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Sonia – Ignacy KARPOWICZ

Nous rencontrons Sonia alors qu’elle est déjà une vieille dame, seule dans son village avec ses vaches, son chien douzième du nom et son chat à la neuvième vie.

Arrive un jeune metteur en scène à la carrière théâtrale en berne, et dont la voiture vient de tomber en panne.

Sonia l’invite chez elle et lui raconte son histoire, comme pour laisser son fardeau avant de mourir.

Si j’ai aimé le personnage de Sonia et son histoire, j’ai été moins sensible à la forme de la narration entrecoupée de morceaux de la pièce de théâtre qu’imagine le jeune homme Igor.

Mais l’auteur a su me plonger en pleine campagne polonaise pendant la Seconde Guerre.

J’ai aimé le personnage du mari, qui endosse le mensonge du fils avec Sonia, et qui se sacrifie pour le village.

Un roman beau et très évocateur.

L’image que je retiendrai :

La poésie des scènes d’amour entre Sonia et son amoureux allemand.

Les Editions Noir sur Blanc, 9 février 2017, 176 pages

Merci beaucoup Edyta pour l’envoi de ce livre-voyageur. Son article ici.

Trois verres de vodka – Dominique SCHNEIDRE

Il est donc question de la Pologne dans ce roman, à travers le personnage du réalisateur Andrzej Zulawski qui habite quelques années chez Cécile, la narratrice, et Tom, dans leur appartement à Paris.

L’année dernière, comprenez en 2016, la narratrice décide de raconter ces temps de cohabitation avec le célèbre cinéaste, le contexte politique français et polonais, ainsi que la façon dont se déroulaient les tournages des films de Zulawski.

Sans être voyeuse, la narratrice prend du recul par rapport aux événements et tente de ne garder que le meilleur de chacune des personnes qu’elle a croisées.

J’ai passé une belle après-midi de lecture, mais je ne suis pas certaine qu’il me restera quelque chose de cette lecture dans quelques semaines.

L’image que je retiendrai :

Celle du monstre créé pour le film Possession, que je n’ai pas vu, mais que je vais m’empresser de trouver.

JC Lattès, 23 août 2017, 320 pages

Fournisseur officiel : Librairie de Paris

La rage – Zigmunt MILOSZEWSKI

larageFleuve éditions, 8 septembre 2016, 552 pages

Présentation de l’éditeur :

Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente.
Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Avec des conséquences effroyables pour l’épouse battue…
Ou bien est-il simplement perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité – portant sur un squelette dont les os appartiendraient à plusieurs victimes… ?
Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine, quelqu’un œuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.

Mon avis :

Non mais c’est pas possible ! L’auteur ne peut pas laisser tomber son personnage de Monsieurtéo. Il n’a pas le droit, tout simplement. Nous, les lecteurs, ne le voulons pas, tout simplement.

Pour la troisième et dernière fois, je me suis régalée avec la plume de l’auteur polonais ; ses remarques fines ; ses personnages au cordeau ; sa Pologne qu’il nous donne envie de découvrir.

Cette fois-ci, la ville avec ses onze lacs ne lui plaît pas, mais c’est dit avec tellement d’humour, j’adore !

Sa fille adolescente est un personnage qui m’a plu, entre indépendance et amour pour son père.

L’auteur se penche dans cet opus sur les violences faites aux femmes. En pleine actualité à l’heure du rejet de la loi sur l’avortement dans ce pays.

Je ne le dirai jamais assez : un auteur à découvrir.

L’image que je retiendrai :

Celle du dernier dîner entre le procureur et sa fille au restaurant.

Sandrine est aussi déçue que moi que le série s’arrête ; Edyta l’a lu en VO avant nous….

Un fond de vérité – Zygmunt MILOSZEWSKI

fond-verite

Mirobole Editions, 6 janvier 2015, 472 pages

Présentation de l’éditeur :

Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif…

Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Les impliqués, premier roman de l’auteur. Je retrouve avec plaisir son personnage principal dans une nouvelle enquête.

Je ne connais pas la Pologne, mais l’auteur m’a donné envie de découvrir la ville de Sandomierz au printemps.

Outre le fait que tout le monde ment, Teodore cherche toujours le fond de vérité dans chaque déclaration.

Ne vous y méprenez pas, il y a aussi de l’action dans ce roman. Mais pas de poursuite en voiture, ouf !

L’auteur s’appuie cette fois-ci sur la vieille légende polonaise du « Prix du sang » : les Juifs auraient pour coutume d’enlever les enfants polonais pour fair leur pain azyme (si, si, c’est une légende urbaine qui a vraiment existé). Impressionnant !

L’action se déroule sur quelques jours, et l’auteur se plait, avant chaque début de journée, à nous rappeler les faits marquants du jour, ainsi que la météo.

L’image que je retiendrai :

Celle des galeries souterraines de la ville, creusées dans du loess par les habitants au fil des ans pour y cacher leurs trésors.

Je remercie l’auteur qui parle très bien français pour sa dédicace fleurie lors du salon Sang d’encre à Vienne en novembre 2015.