Archives de catégorie : Auteurs en H

La fille du train – Paula HAWKINS

Je comprends maintenant l’engouement qu’à suscité ce roman à sa sortie : c’est un excellent tuniraspastecoucher.

Un personnage principal (la fille du train) en prise avec son addiction à l’alcool ; son ancien mari qui n’arrive pas à lui faire rompre le lien ; une jeune femme disparue mystérieusement ; un psy un peu louche ; un mari abandonné suspect ; des policiers pas très coopératifs. Une belle galerie de personnages tous plus suspect les uns que les autres.

Le style n’est jamais verbeux, et les pages défilent et vous attirent à la recherche du coupable.

L’auteure prend plaisir à brouiller les pistes et à nous faire suspecter tout le monde tour à tour jusqu’à la révélation finale.

Je ne manquerai pas de lire le roman suivant de l’auteure qui vient de sortir, en espérant qu’il soit tout aussi bon.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’intérieur des maisons anglaises toutes identiques.

Sonatine, 7 mai 2015, 378 pages

Conclave – Robert HARRIS

Je découvre l’auteur ultra-connu avec ce roman.

Le sujet me tentait : entrer dans l’intimité d’un conclave, et je n’ai pas été déçue.

Si j’ai eu un peu de mal au départ avec les noms des différents protagonistes pour repérer qui était qui, j’ai très vite été prise par l’ambiance et le suspens.

J’ai aimé le personnage principal, Lomeli, dont le nom m’a fait sourire. Très bienveillant, il cherche à découvrir la vérité au milieu de menteurs patentés (oui, les Cardinaux peuvent mentir pour devenir Pape).

J’ai aimé le cardinal dernier arrivé Benitez (un nom non dénué d’humour lui aussi), même si le détail qui fait comprendre son identité m’a sauté aux yeux. Il reste une énigme jusqu’à la fin.

J’ai appris foule de détails sur les bâtiments du Vatican ainsi que sur le protocole et les vêtements sacerdotaux.

Un roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des cachettes dans le lit du Pape décédé.

Editions Plon, 1er juin 2017, 356 pages

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman passionnant en avant-première.

A toi demain – Hervé HUGUEN

Je retrouve avec plaisir le commissaire Baron (découvert dans Le cimetière perdu) qui ne se fie pas aux apparences. Toujours aussi taiseux, il décide de reprendre une enquête après l’acquittement en deuxième instance du présumé coupable.

L’auteur est avocat de profession et passionné de faits divers, et cela se sent dans son écriture : nous suivons le commissaire dans sa découverte et l’exploitation de la scène de crime ; mais aussi le déroulement d’une audience et le public qui y assiste.

Le récit est parfois un peu répétitif et j’ai regretté de ne pas prendre un bon bol d’air breton, mais le contexte et l’atmosphère ne s’y prêtaient pas.

J’ai aimé la conclusion de l’auteur : même 15 ans après, la roue tourne toujours et la mort n’est pas loin. Même si le doute sur l’identité du meurtrier subsiste.

L’image que je retiendrai :

Celle de la maison de la vieille dame, figée dans le souvenir.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 280 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

La prophétie de l’abeille – HIGASHINO Keigo

Ancien roman de cet auteur que j’apprécie beaucoup, il est le dernier qu’il me reste à lire de lui.

Et j’ai bien fait de ne le lire qu’en dernier : quel pensum !

Si j’ai lu au départ toutes les descriptions sur les différents types de centrale nucléaire au Japon, j’ai vite abandonné ces passages. Et ils sont très nombreux dans le roman.

Ne m’a intéressé que l’enquête pour connaître le coupable. Un coupable bien fade.

Pas le meilleur de l’auteur, loin de là. J’irai même jusqu’à dire que c’est une lecture dont on peut se passer.

Actes Sud, 27 avril 2013, 384 pages

Dans la forêt – Jean HEGLAND

Le nature-writting ce n’est pas mon truc, ni les romans post-apocalyptique, d’habitude. Pourtant, cette lecture a été un coup de coeur.

Dans une maison californienne située à l’orée d’un bois, deux jeunes filles et leur papa tentent d’organiser leur vie sans électricité (elle a disparu peu à peu), puis sans pétrole (il n’y en a plus non plus). Coupés du monde, le père garde pourtant espoir que la vie reprendra son cours.

Mais tout ne se passe pas tout à fait comme prévu.

Si Eva aime danser et ne pense qu’à ça, Nell prépare son examen d’entrée à Harvard. Mais la nécessité de manger les pousse à cultiver le potager et le verger, à faire des bocaux pour l’hiver.

Ce roman pourrait paraître ennuyeux, mais il n’en est rien, car il y a toujours une nouvelle difficulté qui attend les personnages.

Petit à petit, l’atmosphère devient plus lourde, la situation plus désespérée. Sans oublier les cauchemars de Nell.

J’ai aimé le mantra de la mère qui poursuit encore les filles longtemps après : « ta vie t’appartient« .

J’ai aimé Eva qui danse, encore et toujours, malgré les deuils et sans musique.

J’ai aimé l’ingéniosité dont les filles font preuve pour survivre, leur lien à la nature qui se tisse peu à peu, mais aussi leurs coups de blues.

Une lecture marquante. Un coup de coeur.

L’image que je retiendrai :

Celle des plantes médicinales que Nell apprend à connaître pour soigner sa soeur.

Quelques citations :

J’avais appris que l’envol et le frisson valaient la peine d’avoir eu peur. (p.62)

Tout ce qui nous menace, ce sont les souvenirs, tout ce qui me fait souffrir, ce sont les regrets. (p.68)

Mais que je le touche ou que je m’enfuie, que je rêve ou que je sois éveillée, le jour de son anniversaire ou n’importe quel autre jour, ma vie entière est contaminée par le fait qu’il est mort. (p.97)

Lu sur Liselotte

La lumière de la nuit – HIGASHINO Keigo

L’action se déroule sur deux décennies depuis le meurtre initiale jusqu’au dénouement de l’histoire.

Nous suivons ainsi les personnages principaux, même si certains jouent à cache-cache. Un, en particulier, qui trempe dans des affaires louches de copies de jeux vidéos (le premier Mario Bross) puis de piratage informatique.

L’enquêteur Sasagaki ne lâche pas l’affaire, même en retraite. Grâce à lui, nous découvrirons le fin mot de l’histoire.

Et puis il y a la mystérieuse et envoûtante Yukiho, d’abord petite fille puis femme d’affaire accomplie. Toutefois, autour d’elle, il arrive de drôles de choses à ses rivales.

Pas de sang, pas de violence, mais une bien sombre histoire de moeurs.

Monsieur Higashino, merci beaucoup pour vos histoires. Depuis Un café maison, je ne me lasse pas de vos polars.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tunnel du temps par lequel les enfants sont passés pour découvrir le premier mort sur leur air de jeux.

Actes Sud, Actes noirs, mai 2015, 669 pages

Un enfant plein d’angoisse et très sage – Stéphane HOFFMANN

Pauvre petit garçon dans son pensionnat en Suisse, qui doit passer ses vacances chez sa grand-mère à Chamonix, car sa maman ne peut l’accueillir pendant les vacances.

Une maman à la carrière prometteuse, patronne d’une entreprise de BTP, nommée depuis peu chef du Syndicat des entrepreneurs, et peut-être futur ministre.

Son père ? Il ne l’a jamais rencontré. Ce lord anglais cultive l’art du fare-niente.

Quant à sa grand-mère qui le recueil à chaque vacances, son passé de chanteuse est bien mystérieux.

Ajoutez à cette galerie de personnages le chien Jojo qui suit le garçon partout ; une blonde dont on ne sait qui elle est vraiment (une psychologue ?) ; un manager qui veut absolument faire revenir la grand-mère sous les feux de la rampe.

L’auteur croque un monde d’adultes pitoyable avec humour.

L’image que je retiendrai :

Celle de la virée en voiture du garçon avec son père en Italie, avec un aller-retour à Monaco.

Albin Michel, 17 août 2016, 263 pages

Nos âmes la nuit – Kent HARUF

Robert Laffont, 1 septembre 2016, 180 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble.

Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s’en mêlent… Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu’Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Mon avis :

Le style est un peu sec, je dois l’avouer. Malgré l’histoire belle et prenante, je n’en ferai donc pas un coup de coeur.

Mais j’ai aimé cette proposition d’Addie à Louis. L’arrivée du petit fils de cette dernière.

Personne, dans leur entourage proche, ne les comprend, et surtout pas leurs propres enfants.

Malgré tout, les liens créés ne se défont pas si facilement.

J’ai passée une très belle après-midi en compagnie de ces personnages.

L’image que je retiendrai :

Celle de la patte du chien Bonnie, estropié.

L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.

Rester en vie – Matt HAIG

resterenviePhilippe Rey, 22 septembre 2016, 251 pages

Présentation de l’éditeur :

A 24 ans, souffrant d’anxiété et de dépression, au cours d’un séjour en Espagne, Matt Haig s’est retrouvé au bord d’une falaise, les pieds à moitié dans le vide, sur le point de se précipiter…

Rester en vie, cela paraît si difficile à celles et ceux qui sont au fond de l’abîme, qui ne voient poindre aucune lueur. Ce livre vif et sensible raconte les batailles que l’auteur a menées pour comprendre ce qui lui arrivait, pour le partager aux autres (pas toujours compréhensifs), et se mettre sur le chemin de la guérison.

En cinq chapitres – Tomber, Atterrir, Se relever, Vivre, Etre -, l’auteur raconte avec sincérité comment il a progressivement vaincu sa maladie et réappris à vivre. Car les raisons de rester en vie sont nombreuses, et sont ici détaillées avec humour et conviction. Ouvrir ce livre, c’est entamer une exploration joyeuse des façons d’exister, d’aimer mieux, de se sentir plus vivant.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas toujours joyeuse, contrairement à ce qu’en dit l’éditeur. Quand l’auteur décrit ses symptômes dépressifs, c’est même plutôt plombant, comme ambiance.

Même si Matt Haig explique dès le départ que chaque dépression se manifeste et se vit différemment, je n’ai pas complètement adhéré au propos. S’en sortir sans médicament et sans thérapie me parait illusoire.

Ceci dit, pour ceux qui ne connaîtrait pas ce bonheur d’être au fond du trou 😉 il constitue une bonne approche de cette maladie discriminante.

Je suis d’accord avec lui sur un point toutefois : il faut se méfier des mardis.

L’image que je retiendrai :

Celle du #reasonstostayalive qu’il a créé où chacun peut exprimer pourquoi il s’accroche tout de même à la vie.

Antigone en a fait un coup de coeur de cette rentrée littéraire 2016.