Archives par étiquette : policier

La daronne – Hannelore CAYRE

Il y avait trop longtemps que je n’avais pas lu un roman de Hannelore Cayre. Et, encore une fois, ce fut un régal.

Une bonne dose d’humour et d’auto-dérision du personnage principal ; des images qui font mouches ; des remarques toujours justes et intelligentes ; un oeil acéré sur la société et ses dysfonctionnements (notamment sur les maisons de retraite)

En excellente conteuse, elle nous raconte des histoires dans son histoire principale, nous tenant en haleine sans jamais nous perdre.

Sans oublier la touche glamour au milieu des conversations ras les pâquerettes de certains protagonistes.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de cette Juive intrépide.

L’image que je retiendrai :

Celle de la photo de La Daronne enfant devant une énorme glace et voulant devenir Collectionneuse de feux d’artifices.

Anne-Marie Métailié, 9 mars 2017, 176 pages

La fille d’avant – J.P. DELANEY

Ce très bon « Tuniraspastecoucher » anglais m’a redonné goût à la lecture.

Premier roman, l’auteur a déjà les codes du bon thriller psychologique : chapitres courts en alternance, personnages biens campés et intriguants, action prenante. Et le petit plus : une maison comme personnage à part entière.

L’auteur lance des fausses-pistes et sait faire rebondir le récit pour nous tenir en haleine.

Peu d’hémoglobine, mais du suspens encore et toujours.

Et puis le manipulateur n’est pas forcément celui que l’on croit, ni la fameuse fille d’avant du titre non plus…

Bref, j’ai adoré !

L’image que je retiendrai :

Celle du questionnaire distribué à chaque postulant pour la location de la fameuse maison. Ce questionnaire est repris en début de chaque partie du livre.

Quelques citations :

Ce qu’il y a d’étrange avec le chagrin, c’est cette façon qu’il a de vous sauter dessus au moment où vous vous y attendez le moins. (p.146)

Lu sur Liselotte.

Je remercie les Editions Fayard ainsi que Netgalley pour l’envoi de ce roman en avant-première.

La lumière de la nuit – HIGASHINO Keigo

L’action se déroule sur deux décennies depuis le meurtre initiale jusqu’au dénouement de l’histoire.

Nous suivons ainsi les personnages principaux, même si certains jouent à cache-cache. Un, en particulier, qui trempe dans des affaires louches de copies de jeux vidéos (le premier Mario Bross) puis de piratage informatique.

L’enquêteur Sasagaki ne lâche pas l’affaire, même en retraite. Grâce à lui, nous découvrirons le fin mot de l’histoire.

Et puis il y a la mystérieuse et envoûtante Yukiho, d’abord petite fille puis femme d’affaire accomplie. Toutefois, autour d’elle, il arrive de drôles de choses à ses rivales.

Pas de sang, pas de violence, mais une bien sombre histoire de moeurs.

Monsieur Higashino, merci beaucoup pour vos histoires. Depuis Un café maison, je ne me lasse pas de vos polars.

L’image que je retiendrai :

Celle du Tunnel du temps par lequel les enfants sont passés pour découvrir le premier mort sur leur air de jeux.

Actes Sud, Actes noirs, mai 2015, 669 pages

La veuve – Fiona BARTON

Fleuve Editions, 12 janvier 2017, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.
Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.
Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.
Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

Mon avis :

Si le début du roman m’a fait penser à « La femme du monstre » de Jacques Expert, l’histoire prend vite une autre direction.

Oui, il est question d’une « femme de monstre » qui nous livre sa version de son histoire, mais aussi celle du policier chargé de l’enquête, ainsi que celui d’une journaliste ambitieuse et plutôt douée qui se fait ouvrir la maison de Jane.

Dans la première partie du roman, l’auteure plante le décor : Jane jeune mariée que l’on devine sous la coupe de son mari. Le comportement bizarre de celui-ci : d’abord employé de banque, il se fait renvoyer mais refuse d’avouer que c’est de sa faute.

Comment le policier mène l’enquête de son côté : les différentes pistes suivies, y compris la mise en accusation de la petite Bella disparue jusqu’à arriver au mari de Jane.

Puis la seconde partie retrace le déroulement des événements depuis l’enlèvement jusqu’à la mort de Glen.

Enfin, la troisième partie la plus palpitante, nous délivre la clef de l’histoire.

L’auteure nous dévoile les coulisses de la cyber-pédopornographie sans jamais être voyeuse ou vulgaire : avatar, forums, chat-room n’auront plus de secret pour nous après cette lecture.

Mais il est également question des relations de couple : Jane devine, dès les premiers soupçons des enquêteurs, que son mari est impliqué dans la disparition de la petite Bella. Mais elle ferme les yeux, et défend même son mari jusqu’au bout.

Pourtant, au fur et à mesure de la lecture, il apparaît que Jane est une femme en mal d’enfant, n’ayant jamais pu en avoir à cause de la stérilité de son mari. Une question se pose alors : qui est le plus manipulateur des deux dans le couple ?

J’ai aimé cette histoire qui rebondit à chaque nouveau chapitre, nous dévoilant des éléments nouveaux et une autre façon d’envisager les rapports de ce couple explosif. Jusqu’au dénouement final, inattendu.

Un premier roman maîtrisé et réussi.

L’image que je reteindrai :

Celle de Jane maîtrisant parfaitement son discours et ce qu’elle dévoile à la journaliste, toujours devant une tasse de thé.

Je remercie Fleuve Editions pour l’envoi de ce roman en avant-première, ainsi que lecteurs.com pour m’avoir désigné lectrice du mois de janvier. Ce fut un réel plaisir.

Cassandre et Marine ont beaucoup aimé également.

L’héritage de Jack l’Eventreur – Hugo BUAN

lheritagedejackleventreurEditions du Palémon, 22 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Passionné par Jack L’Éventreur, Hugo Buan met ici ses recherches sur le sujet au service de sa série…

Et si les crimes de 1999, à Paris, où cinq femmes furent assassinées dans le quinzième arrondissement, parmi lesquelles sa chère maman, avaient un lien avec Jack ? Et si le crime du Décollé à Saint-Lunaire, l’été dernier, avait aussi un rapport avec Jack ? De 1888, l’époque des crimes de Whitechapel, à aujourd’hui, Workan va découvrir l’impensable. Incrédule, il va plonger dans cet univers morbide et n’en sortira pas indemne.

Mon avis :

Où l’on reparle du Black Muséum de Scotland Yard…. pour y voir figurer Workan !

Je retrouve avec plaisir le commissaire qui ne s’embarrasse pas de sa hiérarchie ni de ses enquêteurs à ses ordres. Ni des éventuels témoins, leur faisant faire un bain nu dans une mer de Bretagne en novembre pour les aider à se rafraîchir la mémoire.

Vous l’aurez compris, ce qui intéresse l’auteur, c’est de nous parler de Jack l’Eventreur, inventant le vrai meurtrier et son journal de bord.

Une hypothèse intéressante et crédible.

Mais en refermant le roman, j’ai eu un doute : Workan résout dans ses pages le meurtre de sa mère. J’espère que cela ne sonne pas la fin du personnage. Ce serait dommage….

L’image que je retiendrai :

Celle des kitesurfeurs sur cette pointe bretonne en novembre : la température de l’eau ne doit pas être très élevée…

Je remercie les Editions du Palemon pour l’envoi de ce roman de mon commissaire bougon préféré.

Au fer rouge – Marin LEDUN

auferrougeEditions 84, 6 janvier 2016, 506 pages

Présentation de l’éditeur :

Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre oeuvre pour que justice soit faite.

Dix ans plus tard, une valise contenant le cadavre d’un trafiquant de drogue est découverte sur une plage landaise : l’heure est venue de régler les comptes. Emma s’attaque alors à une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête l’officier de police Javier Cruz, seigneur de l’antiterrorisme.

Des rives du fleuve Nervion aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la corruption n’a pas de frontières.

Mon avis :

Que j’aime la Côte Basque, ses routes sinueuses, l’océan aperçu au détour d’un chemin, ses couleurs chatoyantes.

Rien de tout cela dans ce roman, enfin si, en toile de fond. Car l’action est violente, les personnages brutaux et leurs méthodes tout autant.

L’auteur imagine (mais l’imagine-t-il vraiment ?) qu’un policier espagnol inonde le Pays Basque de drogue pour contrôler le terrorisme, juguler les terroristes autrement qu’en les tuant ou les torturant.

Si j’ai pris plaisir à lire la mise en place de l’action et des personnages et le récit dans sa grande majorité, je dois avouer que je me suis un peu lassée sur la fin : on devine comment ça va se finir, à quoi bon faire durer le suspens, ce qui ralenti un rythme mené tambour battant auparavant.

L’image que je retiendrai :

Celle de la prostituée de luxe espagnole faisant son business du côté français de la frontière.

Une citation :

« Voilà pourquoi nous vendons de la cocaïne. Voilà ce que nous voulons : des bêtes de somme qui consomment docilement notre cocaïne pour être en état de travailler plus docilement. » (p.188)

Delta Charlie Delta – Laurent GUILLAUME

deltacharliedeltaFolio, 15 septembre 2016, 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Une jeune femme violée, mutilée et laissée pour morte dans un parking désaffecté, un drogué qui se serait suicidé, des dealers assassinés. . .

Réunis par les circonstances et un même sentiment de solitude, le major Mako de la BAC de nuit et la capitaine Marie Auger de la PJ décident de faire alliance. Très rapidement, leurs enquêtes respectives vont les entraîner dans les bas-fonds de la ville, au coeur de l’inimaginable.

Mon avis :

Si j’ai aimé la première enquête de Mako, je dois avouer que celle-ci m’a moins passionnée.

Disons-le tout de suite : il manque le personnage qui faisait tout le sel du précédent récit, alias papa et ses sorties drôles et toujours inattendues.

Le personnage d’Angy m’a paru peu fouillée : une ado qui s’attache à un flic aussi rapidement, trop facile. Marie, en revanche, a une vraie épaisseur.

La fin en happy-end m’a fait me demander si l’auteur ne voulait pas se débarrasser de son personnage….

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien de Mako qui s’attachent très rapidement à Angy. Un peu too much dans le côté Bisounours.

La rage – Zigmunt MILOSZEWSKI

larageFleuve éditions, 8 septembre 2016, 552 pages

Présentation de l’éditeur :

Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente.
Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l’épouse battue…
Ou bien est-il simplement perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité – portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine, quelqu’un œuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.

Mon avis :

Non mais c’est pas possible ! L’auteur ne peut pas laisser tomber son personnage de Monsieurtéo. Il n’a pas le droit, tout simplement. Nous, les lecteurs, ne le voulons pas, tout simplement.

Pour la troisième et dernière fois, je me suis régalée avec la plume de l’auteur polonais ; ses remarques fines ; ses personnages au cordeau ; sa Pologne qu’il nous donne envie de découvrir.

Cette fois-ci, la ville avec ses onze lacs ne lui plaît pas, mais c’est dit avec tellement d’humour, j’adore !

Sa fille adolescente est un personnage qui m’a plu, entre indépendance et amour pour son père.

L’auteur se penche dans cet opus sur les violences faites aux femmes. En pleine actualité à l’heure du rejet de la loi sur l’avortement dans ce pays.

Je ne le dirai jamais assez : un auteur à découvrir.

L’image que je retiendrai :

Celle du dernier dîner entre le procureur et sa fille au restaurant.

Sandrine est aussi déçue que moi que le série s’arrête ; Edyta l’a lu en VO avant nous….

Les anges sans visage – Tony PARSONS

lesangessansvisageEditions de La Martinière, 15 septembre 2016, 347 pages

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes à Londres. Max Wolfe, enquêteur au coeur tendre, flanqué de sa petite fille et de son chien (un Cavalier King Charles), doit faire face de nouveau à la noirceur et la violence du Londres des beaux quartiers.

Une famille aisée, bourgeoise, est retrouvée massacrée dans sa demeure du nord de la ville, le lendemain des fêtes du Premier de l’an. On retrouve les corps du père, de la mère, et de deux adolescents. Mais le plus jeune enfant manque à l’appel. A-t-il été enlevé ?

Les victimes ont par ailleurs été assassinées avec un pistolet d’abattage, qui sert habituellement à tuer les gros animaux de boucherie avant qu’on ne les égorge à l’abattoir. Max Wolfe finit par retrouver la trace, grâce aux archives du Black Museum (le musée de Scotland Yard) d’un serial killer, qui, 30 ans plus tôt, utilisait cette arme pour son modus operandi. Mais « l’équarisseur » est aujourd’hui un homme grabataire, mourant. Impossible de penser qu’il a commis ces meurtres. Alors quoi, un copycat, un vulgaire imitateur ? Ou bien quelqu’un qui cherche, au contraire, à piéger l’ancien meurtrier ?

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir Max Wolfe, sa fille Scout et son chien Stan.

Max s’entraîne toujours à la boxe, même si dans cet épisode, ses blessures profondes l’éloigneront quelque temps de la salle de sport. Car dans cet opus, il y en a des policiers blessés. Ca change.

Toujours le black Museum, même si j’ai trouvé cette fois-ci qu’il n’apportait rien à l’avancée de l’histoire.

Le plus intéressant dans ce second volet a été pour moi la découverte (merci Google images) des quartiers hyper cossus de la capitale britannique. Chouettes baraques un tantinet clinquantes.

L’image que je retiendrai :

Celle de Scout déguisée en Belle pour l’anniversaire de son amie. Son père célibataire a dû s’occuper de lui trouver son costume.

Le sang dans nos veines – Miquel BULNES

lesangdasnnosveinesActes Sud éditions, 14 octobre 2015, 826 pages

Présentation de l’éditeur :

Eté 1921. Le capitaine Augusto Santamaria del Valle commande le petit poste avancé d’Igueriben dans la colonie espagnole du Rif, mais au terme d’un siège dramatique, il doit se replier devant les forces berbères. Seul rescapé, Santamaria rejoint les lignes espagnoles à Melilla avant d’être rapatrié.

Désormais invalide, Santamaria est muté dans la police et nommé commissaire de la Sûreté dans un quartier de Madrid. A peine est-il en poste qu’un meurtre est commis dans une maison close. La victime était en possession d’un carnet où se trouvaient consignés les noms de personnes ayant trempé dans une ténébreuse affaire de pédophilie et de meurtres d’enfants qui s’était déroulée à Barcelone dans les années 1910. Santamaria se met à sa recherche.

Au même moment, l’Espagne s’enfonce dans le chaos politique. Après la cuisante défaite du Rif, le gouvernement cherche à reporter la responsabilité de la défaite sur l’armée et traduit certains gradés devant les tribunaux militaires. Après un procès expéditif et orienté, Santamaria est l’un des rares officiers condamnés. Ce qui ne l’empêche pas, avec un groupe d’officiers, d’ecclésiastiques et de politiciens ultraconservateurs précurseurs du franquisme, de comploter en faveur d’un coup d’Etat militaire.

Mon avis :

Immense fresque, ça c’est sûr. L’enquête policière n’est qu’un prétexte.

Ce qui intéresse l’auteur dans ce roman, c’est de nous décrire les rouages de la politique espagnole, et notamment la préparation d’un coup d’état.

Il est également question de la Franc-Maçonnerie qui fait une apparition.

Je dois avouer que l’aspect historique ne m’a absolument pas passionné. C’est bien écrit, mais la politique espagnole des années 1920 ne me passionne pas plus que cela.

Cela reste toutefois plaisant à lire, mais je n’ai pas ressenti l’enthousiasme de Dasola.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Helena ne sachant pas comment parler à son mari Santamaria.