Archives de catégorie : Auteurs en O

Géopolitique du moustique – Erik ORSENNA

Le titre exact est : Petit précis de mondialisation Tome 4 : géopolitique du moustique. Je n’ai pas lu les 3 premiers petits précis, mais cela n’a pas d’importance.

L’académicien s’intéresse à la mondialisation des épidémies dues aux moustiques, car il existe plusieurs familles de moustiques. Seules les femelles nous piquent, ça je le savais, mais l’auteur explique comment elles transmettent virus et bactéries.

En voyageant à travers le monde, de la Guyane en Chine en passant par l’Afrique, Erik Orsenna rencontrent les chercheurs spécialisés et passionnés qui travaillent sur le sujet.

Un essai passionnant, abordable et pas verbeux pour un sou qui expose quelques solutions pour prévenir les piqûres. Mais l’auteur n’oublie pas que le moustique est un élément de la biodiversité qui a sa place dans la chaîne alimentaire : l’éradiquer n’est pas possible ni souhaitable.

L’image que je retiendrai :

Celle des captureurs de moustiques, chargés de récolter les petits bêtes pour les scientifiques. Un métier à risque.

Fayard, 29 mars 2017, 278 pages

Carthage – Joyce Carol OATES

carthagePoints, 3 octobre 2016, 594 pages

Présentation de l’éditeur :

Tout semble aller pour le mieux dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a, pour des raisons peu claires, rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Un héros très entamé dans sa chair et dans sa tête, dont pourtant Cressida, la jeune soeur rebelle de Juliet, est secrètement amoureuse.

Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett. Qui devient alors le suspect numéro 1 et, contre toute attente, avoue le meurtre…

Sept ans après, un étrange personnage surgit pour peut-être résoudre l’impossible mystère.

Mon avis :

C’est toujours avec une certaine appréhension que j’ouvre un livre de cette auteure. J’en ai follement aimé, et abandonné d’autres peu après les avoir commencé.

Celui-ci se situe entre les deux : j’ai aimé les personnages complexes ; beaucoup moins les longueurs inutiles sur les personnages secondaires.

J’ai aimé rencontrer M.C. Escher et ses créations étranges.

J’ai aimé le discours de Mme Oates sur la Guerre (en Irak ou en Afghanistan), qui détruit les jeunes hommes en quête d’idéal.

J’ai aimé le personnage de Cressida, même si dans ce roman, c’est elle qui tombe amoureuse de son futur beau-frère, pour le malheur de tous.

Dans ce roman, le paradoxe de Zenon (le père) est mis à mal : « toute évidence des sens est fallacieuse, et le mouvement est impossible. » disait le philosophe grec du même nom.

Les pages sur la beauté / laideur m’ont moins touchées.

L’image que je retiendrai :

Celle du mur de la prison, si long, si gris.

Quelques citations :

« Les éléphants aussi enterrent leurs morts. (…) Sauf que les éléphants étaient capables de reconnaître les os de leurs morts des années plus tard. Une mère éléphant poussait des barrissements angoissés, saisissant les grands os courbes de sa grand-mère, enfouies dans la terre desséchée. Mais aucun être humain ne peut reconnaître les os d’un parent. »

« Il nous est nécessaire d’être farouchement aimé par une personne pour exister. » (p.410)

« Dans la totalité du monde biologique, le monde humain est le seul où les parents souffrent de la honte de leurs rejetons. Ce n’est possible dans aucune autre espèce que celle des Homo sapiens. » (p.467)

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Les petites chaises rouges – Edna O’BRIEN

lespetiteschaisesrougesSabine Wespieser, 8 septembre 2016, 370 pages

Présentation de l’éditeur :

Dès qu’il franchit le seuil de l’unique pub ouvert dans ce trou perdu d’Irlande, l’étranger suscite la fascination. Vladimir Dragan est originaire du Monténégro. Il entend s’établir comme guérisseur.

On lui trouve un logement, un cabinet médical, et sa première cliente, une des quatre nonnes du lieu, sort de sa séance totalement régénérée. Rien d’étonnant à ce que Fidelma, très belle et mariée à un homme bien plus âgé qu’elle, tombe sous le charme. L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Recherché par toutes les polices, il a vécu à Cloonoila sous un faux nom. Inculpé pour génocide, nettoyage ethnique, massacres, tortures, il est emmené à La Haye, où il rendra compte de ses crimes.

Mon avis :

Oui, il est question des massacres de Sarajevo ; oui, il est question du Boucher qui a permis ces crimes contre l’humanité. Mais il est également question des autres personnes déracinés par la guerre et qui arrivent à Londres ou ailleurs après avoir fui la violence.

L’auteure propose un triste constat : Vlad arrive dans le village irlandais plein d’une science de la nature qu’il fait partager aux villageois (massages et décoctions de plantes) ; mais au Tribunal Pénal International, il est incapable de reconnaître ses crimes, accusant les Puissances occidentales d’avoir mis des cadavres d’anciennes guerres dans le marché de Sarajevo pour faire croire à un massacre. Jamais personne n’est tout blanc ou tout noir.

De même le père de la petite fille qui la cache aux services sociaux pense faire son bien. Le mal revient bien des visages…..

L’histoire de Fidelma m’a moins touchée, pourtant personnage central du roman. Elle est une femme qui fait des choix. Et elle les assume jusqu’au bout, se retrouvant déracinée elle aussi : la communauté de son village ne lui ayant pas pardonné.

La langue de l’auteur est à la fois plaisante et déroutante : elle sait évoquer l’Irlande et ses paysages aussi bien que le Londres de la City ; nous laisser deviner les différents personnages et leurs caractères ; mêlant vocabulaire soutenu et plus trivial.

Un roman important.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites chaises rouges du titre, symbolisant le nombre d’enfants tués pendant le siège de Sarajevo. Combien de petites chaises rouges pour les enfants morts dans d’autres guerres…..

club-lecture

Le châle – Cynthia OZICK

le-chalePoints, 19 mai 2016, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans un camp de concentration nazi, un garde découvre un bébé et le jette contre les barbelés électrifiés.

Trente ans plus tard, Rosa, la mère de l’enfant, reçoit un paquet. A l’intérieur : le châle dans lequel elle cachait sa petite fille, Magda. En un instant, tout lui revient en mémoire : les cris, la faim, le froid. Mais aussi une question entêtante : comment vivre après l’inconcevable ?

Mon avis :

Le rédacteur de la 4e de couverture et moi avons-nous lu le même livre ? Heureusement que je n’ai lu la présentation qu’après avoir lu le roman, car il ne correspond pas trop à ma perception de l’histoire.

Passons sur ce détail.

Rosa est une femme acariâtre qui reproche tout à tout le monde. Un jour, elle rencontre dans une laverie automatique un vieux polonais, comme elle. Il entame la conversation, insiste. Il ouvre ainsi le monde de Rosa.

Un petit livre puissant sur l’oubli nécessaire, qu’il faut prendre le temps de savourer. Une lecture qui vous poursuit une fois le livre refermé.

L’image que je retiendrai :

Celle de Magda, la fille de Rosa, debout sur ses crayons (ses jambes) avec son ventre rond de malnutrition.

La fin d’une imposture – Kate O’RIORDAN

fin-impostureJoëlle Losfeld, 11 février 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Rosalie et de Luke s’est délitée voici quelques mois après la révélation de l’adultère commis par Luke. Mais l’annonce de la mort de Rob, leur fils, lors d’un voyage en Thaïlande provoque un séisme familial. Les mois qui suivent sont un cauchemar dans lequel Rosalie doit apprendre à composer avec la perte de son fils, un contexte conjugal compliqué et aussi la dépression de Maddie, sa fille.

Cette dernière se juge coupable de la mort de son frère mais refuse d’expliquer pourquoi à ses parents. Elle se lie avec un gang de filles particulièrement violentes.

Rosalie croit apercevoir le bout du tunnel lorsque, au cours d’une thérapie de groupe, elles font la connaissance de Jed, un jeune homme auquel Maddie s’attache très rapidement, même si cette figure singulière devient de plus en plus angoissante. L’adolescente reprend goût à la vie, alors que le diabolique Jed ne cesse de s’immiscer dans la famille…

Mon avis :

Ca commence doucement avec l’annonce tragique de la mort de Rob ; puis la rébellion violente de sa soeur. L’arrivée de Jeb semble apaiser toute la  famille, mais le suspens remonte crescendo.

Jeb se comporte étrangement.

Seul le père Tom, très proche de la famille, trouve que le comportement de cet adolescent n’est pas normal. La religion joue un grand rôle dans ce roman : la relation du prêtre avec ses ouailles constitue l’un des points de basculement du drame.

La mère a également un rapport très fort avec son confesseur, situation peu usitée dans ce genre romanesque.

Même si la fin est un peu convenue, j’ai pris plaisir à lire ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rosalie s’étant foulée la cheville en se sauvant de la maison natale de Jeb après lui avoir volé tous ses papiers d’identité, mais continuant de conduire sans se faire soigner.

Le crime était signé – Lionel OLIVIER

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Fayard, 18 novembre 2015, 360 pages

Présentation de l’éditeur :

À peine seize ans, cette gamine retrouvée nue, étranglée près du cimetière… Et ces pervers qui s’exhibent entre les tombes… Et ce fumier qui croit séquestrer l’innocence qu’il a perdue…

Morte d’avoir trop ou mal aimé ? 

Des halls de banlieue, zones de non-droit, à la propriété somptueuse d’aristocrates au-dessus des lois, la Crim’ est malmenée, impuissante à répondre au drame des parents ! Alors que l’ADN reste muet, un témoin « signe » une vérité singulièrement humaine…
Mon avis :
Un polar de facture très classique et au dénouement peu extravagant.
Une plongée au coeur d’une équipe au sein de laquelle chacun se réparti les rôles.
La découverte de la langue des signes pour une des enquêtrice, ce qui va faire avancer la recherche du coupable.
Un bon moment de lecture.
L’image que je retiendrai :
Celle du restaurant chez Denise dans lequel tout le monde se retrouve à la fin de l’enquête et qui sert des plats cuisinés typiquement régionaux. Chacun des personnages y retrouve un peu son « chez lui ».

De mort naturelle – James OSWALD

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Bragelonne, 17 juin 2015, 456 pages

Présentation de l’éditeur :

Lorsque la police d’Edimbourg découvre l’assassin d’un des citoyens les plus respectés de la ville moins de vingt quatre heure après le meurtre, tout le monde est logiquement satisfait. Le tueur s’étant suicidé, la cité économise de plus le prix et le temps d’un procès.

Un deuxième meurtre se produit quelques jours plus tard et comporte d’étranges similitudes avec le premier. Là encore, l’auteur du meurtre confesse son crime avant de mettre fin à ces jours.

L’inspecteur Anthony McLean est quant à lui chargé d’enquêter sur la découverte d’une cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un ancien manoir d’Edimbourg. Elle a été brutalement assassinée suivant un rituel particulièrement macabre. Aussi lorsqu’un homme d’affaire influent de la ville est à son tour assassiné, McLean commence à suspecter l’existence d’un lien entre les meurtres, les suicides et la découverte de la jeune fille mutilée…

Mon avis :

Je découvre le premier roman policier de cet auteur, plus connu en littérature fantastique. Et je ne suis pas déçue, tant par l’intrigue que par les personnages, sans oublier la ville en toile de fond.

L’intrigue est intéressante et bien menée, avec le collègue empêcheur d’enquêter en rond et qui n’a de cesse de mettre des bâtons dans les roues.

Les personnages, ensuite, qui sont esquissés, laissant prévoir une suite afin d’approfondi leur caractère et leur passé respectif.

La ville, enfin, en toile de fond.

Un bémol tout de même pour les noms de famille des différents intervenants qui commencent tous par Mac…..  

Et puis un rien de fantastique en toute fin d’enquête.

Bref, j’ai passé un bon moment avec ce roman.

Mon Cher et Tendre n’a pas aimé du tout la fin, trop fantastique et incrédule à son goût.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’amie de McLean qui tient une boutique de frippes et qui s’habille avec de vieux vêtements des années 30-40.

Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio pour l’envoi de ce roman.