Archives par étiquette : suspens

En mémoire de Fred – Clayton LINDEMUTH

Baer retrouve son chien près de chez lui, mais mortellement blessé. Devinant que Fred (c’est son chien) a été enlevé pour participer à des combats illégaux, il décide d’en avoir le coeur net.

Baer est un original qui vit à côté de la maison hérité de ses parents et rachetée à son frère, et il distille la meilleure eau-de-vie à des kilomètres à la ronde.

Son amour de jeunesse, Ruth est partie habitée ailleurs en laissant sa fille Mae se débrouiller avec ses 3 enfants en bas âge et un mari qui la bât.

Quel beau tableau de l’Amérique profonde où le shériff est corrompu, les hommes saouls ou défoncés du soir au matin, les maisons brinquebalantes mais les 4X4 rutilants.

Le personnage de Baer m’a attendrit, qui repousse l’idée de rendre oeil pour oeil et dent pour dent. Et qui pourtant doit s’y résoudre.

J’ai aimé le style, enlevé et très réaliste tout en étant travaillé.

J’ai trouvé le personnage de Mae très attachant : mère seule de trois enfants suivant des courts par correspondance.

Seules les descriptions de combats de chiens ne m’ont pas plu.

L’image que je retiendrai :

Celle des parfums de l’eau-de-vie illégale distillée par Baer.

Seuil, coll. Cadre noir, 2 Mars 2017, 395 pages

Conclave – Robert HARRIS

Je découvre l’auteur ultra-connu avec ce roman.

Le sujet me tentait : entrer dans l’intimité d’un conclave, et je n’ai pas été déçue.

Si j’ai eu un peu de mal au départ avec les noms des différents protagonistes pour repérer qui était qui, j’ai très vite été prise par l’ambiance et le suspens.

J’ai aimé le personnage principal, Lomeli, dont le nom m’a fait sourire. Très bienveillant, il cherche à découvrir la vérité au milieu de menteurs patentés (oui, les Cardinaux peuvent mentir pour devenir Pape).

J’ai aimé le cardinal dernier arrivé Benitez (un nom non dénué d’humour lui aussi), même si le détail qui fait comprendre son identité m’a sauté aux yeux. Il reste une énigme jusqu’à la fin.

J’ai appris foule de détails sur les bâtiments du Vatican ainsi que sur le protocole et les vêtements sacerdotaux.

Un roman riche et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des cachettes dans le lit du Pape décédé.

Editions Plon, 1er juin 2017, 356 pages

Je remercie les Editions Plon pour l’envoi de ce roman passionnant en avant-première.

Hématomes – Romain SLOCOMBE

Depuis Monsieur le commandant, Romain Slocombe est un auteur que j’apprécie.

Une écriture maîtrisée, il peut décrire les pires atrocités et bassesses humaines, tout dans le feutré.

J’aime l’intelligence de sa plume et la finesse de son propos.

Même si les 9 nouvelles qui composent le recueil ne sont pas toutes de la même intensité, j’ai aimé les lire et me laisser guider par l’auteur, attendant toujours d’être surprise. Ce qui n’a pas manqué.

L’image que je retiendrai :

Celle de la jeune fille maquettiste croyant être poursuivie par Guy Georges, le tueur de l’est parisien.

Je remercie les Editions Belfond ainsi que NetGalley pour l’envoi de ce livre

Lu sur Liselotte

L’insolite évasion de Sebastian Wimer – Stéphane HEAUME

linsoliteevasiondesebastianwimerSerge Safran Editeur, 18 août 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

Karlotta-Pietra, ville fortifiée en bord de mer, vit ses derniers instants de liberté face à la montée d’un nationalisme radical. Ne restent que quelques jours avant la fermeture définitive des portes de la cité.

Sebastian, styliste, et son associé Dimitri, entreprennent de s’enfuir. Mais un soir, Sebastian porte secours à une femme laissée inerte le long d’un canal. Troublé, il croit reconnaître Agathe, sa jeune épouse, même si ses papiers d’identité affirment qu’elle s’appelle Kathrin Petersen. Aidé du jeune étudiant Leos, il échafaude un plan insolite, un ballet nautique, puisant dans l’histoire de la cité et défiant le pouvoir en place.

Mon avis :

Où se situe l’action ? Peu importe. On devine, au fil des pages, des noms des personnages et des rappels historiques que la Cité fortifiée se situe quelque part entre Venise, l’ex-Yougoslavie et l’Autriche.

Peu importe, au final. L’auteur sait créer une ville, ses monuments et ses quartiers, mais surtout son ambiance si particulière à la veille d’un événement politique de taille.

On suit Sebastian pas à pas, un peu perdu comme lui ; redécouvrant sa femme sous une autre identité, mais également pressé de s’enfuir et de faire fuir avec lui des étrangers à la cité.

Plus l’heure approche et plus le suspens monte jusqu’au dénouement inattendu.

J’ai aimé parcourir cette ville avec Sebastian, tenté de trouver le délateur (car on soupçonne qu’il y en a forcément un, mais qui ?), voir un nouveau pouvoir autoritaire se mettre en place.

Une très belle découverte que je dois à Zazy. Merci !

L’image que je retiendrai :

Celle des oiseaux si particuliers de cette côte (adriatique ?) qui vient se fracasser contre les vitres de la maison perchée de Sebastian.

Merci infiniment Zazy pour cette très belle découverte. Tu as le chic pour faire voyager des pépites avec toujours tes belles photos. Yv a  eu lui aussi un coup de coeur.

Hortense – Jacques EXPERT

hortenseSonatine, 9 juin 2016, 320 pages

Présentation de l’éditeur :

1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec son ex-mari, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense.  » Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. « 

2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu’elle le paraît ?

Mon avis :

Encore une fois, l’auteur a été plus fort que ma perspicacité légendaire, et je me suis faite avoir jusqu’au bout. Qui plus est en lisant que ce roman était tiré d’un fait divers. Brrrrr……

Une écriture efficace et sans chichis ; des fausses pistes ; des personnages bien campés mais au passé si trouble. Tout est là.

J’ai vraiment passé un agréable moment à me torturer l’esprit pour tenter de deviner qui disait la vérité.

Vivement le prochain !

L’image que je retiendrai :

Celle du doudou d’Hortense, que sa maman garde toujours dans sa chambre, abîmé à force d’être tripoté par cette dernière.

Trois jours et une vie – Pierre LEMAITRE

trois-jours Albin Michel, 2 mars 2016, 288 pages

Présentation de l’éditeur :

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Mon avis :

Je retrouve avec plaisir la plume de Pierre Lemaitre qui m’avait enchantée avec ses premiers romans à suspens, et bien sûr son Prix Goncourt 2013.

De suspens, il est encore question dans ce roman, autour d’Antoine et de son crime. Mais il n’y a pas vraiment de tension, car Antoine évacue bien vite son geste. Malgré les crises d’angoisses qui jalonnent sa vie, il va de l’avant.

Pourtant, il reste toujours une question en attente de réponse tout au long du roman.

Comme s’en expliquait l’auteur dans La Grande Librairie, il a voulu écrire un roman sur les conséquences d’un acte : l’accident se déroule, mais qu’arrive-t-il après ?

Ce que j’ai moi apprécié dans ce livre, c’est l’amour caché qui sauve une vie, du moins en partie.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites mains de Rémi qui s’agrippent au bord du trou dans lequel il va être dissimulé.

Clara a elle aussi dévoré les pages de ce roman.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman que j’ai dévoré.

La dame de pierre – Xavier-Marie BONNOT

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Belfond, 1er octobre 2015, 438 pages

Présentation de l’éditeur :

De la famille Verdier, il ne reste plus qu’eux, Pierre et Claire, le frère et la sœur. Lui, a repris la ferme familiale, dans la vallée de Saint-Vincent, auprès de leur montagne. Elle, vit à Paris. De l’existence de sa sœur, il ne sait rien, ou si peu de choses. Simplement qu’elle lui rendra toujours visite, immanquablement, deux fois l’an, dans cette maison de famille où rien n’a changé.

Mais cette fois-là, c’est différent. Claire a des cauchemars. Toutes les nuits, elle a peur pour une certaine Vicky, et prétend qu’elle-même sera bientôt morte. Pour Pierre, l’homme de la terre, les secrets et les névroses de sa sœur ne sont que des faiblesses.

Un matin d’hiver pourtant, Claire part et ne revient pas. Lorsqu’on retrouve son corps sans vie, étrangement vêtu, c’est Pierre qui est désigné comme le coupable. Pierre est seul à présent. Lui, le taciturne qui vit reclus depuis le drame qui a brisé sa carrière d’alpiniste, aurait-il pu commettre l’irréparable ? Tant il est vrai que dans la famille Verdier les mystères et les secrets sont légions. Et qui est cette Vicky dont personne dans l’entourage de Claire ne semble connaître l’existence ? Pierre comprendra bien tard qu’elle était le secret le mieux caché de sa sœur…

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la présentation de l’éditeur, le secret le mieux caché de Claire, on le devine rapidement.

Mais là n’est pas l’essentiel. Car si tout se dévoile au fur et à mesure de la lecture, ce n’est que pour mieux  rajouter une couche de suspens. Un coin du voile se lève quand un autre mystère apparait.

De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Le pays oublié du temps. Je retrouve avec plaisir sa plume qui m’emmène cette fois-ci dans les montagnes de l’Isère, auprès de ces guides de haute-montagne qui risquent leur vie pour le plaisir d’ouvrir une cordée.

L’auteur nous parle également des ravages de la justice qui sacrifie un coupable que tout désigne, Pierre y perdra son cheptel.

J’ai aimée la fin si triste mais si proche de la réalité.

L’image que je retiendrai :

Celle des mains de Paul habituées au froid des glaciers et qui font aussi naître des chevreaux.

Illska – Eirikur Orn NORDDHAL

ilska

Editions Métaillié, 20 août 2015, 608 pages

Présentation de l’éditeur :

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays.

L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrière-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre-et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.

lllska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

Mon avis :

coup-de-coeur

Quel roman que celui-là ; quelle plongée il nous propose dans le monde moderne et sa folie !

Il nous propose bien sûr une réflexion sur le racisme actuel ; sur les parties d’extrême droite en Europe et comment ils s’habillent de frais ; sur la révolution des casseroles en Islande ; sur le couple et la place de l’enfant.

Mais c’est aussi un roman sur la dérive d’un homme, Omar : hacker à la petite semaine, violeur par inadvertance, pyromane sur un coup de colère. Un homme qui doute de lui, toujours, tout le temps. Je me suis attachée à cet homme déboussolé et sans repère, si ce n’est son amour extraordinaire pour Agnes et son fils, lui pardonnant tout et se rendant lui-même sur les traces du passé de sa femme.

Mais c’est avant tout un roman sur le silence : celui qui ne dit pas les exécutions sommaires des Juifs en Lituanie ; celui des points de suspension dans les dialogues entre les personnages ; celui qui règne entre Omar et Agnes.

Une lecture qui m’a toutefois mise mal à l’aise dans les premières pages, mais dont j’ai aimé la construction, les différentes voix qui se chevauchent.

Et le personnage d’Arnor, si attachant, finalement. Le coeur sur la main, cet homme…..

Un grand roman !

L’image que je retiendrai :

Celle des pensées de Snorri depuis sa naissance jusqu’à la fin du roman : un bébé qui nous raconte son monde et ses avancées en grandissant.

Appelez-moi Lorca Horowitz – Anne PLANTAGENET

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Stock, 1er janvier 2016, 216 pages

Présentation de l’éditeur :

« Je voulais comprendre comment Lorca Horowitz avait mis en place son plan d’anéantissement sans éveiller le moindre soupçon, et avait osé monter une à une, sans jamais reculer ni même hésiter, les marches qui la menaient droit à son crime. Je voulais comprendre pourquoi elle l’avait fait. Mais surtout en quoi cela me concernait, me touchait. Qu’avais-je à voir là-dedans ? »

Mon avis :

L’auteure nous propose une plongée dans un fait divers : une secrétaire nouvellement embauchée par bonté d’âme copie sa patronne au point de lui ressembler tout en détournant les fonds de l’entreprise à son propre profit.

Les chapitres alternent entre l’auteur essayant de comprendre son attirance pour ce fait divers spécifique, et la voix de Lorca qui raconte son histoire depuis son embauche jusqu’à son arrestation.

L’occasion pour l’auteure de revenir sur le genre du fait divers en littérature, mais aussi de nous parler de la rupture amoureuse qui fait perdre la tête. Lorca n’étant qu’un personnage venant illustrer son propos. Ou peut-être le double de l’auteure, celle qu’elle serait devenu après un chagrin d’amour fatal.

Une lecture plaisante dans laquelle monte le suspens.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rocio, la patronne de Lorca, la croisant sur la Côte d’Azur pendant ses vacances et qui finit de lui faire perdre la tête.

Je remercie l’opération Masse Critique de Babelio

ainsi que les éditions Stock pour l’envoi de ce roman.

Les petites filles – Julie EWA

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Albin Michel, 4 janvier 2016, 416 pages

Présentation de l’éditeur :

Bénévole dans une association qui s’occupe d’enfants, Lina est partie poursuivre ses études à Mou di en Chine. Thomas, lui, enquête pour une ONG sur les disparitions d’enfants (principalement des petites filles) qui sévissent depuis des décennies dans cette région reculée. La jeune femme accepte de lui servir d’espionne sur place où elle découvre vite les ravages de la politique de l’enfant unique. Mais ses questions vont semer le trouble dans le village.

Quand un mystérieux assassin se met à éliminer un à un tous ceux qui semblaient savoir quelque chose, elle comprend que le piège est en train de se refermer sur elle…

Mon avis :

Premier roman de cette jeune auteure de 24 ans, ce roman nous emmène dans un village reculé de Chine dans une tribune Han.

Le récit alterne entre années 70 et présent, le personnage principal de Lina menant son enquête en 2013. Or, dans les années 70 en Chine était pratiqué la politique de l’enfant unique.

Bien sûr, l’auteure nous décrit le meurtre des petites filles à leur naissance, ou leur abandon quelques années plus tard, lorsqu’un fils est né. Mais l’auteure va plus loin qui nous fait découvrir également le trafique qui en découle.

Même si j’ai trouvé le début assez lent, j’ai aimé suivre Lina et me demander qui était le méchant dans l’histoire, car l’auteure sait brouiller les pistes. Le suspens monte crescendo  et je m’y suis laissée prendre.

Une auteure à suivre.

L’image que je retiendrai :

Celle des faussées dans lesquels sont retrouvés les petites filles de tous âges, mortes ou vivantes.

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman à suspens qui m’ captivé ce week-end.