Archives de catégorie : Auteurs en V

La prochaine fois ce sera toi – Vincent VILLEMINOT

Je découvre l’auteur avec ce roman (il a co-écrit la série à succès U4), et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Ce n’était pas gagné : les policiers de cette brigade un peu spéciale chassent les goules. Vous ne savez pas ce que c’est ? Moi non plus, mais ce n’est pas grave. L’originalité du roman est ailleurs. (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »), est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits.)

D’abord la brochette de personnages haut en couleur : Godfather qui dirige les opérations depuis son fauteuil au milieu de sa bibliothèque ; son adjoint Gimli qui s’occupe des opérations de terrain ; Toussaint Fermeture (j’adore !) alias Jimi Hendrix, aux méthodes peu légales et occultes et aux tee-shirt un brin provocateurs. Et enfin la nouvelle recrue Diane-de-Moitié fraîchement débarquée qui ne comprend pas bien les codes et qui a la gâchette facile.

J’ai aimé que le méchant fasse des erreurs et ne soit pas invincible.

J’ai aimé rencontrer les deux filles de Godfather et suivre leur vie en parallèle de l’action principale.

Premier volet d’une série intitulée La brigade de l’ombre, je ne manquerai pas de suivre leurs prochaines enquêtes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la seconde fille de Godfather qui passe son temps à dessiner avec des feutres noirs plus ou moins fins.

Casterman, 2 juin 2016, 350 pages

Article 353 du code pénal – Tanguy VIEL

Qui croit encore que la justice règle tous les problèmes de façon impartiale ? Pas moi, en tout cas. Jusqu’à ce que je lise ce roman qui, au départ, ne me tentait pas plus que ça, rapport au code pénal.

Et puis il a croisé ma route, alors je me suis lancée dans sa lecture. Une lecture exigeante, car le personnage parle : les phrases sont longues, la chronologie aléatoire. Au lecteur de faire des ponts, rapprocher les événements et découvrir un personnage principal à qui la vie n’a pas fait de cadeau.

Pourtant, jamais il ne désespère. On suit ses réflexions, c’est un homme qui ne parle pas beaucoup mais observe et déduit. Et agit, finalement.

J’ai tout de même un doute sur la fin du roman par rapport à ce fameux article : oui, il invoque le doute raisonnable, mais pour les juges et jurés de court d’assise, pas avec le juge d’instruction, je me trompe ? 

Un auteur que j’apprécie toujours autant.

L’image que je retiendrai :

Celle du fils du personnage principal défaisant tous les amarres des bateaux de plaisance de la rade.

Lu sur Liselotte

Prix RTL-Lire

Echec à la reine – V. VALEIX

Premier volet d’une série intitulée Crimes et Abeilles, je découvre le personnage principal Audrey Astier, apicultrice, qui se lance à la recherche de son vieil ami Janissou qui a disparu.

Tous les deux habitent dans un village proche de Rocamadour, l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir cette belle région.

Une histoire d’amour serait-elle en train de naître entre la jeune femme et le lieutenant de gendarmerie Steinberger, qui parle régulièrement alsacien ?

L’enquête est intéressante, mais ce qui m’a plu, ce sont les découvertes autour du miel que nous propose l’auteure : elle explique très bien, sans être pédante, l’art de la fabrication du miel, ses bienfaits et l’organisation de la ruche.

Gageons que l’auteure a encore beaucoup à nous apprendre dans les prochains tomes de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle des tatouages des membres de la secte Apis Dei : une abeille avec ou sans dard au creux du poignet.

Editions du Palémon, 9 mars 2017, 384 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman apicole.

Derniers jours sur terre – David VANN

Je laisse encore une chance à l’auteur avec cet essai sur un tueur de masse paru en 2014.

Mais il n’y a rien à faire, j’ai du mal à suivre les images de l’auteur et à comprendre où il veut en venir : il nous parle du suicide de son père en parallèle avec le suicide de Steve qui a juste avant tué 5 personnes dans son université. Quel rapport ?

L’auteur rencontre les personnes qui ont côtoyé Steve et retrace son parcours d’adolescent mal dans sa peau, interné plusieurs fois, sous anti-dépresseurs, souffrant de TOC, rejeté par sa soeur, un brin raciste et adorant les jeux vidéos violents. Quel tableau !

Pourtant, il tombe amoureux, mais il a une telle mauvaise image de lui et de ses capacités qu’il ne peut remonter la pente.

C’est l’occasion pour l’auteur de fustiger l’armée américaine qui « relâche » ses anciens enrôlés dans la nature sans aucun suivi ; sur le lobby des armes à feu incapable de tirer une leçon de ces tueries répétitives.

Mais je reste dubitative sur la portée de la conclusion de l’auteur : les plus malheureux sont les gens autour du suicidé qui doivent faire face au geste définitif. 28 ans et 260 pages pour en arriver à cette conclusion, cela me paraît beaucoup.

J’ai trouvé très longs les passages où l’auteur transcrivaient les dernières conversations écrites de Steve avec son amoureuse : il n’en fait aucune analyse et se contente de nous livrez les faits bruts.

De même, si, au départ, l’auteur ouvre son livre sur le suicide de son père, on s’aperçoit bien vite qu’aucune comparaison n’est possible. Alors pourquoi avoir maintenu le parallèle ?

Gallmeister, 4 septembre 2014, 256 pages

Le retour de Jules – Didier Van CAUWELAERT

Où l’on retrouve Jules qui, encore une fois, fait des siennes : il a agressé le petit fils d’une vieille dame riche et épileptique et est menacé d’euthanasie.

Je ne vous décrirais pas tous les rebondissements du roman, je vous laisse le plaisir de les découvrir.

L’auteur a le pouvoir de transformer deux chiens en personnages romanesques capables de raison et d’émotions. Et, même si je n’aime pas particulièrement les chiens, je dois avouer que Jules me plait bien.

Encore une fois, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de tous ces personnages, des rebondissements du récit et de l’humour incomparable de l’auteur.

L’auteur fait, de plus, œuvre utile en mettant en lumière l’apport des chiens dans le traitement de l’épilepsie.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jules allant se coucher dans le panier de sa belle.

Albin Michel, 3 mai 2017, 167 pages

Je remercie Gilles Paris pour l’envoi de ce roman en avant première.

Entre ici et ailleurs – VANYDA

J’ai eu un peu de mal, au début, avec cette bande dessinée, jusqu’à ce que je me rende compte que, pour moi, le livre relève plus du roman dessiné.

Je me plonge donc dans l’histoire de Coralie, qui découvre la capoeira (bon, ça, j’aurai pu m’en passer), jeune métisse de père laotien et de mère européenne, fraîchement célibataire.

Si ses histoires de coeur ne m’ont pas passionnées, en revanche, la quête de ses racines, par le biais d’un camarade de jeu de capoeira, m’a parlé.

Le voyage avec Kamel en Algérie lui fait prendre conscience que son propre voyage à la recherche de ses origines au Laos a été plus riche que ce qu’elle pensait. Finalement, c’est la fin de ce roman dessiné que j’ai préféré.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère de Coralie qui la pousse à commencer la capoeira.

Dargaud, 29 janvier 2016, 192 pages

La disparition de Jim Sullivan – Tanguy VIEL

Minuit, 3 janvier 2017, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Du jour où j’ai décidé d’écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s’appellerait Dwayne Koster, qu’il enseignerait à l’université, qu’il aurait cinquante ans, qu’il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu’il détestait.

Mon avis :

Comment vous parler de ce livre ?

Je vais plutôt vous parler de ma lecture : l’auteur est malicieux, qui place des références et des bons mots qui font forcément sourire son lecteur (dont moi).

L’auteur nous présente le roman américain qu’il veut écrire : le choix des noms des personnages, des lieux, du déroulé de l’intrigue, tout en restant très français dans sa démarche.

Et au fait, Jim Sullivan, dans tout ça ? Je ne vous en dis pas plus.

Une histoire intelligente qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Je ne peux que vous inciter, si ce n’est déjà fait, à lire cet OLNI.

L’image que je retiendrai :

Celle des antiquités dans le coffre de Dwayne, qui vont servir à financer la prochaine campagne électorale de l’ancien président des Etats-Unis.

14 juillet – Eric VUILLARD

Actes Sud Editions, 17 août 2016, 208 pages

Présentation de l’éditeur :

Paris est désormais au peuple. Tout chaviré. Aiguisé. Se baignant aux fontaines. La nuit est tombée. De petits groupes marchent sur les barrières. Ce sont des bandes d’ouvriers, de menuisiers, de tailleurs, gens ordinaires, mais aussi des porte-faix, des sans-emplois, des argotiers, sortis tout droit de leur échoppe ou du port au Bled. Et dans la nuit de la grande ville, il y eut alors une étincelle, cri de mica. L’octroi fut incendié. Puis un autre. Encore un autre. Les barrières brûlaient. Ce qui brûle projette sur ce qui nous entoure un je-ne-sais-quoi de fascinant. On danse autour du monde qui se renverse, le regard se perd dans le feu. Nous sommes de la paille.

Mon avis :

Moi qui ai horreur des accumulations en littérature, on peut dire que j’ai été servi avec ce texte.

Je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, à me passionner pour tel ou tel individu.

Oui, il y a un travail certain de recherche, mais la mise en forme m’a rebuté.

La fresque créée par l’auteur ne m’a pas parlé.

Tant pis pour moi.

Le tableau – Laurence VENTURI

letableauAlbin Michel, 2 novembre 2016, 205 pages

Présentation de l’éditeur :

Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Et si, vous aussi, vous découvriez un Modigliani chez vous ? Impensable ? Délirant ? Et pourtant, c’est l’histoire authentique que Laurence Venturi nous raconte, de l’enquête quasi policière pour faire authentifier le tableau aux bouleversements familiaux, conjugaux, psychologiques qu’entraîne pareille aventure où tous les secrets de famille volent en éclat.

Mon avis :

Des phrases courtes ; un rythme qui ne faiblit jamais ; il m’a fallu plusieurs fois refermer ce roman pour le reprendre plus tard tant je manquais d’air.

Dommage, le propos était intéressant : trouver des preuves que le tableau était bien un vrai Modigliani ; se demander comment il avait atterrit dans la famille.

J’en ai appris plus sur la technique du peintre, et notamment pourquoi les yeux de ses portraits étaient si envoûtant.

Mais trop de clichés ont gâchés ma lecture, surtout celui de la fin où tout le monde rit autour d’une bonne table.

Une lecture sympathique, mais qui ne me marquera pas longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des éclats de rire de toute la famille après des épisodes un peu tendus. Ca m’a paru too-much.

Je remercie les Editions Albin MIchel pour l’envoi de ce roman.

Nuit de septembre – Angélique VILLENEUVE

nuitdeseptembreGrasset, 9 mars 2016, 160 pages

Présentation de l’éditeur :

« Une nuit, ton fils s’est tué dans sa chambre, au premier étage de votre maison. Au matin à huit heures, avec son père tu l’as trouvé.
Depuis, à voix basse, tu lui parles. Tu lui demandes s’il se souvient.
La mer étale à huit heures du soir, les talus hérissés d’iris, les pierres de la cour tiède sous la peau du pied, les filles dont les yeux sourient, toutes les choses belles et la lande silencieuse.
Tu espères tant qu’il est parti gonflé d’elles. Mais comme tu n’es pas sûre qu’en aide, en ailes, ces choses lui soient venues cette nuit-là, tu les lui donnes par la pensée, la respiration, le murmure. »

Avec une sensibilité vibrante, lumineuse et poétique, Angélique Villeneuve dit l’après : comment exister sans celui dont on respecte silencieusement le choix d’être parti ? Quelle place trouver parmi les vivants et comment leur dire, à travers ce livre, toute la beauté du monde ?

Mon avis :

La narratrice tente de mettre des mots sur le décès brutal de son fils.

Pas de misérabilisme, pas de pleurs, aucune tentative de chercher à savoir pourquoi. Juste des mots sur cette absence que la mère vit jour après jour.

Les arbres sont là pour aider cette mère démunie.

Et puis un jour, elle trouve dans une autre langue comment se dit un parent orphelin de son enfant.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette mère qui sent l’absence de son fils au creux de sa hanche, physiquement.

Yuko, Clara, Aifelle, Sylire et Antigone m’ont donné envie de plonger dans ce récit.