Archives par étiquette : enquête

Une partie rouge – Maggie NELSON

Ce récit de Maggie Nelson ne nous parle pas de n’importe quel crime : il s’agit celui de sa tante, et soeur de sa mère, Jane, survenu en 1969 dans le Michigan.

Alors que Maggie travaille sur un recueil de poésie autour de ce meurtre en 2004, elle apprend que l’enquête a été ré-ouverte et qu’un nouveau coupable est près d’être arrêté.

Au cours de ce récit, l’auteure nous parle de ses sentiments et de ses réflexions face à ce nouveau procès 40 ans après. Comment son enfance et celle de sa soeur ont été influencées par cet événement.

Mais elle revient aussi sur le décès de son père, arrivé de façon soudaine, alors que ses parents étaient séparés.

L’auteure s’interroge sur les fantômes qui peuplent sa vie, et nous amène à réfléchir sur notre propre psycho-généalogie, car nous ne sommes pas en mesure de changer ce qui a été fait.

J’ai aimé ce texte sans concession sur le crime et sur la propre vie de l’auteure.

L’image que je retiendrai :

Maggie Nelson ne met pas de photos dans son texte, mais nous décrit et commente quelques images projetées pendant le procès.

Editions du sous-sol, 17 août 2017, 224 pages

La serpe – Philippe JAENADA

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Sulak, et pas lu son précédent La petite femelle sur Pauline Dubuisson. Je savais donc que l’auteur écrit beaucoup sur les erreurs judiciaires, et je ne connaissais pas cette « affaire »-çi.

On peut dire que j’ai appris pleins de choses qui n’ont pas forcément à voir avec le sujet principal : Maryline dormait avec son soutien-gorge ; le premier bébé élu Bébé Cadum est devenu un grand résistant déporté à Auschwitz ; Henri Girard, le principal inculpé dans l’affaire va devenir l’auteur à succès du « Salaire de la peur » Georges Arnaud ;Simone Signoret avec une maîtrise de philo la jouait proche du peuple ; l’auteur et sa femme ont un fils prénommé Ernest.

Si j’ai bien aimé la première partie du roman (mais est-ce un roman ?) qui nous décrit les faits tels que parus et perçus en lieu et place, j’ai moins aimé la seconde partie qui innocente Henri Girard – non pas parce qu’elle l’innocente, mais parce qu’il y a foule de détails et de longueurs, comme pour bien enfoncer le clou.

J’ai aimé les coïncidences qui jalonnent les recherches de l’auteur : les prénoms Pauline et Ernest qui reviennent, les lieux des précédentes enquêtes pas si éloignées de l’enquête actuelle. 

J’ai aimé les digressions de l’auteur, avec moultes parenthèses dans la parenthèse, mais je conçois que l’irruption des problèmes personnels de Monsieur Jaenada dans son récit peut agacer. Moi, cela m’a plu et fait sourire.

Me voilà partante maintenant pour lire son précédent roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’attachement d’un père à son fils, ce que personne n’a vu, à l’époque.

Julliard, 17 août 2017, 648 pages

Agatha Raisin enquête 6 : Bons baisers de Chypre – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon brandy : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral. (Après le sherry dans le tome précédent, le brandy a la côte dans celui-ci).

Adieu son cher village des Cotswolds, Agatha est à la poursuite de James à Chypre, dans sa partie turque, lieu de villégiature de nombreux anglais. Ici encore, l’enquête a peu d’importance, et nous suivons Agatha qui court après James. Mais elle retrouve sur sa route Sir Arthur qui la console des excentricités de James.Si Agatha n’est plus en butte avec ses quelques kilos en trop, elle s’en voit avec son maquillage qui ne cesse de couler à cause de la chaleur.

J’ai aimé les descriptions du guide touristique qu’Agatha nous lit chaque fois qu’elle se rend sur un nouveau site, j’ai eu l’impression d’être moi aussi sur l’île.

L’image que je retiendrai :

Celle de James annonçant à Agatha pourquoi il l’aime mais ne peut se résoudre à vivre avec elle.

Albin Michel, 31 mai 2017, 286 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour ce partenariat

Agatha Raisin enquête 5 : Pour le meilleur et pour le pire – M.C. BEATON

Ouvrir un roman avec pour personnage principale Agatha Raisin, c’est être sûre que l’on va déguster un bon sherry : un peu sucré, pas trop fort et qui remonte le moral.

Car Agatha ne carbure pas au thé, voyez-vous.

Si, dans cet épisode encore, l’enquête n’est qu’un prétexte, on en apprend un peu plus sur le mari d’Agatha, les circonstances de leur mariage et de leur séparation, en même temps que James.

Les dames de la paroisse ne sont pas en reste avec la femme du pasteur toujours aussi gentille.

Si j’ai moins rit que lors des épisodes précédents, j’ai savouré l’humour présent dans cette nouvelle aventure.

L’image que je retiendrai :

Celle du jardin de l’ex-maison d’Agatha en friche, ce qui la désole.

Albin Michel, 31 mai 2017, 288 pages

Je remercie les Editions Albin Michel pour l’envoi de ce 5e tome des aventures de l’inénarrable Agatha.

 

Laëtitia ou la fin des hommes – Ivan JABLONKA

Dans ce livre, l’auteur historien-sociologue veut rendre vie à Laëtitia Perrais, jeune fille tuée et démembrée dans le pays de Retz en 2011.

Ivan Jablonka nous raconte son enquête, ses rencontres avec la soeur jumelle, Jessica ; leur enfance malmenée qui aboutit à un placement dans une famille d’accueil ; les attouchements et relations forcées que le père d’accueil fait subir à Jessica.

En parallèle, l’auteur pointe du doigt la manipulation médiatique de l’ancien Président Nicolas Sarkozy qui s’est servi de cette « affaire » pour accuser la justice de tous les maux, divisant ainsi la société.

Heure par heure, minute par minute, sans être jamais pesant, l’auteur nous fait revivre le drame de Laëtitia, en tirant des conclusions sur « le fait divers » en général, sur l’échec de la démocratie qui se transforme en tragédie grecque (p.348).

L’image que je retiendrai :

L’auteur a redonné vie à Laëtitia, qui l’écrit elle-même dans un texto : « La vie est fête comme sa« .

Prix Médicis 2016 – Prix Le Monde 2016

Le seuil, 25 août 2016, 400 pages

 

Evaporé – Anne-Solen KERBRAT

Edition du Palemon, 7 octobre 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Pierre Alleux, courtier en assurances, doit se rendre à Bruxelles pour négocier un gros contrat. Il n’y arrivera jamais. Il disparaît des écrans radars avant d’attraper son train. Inquiète de son silence, son épouse s’en ouvre aux forces de l’ordre. Mais elle n’est pas la seule à s’interroger sur cette « évaporation » soudaine. Pierre avait une existence moins lisse qu’il n’y paraissait…

Mon avis :

Qui est vraiment Pierre Alleux ? Le doute plane lors de son « évaporation » dans la nature.

Qui lui en veut vraiment ? Menait-il une double vie ?

Un roman plein de suspens du début à la fin.

Je n’avais pas forcément fait le rapprochement avec les évaporés japonais, ces adultes qui disparaissent un jour, sans que jamais personne ne les retrouve. L’auteure place son action en France, et finalement, ça fonctionne plutôt bien.

Je rejoins toutefois l’Oncle Paul et son bémol sur la fin du roman : un peu rapide.

L’image que je retiendrai :

Celle du quai de la gare où tout se joue.

Je remercie Babelio et les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

La fille dans le brouillard – Donato CARRISI

Calmann-Lévy, 31 août 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé le premier roman de l’auteur : Le chuchoteur, beaucoup moins la suite, et je dois avouer que je l’avais un peu abandonné. Mais toutes les critiques sont dithyrambiques concernant ce dernier roman, alors, je me jette à l’eau.

Et je dois avouer que j’ai aimé me rendre dans cette petite ville italienne un peu particulière avec sa Communauté.

J’ai aimé le personnage de Vogel si sûr de lui, dont on découvre, petit à petit, le passé professionnel trouble.

Et puis l’accusé semble si innocent….

J’ai aimé le jeu avec les médias qui font feu de tout bois.

Sans oublier le psy à qui Vogel se confie.

Tous les personnages ont leu importance, mais le plus important de tous reste l’absente, celle qui a disparu.

L’image que je retiendrai :

Celle du brouillard qui enveloppe cette petite ville italienne pas si paisible.

Plumes… et emplumés – Gérard CHEVALIER

Editions du Palémon, 7 octobre 2016, 176 pages

Présentation de l’éditeur :

Catia, minette quimpéroise « surdouée », mène l’enquête en assistant son maître, journaliste d’investigation, dans ses recherches. Elle maîtrise le langage humain et emploie parfois des termes fleuris pour juger les comportements des « bipèdes ».

Mon avis :

Troisième volet des aventures de Catia (découverte de ce chat pour moi) dans lequel, jalouse de la naissance de la petite Rose, elle organise son propre enlèvement avec la complicité de ses « amis bipèdes ».

J’ai aimé retrouver certains comportements typiquement félins : s’endormir n’importe où, aimer se faire caresser.

En plus de pouvoir communiquer avec les bipèdes par le biais d’une tablette, cette chatte est aussi une vraie gourmette de bons petits plats mitonnés.

Mais quelle jalousie !

J’ai aimé le personnage de Môssieur le commissaire, même si il crie un peu trop à mon goût, ainsi que le policier à l’accueil, rugbyman un peu lent.

J’ai également appris plein de vocabulaire breton, l’auteur n’hésitant pas à en parsemer son texte, avec une traduction en bas de page.

Bref, j’ai passé un bon moment de lecture félin.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chanson du SDF qui reste en tête longtemps après avoir fini le livre : Un clair de lune à Maubeuge….

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi des aventures de Catia.

L’extinction des cougars – Françoise LE MER

Editions du Palémon, 21 octobre 2016, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Nathalie Nicette, professeur de Lettres Classiques à Quimper, est une femme de quarante-sept ans, apparemment sans histoires. Veuve depuis trois années, elle vit seule, recevant de temps à autre la visite de ses deux grands enfants. Son existence, douillette mais morne, va basculer le jour où, par hasard, elle retrouve Crista, sa meilleure amie de lycée. Tout semble les séparer. Crista est délurée, joyeuse et décomplexée. Elle va entraîner une Nathalie étonnée par sa liberté de penser dans le monde festif de la nuit et l’initier aux réseaux sociaux. Mais dans l’ombre sévit un prédateur, déterminé à parvenir à ses fins, quitte au passage à se débarrasser de quelques victimes collatérales… Pourquoi la sage Nathalie intéresse-t-elle autant cette bête tapie, qui peut changer de profil autant qu’elle le veut ?

Mon avis :

Je découvre avec plaisir cette série des enquêtes de Le Gwen et Le Fur, même si ils n’apparaissent pas tout de suite dans le récit.

L’auteure préfère camper le personnage principal Nathalie, professeur de lettres classiques (excusez du peu) dans un grand établissement quimpérois. Et de nous dévoiler ainsi ce qu’il se passe dans une salle des profs : les rapports conflictuels entre les vieux-de-la-vieille et les frais-émoulus de la profession.

L’auteure, sous couvert de son personnage découvrant les réseaux sociaux, nous parle de leurs faces cachées et des précautions à prendre (très didactique, tout cela).

Enfin, une mystérieuse jeune fille se prostitue avec un grand patron, sous l’oeil bienveillant de son père, poivrot notoire.

Sans oublier la fille de Nathalie, caricature de la jeune femme vertueuse rêvant de s’élever par un beau mariage ; et la bonne copine retrouvée qui, à cinquante ans, n’a plus rien à perdre et drague effrontément.

Vous l’aurez compris, un récit entraînant avec des personnages intéressants.

J’ai regretté toutefois que la solution de l’énigme soit cachée jusqu’au bout au lecteur (ou alors c’est moi qui n’ai pas été assez attentive).

L’image que je retiendrai :

Celle du clochard Dédé que Nathalie aide parfois, et qui devient son ange gardien.

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman dont la lecture m’a ravi.

Agatha Raisin enquête 4 : Randonnée mortelle – M.C. BEATON

Albin Michel, 2 novembre 2016, 242 pages

Présentation de l’éditeur :

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds – et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l’impression d’enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d’affaires criminelles. Comme le meurtre d’une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d’un tueur se perd aussi facilement que la tête ou… la vie !

Mon avis :

Je dois avouer que cet opus m’a moins fait rire que les précédents. Mais l’histoire d’amour entre James et Agatha se précise.

Une ambiance toujours aussi british, et cette fois-ci, nous prenons même le thé dans un manoir avec un baronnet, excusez du peu.

Un peu déçu par ce tome, je dois avouer que la fin me donne envie de lire le prochain numéro : il y a du rififi dans l’air.

L’image que je retiendrai :

On marche beaucoup dans les champs de colza dans ce quatrième tome.