Archives de catégorie : Auteurs en D

La fille d’avant – J.P. DELANEY

Ce très bon « Tuniraspastecoucher » anglais m’a redonné goût à la lecture.

Premier roman, l’auteur a déjà les codes du bon thriller psychologique : chapitres courts en alternance, personnages biens campés et intriguants, action prenante. Et le petit plus : une maison comme personnage à part entière.

L’auteur lance des fausses-pistes et sait faire rebondir le récit pour nous tenir en haleine.

Peu d’hémoglobine, mais du suspens encore et toujours.

Et puis le manipulateur n’est pas forcément celui que l’on croit, ni la fameuse fille d’avant du titre non plus…

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle du questionnaire distribué à chaque postulant pour la location de la fameuse maison. Ce questionnaire est repris en début de chaque partie du livre.

Quelques citations :

Ce qu’il y a d’étrange avec le chagrin, c’est cette façon qu’il a de vous sauter dessus au moment où vous vous y attendez le moins. (p.146)

Lu sur Liselotte.

Je remercie les Editions Fayard ainsi que Netgalley pour l’envoi de ce roman en avant-première.

Un jour on fera l’amour – Isabelle DESESQUELLES

Belfond, 12 janvier 2017, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

Elle, c’est Rosalie Sauvage. Lui, Alexandre.
Ils se rencontrent et aussitôt se perdent.
Ils sont aussi semblables qu’ils diffèrent l’un de l’autre et n’ont que vingt-quatre heures pour se retrouver. Après quoi la possibilité du bonheur sera à jamais derrière eux.
Ils sont leur première et dernière chance d’aimer.

Mon avis :

De l’auteure, j’avais beaucoup aimé Les âmes et les enfants d’abord, un texte fort et engagé. Ce roman-ci est différent, bien que l’on y retrouve le style si particulier d’Isabelle Desesquelles.

Avant de le commencer, je me disais : « encore un roman sur l’amour, bof.« 

Mais ce livre est plus que cela. C’est un livre qui nous parles des amours : l’amour difficile entre une mère et sa fille ; l’amour inconditionnel d’un père pour son fils ; l’amour dans un couple où arrive un enfant ; l’amour adultère impossible ; et bien sûr, l’amour coup de foudre.

Si le triangle amoureux ne m’a pas franchement parlé, j’ai beaucoup aimé l’analyse qu’en fait l’auteure.

Quel bel amour que celui du père d’Alexandre pour son fils : il lui a offert en plus l’amour du cinéma.

Quel magnifique coup de foudre improbable entre Rosalie et Alexandre, qui se croisent et se recroisent tout en se cherchant, mais sans jamais se rencontrer.

Faire l’amour n’est au fond pas si important ; le vivre est en revanche vital.

L’image que je retiendrai :

Celle du nom du cinéma du père d’Alexandre : le Rosebud.

Je remercie les Editions Belfond pour l’envoi de ce très beau roman d’une auteure que j’apprécie.

Vie et oeuvre de Constantin Eröd – Julien DONADILLE

Grasset, 13 janvier 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Yves Kerigny, jeune attaché culturel à l’ambassade de France à Rome au milieu des années 1990, fait la connaissance du prince héritier de Slovanie. Ce doux vieux monsieur, Constantin Erod, a avec lui des conversations charmantes, il est affable et attachant. A la suite des guerres yougoslaves. Constantin devient roi de Slovanie. Et c’est avec consternation qu’Yves découvre par les médias quel usage sanglant M. Erod fait de son pouvoir recouvré.

Quinze ans après ces événements, il est convoqué à l’ambassade de Slovanie à Paris pour y apprendre que son « ami » maintenant mort lui a légué un coffre. Que contient-il ? Qu’a été la vraie vie de Constantin Erod ? Celle d’un vieux monsieur exquis, ou celle d’un roi tyrannique ? Peut-on véritablement connaître les hommes ? Un roman tout en intrigues et en pièges, en sous-entendus et en mensonges, sur les postures et les impostures de la personnalité.

Mon avis :

Ce roman se déroule avec comme toile de fond la ville de Rome : le narrateur s’y promène souvent, nous faisant découvrir la ville et les saisons qui rythment sa vie. J’ai aimé ces promenades dans la ville éternelle.

Qui est vraiment Constantin ? Nous ne le saurons qu’à la toute fin du roman : ce fut une telle surprise !

Il est souvent fait référence à un poème de Gérard de Nerval. Constantin y glisse un document important.

Un roman que j’ai pris plaisir à lire, tentant de cerner le personnage du vieux monsieur érudit qui se prend d’amitié pour Yves.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bibliothèque personnelle de Constantin que Yves et sa collègue mettent plusieurs jours à vider.

Une citation :

« – Eh bien Michel-Ange, c’est pareil, la coupole de Saint-Pierre, c’est l’estocade qu’il porte à Rome et à l’architecture. Depuis, Rome n’est plus qu’un cadavre abandonné dans une arène, sanglant et putrescent. » L’image ne manquait pas de vérité. »

Brillante – Stéphanie DUPAYS

Mercure de France, 14 janvier 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, cadre marketting d’un groupe agroalimentaire, elle construit sa carrière avec talent. Dans son travail, elle a la confiance de ses supérieurs et gère des projets ambitieux. Sa vie privée est à l’avenant et le couple qu’elle forme avec Antonin, lui-même cadre dans la finance, renvoie l’image du bonheur parfait.

Mais soudain, Claire vacille. Au travail, celle dont on louait les qualités se sent peu à peu évincée, des nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l’évidence : c’est la disgrâce ! Elle est placardisée. La descente aux enfers commence…

Mon avis :

Ah, ces jeunes loups aux dents longues issus des meilleurs écoles de commerce…. Eh bien ils sont comme tout le monde : ils marchent à l’adrénaline, et quand celle-ci vient à manquer, ils flanchent.

L’auteure décrit avec finesse l’enfance et la montée en puissance de Claire, petite fille tombée amoureuse de Paris, et qui rêve d’y travailler, loin de sa province.

Le personnage de la soeur m’a intéressé, à l’opposée de Claire. Elle a l’air heureuse dans sa vie de petits boulots.

La descente aux enfers lors de la placardisation est très bien décrite : crises de panique, replis sur soi et besoin d’aller voir ailleurs.

Mais l’auteure dresse un constat amer : finalement, on ne se refait pas, et Claire retournera tête baissée dans l’arène (avec quelques ordonnances de cachets en plus). Impossibilité de changer de vie ?

L’image que je retiendrai :

Celle des nouvelles chaussures de Claire qui rendent jalouses sa boss. Le début de la fin pour le personnage.

Love story à l’Iranienne – DELOUPY

lovestoryaliranienneDelcourt, 13 janvier 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.

Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Mon avis :

Prix BD-STAS de la Fête du Livre de Saint-Etienne 2016

Cette BD est une sorte de documentaire sur la jeunesse amoureuse d’Iran. Les reporters se sont rendus dans les grandes villes du pays pour rencontrer des jeunes amoureux qui ont bien voulu leur parler des difficultés de leur relation.

Dans ce pays, ce sont les parents qui décident avec qui va se marier une jeune fille : il faut que l’homme ait un appartement et une voiture, au minimum.

Hommes et femmes n’ont pas le droit de se promener ensemble dans la rue, sauf si ils sont mariés.

Parfois, au fil de l’interview, les deux parties se rendent compte qu’elles ne sont pas d’accord sur pleins de sujets, car les couples n’ont aucun espace ni temps de parole ensemble.

Certaines jeunes femmes interviewées acceptent aussi cette situation et ne dédaignent pas devenir mère au foyer.

Une lecture qui interroge, d’autant que les parents de ces jeunes-gens ont tous manifestés pour la démission du Shah. Des années après, rien n’a changé.

L’image que je retiendrai :

Des témoignages vraiment différents et contrastés.

Être ici est une splendeur – Marie DARIEUSSECQ

etreiciestunesplendeurVie de Paula M. Becker

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

 » Paula Modersohn-Becker, née le 8 février 1876 à Dresde et morte le 21 novembre 1907 (à 31 ans) à Worpswede, est une artiste peintre allemande, et l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s’engagea dans des études de peinture et rejoignit les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, non loin de Brême, qui prônaient un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épousa le peintre Otto Modersohn. Le manque d’audace des peintres worpswediens, toutefois, la poussa à s’ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l’avant-garde artistique. Les quatorze courtes années durant lesquelles Paula Modersohn-Becker exerça son art lui permirent de réaliser pas moins de sept cent cinquante toiles, treize estampes et environ un millier de dessins. Son style, particulièrement original, est le fruit d’influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l’impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l’art japonais ou encore l’art de la Renaissance allemande. La force expressive de son oeuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du XXe siècle. Elle mourut prématurément à trente-et-un ans, des suites d’un accouchement. Jusqu’à aujourd’hui, elle reste assez peu connue au-delà des pays germanophones.  » Ce qui précède, c’est la fiche Wikipédia consacrée à l’héroïne du nouveau livre de Marie Darrieussecq. Bien sûr, cette biographie (nouveau territoire pour l’auteur de Il faut beaucoup aimer les hommes) reprend tous les éléments qui marquent la courte vie de Paula. Mais elle les éclaire d’un jour à la fois féminin et littéraire. Elle montre, avec vivacité et empathie, la lutte de cette femme parmi les hommes et les artistes de son temps, ses amitiés (notamment avec Rainer Maria Rilke), son désir d’expression et d’indépendance sur lesquels elle insiste particulièrement.

Mon avis :

Je ne connaissais pas cette peintre (mais il faut dire que je n’ai pas fait les Beaux Arts et que je ne connaissais pas non plus Charlotte avant de lire le roman de Foenkinos. Comme quoi, la lecture mène même à la peinture).

A travers les mots de l’auteure, je découvre la peinture d’une artiste allemande de la fin du 19e siècle : une artiste qui aimait peindre les corps nus, surtout les corps des femmes de sa région, ceux des paysannes épuisées par le travail et les enfants.

Grâce à la correspondance de l’artiste, l’auteure retrace le parcours de cette femme éprise de liberté et de Paris, amie de Rilke et de sa femme.

De plus en plus, les musées exposent les œuvres des femmes peintres, des rétrospectives leur sont dédiés. Les écrivains, homme ou femme, écrivent également sur ces peintres qui ont su peindre dans une époque où les femmes ne s’émancipaient que trop peu.

L’image que je retiendrai :

Celle du titre, bien sûr, si belle.

Ma cousine Rachel – Daphné DU MAURIER

cousine-rachelLe livre de poche, janvier 2012, 383 pages

Présentation de l’éditeur :

Philip, sans la connaître, déteste cette femme que son cousin Ambroise, avec lequel il a toujours vécu étroitement uni dans leur beau domaine de Cornouailles, a épousée soudainement pendant un séjour en Italie.

Quand Ambroise lui écrira qu’il soupçonne sa femme de vouloir l’empoisonner, Philip le croira d’emblée. Ambroise mort, il jure de le venger.

Sa cousine, cependant, n’a rien de la femme qu’imagine Philip. Il ne tarde pas à s’éprendre d’elle, à bâtir follement un plan d’avenir pour finir par buter sur une réalité de cauchemar.

Mon avis :

Une plongée dans l’Angleterre Victorienne et ses codes.

Pauvre jeune homme élevé par son tuteur, et qui ne connait rien des femmes. 

C’est pourtant devant ses yeux ! Mais non, quel benêt…

Une lecture dépaysante et dans le temps et dans la contrée, bien que la conclusion soit trop moralisatrice à mon goût.

De l’auteure, j’avais adoré Rebecca, et abandonné L’auberge de la Jamaïque. Voilà qui me réconcilie avec elle.

L’image que je retiendrai :

Celle du petit pont de bois qui attend Rachel dans le jardin en travaux.

Le gout du large – Nicolas DELESALLE

gout-du-largePréludes, 6 janvier 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

« Le temps : tout était là, dans ces cinq lettres, cette simple syllabe. J’allais soudain en être riche, ne plus courir après, le nez rivé sur l’ordinateur, le téléphone. Pendant neuf jours, j’allais devenir un milliardaire du temps, plonger mes mains dans des coffres bourrés de secondes, me parer de bijoux ciselés dans des minutes pures, vierges de tout objectif, de toute attente, de toute angoisse. J’allais me gaver d’heures vides, creuses, la grande bouffe, la vacance, entre ciel et mer. »

De l’inaccessible Tombouctou à la mélancolique Tallinn, entre une partie d’échecs fatale quelque part dans un hôtel russe et un barbecue incongru à Kaboul, des clameurs de la place Tahrir au fond d’un trou, dans l’Aveyron… C’est le roman d’une vie et de notre monde que raconte Nicolas Delesalle, le temps d’une croisière en cargo.

Mon avis :

Je n’ai pas du tout accroché à cette lecture. Son précédent roman Un parfum d’herbe coupée m’avait déjà moyennement convaincu, je l’avais trouvé trop haché.

C’est le même travers que je retrouve ici : des histoires qui se suivent sans liens, une narration trop chaotique pour me plaire.

Je ne me suis pas sentie en empathie avec le narrateur, et ses histoires n’ont suscité aucune émotion chez moi (suis-je un coeur de pierres ?….)

Un roman qui ne m’a pas donné le goût du large, contrairement à d’autres blogueurs plus convaincus.

Les âmes et les enfants d’abord – Isabelle DESESQUELLES

ames-et-enfantsBelfond, 14 janvier 2016, 96 pages

Présentation de l’éditeur :

A Venise, une femme rencontre celle qui n’a plus de corps, plus de face : la mendiante. Son âme engloutie par quelque chose de plus noir encore que les eaux de la Sérénissime : l’indifférence. L’une tient la main d’un enfant, l’autre tend la sienne vers un ciel aveugle. Il y a celle debout ; il y a celle à genoux. Immobiles toutes deux.

L’inhumanité est sous nos fenêtres, on peut ne pas la regarder en face, elle vous saute à la gueule. La vérité que contiennent ces 110 pages, vous la croisez à chaque coin de rue.

Mon avis :

La narratrice s’adresse à elle, Madame, ce tas de chiffons qu’elle a croisé un jour sur les marches de la Basilique Saint Marc, en face du café Florian. Son fils lui tenait la main, à hauteur de misère.

Depuis, elle ne cesse de penser à cette pauvreté dans nos rues, et nous parle de ce mendiant de la boulangerie qu’elle croise tous les matins.

Sans fards, sans langue de bois ni faux-semblants, la narratrice nous donne à voir cette pauvreté à hauteur d’enfant. Comment leur expliquer ?

La répétition de l’apostrophe à Madame donne un corps à cette pauvreté.

La narratrice convoque également les pages de Victor Hugo et les sonnets de Baudelaire.

Une lecture qui vient nous démanger dans notre quotidien.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice appelant sébile un gobelet McDo.

Mercis à Yv et Sylire pour ce conseil de lecture.

Les animaux sentimentaux – Cédric DUROUX

animaux-sentimentauxBuchet Chastel, 11 mai 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

Olivier, son addiction au sexe sur Internet, ses phobies et ses TOC ; David, son besoin d’exister par les rencontres très réelles qu’il fait dans les bars gays ; Lily la londonienne, l’amie et la confidente, en passe de changer radicalement de vie ; Samuel, qui a bien besoin de son ami imaginaire Anthony pour supporter la réunion familiale autour de l’enterrement du grand-père…

Quelle forme prennent les sentiments dans un monde hyperconnecté ? Quels sont les bouleversements intimes, familiaux qu entraîne un coming-out ? Entre vie fantasmée et vie vécue, entre son milieu d’origine et la famille d’élection que constituent les amis, comment trouver sa place ?

Les Animaux sentimentaux livrent une version contemporaine de l’éternelle question des rapports entre sexe et amour. Un roman générationnel qui navigue entre le réel et la fiction, le français et l’anglais, et où l’on croise aussi bien David Bowie que le lapin d’Alice.

Une forme de sentimentalité sans mièvrerie, de mélancolie festive qui rappelle l’univers des Chroniques de San Francisco… et compose une vibrante ode à l’amitié.

Mon avis :

Dès les premières pages, on révise son anglais et on entre dans l’univers du sexe homosexuel masculin sur internet.

Les personnages, trop éloignés de moi et tourné uniquement vers leurs préoccupations ne m’ont pas passionnés. Je me suis sentie en complet décalage avec cette génération.

Les scènes de sexe sont assez suggestives pour me faire m’interroger : ce roman n’a pas été publié par une maison d’édition érotique. Il y aurait eu toute sa place.

Voilà pourquoi cette lecture participe au RDV mensuel de Stéphie.

Mardi-c-est-permis

Je remercie Babelio et la maison d’édition Buchet Chastel pour l’envoi de ce roman dans le cadre de l’opération Masse Critique.