Archives par étiquette : policier

La Reine Noire – Pascal MARTIN

La Reine Noire, c’est la tour qui domine la ville de Chanterelle au si joli nom. Mais la Reine est morte : l’usine de sucre à ses pieds ne produit plus rien.

Deux de ses anciens enfants débarquent un jour, chamboulant l’équilibre précaire de la communauté.

J’ai aimé les personnages secondaires de ce roman, tous haut en couleur sans être caricaturaux.

J’ai découvert les oreilles indiscrètes et les lettres de délation toujours en vigueur dans le bourg.

J’ai aimé que le méchant ne soit pas celui que tout le monde désigne. J’ai aimé qu’il offre à la fille du bar l’envie de partir.

J’ai passé un très bel après-midi de lecture sous le regard de cette cheminée vestige d’un autre temps.

L’image que je retiendrai :

Celle des femmes de Chanterelle ayant pour la plupart tendance à devenir folle et à finir leur vie en HP.

Jigal Polar, 8 septembre 2017, 248 pages

Fournisseur officiel : Jigal Polar que je remercie pour l’envoi

Vil tentateur : Paul Maugendre

Ne te fie à personne – Vincent VILLEMINOT

Quel plaisir de retrouver la Brigade des Goules et son personnel à part.

J’ai plongé dans cette suite  passionnante, mettant en danger Diane de Moitié ainsi que Adé, la fille du commissaire.

J’ai retrouvé avec plaisir Antonin Antonin (dont on apprendra le vrai prénom) toujours amoureux de Fleur. Ce n’est déjà plus un amour platonique dans cet épisode.

J’ai aimé que le personnage de Jimi soit plus présent.

Si l’enquête en elle-même est traité de façon plutôt rapide, ce roman met en scène des personnages attachants que je retrouverai volontiers lors du prochain épisode.

L’image que je retiendrai :

Celle des décoctions que Jimi fait brûler à chaque fois qu’il apparaît.

Une citation :

« l’idée que la vie prend te donne, sans équanimité, sans logique, sans loi » (p.70)

Casterman, 5 avril 2017, 350 pages

De cauchemar et de feu – Nicolas LEBEL

J’ai retrouvé avec plaisir la capitaine Mehrlicht qui s’entraîne toujours pour les sélections à Question pour un champion ; ses co-équipiers qui, pour cette enquête, auront la tête ailleurs. Et bien sûr la jeune recrue : venue de Lyon, sortie major de sa promo, elle lance des aphorismes à tout va (j’ai aimé découvrir d’où provenaient ses citations en fin de volume, et cela m’a fait sourire).

J’ai aimé suivre en parallèle l’histoire du conflit Nord Irlandais par le petit bout de la lorgnette : le récit suit une bande de copains vivant à Derry. Si, au début des années 70 ils lancent des pierres contre les soldats anglais, leur arsenal et leurs méthodes vont évoluer avec le temps. La réponse du gouvernement anglais aussi.

On met du temps à découvrir qui sera le méchant de cette bande, celui qui posera des bombes au phosphore en plein Paris, et pourquoi. Le radicalisme religieux n’est pas qu’islamiste. Dans les années 80, il était catholique.

Car pour justifier ses actes, le coupable ne cesse de citer des passages de la Bible justifiant l’usage de la violence.

Merci, M. Lebel, de nous rappeler qu’avant de jeter la pierre, il faut regarder notre passé.

L’image que je retiendrai :

Celle du capitaine Mehrlicht découvrant que ce n’est plus Julien Lepers qui anime l’émission, sapant ses envies de vengeance.

Lu sur Liselotte

Cassandra – Todd ROBINSON

Premier roman de l’auteur, je dois dire que j’ai autant aimé que son second Une affaire d’homme.

Ils sont attachants, ces deux gros bras videurs dans un bar. Ils ont des répartis et beaucoup d’humour. Encore une fois, je n’ai pas été déçue.

Certains chapitres nous relatent la genèse de leur bande d’amis au pensionnat Saint Gab.

J’ai aimé le personnage de Cassandra, adolescente un peu perdue, amoureuse éperdue et qui sait se défendre.

Inutile de vous dire que j’attends impatiemment le troisième volet des aventures de Boo et Junior.

L’image que je retiendrai :

Celle de la ville de Boston dans laquelle il est difficile de conduire d’un point A à un point B sans passer par des tours et des détours.

Editions Gallmeister, 20 août 2015, 379 pages

Au fond de l’eau – Paula HAWKINS


J’ai bien cru que l’auteure allait me noyer sous le nombres de personnages qui parlent presque tous à la première personne.

Autant le premier roman de l’auteure était alambiqué juste comme il fallait, autant ce second roman, en offrant trop de fausses pistes, m’a agacé.

L’histoire en toile de fond est néanmoins intéressante : une partie de la rivière locale, sous un promontoire rocheux, était autrefois le lieu où l’on noyaient les sorcières. Depuis, des femmes se suicident à cet endroit. Mais l’enquêtrice se rend compte que c’est d’abord un lieu où l’autorité masculine s’exerçait sur les femmes.

Une lecture en demi teinte, donc, pour ce second roman de l’auteure. J’attends toutefois le roman suivant, on ne sait jamais.

L’image que je retiendrai :

Non seulement la rivière et l’eau sont omniprésentes dans ce roman, mais il pleut également beaucoup.

Lu sur Liselotte

Quand sort la recluse – Fred VARGAS

Ouvrir un roman de Fred Vargas, c’est être certain que l’on va passer un bon moment en compagnie d’Adamsberg et de sa brigade.

Je n’ai pas été déçue, l’enquête officieuse dont s’occupe le commissaire se déroule à Nîmes et ses environs, mais aussi autour d’une table d’un restaurant de spécialités des Pyrénées, d’un plat de garbure et de bouteilles de Madiran.

J’ai aimé le double sens du mot Recluse, j’ai découvert à ce propos qu’il pouvait également s’agir d’araignées, je connaissais déjà l’histoire des saintes.

L’affrontement entre Danglard et Adamsberg donne du piquant à l’épisode.

Bref, un bon moment de lecture en compagnie de Jean-Baptiste qui n’est plus un pelleteur de nuages, mais qui laisse se mouvoir les bulles dans son esprit.

L’image que je retiendrai :

Je goûterai bien un bon Madiran avec une bonne garbure.

Lu sur Liselotte

En sacrifice à Moloch – Asa LARSSON

Oui, il y a beaucoup d’animaux dans ce roman : l’ours qui ouvre le récit, puis le renard du Petit Prince, sans oublier les chiens de Krister et Rebecka.

Il y a même Markus, le petit garçon trouvé qui se prend pour un chien, sa façon à lui de faire face au drame.

J’ai aimé que le récit me plonge en parallèle en pleine guerre de 14 en Suède, alors indépendante, mais dont les capitaines d’industries faisaient des affaires avec les deux camps.

J’ai aimé le personnage d’Elina, jeune femme indépendante qui a trop lu les suffragettes. Malheureusement pour elle, elle tombe amoureuse du patron, de plusieurs années son aîné. Ils vivent une passion sans entraves, jusqu’à ce qu’Elina tombe enceinte, drame qui aura des répercussions jusqu’à son petit fils Markus, le fameux.

J’ai aimé sentir le froid de l’hiver suédois quand la neige craque dans les maisons du début du 20e siècle non isolées.

J’ai aimé le parallèle entre le méchant régisseur qui poursuit Elina, et le rival professionnel de Rebecka. Tout deux sont de parfaits femme-ophobes. Certains comportements masculins ne changent pas.

L’image que je retiendrai :

Celle de Markus jouant à quatre pattes avec les chiens et dormant avec eux.

Albin Michel, 30 août 2017, 448 pages

Je remercie Babelio et son Opération Masse critique pour l’envoi de ce roman en avant-première.

Je suis innocent – Thomas FECCHIO

Jean Boyer le clame haut et fort : il est innocent du meurtre dont on l’accuse. Oui mais lui qui vient de sortir de prison a toutes les preuves contre lui. Seul le capitaine Germain, dit Chérubin, croit en son innocence.

L’idée de départ est intéressante, et le récit plutôt bien mené. Mais, à partir de la seconde moitié, il souffre de longueurs. Certes, Boyer n’a que les articles de presse pour se tenir au courant des avancées de l’enquête, mais pour nous lecteur, c’est un peu répétitif à lire.

Et puis j’ai été dérangée de suivre les pensées d’un meurtrier pervers de si près. Mais je suis une petite nature.

J’ai en revanche aimé que le coupable final ne soit pas complètement puni : c’est comme ça dans la vraie vie.

Et la fin du roman laisse présager d’une suite.

L’image que je retiendrai :

Celles des méthodes du capitaine Germain, peu conventionnelles quand il s’agit de faire craquer un témoin.

Editions Ravet-Anceau, 2 février 2017, 304 pages

Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. En refermant celui-ci, je me rends compte que je me suis attachée à son capitaine.

Des coccinelles dans des noyaux de cerise – Nan AUROUSSEAU

Le personnage principal de ce polar est un petit Gaulois qui vit de petites combines illégales. Bien sûr, il se fait prendre et a pour compagnon de cellule un gros malfrat respecté.

Une fois sorti, François, notre héros, vit dans une caravane avec une femme peu avenante, mais qui va lui servir pour le gros coup qu’il prépare.

Mais le plus intéressant, c’est qu’un gendarme l’interroge à propos de disparitions étranges de femmes âgées qu’il a côtoyé peu avant leur mort. Là, le récit a commencé à devenir intéressant pour moi. Comment François allait-il s’en sortir ?

J’ai bien aimé la seconde moitié du roman, à partir de l’intervention de l’enquêteur. Avant, je trouvais que le récit se traînait un peu. C’est à partir de là que l’on comprend pourquoi les coccinelles sculptées dans des noyaux de cerise ont leurs importances.

J’ai aimé les astuces de François et son final grandiose.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère de François, enceinte mais dans le coma. Aurait-il absolument fallu la maintenir en vie pour sauver son fils ?

Buchet-Chastel, 3 janvier 2017, 220 pages

Merci Killing79 pour cette bonne idée de lecture

La prochaine fois ce sera toi – Vincent VILLEMINOT

Je découvre l’auteur avec ce roman (il a co-écrit la série à succès U4), et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Ce n’était pas gagné : les policiers de cette brigade un peu spéciale chassent les goules. Vous ne savez pas ce que c’est ? Moi non plus, mais ce n’est pas grave. L’originalité du roman est ailleurs. (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »), est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits.)

D’abord la brochette de personnages haut en couleur : Godfather qui dirige les opérations depuis son fauteuil au milieu de sa bibliothèque ; son adjoint Gimli qui s’occupe des opérations de terrain ; Toussaint Fermeture (j’adore !) alias Jimi Hendrix, aux méthodes peu légales et occultes et aux tee-shirt un brin provocateurs. Et enfin la nouvelle recrue Diane-de-Moitié fraîchement débarquée qui ne comprend pas bien les codes et qui a la gâchette facile.

J’ai aimé que le méchant fasse des erreurs et ne soit pas invincible.

J’ai aimé rencontrer les deux filles de Godfather et suivre leur vie en parallèle de l’action principale.

Premier volet d’une série intitulée La brigade de l’ombre, je ne manquerai pas de suivre leurs prochaines enquêtes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la seconde fille de Godfather qui passe son temps à dessiner avec des feutres noirs plus ou moins fins.

Casterman, 2 juin 2016, 350 pages