Boussole – Mathias ENARD

boussole

Actes Sud, 19 août 2015, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Insomniaque, sous le choc d’un diagnostic médical alarmant, Franz Ritter, musicologue viennois, fuit sa longue nuit solitaire dans les souvenirs d’une vie de voyages, d’étude et d’émerveillements.

Inventaire amoureux de l’incroyable apport de l’Orient à la culture et à l’identité occidentales, Boussole est un roman mélancolique et enveloppant qui fouille la mémoire de siècles de dialogues et d’influences artistiques pour panser les plaies du présent.

Mon avis :

Les boussoles ne servent pas toutes à indiquer le Nord. En l’occurrence, celle qu’offre Sarah au personnage principal indique l’est.

A la manière d’un Marcel Proust insomniaque, le narrateur nous donne à voir l’Orient depuis sa propre porte à Vienne : il nous emmène en Turquie, puis en Iran. Tel la Shéhérazade des Mille et Une nuits, il nous tient en haleine par son phrasé envoûtant parsemé de références musicales : celles des compositeurs européens jouant l’Orient, et celle des musiciens orientaux.

Il est également question de poésie et de grands écrivains qui, tel Hugo, prennent parfois leur inspiration à l’est du Bosphore.

L’auteur démontre ainsi qu’Orient et Occident sont entremêlé depuis toujours.

J’ai découvert que le premier vampire est né sous la plume d’un écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, avec son roman Carmilla.

L’auteur parle souvent de Hammer-Purgstall, autrichien grand traducteur de littérature orientale et considéré comme l’un des fondateur des études scientifiques de l’Empire ottoman.

Sans oublier le Divan de Hafez, ses oeuvres complètes qui regroupent plus de 900 poèmes, et qui ont influencés Goethe, entre autre.

Je n’ai pas cherché à comprendre toutes les références de l’auteur, je me suis laissée porter par sa plume de conteur, et ce fut un très beau voyage.

L’image que je retiendrai :

Celle du manque de communication entre Sarah et Franz, s’attendant l’un l’autre de chaque côté de la porte.

Quelques citations :

« Depuis Chateaubriand, on voyage pour raconter : on prend des images, support de la mémoire et du partage. » (p.102)

« Sur toute l’Europe souffle le vent de l’altérité, tous ces grands hommes utilisent ce qui leur vient de l’Autre pour modifier le Soi, pour l’abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l’utilisation des procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d’église et de l’harmonie. » (p.121)

« Il n’en reste pas moins que nous devons à l’Empire ottoman et à un de ses plus éminents diplomates un des joyaux de la peinture érotique européenne. » (p.284)

47 réflexions au sujet de « Boussole – Mathias ENARD »

  1. lydieetseslivres

    Mathias Enard a une écriture très poétique et très riche, effectivement il faut se laisser porter (sans forcement tout comprendre 🙁 ) mais le voyage est envoutant. J’ai lu Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants et je retrouve dans ton article mes sensations de lecture.

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  2. Laure Micmelo

    Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’hésite à me lancer dans ce goncourt, j’ai un peu peur de sa complexité …

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  3. aifelle

    Son érudition me fait un peu peur, mais pas au point de ne pas l’emprunter à la bibli. C’est un auteur que je veux absolument lire, j’ai l’impression de rater quelque chose.

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  4. Moglug

    Il y a tellement de références dans ce bouquin.. On n’a pas retenu les mêmes ! Mon billet traîne, je vais finir par tout oublier si je tarde encore à l’écrire !!

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      1. Moglug

        Ok ok je me mets au boulot ! 😛 Une référence que je retiens et que Mathias Enard cite dès le début est La chouette aveugle de Sadegh Hedayat, j’aimerais beaucoup le lire….

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  5. zarline

    Je crois avoir lu plus d’avis mitigés, du coup ton avis me fait hésiter. J’avais encore assez aimé Parle moi des batailles… et la pluse de l’auteur vaut en effet le détour mais là, j’ai de la peine à être tentée par l’intrigue.

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  6. yueyin

    Ah tiens, certaines critiques m’avait refroidie et voilà que tu éveillés mon intérêt à nouveau 🙂 je vais finir par le lire 🙂

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  7. manue

    Même si ce n’est pas mon genre de lecture ton avis m’a donné envie de le lire par curiosité !

    Sinon pour « Hedona » le sujet était bien trouvé et semblait intéressant… le livre était beaucoup plus intéressant par contre… ce n’est pas vraiment un livre que je conseillerais malheureusement.. ou alors j’attendais trop de ce livre et je m’attendais à entrer plus dans le monde de la mafia je sais pas…

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  8. L'or rouge

    Oh comme je sens que je vais l’aimer ;0) Je crois qu’il faut faire comme tu le dis ; accepter de ne pas connaître tout ce dont il parle mais se laisser porter par le texte. Je rajoute ton lien avec les autres billets (tentations 2015). J’espère le lire très vite en tout cas

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