Archives par étiquette : danse

Danser – Astrid ELIARD

Ils ne rêvent que de cela, les trois petits rats tout juste entrés à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris : Chine, Delphine et Sébastien. Ils ont la danse dans le corps, malgré les exercices sans fin et les muscles qui crient grâce.

Tous les trois sont issus de milieu sociaux-culturels et de régions différentes, mais tous ont réussi à intégrer cette prestigieuse école qui forme aussi des élèves étrangers.

Petit à petit se noue une amitié sans rivalité autour de Delphine qui sait si bien nouer des contacts, Chine étant plus discret et Sébastien le trublion de la bande.

J’ai aimé suivre ces trois enf-adolescents lors de leur première année : leurs questionnements sur leur passion de la danse, mais aussi les amitiés perdues avec ceux restés chez eux ; la découverte du corps de l’autre, leurs premiers émois et leurs premières amours.

Des adolescents attachants malgré la pression sur leurs frères épaules.

L’image que je retiendrai :

Celle des parents des trois enfants qui ne comprennent pas cette passion frénétique et cette envie incessante de danser.

Mercure de France, 11 février 2016, 184 pages

Deux cigarettes dans le noir – Julien DUFRESNE LAMY

Au commencement de ce roman, on pense que l’on va lire l’histoire d’une jeune femme un peu désespérée d’accoucher seule. Mais elle renverse quelqu’un sur la route en se rendant à la maternité. Entrent alors dans sa vie et son fils et Pina Bausch.

Son fils Barnabé avec lequel elle a une relation fusionnelle : bon bébé calme, il laisse à sa mère le temps de découvrir la chorégraphe allemande. En effet, Clémentine est persuadée que c’est elle qu’elle a écrasé.

En alternant les chapitres, en décrivant certains des spectacles de Pina, l’auteur nous invite à découvrir la chorégraphe et sa passion effrénée de la danse.

En parallèle, le lecteur s’inquiète avec la mère de Clémentine car son bébé ne grandit plus ni ne parle.

Lier la maternité et la danse dans un roman, quelle gageure. Et pourtant, l’auteur a su me passionner pour cette mère un peu à part.

Le style n’y est pas pour rien : on commence à se couler doucement dans la narration quand, au détour d’une phrase, l’auteur place un adjectif inusité mais qui sonne juste, réveillant son lecteur.

Une lecture qui me restera longtemps en mémoire.

L’image que je retiendrai :

Celle de Clémentine dans les rues pluvieuses de Wuppertal.

Belfond, 12 janvier 2017, 304 pages

Je remercie Jules chez Gilles Paris ainsi que les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman

La Belle et La Bête – Malandain Ballet Biaritz

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De retour à l’Opéra pour une nouvelle saison, je découvre la dernière création du chorégraphe Thierry Malandain, servi par une troupe très expressive.

J’ai aimé La Bête, très proche de l’animalité, derrière son collant noir : ses gestes, ses postures m’ont fait croire au personnage. Le danseur habitait totalement le rôle.

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J’ai aimé le jeu des rideaux, dévoilant une nouvelle scène, révélant des parties des corps des danseurs.

J’ai aimé la sobriété des costumes.

Toutefois, j’ai regretté les couleurs : trop de noir et blanc, ou or et argent. Mais sans doute fallait-il cette sobriété du décor pour laisser pleinement s’exprimer les artistes.

J’ai aimé la musique, enfin, mélange d’Eugène Onéguine, Hamlet et La Symphonie pathétique. Bien que, parfois, trop de lyrisme dans la partition créée une redondance avec la scène. Mais « ça prend aux tripes », c’est sûr !

Quand au message de cette création, laissons parler le chorégraphe :

« Sans se pencher sur toutes les interprétations du conte, on peut y déceler un récit initiatique visant à résoudre la dualité de l’être : la Belle incarnant l’âme de l’être humain et la Bête sa force vitale et ses instincts.

Avec Jean Cocteau, dont le film sortit sur les écrans en 1946, le regard se porte sur la représentation des démons intérieurs de l’artiste à travers la double nature de la Bête.

Unité perdue ou nature humaine déchirée, quoiqu’il en soit, sur des pages symphoniques de Tchaïkovski, dans notre proposition la Bête, délivrée de ses démons intérieurs, épousera la Belle sous un soleil ardent. »

Thierry Malandain in La Belle et La Bête – Malandain/Tchaikovski

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Casse Noisette de Jeroen VERBRUGGEN

C’est bientôt Noël, l’Opéra Théâtre de ma ville proposait donc Casse-Noisette.

Jusque là, tout est normal.

Mais la mise en scène de Jeroen Verbruggen l’est beaucoup moins. Il commence par déstructurer la partition de Tchaikovski ; fait appel à des créateurs de costumes originaux ; place sa scénographie entre les tons de gris et nous offre un univers très moderne.

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J’ai aimé les touches d’humour, jamais répétitives ; la performance des danseurs sur scène qui n’ont que très peu de répits ; le merveilleux qui se dégage des décors et des costumes.

Casse-Noisette

Le site du chorégraphe ici.

Perdu, le jour où nous n'avons pas dansé – Caroline DEYNS

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Philippe Rey, 7 mai 2015, 348 pages

Présentation de l’éditeur :

L’histoire de la danseuse Isadora Duncan, née en 1877 à San Francisco, dans une famille de quatre enfants, abandonnée par le père. A l’âge de 22 ans, elle entraîne sa famille en Europe où elle connaîtra un succès fulgurant en révolutionnant la danse par sa liberté d’expression.

Mon avis :

Quelle vie que celle de cette artiste hors norme qui danse pieds nus, juste vêtue d’un voile. Sans chausson, sans tutu, sans pas codés ; libre.

L’auteure nous donne à voir une enfant puis une femme ivre de vie, qui danse passionnément ou ne danse pas. Une femme qui court après l’argent, également, devenue dispendieuse avec l’âge.

Une femme qui a su s’affranchir du clan familial et notamment de sa mère, pour fonder sa propre école de danse, qui déménagera de nombreuses fois au gré des errances d’Isadora.

Une femme brisée par trois chagrins successifs, mais qui a gardé un appétit de vivre jusqu’au bout. Jusqu’à cette mort cruelle si délicatement annoncée par l’écrivain, en filigrane.

Un écrivain qui a su me faire sentir combien la danse et le geste d’Isadora était libre.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Isadora dansant sur des musiques et des poèmes différents.