Archives par étiquette : amitié

Le nouveau nom – Elena FERRANTE

lenouveaunomGallimard, 7 janvier 2016, 560 pages

Présentation de l’éditeur :

Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l’épicier, c’est le début d’une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu’il la touche, mais est obligée de céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.

De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu’elle connaît depuis l’enfance et qui fréquente à présent l’université.

Quand l’été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila, car l’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino.

Mon avis :

J’ai retrouvé avec plaisir les deux amies, si éloignées et pourtant si proches l’une de l’autre.

Même si la narratrice ne semble pas percevoir la compétition entre son amie et elle, on sent, au travers du texte, que Lila fait tout pour rester à hauteur des savoirs que Lenù ingurgite au lycée puis à l’Université.

Le monde de Lenù s’ouvre peu à peu, même si sa pensée reste très axée sur les idées communistes.

La camorra est peu présente dans cet opus, les problèmes de couple de Lila prenant le dessus dans l’intrigue.

J’attends maintenant avec impatience la suite du récit de cette amitié hors du commun.

L’image que je retiendrai (attention divulgachion) :

Celle de Lila brûlant son roman écrit quand elle était enfant et dont c’est inspiré Lenù.

L’amie prodigieuse – Elena FERRANTE

amie-prodigieuseFolio, 1er Janvier 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l’obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée.

Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Mon avis :

J’avais décidé de lire la trilogie à la suite, mais ce premier volet a fait partie de la sélection de mon club de lecture pour le mois de mai.

Je découvre ainsi les deux amies inséparables, malgré le temps qui passe et le choix de vie que leurs parents font pour elles.

L’arrière-plan du roman m’a le plus intéressé : un quartier populaire de Naples où l’on ne parle que le patois ; les femmes à la maison avec les enfants et les maris au travail ; la violence et les rapports de force omniprésents.

Lila adopte cette attitude très masculine tôt dans son enfance. Elena est plus discrète, qui se laisse influencée par son amie. Si Elena a des notes moyennes, Lila a déjà perçu qu’il faut se battre et souhaite être la meilleure tout le temps.

En revanche, Lila est souvent décrit comme méchante. Je n’ai pourtant pas perçu ce trait de caractère au fil de ma lecture.

Et puis Lila se met à souffrir de crises étranges qui sont restés mystérieuses, sans véritable explication. J’espère en apprendre plus dans le prochain opus.

Autre détail gênant : l’auteure, régulièrement, nous annonce qu’il va se passer un fait marquant, que le cours de sa vie va changer pour deux raisons avant de nous les expliquer. J’ai trouvé le procédé un peu lourd. Pas besoin d’appuyer sur la tête du lecteur pour lui faire regarder dans la bonne direction.

Deux amies que je retrouverai avec plaisir dans le prochain volet.

L’image que je retiendrai :

Celle des chaussures extravagantes que LIla imagine et se bat pour fabriquer.

club-lecture

Today we live – Emmanuelle PIROTTE

todayweliveLe Cherche Midi, 2 septembre 2015, 240 pages

Présentation de l’éditeur :

Décembre 1944. C’est la contre-offensive allemande dans les Ardennes belges. Pris de panique, un curé confie Renée, une petite fille juive de 7 ans, à deux soldats américains. Ce sont en fait des SS infiltrés, chargés de désorganiser les troupes alliées. Les deux nazis décident d’exécuter la fillette. Au moment de tirer, Mathias, troublé par le regard de l’enfant, tue l’autre soldat.

Commence dès lors une cavale, où ils verront le pire, et parfois le meilleur, d’une humanité soumise à l’instinct de survie.

Mon avis :

J’ai passé une belle matinée en compagnie de Mathias et de Renée, dans les caves de la ferme, au gré des vagues successives d’Américains ou d’Allemands.

Un lien particulier uni les deux personnages, qui restera à jamais indéfinissable.

Mais tout de même, Mathias n’est pas un soldat allemand comme les autres. Il a vécu dans le Grand nord Canadien et à été soigné par une guérisseuse. Il est donc sensible à une autre forme de monde.

Un très belle amitié au coeur de la guerre et de ses cruautés.

L’image que je retiendrai :

Celle de Renée se retournant au moment où Mathias la mettait en joue, scellant leur amitié si peu commune.

La variante chilienne – Pierre RAUFAST

variante-chilienne

Alma Editeur, 19 août 2015, 264 pages

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux. Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Margaux et Pascal, un prof et son élève, le rencontrent à l’improviste. Des liens d’amitié se tissent au fur et à mesure que Florin extrait des bocaux ses petits cailloux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le philosophe perplexe, l’homme aux cailloux raconte.

L’histoire du village noyé de pluie pendant des années. Celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase. Celle de la piscine transformée en potager. Celle de la cueillette aux noix par hélicoptère. Celle des fossoyeurs truands…

Mon avis :

Si j’avais été moyennement convaincue par son premier roman « La fractale des raviolis », je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ce second opus.

Ici, l’auteur choisi comme fil conducteur de ses histoires les petits cailloux de Florin.

De très agréables histoires à lire et à découvrir, avec pour toile de fond des réflexions sur la mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle des petits cailloux tous mélangés, quel dommage !

Une citation :

« J’ai l’impression que les malheurs passés hypothèquent les bonheurs futurs. Florin, lui, peut jeter les cailloux indésirables. » (p.208)

Kathel propose de faire voyager son exemplaire. Avis aux amateurs…..

Plus doux que la solitude – Yiyun LI

doux-solitude

Belfond, 368 pages, 3 septembre 2015

Présentation de l’éditeur :

Des révolutions étudiantes de la place Tian’anmen au déracinement dans lequel les États-Unis maintiennent leurs migrants aujourd’hui, l’histoire de trois amis au destin brisé par un mystérieux accident.

Servie par un style à l’élégance distanciée, une œuvre saisissante qui explore les tréfonds de la nature humaine, et notamment l’idée que même la plus innocente des personnes est capable du plus glacial des crimes…

Mon avis :

Le résumé fait envie, n’est-ce pas ? Et pourtant, qu’est-ce que je me suis ennuyée….

L’auteure aligne les phrases les unes derrières les autres. Certains paragraphes n’ont aucun liens entre eux, on passe du coq à l’âne. Il faut parfois attendre la fin du passage pour comprendre le lien.

Les personnages sont insipides et je les confondaient souvent.

Les aphorismes se succèdent sans préparation du lecteur.

Même le suspens entretenu : qui a voulu tuer Shaoai et pourquoi ? n’a pas réussi à me faire aller jusqu’au bout de ce roman sans grand intérêt.

Vous l’aurez compris, je suis passée complètement à côté.

Les débutantes – J. Courtney SULLIVAN

debutantes

Le livre de poche, 2 mai 2013, 552 pages

Résumé de l’éditeur :

«Bree, Celia, April et Sally avaient quitté leurs chambres de bonnes et emménagé à l’étage principal. Elles laissaient leurs portes ouvertes pendant la journée et criaient simplement pour se parler. Elles se vautraient sur les divans du salon après le repas du soir, se racontant des ragots et se lisant à voix haute des passages du New Yorker et de Vogue.»

Elles se sont connues et aimées à l’université de Smith, haut lieu de la culture féministe. Le temps, le mariage, la vie d’adulte les ont séparées, jusqu’à la disparition de l’une d’entre elles. Face aux déceptions de l’existence, rien n’est plus précieux que les souvenirs et les amies des années de fac. Bree, Celia, April et Sally vont s’en rendre compte.

Mon avis :

Si j’ai eu un peu de mal au début avec ce roman, j’avoue que j’ai quitté à regret le quatuor. En effet, le récit commence lorsque les 4 filles emménagent dans leur chambre universitaire de première année. Et la première partie du roman nous décrit ce qui s’est passé pendant cette année, et un peu, par petites touches, les années suivantes. Rien de bien passionnant, des histoires de filles.

Puis, la seconde partie démarre enfin, et je me suis sentie à l’aise dans le roman.

Il est question d’amitié, mais aussi, énormément, de féminisme. L’auteure nous rappelle que c’est un combat de chaque jour.

Si j’ai moins aimé cette lecture que celle de « Maine », j’ai passé tout de même une seconde partie de roman fort agréable.

L’image que je retiendrai :

Celle des étudiantes des Smith grossissant toutes à cause d’une cafétéria proposant des plats trop riches.