Archives de catégorie : Auteurs en G

Vera – Karl GEARY

Un amour qui aurait dû être impossible entre un jeune homme et une femme mûre.

Entre un jeune homme pauvre qui compte chaque penny et une femme de la bourgeoisie.

Entre un jeune homme à l’avenir devant lui et une femme cloîtrée dans son passé tragique.

J’ai aimé que Sonny découvre la littérature chez Vera par hasard. Qu’il se rende au Musée parce qu’elle y travaillait.

J’ai moins aimé les trop longues descriptions des silences familiaux.

J’ai aimé les pages d’amour entre Sonny et Vera.

Toutefois, j’ai vraiment regretté que cette histoire d’amour centrale dans le roman ne commence réellement qu’au 3/4 du livre. Même si il faut mettre le cadre en place, j’ai trouvé cette exposition trop longue.

Et puis le style ne m’a pas permis de rentrer pleinement dans le roman : l’auteur utilise le « tu » pour parler de Sonny. Et cela a plutôt joué comme un repoussoir.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sharron, l’amie de Sonny qu’il retrouve tous les jours assise sur sa pierre préférée.

Rivages, 30 août 2017, 276 pages

Les avis plus enthousiastes de Léa Touch Book et Cannibales Lecteurs

Un loup pour l’homme – Brigitte GIRAUD

Nous ne découvrirons qu’à la fin du roman pourquoi l’animal est important dans cette histoire. En attendant, l’auteure nous parle d’un autre loup pour l’homme : lui-même.

Le récit a lieu pendant les Evénement d’Algérie (ah, ah, ah). Nous suivons Antoine, jeune appelé qui choisi de devenir infirmier, et sa femme Lila tout juste enceinte qui choisi de le rejoindre à Sidi-Bel-Abbès avant la naissance de leur enfant.

A l’hôpital où il travaille, Antoine se prend d’amitié pour Oscar, appelé amputé d’une jambe qui ne parle pas.

J’ai aimé découvrir les paysages algériens si beaux sous la plume de Brigitte GIRAUD. Mais aussi les récits auvergnats qu’Antoine fait à Oscar et l’omniprésence du genêt.

J’ai aimé la guerre telle que décrite par l’auteure : les corps qu’Antoine soignent ; les appelés et jamais les militaires, la torture qui fait son apparition sans jamais être nommée.

J’ai aimé l’innocence de Lila qui ne comprend rien à ce conflit, se liant d’amitié avec sa femme de ménage.

Enfin, j’ai aimé la fable du loup finale.

Merci, Mme GIRAUD, l’Algérie est si belle dans votre roman, et les hommes si humains et perdus.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Antoine luttant contre les cafards à son arrivée à l’hôpital, sorte de rite de passage. Il doit faire soigner son dos par un camarade.

Flammarion, 23 août 2017, 245 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

« Je me promets d’éclatantes revanches » – Valentine GOBY

Je découvre avec ce texte Mme Charlotte Delbo, une femme engagée, déportée à Auschwitz puis Buchenwald. Son décès d’un cancer des poumons.

J’ai aimé l’analyse de Valentine Goby sur l’écriture de Charlotte : non pas pour dire l’expérience des camps, mais comme un hymne à la vie. Une écriture poétique qui dit la faim, fait sentir la soif.

Lecteurs, nous savons tout ce que nous apporte un texte littéraire fort ; l’auteure nous éclaire ici sur ce qu’apporte l’écriture en elle-même.

Un texte fort, à part, un livre-hérisson. Une merveille de cette rentrée littéraire.

Quelques citations :

« Lire a été non une quête d’exotisme mais une entreprise d’excavation : la révélation de ce qui me relie intimement au monde ; me coule dans sa respiration ; me fait une semblable. » (p.41)

« Je savais que j’oublierais puisque c’est oublier que continuer à respirer. » (p.64)

« Là-bas, j’ai été sûre qu’une langue n’est pas ajustable à toute réalité. » (p.78)

« je suis Charlotte Delbo, je suis vivante et j’aime ça. » (p.110)

A propos des camps : « On ne revient pas meilleur. On n’est augmenté que d’effroi. La déportation est une perte sèche. » (p.158)

L’Iconoclaste, 30 août 2017, 178 pages

De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles – Jean-Michel GUENASSIA

Encore un roman qui contient dans son titre le nom de l’artiste androgyne et qui nous parle….. de la famille.

Celle-ci est très moderne : deux femmes – Lena et Stella – élèvent Paul à la silhouette efféminée, le narrateur.

Si j’ai aimé Lena et son caractère bien trempé de râleuse tatoueuse pour femmes en Harley Davidson, je dois avouer que le personnage de Paul m’a ennuyé.

J’ai trouvé étrange que ce jeune homme qui jamais ne pose de questions sur son père se mette soudain en fin de récit à sa poursuite.

Le roman tourne autour du personnage de Paul, jeune homme que j’ai trouvé un peu falot à mon goût.

Je pense qu’il ne me restera pas grand chose de ce roman dans quelques mois.

L’image que je retiendrai :

Celle de la rencontre entre Lena et le fameux M. Bowie.

Albin Michel, 23 août 2017, 336 pages

Rouge armé – Maxime GILLIO

RFA, RDA, RAF : le roman nous plonge à la fois dans les années révolutionnaires de la Fraction Armée Rouge, de la construction du Mur de Berlin, mais aussi de la fin de la Guerre de 39-45 et du retour au pays des Sudètes.

L’auteur décrit le difficile retour en Allemagne des Sudètes : ces allemands partis s’installer en Bohème et Moravie et qui, à la fin de la Guerre de 39-45 ont été chassé et leur retour en Allemagne imposé, avec violence et passage par des camps qui ressemblaient grandement aux camps de déportation.

A cette première histoire se mêle une histoire secondaire : celle d’une jeune femme est-allemande qui décrit la partition de son pays en deux nations, son passage à l’Ouest puis son retour à l’Est.

Enfin, troisième récit imbriqué, celui de la naissance de la Fraction Armée Rouge, de sa doctrine, des attentats commis et du devenir de ses membres.

Un roman riche historiquement qui jamais ne perd son lecteur.

Si l’aspect policier du roman m’a moins parlé, j’ai aimé me plonger dans ce passé allemand que je connais peu.

Qui plus est, l’auteur m’avait indiqué, lors de sa dédicace aux Quais du polar, qu’il avait écrit une partie du roman après avoir découvert le passé trouble de sa belle-maman.

L’image que je retiendrai :

Celle du train ramenant les Sudètes à Berlin et traversant une ville en ruine.

Ombres noires, 2 novembre 2016, 347 pages

Les cosmonautes ne font que passer – Eliza GUEORGUIEVA

Quand on a un grand-père vrai communiste et des parents qui diffusent une radio interdite dans la Bulgarie des années 70-80 ; quand on est une fille et que l’on rêve d’être cosmonaute comme Iouri Gagarine ; quand votre meilleure amie préfère jouer avec ses Barbies envoyées par sa mère de Grèce ; pas étonnant qu’avec la chute du Mur de Berlin chute aussi votre enfance.

Avec beaucoup de détachement et un brin d’humour, la narratrice qui se dit « tu » nous raconte comment la société bulgare perd peu à peu pied.

J’ai aimé suivre l’évolution de la narratrice, vouant une admiration sans borne à Kurt Cobain une fois que sa passion pour Iouri se fut éteinte.

Une lecture qui ne me restera pas forcément longtemps en mémoire, mais qui m’a fait passer un bel après-midi.

L’image que je retiendrai :

« Tu couvres ton sac d’épingles à nourrice. Enfin, tu détaches la chaîne de la chasse d’eau et tu l’accroches sur le côté du pantalon, en signe de désobéissance, ce qui lance, d’une part une nouvelle mode dans ton collège, et d’autre part un problème sanitaire dans le quartier. » (p.111-112)

Mercis Keisha et Clara pour cette très bonne idée de lecture.

Verticales, 25 août 2016, 184 pages

Un paquebot dans les arbres – Valentine GOBY

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 268 pages

Présentation de l’éditeur :

À la fin des années 1950, Mathilde, adolescente, voit partir son père puis sa mère pour le sanatorium d’Aincourt. Commerçants, ils tenaient le café de La Roche-Guyon. Doué pour le bonheur mais totalement imprévoyant, ce couple aimant laisse alors ses deux plus jeunes enfants dans la misère. Car à l’aube des années 1960, la Sécurité sociale ne protège que les salariés et la pénicilline ne fait pas de miracle pour ceux qui, par insouciance, méconnaissance ou dénuement ne sont pas soignés à temps. Petite mère courage, Mathilde va se battre pour sortir ceux qu’elle aime du sanatorium, ce grand paquebot blanc niché dans les arbres, où se reposent et s’aiment ceux que l’enfance ne peut tolérer autrement qu’invincibles.

Mon avis :

Je retrouve la plume de Valentine Goby, parfois sèche, mais avec un tel pouvoir d’évocation.

L’enfermement, cette fois-ci, est celui de la misère. Celle des années 50-60 en France, sans protection sociale encore balbutiante.

La générosité des parents jamais récompensée ; le dévouement jusqu’à l’extrême de la seconde fille qui cherche inlassablement le regard du père qui jamais ne viendra.

La mère, amoureuse aveugle de son mari ; la fille aînée qui se protège en s’éloignant et construisant sa propre famille.

Et puis l’argent qui manque, tout le temps ; la maladie, insidieuse et silencieuse, qui finit par marquer le corps, et le détruire.

Une plongée dans les années 50-60, où l’on buvait jusqu’à plus soif, où l’on fumait dans un sanatorium même avec un poumon en moins.

J’ai aimé retrouver les pointes de couleur jaune dans le texte, celles qui ont sauvé Mathilde quand elle n’avait plus rien à manger, et qui ont sauvé son premier emploi.

Le paquebot, lui, m’a moins parlé : trop peu présent physiquement, sans doute.

En revanche, j’ai trouvé les Evénements d’Algérie trop présent en fin de roman. Une comparaison un peu trop appuyée à mon goût.

Il n’en demeure pas moins que je lirai les prochains romans de cette auteure qui sait créer un univers différent à chaque roman tout en continuant de nous parler du corps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison familiale que Mathilde habite de nouveau malgré les scellés.

L’odeur de la forêt – Hélène GESTERN

lodeurdelaforetArléa Editions, 25 août 2016, 700 pages

Présentation de l’éditeur :

Une correspondance incomplète, des clichés clandestins, un journal codé, voilà les premières cartes du jeu de patience que va mener Elisabeth Bathori, une historienne de la photographie, et qui l’emmènera bien plus loin qu’elle ne le pensait.

Car L’Odeur de la forêt est une traversée de la perte, à la recherche des histoires de disparus, avalés par la guerre – la Première puis la Seconde Guerre mondiale -, le temps et le silence. Mais ce roman ample, prolifique, multiple, célèbre aussi et surtout la force inattendue de l’amour et de la mémoire, lorsqu’il s’agit d’éclairer le devenir de leurs traces : celles qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants.

Mon avis :

Un pavé, du papier fin, des descriptions sur les petits riens qui font la vie, ce roman demande du temps pour le lire.

L’auteure mêle habillement l’histoire de son personnage principal Elisabeth (ses peines, ses amours) avec l’Histoire (celle des poilus).

Bien sûr, il est question d’amours : Elisabeth est veuve mais ne sait pas où est enterré son aimé à cause de son ex-femme ; le triangle amoureux de 1914 n’est pas celui que l’on croit ; un amour rejeté conduit Tamara à sa déportation.

Le personnage principal tente de redonner vie à un poète disparu ; l’auteure du roman redonne vie à Tamara, sous un autre nom (l’auteure l’explique en fin de volume).

Il est également question de la Guerre des Tranchées, racontée par le photographe et ami du poète depuis le front.

Il est question de l’Honneur rendu à des Poilus accusés à tord.

Il est question de legs qui enchantent ou plombent nos vies.

L’image que je retiendrai :

Celle de la forêt en bordure de la maison d’Elisabeth pleine de pièges à loups.

Une citation :

« Pour un nom dont on se souviendra, pour une Tamara Isserlis rescapée de l’oubli, combien d’autres, perdus à jamais ? Ce livres est né du désir de tresser des histoires de disparus, avalés par la guerre, le temps, le silence. De raconter le devenir de leurs traces, qui éclairent, mais aussi dévorent les vivants. »

Delta Charlie Delta – Laurent GUILLAUME

deltacharliedeltaFolio, 15 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme violée, mutilée et laissée pour morte dans un parking désaffecté, un drogué qui se serait suicidé, des dealers assassinés. . .

Réunis par les circonstances et un même sentiment de solitude, le major Mako de la BAC de nuit et la capitaine Marie Auger de la PJ décident de faire alliance. Très rapidement, leurs enquêtes respectives vont les entraîner dans les bas-fonds de la ville, au coeur de l’inimaginable.

Mon avis :

Si j’ai aimé la première enquête de Mako, je dois avouer que celle-ci m’a moins passionnée.

Disons-le tout de suite : il manque le personnage qui faisait tout le sel du précédent récit, alias papa et ses sorties drôles et toujours inattendues.

Le personnage d’Angy m’a paru peu fouillée : une ado qui s’attache à un flic aussi rapidement, trop facile. Marie, en revanche, a une vraie épaisseur.

La fin en happy-end m’a fait me demander si l’auteur ne voulait pas se débarrasser de son personnage….

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien de Mako qui s’attachent très rapidement à Angy. Un peu too much dans le côté Bisounours.

De force – Karine GIEBEL

deforceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Elle ne m’aimait pas.
Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet.
Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces.
De force.
Mais on n’aime pas ainsi.
Que m’a-t-elle donné ?
Un prénom, un toit et deux repas par jour.
Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu.

Mon avis :

En refermant ce roman, je me demande si l’auteure elle-même ne l’a pas écrit De force : beaucoup de délayages, de redites, et une fin décevante.

J’ai tout de même aimé la valse-hésitation pour tenter de deviner qui est le coupable : j’en suis venue à soupçonner tout le monde.

J’ai aimé que l’auteure nous parle de l’amour familial, celui qui ne se commande pas ni ne s’achète, que l’on ne peut obtenir de force.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine de la propriété vers qui converge tous les regards.