Archives de catégorie : Auteurs en Q

Apaise le temps – Michel QUINT

apaise-le-tempsEdition Phébus, 1 avril 2016, 108 pages

Présentation de l’éditeur :

Une libraire, ça crée des dettes. D’argent parfois, bien sûr, mais surtout de coeur.

Lorsqu’Yvonne meurt, les souvenirs affluent pour Abdel, un jeune professeur de Roubaix, hussard de la République. Il se revoit enfant entre les murailles de bouquins, avec une soif de lecture à avaler tout Balzac sans rien y comprendre. Il ne peut se résigner à ce que le lieu de vie disparaisse. De là à accepter la succession, il y a un sacré pas… que l’inconscient fait à l’aveuglette. Le voici bientôt en buttes aux problématiques économiques du métier. Mais aussi aux dangereuses archives photographiques de son aînée.

En fouillant les cartons, c’est tout un pan de la guerre d’Algérie qui renaît, entre partisans du FLN, harkis et OAS. Quel rôle y a joué Saïd, habitué de la librairie aux allures de benêt ? Que cache Rosa, qui travaille au même lycée qu’Abdel ? Qu’en pense Zerouane, directeur de l’association  » Relier  » ? Les questions se multiplient. Elles sont politiques, mais aussi amoureuses… Comment notre héros va-t-il choisir entre Zita, fausse ingénue aux baisers chamallows, et sa collègue Rosa exubérante et passionnée ?

Mon avis :

Au départ, l’enfance d’un jeune homme qui passa son enfance dans la librairie de son quartier. Puis le rachat de celle-ci après le décès de ses propriétaires. 

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à l’irruption de la Guerre d’Algérie dans le récit. Une guerre qui se joue sur le sol français.

Un récit fort sur fond de dilemme amoureux.

Du grand Michel Quint.

L’image que je retiendrai :

Celle de la librairie du côté de la rue qui reste toujours à l’ombre.

Les rues de Santiago – Boris QUERCIA

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Le livre de poche, 3 juin 2015, 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Il fait froid, il est six heures du matin et Santiago n’a pas envie de tuer qui que ce soit. Le problème, c’est qu’il est flic. Il est sur le point d’arrêter une bande de délinquants, dangereux mais peu expérimentés, et les délinquants inexpérimentés font toujours n’importe quoi…

Après avoir abattu un jeune homme de quinze ans lors d’une arrestation musclée, Santiago Quiñones, erre dans les rues de sa ville, Santiago du Chili, en traînant son dégoût. C’est ainsi qu’il croise le chemin de la belle Ema Marin, une courtière en assurances qui semble savoir beaucoup de choses sur son passé.

Mon avis :

Lorsqu’un auteur Sud Américain vous met son livre dans les mains en vous demandant de le lire avec un accent à tomber par terre, vous ne pouvez pas refuser. Quand, en plus, il vous fait une jolie dédicace dans sa langue, vous lui dites merci.

J’ai passé une bonne après-midi à lire ce court roman noir policier. Rien de bien nouveau sous le soleil, bien que dans ce récit, ce soit l’hiver au Chili.

L’image que je retiendrai :

Celle de Santiago mangeant des hamburgers et buvant des bières en terrasse en plein hiver. Les après-midis sont chaudes et les matinées froides au Chili.

Edea a bien aimé également.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace lors des rencontres Sang d’Encre à Vienne.

Mort d'une héroïne rouge – QIU Xiaolong

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Editions du Seuil, 15 janvier 2003, 501 pages

Résumé de l’éditeur :

Mai 1990, au bord des eaux boueuses du canal Baili, à moins de trente kilomètres à l’ouest de Shangai. Pour deux vieux copains de lycée, la partie de pêche va donner lieu à une découverte morbide, celle du cadavre d’une très belle jeune femme.

La petite fête que donne chez lui l’inspecteur principal Chen Cao va en être troublée. Et le cher policier, poète à ses heures, va marcher sur des charbons ardents lorsqu’il découvrira que la victime, Guan Hongying, est une héroïne rouge, une « travailleuse de la nation », égérie de l’empire communiste. L’affaire est extrêmement sensible, donc, et il s’avérera dangereux de fouiller un peu trop loin…

Mon avis :

Que c’est agréable de suivre une enquête policière parsemée de vers des plus grands poètes chinois.

J’en ai appris également beaucoup sur la cuisine chinoise, au point de me dire que, si un jour je visite ce pays, je ne manquerai pas d goûter à tous ces plats qui ont l’air succulents.

Revenons à la trame du roman : l’action se déroule peu après les événements de la place Tienanmen, dans un pays qui commence à s’ouvrir à l’économie de marché, au mois du côté de Hong-Kong (pas encore revenu dans la Chine communiste).

L’héroïne rouge qui est retrouvée morte dans le canal est une fière vendeuse magasin d’Etat n°1 qui ne compte pas ses heures de travail et ses conférences aux différents Congrès du Parti. Sauf que ce n’est que la façade.

Une enquête fort bien menée en poésie et autour de bonnes tables.

L’image que je retiendrai :

On mange à toute heure en Chine, dans des petites boutiques ou même dans la rue.