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L’amie prodigieuse 3 : Celle qui fuit et celle qui reste – Elena FERRANTE

Gallimard, 3 janvier 2017, 480 pages

Présentation de l’éditeur :

Après L’amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.

Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’Ecole normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver Lila et Linù que tout oppose, si ce n’est une amitié indéfectible et qui sera mise à rude épreuve dans ce troisième roman.

Une toile de fond plus politique, puisque l’Italie traverse une crise majeure dans ces années 70.

Si Lila semble trouver un équilibre au fil du roman, Linù, en revanche va faire basculer sa vie en s’amourachant de Nino, devenu un collègue de son mari.

Même si les deux héroïnes tentent de s’arracher à leur quartier natal, il est triste de constater qu’elles y retournent inlassablement pour trouver des solutions à leurs problèmes.

Linù ne pouvant écrire un second roman, se passionne pour l’histoire des femmes à travers les siècles.

Celle qui fuit et celle qui reste ne sont pas forcément celle à qui l’on pense de prime abord.

Il me tarde de retrouver ces deux personnages haut en couleur dans le dernier opus de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle de Lila négligeant sa santé pour apprendre toujours plus.

California Girls – Simon Liberati

californiagirlsGrasset, 17 août 2016, 342 pages

Présentation de l’éditeur :

Los Angeles, 8 août 1969 : Charles Manson, dit Charlie, fanatise une bande de hippies, improbable « famille » que soudent drogue, sexe, rock’n roll et vénération fanatique envers le gourou. Téléguidés par Manson, trois filles et un garçon sont chargés d’une attaque, la première du grand chambardement qui sauvera le monde. La nuit même, sur les hauteurs de Los Angeles, les zombies défoncés tuent cinq fois. La sublime Sharon Tate, épouse de Roman Polanski enceinte de huit mois, est laissée pour morte après seize coups de baïonnette. Une des filles, Susan, dite Sadie, inscrit avec le sang de la star le mot PIG sur le mur de la villa avant de rejoindre le ranch qui abrite la Famille.

Au petit matin, le pays pétrifié découvre la scène sanglante sur ses écrans de télévision. Associées en un flash ultra violent, l’utopie hippie et l’opulence hollywoodienne s’anéantissent en un morbide reflet de l’Amérique. Crime crapuleux, vengeance d’un rocker raté, satanisme, combinaisons politiques, Black Panthers… Le crime garde une part de mystère.

Mon avis :

Ce livre aurait pu s’appeler Charlie et ses drôles de dames, tant le diminutif de Charles Manson, Charlie est répété à l’envi, le rendant presque sympathique.

L’auteur décrit bien les filles paumées, dont les prénoms m’ont complètement échappé, comme si elles étaient interchangeables : toutes s’habillent avec les frusques de tout le monde ; ne se lavent pas ; marchent pieds nus et se nourrissent avec des restes trouvés dans les poubelles.

Ajoutez la musique des Beatles de l’album blanc en toile de fond ; un ventriloque qui ne pense qu’à forniquer pour s’attacher ses filles, et vous aurez une belle brochette de cinglés.

Même lors du fameux meurtre qui a défrayé la chronique, ces pauvres bougres sont perdus : l’une ne parvient pas à serrer des liens ; tous sont obligés de s’y reprendre à plusieurs fois pour mettre à mort leurs victimes. Même la victime la plus médiatique est déshumanisée qui réagit « comme une poupée » avec une voix « IBM » (sic).

En quelques phrases, l’auteur nous présente les coupables, retraçant leur passé et pourquoi ils ont finalement atterri dans les griffes de Manson.

Une lecture éclairante sur une certaine dérive des jeunes filles dans les années 70.

L’image que je retiendrai :

Celle des pieds coupées des filles, à force de marcher pieds nus. Coupures qui ne se referment jamais.