Archives de catégorie : Auteurs en L

L’insoumise de la Porte de Flandre – Fouad LAROUI

Oui, elle est peu ordinaire Fati, de parents marocains installés à Molenbeek qui, trop vieux, ne sortent plus de chez eux. Elle a entrepris des études supérieurs mais, un jour, elle décide de les suspendre.

Fati sort de chez ses parents, dans le quartier, habillée en noir de pieds en cap, seul son visage est visible, musulmane en drap sombre qui tente de prendre le moins de place possible comme le lui a appris sa mère.

Mais sortie du quartier, Fati a une autre vie, une vie inimaginable pour son fiancé auto-proclamé Fawzi qui un jour décide de suivre cette jeune femme bien sous tout rapport. Sauf que Fawzi, qui, disons-le tout net a un petit poids dans la tête, va tomber sur un os.

J’ai adoré cette jeune femme indépendante et sûre d’elle, capable d’argumenter et qui cherche à retrouver son corps et la jouissance de celui-ci.

J’ai aimé le style de l’auteur, son humour, sa façon de nous décrire ce quartier sensible et ses lois, les rapports humains engendrés par cette situation.

Merci, M. Laroui, je découvre votre plume avec ce roman, et, en le refermant, je me suis sentie plus riche.

L’image que je retiendrai :

Celle de Fawzi qui crève un mannequin de vitrine de sous-vêtements à coup de couteau.

Julliard, 17 août 2017

Chère brigande – Michèle LESBRE

De l’auteure, je gardai un souvenir ému du Canapé rouge. Une lecture toute en sensibilité.

Je n’ai pas été déçue avec ce dernier livre, qui est une lettre à Marion du Faoüet, une jeune brigande du 18e siècle.

La narratrice part sur ses traces, mais c’est surtout l’occasion pour elle de nous parler de notre monde moderne, notre vie si connectée qui a perdu tout goût de la révolte.

Marion, elle, incarne cette jeunesse illettrée mais insoumise, qui vole aux riches pour donner aux pauvres, même après avoir été torturée avec le feu et exposée à moitié nue en place publique.

J’ai aimé découvrir cette rebelle qui a brûlé sa vie pour un peu de justice.

L’écriture de Michèle Lesbre est toujours un enchantement, qui fait naître des images fortes à partir de peu de mots.

L’image que je retiendrai :

Celle de la narratrice devant la mer bretonne, une retrouvaille riche en émotion.

Sabine Wespieser, 13 février 2017, 77 pages

L’enfant pétrifié – Valérie LYS

Je découvre le commissaire Velcro, et je dois avouer que le personnage ne me plait pas : sûr de lui, suffisant parisien, il n’hésite pas à laisser se dépatouiller ses collègues locaux. Il m’est sorti par les yeux.

Je suis tout de même allée au bout du roman, car j’ai aimé découvrir certaines coutumes de Madagascar dont il est beaucoup question dans cette enquête.

J’ai également appris l’origine des tuniques des marins bretons : elle vient des tuniques des soldats de Napoléon. Elles étaient bleues comme le bleu des petits bretons des bols avec le prénom (appelé Grazik qui veut dire petit bleu). Après la défaite de Waterloo, il y a eu tellement de tissu à écouler que l’on a habillé tous les matelots, dont les Bretons, avec cette étoffe (p.50).

L’image que je retiendrai :

L’enquête se déroule à Quimper en automne, il y fait bien frais…..

 

Editions du Palémon, 24 mars 2017, 224 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman, même si je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur

En mémoire de Fred – Clayton LINDEMUTH

Baer retrouve son chien près de chez lui, mais mortellement blessé. Devinant que Fred (c’est son chien) a été enlevé pour participer à des combats illégaux, il décide d’en avoir le coeur net.

Baer est un original qui vit à côté de la maison hérité de ses parents et rachetée à son frère, et il distille la meilleure eau-de-vie à des kilomètres à la ronde.

Son amour de jeunesse, Ruth est partie habitée ailleurs en laissant sa fille Mae se débrouiller avec ses 3 enfants en bas âge et un mari qui la bât.

Quel beau tableau de l’Amérique profonde où le shériff est corrompu, les hommes saouls ou défoncés du soir au matin, les maisons brinquebalantes mais les 4X4 rutilants.

Le personnage de Baer m’a attendrit, qui repousse l’idée de rendre oeil pour oeil et dent pour dent. Et qui pourtant doit s’y résoudre.

J’ai aimé le style, enlevé et très réaliste tout en étant travaillé.

J’ai trouvé le personnage de Mae très attachant : mère seule de trois enfants suivant des courts par correspondance.

Seules les descriptions de combats de chiens ne m’ont pas plu.

L’image que je retiendrai :

Celle des parfums de l’eau-de-vie illégale distillée par Baer.

Seuil, coll. Cadre noir, 2 Mars 2017, 395 pages

Furiously happy – Jenny LAWSON

J’ai beaucoup aimé le chapitre d’introduction qui prévient le lecteur que son auteure souffre de troubles mentaux : au moins, on est au courant.

Certains chapitres m’ont agacé, mais je dois avouer que j’ai énormément ris de certaines situations : sa passion pour les animaux empaillés mais impérativement mort de mort douce ; son rôle de mère si difficile uniquement par rapport aux autres mamans ; son mari si patient.

Tous les épisodes ne sont pas forcément en rapport direct avec la folie, cela rend cette lecture agréable.

L’auteure a paraît-il un blog, je vais aller fouiller Internet.

L’image que je retiendrai :

Celle du mantra d’espoir que ne cesse de lancer l’auteure : peut-être qu’aujourd’hui cela ne va pas, mais demain sera magnifique et sera vécu plus intensément.

Fleuve Editions, 9 mars 2017, 352 pages

Merci Leatouchbook pour cet excellent conseil de lecture.

Communardes ! Les éléphants rouges – Wilfrid LUPANO

Oui, je m’attendais à voir des éléphants dans Paris à la rescousse des Communardes. Quelle déception de ne pas voir mon souhait réalisé…

Alors oui, ce premier volet est l’occasion pour l’auteur de nous montrer Paris pendant le blocus de la Prusse : les femmes du peuple qui ne trouvent plus de travail ; les familles qui se nourrissent de rats ; les riches qui se nourrissent eux des animaux du zoo en consommé.

Bien sûr, les femmes qui veulent aider sur les barricades mais qui en sont empêché par les hommes.

Seule Victorine arrivera à prendre la tête de sa bande, pour un temps seulement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de Victorine construisant leur rêve d’éléphants dans un hôtel particulier déserté.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

Hier encore, c’était l’été – Julie de LESTRANGE

Une bande de jeunes soudée qui aiment plaisanter ; un décor idyllique entre la montagne et Paris ; une histoire qui se déroule sur plusieurs années depuis la naissance du grand-père jusqu’au décès de la grand-mère.

Une lecture de plage facile avec des personnages quelque peu stéréotypés et sans réels difficultés financières, voire même de très bonnes situations sociales ; un amour malheureux mais qui heureusement sera vite oublié.

Je ne me suis pas attachée aux personnages ni à leurs problèmes, je suis sans doute trop loin de leur univers.

Je remercie tout de même l’auteur pour l’envoi de son roman et sa gentille dédicace. Je lui souhaite de continuer à plaire, puisqu’il a été sélectionné pour un prix.

L’image que je retiendrai :

Celle des déménagements des deux garçons de la bande, toujours épiques.

Le livre de poche, 10 mai 2017, 384 pages

Prendre les loups pour des chiens – Hervé LE CORRE

Comment dire ? Comment vous donner envie de découvrir ce roman noir à l’écriture acérée. Même les répétitions participent au rythme du texte.

Comment vous expliquer l’ambiance qui ne vous lâche pas ; cette chaleur écrasante qui colle à la peau des personnages.

Comment vous dire les personnages tout droit sortis d’un roman de Zola qui serait écrit au 21e siècle : la misère, les petits trafiques (et les gros qui vous dépassent), la folie, la maternité non assumée, la prison, les bagnoles, la bière en canette, la violence et la torture.

Et cette petite fille, Rachel, qui ne parle pas mais qui a tout compris.

Pauvre personnage principal, embringué dans une histoire qui le dépasse, lui qui voulait seulement revoir son frère.

Et les chiens, menaçants mais n’attaquant jamais.

Un petit bémol tout de même (ou plutôt deux) : la rédemption du père (à la limite), et la fin en presque happy end.

Monsieur Le Corre, j’avais beaucoup aimé un de vos précédents romans Avant la guerre. Avec cette lecture, vous confirmer pour moi l’essai. Mais je vais me laisser tout de même le temps de reprendre ma respiration avant de me plonger dans un autre de vos précédent roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de la scène de meurtre des parents de Jessica. Quand on sait qui a fait le coup….

Rivages, 11 janvier 2017, 320 pages

Jugan – Jérôme LEROY

Jugan est finalement le personnage principal de ce roman onirique : le narrateur, en vacances en Grèce, rêve des événements qui ont marqué sa vie quelques années auparavant, quand il était un jeune prof frais émoulu à son premier poste.

Apparaît dans son horizon Joël Jugan, révolutionnaire condamné lourdement pour faits d’armes, défiguré après une action d’éclat.

Mais ses années de prison n’ont pas démotivé ce fils de bonne famille qui prône encore la révolution totale.

Entre dans l’équation fatale une jeune fille maghrébine, Samia, prise entre l’envie de faire des études et le besoin d’aider son père dans son commerce (son petit frère tient les murs dans la cité). Sans oublier les imams du quartier qui font pression pour que le père ne vende plus ni alcool ni porc.

Sans oublier la gitane qui, après avoir aidé le père, jette un sort à la fille.

Un roman riche, vous l’aurez compris. Un personnage de révolutionnaire  manipulateur que l’on n’oublie pas.

L’image que je retiendrai :

Celle du no man’s land dans lequel vivent les gitans et où se rendent Jugan et Samia.

Folio Gallimard, 16 février 2017, 224 pages

Merci Folavril pour cette très bonne idée de lecture

 

L’extinction des cougars – Françoise LE MER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Nathalie Nicette, professeur de Lettres Classiques à Quimper, est une femme de quarante-sept ans, apparemment sans histoires. Veuve depuis trois années, elle vit seule, recevant de temps à autre la visite de ses deux grands enfants. Son existence, douillette mais morne, va basculer le jour où, par hasard, elle retrouve Crista, sa meilleure amie de lycée. Tout semble les séparer. Crista est délurée, joyeuse et décomplexée. Elle va entraîner une Nathalie étonnée par sa liberté de penser dans le monde festif de la nuit et l’initier aux réseaux sociaux. Mais dans l’ombre sévit un prédateur, déterminé à parvenir à ses fins, quitte au passage à se débarrasser de quelques victimes collatérales… Pourquoi la sage Nathalie intéresse-t-elle autant cette bête tapie, qui peut changer de profil autant qu’elle le veut ?

Mon avis :

Je découvre avec plaisir cette série des enquêtes de Le Gwen et Le Fur, même si ils n’apparaissent pas tout de suite dans le récit.

L’auteure préfère camper le personnage principal Nathalie, professeur de lettres classiques (excusez du peu) dans un grand établissement quimpérois. Et de nous dévoiler ainsi ce qu’il se passe dans une salle des profs : les rapports conflictuels entre les vieux-de-la-vieille et les frais-émoulus de la profession.

L’auteure, sous couvert de son personnage découvrant les réseaux sociaux, nous parle de leurs faces cachées et des précautions à prendre (très didactique, tout cela).

Enfin, une mystérieuse jeune fille se prostitue avec un grand patron, sous l’oeil bienveillant de son père, poivrot notoire.

Sans oublier la fille de Nathalie, caricature de la jeune femme vertueuse rêvant de s’élever par un beau mariage ; et la bonne copine retrouvée qui, à cinquante ans, n’a plus rien à perdre et drague effrontément.

Vous l’aurez compris, un récit entraînant avec des personnages intéressants.

J’ai regretté toutefois que la solution de l’énigme soit cachée jusqu’au bout au lecteur (ou alors c’est moi qui n’ai pas été assez attentive).

L’image que je retiendrai :

Celle du clochard Dédé que Nathalie aide parfois, et qui devient son ange gardien.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman dont la lecture m’a ravi.