Archives par étiquette : 1939-1945

Ces rêves qu’on piétine – Sébastien SPITZER

Un premier roman à la fois maîtrisé, passionnant et très riche.

J’ai aimé le style, pourtant sans fioriture, des phrases sèches, courtes, comme pour dire l’urgence.

J’ai aimé l’urgence de Feda, sa volonté de vivre malgré les expériences commises sur elle.

J’ai aimé le silence d’Ava et son attention à la besace dans laquelle se trouve la mémoire des camps.

J’ai aimé découvrir l’enfance de Magda, née Marie-Madeleine, ambitieuse prête à tout pour ne pas retourner dans la misère. J’ai aimé son regard sans concession sur les occupants du bunker.

Même les personnages secondaires sont brossés intelligemment : Lee-Meyer et Gary en pleins, Adolf et Joseph en creux.

Et puis le grand absent, celui toujours caché : le père de Magda.

Un roman très documenté qui n’est jamais pontifiant, mais qui remet à hauteur d’hommes, et surtout de femmes, l’Histoire en marche.

L’image que je retiendrai :

Celle du bunker dans lequel sont enfermés les derniers caciques du régime qui se meurt sous les bombes.

Les éditions de l’observatoire, 23 août 2017, 304 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

Le dernier frère – Natacha APPANAH

Vous avez aimé Tropique de la violence ? Vous aimerez ce précédent roman de l’auteure.

Nous sommes cette fois-ci sur l’île Maurice, et le narrateur se souvient de son amitié peu commune avec David pendant l’été 1945.

Le narrateur, Raj, a perdu ses deux frères : l’aîné et le troisième lors d’une crue subite de la rivière. Après ce drame, ses parents, pauvres décident de déménager. Le père trouve un emploi à la prison Beau-Bassin.

Un jour que Raj lui emmène son repas préparé par sa mère, il croise un jeune garçon tout blond prénommé David et qui dit venir de Prague. Nait alors une amitié hors du commun.

J’ai aimé la nature luxuriante mais aussi féroce, avec ces cyclones qui dévastent tout : paysages, habitations et vies.

J’ai aimé cette amitié entre un Juif tchèque et un hindou mauricien. J’ai aimé que le narrateur prenne du recul et analyse avec ces yeux d’adulte les liens qui l’unissaient à David.

J’ai aimé la mère de Raj qui, grâce à ses décoctions de plantes et ses massages sauve des vies.

Enfin, le narrateur porte un regard désabusé sur l’humanité.

J’ai eu des poissons d’eau au cours de ma lecture : un roman bouleversant.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’oiseau rouge que recueille la mère de Raj et qui va se nicher sur la tête blonde de David.

Editions L’olivier, 23 août 2007, 216 pages

Rouge armé – Maxime GILLIO

RFA, RDA, RAF : le roman nous plonge à la fois dans les années révolutionnaires de la Fraction Armée Rouge, de la construction du Mur de Berlin, mais aussi de la fin de la Guerre de 39-45 et du retour au pays des Sudètes.

L’auteur décrit le difficile retour en Allemagne des Sudètes : ces allemands partis s’installer en Bohème et Moravie et qui, à la fin de la Guerre de 39-45 ont été chassé et leur retour en Allemagne imposé, avec violence et passage par des camps qui ressemblaient grandement aux camps de déportation.

A cette première histoire se mêle une histoire secondaire : celle d’une jeune femme est-allemande qui décrit la partition de son pays en deux nations, son passage à l’Ouest puis son retour à l’Est.

Enfin, troisième récit imbriqué, celui de la naissance de la Fraction Armée Rouge, de sa doctrine, des attentats commis et du devenir de ses membres.

Un roman riche historiquement qui jamais ne perd son lecteur.

Si l’aspect policier du roman m’a moins parlé, j’ai aimé me plonger dans ce passé allemand que je connais peu.

Qui plus est, l’auteur m’avait indiqué, lors de sa dédicace aux Quais du polar, qu’il avait écrit une partie du roman après avoir découvert le passé trouble de sa belle-maman.

L’image que je retiendrai :

Celle du train ramenant les Sudètes à Berlin et traversant une ville en ruine.

Ombres noires, 2 novembre 2016, 347 pages

"Sauvez Adolf Hitler !" – Jean-François BOUCHARD

sauvez-hitler

Editions Thadée, 21 septembre 2015, 400 pages

Résumé de l’éditeur :

1er décembre 1943, conférence de Téhéran. Churchill, Roosvelt, Staline discutent ferme de la conduite de la guerre. Pas question pour le premier d’essayer de supprimer Hitler. Ce dément commet erreur sur erreur au grand dam de ses généraux. Mais, Staline a déjà lâché ses meilleurs liquideurs. Churchill fait appel à la fine fleur de ses agents…

Mon avis :

En ce début d’année scolaire, si vous avez des lycéens qui travaillent sur la Seconde Guerre Mondiale, ce roman est pour eux. Extrêmement bien documenté, on découvre des personnages cruciaux dans le déroulement de la Guerre, leur personnalité et leurs petits travers.

Ainsi, Joseph Staline n’a jamais pris l’avion avant la fameuse Conférence de Téhéran et mourrait de peur à l’idée de monter dans un engin volant ; ce qui faisait bien rire Churchill à l’humour décapant (ses réparties m’ont fait bien rire). Seul Roosevelt apparait comme un personnage falot.

L’aspect roman d’espionnage m’a moins plu, mais uniquement parce que je ne suis pas une fan du genre. En revanche, j’ai apprécié le côté suspens du livre.

Basé sur des faits réels, ce thriller est à lire pour se coucher moins bête.

L’image que je retiendrai :

Celles de Staline et Hitler entrant dans des crises nerfs folles à propos d’un détail insignifiant.

Je remercie les Editions Thadée pour l’envoi de ce roman-document en avant-première.