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La menace – S.K. TREMAYNE

Oui, ce roman avait tout pour me plaire : une jeune femme battante au passé trouble fraîchement installé dans une vieille demeure en Cornouailles ; un beau-fils qui perçoit l’avenir ; une belle-mère qui perd la tête en vieille lady anglaise très digne ; les mines qui ont fait la fortune de la famille en toile de fond ; et la mystérieuse disparition de la première femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

L’auteure multiplie les fausses pistes et parsème les révélations ; même le mari, au départ au-dessus de tout soupçon révèle son côté obscur.

Des chapitres comme des comptes à rebours avant la date fatidique de Noël.

Tout est là, je vous dis. Sauf le style.

Je n’avais pas lu le précédent et premier roman de l’auteur qui, apparemment, a eu du succès. Les seconds romans sont souvent moins bons. Espérons que le troisième sera meilleur.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites routes de campagne sur lesquelles roule Rachel, dans le brouillard.

Je remercie les Presses de la Cité et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

L’insouciance – Karine TUIL

Gallimard, 18 août 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

En 2009, de retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes au cours d’une embuscade tendue par les talibans, le lieutenant Romain Roller souffre d’un syndrome de stress post-traumatique. Durant le sas de fin de mission qui a lieu sur l’île chypriote de Paphos, il a une liaison passionnée avec une jeune journaliste et romancière, Marion Decker. Il revoit également Osman Diboula, un ancien éducateur social, fils d’immigrés ivoiriens, qu’il a connu pendant son enfance à Clichy-sous-Bois, et devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité montante de la vie politique française.

Le retour en France de Roller auprès de sa femme et de son fils se passe mal. Seule sa liaison avec Marion Decker parvient à le sortir de sa torpeur, jusqu’à ce qu’il apprenne qu’elle est mariée à l’un des plus grands chefs d’entreprise français, le flamboyant François Vély, fils d’un ancien ministre juif ayant participé à la résistance dans le maquis de l’Yonne. Grand patron de presse, François Vély est un homme d’influence. Mais à la veille d’une importante fusion avec une société américaine, il pose pour un magazine sur une oeuvre d’art représentant une femme noire et il est accusé de racisme. Son empire est ébranlé par ce scandale, qui inonde les réseaux sociaux. Osman Diboula va prendre sa défense, bien qu’il soit lui-même récemment tombé en disgrâce aux yeux du Président de la république, qui l’a écarté brutalement de ses proches conseillers. Le destin de ces trois hommes se trouve alors inextricablement lié…

Mon avis :

Une grande fresque, passionnante, où les personnages se croisent et se recroisent.

Je les ai aimés, tous, dans leurs différences, leurs petites lâchetés  et leurs conflits.

Ils ont pourtant des postes clés, mais une inattention va les précipiter dans un avenir incertain.

Les scènes d’amour sont passionnelles, comme si les seuls points d’encrage des personnages étaient ces moments de corps à corps passionnels.

Il y est question de la guerre en Irak où personne ne fait confiance à personne ; du racisme anti-noir et anti-juif, ainsi que du cyber-harcèlement ; du retour des ultras religieux.

Les personnages grandissent dans la douleur : oui, le temps de l’insouciance est fini pour eux.

L’auteure termine toutefois son roman sur une note optimiste : c’est grâce à la famille que nous pouvons surmonter les épreuves.

L’image que je retiendrai :

Celle du Grand Cercle dans lequel rêve d’entrer Osman.

Quelques citations :

« – Les blessures d’humiliation sont les pires, rétorqua son père. Pourtant, on n’en meurt pas. Regarde-moi, je suis toujours là… » (p.218)

« On voit mieux certains choses avec des yeux qui ont pleuré. » (p.219)

« Quand vous entendez dire du mal des juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » (p.307)

« Peut-être qu’il ne faut pas chercher à être heureux mais seulement à rendre la vie supportable. » (p.509)

Merci Eve pour ce très bon conseil de lecture.

Le crime : histoire d’amour – Arni THORARINSSON

crimeEditions Métailié, 4 Février 2016, 140 pages

Présentation de l’éditeur :

Avant ils étaient heureux, une famille heureuse, et puis ils l’avaient appris et leur vie était devenue un enfer. Ils ont tout caché, surtout pour leur fille, mais se sont engagés à lui parler le jour de ses 18 ans. Tous les trois ils ont attendu ce jour et craint son arrivée.

La mère veut, contre vents et marées, tenir sa promesse. Le père doute que la vérité les libère du cauchemar qu’est leur vie. La fille se révolte, essaie de survivre, de les tenir à l’écart, elle les hait autant qu’elle les aime, et elle vit loin d’eux, entourée d’amis bien intentionnés, qui l’aiment.

Mon avis :

Alternant les point de vue à chaque chapitre, en alternance le père, la fille, la mère et la lettre de la mère à sa fille, nous découvrons une famille éclatée dans l’impossibilité de recoller les morceaux.

Pourquoi ? C’est ce que nous apprend la grand-mère au milieu du roman. Seule la fille restera dans l’ignorance jusqu’à la fin de cette journée.

L’auteur distille subtilement le doute : faut-il révéler ce terrible secret de famille à cette jeune fille de 18 ans ? Le doute perdure une fois la lecture achevée….

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère, tombée profondément dans le cercle vicieux de la drogue, en appelant à son ex-mari psychologue pour régler ses dettes, et que sa fille filme un jour de déchéance en pleine rue.

Quelque part avant l'enfer – Niko TACKIAN

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Scrineo Editions, 5 mars 2015, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Anna R. est une survivante. L’espace d’une seconde, lorsqu’une tonne d’acier a fracassé l’habitacle de sa voiture, elle a vécu une expérience de mort imminente. De retour parmi les vivants, Anna n’aura de cesse d’essayer de comprendre ce qui lui est arrivé. Qui était cet homme baigné de lumière noire qui la menaçait jusqu’aux portes de la mort ? Pourquoi n’a-t-elle pas, comme les autres « expérienceurs », la conviction de pouvoir vivre une vie meilleure ?

Parfois, il faut peut-être mieux ne pas revenir…

Mon avis :

Parler des Expériences de Mort Imminente est assez rare, dans un thriller encore plus.

L’EMI sert donc de cadre à cette intrigue policière rondement menée.

Les pages se tournent facilement, on a hâte de découvrir le prochain rebondissement et de trouver, bien sûr, le coupable.

L’auteur nous envoie sur des fausses pistes, nous cachant toujours la bonne.

Un auteur à suivre.

L’image que je retiendrai :

Celle de la spirale gravée sur le Vieux Gris, l’arbre de la propriété d’Etretat.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace lors du salon Sang d’Encre à Vienne en novembre 2015.

Les âmes troubles – Olivier TAVEAU

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Le Masque, 25 mars 2015, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

C’était une expérience étrange de le croiser à cet endroit, dans cette chambre d’hôpital. Il n’était pas du genre à se montrer, pas du genre à chercher la publicité. Il y avait bien les cadavres, oui, mais en dehors de ce détail, c’était un assassin discret. Qu’il se présente à lui, quelques heures après avoir abattu un policier et tenté de le tuer, laissait Nicholas Bog-Bat perplexe. Si encore il était venu finir le boulot, en silence, en passant. Même pas. Il voulait juste parler, disait-il. Parler…
Comme si le diable avait du temps à perdre.

Mon avis :

C’est rude, c’est sec, c’est sans explication. J’en venais à confondre les personnages.

L’intrigue ne m’a pas passionnée non plus.

Un abandon.

Sombre est mon coeur – Anti TUOMAINEN

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Fleuve Editions, 8 octobre 2015, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

À une heure de route d’Helsinki, entre l’immense forêt et la côte battue par les vents, Aleksi prend ses fonctions au manoir de Kalmela – un monde d’ombres et de silences… Étrange nouveau gardien que ce jeune homme ténébreux, solitaire, traversé de désirs contradictoires.

Étrange également la ronde qu’il mène avec la cuisinière, mutique, et la fille de la maison, aussi hautaine que cajoleuse. Étrange enfin la complicité menaçante que lui impose son sulfureux patron, le millionnaire Henrik Saarinen… Car Aleksi n’est pas là par hasard.

Vingt ans auparavant, sa mère succombait sauvagement sous un poignard anonyme – affaire classée pour tous sauf pour lui qui ne vivrait plus, désormais, que pour trouver des réponses.
Pour y arriver, il a tout sacrifié : son métier, ses désirs, jusqu’à l’amour d’une fille.
Cette obsession le dévore encore, aujourd’hui qu’il croit toucher au but.

Mon avis :

Ca commence par une scène choque pour le moins frappante. Pourtant, on ne peut pas dire que j’ai suivi avec grand intérêt cette histoire. Certes, le personnage d’Aleksi est intéressant et le mystère qui entoure la disparition de sa mère plutôt prenant. Mais, je n’ai pas réussi à m’attacher aux différents personnages, demeurés bien mystérieux tout au long de ma lecture.

Il règne dans le manoir un atmosphère étrange et Aleksi se laisse porter par les silences de chacun, sans chercher à percer le mystère. Les événements se précipiteront malgré lui.

Une ambiance et des personnages qui restent flous. Qui plus est, Aleksi préfère souvent se déplacer dans la pénombre, les vases sont très présents tout au long de la narration (faut-il y voir un quelconque symbole ?…..)

Les explications finales, intéressantes, ne sauvent pourtant pas des platitudes du roman.

L’image que je retiendrai :

Celle des noeuds que la mère d’Aleksi gardait en souvenir.

Jeu de pistes – Marcel THEROUX

jeudepistes

10X18, 16 mai 2013, 288 pages

Présentation de l’éditeur : 

À la mort de son oncle, une succession inattendue tire Damien March de son ennui : la maison excentrique de Cap Code et pleine de trésors. Parmi eux, l’héritier déniche un manuscrit inachevé. Mais en tournant les premières pages, il est loin de se douter qu’il tient entre ses doigts la piste tortueuse et brûlante d’un insoupçonnable secret de famille…

Mon avis :

Même si le fameux secret de famille ne commence à se révéler que dans les toutes dernières pages, j’ai aimé le dépaysement à Cap Code dans cette maison pleine d’un bric-à-brac improbable.

La vie de l’oncle apparait bien étrange, aux vues des souvenirs du neveu qui nous relate les étés qu’il passait avec son frère dans la maison. La relation pleine de non-dits entre son propre père et son frère.

Mais aussi les nombreuses femmes passées dans la vie de son oncle, dont une fait son apparition.

Le narrateur se lie également d’amitié avec une famille voisine, utilisant leur téléphone car la maison n’en possède pas.

La première partie du roman qui se déroule à Londres ne m’a pas entièrement passionnée, je suis pleinement entrée dans le roman à partir du moment où le narrateur prend possession de la maison.

Un jeu de pistes et une très belle réflexion autour de la filiation.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’inventaire des biens de l’oncle qui fait 250 pages.

Pardonnable, impardonnable – Valérie TONG CUONG

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JC Lattès, 7 janvier 2015, 300 pages

Présentation de l’éditeur :

Un après-midi d’été, Milo, douze ans, fonce à vélo sur une route de campagne. L’ivresse de la descente, un virage, et c’est la chute.

Tandis que l’enfant se bat pour sa vie, c’est toute sa famille qui vole en éclats. Milo était censé réviser ses cours d’histoire. Que faisait-il sur cette route ? Chacun cherche le coupable, mais personne n’est innocent.

Mon avis :

Un huis-clos familial où chacun se rejette la pierre, tentent de se dédouaner, mais effectuant également une introspection, révélant ainsi leurs secrets.

Qu’ils ont humains, ces personnages que Valérie Tong Cuong nous donne à voir, se débattant dans leur vie : la grand-mère qui fait face coute que coute ; le père en prise avec la boisson ; la mère avec un premier enfant mort-né ; et la tante, énigmatique, la tante.

Pourtant, ils m’ont aussi agacé à vouloir rejetter la faute sur les autres, toujours, tout le temps.

Et même si la fin est quelque peu hollywoodienne où tout le monde est pardonné, ils n’en ressortent pas tous indemne.

Une lecture intéressante par les portraits qu’elle brosse et les ravages du mensonge et des non-dits.

L’image que je retiendrai :

Celle de la robe à damier de la tante, que Milo, son neveu, l’avait pressé d’acheter.

Goodbye Gandhi – Mélanie TALCOTT

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Lu sur Liselotte

Résumé de l’éditeur :

« Vijay Ramalingam avait tellement vu de corps de suicidés, des femmes surtout qui se donnaient la mort en se pendant à un ventilateur, qu’il eut l’immédiate certitude qu’elle s’était pendue avec un foulard ou un linge quelconque, avant que l’évidence ne chasse la logique des apparences. Quelqu’un avait pris la peine non seulement de déposer son corps sur un linceul de fleurs, mais aussi de répandre autour quelques pièces de monnaie et du riz safrané. Quelqu’un qui avait assisté ou organisé ce suicide et qui connaissait les rudiments des rites funéraires indiens et s’était efforcé de respecter, du moins à sa manière, la défunte dont le visage exprimait étrangement plus la sérénité que la peur. Il soupira, se demanda pourquoi cela ne l’étonnait jamais que bien des personnes que l’on qualifiait avec une vénération non dénuée d’envie d’extraordinaires, finissent un jour ou l’autre par se retrouver dans une poubelle, sortit son mobile indien BSNL et appela son supérieur, Ravi Kumar. »

Mon avis :

L’enquête, ici, a peu d’importance. Car l’auteure donne à voir une Inde inédite, loin des sentiers battus et des circuits pour touristes.

L’auteur nous décrit ainsi la corruption ordinaire, la violence, les meurtres, la prostitution, l’humanitaire travesti en tourisme sexuel.

Un livre sans complaisance, mais d’une tendresse caustique, car on sent, derrière les mots, l’attachement au pays de son père.

Une vraie plongée dans un pays inconnu aux us et coutumes d’un autre temps, et qui perdurent pourtant. Même la fin est à l’image du pays : immoral mais tellement juste et humaine.

Un peu bavard, toutefois, dans les longs discours inutiles des protagonistes.

L’image que je retiendrai :

 Celle des pétales de fleurs sur les tombes des deux femmes mortes.

Je remercie l’auteur pour l’envoi de son livre en format ePub.