Archives de catégorie : Auteurs en J

Laëtitia ou la fin des hommes – Ivan JABLONKA

Dans ce livre, l’auteur historien-sociologue veut rendre vie à Laëtitia Perrais, jeune fille tuée et démembrée dans le pays de Retz en 2011.

Ivan Jablonka nous raconte son enquête, ses rencontres avec la soeur jumelle, Jessica ; leur enfance malmenée qui aboutit à un placement dans une famille d’accueil ; les attouchements et relations forcées que le père d’accueil fait subir à Jessica.

En parallèle, l’auteur pointe du doigt la manipulation médiatique de l’ancien Président Nicolas Sarkozy qui s’est servi de cette « affaire » pour accuser la justice de tous les maux, divisant ainsi la société.

Heure par heure, minute par minute, sans être jamais pesant, l’auteur nous fait revivre le drame de Laëtitia, en tirant des conclusions sur « le fait divers » en général, sur l’échec de la démocratie qui se transforme en tragédie grecque (p.348).

L’image que je retiendrai :

L’auteur a redonné vie à Laëtitia, qui l’écrit elle-même dans un texto : « La vie est fête comme sa« .

Prix Médicis 2016 – Prix Le Monde 2016

Le seuil, 25 août 2016, 400 pages

 

La chaise numéro 14 – Fabienne JUHEL

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Editions du Rouergue, 4 mars 2015, 279 pages

Présentation de l’éditeur :

À la fin de la seconde guerre mondiale, à Saint-Brieuc, la jeune Maria Salaun est tondue par son ami d’enfance, Antoine, pour avoir vécu une histoire d’amour avec un officier allemand. Le commando de maquisards, débarquant dans une Jeep de l’armée américaine, impose à la jeune fille l’humiliation publique, en l’asseyant sur une chaise de bistrot, dans la cour de l’auberge de son père, devant la foule friande de spectacle.

Maria n’oppose aucune résistance, sauf celle de se présenter devant eux pieds nus, dans une robe de mousseline blanche, sa flamboyante chevelure rousse déployée. Sans pleurer ni baisser les yeux, elle se laisse tondre. Mais la honte va bientôt passer dans l’autre camp. Six noms sont sur sa liste…

Mon avis :

Entrer dans un livre de Fabienne Juhel, c’est accepter de se laisser porter par son univers à part, et pourtant encré dans la réalité.

Sous sa plume, elle fait la part belle à la nature : les animaux sont très présents, notamment les oiseaux, mais aussi les couleurs et les sons de la forêt. (Le renard fait même quelques apparitions dans ces pages).

De couleurs, il en est beaucoup question avec la chevelure rousse de Maria, souvent comparée à un être vivant.

Et puis il ne faut pas oublier la fameuse chaise qui la suit partout, comme une armure. Armure aussi la robe de fiançailles de sa défunte mère. Mais je ne vous en dis pas plus.

Cette lecture, en plus d’être une réflexion sur la folie guerrière est également un enchantement pour les sens.

L’image que je retiendrai :

Celle des cheveux roux de Maria qui tombent en mèche sur le sol, mais la jeune fille est déterminée.

Au pays du long nuage blanc – Charles JULIET

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Folio, 10 juillet 2008, 192 pages

Résumé de l’éditeur :

En résidence durant cinq mois à Wellington, Charles Juliet a tenu ce journal avec assiduité, afin de garder trace de ce qu’il a vécu durant ce séjour. Ces pages, alternant les rencontres et impressions sur la Nouvelle-Zélande avec des notes de réflexion sur la création poétique et des poèmes, sont d’une réelle densité et abordent les thèmes de prédilection de cet auteur : quête de soi, recherche d’une meilleure compréhension des autres et du monde.

Mon avis :

Quelle déception ! Il faut dire que j’attendais de ce roman une découverte du pays et de ses habitants. J’ai découvert un auteur auto-centré. Vous m’objecterez que c’est normal puisque c’est le journal de son séjour à Wellington. Soit. Mais justement, je m’attendais à lire la découverte d’un pays et de ses us et coutumes, aux antipodes des nôtres, je n’ai lu qu’un homme se décrivant lui-même.

Si vous voulez en apprendre plus sur l’auteur, vous serez comblé.

L’image que je retiendrai :

Celle du nom maori du pays : « Le pays du long nuage blanc ».