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C’est le coeur qui lâche en dernier – Margaret ATWOOD

Un début noir sur fond apocalyptique : un couple qui n’a plus que sa voiture pour vivre après la Grande Crise qui a touché l’est du pays. Lui, Stan, au chômage ; elle, Charmaine, serveuse dans un bar. Chaque nuit, ils se déplacent de parking en parking pour échapper aux voleurs.

Un jour, ils cèdent à l’appel d’une publicité leur vantant les mérites d’une ville où tout le monde a un emploi, une maison. Ils succombent à l’appel des sirènes.

Dans leur nouvelle vie, Stan est réparateur de scooters et Charmaine est chargée d’injecter à des condamnés une piqûre létale. Ca aurait pu être intéressant, mais l’auteure n’exploite pas cette voie.

La vie que le couple mène est un peu particulière : un mois ils habitent dans leur maison, et le mois suivant ils sont en prison (pendant ce temps, un autre couple habite leur maison). Chaque mois, les couples permutent. Ca aurait pu être intéressant comme concept, mais l’auteure n’exploite pas non plus cette voie.

En fait, le Big Boss de l’entreprise est tombé amoureux de Charmaine et fait tout pour se rapprocher d’elle. Ca aurait pu être intéressant comme développement, mais l’auteure n’exploite pas cette voie.

Stan découvre le trafique d’organes organisé par le Big Boss, et la future exploitation de sang de bébé. Mais il n’en fait rien. Il préfère se laisser déguiser en Elvis pour sortir de la ville.

Ah ça, les sosies d’Elvis et Marilyn en prennent pour leur grade dans ce roman. Mais franchement, je m’attendais à un roman plus conséquent et engagé de la part de l’auteure de La servante écarlate.

Je suis passée complètement à côté de son humour ; j’ai attendu sans fin un quelconque engagement. Une déception.

Ceci dit, c’est un roman qui se lit bien et facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle des nounous bleus que les femmes tricotent les soirs en prison.

Cathulu l’a en revanche beaucoup aimé.

Robert Laffont, 17 août 2017, 450 pages

Café Krilo – Baptiste BORYCZKA

Copenhague, dans quelques années, quand l’Eldorado sera la Chine et l’Afrique, et que notre vieille Europe sera prise en main par les religieux sectaires.

Trois jeunes adultes habitent dans l’ancien quartier rouge qui tombe en ruine, une sorte de résistance à l’ordre établi. En face, Hans, un prêtre fanatique inquiétant.

Au fil de pages, l’auteur sait créer une ambiance et nous rendre ses personnages attachants.

J’ai aimé l’esprit libertaire et révolutionnaire jamais loin : il faut sans cesse se battre pour ses idées et la liberté de les dire.

Sans oublier le café Krilo qui renait de ses cendres : vives la musique, la danse et l’alcool !

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage de Thor, énigmatique.

Lemieux Editeur, 14 février 2017, 165 pages

Merci Pativore pour ce livre-voyageur au propos qui m’a parlé

L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.

Les brillants Tome 1 – Marcus SAKEY

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Gallimard, 12 février 2015, 512 pages

Résumé de l’éditeur :

Dans le Wyoming, une petite fille perçoit en un clin d’œil les secrets les plus sombres de tout un chacun. À New York, un homme décrypte les fluctuations des marchés financiers et engrange 300 milliards de rofit en une semaine. À Chicago, une femme maîtrise le don d’invisibilité en sachant d’instinct se placer là où personne ne regarde. On les appelle les «Brillants», et depuis les années 1980 1 % de la population naît avec ces capacités aussi exceptionnelles qu’inexplicables.

Nick Cooper est l’un d’eux : agent fédéral, il a un don hors du commun pour traquer les terroristes. Sa nouvelle cible est l’homme le plus dangereux d’Amérique, un Brillant qui fait couler le sang et tente de provoquer une guerre civile entre surdoués et normaux.

Mais pour l’arrêter, Cooper va devoir remettre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

Mon avis :

Je ne suis pas spécialement fan de dystopie. J’entrais dans ma lecture quelque peu réticente. Et puis finalement…

Ce monde ressemble au notre, seuls les noms ont été changés. Pas de quoi me perdre.

L’écriture est fluide, mais un peu bavarde.

Les personnages ne brillent pas par leur psychologie mais sont crédibles, ce qui n’est déjà pas mal.

L’intrigue est menée tambour battant, pas le temps de s’ennuyer.

Le moment le plus intéressant : le personnage principal se retrouve au coeur d’un attentat à la Bourse de New-York (pas le NYSE, la nouvelle) faisant plus de 1 000 morts. Et l’auteur décrit par le menu ce que voit et ressent son héros. Notamment sa vision d’une peluche rose appartenant à une petite fille qu’il ne voit pas.

Pourtant, je ne pense pas continuer la trilogie car le propos est plutôt rebattu. Rien de bien neuf sous le soleil.

Ceci dit, j’ai passé un agréable moment de lecture, ce qui n’est déjà pas si mal.

L’image que je retiendrai :

Celle du pays de Canaan, nouvel Eldorado en plein coeur des Etats-Unis.

Je remercie Babelio et les éditions Gallimard pour l’envoi de ce roman de la Série Noire.

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