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Je m’appelle Nathan Lucius – Mark WINKLER

Il faut s’accrocher pour lire ce roman : d’abord à cause du style très haché, ensuite à cause de l’histoire.

J’ai été déroutée par le style : nous sommes dans les pensées de Nathan Lucius, qui pense par phrases courtes – sujet, verbe, complément. C’est un peu raide. Parfois ses pensées digressent (là, j’ai sauté des paragraphes entiers).

Ensuite l’histoire : à cause de longs paragraphes de digressions, il n’y a pas vraiment d’action dans ce roman. Seule la seconde partie a commencé à éveiller ma curiosité, jusqu’à la phrase finale qui aurait mérité d’arriver plus tôt.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, car ce serait de la divulgachion, je ne voudrais pas vous ôter le plaisir de la découverte.

Un roman à la voix originale et à l’aspect psychologique profond, mais un peu trop fouillis à mon goût.

L’image que je retiendrai :

Celle du foulard rose, ou peut-être rouge, qui sait.

Anne-Marie Métailié, 26 janvier 2017, 240 pages

La mésange et l’ogresse – Harold COBERT

lamesangetelogressePlon, 18 août 2016, 425 pages

Présentation de l’éditeur :

 » Ce que je vais vous raconter ne s’invente pas.  »
22 juin 2004. Après un an d’interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari,  » l’Ogre des Ardennes « . Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa  » mésange  » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?

Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu’au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au cœur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.

Mon avis :

Cette lecture n’est pas aussi noir et voyeuriste que ce que vous pouvez penser. Au contraire.

L’auteur alterne les points de vue : le commissaire Debieme en charge de l’enquête et des interrogatoires qui a des soucis de santé à l’aube de la cinquantaine ; Monique Fourniret qui livre ses pensées comme elles viennent et des bribes de souvenirs ; des extraits des procès d’audition.

Ce qui m’a choqué, c’est de découvrir une femme en manque d’affection ; qui ne s’est attaché à aucun de ses propres enfants tout en vouant un culte à son mari. Une femme négligée qui se laisse porter par les événements.

Michel Fourniret apparait comme un pervers manipulateur, mais surtout comme un homme qui « bande mou », obsédé par l’hymen des femmes. Malgré son intelligence supérieur, il est incapable de situer précisément cette membrane dans l’anatomie féminine.

L’auteur, en fin de volume, explique pourquoi ce couple si bancale a pu échapper si longtemps aux radars de la justice.

Et de se demander si, au final, ce n’est pas elle, Monique, qui a exploité son mari et ses penchants pervers pour mener La belle vie, comme elle l’appelle avec regret.

Au début de ma lecture, Je ne voyais pas comment, à force de répéter toujours les mêmes questions et d’obtenir toujours les mêmes non-réponses, les enquêteurs avaient pu faire craquer la suspecte. Et l’auteur démontre que c’est justement cette avalanche de questions qui, petit à petit, érode la confiance de Monique en son mari et en elle-même, la fait douter, et finalement, avouer.

Une lecture éclairante.

L’image que je retiendrai :

Celle de la description de Fourniret lorsqu’il chasse : la barbe bien taillée, les petites lunettes cerclées, se présentant comme un professeur de dessin et un père de famille.

L’avis de Sandrine.

La fin d’une imposture – Kate O’RIORDAN

fin-impostureJoëlle Losfeld, 11 février 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Rosalie et de Luke s’est délitée voici quelques mois après la révélation de l’adultère commis par Luke. Mais l’annonce de la mort de Rob, leur fils, lors d’un voyage en Thaïlande provoque un séisme familial. Les mois qui suivent sont un cauchemar dans lequel Rosalie doit apprendre à composer avec la perte de son fils, un contexte conjugal compliqué et aussi la dépression de Maddie, sa fille.

Cette dernière se juge coupable de la mort de son frère mais refuse d’expliquer pourquoi à ses parents. Elle se lie avec un gang de filles particulièrement violentes.

Rosalie croit apercevoir le bout du tunnel lorsque, au cours d’une thérapie de groupe, elles font la connaissance de Jed, un jeune homme auquel Maddie s’attache très rapidement, même si cette figure singulière devient de plus en plus angoissante. L’adolescente reprend goût à la vie, alors que le diabolique Jed ne cesse de s’immiscer dans la famille…

Mon avis :

Ca commence doucement avec l’annonce tragique de la mort de Rob ; puis la rébellion violente de sa soeur. L’arrivée de Jeb semble apaiser toute la  famille, mais le suspens remonte crescendo.

Jeb se comporte étrangement.

Seul le père Tom, très proche de la famille, trouve que le comportement de cet adolescent n’est pas normal. La religion joue un grand rôle dans ce roman : la relation du prêtre avec ses ouailles constitue l’un des points de basculement du drame.

La mère a également un rapport très fort avec son confesseur, situation peu usitée dans ce genre romanesque.

Même si la fin est un peu convenue, j’ai pris plaisir à lire ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rosalie s’étant foulée la cheville en se sauvant de la maison natale de Jeb après lui avoir volé tous ses papiers d’identité, mais continuant de conduire sans se faire soigner.