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Rester en vie – Matt HAIG

resterenviePhilippe Rey, 22 septembre 2016, 251 pages

Présentation de l’éditeur :

A 24 ans, souffrant d’anxiété et de dépression, au cours d’un séjour en Espagne, Matt Haig s’est retrouvé au bord d’une falaise, les pieds à moitié dans le vide, sur le point de se précipiter…

Rester en vie, cela paraît si difficile à celles et ceux qui sont au fond de l’abîme, qui ne voient poindre aucune lueur. Ce livre vif et sensible raconte les batailles que l’auteur a menées pour comprendre ce qui lui arrivait, pour le partager aux autres (pas toujours compréhensifs), et se mettre sur le chemin de la guérison.

En cinq chapitres – Tomber, Atterrir, Se relever, Vivre, Etre -, l’auteur raconte avec sincérité comment il a progressivement vaincu sa maladie et réappris à vivre. Car les raisons de rester en vie sont nombreuses, et sont ici détaillées avec humour et conviction. Ouvrir ce livre, c’est entamer une exploration joyeuse des façons d’exister, d’aimer mieux, de se sentir plus vivant.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas toujours joyeuse, contrairement à ce qu’en dit l’éditeur. Quand l’auteur décrit ses symptômes dépressifs, c’est même plutôt plombant, comme ambiance.

Même si Matt Haig explique dès le départ que chaque dépression se manifeste et se vit différemment, je n’ai pas complètement adhéré au propos. S’en sortir sans médicament et sans thérapie me parait illusoire.

Ceci dit, pour ceux qui ne connaîtrait pas ce bonheur d’être au fond du trou 😉 il constitue une bonne approche de cette maladie discriminante.

Je suis d’accord avec lui sur un point toutefois : il faut se méfier des mardis.

L’image que je retiendrai :

Celle du #reasonstostayalive qu’il a créé où chacun peut exprimer pourquoi il s’accroche tout de même à la vie.

Antigone en a fait un coup de coeur de cette rentrée littéraire 2016.

[Kokoro] – Delphine ROUX

kokoro

Lu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Seki pense que j’ai l’âge mental d’un gosse de dix ans, tout au plus, qu’il faudrait que je pense à grandir, à agir en homme.

Le mot homme a peut-être été inventé pour d’autres que moi.

Il ne fait pas partie de mon dictionnaire intime.

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.

Koichi et sa soeur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie. Depuis, ils ont le coeur en hiver.

Seki s’est réfugiée dans la maîtrise et la réussite professionnelle. Corset diaphane à l’abdomen, stalagmites au coeur. Le début de l’ère glaciaire.

Koichi, lui, s’est absenté du monde, qu’il regarde en proximité.

Mais le jour où il apprend que sa soeur va mal, très mal, Koichi se réveille et pose enfin les actes qui permettront à chacun de renouer avec un bonheur enfoui depuis l’enfance.

Mon avis :

Un roman très doux sur les relations entre un jeune homme et sa grand-mère à qui il apporte de bons gâteaux dans sa maison de retraite si triste.

La non-communication avec sa grande soeur, jusqu’à la dépression de celle-ci.

Seki attend et sait prendre le temps depuis la mort brutale de ses parents, un soir, au théâtre.

L’image que je retiendrai :

Celle des gâteaux plein de chantilly que Seki teste avant de les apporter à sa grand-mère.

Une citation :

« Je savais qu’il faudrait du temps pour que les chocs de toutes ces années sourdes se muent en cicatrices douces au toucher. Je me disais qu’un jour viendraient les paroles libres, tranquilles. » (p.98)

Merci Pati pour cette très douce idée de lecture. Lydie a aimé aussi.