Archives de catégorie : Auteurs en B

Agatha Raisin enquête 6 : Bons baisers de Chypre – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon brandy : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral. (Après le sherry dans le tome précédent, le brandy a la côte dans celui-ci).

Adieu son cher village des Cotswolds, Agatha est à la poursuite de James à Chypre, dans sa partie turque, lieu de villégiature de nombreux anglais. Ici encore, l’enquête a peu d’importance, et nous suivons Agatha qui court après James. Mais elle retrouve sur sa route Sir Arthur qui la console des excentricités de James.Si Agatha n’est plus en butte avec ses quelques kilos en trop, elle s’en voit avec son maquillage qui ne cesse de couler à cause de la chaleur.

J’ai aimé les descriptions du guide touristique qu’Agatha nous lit chaque fois qu’elle se rend sur un nouveau site, j’ai eu l’impression d’être moi aussi sur l’île.

L’image que je retiendrai :

Celle de James annonçant à Agatha pourquoi il l’aime mais ne peut se résoudre à vivre avec elle.

Albin Michel, 31 mai 2017, 286 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour ce partenariat

Agatha Raisin enquête 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon sherry : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral.

Car Agatha ne carbure pas au thé, voyez-vous.

Si, dans cet épisode encore, l’enquête n’est qu’un prétexte, on en apprend un peu plus sur le mari d’Agatha, les circonstances de leur mariage et de leur séparation, en même temps que James.

Les dames de la paroisse ne sont pas en reste avec la femme du pasteur toujours aussi gentille.

Si j’ai moins rit que lors des épisodes précédents, j’ai savouré l’humour présent dans cette nouvelle aventure.

L’image que je retiendrai :

Celle du jardin de l’ex-maison d’Agatha en friche, ce qui la désole.

Albin Michel, 31 mai 2017, 288 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce 5e tome des aventures de l’inénarrable Agatha.

 

« Arrête avec tes mensonges » – Philippe BESSON

Les rabâchages des mamans ont du bon : il ne faut pas se mentir, et surtout à soi-même.

Le narrateur (l’auteur ?) nous raconte son Grand Amour de jeunesse, Thomas. Thomas qui ne veut pas avouer ni s’avouer qu’il préfère les garçons. C’est un taiseux, Thomas, issu d’une famille d’agriculteurs, et dont la maman est espagnole.

Mais Thomas est tombé amoureux du narrateur et, le temps d’une petite année scolaire, ils se rencontrent en cachette.

Presque 20 ans plus tard, le narrateur découvre, par l’entremise du fils de Thomas, que ce dernier ne l’a pas oublié. Au hasard d’une rencontre, le fils comprend qui est son père. Ce qui n’empêchera pas sa fin tragique.

Ce livre m’a ému : cet amour adolescent si fort ; le poids du secret ; les deux vies si dissemblables.

L’auteur et sa maman ont raison : il faut arrêter avec nos mensonges, ce serait sinon trop tragique.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux amants à l’abri de la pluie discutant en attendant une accalmie.

Julliard, 5 janvier 2017, 198 pages

Trois grands fauves – Hugo BORIS

Je retrouve la plume si particulière de l’auteur, dans ce livre encore une fois différente.

Il a choisi de nous parler de personnalités plus vraies que nature, des ogres qui ont dévoré la vie et parfois leurs semblables, pour certains même la mort n’a pas voulu d’eux jusqu’au couperet final.

J’ai aimé que les histoires se répondent, j’ai cherché les détails communs (le vin, l’absence du père….).

Des personnages hors norme, dont il est bon de se rappeler qu’ils ont existé dans notre époque si politiquement correcte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la statue de Danton à Paris, l’une des deux seules à ne pas avoir été déboulonnée par les Allemands pendant l’occupation.

Pocket, 16 avril 2015, 192 pages

Opération porcelaine – Hugo BUAN

Quelle joie de retrouver le commissaire Workan au travail !

Son enquête l’emmène à Nantes (est-ce encore la Bretagne ?!) au Musée des Arts en pleine exposition de vaisselle chinoise antique.

Entre dans la danse son cousin (enfin, petit-cousin éloigné) qui prépare le casse du Musée avec 3 acolytes. Mais la Mafia chinoise s’en mêle, compliquant la résolution de l’affaire du meurtre du délégué chinois.

J’ai aimé retrouvé l’humour du commissaire et les situations ubuesques créées par l’auteur. Je ne m’en lasse décidément pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du lancer de vaisselle antique chinoise par les fenêtres du Musée, vaisselle sur laquelle tire le cousin de Workan : « Pull ! »

Editions du Palémon, 19 mai 2017, 280 pages

Je remercie Myriam des Editions du Palméon pour l’envoi de ce roman.

Kaboul express – Cédric BANNEL

Je retrouve avec plaisir le commandant Kandar et sa femme infirmière à Kaboul.

Cette fois-ci, l’enquête franco-afghane se déroule sur fond de terrorisme. L’occasion pour l’auteur de nous parler du fameux Kaboul express qui donne son titre au roman : une filière qui permet aux combattants européens de partir combattre au côté de l’EI.

L’auteur nous emmène également visiter l’Afghanistan : une région sous contrôle taliban et ses habitants vivant comme au Moyen Age et, à l’autre bout du pays, une tribu de nomades rattrapée par le progrès.

Le style est fluide et l’on poursuit les méchants à un rythme effréné malgré les embuscades. J’adore !

L’image que je retiendrai :

Celle du vent noir qui peut faire disparaître toute une tribu dans le désert afghan.

Lus sur Liselotte

Je remercie Netgalley et les éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce roman numérique.

Brutale – Jacques-Olivier BOSCO

Un personnage principal qui passe de l’autre côté de la barrière le temps de ses crises, ça change des enquêteurs dépressifs alcooliques.

Ce roman aurait pu donc être différent, mais il reprend tous les codes du roman policier français contemporain : courses de voiture, violence gratuite, descriptions des armes à quoi je ne comprends rien. Je le lis, mais souvent en avance rapide.

Pour ce qui est de l’enquête en elle-même, c’est plutôt bien vu : tout le monde est impliqué des corses aux tchétchènes, sans oublier les combats illégaux.

J’ai aimé qu’un des personnages qui apparaît rapidement s’appellent Mako, comme le personnage de Laurent Guillaume. Un clin d’oeil ?

Vous l’aurez compris, si j’ai passé un bon moment de lecture, ce roman ne restera pas mon préféré des polars français. Oncle Paul et l’auteur ont eu une belle discussion suite à l’avis mitigé de Paul.

L’image que je retiendrai :

Celle de la grosse moto de Lise.

Robert Laffont, 19 janvier 2017, 416 pages

Les filles au lion – Jessie BURTON

J’avais aimé Miniaturiste, mais quelque chose dans le style de l’auteure m’a paru poussif.

Je devais être dans une meilleure disposition d’esprit à la lecture de ce second roman, car j’ai réussi à me laisser porter par l’histoire (j’ai noté quelques tournures grammaticales étranges, mais pas de quoi me décourager).

J’ai aimé Odelle, arrivée de Trinidad à Londres en 1967 : le froid qu’elle ressent, la pluie, et son premier travail dans un magasin de chaussures.

J’ai aimé Quick, étrange femme au caractère versatile qui fait tout pour cacher son passé.

J’ai aimé Olive et Teresa, qui se débattent qui avec son frère, qui avec son amoureux engagé communiste dans les premiers affrontements de la Guerre d’Espagne.

Les parents d’Olive ne sont pas en reste : son père, marchand d’art allemand, et sa mère, anglaise sous médicaments elle aussi amoureuse du frère de Teresa.

J’ai aimé les descriptions des tableaux d’Olive, pleins de vie avec un vrai sens artistique (contrairement à ceux du frère de Teresa, de facture plus classique et bien ternes).

J’ai aimé que Teresa ose faire découvrir le talent des artistes qu’elle croise. Elle est, pour moi, le vrai personnage principal de ce roman. Je l’ai quitté à regret.

Sont également abordés par petites touches le racisme envers les personnes de couleur dans l’Angleterre des années 60-70 ; la passion de Peggy Guggenheim pour les oeuvres d’art ; les vernissages d’expositions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Teresa sur le bateau qui l’emmènera loin de son Espagne natale.

Gallimard, 9 mars 2017, 496 pages

La rentrée n’aura pas lieu – Stéphane BENHAMOU

Nous sommes fin août en France, et les autoroutes sont vides. Même Martine n’est pas rentrée de ses vacances.

Mandaté par son ministère, Michel est chargé de comprendre pourquoi. Il se rend donc à Moustiers, petit village des Alpes de Haute Provence, pour tenter d’analyser ce phénomène désespérant.

Sauf qu’il n’y a pas d’explications : les aoûtiens n’ont pas envie de rentrer, c’est tout.

J’ai aimé découvrir la désorganisation de la société qui en découlait ; les dirigeants qui cherchaient à comprendre et ceux qui voulaient employer la manière forte. Même le porte-parole de Mme Merkel intervient dans l’affaire.

Un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais qui m’a fait passer un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle des autoroutes vides de monde à la fin du mois.

Don Quichotte, 25 août 2016, 176 pages

Fils du feu – Guy BOLEY

Grasset, 24 août 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ?

Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.

Mon avis :

J’ai trouvé que ce roman commençait poussivement : trop de comparaisons à des légendes, des dieux, des grands hommes.

Et puis vient l’épisode de la mort des grenouilles, et là, le texte prend son envol pour nous conter une perte douloureuse.

Un récit magnifique et touchant sur le deuil et notre rapport à la mort.

Car même si l’homme a domestiqué le feu, il n’a jamais réussi à domestiquer la mort.

L’image que je retiendrai :

Celle du linge lavé à la main, étendu sur des fils, et qui est inlassablement souillé par les vents noirs.

Une citation :

« La force de forger des armures pour protéger l’adulte, ce roitelet débonnaire sommeillant sous l’enfance.«