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La haine en ce vert paradis – Jean-François BOUCHARD

lahaineencevertparadisEditions Thaddée, 9 novembre 2016, 290 pages

Présentation de l’éditeur :

La région des Grands Lacs africains dégage un parfum de paradis terrestre. Vingt-cinq millions de Hutus et de Tutsis y vivent, répartis entre le Burundi, le Rwanda et la région du Kivu, en République démocratique du Congo. Entre 1959 et aujourd’hui, trois millions d’entre eux, hommes, femmes, enfants, ont été massacrés au cours de plusieurs vagues de violences, de guerres et de génocides.

Des hommes politiques de bonne volonté voulaient renverser le destin de l’Histoire, comme le prince Louis Rwagasore, le Tutsi, abattu d’une balle dans le dos par un tueur à gages, ou encore Melchior Ndadaye, cet adolescent hutu qui, pour sauver s vie a fui son pays à pied. Il y est revenu et est devenu le président pour finir égorgé à la baïonnette par des soldats rebelles.

La haine, la mort, les trahisons ; les massacres, les dictatures, les prisons… Les racines de cette malédiction remontent à la venue de l’homme blanc, qui a balayé les royaumes ancestraux vivant en paix dans ce jardin d’Eden pour y semer une haine tenace.

Mon avis :

Voilà un livre qui complète ma lecture de Petit pays de Gaël Faye.

Si le roman m’avait fait découvrir le pays d’avant les massacres, ce livre-ci replace ce génocide dans son contexte historique, et nous assure que des hommes de bonne volonté ont tenté ce qu’ils ont pu pour sauver le pays de la haine et de la violence.

A travers ces pages, on sent que l’auteur est attaché à cette Afrique des Grands Lacs qui a l’air si magnifique. Une région riche, mais dont le développement c’est arrêté dans les années 60. L’auteur ne manque pas de rappeler que le Burundi est l’avant-dernier pays le plus pauvre du monde.

Une lecture éclairante sur un génocide qui s’est déroulé loin des yeux de l’Occident.

L’image que je retiendrai :

Celle du prince Louis Rwagasore, pas bon élève ni étudiant travailleur, mais qui fera tout pour que la guerre ne se déclare pas dans son pays.

Je remercie les Editions Thadée pour l’envoi de ce livre en avant-première et qui a su me rendre ce pays un peu plus proche.

Petit pays – Gaël FAYE

petitpaysGrasset, 24 août 2016, 224 pages

Présentation de l’éditeur :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire.

Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

Mon avis :

Ce roman est bien plus que le récit initiatique d’un jeune métis découvrant la guerre et la discrimination.

C’est avant tout une langue qui recrée les parfums et les couleurs d’un pays perdu ; qui nous parle des joies et des interrogations d’un garçon comme les autres dans un quartier résidentiel africain.

J’ai aimé ce verbe qui a su faire naître des images colorées du pays d’avant le drame : sa chaleur, ses arbres, ses personnages au verbe haut. Mais aussi le bruit de la guerre, au loin, s’approchant.

On sent, à travers la correspondance que Gabriel entretient avec une jeune française qu’il a la passion des mots. Si la lettre de sa compatriote sur le continent est bien convenue, la sienne est pleine de la tradition des interminables palabres de son pays.

Le personnage de la mère m’a moins touché, sans doute parce qu’un peu lointain.

Un pays que l’on n’oublie pas en refermant ce livre.

L’image que je retiendrai :

Celle des voitures se déplaçant dans la poussière du désert.