Archives par étiquette : 18e siècle

Le tour du monde du roi Zibeline – Jean-Christophe RUFIN

Je gardai un souvenir ému de Rouge Brésil et de Katiba de cet auteur. C’est donc avec joie que je commençais ma lecture.

Si je n’ai pas détesté, je n’ai pas non plus été enchantée par ce dernier roman de l’auteur.

Commençons par ce que j’ai apprécié : c’est bien écrit, facile à lire, la prose est fluide. On voyage depuis la Pologne jusqu’à Madagascar en passant par le Kamchatka, Paris et les Etats-Unis. Les deux narrateurs font en sorte que le récit rebondisse et ne lasse pas. Il leur en arrive, des aventures !

Alors certes, le récit est prenant, mais je n’ai pas senti une vraie ambiance dans ce roman qui m’aurait donné envie d’y retourner ; et surtout je m’attendais à plus de profondeur dans le récit. Les références philosophiques aux philosophes des Lumières m’ont paru bien plates.

Oui, le romancier m’a fait découvrir le personnage haut en couleur de ce roi de Madagascar. Pourtant, cela ne suffira pas à ce que son roman me reste en mémoire longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de la zibeline que le héros chasse au Kamchatka et qui sera son nom de roi.

Quelques citations :

« Ce qu’on ne peut éviter, il faut le vouloir. » (p.120)

« Elle m’expliqua que, d’après ses observations, les hommes avaient pour aimer besoin de conquérir l’objet désiré. Si l’amour des femmes, selon elle, pouvait se déployer dans l’abstrait, celui des hommes était inséparable de la possession. » (p.246)

Gallimard, 6 avril 2017, 384 pages

Entretien avec le diable – Olivier BARDE-CABUCON

entretientaveclediableActes Sud Editions, 2 mars 2016

Présentation de l’éditeur :

Une jeune fille possédée par le diable, des villageois qui meurent chaque jour, une abbaye hantée depuis la mort de son abbé, une mystérieuse Dame blanche errant dans la forêt… Le mal aurait-il envahi cette vallée perdue de Savoie ? Et qui est cette jeune fille à la capuche rouge qui semble ne pas avoir peur du loup ?

Sur le chemin qui les ramène de Venise à Paris, le commissaire aux morts étranges et son père vont profiter de leur étape dans ce lieu insolite et reculé pour opposer les préceptes de la raison aux manifestations de l’inexplicable. Temporairement aveugle, le chevalier de Volnay doit s’en remettre à l’ingénue Violetta et à ses sens exacerbés par la tension ambiante. Son père, quant à lui, cache tant bien que mal son excitation sous sa robe de bure : car quoi de plus tentant, pour un moine hérétique, que de s’entretenir avec le diable lui-même ?

Mon avis :

Je retrouve le personnage du commissaire aux morts étranges, dont j’avais lu la première aventure qui ne m’avait pas convaincue (trop de bavardages). Dans ce dernier opus paru, l’auteur va à l’essentiel, tant mieux.

Si certains aspects du récit m’ont fait penser au film L’exorciste, j’ai en revanche apprécié le côté Petit Chaperon Rouge de l’histoire. Les contes disent vrai, les jeunes filles doivent se méfier des forêts et des loups. Et des bucherons aussi, parfois.

Certains dialogues ne sonnent pas trop 18e siècle, mais j’ai tout de même passé un agréable moment dans cette vallée perdue de Savoie.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère Valentin, l’herboriste, qui a fit vœux de silence mais qui respecte peu cette règle.