Archives par étiquette : policier

Je suis innocent – Thomas FECCHIO

Jean Boyer le clame haut et fort : il est innocent du meurtre dont on l’accuse. Oui mais lui qui vient de sortir de prison a toutes les preuves contre lui. Seul le capitaine Germain, dit Chérubin, croit en son innocence.

L’idée de départ est intéressante, et le récit plutôt bien mené. Mais, à partir de la seconde moitié, il souffre de longueurs. Certes, Boyer n’a que les articles de presse pour se tenir au courant des avancées de l’enquête, mais pour nous lecteur, c’est un peu répétitif à lire.

Et puis j’ai été dérangée de suivre les pensées d’un meurtrier pervers de si près. Mais je suis une petite nature.

J’ai en revanche aimé que le coupable final ne soit pas complètement puni : c’est comme ça dans la vraie vie.

Et la fin du roman laisse présager d’une suite.

L’image que je retiendrai :

Celles des méthodes du capitaine Germain, peu conventionnelles quand il s’agit de faire craquer un témoin.

Editions Ravet-Anceau, 2 février 2017, 304 pages

Je remercie l’auteur pour l’envoi de son roman. En refermant celui-ci, je me rends compte que je me suis attachée à son capitaine.

Des coccinelles dans des noyaux de cerise – Nan AUROUSSEAU

Le personnage principal de ce polar est un petit Gaulois qui vit de petites combines illégales. Bien sûr, il se fait prendre et a pour compagnon de cellule un gros malfrat respecté.

Une fois sorti, François, notre héros, vit dans une caravane avec une femme peu avenante, mais qui va lui servir pour le gros coup qu’il prépare.

Mais le plus intéressant, c’est qu’un gendarme l’interroge à propos de disparitions étranges de femmes âgées qu’il a côtoyé peu avant leur mort. Là, le récit a commencé à devenir intéressant pour moi. Comment François allait-il s’en sortir ?

J’ai bien aimé la seconde moitié du roman, à partir de l’intervention de l’enquêteur. Avant, je trouvais que le récit se traînait un peu. C’est à partir de là que l’on comprend pourquoi les coccinelles sculptées dans des noyaux de cerise ont leurs importances.

J’ai aimé les astuces de François et son final grandiose.

L’image que je retiendrai :

Celle de la mère de François, enceinte mais dans le coma. Aurait-il absolument fallu la maintenir en vie pour sauver son fils ?

Buchet-Chastel, 3 janvier 2017, 220 pages

Merci Killing79 pour cette bonne idée de lecture

La prochaine fois ce sera toi – Vincent VILLEMINOT

Je découvre l’auteur avec ce roman (il a co-écrit la série à succès U4), et je dois dire que je ne suis pas déçue.

Ce n’était pas gagné : les policiers de cette brigade un peu spéciale chassent les goules. Vous ne savez pas ce que c’est ? Moi non plus, mais ce n’est pas grave. L’originalité du roman est ailleurs. (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »), est une créature monstrueuse du folklore arabe et perse qui apparaît dans les contes des Mille et Une Nuits.)

D’abord la brochette de personnages haut en couleur : Godfather qui dirige les opérations depuis son fauteuil au milieu de sa bibliothèque ; son adjoint Gimli qui s’occupe des opérations de terrain ; Toussaint Fermeture (j’adore !) alias Jimi Hendrix, aux méthodes peu légales et occultes et aux tee-shirt un brin provocateurs. Et enfin la nouvelle recrue Diane-de-Moitié fraîchement débarquée qui ne comprend pas bien les codes et qui a la gâchette facile.

J’ai aimé que le méchant fasse des erreurs et ne soit pas invincible.

J’ai aimé rencontrer les deux filles de Godfather et suivre leur vie en parallèle de l’action principale.

Premier volet d’une série intitulée La brigade de l’ombre, je ne manquerai pas de suivre leurs prochaines enquêtes.

L’image que je retiendrai :

Celle de la seconde fille de Godfather qui passe son temps à dessiner avec des feutres noirs plus ou moins fins.

Casterman, 2 juin 2016, 350 pages

Les hamacs de carton – Colin NIEL

Premier roman de l’auteur publié il y a quelques années, je le découvre en format poche.

L’auteur situe son action en Guyane, à la fois sur les bords du fleuve Maroni et dans la capitale.

Plusieurs enquêtes pour homicides se déroulent en même temps, mais elles ont toutes un point commun.

J’ai aimé découvrir certains us et coutumes de tribus du fleuve, notamment celles autour de la mort et des cérémonies de deuil.

J’ai aimé découvrir les Noirs-marrons ; les liens avec le Suriname tout proche ; la culture en abattis-brûlis.

 

Un roman dense et touffu, à l’image de la forêt guyanaise.

L’image que je retiendrai :

Celle qui donne le titre au roman : les hamacs de carton.

Babel noir, 1er juin 2013, 378 pages

L’enfant pétrifié – Valérie LYS

Je découvre le commissaire Velcro, et je dois avouer que le personnage ne me plait pas : sûr de lui, suffisant parisien, il n’hésite pas à laisser se dépatouiller ses collègues locaux. Il m’est sorti par les yeux.

Je suis tout de même allée au bout du roman, car j’ai aimé découvrir certaines coutumes de Madagascar dont il est beaucoup question dans cette enquête.

J’ai également appris l’origine des tuniques des marins bretons : elle vient des tuniques des soldats de Napoléon. Elles étaient bleues comme le bleu des petits bretons des bols avec le prénom (appelé Grazik qui veut dire petit bleu). Après la défaite de Waterloo, il y a eu tellement de tissu à écouler que l’on a habillé tous les matelots, dont les Bretons, avec cette étoffe (p.50).

L’image que je retiendrai :

L’enquête se déroule à Quimper en automne, il y fait bien frais…..

 

Editions du Palémon, 24 mars 2017, 224 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman, même si je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur

Un simple grain de sable – Anne-Solen KERBRAT

J’aime bien les romans d’Anne_Solen KERBRAT car ils commencent par nous décrire la cadre et les personnages, les implantant dans un milieu à chaque fois différent.

Dans ce dernier roman, l’action se déroule aux Sables d’Olonne en pleine canicule. Les personnages : une vielle dame très riche qui perd la tête, son amie qui lui rend visite régulièrement en lui apportant une bouteille de Porto, sa femme de ménage nouvellement arrivée dont le mari vient de perdre son emploi, un cadre supérieur imbu de lui-même, un médecin complaisant et un mystérieux visiteur.

Encore une fois, Perrot et Lefèvre chercheront à aller au-delà des apparences pour trouver le coupable.

Si j’ai aimé chercher l’auteur du crime de la vieille dame, j’avoue que je me serai bien passer des descriptions des repas des deux acolytes.

Ceci dit, l’auteure nous dresse le portrait d’une vieillesse solitaire, qui ne doit l’attention qu’on lui porte qu’à la grosseur de son compte en banque. Triste constat.

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur écrasante du plein été aux Sables.

Editions du Palémon, 7 avril 2017, 368 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman.

Echec à la reine – V. VALEIX

Premier volet d’une série intitulée Crimes et Abeilles, je découvre le personnage principal Audrey Astier, apicultrice, qui se lance à la recherche de son vieil ami Janissou qui a disparu.

Tous les deux habitent dans un village proche de Rocamadour, l’occasion pour l’auteur de nous faire parcourir cette belle région.

Une histoire d’amour serait-elle en train de naître entre la jeune femme et le lieutenant de gendarmerie Steinberger, qui parle régulièrement alsacien ?

L’enquête est intéressante, mais ce qui m’a plu, ce sont les découvertes autour du miel que nous propose l’auteure : elle explique très bien, sans être pédante, l’art de la fabrication du miel, ses bienfaits et l’organisation de la ruche.

Gageons que l’auteure a encore beaucoup à nous apprendre dans les prochains tomes de la série.

L’image que je retiendrai :

Celle des tatouages des membres de la secte Apis Dei : une abeille avec ou sans dard au creux du poignet.

Editions du Palémon, 9 mars 2017, 384 pages

Je remercie les Editions du Palémon pour l’envoi de ce roman apicole.

Choucroute maudite – Rita FALK

Premier roman de l’autrice traduit en français, l’action se déroule dans un petit village de Bavière où tout le monde se connaît.

Le policier a été muté dans son village natal après quelques bavures à Munich. Il vit donc avec son Père et sa Mémé qui cuisine comme une cheffe.

Son frère Léopold fait de temps en temps son apparition avec sa Roxana roumaine, jusqu’à ce qu’elle parte en lui vidant son compte en banque.

Le travail pour Franz est difficile, car il doit sans cesse emmener la Mémé dans les différents supermarchés alentour en fonction des soldes et des promos. Ce qui lui laisse en définitive peu de temps pour s’acquitter de sa tâche. Mais comme il ne se passe pas grand chose dans le village… ou presque.

Vous l’aurez compris : pas de courses poursuites, pas de police scientifique, mais des conversations au bar ou après le match de foot de l’équipe locale.

J’ai passé un très bon moment en compagnie de Franz, sa famille et son chien Louis II.

Merci à l’autrice pour sa gentille dédicace aux Quais du polar, et pour les recettes de la Mémé en fin de volume.

L’image que je retiendrai :

Celle de la Clairette de la Ferrari, que Franz prend au départ pour un bonnet.

Merci Antigone (et Monsieur) pour cette très bonne idée de lecture.

Mirobole Editions, 16 mars 2017, 256 pages

Au milieu de nulle part – Roger SMITH

L’auteur nous emmène au milieu de nulle part : comprenez au fin fond de l’Afrique du Sud, en pleine brousse désertique, où le racisme a encore force de loi.

Des personnages hors-norme, jamais caricaturaux, mais emblématiques de la société du pays : le petit blanc réac qui s’est créé une communauté entièrement dévouée ; le bushmen qui a grimpé l’échelle sociale pour devenir policier ; l’ancienne dissidente devenue une politique influente ; la jeune fille en rébellion contre son papa ; et bien sûr les petits secrets de chacun.

Tout concourt à rendre ce roman passionnant, même si on met un certains temps à découvrir ce qui relie les personnages les uns aux autres.

Un instantané sur la société Sud-Africaine post-Apartheid. Une écriture fluide qui donne envie de ne jamais lâcher le texte. Un très bon moment de lecture. La découverte, pour moi, d’un auteur captivant.

L’image que je retiendrai :

Celle du 4X4 d’un des personnage rempli de junk-food, palliatif à son mal-être.

Lu sur Liselotte

Je remercie NetGalley et les Editions Calmann-Lévy pour l’envoie de ce roman.

Une illusion d’optique – Louise PENNY

Une nouvelle enquête de mon cher inspecteur ! Non, pas Maigret ni Hercule Poirot (encore moins Columbo). J’aurais dû dire : de l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec.

Encore un cadavre à Three Pines : celui d’une ancienne critique artistique, peintre elle-même, et membre des Alcooliques Anonymes.

Mais Armand arrive pour son enquête avec son passé récent : son inculpation d’Olivier (et là, si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, vous êtes perdus), le sauvetage de son coéquipier Jean-Guy qui, lui, ne s’est pas remis de ses blessures.

Vous l’aurez compris, il y a plus dans ces pages qu’une simple énigme policière : il y a tout ce qui fait le sel de la vie. Et c’est pour cela que j’aime toujours autant lire cette série.

L’auteure, dans les remerciements, déclare qu‘il lui a fallu une vie pour écrire ce livre. A le lire, je la crois.

Quelques idées abordées :

  • celle des vampires psychoaffectif : ces vampires suceur d’émotions (des gens qui sucent les autres jusqu’à la moelle. Après avoir passé du temps en leur compagnie, on se sent, sans raison, complètement vidé)
  • Armand Gamache se fit aux émotions, de ce qui relève du domaine de l’esprit.
  • dans cette enquête, il est question de contrastes : de sobriété et d’alcoolisme, des apparences et de la réalité, de changement en bien ou en mal, de jeux d’ombre et de lumière, de chiaroscuro.

L’image que je retiendrai :

Celle du repas final chez Cara et Peter juste avant la découverte du meurtrier.

Lu sur Liselotte