Archives par étiquette : humour

Le grand méchant renard – Benjamin RENNER

Une fois n’est pas coutume, mes Couassous et moi avons lu le même ouvrage : celui de Benjamin RENNER retraçant les aventures du Grand Méchant Renard.

Un seul reproche : c’est écrit un peu petit pour mes vieux yeux. Pour le reste : c’est extra !

Nous nous sommes marrés en famille des déconvenues de ce pauvre renard qui tombe d’inanition à l’idée de toutes ces poules à manger rien que pour lui ; nous avons bien aimé le loup, très détaché, et qui attend que le renard fasse la sale besogne ; nous avons aimé le chien procrastineur qui se fait envahir par la poule survoltée qui a perdu ses oeufs.

Nous nous sommes attendri devant ce renard propulsé chef de famille et qui tente de faire comprendre à ses poussins qu’ils sont des poussins.

Monsieur Renner, merci beaucoup pour ce très bon moment de lecture en famille.

L’image que nous retiendrons :

Celle du poussin appelant sa maman renard à corps et à cris pour lui montrer une feuille jaune.

Delcourt, 21 janvier 2015, 192 pages

Double nationalité – Nina YARGEKOV

P.O.L., 8 septembre 2016, 688 pages

Présentation de l’éditeur :

Vous vous réveillez dans un aéroport.

Vous ne savez pas qui vous êtes ni où vous allez.

Vous avez dans votre sac deux passeports et une lingette rince-doigts.

Vous portez un diadème scintillant et vous êtes maquillée comme une voiture volée.

Vous connaissez par coeur toutes les chansons d’Enrico Macias.

Vous êtes une fille rationnelle.

Que faites-vous ?

Mon avis :

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman Prix de Flore. Et je dois dire que j’ai beaucoup aimé.

D’abord le ton, qui m’a enchanté : c’est décalé, drôle, et toujours juste. Quel dilemme d’être prise entre deux nationalités, deux cultures, deux façons de penser. Sans oublier les clichés sur l’une et l’autre culture.

J’ai aimé cette étrange Yazigie, le second pays du personnage principal, que l’on découvre, dans la seconde moitié du roman, être un vrai pays (dont je tairai le nom pour plus de suspens). J’aurais dû m’en douter avec l’histoire du dessin animé de La Petite Taupe, mais je suis passée à côté.

On sent une passion du personnage principal pour Enrico Macias et Dalida, un peu décalé en ce 21e siècle.

Un roman qui se déguste, même si l’explication finale m’a quelque peu déçue.

L’image que je retiendrai :

Celle du SDF dans la rue du personnage principal à qui elle donne son diadème à son arrivée à Paris.

Merci Keisha pour cette très belle idée de lecture.

L’héritage de Jack l’Eventreur – Hugo BUAN

lheritagedejackleventreurEditions du Palémon, 22 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Passionné par Jack L’Éventreur, Hugo Buan met ici ses recherches sur le sujet au service de sa série…

Et si les crimes de 1999, à Paris, où cinq femmes furent assassinées dans le quinzième arrondissement, parmi lesquelles sa chère maman, avaient un lien avec Jack ? Et si le crime du Décollé à Saint-Lunaire, l’été dernier, avait aussi un rapport avec Jack ? De 1888, l’époque des crimes de Whitechapel, à aujourd’hui, Workan va découvrir l’impensable. Incrédule, il va plonger dans cet univers morbide et n’en sortira pas indemne.

Mon avis :

Où l’on reparle du Black Muséum de Scotland Yard…. pour y voir figurer Workan !

Je retrouve avec plaisir le commissaire qui ne s’embarrasse pas de sa hiérarchie ni de ses enquêteurs à ses ordres. Ni des éventuels témoins, leur faisant faire un bain nu dans une mer de Bretagne en novembre pour les aider à se rafraîchir la mémoire.

Vous l’aurez compris, ce qui intéresse l’auteur, c’est de nous parler de Jack l’Eventreur, inventant le vrai meurtrier et son journal de bord.

Une hypothèse intéressante et crédible.

Mais en refermant le roman, j’ai eu un doute : Workan résout dans ses pages le meurtre de sa mère. J’espère que cela ne sonne pas la fin du personnage. Ce serait dommage….

L’image que je retiendrai :

Celle des kitesurfeurs sur cette pointe bretonne en novembre : la température de l’eau ne doit pas être très élevée…

Je remercie les Editions du Palemon pour l’envoi de ce roman de mon commissaire bougon préféré.

Ca peut pas rater – Gilles LEGARDINIER

capeutpasraterPocket, 3 mars 2016, 448 pages

Présentation de l’éditeur :

– J’en ai ras le bol des mecs. J’en ai plus qu’assez de vos sales coups ! C’est votre tour de souffrir !
Et là, trempée, titubante, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d’un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu’au fond des enfers.

La gentille Marie est morte. C’est la méchante Marie qui est aux commandes. Désormais, je renvoie les ascenseurs. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m’étouffe, la haine me consume.

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir une histoire de Gilles Legardinier : c’est feel-good, plutôt drôle et ça donne la pêche.

L’auteur nous démontre cette fois-ci que les femmes passent leur vie à attendre : un homme, un geste de cet homme, un signe, un petit quelque chose, quoi. Je confirme.

Une lecture impeccable pour attendre de passer en salle d’op’ et entamer ma convalescence.

L’image que je retiendrai :

Celle de la lectrice lisant sur la plage sous la pluie, tenant absolument à terminer son passage.

Un conseil :

Pour faire éclater un pot d’échappement, rien ne vaut une patate bintje. La Charlotte part trop en lambeaux.

Impolitiquement correct – Martina CHYBA

impolitiquementcorrectFavre, 8 septembre 2016, 292 pages

Présentation de l’éditeur :

Une chronique dans un journal, c’est comme un carré de chocolat avec un café, ce n’est pas indispensable mais c’est tellement meilleur avec. Cela doit être un plaisir court et intense, on doit rester sur sa faim et se réjouir de la prochaine fois.

L’amour, les jeunes, les vieux, le travail, la technologie, l’argent, les maux, les mots et les poubelles à sortir… la vie n’est pas simple. Il fut un temps où les seuls moyens de survivre étaient la chasse, le feu, un endroit pour se protéger. Aujourd’hui, le seul moyen de survivre est l’humour. Muscler ses cuisses et ses neurones et grimper les marches une par une jusqu’au deuxième degré. Là-haut on respire mieux.

Martina Chyba écrit ses chroniques depuis 2010 dans Migros Magazine. Les voici compilées, réécrites, avec de nombreux inédits. A savourer comme le chocolat, lentement, dans un endroit que vous aimez bien, avec le café.

Mon avis :

Je connaissais Migros de nom, cette chaîne de magasins alimentaires helvétique. Je ne savais pas qu’ils avaient un magazine, et encore moins que certaines chroniques avaient un ton si décalé et plein d’humour. Quelle belle découverte.

Je me suis régalée avec les chroniques de Martina (permettez que je vous appelle Martina ?), célibataire, la cinquantaine avec deux ados à la maison.

Son réquisitoire annuel contre le Festival de Connes, pardon de Cannes sonne tellement vrai.

La traduction du grec Koléos (vous savez, le dernier SUV de Renault) est à mourir de rire : les propriétaires roulent littéralement dans des « couilles » en grec ancien, ou un « vagin » en grec moderne, au choix.

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle de la novelangue de l’Education Nationale, bien sûr, parole de génitrice d’apprenants.

Je remercie Masse Critique et les Editions Favre pour l’envoi de ce recueil sympathique.

Made in China – J.M. ERRE

madeinchinaBuchet Chastel, 13 mars 2008, 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Et il a raison. Quelle ne sera pas ta surprise, lecteur, en découvrant que Toussaint vient de Chine. Quelle a pu être la réaction de ses parents le découvrant à l’orphelinat de Chengdu ? Les Legoupil ont fait des milliers de kilomètres, ils ont attendu plus de trois mois sur place. Ils croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et c’est Toussaint qui apparaît.

Or il n’a rien d’un Asiatique. Il est noir. Type africain évident. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

Mon avis :

J’ai encore passé un agréable moment en compagnie des personnages loufoques que l’auteur nous propose dans ce roman.

Si je n’ai pas autant apprécié que les précédents, je n’ai toutefois pas boudé mon plaisir, et j’ai souris à certains passages.

Cette fois-ci, l’auteur parodie les manuels du « Savoir écrire un roman » sensés nous donner de bonnes pistes pour composer un chef d’oeuvre.

L’image que je retiendrai :

Celle de la parodie d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick par un de ses personnages ne cessant de répéter : « C’est booon les gauuufres ! »

Le grand ménage du tueur à gages – Hallgrimur HELGASON

grand-menage-tueurPocket, 1er octobre 2015, 312 pages

Présentation de l’éditeur :

Il y a des jours où rien ne vous réussit. Prenez Tomislav Boksic, dit  » Toxic « . Avec soixante-cinq contrats réussis au compteur, il était hier encore le tueur à gages le plus respecté de la mafia croate de New York. Mais un accident est vite arrivé. Il suffit de refroidir la mauvaise personne (un agent fédéral en l’occurrence) et soudain, le sol américain se fait un peu trop brûlant pour vous.

Sous l’identité d’un prêtre baptiste, c’est donc un Toxic à col blanc qui atterrit en Islande – pays de calme plat, de blondes trop sages et de patronymes imprononçables… La fin d’une ère ? Ou le début des ennuis ?

Mon avis :

J’ai assisté à une soirée islandaise dans ma librairie préférée le mois dernier. Etaient invités une poétesse et un auteur de ce pays. Au moment des dédicaces, j’ai longuement hésité entre ce roman et La femme à 1 000 degrés (le nombre de pages a décidé de mon choix).

Je savais, en commençant ce roman, que l’auteur aime jouer avec les mots (les jeux de mots traduits sont d’ailleurs sympathiques).

L’histoire en elle-même a peu d’importance (elle patine d’ailleurs un peu en milieu de roman). Ce qui est intéressant, c’est la vision de l’Islande qu’offre l’écrivain à travers son personnage principal. (Par certains aspects, il m’a rappelé le feuilleton Lilyhammer).

Pas de meurtres, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire. Juste les islandais avec leurs prénoms à coucher dehors avec un billet de logement, vus par le petit bout de la lorgnette.

L’image que je retiendrai :

Celle du Croate Toxic toujours poursuivi par la guerre en Serbie.

La fin du monde a du retard – J.M. ERRE

findumondeBuchet Chastel, 13 février 2014, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité.

Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.

Mon avis :

J’ai encore passé un excellent moment de lecture grâce à cet auteur intelligent aux jeux de mots qui font mouches à chaque fois.

Une lecture qui se déguste comme une bonne glace dont on ne voudrait pas voir la fin, délicieuse à chaque bouchée.

Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans le monde paranoïaque des théoristes du complot.

Un auteur que je retrouverai avec plaisir, car il ne m’a encore jamais déçu.

L’image que je retiendrai :

Celle de Julius ratant à chaque fois son baiser avec Alice.

Le grand n’importe quoi – J.M. ERRE

grandnimportequoiBuchet Chastel, 11 février 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

L’action se déroule le samedi 7 juin 2042, à 20h42.

Durant cette minute qui n’en finit jamais, de nombreux personnages vont se croiser dans les rues d’un petit village de la campagne française après l’apparition d’une soucoupe volante et la tentative d’enlèvement d’un villageois par des extraterrestres.

Parmi eux, on suivra notamment le destin de : Lucas, un réfugié monégasque qui n’aurait jamais dû se rendre avec sa future ex-fiancée à une soirée costumée pleine de culturistes ; Alex, un auteur de science-fiction en panne d’inspiration qui n’aurait jamais dû ouvrir sa porte à Marilyn Monroe ; le Grand Joël, auteur de L’Incroyable Révélation, un modeste essai qui apporte une réponse définitive aux plus grands mystères de l’univers ; Madeleine, maire du village et conceptrice d’une technique imparable pour échapper aux angoisses existentielles ; Bob et Douglas, les philosophes du bar local, qui commentent l’action avec l’ampleur lyrique d’un ch ur antique (ou presque) ; et, en guest star, Alain Delon, dans un rôle inédit.

Mon avis :

De l’auteur, j’ai aimé tous les romans que j’ai lu (tous sauf un). J’aime son univers décalé et son humour travaillé, plein de petits détails de langage jubilatoire.

Même si je ne suis pas fan de science-fiction, l’auteur a réussi à m’emmener dans son histoire invraisemblable.

Et là ou l’auteur fait fort, c’est quand il nous parle, à travers ses personnages, de physique quantique et du chat de Schrödinger. J’ai entrevu un début de compréhension, bien que cette question tienne plus de la philosophie, à mon avis, que de la science dure.

J’allais oublier les Malgaches qui ont racheté toutes les grosses entreprises planétaires. Ainsi, McDonald est devenu MalagMcDo. Entre autre.

L’auteur publie avec régularité un roman tous les deux ans. Je prends donc RDV pour 2018.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux alcooliques devant leur boisson et leurs cacahouètes venant à manquer, se demandant si le chat est encore vivant dans le carton…..

L’ours est un écrivain comme les autres – William KOTZWINKLE

ours-ecrivain10X18, 21 Janvier 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois un ours qui voulait devenir un homme… et qui devint écrivain.

Ayant découvert un manuscrit caché sous un arbre au fin fond de la forêt du Maine, un plantigrade comprend qu’il a sous la patte le sésame susceptible de lui ouvrir les portes du monde humain – et de ses supermarchés aux linéaires débordants de sucreries… Le livre sous le bras, il s’en va à New York, où les éditeurs vont se battre pour publier l’œuvre de cet écrivain si singulier – certes bourru et imprévisible, mais tellement charismatique ! Devenu la coqueluche du monde des lettres sous le nom de Dan Flakes, l’ours caracole bientôt en tête de liste des meilleures ventes…

Mon avis :

Un récit sympathique qui nous décrit les affres de la vie d’un écrivain : négociation de contrat, promos, pression pour écrire son prochain roman.

En parallèle, si l’ours devient de plus une personne, l’écrivain lésé se rapproche de la nature et de son ursitude, allant jusqu’à hiberner. C’est cette partie-là du roman que j’ai préféré.

L’ours-voleur, lui, préfère les femmes avec des poils sur les jambes, et découvre que les jambes de ces dites-femmes sont toutes différentes, contrairement à celles des ourses. Sacré plaidoyer contre l’épilation.

J’ai également appris que les ours ne s’accouplaient qu’une fois par an, ce qui pose problème à notre ours-voleur avec la gent féminine humaine.

L’auteur s’en donne à coeur joie en comparant son ours-voleur à Ernest Hemingway, grand écrivain bourru, ou encore à Albert Einstein tête en l’air.

Un roman moins léger qu’il n’y parait avec lequel j’ai passé un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’ours-voleur se régalant de miel et de sucrerie, comme une jouissance.