Archives de catégorie : Auteurs en Z

Je dansais – Carole ZALBERG

Oui, Marie dansait avant d’être enlevée par un homme au visage brûlé.

Marie nous raconte comment elle vit les premiers temps de sa détention : la recherche de la fuite, le refus de tout ce que lui propose son ravisseur, jusqu’à l’acceptation.

Edouard nous parle aussi : son accident et sa défiguration, jusqu’au regard différent de Marie sur lui. Son amour pour elle.

Quelques chapitres avec les voix des parents de Marie qui espèrent, toujours.

Mais ce que j’ai aimé, dans ce roman, ce sont les choeurs : ces voix qui sont celles des femmes enlevées et violées et tuées partout dans le monde, des femmes réduites en esclavage. Ce sont ces voix qui me resteront en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Marie se dirigeant vers les bras d’une maman lors d’un pique-nique.

Grasset, 1er Février 2017, 160 pages

Mercis Jostein, Noukette,  Leiloona, et Gambadou pour cette idée de lecture.

Au bonheur des dames – Emile ZOLA

Une histoire d’amour au milieu des chiffons. Je sais, c’est un peu raide comme résumé, mais vous connaissez mon esprit de synthèse.

J’ai découvert tous les tissus possibles et imaginables, nous qui ne nous vêtons plus que de jeans et de coton (un peu de soie encore, parfois, en cas de mal de gorge).

Mais oui, Emile Zola a un talent incomparable pour nous décrire l’emprise des Grands Magasins et la destruction du petit commerce ; les coups marketing avant l’heure et la taylorisation du travail des vendeuses/eurs.

Les descriptions sont parfois un peu longues, mais rien de tel pour faire vivre Le Bonheur des Dames, qui devient un personnage à part entière.

Denise, le personnage principal, m’a un peu agacée, au début. Fraîchement débarquée de Valognes (c’est où ça ? C’est beau, mais c’est loin…), elle est un peu cruche au milieu du rayon et en amour.

J’ai préféré le personnage de Mme Aurélie, la première du rayon, et son fils qui n’en fait qu’à sa tête.

Sans oublier les bourgeoises qui volent de la dentelle pour le plaisir du frisson.

Mais M. Zola démontre avec brio que ce Bonheur des Dames n’est qu’une nouvelle forme d’emprisonnement des femmes :

« Alors, plus haut que les faits déjà donnés, au sommet, apparut l’exploitation de la femme » (p.70)

« Il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grandes, et, derrière elle, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner. » (p.70)

« Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. » (p.214)

Bref, je ne regarderai plus les tissus avec le même oeil maintenant.

L’image que je retiendrai :

Celle des rouleaux de tissus empilés dans la cave et par terre, formant des montages.

Lu sur Liselotte

Jacob, Jacob – Valérie ZENATTI

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Points, 14 janvier 2016, 182 pages

Présentation de l’éditeur :

Jacob, jeune Juif de Constantine, est la fierté de sa mère Rachel. Par son sourire, ses chants, sa générosité, lui seul apporte de la gaîté au sein de la famille Melki, où trop souvent résonne la fureur du père.

Mais Jacob est enrôlé en juin 1944. Comme lui, des juifs et des musulmans se battent sur le sol français pour libérer un pays qui n’est pas toujours juste envers eux. La famille de Jacob attend son retour avec impatience. Mais la nouvelle de la mort du jeune homme ouvrira une blessure impossible à refermer.

Mon avis :

Le récit s’ouvre sur un jeune homme sur le pont de Sidi M’cid à Constantine en Algérie. (J’ai regardé les photos sur Googel, c’est impressionnant et magnifique !). Ce pont reviendra souvent dans la narration, trait d’union de la ville et trait d’union entre la narratrice et Jacob.

J’ai aimé découvrir cette famille si particulière de Juifs d’Algérie, fidèle à ses traditions et à ses petits rituels.

J’ai aimé suivre Jacob dans son combat en terre de France contre les Allemands, sa découverte de l’amour avec Louise-Léa, ses compagnons de route.

Un livre à la mémoire d’un soldat africain qui n’est jamais revenu de loin.

L’image que je retiendrai :

Celle des beignets que fait Rachel, qu’elle trempe ensuite dans le sirop, et dont Jacob raffole.

Seuls les vautours – Nicolas ZEIMET

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Editions du Toucan, 14 mai 2014, 480 pages

Résumé de l’éditeur :

Un petit village de l’Utah en 1985, avant internet, la téléphonie mobile et les techniques modernes d’investigation scientifique. Shawna, une fillette de cinq ans, disparaît brutalement un matin. Tout le village se mobilise. Non seulement les quelques policiers du poste local mais aussi le médecin, un journaliste et bien sûr les enfants. Des enfants et des adolescents qui ont l’imagination fertile et qui racontent d’étranges histoires.

En suivant les destins croisés d’une dizaine de personnages, l’enquête progresse, les haines et les attirances se cristallisent alors que des découvertes bien réelles mènent à des événements qu’on croyait définitivement sortis des mémoires. Certains, en tous cas, auraient bien voulu les oublier…

Mon avis :

Mais où est donc passée Shawna ? Et son père, mystérieusement disparu lui aussi quelques mois plus tôt ?

L’enquête, ici, a peu d’importance. Ce qui prime, c’est l’ambiance du roman et la galerie de personnages.

Une petite ville perdue au fond de l’Utah, donc mormone. Mais dans les années 80, avec Mickaël Jackson à plein tube.

Des personnages avec leurs angoisses et leur peur, mais aussi leurs volontés et le sens de la communauté (très important la communauté, aux Etats-Unis).

Je les ai quitté avec beaucoup de regrets.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jack allant vaillamment à son rendez-vous nocturne avec la bande mauvais bougres de la ville.