Archives de catégorie : Auteurs en S

Les cuisines du grand Midwest – J. Ryan STRADAL

Un roman avec des recettes dedans, mais pas que.

C’est avant tout la vie d’Eva, depuis sa naissance jusqu’à son succès de cuisinière hors-pair et originale.

Si j’ai aimé découvrir cette fille douée hors norme, j’ai regretté de la suivre de si loin : chaque chapitre nous raconte d’abord un épisode de la vie d’une personne ayant côtoyé Eva. Et parfois, elle n’apparaît que rapidement.

J’ai aimé toutefois découvrir une Amérique profonde et des strates de population qui ne se rencontrent pas souvent.

J’ai aimé retrouver la couleur jaune au détour des pages, comme un fil conducteur.

J’ai aimé le récit parsemé de recettes différentes.

Un roman qui montre, au final, la diversité des Etats-Unis, tant par sa population que par sa cuisine.

L’image que je retiendrai :

Celle du dîner dominicale pour lequel chacun apporte un plat réalisé avec les ingrédients les plus recherchés qui soient (tomates et maïs de telle propriété, salade de tel marché….)

Rue Fromentin, 11 mai 2017,  342 pages

Merci Aifelle et Cathulu pour cette très bonne idée de lecture

Les délices de Tokyo – Durian SUKEGAWA

Quelles ont l’air délicieuses, ces pâtisseries concoctées par Tokue dans l’échoppe de Sentarô : pour la confection des dorayaki, le secret réside dans la préparation de la pâte de haricots.

Et Tokue sait l’écouter murmurer, elle qui a tant souffert dans sa chaire.

C’est ce que va découvrir Sentarô à cause d’une propriétaire malveillante.

Aidé de Wakana, une jeune fille en marge, ils se prennent d’amitié pour la vieille dame et découvrent son terrible secret et la condition des lépreux au Japon.

Un roman pas si doux qu’il n’y parait. Une omniprésence des cerisiers à travers les saisons.

L’image que je retiendrai :

Celle de la vieille dame, Tokue, apprenant à Sentarô à écouter.

Albin Michel, 3 février 2016, 240 pages

Ces rêves qu’on piétine – Sébastien SPITZER

Un premier roman à la fois maîtrisé, passionnant et très riche.

J’ai aimé le style, pourtant sans fioriture, des phrases sèches, courtes, comme pour dire l’urgence.

J’ai aimé l’urgence de Feda, sa volonté de vivre malgré les expériences commises sur elle.

J’ai aimé le silence d’Ava et son attention à la besace dans laquelle se trouve la mémoire des camps.

J’ai aimé découvrir l’enfance de Magda, née Marie-Madeleine, ambitieuse prête à tout pour ne pas retourner dans la misère. J’ai aimé son regard sans concession sur les occupants du bunker.

Même les personnages secondaires sont brossés intelligemment : Lee-Meyer et Gary en pleins, Adolf et Joseph en creux.

Et puis le grand absent, celui toujours caché : le père de Magda.

Un roman très documenté qui n’est jamais pontifiant, mais qui remet à hauteur d’hommes, et surtout de femmes, l’Histoire en marche.

L’image que je retiendrai :

Celle du bunker dans lequel sont enfermés les derniers caciques du régime qui se meurt sous les bombes.

Les éditions de l’observatoire, 23 août 2017, 304 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

Trois verres de vodka – Dominique SCHNEIDRE

Il est donc question de la Pologne dans ce roman, à travers le personnage du réalisateur Andrzej Zulawski qui habite quelques années chez Cécile, la narratrice, et Tom, dans leur appartement à Paris.

L’année dernière, comprenez en 2016, la narratrice décide de raconter ces temps de cohabitation avec le célèbre cinéaste, le contexte politique français et polonais, ainsi que la façon dont se déroulaient les tournages des films de Zulawski.

Sans être voyeuse, la narratrice prend du recul par rapport aux événements et tente de ne garder que le meilleur de chacune des personnes qu’elle a croisées.

J’ai passé une belle après-midi de lecture, mais je ne suis pas certaine qu’il me restera quelque chose de cette lecture dans quelques semaines.

L’image que je retiendrai :

Celle du monstre créé pour le film Possession, que je n’ai pas vu, mais que je vais m’empresser de trouver.

JC Lattès, 23 août 2017, 320 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

Summer – Monica SABOLO

Il est beaucoup question d’eaux, de noyades, de corps flottant à la surface de piscines ou de lacs dans ce roman. Tellement, que j’ai bien failli me noyer.

Oui, le personnage principal imagine sa soeur disparue telle Ophélie, jeune fille magnifique couchée sur l’eau tel un grand lys. Il en rêve même la nuit, de sa soeur noyée. A tel point que je me suis demandé (vous connaissez mon esprit torturé) si ce n’était pas lui qui l’avait tué et fait disparaître, et refuserai de s’en souvenir.

Car Benjamin fréquente les psys depuis la disparition de sa soeur, sans jamais rien leur dire. Mais 25 ans après les événements, une odeur de peinture le replonge en plein drame et une crise de panique le contraint à s’arrêter de travailler pour dépression. Inutile de vous dire que les descriptions de ses symptômes ne m’ont pas passionné.

Vous l’aurez compris, je suis restée totalement hermétique à la petite musique de l’auteure, à l’ambiance glauque crée, et je n’ai fini ma lecture uniquement pour savoir ce que Benjamin allait devenir.

J’ai tout de même aimé le message de l’auteure : dans les familles, il est important, sinon vital, de se parler.

L’image que je retiendrai :

Celle de Summer avant de disparaître : une jeune fille blonde en short d’été avec un tee-shirt blanc.

JC Lattès, 23 août 2017, 320 pages

Dracula – Bram STOKER

Je n’aime pas les histoires de vampires, mais il me fallait lire ce classique de la Littérature mondiale (après mon Grand qui l’a lu cette année pour le collège, la honte).

Bien m’en a pris (même si j’ai eu un peu peur au début du roman), car je pensais que toute l’action se déroulait en Transylvanie. Grave erreur !

Je savais pour les colliers d’ail, mais ce ne sont pas de simples chapelets comme on en trouve dans le commerce, que nenni, il faut que ce soient des fleurs d’ail.

J’ignorai également que le Comte avait un certain pouvoir sur les animaux.

Bref, ce fut une belle découverte, même si j’ai regretté le style ampoulé de certains dialogues quand les hommes s’adressent aux femmes (autres temps…)

L’image que je retiendrai :

Celle de l’odeur de l’ail frotté partout dans la chambre. Je n’ose imaginer au petit matin.

Le livre de poche, 30 septembre 2009, 605 pages

Au milieu de nulle part – Roger SMITH

L’auteur nous emmène au milieu de nulle part : comprenez au fin fond de l’Afrique du Sud, en pleine brousse désertique, où le racisme a encore force de loi.

Des personnages hors-norme, jamais caricaturaux, mais emblématiques de la société du pays : le petit blanc réac qui s’est créé une communauté entièrement dévouée ; le bushmen qui a grimpé l’échelle sociale pour devenir policier ; l’ancienne dissidente devenue une politique influente ; la jeune fille en rébellion contre son papa ; et bien sûr les petits secrets de chacun.

Tout concourt à rendre ce roman passionnant, même si on met un certains temps à découvrir ce qui relie les personnages les uns aux autres.

Un instantané sur la société Sud-Africaine post-Apartheid. Une écriture fluide qui donne envie de ne jamais lâcher le texte. Un très bon moment de lecture. La découverte, pour moi, d’un auteur captivant.

L’image que je retiendrai :

Celle du 4X4 d’un des personnage rempli de junk-food, palliatif à son mal-être.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Calmann-Lévy pour l’envoie de ce roman.

Douleur – Zeruya SHALEV

Deuxième essai de lecture d’un roman israélien contemporain. Cette fois-ci, je suis allée jusqu’au bout. Difficilement, mais jusqu’au bout.

Force m’est de reconnaître que je ne suis pas fan de ces romans qui circonvolutionnent à loisir autour du sujet. Des paragraphes compacts, des retours sur la vie des personnages en plein milieu de la narration, et deux intrigues – minces – qui ne m’ont pas passionnées.

Et que dire de la fin, traitée en quelques lignes, après toutes ces pages sur le sujet….

Le titre, déjà, aurait dû me rebuter : douleur. Je crois aussi que je n’avais pas envie de lire sur un tel sujet. Je suis d’ailleurs étonnée que le mot ne soit pas au pluriel, tant il est question de toutes sortes de douleurs.

L’image que je retiendrai :

La distance Jérusalem Tel-Aviv est très courte : moins d’une heure en voiture sans embouteillage.

Hématomes – Romain SLOCOMBE

Depuis Monsieur le commandant, Romain Slocombe est un auteur que j’apprécie.

Une écriture maîtrisée, il peut décrire les pires atrocités et bassesses humaines, tout dans le feutré.

J’aime l’intelligence de sa plume et la finesse de son propos.

Même si les 9 nouvelles qui composent le recueil ne sont pas toutes de la même intensité, j’ai aimé les lire et me laisser guider par l’auteur, attendant toujours d’être surprise. Ce qui n’a pas manqué.

L’image que je retiendrai :

Celle de la jeune fille maquettiste croyant être poursuivie par Guy Georges, le tueur de l’est parisien.

Je remercie les Editions Belfond ainsi que NetGalley pour l’envoi de ce livre

Lu sur Liselotte

Chanson douce – Leïla SLIMANI

Pas de mystère, on sait dès les premières lignes que la nounou a tué les enfants. Reste à découvrir, au long des 180 pages comment et pourquoi le drame se met en place.

Un coup moderne parisien : monsieur n’a pas d’horaire et madame, qui recommence à travailler, privilégie sa carrière.

Et puis la nounou est efficace : elle récure tout du sol au plafond, mitonne des petits plats, et les enfants l’adorent.

Mais petit à petit, la nounou installe son emprise sur l’appartement. Le couple s’en rend compte, mais leur tranquillité d’esprit et leur confort de vie ont raison de leur méfiance.

Et puis, au fil des chapitres, on découvre le passé de la nounou, à peine brossé, mais très révélateur.

Le style est sec et sans fioritures, et la psychologie à peine esquissée. Je ne peux donc pas dire que ce Prix Goncourt me restera en mémoire pour sa langue et son histoire.

Néanmoins, j’ai passé un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures de la nounou, qu’elle astique consciencieusement.

Lu sur Liselotte