Archives de l’auteur : Alex-Mot-a-Mots

Vera – Karl GEARY

Un amour qui aurait dû être impossible entre un jeune homme et une femme mûre.

Entre un jeune homme pauvre qui compte chaque penny et une femme de la bourgeoisie.

Entre un jeune homme à l’avenir devant lui et une femme cloîtrée dans son passé tragique.

J’ai aimé que Sonny découvre la littérature chez Vera par hasard. Qu’il se rende au Musée parce qu’elle y travaillait.

J’ai moins aimé les trop longues descriptions des silences familiaux.

J’ai aimé les pages d’amour entre Sonny et Vera.

Toutefois, j’ai vraiment regretté que cette histoire d’amour centrale dans le roman ne commence réellement qu’au 3/4 du livre. Même si il faut mettre le cadre en place, j’ai trouvé cette exposition trop longue.

Et puis le style ne m’a pas permis de rentrer pleinement dans le roman : l’auteur utilise le « tu » pour parler de Sonny. Et cela a plutôt joué comme un repoussoir.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sharron, l’amie de Sonny qu’il retrouve tous les jours assise sur sa pierre préférée.

Rivages, 30 août 2017, 276 pages

Les avis plus enthousiastes de Léa Touch Book et Cannibales Lecteurs

Comment vivre en héros ? – Fabrice HUMBERT

La question que pose l’auteur n’est pas primordiale pour moi (Daniel Balavoine « Je n’suis pas un héros, un héros-os »). J’ai pourtant lu ce roman avec plaisir, m’attachant aux personnages. Et en plus, je n’aime pas la boxe !

Mais l’auteur a su tirer le meilleur de ce sport et me faire commencer à l’apprécier dans son aspect technique.

J’ai aimé le personnage de Tristan, qui se débat avec son père et sa volonté de faire de lui un héros.

J’ai aimé Juliette, en rébellion contre son père Tristan ; Alexandre dont le bégaiement l’empêche de créer des liens avec son père.

En refermant ce roman, je  me suis demandé si l’auteur, plutôt que d’interroger le concept de héros, n’avait pas plutôt interroger la figure du père. De là à lier les deux….

J’ai aimé Marie qui tente de maintenir la cohésion de sa famille, sans succès.

J’ai aimé les personnages secondaires : Sen, les beaux-parents de Tristan, et bien sûr Bouli.

J’ai aimé que l’auteur me parle de la violence dans l’antiquité, et l’amène sur le terrain moderne. Son personnage principal est plutôt pacifiste et croit à la victoire des purs. Malheureusement, la société ne fonctionne pas comme cela. L’amour, peut-être…..

Ou le vieux rêve de la littérature : la restauration de la pureté (p.239).

Il y a quantité d’autres sujets dans ce roman (beau-papa député socialiste qui devient ultra-libéral une foi la droite revenu au pouvoir, l’amitié plus forte que les imbéciles…), je ne pourrais les écrire tous et vous laisse découvrir ce roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle du chalet des parents de Marie où elle emmène Tristan qui n’avait jamais vu la montagne.

Gallimard, 17 août 2017, 416 pages

Je remercie Price Minister et son opération des Matchs de la Rentrée Littéraire pour l’envoi de ce roman.

Un funambule sur le sable – GILLES MARCHAND

Quelle drôle d’idée de départ : naître avec un violon dans la tête ! Pauvre Stradi (surnom donné par ses camarades) qui va devoir apprivoiser cet instrument qui s’est imposé à lui.

Difficile de rester concentré en classe quand il faut maîtriser les sons du violon pour ne pas déranger les autres ; difficile de se rendre en classe certains jours après la piqure de l’infirmière sensée aider le violon à grandir en même temps que Stradi.

Petit à petit, le roman frôle l’onirique tout en étant bien ancrée dans notre réalité.

Et puis Stradi tombe amoureux : incompréhension des parents de la jeune fille, fuite, tentative de vie à deux avec une moitié de chien avant l’arrivée du bébé.

J’ai aimé également le personnage de Max qui lui boîte : leurs deux différences font naître une amitié hors du commun, même si au contraire de Stradi, la musique enferme Max.

J’ai aimé Lélie, jeune fille volontaire qui tire trop sur la corde. J’ai aimé Stradi qui se dépatouille comme il peut.

Merci, M. Marchand, j’ai aimé le monde que vous avez créé dans ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame du premier qui s’inquiète pour ce jeune couple.

Aux forges de Vulcain, 24 août 2017, 353 pages

Le jour où Beatriz Yagoda s’assit dans un arbre – Idra NOVEY

Au Brésil, tout se vit plus intensément : les amours, les séparations.

C’est sans doute ce qui attire Emma, la traductrice américaine de la célèbre auteure Beatriz Yagoda qui a disparu. Elle quitte son petit ami sur un coup de tête pour tenter de retrouver celle qu’elle connaît à travers ses livres.

Dans la chaleur étouffante de Rio, elle tombe amoureuse du fils de Beatriz, échappe de peu à l’usurier de l’auteure tout en essayant de retrouver l’écrivain.

J’ai aimé le personnage d’Emma, américaine sans vraiment d’attache capable de partir à l’autre bout du monde sur un coup de tête.

J’ai aimé la fille de Beatriz, femme un peu revêche qui se défend contre tout.

En revanche, j’ai moins apprécié l’aspect travail de l’écrivain. Beatriz disparaît car elle ne peut avancer dans son nouveau roman : elle bute sur un passage qu’elle remanie cent fois sans trouver de solutions.

Et puis le final du roman, lorsque mère et fille se retrouvent est traité de trop loin et trop évasivement à mon goût. Même si on devine la teneur des propos échangés, l’auteure Idra Novey ne nous donne pas assez de détails au cours de son roman.

Toutefois, j’ai aimé l’ambiance un peu folle de ce roman et cette idée de départ originale : monter tout simplement dans un arbre pour disparaître.

Un premier roman maîtrisé.

L’image que je retiendrai :

Celle du caleçon rouge abandonné dans la chambre d’Emma par son amant brésilien et que découvre son petit ami américain.

Les escales éditions, 12 octobre 2017, 272 pages

Je remercie Les Escales pour l’envoi de ce roman loufoque mais profond en avant-première

Les saisons de la nuit – Colum MCCANN

Nous suivons Nathan Walker, noir américain faisant partie d’une des équipes chargées de creuser un tunnel sous l’Hudson pour faire passer le métro. Sous terre, dans la vase, il n’y a que des travailleurs sans distinction de couleur de peau.

Nathan s’éprend d’une jeune femme blanche et rousse, fille d’émigrés irlandais. Difficile pour eux de trouver un logement.

Puis le travail se fait rare, leur fils aîné s’engage à la guerre, se marie, mais commet un acte violent et sera tué dans un état du Sud. Leurs deux filles s’en sortent mieux.

Nathan reste veuf avec sa belle fille et son petit-fils. Les temps sont durs, la belle fille devient alcoolique puis droguée. Le petit-fils, lui, est un équilibriste hors pair qui trouvera de l’embauche pour construire les gratte-ciels. Quelques temps.

Nous suivons ainsi 3 générations d’Américains à New-York, depuis le fond de l’Hudson jusqu’aux plus hauts buildings. La chute n’en sera que plus rude.

En parallèle de l’histoire de Nathan, nous suivons un SDF qui loge dans le métro, dont nous apprendrons l’identité par recoupement.

J’ai aimé le personnage de Nathan, un colosse, vrai force de la nature, et pourtant résigné devant les caprices du destin.

J’ai toutefois trouvé la fin un peu trop angélique.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’accident au fond du tunnel provoquant un geyser et catapultant 3 travailleurs à l’extérieur dans un jet d’eau tonitruant.

10/18, 2000, 321 pages

Communardes ! : L’aristocrate fantôme – Wilfrid LUPANO

1871. Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste vingt ans arrivée à Paris depuis une semaine à peine, devient la présidente du premier mouvement officiellement féministe d’Europe : l’Union des femmes pour la défense de Paris et l’aide aux blessés.

Véritable passionaria socialiste et va-t-en-guerre, elle est envoyée par Karl Marx lui-même !

Sa beauté et sa verve, qui la distinguent des autres insurgées, d’origines plus populaires, suscitent l’intérêt des « hommes » jusqu’ici peu sensibles aux revendications des communardes.

Ainsi, paradoxalement, l’une des premières grandes figures du combat pour le droit des femmes en France était… une aristocrate russe.

Quel personnage ! Un peu trop va-t-en guerre à mon goût, elle a le mérite d’aller au bout de ses idées et ne craint pas de s’impliquer dans le mouvement.

Mais dans ce tome, on voit que les hommes sont réticents à donner des droits aux femmes, qui ne cessent de répéter qu’il faut aller doucement. Ces messieurs sont bien frileux. On apprend aussi le rôle des banques dans la victoire ou la défaite de chaque camp.

Un texte encore une fois engagé en faveur des femmes passées inaperçues pendant la Commune, servi par un dessin à la hauteur des batailles qui se déroulaient dans Paris insurgé.

L’image que je retiendrai :

La dernière, celle d’Elisabeth dans la campagne russe sous la neige, près du goulag de son mari.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

La Reine Noire – Pascal MARTIN

La Reine Noire, c’est la tour qui domine la ville de Chanterelle au si joli nom. Mais la Reine est morte : l’usine de sucre à ses pieds ne produit plus rien.

Deux de ses anciens enfants débarquent un jour, chamboulant l’équilibre précaire de la communauté.

J’ai aimé les personnages secondaires de ce roman, tous haut en couleur sans être caricaturaux.

J’ai découvert les oreilles indiscrètes et les lettres de délation toujours en vigueur dans le bourg.

J’ai aimé que le méchant ne soit pas celui que tout le monde désigne. J’ai aimé qu’il offre à la fille du bar l’envie de partir.

J’ai passé un très bel après-midi de lecture sous le regard de cette cheminée vestige d’un autre temps.

L’image que je retiendrai :

Celle des femmes de Chanterelle ayant pour la plupart tendance à devenir folle et à finir leur vie en HP.

Jigal Polar, 8 septembre 2017, 248 pages

Fournisseur officiel : Jigal Polar que je remercie pour l’envoi

Vil tentateur : Paul Maugendre

Dompteur d’anges – Claire FAVAN

J’aime toujours autant cette auteure française qui toujours situe l’action de ses polars aux Etats-Unis.

Cette fois-ci, il s’agit de la vengeance d’un gars au départ comme les autres, mais que ses années de prison ont rendu vindicatif.

Le style est sans fioritures, et j’ai aimé me laisser porter par la narration qui va à l’essentiel.

Un très bon moment de lecture, mais une fin en happy end qui m’a fait râler : j’attendais moins de bons sentiments après un polar noir.

L’image que je retiendrai :

Le clin d’oeil à Nicolas Lebel et Olivier Norek en début de roman.

Lu sur Liselotte

Journal d’une princesse – Carrie FISHER

Vous êtes un hyper fan de Star Wars ; la princesse Leia vous a fait fantasmer étant jeune pubère, alors ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin.

Ce n’est pas le journal intime ni l’autobiographie de l’actrice. Le récit commence avec le premier film de l’actrice et se termine après le tournage de Star Wars.

Un peu de croustillant : vous voulez savoir si il y a eu une idylle entre Carrie et Harrison ? Vous n’aurez pas le compte-rendu de leurs ébats, à peine si Carrie s’en souvient et nous dévoile qu’ils n’ont pas joué au scrabble.

Ca partait bien côté style, mais très vite, ça part en…. cacahouète.

J’ai fini en avance rapide, et mon Cher et Tendre est du même avis.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’actrice n’en revenant pas sur des pages et des pages d’avoir été un sexe-symbole.

Fantask, 6 octobre 2017, 272 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

Les délices de Tokyo – Durian SUKEGAWA

Quelles ont l’air délicieuses, ces pâtisseries concoctées par Tokue dans l’échoppe de Sentarô : pour la confection des dorayaki, le secret réside dans la préparation de la pâte de haricots.

Et Tokue sait l’écouter murmurer, elle qui a tant souffert dans sa chaire.

C’est ce que va découvrir Sentarô à cause d’une propriétaire malveillante.

Aidé de Wakana, une jeune fille en marge, ils se prennent d’amitié pour la vieille dame et découvrent son terrible secret et la condition des lépreux au Japon.

Un roman pas si doux qu’il n’y parait. Une omniprésence des cerisiers à travers les saisons.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame, Tokue, apprenant à Sentarô à écouter.

Albin Michel, 3 février 2016, 240 pages