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La rentrée n’aura pas lieu – Stéphane BENHAMOU

Nous sommes fin août en France, et les autoroutes sont vides. Même Martine n’est pas rentrée de ses vacances.

Mandaté par son ministère, Michel est chargé de comprendre pourquoi. Il se rend donc à Moustiers, petit village des Alpes de Haute Provence, pour tenter d’analyser ce phénomène désespérant.

Sauf qu’il n’y a pas d’explications : les aoûtiens n’ont pas envie de rentrer, c’est tout.

J’ai aimé découvrir la désorganisation de la société qui en découlait ; les dirigeants qui cherchaient à comprendre et ceux qui voulaient employer la manière forte. Même le porte-parole de Mme Merkel intervient dans l’affaire.

Un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais qui m’a fait passer un bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle des autoroutes vides de monde à la fin du mois.

Don Quichotte, 25 août 2016, 176 pages

Brillante – Stéphanie DUPAYS

Mercure de France, 14 janvier 2016, 192 pages

Présentation de l’éditeur :

Claire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, cadre marketting d’un groupe agroalimentaire, elle construit sa carrière avec talent. Dans son travail, elle a la confiance de ses supérieurs et gère des projets ambitieux. Sa vie privée est à l’avenant et le couple qu’elle forme avec Antonin, lui-même cadre dans la finance, renvoie l’image du bonheur parfait.

Mais soudain, Claire vacille. Au travail, celle dont on louait les qualités se sent peu à peu évincée, des nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l’évidence : c’est la disgrâce ! Elle est placardisée. La descente aux enfers commence…

Mon avis :

Ah, ces jeunes loups aux dents longues issus des meilleurs écoles de commerce…. Eh bien ils sont comme tout le monde : ils marchent à l’adrénaline, et quand celle-ci vient à manquer, ils flanchent.

L’auteure décrit avec finesse l’enfance et la montée en puissance de Claire, petite fille tombée amoureuse de Paris, et qui rêve d’y travailler, loin de sa province.

Le personnage de la soeur m’a intéressé, à l’opposée de Claire. Elle a l’air heureuse dans sa vie de petits boulots.

La descente aux enfers lors de la placardisation est très bien décrite : crises de panique, replis sur soi et besoin d’aller voir ailleurs.

Mais l’auteure dresse un constat amer : finalement, on ne se refait pas, et Claire retournera tête baissée dans l’arène (avec quelques ordonnances de cachets en plus). Impossibilité de changer de vie ?

L’image que je retiendrai :

Celle des nouvelles chaussures de Claire qui rendent jalouses sa boss. Le début de la fin pour le personnage.

A la recherche du temps perdu – Le côté des Guermantes – Marcel PROUST

lecotedesguermantesLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Les Guermantes n’étaient pas seulement d’une qualité de chair, de cheveu, de transparent regard, exquise, mais avaient une manière de se tenir, de marcher, de saluer, de regarder avant de serrer la main, par quoi ils étaient aussi différents en tout cela d’un homme du monde quelconque que celui-ci d’un fermier en blouse. Et malgré leur amabilité on se disait : N’ont-ils pas vraiment le droit quoiqu’ils le dissimulent, quand ils nous voient marcher, saluer, sortir, toutes ces choses qui, accomplies par eux, devenaient aussi gracieuses que le vol de l’hirondelle ou l’inclinaison de la rose, de penser : « ils sont d’une autre race que nous, et nous sommes, nous, les princes de la terre. »

Mon avis :

Le récit commence avec l’emménagement de la famille dans une aile de l’hôtel particulier des Guermantes, rapprochant ainsi le narrateur de Mme de Guermantes dont il est tombé amoureux. Pour se rapprocher d’elle, il contacte Saint-Loup. S’ensuivent de nombreuses pages sur l’art militaire.

Une page également sur les différentes sortes de sommeil, et de nombreuses sur l’Affaire Dreyfus qui divise les familles.

La maîtresse de Robert est désignée par « Rachel quand du Seigneur« , d’après les premiers mots d’un opéra d’Halevy « La juive« .

Dans la seconde partie, la grand-mère du narrateur décède après une maladie qui la fait beaucoup souffrir et la diminue physiquement.

Le narrateur revoit Albertine à Paris, mais ses stratagème pour se rapprochèrent de Mme de Guermantes échouent. Celle-ci ne lui accorde son amitié que lorsque sa mère le convainc du ridicule de la situation. Son affection se reporte alors sur Mme de Stermaria.

La troisième partie m’a moins plue, n’étant pas passionnée par les conversations de salons ni par les généalogies de tout ce petit monde.

Et puis j’ai eu l’impression de relire, en plus délayée, « Contre Sainte-Beuve » du même auteur.

Toujours la présence de la lanterne magique, du style composite et du snobisme, entre autre.

L’image que je tiendrai :

Celle du valet de Mme de Guermantes et ses amours contrariées par sa maîtresse.

Quelques citations :

« Mais demander pitié à notre corps, c’est discourir devant une pieuvre. »

« Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d’essayage. »

« Le genre de charme que je pouvais trouver chez elle et d’avoir l’humilité de ne me plaire que comme un herbier, plein de plantes démodées. »