Archives par étiquette : bande dessinée

Le grand A – Xavier BETANCOURT et Jean-Luc LOYER

Sous titre : il mange 195 jours de votre vie

Les auteurs commencent leur récit avec les premiers commerçants : les Vikings. Puis en appellent à Jésus qui chassa les marchants du centre-ville, avant l’arrivée du Grand A, comprenez l’Hypermaché.

En 5 chapitres aux titres de romans de la littérature mondiale, il nous font découvrir les coulisses de ce magasin hors-norme, les rouages et les politiques d’expansion.

En fin de volume, des explications détaillées sur certaines pages, situant le récit dans son contexte historique, politique et social.

Moi qui ai travaillé dans un tel commerce étant étudiante, je n’ai rien découvert de nouveau, mais j’ai aimé découvrir l’évolution dans le temps du grand A.

L’image que je retiendrai :

Celle du rayon polonais très développé, une grande partie de la population locale étant d’origine polonaise.

Futuropolis, 7 janvier 2016, 136 pages

Communardes ! Les éléphants rouges – Wilfrid LUPANO

Oui, je m’attendais à voir des éléphants dans Paris à la rescousse des Communardes. Quelle déception de ne pas voir mon souhait réalisé…

Alors oui, ce premier volet est l’occasion pour l’auteur de nous montrer Paris pendant le blocus de la Prusse : les femmes du peuple qui ne trouvent plus de travail ; les familles qui se nourrissent de rats ; les riches qui se nourrissent eux des animaux du zoo en consommé.

Bien sûr, les femmes qui veulent aider sur les barricades mais qui en sont empêché par les hommes.

Seule Victorine arrivera à prendre la tête de sa bande, pour un temps seulement.

L’image que je retiendrai :

Celle de la bande de Victorine construisant leur rêve d’éléphants dans un hôtel particulier déserté.

Vents d’Ouest, 30 septembre 2015, 56 pages

Entre ici et ailleurs – VANYDA

J’ai eu un peu de mal, au début, avec cette bande dessinée, jusqu’à ce que je me rende compte que, pour moi, le livre relève plus du roman dessiné.

Je me plonge donc dans l’histoire de Coralie, qui découvre la capoeira (bon, ça, j’aurai pu m’en passer), jeune métisse de père laotien et de mère européenne, fraîchement célibataire.

Si ses histoires de coeur ne m’ont pas passionnées, en revanche, la quête de ses racines, par le biais d’un camarade de jeu de capoeira, m’a parlé.

Le voyage avec Kamel en Algérie lui fait prendre conscience que son propre voyage à la recherche de ses origines au Laos a été plus riche que ce qu’elle pensait. Finalement, c’est la fin de ce roman dessiné que j’ai préféré.

L’image que je retiendrai :

Celle du frère de Coralie qui la pousse à commencer la capoeira.

Dargaud, 29 janvier 2016, 192 pages

Le Voyage des Pères, Tome 5 : Moshé – David RATTE

Où l’on découvre Moshé, le frère de Barabas qui vient juste d’être libéré, et pas Jésus.

Nous suivons et Moshé et Barabas, qui petit à petit s’ouvre à l’Esprit Saint.

Les personnages, même annexe comme le père de Moshé et Barabas, sont croqués avec beaucoup d’humour. Un humour toujours très fin, assez irrévérencieux et décalé par rapport aux canons catholiques. mais c’est ça qui est bon.

L’image que je retiendrai :

Celle du rideau déchiré le jour de la mort de Jésus : un fait raconté dans les Evangiles.

Paquet, 8 mars 2017, 48 pages

Le grand méchant renard – Benjamin RENNER

Une fois n’est pas coutume, mes Couassous et moi avons lu le même ouvrage : celui de Benjamin RENNER retraçant les aventures du Grand Méchant Renard.

Un seul reproche : c’est écrit un peu petit pour mes vieux yeux. Pour le reste : c’est extra !

Nous nous sommes marrés en famille des déconvenues de ce pauvre renard qui tombe d’inanition à l’idée de toutes ces poules à manger rien que pour lui ; nous avons bien aimé le loup, très détaché, et qui attend que le renard fasse la sale besogne ; nous avons aimé le chien procrastineur qui se fait envahir par la poule survoltée qui a perdu ses oeufs.

Nous nous sommes attendri devant ce renard propulsé chef de famille et qui tente de faire comprendre à ses poussins qu’ils sont des poussins.

Monsieur Renner, merci beaucoup pour ce très bon moment de lecture en famille.

L’image que nous retiendrons :

Celle du poussin appelant sa maman renard à corps et à cris pour lui montrer une feuille jaune.

Delcourt, 21 janvier 2015, 192 pages

Le chat du rabbin Tomes 4 – 5 et 6 – Joann SFAR

Dargaud, de 2005 à 2015

Présentation de l’éditeur :

Tome 4 : Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

Tome 5 : Alors que Zlabya s’ennuie au côté de son époux, le rabbin reçoit une caisse contenant un peintre russe voulant parcourir l’Afrique pour retrouver la douzième tribu d’Israël. Cinquième tome du best seller de Joann Sfar, Jérusalem d’Afrique est un éblouissant voyage dans une Afrique sublimée, croisement improbable sur plus de 80 pages entre Tintin au Congo et les chefs-d’oeuvre d’Albert Cohen. Et en plus le chat reparle.

Tome 6 : Le Chat est désespéré : sa maîtresse, Zlabya, est enceinte… Que va-t-il se passer ? S’intéressera-t-elle encore à lui ? Pourra-t-il encore être caressé, pourra-t-il la voir quand il le voudra ? Quelle sera sa place ? Ne devrait-il pas partir et chercher une autre maison ?

Mon avis :

J’ai aimé le Tome 4, et les histoires du Malka des lions : quelle imagination !

J’ai moins goûté le tome 5 et la quête de la Jérusalem d’Afrique noire. Mais le clin d’oeil à Tintin m’a fait sourire.

Des trois, j’ai préféré le tome 6, plus philosophico-religieux, à l’image du premier tome.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du mari de Zlabya, tout deux exclus lors de l’arrivée du bébé.

L’arabe du futur 3 – Riad SATTOUF

Allary Editions, 6 octobre 2016, 160 pages

 

Présentation de l’éditeur :

Dans ce troisième tome (1985-1987), après avoir suivi son mari en Libye puis en Syrie, la mère de Riad ne supporte plus la vie au village de Ter Maaleh. Elle veut rentrer en France. L’enfant voit son père déchiré entre les aspirations de sa femme et le poids des traditions familiales…

Mon avis :

J’ai moins goûté ce tome de l’enfance du petit Riad. Certes, le Noël en Syrie ne se déroule pas pour tout le monde pareil, et la vie est chère, mais j’ai trouvé que les personnages évoluaient peu.

On découvre la corruption jusque dans les copies universitaires. Ce qui prévoit un avenir difficile pour le pays.

Heureusement, la dernière page annonce un sacré rebondissement.

L’image que je retiendrai :

Celle du Goldorak géant que Riad réclame à corps et à cris pour Noël puis pour sa circoncision.

Le chat du Rabbin – Tomes 1 ; 2 et 3 – Joann SFAR

Dargaud, 2003, 48 pages

Présentation de l’éditeur :

Au début, le chat du rabbin ne parle pas. Il est simplement libre comme un chat et ronronne dans les bras de la fille du rabbin, Zlabya, sa maîtresse adorée. Mais dans la maison du rabbin, il y a ce perroquet qui jacasse sans arrêt, et le chat le bouffe.

Maintenant, il peut parler, et il commence par mentir : le perroquet est allé faire une course, dit-il, la gueule pleine de plumes. Mentir, c’est mal. Le rabbin décide donc de remettre le chat dans le droit chemin et d’en faire un bon Juif. Moyennant quoi, le chat exige de faire sa bar-mitsva.

Têtu comme une bourrique et pas toujours avenant (bien que capable de tendresses renversantes), il a aussi avalé ce qui se fait de mieux en matière de raisonnement vicelard, thèse, antithèse, etc. Le résultat est une sorte de conte initiatique d’une grande beauté, où l’on apprend bien des choses sur l’usage de la parole, de la vérité et du mensonge. Une merveille de subtilité, d’émotion et d’ironie.

Mon avis :

Il n’est jamais trop tard, la preuve : je découvre enfin cette BD devenue un classique.

Le chat est plutôt rachitique, mais qu’est-ce qu’il est gonflé ! J’adore.

Son maître rebondi toujours lui aussi malgré quelques situations difficiles, et ne s’embarrasse pas forcément de la doctrine la plus pure.

J’ai aimé les préfaces écrites par des personnalités juives, certaines avec un goût de passé retrouvé.

J’enchaîne les trois premiers tomes, et j’ai déjà réservé les 3 suivants. Un chat et son rabbin passionnants.

L’image que je retiendrai :

La scène du restaurant parisien dans lequel le rabbin commande tous les plats qu’il n’a jamais pu manger.

Love story à l’Iranienne – DELOUPY

lovestoryaliranienneDelcourt, 13 janvier 2016, 144 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime.

Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

Mon avis :

Prix BD-STAS de la Fête du Livre de Saint-Etienne 2016

Cette BD est une sorte de documentaire sur la jeunesse amoureuse d’Iran. Les reporters se sont rendus dans les grandes villes du pays pour rencontrer des jeunes amoureux qui ont bien voulu leur parler des difficultés de leur relation.

Dans ce pays, ce sont les parents qui décident avec qui va se marier une jeune fille : il faut que l’homme ait un appartement et une voiture, au minimum.

Hommes et femmes n’ont pas le droit de se promener ensemble dans la rue, sauf si ils sont mariés.

Parfois, au fil de l’interview, les deux parties se rendent compte qu’elles ne sont pas d’accord sur pleins de sujets, car les couples n’ont aucun espace ni temps de parole ensemble.

Certaines jeunes femmes interviewées acceptent aussi cette situation et ne dédaignent pas devenir mère au foyer.

Une lecture qui interroge, d’autant que les parents de ces jeunes-gens ont tous manifestés pour la démission du Shah. Des années après, rien n’a changé.

L’image que je retiendrai :

Des témoignages vraiment différents et contrastés.

Zaï Zaï Zaï Zaï – FABCARO

zaizai6 Pieds sous Terre Editions, 21 mai 2015

Présentation de l’éditeur :

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir. La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.

Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.

Mon avis :

Bienvenue dans la 4e dimension ! J’ai eu du mal, au départ, à saisir le côté décalé de ce road-movie.

Un point de vue sur notre société de consommation. Une lecture qui décape et qui fait réfléchir sur nos us et coutumes modernes.

L’image que je retiendrai :

Ai-je bien ma carte de fidélité sur moi ?!