Archives de catégorie : Auteurs en R

La chambres des époux – Eric REINHARDT

Parfaitement, le narrateur écrit pour Marie un roman qui sera son mausolée. Atteinte d’un cancer, comme sa femme, le narrateur tombe amoureux de Marie, en rémission elle aussi.

L’occasion pour l’auteur de nous parler du cancer, comment il peut transformer, en bien, la vie et du malade et de son conjoint.

Mais Marie a une rechute qui lui sera fatale, et le narrateur décide de vivre ses derniers instants auprès d’elle.

Si j’avais beaucoup aimé L’amour et les forêts, le précédent roman de l’auteur, je dois avouer que j’ai beaucoup moins accroché à la poésie de ses phrases dans ce dernier livre.

Le procédé d’écriture consistant à répété ad nauseam les mêmes mots (la Scala de Milan jusqu’à l’écoeurement, entre autre) m’a rapidement lassé.

J’ai toutefois aimé le passage sur son intervention à la Villa Gillet qui m’a fait sourire. Pour le reste, le sujet principal du roman est plutôt triste, même si le thème de la mort est forcément sublimé par l’auteur.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’accoutrement de l’auteur anglo-saxon citant Joyce dès le début de son intervention sans répondre à la question posée.

Gallimard, 17 août 2017, 176 pages

Je remercie Babelio et les Editions Gallimard pour l’envoi de ce roman de la rentrée littéraire en avant-première

Le tour du monde du roi Zibeline – Jean-Christophe RUFIN

Je gardai un souvenir ému de Rouge Brésil et de Katiba de cet auteur. C’est donc avec joie que je commençais ma lecture.

Si je n’ai pas détesté, je n’ai pas non plus été enchantée par ce dernier roman de l’auteur.

Commençons par ce que j’ai apprécié : c’est bien écrit, facile à lire, la prose est fluide. On voyage depuis la Pologne jusqu’à Madagascar en passant par le Kamchatka, Paris et les Etats-Unis. Les deux narrateurs font en sorte que le récit rebondisse et ne lasse pas. Il leur en arrive, des aventures !

Alors certes, le récit est prenant, mais je n’ai pas senti une vraie ambiance dans ce roman qui m’aurait donné envie d’y retourner ; et surtout je m’attendais à plus de profondeur dans le récit. Les références philosophiques aux philosophes des Lumières m’ont paru bien plates.

Oui, le romancier m’a fait découvrir le personnage haut en couleur de ce roi de Madagascar. Pourtant, cela ne suffira pas à ce que son roman me reste en mémoire longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la zibeline que le héros chasse au Kamchatka et qui sera son nom de roi.

Quelques citations :

« Ce qu’on ne peut éviter, il faut le vouloir. » (p.120)

« Elle m’expliqua que, d’après ses observations, les hommes avaient pour aimer besoin de conquérir l’objet désiré. Si l’amour des femmes, selon elle, pouvait se déployer dans l’abstrait, celui des hommes était inséparable de la possession. » (p.246)

Gallimard, 6 avril 2017, 384 pages

Une affaire d’homme – Todd ROBINSON

Le bandeau vert promet que ça va faire mal : et le roman tient cette promesse.

Il faut dire que l’action se déroule dans le milieu des boîtes de nuit bostoniennes, et que les personnages principaux sont des videurs d’une boîte un peu louche (mais pas trop quand même).

J’ai adoré cette ambiance de musique rock et de gros bras au cœur tendre.

J’ai adoré que l’auteur m’oblige à lire les descriptions de bastons en y glissant une réplique qui fait mouche. Car même si Boo et Junior ont plutôt la poisse, ils ne manquent pas de bonnes réparties qui m’ont faites sourire et même rire.

Le récit est mené tambours battant, sans temps morts, Boo s’en sortira avec des cicatrices supplémentaires.

Sans oublier les autres membres de la bande des Avengers, comme ils se sont surnommés à l’orphelinat : Twitch l’insaisissable qui apparaît toujours quand on ne l’attend pas, et Ollie le pro de l’informatique.

Je n’ai pas lu le roman précédent (mais je ne manquerai pas de le faire), ce roman-ci nous parle d’homosexualité : les expressions toutes faites qui peuvent être blessantes ;  les homosexuels obligés de se cacher de leurs amis. 

Un vrai polar noir qui nous parle de notre société.

Monsieur Robinson, vous m’avez gentillement pris la main aux Quais du polar pour m’inviter à lire votre roman, et je vous en remercie. Comme écrit dans votre dédicace : Rock and read ! J’ai adoré vous lire et rocker avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tempête de neige qui se déroule pendant les quelques jours du récit.

Gallmeister, 2 mars 2017, 363 pages

Le Voyage des Pères, Tome 5 : Moshé – David RATTE

Où l’on découvre Moshé, le frère de Barabas qui vient juste d’être libéré, et pas Jésus.

Nous suivons et Moshé et Barabas, qui petit à petit s’ouvre à l’Esprit Saint.

Les personnages, même annexe comme le père de Moshé et Barabas, sont croqués avec beaucoup d’humour. Un humour toujours très fin, assez irrévérencieux et décalé par rapport aux canons catholiques. mais c’est ça qui est bon.

L’image que je retiendrai :

Celle du rideau déchiré le jour de la mort de Jésus : un fait raconté dans les Evangiles.

Paquet, 8 mars 2017, 48 pages

Le grand méchant renard – Benjamin RENNER

Une fois n’est pas coutume, mes Couassous et moi avons lu le même ouvrage : celui de Benjamin RENNER retraçant les aventures du Grand Méchant Renard.

Un seul reproche : c’est écrit un peu petit pour mes vieux yeux. Pour le reste : c’est extra !

Nous nous sommes marrés en famille des déconvenues de ce pauvre renard qui tombe d’inanition à l’idée de toutes ces poules à manger rien que pour lui ; nous avons bien aimé le loup, très détaché, et qui attend que le renard fasse la sale besogne ; nous avons aimé le chien procrastineur qui se fait envahir par la poule survoltée qui a perdu ses oeufs.

Nous nous sommes attendri devant ce renard propulsé chef de famille et qui tente de faire comprendre à ses poussins qu’ils sont des poussins.

Monsieur Renner, merci beaucoup pour ce très bon moment de lecture en famille.

L’image que nous retiendrons :

Celle du poussin appelant sa maman renard à corps et à cris pour lui montrer une feuille jaune.

Delcourt, 21 janvier 2015, 192 pages

La baleine thébaïde – Pierre RAUFAST

Thébaïde ? Vous avez dit thébaïde ?

Cette baleine ne serait-elle pas plutôt endémique ?

Trêve de perlocutions, car ce roman n’est pas verbeux.

Encore une fois, j’ai aimé les histoires racontées dans ce roman : l’aventure du baleinier et de ses hommes ; la start-up de Richeville (est-ce son prénom ?) ; son histoire d’amour avec la libraire et son Front de Libération des Crabes.

J’ai aimé les baleines high-tech à la façon des Nabaztag (le nôtre trône toujours sur le frigo, inactif).

Des clins d’oeil à ses précédents romans, que j’ai attendu, cherché et trouvé.

Bref, une belle après-midi de lecture.

Ecrivez-nous encore des histoires, Monsieur Raufast, j’adore voyager avec vous.

L’image que je retiendrai :

Celle de la baleine jouet high-tech que toute la Californie a dans sa piscine. Je ne regarderai plus un jouet de façon innocente, maintenant.

Alma Editeur, 5 janvier 2017, 218 pages

Dans les prairies étoilées – Marie-Sabine ROGER

Encore une belle galerie de personnages dans ce nouveau roman de Marie-Sabine Roger.

J’ai aimé découvrir Prune l’originale qui invente des noms charmants aux objets de brocante qu’elle tente de vendre.

J’ai aimé le dessinateur de BD et accessoirement de bestiaire si peu sûr de lui.

Leurs deux chats si opposés : l’un est une carpette qui ronronne, l’autre ne cherche qu’à griffer.

J’ai aimé leur maison à retaper sans eau chaude.

J’ai aimé l’amitié avec Laurent, qui décède. Laurent qui a une passion pour les whiskies.

J’ai aimé l’Oncle et la Tante Foune qui n’en fait qu’à sa tête.

Et bien sûr, Marie-Sabine Roger nous parle d’amour.

Comme le narrateur, j’ai regretté que ce livre se finisse trop vite, je serai bien resté encore un peu.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Tante Foune et du Cousin Matthias fouillant l’appartement de Laurent à la recherche d’un testament qu’ils ne respecteront pas.

Rouergue, 4 mai 2016, 256 pages

La danse des vivants – Antoine RAULT

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Eté 1918. Dans un hôpital militaire, un jeune homme se réveille amnésique. Il a tout oublié de son passé, jusqu’à son nom, mais parle aussi bien le français que l’allemand. Les services secrets français voient en lui l’espion idéal. Ils lui donnent l’identité d’un mort allemand. Mais peut-on être un autre quand pour soi-même on est personne ?

Grande fresque historique et roman d’aventures captivant, où personnages imaginaires et réels se côtoient, La danse des vivants nous entraîne dans une épopée à travers l’Allemagne de Weimar. C’est toute l’Europe de l’entre-deux-guerres déchirée par la violence des nationalismes et des idéologies que nous dépeint l’auteur à travers ce héros sans mémoire. De surprises en surprises, une réflexion sur l’identité et le destin de l’homme emporté et bouleversé par la marche de l’Histoire.

Mon avis :

J’ai aimé suivre ce héros sans mémoire : qui est-il ? Il ne le saura jamais, le lecteur, si.

Comment va-t-il gérer cette double identité d’espion ? Ne va-t-il pas se dévoiler malgré lui ?

J’ai aimé également suivre l’après-guerre du côté français et allemand : la façon dont les hommes politiques ont géré la victoire ou la défaite vis-à-vis de l’opinion publique.

J’ai ainsi appris que les soldats allemands, après la démobilisation, sont partis directement se battre dans la Baltique contre les Bolchéviques.

On découvre Clemenceau dans ses tractations. Un roman riche historiquement et qui pose la question de la fin de la guerre et de l’identité.

L’image que je retiendrai :

Celle du traitement à l’électricité que subit Charles, censé faire retrouver la mémoire. Une torture avant l’heure (serions-nous, nous français, les spécialistes de la torture à l’électricité ?…..)

Un travail comme un autre – Virginia REEVES

untravailcommeunautreStock, 24 août 2016, 344 pages

Présentation de l’éditeur :

« On naît avec quelque chose dans les veines, pour mon père, c’était le charbon, pour Marie, c’est la ferme, pour moi un puissant courant électrique. » 

Roscoe T Martin est fasciné par cette force plus vaste que tout, plus grande que lui, qui se propage avec le nouveau siècle : l’électricité. Il s’y consacre, en fait son métier. Un travail auquel il doit pourtant renoncer lorsque Marie, sa femme, hérite de l’exploitation familiale. Année après année, la terre les trahit. Pour éviter la faillite, Roscoe a soudain l’idée de détourner une ligne électrique de l’Alabama Power. L’escroquerie fonctionne à merveille, jusqu’au jour où son branchement sauvage coûte la vie à un employé de la compagnie..

Mon avis :

Même si il se laisse porter par les événements, Roscoe est un personnage attachant. Il m’a énervé, parfois, à ne pas souvent prendre les devants. Mais j‘ai fini par l’aimer, et avoir du mal à le quitter.

Sa femme, en revanche, qui au départ était une femme plutôt sympathique, m’est très vite devenue antipathique.

De la famille, seul Gérald n’a pas failli.

J’ai aimé suivre la vie de Roscoe en prison ; ses mésaventures et son attachement à Maggie, la chienne qui lui est donné à sa sortie ; ses diverses cicatrices qui parcourent son corps.

Mais ma lecture a été malheureusement trop hachée pour que j’ai été complètement emportée par le souffle épique de ce roman.

Je me joins au concert de louanges pour dire qu’il s’agit d‘un premier roman réussi.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’électricité, véritable fil conducteur du roman.

J’ai tué papa – Mélanie RICHOZ

tue-papaSlatkine et Cie, 25 août 2016, 94 pages

Présentation de l’éditeur :

« C’était donc lundi. Un lundi trois. C’est mon chiffre favori parce que je suis né en mars, le trois justement, et que mars est le troisième mois de l’année. Ma date de naissance, c’est le lundi 3.3.2003. Et aussi, nous sommes trois à vivre à la maison. Papa, moi et maman. L’homme, l’enfant et la femme. Le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Tyrannosaure Rex, le Diplodocus et le Stégosaure.Les trois mages de la constellation d’Orion. »

Confronté au monde et à l’hospitalisation de son père, le jeune Antoine livre ses réactions, auxquelles font écho celles de ses parents. Un roman bouleversant, à trois voix, qui nous plonge dans le quotidien d’un garçon autiste.

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel texte ! Un récit à trois voix : celle d’Antoine, jeune garçon autiste qui tente d’expliquer le monde autour de lui ; la voix de sa mère, bouleversante ; la voix de son père, toujours présent pour le réconforter quand Antoine panique.

A eux trois, ils forment une famille unie et aimante. Jusqu’au jour du drame.

Nous suivons donc ces trois personnages, leurs pensées et l’évolution d’Antoine.

Un récit court mais qui m’a bouleversé. J’ai fini les dernières pages avec des poissons d’eau dans les yeux.

L’image que je retiendrai :

Celle de la passion d’Antoine pour la couleur verte au point que sa mère colore tout ses plats en vert.