Archives par étiquette : New York

Les saisons de la nuit – Colum MCCANN

Nous suivons Nathan Walker, noir américain faisant partie d’une des équipes chargées de creuser un tunnel sous l’Hudson pour faire passer le métro. Sous terre, dans la vase, il n’y a que des travailleurs sans distinction de couleur de peau.

Nathan s’éprend d’une jeune femme blanche et rousse, fille d’émigrés irlandais. Difficile pour eux de trouver un logement.

Puis le travail se fait rare, leur fils aîné s’engage à la guerre, se marie, mais commet un acte violent et sera tué dans un état du Sud. Leurs deux filles s’en sortent mieux.

Nathan reste veuf avec sa belle fille et son petit-fils. Les temps sont durs, la belle fille devient alcoolique puis droguée. Le petit-fils, lui, est un équilibriste hors pair qui trouvera de l’embauche pour construire les gratte-ciels. Quelques temps.

Nous suivons ainsi 3 générations d’Américains à New-York, depuis le fond de l’Hudson jusqu’aux plus hauts buildings. La chute n’en sera que plus rude.

En parallèle de l’histoire de Nathan, nous suivons un SDF qui loge dans le métro, dont nous apprendrons l’identité par recoupement.

J’ai aimé le personnage de Nathan, un colosse, vrai force de la nature, et pourtant résigné devant les caprices du destin.

J’ai toutefois trouvé la fin un peu trop angélique.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’accident au fond du tunnel provoquant un geyser et catapultant 3 travailleurs à l’extérieur dans un jet d’eau tonitruant.

10/18, 2000, 321 pages

911 – Shannon BURKE

Lu sur mon Cabinet de Lectures Virtuelles

Présentation de l’éditeur :

Lorsqu’il devient ambulancier dans l’un des quartiers les plus difficiles de New York, Ollie Cross est loin d’imaginer qu’il vient d’entrer dans un monde fait d’horreur, de folie et de mort. Scènes de crime, blessures par balles, crises de manque, violences et détresses, le combat est permanent, l’enfer quotidien. Alors que tous ses collègues semblent au mieux résignés, au pire cyniques face à cette misère omniprésente, Ollie commet une erreur fatale : succomber à l’empathie, à la compassion, faire preuve d’humanité dans un univers inhumain et essayer, dans la mesure de ses moyens, d’aider les victimes auxquelles il a affaire. C’est le début d’une spirale infernale qui le conduira à un geste aux conséquences tragiques.

Mon avis :

Oui, il y a des villes dans le monde qui connaissent cette violence de tous les jours. L’auteur ne prend aucun gant pour nous en parler.

Faits après faits, jours après jours, son personnage se professionnalise puis apprend à connaître ses co-équipier. Mais il se rend également compte qu’il perd pied avec la réalité.

Deux drames successifs risquent de le faire basculer du côté obscur, comme certains de ses collègues.

Je n’ai pas compris tout de suite le rôle du texte en gras (je suis un  peu lente à la détente), mais j’ai fini par percevoir sa place dans le récit.

Une lecture et des personnages qui vous poursuivent longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle de cette dame obèse emmenée nue aux urgences psychiatriques, et qui sort une salade de son sexe.

Merci Hélène pour cette très bonne idée de lecture.

Le cercle des plumes assassines – J.J. MURPHY

Folio, 20 octobre 2016, 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Critique, poète et scénariste, Dorothy Parker a rassemblé autour d’elle quelques-uns des esprits les plus brillants du New York des Années folles. Ils ont leurs habitudes à l’hôtel Algonquin où ils se retrouvent, jusqu’au jour où, sous leur table, gît un inconnu, un stylo-plume en plein coeur. Le seul témoin du crime est un jeune homme du nom de Billy Faulkner qui rêve de devenir écrivain… Dorothy Parker et ses amis se lancent alors dans une enquête pleine de rebondissements et de bons mots entre stars de cinéma, gangsters notoires et légendes littéraires.

Mon avis :

Ils en font, des bons mots, le Cercle vicieux des plumes assassines !

L’enquête m’a moins passionnée, voire pas du tout.

En revanche, j’ai aimé me promener dans les New-York de la prohibition, rencontrer le malfrat du coin, et même William Faulkner accusé à tord du meurtre.

Un bon moment de lecture, même si je ne suis pas certaine de garder ce roman en mémoire bien longtemps.

L’image que je retiendrai :

Celle des tasses de café dans lesquelles étaient servi l’alcool de contrebande.

Le gang des rêves – Luca Di FULVIO

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Slatkine, 2 juin 2016, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Mon avis :

Ce pavé nous offre une véritable plongée dans le New-York des immigrés des années folles : chaque communauté dans un quartier ; les gangs qui rackettent les commerçants ; les enfants qui tentent de grandir dans les rues glaciales en hiver et fournaises en été.

Etrangement, chaque communauté revendique son appartenance : Italiens, Irlandais, noirs ou Juifs, aucun ne se reconnaît Américain.

Christmas, le héros du roman, arrivera-t-il à échapper au destin des jeunes de son quartier ? C’est un garçon qui n’a pas la langue dans sa poche et un culot monstre. Un jour, il croise la route de Ruth, jeune fille juive de très bonne famille.

Mais derrière ce couple à la Roméo et Juliette se cache une ombre sombre, Bill, qui a violé Ruth et continue de la poursuivre.

Le roman nous emmène également à Hollywood, nous montrant l’envers du décor.

Il nous plonge dans une autre époque : celle où les hommes battaient femmes et enfants ; les femmes étaient toutes des grues (sauf ma mère). Cela n’a cessé de me gêner aux entournures tout le long de ma lecture. Cette époque semble définitivement révolue (quoique…)

Attention, une fois que vous plongez dans ces pages, vous ne pourrez plus en ressortir sans en connaître la fin (un peu convenue, mais je pardonne à l’auteur qui m’a enchanté plus de 700 pages).

L’image que je retiendrai :

Celle du gang des Diamonds Dogs qui n’existe pas, et qui pourtant existera tout au long du roman.

Je remercie infiniment les Editions Slatkine pour l’envoi de ce roman qui a su attendre son heure dans ma PAL. Oui, M. Bovet, ce roman m’a plu.

Un autre roman de cette maison d’édition m’attend dans ma PAL pour cet été, chic !

Intérieur nuit – Marischa PESSL

interieur-nuitGallimard, 20 août 2015, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott Mc Grath ne voit pas les choses du même oeil.

Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, Mc Grath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’oeuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, Mc Grath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore.

Mon avis :

Quel roman ! Quelle histoire ! A la limite du coup de coeur, parce qu’il y a un mais : je n’ai pas aimé les mots en italiques, beaucoup trop nombreux dans le texte.

Mis à part cet infime détail, je me suis régalée : du suspens autour de la mort d’Ashley et une enquête journalistique qui soulève bien des voiles.

Un trio de fouineurs improbables : un journaliste, un dealer et une jeune fille travaillant dans un vestiaire de restaurant.

Un mystérieux réalisateur de films d’horreur dont on découvre la filmographie au fil des chapitres (l’auteure a inventé de toute pièce chaque film, chapeau !).

Une mystérieuse suicidée au caractère bien trempée qui pratique la magie noire. Bien que le trio doute jusqu’au bout de son suicide et imagine plutôt un meurtre.

Des articles de journaux et de blogs glissés très à-propos dans le récit, venant dynamiser celui-ci. Des pages noires intercalées pour délimiter une visite nocturne qui tourne au cauchemar.

Et au milieu de tout ce noir, la couleur orange qui revient, comme un leitmotiv lumineux.

Une atmosphère dont on ne sort pas indemne. Un livre qui ne vous lâche pas si facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sam, la fille de McGrath, qui vient apporter une touche d’innocence dans ce roman noir.

Mercis Clara, Jostein et Richard pour cette idée de lecture.