Archives par étiquette : thriller

Ne dis rien à papa – François-Xavier DILLARD

Je découvre l’auteur avec ce roman, très bon Tuniraspastecoucher.

Les chapitres sont courts et s’enchainent, certains en italique ; la narration opère des retours sur le passé ; certains personnages restent bien mystérieux jusqu’aux dernières pages ; le suspens ne faiblit jamais.

J’ai aimé le personnage de la mère, parfaite femme ayant réussi professionnellement et élevant ses jumeaux avec un mari artiste. J’ai aimé les jumeaux si dissemblables, dont le premier né particulièrement pervers avec son frère.

J’ai aimé chercher pourquoi l’histoire australienne était si importante, et qui était l’enfant rescapé.

Seule la fin m’a déçue, un peu trop angélique. A la fin d’un roman très noir psychologiquement, je ne m’attend pas forcément à une happy end.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Je ne manquerai pas de lire les anciens romans de cet auteur si ils sont tout aussi bien.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux inspecteurs si différents : l’un étant un bon vivant et l’autre se contentant de sandwichs.

Belfond,15 juin 2017, 320 pages

Je remercie Clémentine de l’Agence Babel pour l’envoi de ce roman

Jeux de miroirs – Eugen Ovidiu CHIROVICI

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un bon Tuniraspastecoucher.

Une écriture fluide, une intrigue passionnante, je dois avouer que j’ai adoré chercher qui avait bien pu tuer le célèbre professeur : son homme à tout faire un brin perturbé ; son étudiante préférée ; ou le petit ami jaloux ?

Et puis deux protagonistes mènent l’enquête : un journaliste d’investigation dans la seconde partie, puis un ex-policier qui n’a pas pu à l’époque résoudre l’affaire dans la troisième et dernière partie.

Si je n’ai pas compris le jeu de miroirs du titre, j’ai aimé la mise en lumière du rôle de la mémoire : nous sommes persuadés que nos souvenirs sont justes alors qu’ils ne le sont pas toujours.

Une analyse du rôle et des dangers de la mémoire.

Toutefois, l’auteur lance des pistes qui ne vont pas au bout : pourquoi insister sur les portraits disparus du narrateur alors qu’ils n’ont par la suite plus d’importance ? Quel rôle tient vraiment l’hypnose dans les traitements du Professeur Wieder ? Pourquoi le manuscrit caché dudit Professeur comportait plusieurs types d’écritures ?

Ceci dit, j’ai été happée par cette histoire, et j’ai vraiment passé un très très bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de la cachette du manuscrit découverte par hasard au fond du bas d’un placard derrière une cloison. Or, ce manuscrit a disparu.

Editions Les Escales, 26 janvier 2017, 314 pages

La menace – S.K. TREMAYNE

Oui, ce roman avait tout pour me plaire : une jeune femme battante au passé trouble fraîchement installé dans une vieille demeure en Cornouailles ; un beau-fils qui perçoit l’avenir ; une belle-mère qui perd la tête en vieille lady anglaise très digne ; les mines qui ont fait la fortune de la famille en toile de fond ; et la mystérieuse disparition de la première femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

L’auteure multiplie les fausses pistes et parsème les révélations ; même le mari, au départ au-dessus de tout soupçon révèle son côté obscur.

Des chapitres comme des comptes à rebours avant la date fatidique de Noël.

Tout est là, je vous dis. Sauf le style.

Je n’avais pas lu le précédent et premier roman de l’auteur qui, apparemment, a eu du succès. Les seconds romans sont souvent moins bons. Espérons que le troisième sera meilleur.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites routes de campagne sur lesquelles roule Rachel, dans le brouillard.

Je remercie les Presses de la Cité et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

La couleur des âmes mortes – Gilles CAILLOT

Editions du Caïman, 22 septembre 2015, 550 pages

Présentation de l’éditeur :

Jusqu’où pouvons-nous aller pour satisfaire notre soif de vengeance ? Jusqu’à la perversion de notre propre âme ? Jusqu’à l’affadissement de nos convictions les plus profondes ? Tout est possible, d’autant plus que la douleur décuple les ressentis, exacerbe les passions, allant jusqu’à travestir nos propres croyances et interdits. Si vous aviez le destin du meurtrier de votre fille entre les mains, que feriez-vous ? Moi, je le sais…

Mon avis :

Quel roman fort ! Quelle descente aux enfers vivent les personnages.

Des parents à priori comme tout le monde perdent leur fille, tuée par un pédophile. Mais le mari découvre qui est le coupable et décide de se faire vengeance lui-même. Mais sa femme découvre l’homme retenu dans la cave, et l’enfer s’ouvre pour elle aussi.

Sans oublier un amant machiavélique qui tire les ficelles en arrière-plan.

Certains personnages sont un peu caricaturaux (les deux enquêteurs sont brossés à gros traits), mais ce n’est pas le plus important.

Certains passages sont un peu longs et n’apportent pas grand chose à l’histoire, mais le suspens ne faiblit pas.

Une lecture passionnante.

L’image que je retiendrai :

Celle du bracelet électronique du pédophile resté chez lui, alors qu’il est enfermé dans la cave des parents.

De force – Karine GIEBEL

deforceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Elle ne m’aimait pas.
Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet.
Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces.
De force.
Mais on n’aime pas ainsi.
Que m’a-t-elle donné ?
Un prénom, un toit et deux repas par jour.
Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu.

Mon avis :

En refermant ce roman, je me demande si l’auteure elle-même ne l’a pas écrit De force : beaucoup de délayages, de redites, et une fin décevante.

J’ai tout de même aimé la valse-hésitation pour tenter de deviner qui est le coupable : j’en suis venue à soupçonner tout le monde.

J’ai aimé que l’auteure nous parle de l’amour familial, celui qui ne se commande pas ni ne s’achète, que l’on ne peut obtenir de force.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine de la propriété vers qui converge tous les regards.

Chiens de sang – Karine GIEBEL

chiensdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont là. Derrière. Ils approchent.
Aboiements. Tonnerre de sabots au galop…
La forêt est si profonde… Rien ne sert de crier. Courir. Mourir. C’est le plus dangereux des jeux. Le dernier tabou. Le gibier interdit…
Le hasard les a désignés. Diane aurait dû rester à l’hôtel, ce jour-là. Au mauvais endroit, au mauvais moment… Maintenant, ils sont derrière, tout près. Courir. Mourir.
Quant à Rémy le SDF, s’il a perdu tout espoir depuis longtemps, c’est la peur au ventre qu’il tente d’échapper à la traque. Ils sont impitoyables, le sang les grise. Courir. Mourir.
C’est le plus dangereux des jeux. Qui en réchappera ?

Mon avis :

Je continue de rattraper mon retard avec cette auteure, encore un autre de ses anciens romans.

D’entrée de jeu, comme d’habitude, on s’attache aux personnages. Cette fois-ci, les deux personnages principaux sont coursés pour des raisons différentes : Diane dans une forêt de Cévennes, Rémy dans un parc privé de Sologne. Tous deux courent pour leur vie.

L’auteure sait habillement mener ces deux récits de front, avec des ressemblances parfois macabres.

Et bien sûr, comme souvent avec cette auteure, cela ne se finit pas bien, pour personne.

L’image que je retiendrai :

Celle du parc du Lord en Sologne, plein de pièges autour de pièces d’eau magnifiques.

La fin d’une imposture – Kate O’RIORDAN

fin-impostureJoëlle Losfeld, 11 février 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Rosalie et de Luke s’est délitée voici quelques mois après la révélation de l’adultère commis par Luke. Mais l’annonce de la mort de Rob, leur fils, lors d’un voyage en Thaïlande provoque un séisme familial. Les mois qui suivent sont un cauchemar dans lequel Rosalie doit apprendre à composer avec la perte de son fils, un contexte conjugal compliqué et aussi la dépression de Maddie, sa fille.

Cette dernière se juge coupable de la mort de son frère mais refuse d’expliquer pourquoi à ses parents. Elle se lie avec un gang de filles particulièrement violentes.

Rosalie croit apercevoir le bout du tunnel lorsque, au cours d’une thérapie de groupe, elles font la connaissance de Jed, un jeune homme auquel Maddie s’attache très rapidement, même si cette figure singulière devient de plus en plus angoissante. L’adolescente reprend goût à la vie, alors que le diabolique Jed ne cesse de s’immiscer dans la famille…

Mon avis :

Ca commence doucement avec l’annonce tragique de la mort de Rob ; puis la rébellion violente de sa soeur. L’arrivée de Jeb semble apaiser toute la  famille, mais le suspens remonte crescendo.

Jeb se comporte étrangement.

Seul le père Tom, très proche de la famille, trouve que le comportement de cet adolescent n’est pas normal. La religion joue un grand rôle dans ce roman : la relation du prêtre avec ses ouailles constitue l’un des points de basculement du drame.

La mère a également un rapport très fort avec son confesseur, situation peu usitée dans ce genre romanesque.

Même si la fin est un peu convenue, j’ai pris plaisir à lire ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rosalie s’étant foulée la cheville en se sauvant de la maison natale de Jeb après lui avoir volé tous ses papiers d’identité, mais continuant de conduire sans se faire soigner.

Congo Requiem – Jean-Christophe GRANGE

congo-requiemAlbin Michel, 4 mai 2016, 736 pages

Présentation de l’éditeur :

On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan. 

Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu’à Lontano, au coeur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris. 

Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi : L Homme-Clou. 

Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver l’auteur dans un univers à chaque fois différent. Quoi que. Depuis Le vol des cigognes, on sent que l’auteur est attiré par le continent africain.

Il nous entraîne ici dans un paysage alternant poussière rouge et vert forestier. Avant de planter le décor dans l’ardoise bretonne.

J‘ai beaucoup aimé l’intrigue, mêlant trois histoires au départ, qui se rejoignent en fin de volume.

L’auteur emprunte également au côté définitif de Game of Thrones pour certains personnages ; à Shutter Island et son monde de la psychiatrie.

Encore une fois, il fait fort, très fort.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grégoire, chef de clan détesté par ses enfants, mais finalement vengé par eux. La famille….

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman si impatiemment attendu.

Intérieur nuit – Marischa PESSL

interieur-nuitGallimard, 20 août 2015, 720 pages

Présentation de l’éditeur :

Par une froide nuit d’octobre, la jeune Ashley Cordova est retrouvée morte dans un entrepôt abandonné de Chinatown. Même si l’enquête conclut à un suicide, le journaliste d’investigation Scott Mc Grath ne voit pas les choses du même oeil.

Alors qu’il enquête sur les étranges circonstances qui entourent le décès, Mc Grath se retrouve confronté à l’héritage du père de la jeune femme : le légendaire réalisateur de films d’horreur Stanislas Cordova – qui n’est pas apparu en public depuis trente ans. Même si l’on a beaucoup commenté l’oeuvre angoissante et hypnotique de Cordova, on en sait très peu sur l’homme lui-même. La dernière fois qu’il avait failli démasquer le réalisateur, Mc Grath y avait laissé son mariage et sa carrière. Cette fois, en cherchant à découvrir la vérité sur la vie et la mort d’Ashley, il risque de perdre bien plus encore.

Mon avis :

Quel roman ! Quelle histoire ! A la limite du coup de coeur, parce qu’il y a un mais : je n’ai pas aimé les mots en italiques, beaucoup trop nombreux dans le texte.

Mis à part cet infime détail, je me suis régalée : du suspens autour de la mort d’Ashley et une enquête journalistique qui soulève bien des voiles.

Un trio de fouineurs improbables : un journaliste, un dealer et une jeune fille travaillant dans un vestiaire de restaurant.

Un mystérieux réalisateur de films d’horreur dont on découvre la filmographie au fil des chapitres (l’auteure a inventé de toute pièce chaque film, chapeau !).

Une mystérieuse suicidée au caractère bien trempée qui pratique la magie noire. Bien que le trio doute jusqu’au bout de son suicide et imagine plutôt un meurtre.

Des articles de journaux et de blogs glissés très à-propos dans le récit, venant dynamiser celui-ci. Des pages noires intercalées pour délimiter une visite nocturne qui tourne au cauchemar.

Et au milieu de tout ce noir, la couleur orange qui revient, comme un leitmotiv lumineux.

Une atmosphère dont on ne sort pas indemne. Un livre qui ne vous lâche pas si facilement.

L’image que je retiendrai :

Celle de Sam, la fille de McGrath, qui vient apporter une touche d’innocence dans ce roman noir.

Mercis Clara, Jostein et Richard pour cette idée de lecture.

Pretty Girls – Karine SLAUGHTER

pretty-girls

Mosaic, 24 février 2016, 528 pages

Présentation de l’éditeur :

Deux sœurs. Deux étrangères.

Plus de vingt ans auparavant, Julia a disparu à seize ans sans laisser de trace. Depuis, Claire et Lydia, ses sœurs, ne se sont plus parlé. Seule la haine farouche qu’elles nourrissent l’une pour l’autre les rapproche encore. La haine, et le désespoir : jamais elles ne se sont remises de la tragédie qui a fracassé leur famille.  Deux événements violents vont venir cruellement raviver leurs blessures mais aussi les obliger à se confronter : l’assassinat du mari de Claire, et la disparition d’une adolescente.

A tant d’années de distance, ces événements ont-ils un lien quelconque avec Julia ? Lasses de se faire la guerre, Claire et Lydia plongent dans la noirceur du passé familial. Une spirale sanglante…

Mon avis :

Si j’ai aimé la première partie du roman, j’avoue que la seconde, trop bavarde, m’a lassée.

On sait qui est le coupable, on sait comment il agit, alors pourquoi vouloir délayer la sauce encore et encore…..

C’est le premier roman que je lis de cette auteure. L’idée de départ est originale, et l’auteure m’a fait douter plusieurs fois sur le nom du coupable.

Malgré tout, j’ai passé la fin en avance rapide, en sachant que tout finirait bien, de toute façon.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine en marbre dans la propriété, une hérésie car en été, le marbre brûle les pieds.

Je remercie Babelio et son opération Masse Critique qui m’a permis de découvrir ce roman en avant-première.