Archives de catégorie : Auteurs en K

Sonia – Ignacy KARPOWICZ

Nous rencontrons Sonia alors qu’elle est déjà une vieille dame, seule dans son village avec ses vaches, son chien douzième du nom et son chat à la neuvième vie.

Arrive un jeune metteur en scène à la carrière théâtrale en berne, et dont la voiture vient de tomber en panne.

Sonia l’invite chez elle et lui raconte son histoire, comme pour laisser son fardeau avant de mourir.

Si j’ai aimé le personnage de Sonia et son histoire, j’ai été moins sensible à la forme de la narration entrecoupée de morceaux de la pièce de théâtre qu’imagine le jeune homme Igor.

Mais l’auteur a su me plonger en pleine campagne polonaise pendant la Seconde Guerre.

J’ai aimé le personnage du mari, qui endosse le mensonge du fils avec Sonia, et qui se sacrifie pour le village.

Un roman beau et très évocateur.

L’image que je retiendrai :

La poésie des scènes d’amour entre Sonia et son amoureux allemand.

Les Editions Noir sur Blanc, 9 février 2017, 176 pages

Merci beaucoup Edyta pour l’envoi de ce livre-voyageur. Son article ici.

Un simple grain de sable – Anne-Solen KERBRAT

J’aime bien les romans d’Anne_Solen KERBRAT car ils commencent par nous décrire la cadre et les personnages, les implantant dans un milieu à chaque fois différent.

Dans ce dernier roman, l’action se déroule aux Sables d’Olonne en pleine canicule. Les personnages : une vielle dame très riche qui perd la tête, son amie qui lui rend visite régulièrement en lui apportant une bouteille de Porto, sa femme de ménage nouvellement arrivée dont le mari vient de perdre son emploi, un cadre supérieur imbu de lui-même, un médecin complaisant et un mystérieux visiteur.

Encore une fois, Perrot et Lefèvre chercheront à aller au-delà des apparences pour trouver le coupable.

Si j’ai aimé chercher l’auteur du crime de la vieille dame, j’avoue que je me serai bien passer des descriptions des repas des deux acolytes.

Ceci dit, l’auteure nous dresse le portrait d’une vieillesse solitaire, qui ne doit l’attention qu’on lui porte qu’à la grosseur de son compte en banque. Triste constat.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur écrasante du plein été aux Sables.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 368 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

Evaporé – Anne-Solen KERBRAT

Edition du Palemon, 7 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Pierre Alleux, courtier en assurances, doit se rendre à Bruxelles pour négocier un gros contrat. Il n’y arrivera jamais. Il disparaît des écrans radars avant d’attraper son train. Inquiète de son silence, son épouse s’en ouvre aux forces de l’ordre. Mais elle n’est pas la seule à s’interroger sur cette « évaporation » soudaine. Pierre avait une existence moins lisse qu’il n’y paraissait…

Mon avis :

Qui est vraiment Pierre Alleux ? Le doute plane lors de son « évaporation » dans la nature.

Qui lui en veut vraiment ? Menait-il une double vie ?

Un roman plein de suspens du début à la fin.

Je n’avais pas forcément fait le rapprochement avec les évaporés japonais, ces adultes qui disparaissent un jour, sans que jamais personne ne les retrouve. L’auteure place son action en France, et finalement, ça fonctionne plutôt bien.

Je rejoins toutefois l’Oncle Paul et son bémol sur la fin du roman : un peu rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle du quai de la gare où tout se joue.

Je remercie Babelio et les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

La dernière nuit du raïs – Yasmina KHADRA

ladernierenuitPocket, 1er septembre 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Nuit du 19 au 20 octobre 2011.
Mouammar Kadhafi, acculé par les rebelles déterminés à libérer la Lybie, a trouvé refuge à Syrte. Avec le jour, viendra la mort.
Entouré d’une poignée de fidèles, le dictateur s’accroche à ses lubies et fantasmes. Lui, l’Élu de Dieu, Guide légitime de la nation, ne peut être renversé. Incapable de voir l’inconcevable réalité de sa fin, il court à sa perte.
Et le tyran se souvient de son ascension et raconte ses dernières heures de tension. Qu’il semble loin l’écho de la gloire passée. La ferveur du peuple est un chant de sirènes…

Mon avis :

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé L’attentat et Ce que le jour doit à la nuit. Ce texte m’a un peu déçu par son côté peu romanesque.

J’ai eu l’impression de lire un traité de géo-politique (bon, j’exagère un peu…).

La figure du tyran ne m’a pas passionnée non plus, accro à la cocaïne, qui se rend compte un peu tard de ses erreurs.

En revanche, les apparitions de Van Gogh m’ont posé question : pourquoi cet artiste à l’oreille coupé apparaît-il dans certains rêves du Raïs ? Je n’en dirai pas plus.

L’image que je retiendrai :

Celle de certains de ses généraux, fidèles jusqu’au bout.

club-lecture

L’analphabète : récit autobiographique – Agota KRISTOF

analphabeteEditions Zoé, 27 août 2004, 58 pages

Présentation de l’éditeur :

L’Analphabète est l’unique texte autobiographique d’Agota Kristof. L’auteur y retrace son étrange parcours : l’amour des mots, la rupture du « fil d’argent de l’enfance », elle parle de l’adolescente qui écrit des poèmes et finalement décrit l’exil qui n’est pas seulement exil hors d’un pays mais surtout hors d’une langue. C’est avec horreur que la narratrice se constate «analphabète» devant la nouvelle langue qu’est pour elle le français.

Dans ce texte dense et précis, elle retrace aussi ses premières années de vie en Suisse, le travail d’usine, la passion de l’écriture : «Ce dont je suis sûre, c’est que j’aurais écrit, n’importe où, dans n’importe quelle langue». Ce sera le français.

Mon avis :

Il y a trèèèès longtemps, j’avais lu Le Grand Cahier, puis La preuve, et enfin Le troisième mensonge. Quelle claque ! De leur auteure, je ne savais rien, et je n’avais pas cherché à savoir, ses textes me suffisaient.

Après l’avis de Cathulu sur ce court texte autobiographique, je décidais de le lire.

Avec des mots simples et précis, l’auteure nous parle, certes de son enfance, mais surtout de sa farouche volonté d’écrire.

Son périple pour fuir la Hongrie m’a émue et raisonne avec l’actualité. On accueillait plus volontiers les personnes fuyant l’Europe de l’Est que les actuels migrants.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Agota et son frère aîné, puni pour avoir fait croire au petit dernier qu’il était un enfant adopté.

Merci Cathulu pour cette idée de lecture.

L’ours est un écrivain comme les autres – William KOTZWINKLE

ours-ecrivain10X18, 21 Janvier 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain.

Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Mon avis :

Un récit sympathique qui nous décrit les affres de la vie d’un écrivain : négociation de contrat, promos, pression pour écrire son prochain roman.

En parallèle, si l’ours devient de plus une personne, l’écrivain lésé se rapproche de la nature et de son ursitude, allant jusqu’à hiberner. C’est cette partie-là du roman que j’ai préféré.

L’ours-voleur, lui, préfère les femmes avec des poils sur les jambes, et découvre que les jambes de ces dites-femmes sont toutes différentes, contrairement à celles des ourses. Sacré plaidoyer contre l’épilation.

J’ai également appris que les ours ne s’accouplaient qu’une fois par an, ce qui pose problème à notre ours-voleur avec la gent féminine humaine.

L’auteur s’en donne à coeur joie en comparant son ours-voleur à Ernest Hemingway, grand écrivain bourru, ou encore à Albert Einstein tête en l’air.

Un roman moins léger qu’il n’y parait avec lequel j’ai passé un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’ours-voleur se régalant de miel et de sucrerie, comme une jouissance.

Des fleurs pour Algernon – Daniel KEYES

fleurs-algernonFlammarion – Tribal, 12 janvier 2011, 443 pages

Présentation de l’éditeur :

Algernon est une souris dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit.

C’est bientôt l’extraordinaire éveil de l’intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon commencent à décliner…

Mon avis :

Je n’ai pas boudé mon plaisir d’une belle lecture avec ce roman jeunesse.

Il fait réfléchir sur la notion d’intelligence, de respect de la personne et de la place du cobaye dans une expérience scientifique.

Malgré tout, il reste très manichéen. Certaines scènes érotiques me le ferait conseillé pour les plus grands ados.

L’image que je retiendrai :

Celle de la souris Algernon dans ses labyrinthes de plus en plus perfectionnés, puis de moins en moins.

A ce stade de la nuit – Maylis de KERANGAL

stade-nuit

Verticales, 15 octobre 2015, 80 pages

Présentation de l’éditeur :

Lampedusa. Une nuit d’octobre 2013, une femme entend à la radio ce nom aux résonances multiples. Il fait rejaillir en elle la figure de Burt Lancaster- héros du Guépard de Visconti et du Swimmer de Frank Perry- puis, comme par ressac, la fin de règne de l’aristocratie sicilienne en écho à ce drame méditerranéen : Le naufrage d’un bateau de migrants.

Mon avis :

Finalement, je tente de nouveau de lire l’auteure, dont j’avais abandonné Naissance d’un pont il y a quelques années. Ce texte court en est l’occasion.

Je dois dire que je suis agréablement surprise, je peux dire que j’ai aimé cette méditation d’une nuit.

Lu d’une traite, l’écrivain a su me faire entrer dans ses méditations à la limite du songe, à l’heure où les pensées et les images s’enchainent sans ordre.

Oeuvre de commande pour la Fondation Facim (Fondation pour l’Action Culturelle Internationale en Montagne), Maylis de Kerangal nous parle surtout des paysages qui ont bercé notre vie, des lieux reliés à notre parcours personnels.

Une belle et douce lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’arrivé en bateau sur l’île de Stromboli de la narratrice, avec son enfant dans les bras, pour rejoindre un homme.

Les prépondérants – Hédi KADDOUR

preponderants

Grand Prix du roman de l’Académie française 2015

Gallimard, 20 août 2015, 464 pages

Présentation de l’éditeur :

Au printemps 1922, des Américains d’Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance. Raouf, Rania, Kathryn, Neil, Gabrielle, David, Ganthier et d’autres se trouvent alors pris dans les tourbillons d’un univers à plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs pouvoirs.

Certains d’entre eux font aussi le voyage vers Paris et Berlin, vers de vieux pays qui recommencent à se déchirer sous leurs yeux. Ils tentent tous d’inventer leur vie, s’adaptent ou se révoltent. Il leur arrive de s’aimer.

Mon avis :

Algérie, 1920 : ses colons français, ses algériens d’origine avec leurs us et coutumes encore très ancrées. Et puis au milieu, le jeune Raouf à l’esprit communiste, voulant changer les esprits et les façons de penser la gouvernance du pays.

Mais entrer dans ce roman, c’est aussi plonger dans une langue et un rythme : celui du récit à la limite de l’oralité du conte.

Les chapitres alternent les histoires, celle de Raouf ou celle de sa cousine Rania ; celle du procès à Hollywood ou celle du pauvre commerçant qui a voulu se jouer du fils de Si Ahmed.

Un roman qui nous plonge dans une Algérie entre deux guerres, et dont certains de ses enfants commencent à s’éveiller politiquement. Mais les Prépondérants sont encore trop puissants dans le pays.

J’aurais aimé toutefois suivre plus longtemps le personnage de Rania, veuve qui n’en fait qu’à sa tête en se retirant dans une des propriété de son père pour vivre sa vie comme elle l’entend ; mais qui respecte toutefois les coutumes et le quand-dira-t-on.

L’image que je retiendrai :

Celle du combat de deux chameaux pour la saillie d’une chamelle, et qui donne lieu à des paris.

Ressacs – David-James KENNEDY

ressacs

Fleuve éditions, 9 janvier 2014, 427 pages

Résumé de l’éditeur :

Jean-Christophe d’Orgeix est interne dans un hôpital isolé au bord des falaises en terres basques. Par une nuit d’orage, alors qu’il vient contrôler un patient arrivé dans l’après-midi et souffrant de blessures graves après un accident de la route, il comprend que ce dernier a été agressé en plein hôpital et n’arrive pas à le sauver. Fou de rage, Jean-Christophe d’Orgeix part à la poursuite de l’agresseur. On ne le reverra jamais.

Thomas, interne également et particulièrement affecté par la disparition de son ami, mène l’enquête en même temps que la police. Et bientôt il découvre une chose étrange. Dans cet hôpital, un ancien monastère construit par les Augustins 1000 ans plus tôt, d’autres disparitions ont eu lieu. Et notamment celle d’un jeune interne sept ans auparavant dont l’histoire personnelle est semblable à celle de Jean-Christophe d’Orgeix en tous points, et dont les photos montrent qu’il en est l’exact sosie…

Mon avis :

La tempête fait rage dans ce récit, l’orage gronde, la mer est houleuse, créant une atmosphère de fin du monde sur ce petit bout de cap basque.

Thomas, l’interne que le narrateur suit, mène son enquête incognito, se frottant parfois à plus fort que lui.

La brigade de gendarmerie explore elle une autre piste.

Enfin, Sophie, une femme étrange habitant seule face à l’océan, mène elle aussi ses investigations.

Le tout avec pour décor un ancien hôpital militaire et une légende racontée par un schizophrène.

Une atmosphère particulière que j’ai aimé retrouver après chaque interruption.

L’image que je retiendrai :

Celle de Tom faisant du surf entre deux gardes.