de tous les desserts….).

Une fois infusé, cela sent beaucoup moins.

Et au goût, et bien c’est du thé noir de Chine. Et même avec un bout de la fameuse tarte, ce n’est pas meilleur.

Au moins, il me reste l’odeur……

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Opération porcelaine – Hugo BUAN

Quelle joie de retrouver le commissaire Workan au travail !

Son enquête l’emmène à Nantes (est-ce encore la Bretagne ?!) au Musée des Arts en pleine exposition de vaisselle chinoise antique.

Entre dans la danse son cousin (enfin, petit-cousin éloigné) qui prépare le casse du Musée avec 3 acolytes. Mais la Mafia chinoise s’en mêle, compliquant la résolution de l’affaire du meurtre du délégué chinois.

J’ai aimé retrouvé l’humour du commissaire et les situations ubuesques créées par l’auteur. Je ne m’en lasse décidément pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du lancer de vaisselle antique chinoise par les fenêtres du Musée, vaisselle sur laquelle tire le cousin de Workan : « Pull ! »

Editions du Palémon, 19 mai 2017, 280 pages

Je remercie Myriam des Editions du Palméon pour l’envoi de ce roman.

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Mary Lester et la mystérieuse affaire Bonnadieu – Jean FAILLER

Je retrouve avec plaisir Mary Lester dans une enquête un peu longue, ce qui me laisse le temps de mieux découvrir son caractère.

L’action se déroule à Dinard, l’occasion de découvrir cette station huppée qui possède un golf en bord de plage.

Si l’enquête est relativement classique, l’intérêt du roman réside dans le personnage de Mary qui ne s’en laisse pas compter tout en charmant tout son monde, même les plus coriaces.

J’ai aimé le personnage de P’tit Lou, écaillé figure de la station balnéaire.

L’image que je retiendrai :

Celle des chocolats chauds que prennent les différents personnages dans des hôtels sélects.

Editions du Palémon, 22 avril 2017, 640 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Une femme au téléphone – Carole FIVES

Je découvre avec ce roman prêté par une amie la plume de l’auteure.

La mise en scène est originale : nous n’avons pas les dialogues en entier, juste ceux de la mère ; nous n’entendons pas la voix de sa fille.

Nous devinons donc que cette femme d’une soixantaine d’années a eu deux enfants : la fille à qui elle parle, et un garçon qui a lui-même une petite Valentine ; une vieille amie Colette ; elle est atteinte d’un cancer ; fait une rechute dépressive ; et cherche désespérément un homme après son divorce d’avec le père de ses enfants.

L’occasion pour l’auteur de nous parler des différents sites de rencontres que la mère fréquente assidûment sans trouver l’âme soeur.

J’ai aimé suivre les sautes d’humeur de cette mère représentative de sa génération (même si je n’aurai pas aimé être à la place de sa fille – Maman, je t’aime, ne change pas !).

L’image que je retiendrai :

Celle du pseudo de la mère : toujours en rapport avec son chinchilla.

L’arbalète – Gallimard, 12 janvier 2017, 112 pages

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Station eleven – Emily St JOHN MANDEL

Commençons par ce que je n’ai pas aimé : le style, ou plutôt l’absence de style. C’est plat et sans relief, les phrases s’enchaînent et c’est tout.

Alors oui, l’idée de départ est intéressante : une troupe de rescapé-e-s qui joue Shakespeare et Beethoven après un cataclysme mondial, c’est original. Le fait d’alterner avant le jour J et après sur plus de 20 ans pour nous parler de la destinée de chacun des personnages permet de ne pas laisser de lecteur dans l’incertitude. Mais j’en demande plus, en général, à un roman.

Le Prophète m’a paru sans relief et sa fin bien arrangeante. J’ai même eu l’impression parfois que l’auteure inventait et déroulait les évènements au fur et à mesure, sans plan au préalable.

Bref, si j’ai passé un bon moment de lecture, ce roman reste pour moi en-dessous de La route et de Dans la forêt.

L’image que je retiendrai :

« Survivre ne suffit pas » écrit sur la caravane de la troupe.

Lu sur Liselotte

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N’oublie rien en chemin – Anne-Sophie MOSZKOWICZ

Même pour la troisième génération, l’Occupation est toujours un sujet épidermique.

A la mort de sa grand-mère, Sandra se voit remettre par son père les cahiers de Moleskine dans lesquels Rivka a écrit sa vie : des petits riens de tous les jours, mais aussi les grands drames. Ainsi, sa petite-fille découvre que sa propre histoire d’amour est liée au passé douloureux de son aïeule. Je ne vous en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise.

Même si j’ai passé un agréable moment à suivre Sandra à Paris sur les traces de son passé fou amoureux d’Alexandre, je dois dire que le style m’a quelque peu déranger : vouloir à tout prix faire rentrer trois adjectifs dans une phrase, parfois cela m’a usé.

Mais j’ai été tenue en haleine jusqu’au bout, et la révélation finale m’a plaisamment surprise.

L’image que je retiendrai :

Celle des escapades folles de Sandra et Alexandre.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley pour l’envoi de ce roman

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Jeux de miroirs – Eugen Ovidiu CHIROVICI

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un bon Tuniraspastecoucher.

Une écriture fluide, une intrigue passionnante, je dois avouer que j’ai adoré chercher qui avait bien pu tuer le célèbre professeur : son homme à tout faire un brin perturbé ; son étudiante préférée ; ou le petit ami jaloux ?

Et puis deux protagonistes mènent l’enquête : un journaliste d’investigation dans la seconde partie, puis un ex-policier qui n’a pas pu à l’époque résoudre l’affaire dans la troisième et dernière partie.

Si je n’ai pas compris le jeu de miroirs du titre, j’ai aimé la mise en lumière du rôle de la mémoire : nous sommes persuadés que nos souvenirs sont justes alors qu’ils ne le sont pas toujours.

Une analyse du rôle et des dangers de la mémoire.

Toutefois, l’auteur lance des pistes qui ne vont pas au bout : pourquoi insister sur les portraits disparus du narrateur alors qu’ils n’ont par la suite plus d’importance ? Quel rôle tient vraiment l’hypnose dans les traitements du Professeur Wieder ? Pourquoi le manuscrit caché dudit Professeur comportait plusieurs types d’écritures ?

Ceci dit, j’ai été happée par cette histoire, et j’ai vraiment passé un très très bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de la cachette du manuscrit découverte par hasard au fond du bas d’un placard derrière une cloison. Or, ce manuscrit a disparu.

Editions Les Escales, 26 janvier 2017, 314 pages

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Voyage d’hiver – Jaume CABRE

Bien sûr, le titre fait référence au Voyage d’hiver (Winterreise) de Schubert, des sonates composées à la fin de sa vie sur des poèmes de Wilhelm Müller. Autant vous dire que la musique n’est pas des plus gaie.

Pourtant, les nouvelles qui composent ce recueil ne sont pas toutes déprimantes, loin de là. J’ai passé d’agréables moments à me plonger dans ces histoires qui toutes, ont un lien entre elles. Même si elles se déroulent à des époques différentes, un détail les relie. J’ai aimé chercher ce qui fera le lien. L’auteur maîtrise le contrepoint littéraire.

Des histoires différentes, mais une narration qui se renouvelle à chaque fois. L’auteur sait m’étonner, comme avec la nouvelle « Deux minutes », laps de temps entre le départ de l’amant et le retour du mari qui permet à l’auteur de nous décrire ce qu’il se passe en bas de l’immeuble.

Même la musique dissonante de Quiquin apparaît comme essentiel au recueil. Tout n’est pas harmonie, la discordance fait partie de la vie.

Merci M. Cabre, après Confiteor, j’ai apprécié la lecture de vos nouvelles.

L’image que je retiendrai :

Celle du petit garçon juif, caché avec sa famille et qui tousse, révélant la cachette. Son père, au camp, lui demande de commettre un geste funeste sur ordre des geôliers.

Actes Sud, 1er février 2017, 290 pages

Article mis en avant

Furiously happy – Jenny LAWSON

J’ai beaucoup aimé le chapitre d’introduction qui prévient le lecteur que son auteure souffre de troubles mentaux : au moins, on est au courant.

Certains chapitres m’ont agacé, mais je dois avouer que j’ai énormément ris de certaines situations : sa passion pour les animaux empaillés mais impérativement mort de mort douce ; son rôle de mère si difficile uniquement par rapport aux autres mamans ; son mari si patient.

Tous les épisodes ne sont pas forcément en rapport direct avec la folie, cela rend cette lecture agréable.

L’auteure a paraît-il un blog, je vais aller fouiller Internet.

L’image que je retiendrai :

Celle du mantra d’espoir que ne cesse de lancer l’auteure : peut-être qu’aujourd’hui cela ne va pas, mais demain sera magnifique et sera vécu plus intensément.

Fleuve Editions, 9 mars 2017, 352 pages

Merci Leatouchbook pour cet excellent conseil de lecture.

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A toi demain – Hervé HUGUEN

Je retrouve avec plaisir le commissaire Baron (découvert dans Le cimetière perdu) qui ne se fie pas aux apparences. Toujours aussi taiseux, il décide de reprendre une enquête après l’acquittement en deuxième instance du présumé coupable.

L’auteur est avocat de profession et passionné de faits divers, et cela se sent dans son écriture : nous suivons le commissaire dans sa découverte et l’exploitation de la scène de crime ; mais aussi le déroulement d’une audience et le public qui y assiste.

Le récit est parfois un peu répétitif et j’ai regretté de ne pas prendre un bon bol d’air breton, mais le contexte et l’atmosphère ne s’y prêtaient pas.

J’ai aimé la conclusion de l’auteur : même 15 ans après, la roue tourne toujours et la mort n’est pas loin. Même si le doute sur l’identité du meurtrier subsiste.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de la vieille dame, figée dans le souvenir.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 280 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

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Douleur – Zeruya SHALEV

Deuxième essai de lecture d’un roman israélien contemporain. Cette fois-ci, je suis allée jusqu’au bout. Difficilement, mais jusqu’au bout.

Force m’est de reconnaître que je ne suis pas fan de ces romans qui circonvolutionnent à loisir autour du sujet. Des paragraphes compacts, des retours sur la vie des personnages en plein milieu de la narration, et deux intrigues – minces – qui ne m’ont pas passionnées.

Et que dire de la fin, traitée en quelques lignes, après toutes ces pages sur le sujet….

Le titre, déjà, aurait dû me rebuter : douleur. Je crois aussi que je n’avais pas envie de lire sur un tel sujet. Je suis d’ailleurs étonnée que le mot ne soit pas au pluriel, tant il est question de toutes sortes de douleurs.

L’image que je retiendrai :

La distance Jérusalem Tel-Aviv est très courte : moins d’une heure en voiture sans embouteillage.

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Deux cigarettes dans le noir – Julien DUFRESNE LAMY

Au commencement de ce roman, on pense que l’on va lire l’histoire d’une jeune femme un peu désespérée d’accoucher seule. Mais elle renverse quelqu’un sur la route en se rendant à la maternité. Entrent alors dans sa vie et son fils et Pina Bausch.

Son fils Barnabé avec lequel elle a une relation fusionnelle : bon bébé calme, il laisse à sa mère le temps de découvrir la chorégraphe allemande. En effet, Clémentine est persuadée que c’est elle qu’elle a écrasé.

En alternant les chapitres, en décrivant certains des spectacles de Pina, l’auteur nous invite à découvrir la chorégraphe et sa passion effrénée de la danse.

En parallèle, le lecteur s’inquiète avec la mère de Clémentine car son bébé ne grandit plus ni ne parle.

Lier la maternité et la danse dans un roman, quelle gageure. Et pourtant, l’auteur a su me passionner pour cette mère un peu à part.

Le style n’y est pas pour rien : on commence à se couler doucement dans la narration quand, au détour d’une phrase, l’auteur place un adjectif inusité mais qui sonne juste, réveillant son lecteur.

Une lecture qui me restera longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Clémentine dans les rues pluvieuses de Wuppertal.

Belfond, 12 janvier 2017, 304 pages

Je remercie Jules chez Gilles Paris ainsi que les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman

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Communardes ! Les éléphants rouges – Wilfrid LUPANO

Oui, je m’attendais à voir des éléphants dans Paris à la rescousse des Communardes. Quelle déception de ne pas voir mon souhait réalisé…

Alors oui, ce premier volet est l’occasion pour l’auteur de nous montrer Paris pendant le blocus de la Prusse : les femmes du peuple qui ne trouvent plus de travail ; les familles qui se nourrissent de rats ; les riches qui se nourrissent eux des animaux du zoo en consommé.

Bien sûr, les femmes qui veulent aider sur les barricades mais qui en sont empêché par les hommes.

Seule Victorine arrivera à prendre la tête de sa bande, pour un temps seulement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de Victorine construisant leur rêve d’éléphants dans un hôtel particulier déserté.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

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Tombés des mains (2)

Au jour le jour – Paul VACCA

Vous vous rappelez La petite cloche au son grêle ? Ce magnifique roman tout en finesse…. Celui-ci est aux antipodes : cherchant la comparaison, la description exacte, le style empile les adjectifs et les détails anodins.

Pire : certains dialogues sont anachroniques, ce qui a fini de me rebuter.

J’ai persévéré jusqu’à la deuxième partie, mais les personnages et les situations caricaturales ont eu raison de moi.

Je n’étais pas prête à lire un tel roman. Tant pis pour moi.

 

Hermine blanche et autres nouvelles – Noëlle REVAZ

L’un des précédent roman de l’auteure ne m’avait pas passionné outre mesure (Rapport aux bêtes).

Je laisse une seconde chance avec ce recueil de nouvelles récemment paru, mais, lasse, j’ai abandonné au bout de quelques nouvelles.

Ce ne sont pas des nouvelles à chute, mais de petites histoires, ce qui n’est pas ma tassé de thé, je dois le dire.

Je n’ai pas franchement compris où l’auteure voulait en venir. Je dois être un peu bouchée, me direz-vous.

J’ai préféré rendre rapidement ce livre à ma BM afin qu’il trouve un lecteur plus digne de lui, sans doute.

 

Les témoins de pierre – Simon BECKETT

L’histoire promettait d’être passionnante : Sean est en fuite. Malgré la chaleur qui écrase la campagne française, il préfère abandonner sa voiture accidentée et couper à travers champs pour éviter la police. Mais sa cavale se termine brutalement lorsque les mâchoires implacables d’un piège se referment sur sa jambe. Retrouvé quasiment inconscient par les deux fi lles du propriétaire d’une ferme voisine, il est recueilli et soigné. À peine capable de tenir debout, Sean se croit enfin à l’abri et est loin de se douter des dangers qui le menacent.

Oui, mais voilà : le style, trop haché, a eu raison de mon envie de lire ce roman, malgré des personnages bien mystérieux dans une ambiance glauque.

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Kaboul express – Cédric BANNEL

Je retrouve avec plaisir le commandant Kandar et sa femme infirmière à Kaboul.

Cette fois-ci, l’enquête franco-afghane se déroule sur fond de terrorisme. L’occasion pour l’auteur de nous parler du fameux Kaboul express qui donne son titre au roman : une filière qui permet aux combattants européens de partir combattre au côté de l’EI.

L’auteur nous emmène également visiter l’Afghanistan : une région sous contrôle taliban et ses habitants vivant comme au Moyen Age et, à l’autre bout du pays, une tribu de nomades rattrapée par le progrès.

Le style est fluide et l’on poursuit les méchants à un rythme effréné malgré les embuscades. J’adore !

L’image que je retiendrai :

Celle du vent noir qui peut faire disparaître toute une tribu dans le désert afghan.

Lus sur Liselotte

Je remercie Netgalley et les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce roman numérique.

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Désorientale – Négar DJAVADI

Comment vous parler de ce roman qui circonvolutionne à loisirs ?

Je n’ai pas aimé toutes les histoires racontées, mais j’ai pris plaisir à découvrir la famille Sadr et ce père si particulier. 

Le récit tient plus de l’historique que du littéraire : l’auteure replace chaque événement historique iranien dans son contexte. Pourquoi pas.

La partie sur l’insémination artificielle m’a moins parlée, même si je comprends le parcours du combattant que la narratrice subit.

Ce roman décrit en finesse que l’homosexualité a toujours existé, que les mères sont souvent plus perspicaces que ce qu’elles laissent voir, craignant le poids social.

Un roman sur l’exil, aussi : comment un immigré doit d’abord se défaire de sa culture avant de pouvoir se fondre dans la culture de son pays d’accueil.

L’image que je retiendrai :

Celle des pâtisseries et autres plats autour desquels la famille se retrouve toujours.

Liana Lévi, 25 août 2016, 352 pages

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Hier encore, c’était l’été – Julie de LESTRANGE

Une bande de jeunes soudée qui aiment plaisanter ; un décor idyllique entre la montagne et Paris ; une histoire qui se déroule sur plusieurs années depuis la naissance du grand-père jusqu’au décès de la grand-mère.

Une lecture de plage facile avec des personnages quelque peu stéréotypés et sans réels difficultés financières, voire même de très bonnes situations sociales ; un amour malheureux mais qui heureusement sera vite oublié.

Je ne me suis pas attachée aux personnages ni à leurs problèmes, je suis sans doute trop loin de leur univers.

Je remercie tout de même l’auteur pour l’envoi de son roman et sa gentille dédicace. Je lui souhaite de continuer à plaire, puisqu’il a été sélectionné pour un prix.

L’image que je retiendrai :

Celle des déménagements des deux garçons de la bande, toujours épiques.

Le livre de poche, 10 mai 2017, 384 pages

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Une affaire d’homme – Todd ROBINSON

Le bandeau vert promet que ça va faire mal : et le roman tient cette promesse.

Il faut dire que l’action se déroule dans le milieu des boîtes de nuit bostoniennes, et que les personnages principaux sont des videurs d’une boîte un peu louche (mais pas trop quand même).

J’ai adoré cette ambiance de musique rock et de gros bras au cœur tendre.

J’ai adoré que l’auteur m’oblige à lire les descriptions de bastons en y glissant une réplique qui fait mouche. Car même si Boo et Junior ont plutôt la poisse, ils ne manquent pas de bonnes réparties qui m’ont faites sourire et même rire.

Le récit est mené tambours battant, sans temps morts, Boo s’en sortira avec des cicatrices supplémentaires.

Sans oublier les autres membres de la bande des Avengers, comme ils se sont surnommés à l’orphelinat : Twitch l’insaisissable qui apparaît toujours quand on ne l’attend pas, et Ollie le pro de l’informatique.

Je n’ai pas lu le roman précédent (mais je ne manquerai pas de le faire), ce roman-ci nous parle d’homosexualité : les expressions toutes faites qui peuvent être blessantes ;  les homosexuels obligés de se cacher de leurs amis. 

Un vrai polar noir qui nous parle de notre société.

Monsieur Robinson, vous m’avez gentillement pris la main aux Quais du polar pour m’inviter à lire votre roman, et je vous en remercie. Comme écrit dans votre dédicace : Rock and read ! J’ai adoré vous lire et rocker avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tempête de neige qui se déroule pendant les quelques jours du récit.

Gallmeister, 2 mars 2017, 363 pages

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L’abbaye blanche – Laurent MALOT

Premier polar de l’auteur, je découvre une écriture fluide et un humour ravageur.

L’action se déroule entre la Suisse et le Jura, dans ma région, au milieu des montagnes où se nichent de vieilles abbayes.

L’enquêteur est à fleur de peau mais peut compter sur une juge d’instruction qui a des relations et une journaliste avec toujours un coup d’avance. Sans oublier la dernière recrue de la brigade qui a beaucoup d’humour.

L’enquête est classique, même si elle mêle notables véreux, secte et affaire d’Etat. 

Une touche de suspens supplémentaire avec la femme de l’enquêteur qui a disparu sans laisser de trace, et qui ressemble fortement à une tueuse engagée par les méchants.

L’auteur m’avait prévenu dans sa dédicace : dans le Jura règne la manipulation…..

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’explosion finale du bunker dans lequel sont retranchés les héros. Ça force le respect.

Bragelonne, 14 septembre 2016, 333 pages

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Le retour de Jules – Didier Van CAUWELAERT

Où l’on retrouve Jules qui, encore une fois, fait des siennes : il a agressé le petit fils d’une vieille dame riche et épileptique et est menacé d’euthanasie.

Je ne vous décrirais pas tous les rebondissements du roman, je vous laisse le plaisir de les découvrir.

L’auteur a le pouvoir de transformer deux chiens en personnages romanesques capables de raison et d’émotions. Et, même si je n’aime pas particulièrement les chiens, je dois avouer que Jules me plait bien.

Encore une fois, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de tous ces personnages, des rebondissements du récit et de l’humour incomparable de l’auteur.

L’auteur fait, de plus, œuvre utile en mettant en lumière l’apport des chiens dans le traitement de l’épilepsie.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jules allant se coucher dans le panier de sa belle.

Albin Michel, 3 mai 2017, 167 pages

Je remercie Gilles Paris pour l’envoi de ce roman en avant première.

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Entre ici et ailleurs – VANYDA

J’ai eu un peu de mal, au début, avec cette bande dessinée, jusqu’à ce que je me rende compte que, pour moi, le livre relève plus du roman dessiné.

Je me plonge donc dans l’histoire de Coralie, qui découvre la capoeira (bon, ça, j’aurai pu m’en passer), jeune métisse de père laotien et de mère européenne, fraîchement célibataire.

Si ses histoires de coeur ne m’ont pas passionnées, en revanche, la quête de ses racines, par le biais d’un camarade de jeu de capoeira, m’a parlé.

Le voyage avec Kamel en Algérie lui fait prendre conscience que son propre voyage à la recherche de ses origines au Laos a été plus riche que ce qu’elle pensait. Finalement, c’est la fin de ce roman dessiné que j’ai préféré.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère de Coralie qui la pousse à commencer la capoeira.

Dargaud, 29 janvier 2016, 192 pages

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Brutale – Jacques-Olivier BOSCO

Un personnage principal qui passe de l’autre côté de la barrière le temps de ses crises, ça change des enquêteurs dépressifs alcooliques.

Ce roman aurait pu donc être différent, mais il reprend tous les codes du roman policier français contemporain : courses de voiture, violence gratuite, descriptions des armes à quoi je ne comprends rien. Je le lis, mais souvent en avance rapide.

Pour ce qui est de l’enquête en elle-même, c’est plutôt bien vu : tout le monde est impliqué des corses aux tchétchènes, sans oublier les combats illégaux.

J’ai aimé qu’un des personnages qui apparaît rapidement s’appellent Mako, comme le personnage de Laurent Guillaume. Un clin d’oeil ?

Vous l’aurez compris, si j’ai passé un bon moment de lecture, ce roman ne restera pas mon préféré des polars français. Oncle Paul et l’auteur ont eu une belle discussion suite à l’avis mitigé de Paul.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grosse moto de Lise.

Robert Laffont, 19 janvier 2017, 416 pages

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Thé de Pâques chez Mariage Frères

Les cloches sonnent pour inviter à la table gourmande. 
Pâques prend le goût irrésistible de crème brûlée avec un thé au parfum de fruits, d’agrumes et de vanille.

Mariage Frères a créé pour cette occasion une belle composition qui associe un thé noir à une note distinguée d’épices nobles.

Mon avis :

Un thé au subtil goût de vanille, mais qui conserve un brin de fraîcheur en bouche.

Un thé gourmand, mais pas trop, idéal avec un petit chocolat que les cloches ont déposées dans le jardin.

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Max et les poissons – Sophie ADRIANSEN

Max a 7 ans encore pour quelques jours et attend son anniversaire avec impatience. Malgré les tickets de rationnement, il sait que sa mère a économisé les oeufs et la farine pour son gâteau. Peut-être même que sa soeur lui a préparé un cadeau.

Mais le jour-dit, ce sont les gendarmes français qui arrivent et les emmènent, sa famille et lui. Sauf son poisson rouge. Max est bien triste de n’avoir pu amener son poisson reçu à son école pour ses excellents résultats.

Sophie Adriansen nous raconte en chapitres courts l’histoire de Max, à sa hauteur. Il ne comprend pas forcément tout ce qui lui arrive.

Des explications, en fin de roman, aident à mieux comprendre et remettre les événements dans leur contexte.

L’avis de mon Couassous qui l’a lu avec son école : il n’y a pas de moments joyeux. La fin est terrible pour les parents du petit garçon. J’ai appris qu’il y avait eu la Rafle du Vel’ d’hiv’.

Nathan, 5 février 2015, 64 pages

Merci Noukette et Jérôme pour cette pépite Jeunesse.

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La daronne – Hannelore CAYRE

Il y avait trop longtemps que je n’avais pas lu un roman de Hannelore Cayre. Et, encore une fois, ce fut un régal.

Une bonne dose d’humour et d’auto-dérision du personnage principal ; des images qui font mouches ; des remarques toujours justes et intelligentes ; un oeil acéré sur la société et ses dysfonctionnements (notamment sur les maisons de retraite)

En excellente conteuse, elle nous raconte des histoires dans son histoire principale, nous tenant en haleine sans jamais nous perdre.

Sans oublier la touche glamour au milieu des conversations ras les pâquerettes de certains protagonistes.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de cette Juive intrépide.

L’image que je retiendrai :

Celle de la photo de La Daronne enfant devant une énorme glace et voulant devenir Collectionneuse de feux d’artifices.

Anne-Marie Métailié, 9 mars 2017, 176 pages

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Prendre les loups pour des chiens – Hervé LE CORRE

Comment dire ? Comment vous donner envie de découvrir ce roman noir à l’écriture acérée. Même les répétitions participent au rythme du texte.

Comment vous expliquer l’ambiance qui ne vous lâche pas ; cette chaleur écrasante qui colle à la peau des personnages.

Comment vous dire les personnages tout droit sortis d’un roman de Zola qui serait écrit au 21e siècle : la misère, les petits trafiques (et les gros qui vous dépassent), la folie, la maternité non assumée, la prison, les bagnoles, la bière en canette, la violence et la torture.

Et cette petite fille, Rachel, qui ne parle pas mais qui a tout compris.

Pauvre personnage principal, embringué dans une histoire qui le dépasse, lui qui voulait seulement revoir son frère.

Et les chiens, menaçants mais n’attaquant jamais.

Un petit bémol tout de même (ou plutôt deux) : la rédemption du père (à la limite), et la fin en presque happy end.

Monsieur Le Corre, j’avais beaucoup aimé un de vos précédents romans Avant la guerre. Avec cette lecture, vous confirmer pour moi l’essai. Mais je vais me laisser tout de même le temps de reprendre ma respiration avant de me plonger dans un autre de vos précédent roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la scène de meurtre des parents de Jessica. Quand on sait qui a fait le coup….

Rivages, 11 janvier 2017, 320 pages

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Les filles au lion – Jessie BURTON

J’avais aimé Miniaturiste, mais quelque chose dans le style de l’auteure m’a paru poussif.

Je devais être dans une meilleure disposition d’esprit à la lecture de ce second roman, car j’ai réussi à me laisser porter par l’histoire (j’ai noté quelques tournures grammaticales étranges, mais pas de quoi me décourager).

J’ai aimé Odelle, arrivée de Trinidad à Londres en 1967 : le froid qu’elle ressent, la pluie, et son premier travail dans un magasin de chaussures.

J’ai aimé Quick, étrange femme au caractère versatile qui fait tout pour cacher son passé.

J’ai aimé Olive et Teresa, qui se débattent qui avec son frère, qui avec son amoureux engagé communiste dans les premiers affrontements de la Guerre d’Espagne.

Les parents d’Olive ne sont pas en reste : son père, marchand d’art allemand, et sa mère, anglaise sous médicaments elle aussi amoureuse du frère de Teresa.

J’ai aimé les descriptions des tableaux d’Olive, pleins de vie avec un vrai sens artistique (contrairement à ceux du frère de Teresa, de facture plus classique et bien ternes).

J’ai aimé que Teresa ose faire découvrir le talent des artistes qu’elle croise. Elle est, pour moi, le vrai personnage principal de ce roman. Je l’ai quitté à regret.

Sont également abordés par petites touches le racisme envers les personnes de couleur dans l’Angleterre des années 60-70 ; la passion de Peggy Guggenheim pour les oeuvres d’art ; les vernissages d’expositions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Teresa sur le bateau qui l’emmènera loin de son Espagne natale.

Gallimard, 9 mars 2017, 496 pages

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Le Blues de La Harpie – Joe MENO

La Harpie est une petite ville de l’Illinois où Luce Lemay et Junior auraient pu couler des jours heureux après leurs sorties de prison. Ils y ont trouvé un job dans une station essence et un hébergement chez une vieille dame.

Si Junior a été incarcéré après avoir découpé une jeune fille en morceaux (la seule description n’est jamais gore), Luce l’a été pour avoir volé la caisse d’un débit de boissons et tué, dans sa fuite, le bébé Yacinth dans son landau.

Au fur et à mesure des pages, on sent Junior pas tout seul dans sa tête tandis que Luce essaye de maintenir la barre.

Mais il tombe amoureux, et ce sera pour lui le début de la fin.

J’ai aimé la présence des oiseaux, dans ce roman, même si ils ne vivent pas longtemps, ainsi que celle des images pieuses présentes ça et là dans la vie des personnages.

A lire le roman, on pourrait croire qu’il ne se passe rien dans ces petites villes, jusqu’à ce qu’éclate la violence, comme ça, sans prévenir.

Une lecture dont le Blues m’a bercé.

L’image que je retiendrai :

Celle de Junior chargé de composé le panneau publicitaire lumineux tous les jours et qui rajoute un poème de son cru.

Agullo, 26 janvier 2017, 308 pages

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A toi – Claudia PINEIRO

Pour ne rien vous cacher, en commençant ce roman, j’avais peur de lire une bluette. Je fus heureusement vite détrompée : ça démarre tambour battant, et le rythme ne faiblit pas.

Nous suivons Inès, qui a découvert des lettres d’amour adressées à son mari par « A toi ». Le soir même, elle le suit et assiste au drame.

En femme pratique, elle élabore des plans pour disculper son mari.

En parallèle, nous suivons les conversations téléphoniques de sa fille enceinte qui ne veut rien avouer à ses parents et qui préfère s’en remettre à un inconnu rencontré à la gare routière.

La tension ne faiblit pas, jusqu’au final en apothéose.

Une belle découverte ; une lecture que j’ai adoré.

L’image que je retiendrai :

Celle des gants de vaisselle dont Inès se sert pour visiter l’appartement de « A toi » et qu’elle oublie d’enlever dans le café en face.

Babel, 1 mars 2017, 176 pages

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Le Voyage des Pères, Tome 5 : Moshé – David RATTE

Où l’on découvre Moshé, le frère de Barabas qui vient juste d’être libéré, et pas Jésus.

Nous suivons et Moshé et Barabas, qui petit à petit s’ouvre à l’Esprit Saint.

Les personnages, même annexe comme le père de Moshé et Barabas, sont croqués avec beaucoup d’humour. Un humour toujours très fin, assez irrévérencieux et décalé par rapport aux canons catholiques. mais c’est ça qui est bon.

L’image que je retiendrai :

Celle du rideau déchiré le jour de la mort de Jésus : un fait raconté dans les Evangiles.

Paquet, 8 mars 2017, 48 pages

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Laëtitia ou la fin des hommes – Ivan JABLONKA

Dans ce livre, l’auteur historien-sociologue veut rendre vie à Laëtitia Perrais, jeune fille tuée et démembrée dans le pays de Retz en 2011.

Ivan Jablonka nous raconte son enquête, ses rencontres avec la soeur jumelle, Jessica ; leur enfance malmenée qui aboutit à un placement dans une famille d’accueil ; les attouchements et relations forcées que le père d’accueil fait subir à Jessica.

En parallèle, l’auteur pointe du doigt la manipulation médiatique de l’ancien Président Nicolas Sarkozy qui s’est servi de cette « affaire » pour accuser la justice de tous les maux, divisant ainsi la société.

Heure par heure, minute par minute, sans être jamais pesant, l’auteur nous fait revivre le drame de Laëtitia, en tirant des conclusions sur « le fait divers » en général, sur l’échec de la démocratie qui se transforme en tragédie grecque (p.348).

L’image que je retiendrai :

L’auteur a redonné vie à Laëtitia, qui l’écrit elle-même dans un texto : « La vie est fête comme sa« .

Prix Médicis 2016 – Prix Le Monde 2016

Le seuil, 25 août 2016, 400 pages

 

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Eugène Onéguine – Piotr Illitch TCHAIKOVSKI

Oui, je pensais que la soirée n’allait pas être des plus gaie ce soir, à l’Opéra. Je m’attendais à un drame russe, sombre. Au final, la musique de Tchaïkovski fut un enchantement.

L’ouverture est particulièrement légère (il faut dire qu’avant d’assister aux spectacles, je ne me documente pas particulièrement sur l’histoire, je préfère découvrir in situ).

Quand le rideau s’ouvre, le décor, très design, est lui, sombre. Les jeux de lumière donnent du corps à la scène dépouillée. Les costumes en nuances de noir et blanc m’ont paru bien terne, sauf à l’acte 2, où ceux-ci sont en couleur (et j’adore la couleur).

Le drame est encore une fois un drame d’amour : il y a un mort, des lettres d’amour qui ne trouvent pas le coeur de l’aimé, un voyage de deux ans, et une déchirante déclaration d’amour éperdue.

Si j’ai eu du mal, au début, à me laisser porter par l’histoire et la musique, le charme a fini par opérer : les solistes n’ont pas démérité dans leurs longs monologues chantés (et ils sont longs….) et les passages où leurs voix s’emmêlent (jusqu’à 4 chanteurs différents pour certains passages, en même temps avec des phrases différentes).

Le choeur, très présent sur scène, exécute même certains pas de danse et chorégraphies scéniques symboliques.

Premier opéra que j’écoute en russe, il est aussi le premier où l’héroïne ne meurt pas à la fin. Un véritable hapax de l’opéra.

Le méchant au coeur dur est puni, tant pis pour lui ! Mais il a eut le mérite de ne pas induire en erreur sur sa personnalité celle qui l’aime.

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Jugan – Jérôme LEROY

Jugan est finalement le personnage principal de ce roman onirique : le narrateur, en vacances en Grèce, rêve des événements qui ont marqué sa vie quelques années auparavant, quand il était un jeune prof frais émoulu à son premier poste.

Apparaît dans son horizon Joël Jugan, révolutionnaire condamné lourdement pour faits d’armes, défiguré après une action d’éclat.

Mais ses années de prison n’ont pas démotivé ce fils de bonne famille qui prône encore la révolution totale.

Entre dans l’équation fatale une jeune fille maghrébine, Samia, prise entre l’envie de faire des études et le besoin d’aider son père dans son commerce (son petit frère tient les murs dans la cité). Sans oublier les imams du quartier qui font pression pour que le père ne vende plus ni alcool ni porc.

Sans oublier la gitane qui, après avoir aidé le père, jette un sort à la fille.

Un roman riche, vous l’aurez compris. Un personnage de révolutionnaire  manipulateur que l’on n’oublie pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du no man’s land dans lequel vivent les gitans et où se rendent Jugan et Samia.

Folio Gallimard, 16 février 2017, 224 pages

Merci Folavril pour cette très bonne idée de lecture

 

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Le vertige des falaises – Gilles PARIS

Dans ce nouveau roman, Gilles Paris nous plonge dans un univers totalement différent de ses précédents livres.

L’histoire se déroule sur l’île, jamais nommée, proche du Continent dont nous ignorerons le nom. Plus beaucoup d’habitants sur cette île.

Près des falaises se dresse une maison d’architecte toute de verre et d’acier où vivent Olivia, la grand mère et son aide Prudence ; la mère atteinte d’un cancer en phase terminale Rose ; et la jeune Marnie, rousse et pleine de vie.

Des personnages croisent la route de chacune, tantôt vrais, tantôt imaginés.

Un peu de suspens entoure la mort des deux hommes de la maison.

J’ai aimé les différentes voix s’exprimant dans le roman, donnant un éclairage différent aux différents drames que vit la famille. Et découvrir que Marnie était toujours au courant de tout.

Et malgré le drame qu’a vécu jour après jour Olivia, perce dans ces pages un hymne à l’amour familial sous toutes ses formes.

Merci, Monsieur Gilles Paris. Après Courgette, j’ai aimé suivre Marnie et sa famille le temps de ma lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marnie en bord de falaises, cherchant à défier les éléments.

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman en avant-première.

Plon, 6 avril 2017, 256 pages

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Sous le compost – Nicolas MALESKI

Ah, les joies d’être père au foyer : s’occuper de trois filles qui vont à l’école maternelle ; faire pousser ses légumes et s’occuper du jardin ; préparer le repas pour sa femme qui ne rentre pas avant 21h ; allez boire des coups au bistro avec les copains et faire, de temps en temps, du vélo avec eux….

Jusqu’au jour où arrive une lettre anonyme annonçant au narrateur que sa femme le trompe. Sa vie sexuelle devient alors débridée.

J’ai aimé lire les passages qui parlent du jardin, du potager et des récoltes ; moins ceux sur les parties de jambes en l’air.

Une petite intrigue en fin de roman, mais pas assez pour me faire oublier certaines longueurs.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine d’eau froide de sa maîtresse dans laquelle plonge délicieusement le narrateur (et la maîtresse, et la piscine).

Fleuve éditions, 12 janvier 2017, 288 pages

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Marx et la poupée – Maryam MADJIDI

La double culture, est-ce une chance ? L’auteure répond clairement non et nous décrit les difficultés, pour une enfant de 8 ans, d’être arrachée à sa terre natale pour la France dont elle ne connaît rien.

Tout n’était pas rose dans son pays : ses parents, fervents communistes, l’obligeaient à donner ses jouets à d’autres enfants. Des amis de ses parents, certains ont disparu dans les geôles du pouvoir.

Voulant s’intégrer en France, elle refuse de parler, de lire et d’écrire le persan. Mais un voyage en Iran pour retrouver sa famille bouleverse ses repères.

S’agit-il d’un roman ? Plutôt de fragments de vies mis parfois en poésie.

L’image que je retiendrai :

Celle des parents qui, avant de fuir en exil, enterrent dans le jardin les oeuvres de Marx et des grands penseurs communistes.

Le Nouvel Attila, 12 janvier 2017, 201 pages

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Løv is Beautiful de Løv Organic

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Løv is Beautiful est un séduisant mélange au doux parfum ensoleillé qui illuminera le visage de tous les gourmands. Elaboré sur une base de thé blanc, thé vert et rooibos vert, il est agrémenté d’abricots et d’arômes naturels de pêche qui lui donnent un goût fruité et légèrement sucré. De petits morceaux de mangue et d’ananas ajoutent une touche d’exotisme.

Løv is Beautiful s’impose comme le nouvel allié de la beauté au naturel. 

Ingrédients : Thé blanc*, thé vert*, rooibos vert*, morceaux de mangues*, d’ananas* et d’abricots*, arôme naturel pêche, arômes naturels.

* Produits issus de l’agriculture biologique.

Mon avis :

Un mélange thé blanc – thé vert au goût de fruits d’été, rafraîchissant en cours de matinée.

De quoi se donner des envies d’été….

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Hématomes – Romain SLOCOMBE

Depuis Monsieur le commandant, Romain Slocombe est un auteur que j’apprécie.

Une écriture maîtrisée, il peut décrire les pires atrocités et bassesses humaines, tout dans le feutré.

J’aime l’intelligence de sa plume et la finesse de son propos.

Même si les 9 nouvelles qui composent le recueil ne sont pas toutes de la même intensité, j’ai aimé les lire et me laisser guider par l’auteur, attendant toujours d’être surprise. Ce qui n’a pas manqué.

L’image que je retiendrai :

Celle de la jeune fille maquettiste croyant être poursuivie par Guy Georges, le tueur de l’est parisien.

Je remercie les Editions Belfond ainsi que NetGalley pour l’envoi de ce livre

Lu sur Liselotte

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Les cosmonautes ne font que passer – Eliza GUEORGUIEVA

Quand on a un grand-père vrai communiste et des parents qui diffusent une radio interdite dans la Bulgarie des années 70-80 ; quand on est une fille et que l’on rêve d’être cosmonaute comme Iouri Gagarine ; quand votre meilleure amie préfère jouer avec ses Barbies envoyées par sa mère de Grèce ; pas étonnant qu’avec la chute du Mur de Berlin chute aussi votre enfance.

Avec beaucoup de détachement et un brin d’humour, la narratrice qui se dit « tu » nous raconte comment la société bulgare perd peu à peu pied.

J’ai aimé suivre l’évolution de la narratrice, vouant une admiration sans borne à Kurt Cobain une fois que sa passion pour Iouri se fut éteinte.

Une lecture qui ne me restera pas forcément longtemps en mémoire, mais qui m’a fait passer un bel après-midi.

L’image que je retiendrai :

« Tu couvres ton sac d’épingles à nourrice. Enfin, tu détaches la chaîne de la chasse d’eau et tu l’accroches sur le côté du pantalon, en signe de désobéissance, ce qui lance, d’une part une nouvelle mode dans ton collège, et d’autre part un problème sanitaire dans le quartier. » (p.111-112)

Mercis Keisha et Clara pour cette très bonne idée de lecture.

Verticales, 25 août 2016, 184 pages

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La rentrée n’aura pas lieu – Stéphane BENHAMOU

Nous sommes fin août en France, et les autoroutes sont vides. Même Martine n’est pas rentrée de ses vacances.

Mandaté par son ministère, Michel est chargé de comprendre pourquoi. Il se rend donc à Moustiers, petit village des Alpes de Haute Provence, pour tenter d’analyser ce phénomène désespérant.

Sauf qu’il n’y a pas d’explications : les aoûtiens n’ont pas envie de rentrer, c’est tout.

J’ai aimé découvrir la désorganisation de la société qui en découlait ; les dirigeants qui cherchaient à comprendre et ceux qui voulaient employer la manière forte. Même le porte-parole de Mme Merkel intervient dans l’affaire.

Un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais qui m’a fait passer un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle des autoroutes vides de monde à la fin du mois.

Don Quichotte, 25 août 2016, 176 pages

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La prophétie de l’abeille – HIGASHINO Keigo

Ancien roman de cet auteur que j’apprécie beaucoup, il est le dernier qu’il me reste à lire de lui.

Et j’ai bien fait de ne le lire qu’en dernier : quel pensum !

Si j’ai lu au départ toutes les descriptions sur les différents types de centrale nucléaire au Japon, j’ai vite abandonné ces passages. Et ils sont très nombreux dans le roman.

Ne m’a intéressé que l’enquête pour connaître le coupable. Un coupable bien fade.

Pas le meilleur de l’auteur, loin de là. J’irai même jusqu’à dire que c’est une lecture dont on peut se passer.

Actes Sud, 27 avril 2013, 384 pages

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Le grand méchant renard – Benjamin RENNER

Une fois n’est pas coutume, mes Couassous et moi avons lu le même ouvrage : celui de Benjamin RENNER retraçant les aventures du Grand Méchant Renard.

Un seul reproche : c’est écrit un peu petit pour mes vieux yeux. Pour le reste : c’est extra !

Nous nous sommes marrés en famille des déconvenues de ce pauvre renard qui tombe d’inanition à l’idée de toutes ces poules à manger rien que pour lui ; nous avons bien aimé le loup, très détaché, et qui attend que le renard fasse la sale besogne ; nous avons aimé le chien procrastineur qui se fait envahir par la poule survoltée qui a perdu ses oeufs.

Nous nous sommes attendri devant ce renard propulsé chef de famille et qui tente de faire comprendre à ses poussins qu’ils sont des poussins.

Monsieur Renner, merci beaucoup pour ce très bon moment de lecture en famille.

L’image que nous retiendrons :

Celle du poussin appelant sa maman renard à corps et à cris pour lui montrer une feuille jaune.

Delcourt, 21 janvier 2015, 192 pages

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Les larmes noires sur la terre – Sandrine COLLETTE

Tant pis si je me répète : ouvrir un roman de Sandrine Collette, c’est savoir que l’on va plonger dans un univers noir.

Et ce roman-ci l’est à plus d’un titre : noir de crasse, noir d’avenir bouché, noir d’une humanité qui tente de survivre, noir de mauvais sentiments.

Une seule lueur : le bébé de Moe pour qui elle se battra bec et ongles, jusqu’à commettre de nombreux forfaits pour s’en sortir.

Je me demandais pourquoi une casse en couverture du roman : c’est parce que l’action se déroule dans une casse transformée en camp de détention des services sociaux.

J’ai aimé les digressions qui nous racontent l’histoire des filles du bloc de Moe. Nous découvrons ainsi leur parcours et comment la vie les a malmené. Toutes les filles, sauf une : la moins résignée.

Une fin en happy end que je n’attendais pas. Je ne saurai dire si elle m’a déçu. Mais le roman est poignant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la petite voiture attribuée à Moe, dans lequel elle va faire son nid tant bien que mal.

Denoël, 2 février 2017, 336 pages

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Au bonheur des dames – Emile ZOLA

Une histoire d’amour au milieu des chiffons. Je sais, c’est un peu raide comme résumé, mais vous connaissez mon esprit de synthèse.

J’ai découvert tous les tissus possibles et imaginables, nous qui ne nous vêtons plus que de jeans et de coton (un peu de soie encore, parfois, en cas de mal de gorge).

Mais oui, Emile Zola a un talent incomparable pour nous décrire l’emprise des Grands Magasins et la destruction du petit commerce ; les coups marketing avant l’heure et la taylorisation du travail des vendeuses/eurs.

Les descriptions sont parfois un peu longues, mais rien de tel pour faire vivre Le Bonheur des Dames, qui devient un personnage à part entière.

Denise, le personnage principal, m’a un peu agacée, au début. Fraîchement débarquée de Valognes (c’est où ça ? C’est beau, mais c’est loin…), elle est un peu cruche au milieu du rayon et en amour.

J’ai préféré le personnage de Mme Aurélie, la première du rayon, et son fils qui n’en fait qu’à sa tête.

Sans oublier les bourgeoises qui volent de la dentelle pour le plaisir du frisson.

Mais M. Zola démontre avec brio que ce Bonheur des Dames n’est qu’une nouvelle forme d’emprisonnement des femmes :

« Alors, plus haut que les faits déjà donnés, au sommet, apparut l’exploitation de la femme » (p.70)

« Il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grandes, et, derrière elle, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner. » (p.70)

« Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. » (p.214)

Bref, je ne regarderai plus les tissus avec le même oeil maintenant.

L’image que je retiendrai :

Celle des rouleaux de tissus empilés dans la cave et par terre, formant des montages.

Lu sur Liselotte

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La menace – S.K. TREMAYNE

Oui, ce roman avait tout pour me plaire : une jeune femme battante au passé trouble fraîchement installé dans une vieille demeure en Cornouailles ; un beau-fils qui perçoit l’avenir ; une belle-mère qui perd la tête en vieille lady anglaise très digne ; les mines qui ont fait la fortune de la famille en toile de fond ; et la mystérieuse disparition de la première femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

L’auteure multiplie les fausses pistes et parsème les révélations ; même le mari, au départ au-dessus de tout soupçon révèle son côté obscur.

Des chapitres comme des comptes à rebours avant la date fatidique de Noël.

Tout est là, je vous dis. Sauf le style.

Je n’avais pas lu le précédent et premier roman de l’auteur qui, apparemment, a eu du succès. Les seconds romans sont souvent moins bons. Espérons que le troisième sera meilleur.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites routes de campagne sur lesquelles roule Rachel, dans le brouillard.

Je remercie les Presses de la Cité et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

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Dans la forêt – Jean HEGLAND

Le nature-writting ce n’est pas mon truc, ni les romans post-apocalyptique, d’habitude. Pourtant, cette lecture a été un coup de coeur.

Dans une maison californienne située à l’orée d’un bois, deux jeunes filles et leur papa tentent d’organiser leur vie sans électricité (elle a disparu peu à peu), puis sans pétrole (il n’y en a plus non plus). Coupés du monde, le père garde pourtant espoir que la vie reprendra son cours.

Mais tout ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Si Eva aime danser et ne pense qu’à ça, Nell prépare son examen d’entrée à Harvard. Mais la nécessité de manger les pousse à cultiver le potager et le verger, à faire des bocaux pour l’hiver.

Ce roman pourrait paraître ennuyeux, mais il n’en est rien, car il y a toujours une nouvelle difficulté qui attend les personnages.

Petit à petit, l’atmosphère devient plus lourde, la situation plus désespérée. Sans oublier les cauchemars de Nell.

J’ai aimé le mantra de la mère qui poursuit encore les filles longtemps après : « ta vie t’appartient« .

J’ai aimé Eva qui danse, encore et toujours, malgré les deuils et sans musique.

J’ai aimé l’ingéniosité dont les filles font preuve pour survivre, leur lien à la nature qui se tisse peu à peu, mais aussi leurs coups de blues.

Une lecture marquante. Un coup de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle des plantes médicinales que Nell apprend à connaître pour soigner sa soeur.

Quelques citations :

J’avais appris que l’envol et le frisson valaient la peine d’avoir eu peur. (p.62)

Tout ce qui nous menace, ce sont les souvenirs, tout ce qui me fait souffrir, ce sont les regrets. (p.68)

Mais que je le touche ou que je m’enfuie, que je rêve ou que je sois éveillée, le jour de son anniversaire ou n’importe quel autre jour, ma vie entière est contaminée par le fait qu’il est mort. (p.97)

Lu sur Liselotte

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La fille d’avant – J.P. DELANEY

Ce très bon « Tuniraspastecoucher » anglais m’a redonné goût à la lecture.

Premier roman, l’auteur a déjà les codes du bon thriller psychologique : chapitres courts en alternance, personnages biens campés et intriguants, action prenante. Et le petit plus : une maison comme personnage à part entière.

L’auteur lance des fausses-pistes et sait faire rebondir le récit pour nous tenir en haleine.

Peu d’hémoglobine, mais du suspens encore et toujours.

Et puis le manipulateur n’est pas forcément celui que l’on croit, ni la fameuse fille d’avant du titre non plus…

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle du questionnaire distribué à chaque postulant pour la location de la fameuse maison. Ce questionnaire est repris en début de chaque partie du livre.

Quelques citations :

Ce qu’il y a d’étrange avec le chagrin, c’est cette façon qu’il a de vous sauter dessus au moment où vous vous y attendez le moins. (p.146)

Lu sur Liselotte.

Je remercie les Editions Fayard ainsi que Netgalley pour l’envoi de ce roman en avant-première.

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La chair – Rosa MONTERO

Encore une fois, Rosa Montero nous parle d’amour.

Son personnage principal, Soledad, est, dans ce roman, une sexagénaire fraîchement séparée de son compagnon, par ailleurs mari adultère. Pour tenter de se venger, elle fait appel à un escort.

S’installe entre eux une relation charnelle non tarifée.

Au même moment, Soledad se voit confier une exposition sur les écrivains maudits. L’occasion pour le lecteur de découvrir une palette d’auteurs damnés (dont Anne Perry, ce que je ne savais pas).

Nous découvrons également l’enfance si particulière de Soledad en compagnie de sa jumelle Dolores : la maman avait le sens de l’humour. Mais Dolores, souffrant d’une maladie mentale, est enfermée.

Un roman riche et puissant sur l’amour sororal, l’amour passion qui se termine, l’amour-amitié.

L’image que je retiendrai :

Celle de Soledad enfermée dans sa douche et croyant sa dernière heure arrivée.

Métailié, 12 janvier 2017, 196 pages

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Tombé(s) des mains – 1

J’inaugure cette nouvelle rubrique pour vous parlez rapidement des lectures qui ne m’ont pas convaincues (je pique l’idée à Yv et ses articles Ca coince).

Il faut dire qu’en ce moment, j’enchaîne les déceptions. La faute à une petite forme ? Sans doute.

De l’auteure, j’avais adoré Trois femmes puissantes. L’auteure avait donc toute ma sympathie. Mais je n’avais pas gardé en mémoire le style particulier, plein de circonvolutions qui, cette fois-ci, m’ont perdues.

Le narrateur est bien flou : Qui est-il ? Quelle place a-t-il dans la vie de la Cheffe ?

Même l’histoire de la cheffe ne m’a pas tenue en haleine.

J’ai lu une soixantaine de pages avant d’abandonner.

 

Pour ce livre, j’ai lu un peu plus de pages (environ 150) avant de décrocher : rien ne se passe, les personnages sont longs à mettre en place, et quand on croit que l’histoire va enfin démarrer, et bien non.

Malgré les critiques élogieuses lues un peu partout, ce roman partait avec un handicap : je n’aime pas les westerns ni à la télé, ni sur papier.

J’ai essayé, mais j’ai fini par abandonner aussi.

 

 

Quand je vous dis que je suis dans une mauvaise passe : j’ai lu ce livre en entier (il n’est pas très long), mais je n’en ai rien retenu !

 

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Thé des Neiges Eternelles des Thés de la Pagode

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Ce thé noir qui rend hommage au célèbre « masala chai » indien (qui signifie littéralement « thé épicé » en hindî), un mélange typique de thé noir de Ceylan et d’épices dites « chaudes », traditionnellement consommé avec du lait et du sucre à l’époque de Noël dans les pays occidentaux.

Le Thé des Neiges Eternelles des Grands thés des gourmets issu de l’agriculture biologique reprend la recette de ce célèbre mélange avec pour base un magnifique thé noir de Ceylan cultivé en altitude dans la région d’Uva au Sri Lanka, au goût fin et affirmé. Il est sublimé par une sélection des meilleures épices : Cardamome, Cannelle, Clou de Girofle et Gingembre. Elles enveloppent le palais avec leurs notes riches et puissantes. Les accords frais et acidulés de l’Orange et de la Mandarine viennent équilibrer ce thé aux épices qui accompagnera merveilleusement bien vos dégustations tout au long de l’hiver et vous fera voyager avec son parfum de Noël et d’exotisme.

Mon avis :

Un thé parfait pour l’hiver : des saveurs chaudes d’épices, mais pas trop. Un petit goût d’agrumes et le tour est joué.

De quoi finir l’hiver en douceur.

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La lumière de la nuit – HIGASHINO Keigo

L’action se déroule sur deux décennies depuis le meurtre initiale jusqu’au dénouement de l’histoire.

Nous suivons ainsi les personnages principaux, même si certains jouent à cache-cache. Un, en particulier, qui trempe dans des affaires louches de copies de jeux vidéos (le premier Mario Bross) puis de piratage informatique.

L’enquêteur Sasagaki ne lâche pas l’affaire, même en retraite. Grâce à lui, nous découvrirons le fin mot de l’histoire.

Et puis il y a la mystérieuse et envoûtante Yukiho, d’abord petite fille puis femme d’affaire accomplie. Toutefois, autour d’elle, il arrive de drôles de choses à ses rivales.

Pas de sang, pas de violence, mais une bien sombre histoire de moeurs.

Monsieur Higashino, merci beaucoup pour vos histoires. Depuis Un café maison, je ne me lasse pas de vos polars.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tunnel du temps par lequel les enfants sont passés pour découvrir le premier mort sur leur air de jeux.

Actes Sud, Actes noirs, mai 2015, 669 pages

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Chanson douce – Leïla SLIMANI

Pas de mystère, on sait dès les premières lignes que la nounou a tué les enfants. Reste à découvrir, au long des 180 pages comment et pourquoi le drame se met en place.

Un coup moderne parisien : monsieur n’a pas d’horaire et madame, qui recommence à travailler, privilégie sa carrière.

Et puis la nounou est efficace : elle récure tout du sol au plafond, mitonne des petits plats, et les enfants l’adorent.

Mais petit à petit, la nounou installe son emprise sur l’appartement. Le couple s’en rend compte, mais leur tranquillité d’esprit et leur confort de vie ont raison de leur méfiance.

Et puis, au fil des chapitres, on découvre le passé de la nounou, à peine brossé, mais très révélateur.

Le style est sec et sans fioritures, et la psychologie à peine esquissée. Je ne peux donc pas dire que ce Prix Goncourt me restera en mémoire pour sa langue et son histoire.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures de la nounou, qu’elle astique consciencieusement.

Lu sur Liselotte

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La baleine thébaïde – Pierre RAUFAST

Thébaïde ? Vous avez dit thébaïde ?

Cette baleine ne serait-elle pas plutôt endémique ?

Trêve de perlocutions, car ce roman n’est pas verbeux.

Encore une fois, j’ai aimé les histoires racontées dans ce roman : l’aventure du baleinier et de ses hommes ; la start-up de Richeville (est-ce son prénom ?) ; son histoire d’amour avec la libraire et son Front de Libération des Crabes.

J’ai aimé les baleines high-tech à la façon des Nabaztag (le nôtre trône toujours sur le frigo, inactif).

Des clins d’oeil à ses précédents romans, que j’ai attendu, cherché et trouvé.

Bref, une belle après-midi de lecture.

Ecrivez-nous encore des histoires, Monsieur Raufast, j’adore voyager avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la baleine jouet high-tech que toute la Californie a dans sa piscine. Je ne regarderai plus un jouet de façon innocente, maintenant.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 218 pages

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Dans les prairies étoilées – Marie-Sabine ROGER

Encore une belle galerie de personnages dans ce nouveau roman de Marie-Sabine Roger.

J’ai aimé découvrir Prune l’originale qui invente des noms charmants aux objets de brocante qu’elle tente de vendre.

J’ai aimé le dessinateur de BD et accessoirement de bestiaire si peu sûr de lui.

Leurs deux chats si opposés : l’un est une carpette qui ronronne, l’autre ne cherche qu’à griffer.

J’ai aimé leur maison à retaper sans eau chaude.

J’ai aimé l’amitié avec Laurent, qui décède. Laurent qui a une passion pour les whiskies.

J’ai aimé l’Oncle et la Tante Foune qui n’en fait qu’à sa tête.

Et bien sûr, Marie-Sabine Roger nous parle d’amour.

Comme le narrateur, j’ai regretté que ce livre se finisse trop vite, je serai bien resté encore un peu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Tante Foune et du Cousin Matthias fouillant l’appartement de Laurent à la recherche d’un testament qu’ils ne respecteront pas.

Rouergue, 4 mai 2016, 256 pages

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La doublure – Meg WOLITZER

Ce roman pourrait être un roman sur le difficile métier d’écrivain, ou plutôt de femme d’écrivains.

Mais il est, pour moi, un roman sur le couple.

La narratrice accompagne son mari pour la remise de son Prix à Helsinki récompensant l’ensemble de son oeuvre littéraire. Dans l’avion, puis lors de la remise du Prix et de la réception, elle nous raconte sa rencontre avec ce professeur de littérature qui deviendra son mari.

Elle nous parle de ses choix de femme : élever ses enfants, accompagner son mari (même dans ses démarches les plus extravagantes pour ses recherches littéraires).

Mais, au fil des pages, et en regardant le titre, on se doute que Joan ne nous dit pas toute la vérité sur les vrais rapports dans son couple.

J’ai aimé retrouver le récipient en verre plein de bonbons à la menthe ; les livres jamais lus qui se retrouvent chez le bouquiniste.

J’ai moins goûté la présence des noix et autres noisettes que Joe mange à tout bout de champ.

L’image que je retiendrai :

Celle de Joan demandant à la reine de Finlande si elle aime sa vie….

Mercis à Kathel, Clara et Cathulu pour cette idée de lecture.

Rue Fromentin Editions, 21 janvier 2016, 250 pages

 

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Un enfant plein d’angoisse et très sage – Stéphane HOFFMANN

Pauvre petit garçon dans son pensionnat en Suisse, qui doit passer ses vacances chez sa grand-mère à Chamonix, car sa maman ne peut l’accueillir pendant les vacances.

Une maman à la carrière prometteuse, patronne d’une entreprise de BTP, nommée depuis peu chef du Syndicat des entrepreneurs, et peut-être futur ministre.

Son père ? Il ne l’a jamais rencontré. Ce lord anglais cultive l’art du fare-niente.

Quant à sa grand-mère qui le recueil à chaque vacances, son passé de chanteuse est bien mystérieux.

Ajoutez à cette galerie de personnages le chien Jojo qui suit le garçon partout ; une blonde dont on ne sait qui elle est vraiment (une psychologue ?) ; un manager qui veut absolument faire revenir la grand-mère sous les feux de la rampe.

L’auteur croque un monde d’adultes pitoyable avec humour.

L’image que je retiendrai :

Celle de la virée en voiture du garçon avec son père en Italie, avec un aller-retour à Monaco.

Albin Michel, 17 août 2016, 263 pages

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Arrêt non demandé – Arnaud MODAT

Nouvelles ? Roman à six portes ? Comment savoir ?

L’auteur ne manque pas d’humour et croque ses personnages avec talent. J’ai beaucoup ri et souri à la lecture des premières histoires.

L’avant-dernière, plus grave, m’a mis mal à l’aise.

Les titres posent question d’entrée de lecture : La dernière nuit du hibou ; La fourchette à poisson.

On sent l’attachement de l’auteur à la ville de Strasbourg (ville que j’aime beaucoup par ailleurs).

Du léger, du plus grave, ne passez pas à côté de ce livre.

L’image que je retiendrai :

La liste des remerciements en fin de volume est fort drôle aussi.

Sur les conseils judicieux de Yv.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 144 pages

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De nos frères blessés – Joseph ANDRAS

Actes Sud Editions, 11 mai 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Alger, 1956. Jeune ouvrier communiste anticolonialiste rallié au FLN, Fernand Iveton a déposé dans son usine une bombe qui n’a jamais explosée. Pour cet acte symbolique sans victime, il est exécut