Carthage – Joyce Carol OATES

carthagePoints, 3 octobre 2016, 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout semble aller pour le mieux dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse.

Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère.

Mon avis :

C’est toujours avec une certaine appréhension que j’ouvre un livre de cette auteure. J’en ai follement aimé, et abandonné d’autres peu après les avoir commencé.

Celui-ci se situe entre les deux : j’ai aimé les personnages complexes ; beaucoup moins les longueurs inutiles sur les personnages secondaires.

J’ai aimé rencontrer M.C. Escher et ses créations étranges.

J’ai aimé le discours de Mme Oates sur la Guerre (en Irak ou en Afghanistan), qui détruit les jeunes hommes en quête d’idéal.

J’ai aimé le personnage de Cressida, même si dans ce roman, c’est elle qui tombe amoureuse de son futur beau-frère, pour le malheur de tous.

Dans ce roman, le paradoxe de Zenon (le père) est mis à mal : « toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible. » disait le philosophe grec du même nom.

Les pages sur la beauté / laideur m’ont moins touchées.

L’image que je retiendrai :

Celle du mur de la prison, si long, si gris.

Quelques citations :

« Les éléphants aussi enterrent leurs morts. (…) Sauf que les éléphants étaient capables de reconnaître les os de leurs morts des années plus tard. Une mère éléphant poussait des barrissements angoissés, saisissant les grands os courbes de sa grand-mère, enfouies dans la terre desséchée. Mais aucun être humain ne peut reconnaître les os d’un parent. »

« Il nous est nécessaire d’être farouchement aimé par une personne pour exister. » (p.410)

« Dans la totalité du monde biologique, le monde humain est le seul où les parents souffrent de la honte de leurs rejetons. Ce n’est possible dans aucune autre espèce que celle des Homo sapiens. » (p.467)

club-lecture

31 réflexions au sujet de « Carthage – Joyce Carol OATES »

  1. titoulematou

    Bonjour, j’ai fini ce livre il y’ a peu … et je me retrouve dans votre article: l’appréhension à l’ouverture ( moi aussi j’ai aimé ou détesté certains livres de cette auteur), les personnages aimés, mais les longueurs moins aimées… vous mettez des mots sur un article que j’étais incapable d’écrire!

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  2. Asphodèle

    J’ai exactement le même syndrome avec Joyce Carol Oates : ou ça passe, ou ça casse. C’est mieux d’avoir une bibliothèque à proximité dans ces cas là ! 😆

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  3. BlueGrey

    Je me rends compte que nous sommes beaucoup a « appréhender » une lecture de Joyce Carol Oates ! Aimera ? Aimera pas ?
    Pour celui-ci, comme toi, j’en garde un souvenir mitigé : j’ai aimé les personnages, j’ai regretté quelques longueurs…

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  4. Margotte

    Je n’ai pas encore sauté le pas en ce qui concerne ce roman… mais cela finira par arriver. Je suis totalement sous le charme (vénéneux) de cette romancière !

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  5. manue

    Je ne connais pas cette auteure mais je pense que ce roman peut me plaire. Merci pour la découverte.
    Quel roman d’elle me conseillerais tu ?

    Pour am stram gram je suis contente de t’avoir fait ce rappel et j’espère que si tu peux lire ce roman il te plaira 🙂

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  6. Nadine

    Si tu savais comme ça fait une éternité que j’ai envie de découvrir cette auteure et je ne l’ai pas encore fait! Comme ils sont « inégaux » dans leur appréciation, en aurais-tu d’abord un à me suggérer pour débuter?

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  7. deparlà

    J’en ai lu plusieurs de cette auteure (Hudson River, Blonde, Mère disparue) et il est vrai qu’au début on se retrouve dans un monde finalement effrayant, souvent contemporain et noir. Blonde m’avait bouleversée. Une fois qu’on le sait, dans mon cas, et bien j’y vais qd même tant son écriture est magistrale, et n’ai jamais été déçu de ces lectures. Mudtown, suis je bête!, est ds ma pal et ce sera le prochain (je me fie, s’il fallait, aux commentaires précédents).
    Du coup, je me suis intéressée à la bio de Joyce Carol Oates, et je vous invite à écouter quelques podcasts sur France inter ou France culture, elle semble aussi avoir un petit côté effrayant.
    Je note celui-ci.

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    1. Alex-Mot-a-Mots Auteur de l’article

      J’avais adoré Les chutes, et son roman sur Maryline m’était tombé des mains. Celui-ci m’a plu. Il me semble que chaque année, elle ne passe pas loin du Nobel.

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      1. deparlà

        Je viens de lire Mudwoman et je pense faire une pause quant à cette auteur. Son univers est noir voir glauque et malgré toute l’admiration qu’elle suscite j’ai besoin de lumière.
        Ceci dit, pour le prochain (cet été?) j’hésite entre celui-ci et les chutes.

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