Archives de catégorie : Auteurs en E

Danser – Astrid ELIARD

Ils ne rêvent que de cela, les trois petits rats tout juste entrés à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris : Chine, Delphine et Sébastien. Ils ont la danse dans le corps, malgré les exercices sans fin et les muscles qui crient grâce.

Tous les trois sont issus de milieu sociaux-culturels et de régions différentes, mais tous ont réussi à intégrer cette prestigieuse école qui forme aussi des élèves étrangers.

Petit à petit se noue une amitié sans rivalité autour de Delphine qui sait si bien nouer des contacts, Chine étant plus discret et Sébastien le trublion de la bande.

J’ai aimé suivre ces trois enf-adolescents lors de leur première année : leurs questionnements sur leur passion de la danse, mais aussi les amitiés perdues avec ceux restés chez eux ; la découverte du corps de l’autre, leurs premiers émois et leurs premières amours.

Des adolescents attachants malgré la pression sur leurs frères épaules.

L’image que je retiendrai :

Celle des parents des trois enfants qui ne comprennent pas cette passion frénétique et cette envie incessante de danser.

Mercure de France, 11 février 2016, 184 pages

Hortense – Jacques EXPERT

hortenseSonatine, 9 juin 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec son ex-mari, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.  » Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. « 

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Mon avis :

Encore une fois, l’auteur a été plus fort que ma perspicacité légendaire, et je me suis faite avoir jusqu’au bout. Qui plus est en lisant que ce roman était tiré d’un fait divers. Brrrrr……

Une écriture efficace et sans chichis ; des fausses pistes ; des personnages bien campés mais au passé si trouble. Tout est là.

J’ai vraiment passé un agréable moment à me torturer l’esprit pour tenter de deviner qui disait la vérité.

Vivement le prochain !

L’image que je retiendrai :

Celle du doudou d’Hortense, que sa maman garde toujours dans sa chambre, abîmé à force d’être tripoté par cette dernière.

Envoyée spéciale – Jean ECHENOZ

envoyeespecialeLes Editions de Minuit, 7 janvier 2016, 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s’occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l’empêcher d’accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n’est pas toujours très bien organisé.

Mon avis :

De l’auteur, je n’avais rien lu (honte à moi).

Je suis agréablement surprise par le style, exigeant. L’histoire ne m’a intéressée que dans la troisième et dernière partie, mais je n’ai pas boudée mon plaisir de lire une telle prose.

Ironie, flegme et sens de l’absurde, tout y est.

Un moment de lecture intelligent.

L’image que je retiendrai :

Celle de la perceuse, accessoire qui interviendra régulièrement dans le récit.

Les avis beaucoup plus développés de Sylire, Jostein, Clara et Yv.

Mémoire de fille – Annie ERNAUX

memoire-de-filleGallimard, 1 avril 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

«J’ai voulu l’oublier cette fille. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue».

Dans Mémoire de fille, Annie Ernaux replonge dans l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme, à la colonie de S dans l’Orne. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur son existence durant deux années. S’appuyant sur des images indélébiles de sa mémoire, des photos et des lettres écrites à ses amies, elle interroge cette fille qu’elle a été dans un va-et-vient implacable entre hier et aujourd’hui.

Mon avis :

Quelle plongée dans l’adolescence m’a offert l’auteure : l’âge pendant lequel on doit faire des choix pour son avenir ; ce moment pendant lequel on cherche absolument à appartenir à un groupe.

Mais Annie n’appartient à aucun monde : ni celui des monos de camp de vacances, ni celui des filles huppées du lycée. Qu’importe, elle se découvre peu à peu, s’émancipant de sa famille en douceur. Reviendront alors son « sang » et son appétit.

L’auteure explore également son rapport à l’écriture, ainsi que son rapport au passé. Retourner sur les lieux des événements ne lui apporte rien, et pourtant elle cherche souvent des traces des personnes qui ont croisé sa route à cette époque.

Tout au long de ma lecture, j’ai senti l’auteure apaisée.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’adolescente calquant ses vêtements et ses études sur ceux de cette femme du camp de vacances, tentant de lui ressembler.

Les assassins – R.J. ELLORY

lesassassinsLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Sur dix-huit mille assassinats par an aux États-Unis, seulement deux cents sont le fait de tueurs en série. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne songe à faire un lien entre eux. Personne, sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et obsédé par les serial killers, celui-ci découvre en effet que ces meurtres ont été commis à la date anniversaire d’un meurtre ancien, œuvre à chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon des procédures rigoureusement identiques jusque dans les moindres détails. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs et leur rend ainsi un funèbre hommage ? En compagnie de Karen Langley, une journaliste du City Herald, et de Ray Irving, détective du NYPD, John va se livrer à la traque de cet assassin très particulier, à l’intelligence aussi fulgurante que morbide et à la virtuosité impressionnante.

Mon avis :

Une lecture étrange, dans laquelle aucun indice ne permet d’identifier le coupable, juste un affreux doute sur Costello.

Le propos de l’auteur porte surtout sur les tueurs en série : descriptions de leurs crimes avec les dates. C’est intéressant, mais l’auteur m’avait habitué à mieux.

Irving est touchant qui ne sait pas comment se comporter avec le journaliste.

Beaucoup de détails, de pages noircies. Pas inintéressant, mais pas le meilleur de l’auteur.

L’image que je retiendrai :

Celle du Marteau de Dieu, le serial killer qui ouvre et clôt le roman.

Une expression :

Treeware, le terme que les geeks emploient pour désigner les documents en papier.

Papillon de nuit – R.J. ELLORY

papillondenuitLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Après l’assassinat de Kennedy, tout a changé aux États-Unis. La société est devenue plus violente, la musique plus forte, les drogues plus puissantes. L’Amérique a compris que si une puissance invisible pouvait éliminer leur président en plein jour, c’est qu’elle avait tous les pouvoirs.

C’est dans cette Amérique en crise que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Vernet, son meilleur ami.

Nous sommes maintenant en 1982 et Daniel est dans le couloir de la mort. Quelques heures avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air.

Mon avis :

C’est apparemment le premier roman écrit par l’auteur. J’y retrouve ce tique d’écriture qui m’agace chez lui : je vous préviens régulièrement qu’il va se passer quelque chose. Assez pour m’agacer, mais pas assez pour me faire abandonner.

Le personnage principal se laisse porter par les événements : il devient ami avec un noir en Caroline du Sud dans les années 50 ; il le suit quand celui-ci veut échapper à la conscription pour la guerre du Vietnam. Il se retrouve emprisonné dans le couloir de la mort sans vraiment s’être défendu. Danny est donc un vrai naïf.

Mais l’auteur sait tenir son lecteur : histoire racontée au compte goutte ; « révélations » sur les morts de JFK et de son frère ainsi que sur le KKK.

Et bien sûr, le papillon de nuit et sa destinée tragique qui revient en leitmotiv.

Monsieur Ellory, je vous aime !

L’image que je retiendrai :

Celle d’Eve Chantry, vieille sorcière de la ville qui racontera le destin tragique de sa fille et son mari aux deux garçons. Un passage bouleversant.

Made in China – J.M. ERRE

madeinchinaBuchet Chastel, 13 mars 2008, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Et il a raison. Quelle ne sera pas ta surprise, lecteur, en découvrant que Toussaint vient de Chine. Quelle a pu être la réaction de ses parents le découvrant à l’orphelinat de Chengdu ? Les Legoupil ont fait des milliers de kilomètres, ils ont attendu plus de trois mois sur place. Ils croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et c’est Toussaint qui apparaît.

Or il n’a rien d’un Asiatique. Il est noir. Type africain évident. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

Mon avis :

J’ai encore passé un agréable moment en compagnie des personnages loufoques que l’auteur nous propose dans ce roman.

Si je n’ai pas autant apprécié que les précédents, je n’ai toutefois pas boudé mon plaisir, et j’ai souris à certains passages.

Cette fois-ci, l’auteur parodie les manuels du « Savoir écrire un roman » sensés nous donner de bonnes pistes pour composer un chef d’oeuvre.

L’image que je retiendrai :

Celle de la parodie d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick par un de ses personnages ne cessant de répéter : « C’est booon les gauuufres ! »

La fin du monde a du retard – J.M. ERRE

findumondeBuchet Chastel, 13 février 2014, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité.

Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.

Mon avis :

J’ai encore passé un excellent moment de lecture grâce à cet auteur intelligent aux jeux de mots qui font mouches à chaque fois.

Une lecture qui se déguste comme une bonne glace dont on ne voudrait pas voir la fin, délicieuse à chaque bouchée.

Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans le monde paranoïaque des théoristes du complot.

Un auteur que je retrouverai avec plaisir, car il ne m’a encore jamais déçu.

L’image que je retiendrai :

Celle de Julius ratant à chaque fois son baiser avec Alice.

Le grand n’importe quoi – J.M. ERRE

grandnimportequoiBuchet Chastel, 11 février 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

L’action se déroule le samedi 7 juin 2042, à 20h42.

Durant cette minute qui n’en finit jamais, de nombreux personnages vont se croiser dans les rues d’un petit village de la campagne française après l’apparition d’une soucoupe volante et la tentative d’enlèvement d’un villageois par des extraterrestres.

Parmi eux, on suivra notamment le destin de : Lucas, un réfugié monégasque qui n’aurait jamais dû se rendre avec sa future ex-fiancée à une soirée costumée pleine de culturistes ; Alex, un auteur de science-fiction en panne d’inspiration qui n’aurait jamais dû ouvrir sa porte à Marilyn Monroe ; le Grand Joël, auteur de L’Incroyable Révélation, un modeste essai qui apporte une réponse définitive aux plus grands mystères de l’univers ; Madeleine, maire du village et conceptrice d’une technique imparable pour échapper aux angoisses existentielles ; Bob et Douglas, les philosophes du bar local, qui commentent l’action avec l’ampleur lyrique d’un ch ur antique (ou presque) ; et, en guest star, Alain Delon, dans un rôle inédit.

Mon avis :

De l’auteur, j’ai aimé tous les romans que j’ai lu (tous sauf un). J’aime son univers décalé et son humour travaillé, plein de petits détails de langage jubilatoire.

Même si je ne suis pas fan de science-fiction, l’auteur a réussi à m’emmener dans son histoire invraisemblable.

Et là ou l’auteur fait fort, c’est quand il nous parle, à travers ses personnages, de physique quantique et du chat de Schrödinger. J’ai entrevu un début de compréhension, bien que cette question tienne plus de la philosophie, à mon avis, que de la science dure.

J’allais oublier les Malgaches qui ont racheté toutes les grosses entreprises planétaires. Ainsi, McDonald est devenu MalagMcDo. Entre autre.

L’auteur publie avec régularité un roman tous les deux ans. Je prends donc RDV pour 2018.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux alcooliques devant leur boisson et leurs cacahouètes venant à manquer, se demandant si le chat est encore vivant dans le carton…..

Deux gouttes d'eau – Jacques EXPERT

gouttes-eau

Sonatine, 22 janvier 2015, 330 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, massacrée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences.

Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau…

Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de cet auteur que j’avais découvert avec La femme du monstre il y a quelques années (et qui, à mon avis, reste son meilleur).

L’action se déroule entre les murs du commissariat de police où Laforge, que l’on devine colérique et emporté, tente de faire craquer le suspect. Mais il tombe sur plus fort que lui.

L’histoire des jumeaux, depuis leur conception jusqu’à l’âge adulte nous est contée en courts chapitres qui s’intercalent dans la narration principale.

Dans ce roman, même les personnages du côté de la loi ne sont pas des gentils, et les méchants jouent sur toute la palette des sentiments pour attendrir leur prochain.

Bref, un roman que l’on ne lâche pas, mais qui nous laisse tout de même en pleine incertitude…..

L’image que je retiendrai :

Celle de la pluie qui tombe sans interruption pendant cette nuit de garde à vue.