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Depuis l’abîme – Olivier TAVEAU

Je n’avais pas aimé (du tout) le précédent roman de l’auteur Les âmes troubles, qui m’était tombé des mains : un style trop sec qui m’avait lassé.

Mon billet avait piqué Olivier Taveau sans que j’en sache rien. Son dernier roman sorti, il me contacte et me propose de lire ce dernier. Comme je laisse toujours d’autres chances aux auteurs, j’accepte. Bien m’en a pris : j’ai passé un excellent moment de lecture par une belle après-midi d’été.

Ca commence comme un polar avec disparitions suspects d’un groupe d’adolescents, une enquêtrice qui fait du surf pour se vider la tête, un étrange personnage nommé Virgile.

Un jour, l’un des ado refait surface dans un drôle d’état, et le récit prend une tournure para-normale qui ne m’a pas déplue (ni trop, ni trop peu).

J’ai aimé l’enquêtrice Heddy et sa supérieure qui ne s’en laisse pas compter ; j’ai aimé Virgile, personnage étrange qui apparait bien à propos ; j’ai aimé le gros balèze Owca qui tombe sous le charme d’Heddy.

Le style est fluide (oserais-je dire enfin lisible pour moi), haché quand il le faut, mais pas trop.

Merci, M. Taveau, j’ai beaucoup aimé votre dernier roman. Vous pouvez m’envoyer quand vous voulez le suivant, qui j’espère, aura les mêmes personnages principaux.

L’image que je retiendrai :

L’auteur ne dit jamais dans quelle région se situe l’action de son roman, mais des montages et des plages de surf, cela m’a emmené au Pays Basque, bien sûr.

Le Masque, 31 mai 2017, 448 pages

Je remercie encore une fois l’auteur pour l’envoi de son roman.

La fille du train – Paula HAWKINS

Je comprends maintenant l’engouement qu’à suscité ce roman à sa sortie : c’est un excellent tuniraspastecoucher.

Un personnage principal (la fille du train) en prise avec son addiction à l’alcool ; son ancien mari qui n’arrive pas à lui faire rompre le lien ; une jeune femme disparue mystérieusement ; un psy un peu louche ; un mari abandonné suspect ; des policiers pas très coopératifs. Une belle galerie de personnages tous plus suspect les uns que les autres.

Le style n’est jamais verbeux, et les pages défilent et vous attirent à la recherche du coupable.

L’auteure prend plaisir à brouiller les pistes et à nous faire suspecter tout le monde tour à tour jusqu’à la révélation finale.

Je ne manquerai pas de lire le roman suivant de l’auteure qui vient de sortir, en espérant qu’il soit tout aussi bon.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’intérieur des maisons anglaises toutes identiques.

Sonatine, 7 mai 2015, 378 pages

Ne dis rien à papa – François-Xavier DILLARD

Je découvre l’auteur avec ce roman, très bon Tuniraspastecoucher.

Les chapitres sont courts et s’enchainent, certains en italique ; la narration opère des retours sur le passé ; certains personnages restent bien mystérieux jusqu’aux dernières pages ; le suspens ne faiblit jamais.

J’ai aimé le personnage de la mère, parfaite femme ayant réussi professionnellement et élevant ses jumeaux avec un mari artiste. J’ai aimé les jumeaux si dissemblables, dont le premier né particulièrement pervers avec son frère.

J’ai aimé chercher pourquoi l’histoire australienne était si importante, et qui était l’enfant rescapé.

Seule la fin m’a déçue, un peu trop angélique. A la fin d’un roman très noir psychologiquement, je ne m’attend pas forcément à une happy end.

Bref, j’ai passé un excellent moment de lecture.

Je ne manquerai pas de lire les anciens romans de cet auteur si ils sont tout aussi bien.

L’image que je retiendrai :

Celle des deux inspecteurs si différents : l’un étant un bon vivant et l’autre se contentant de sandwichs.

Belfond,15 juin 2017, 320 pages

Je remercie Clémentine de l’Agence Babel pour l’envoi de ce roman

Jeux de miroirs – Eugen Ovidiu CHIROVICI

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un bon Tuniraspastecoucher.

Une écriture fluide, une intrigue passionnante, je dois avouer que j’ai adoré chercher qui avait bien pu tuer le célèbre professeur : son homme à tout faire un brin perturbé ; son étudiante préférée ; ou le petit ami jaloux ?

Et puis deux protagonistes mènent l’enquête : un journaliste d’investigation dans la seconde partie, puis un ex-policier qui n’a pas pu à l’époque résoudre l’affaire dans la troisième et dernière partie.

Si je n’ai pas compris le jeu de miroirs du titre, j’ai aimé la mise en lumière du rôle de la mémoire : nous sommes persuadés que nos souvenirs sont justes alors qu’ils ne le sont pas toujours.

Une analyse du rôle et des dangers de la mémoire.

Toutefois, l’auteur lance des pistes qui ne vont pas au bout : pourquoi insister sur les portraits disparus du narrateur alors qu’ils n’ont par la suite plus d’importance ? Quel rôle tient vraiment l’hypnose dans les traitements du Professeur Wieder ? Pourquoi le manuscrit caché dudit Professeur comportait plusieurs types d’écritures ?

Ceci dit, j’ai été happée par cette histoire, et j’ai vraiment passé un très très bon moment.

L’image que je retiendrai :

Celle de la cachette du manuscrit découverte par hasard au fond du bas d’un placard derrière une cloison. Or, ce manuscrit a disparu.

Editions Les Escales, 26 janvier 2017, 314 pages

La menace – S.K. TREMAYNE

Oui, ce roman avait tout pour me plaire : une jeune femme battante au passé trouble fraîchement installé dans une vieille demeure en Cornouailles ; un beau-fils qui perçoit l’avenir ; une belle-mère qui perd la tête en vieille lady anglaise très digne ; les mines qui ont fait la fortune de la famille en toile de fond ; et la mystérieuse disparition de la première femme dont le corps n’a jamais été retrouvé.

L’auteure multiplie les fausses pistes et parsème les révélations ; même le mari, au départ au-dessus de tout soupçon révèle son côté obscur.

Des chapitres comme des comptes à rebours avant la date fatidique de Noël.

Tout est là, je vous dis. Sauf le style.

Je n’avais pas lu le précédent et premier roman de l’auteur qui, apparemment, a eu du succès. Les seconds romans sont souvent moins bons. Espérons que le troisième sera meilleur.

L’image que je retiendrai :

Celle des petites routes de campagne sur lesquelles roule Rachel, dans le brouillard.

Je remercie les Presses de la Cité et Net Galley pour l’envoi de ce roman.

La couleur des âmes mortes – Gilles CAILLOT

Editions du Caïman, 22 septembre 2015, 550 pages

Présentation de l’éditeur :

Jusqu’où pouvons-nous aller pour satisfaire notre soif de vengeance ? Jusqu’à la perversion de notre propre âme ? Jusqu’à l’affadissement de nos convictions les plus profondes ? Tout est possible, d’autant plus que la douleur décuple les ressentis, exacerbe les passions, allant jusqu’à travestir nos propres croyances et interdits. Si vous aviez le destin du meurtrier de votre fille entre les mains, que feriez-vous ? Moi, je le sais…

Mon avis :

Quel roman fort ! Quelle descente aux enfers vivent les personnages.

Des parents à priori comme tout le monde perdent leur fille, tuée par un pédophile. Mais le mari découvre qui est le coupable et décide de se faire vengeance lui-même. Mais sa femme découvre l’homme retenu dans la cave, et l’enfer s’ouvre pour elle aussi.

Sans oublier un amant machiavélique qui tire les ficelles en arrière-plan.

Certains personnages sont un peu caricaturaux (les deux enquêteurs sont brossés à gros traits), mais ce n’est pas le plus important.

Certains passages sont un peu longs et n’apportent pas grand chose à l’histoire, mais le suspens ne faiblit pas.

Une lecture passionnante.

L’image que je retiendrai :

Celle du bracelet électronique du pédophile resté chez lui, alors qu’il est enfermé dans la cave des parents.

De force – Karine GIEBEL

deforceLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Elle ne m’aimait pas.
Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet.
Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces.
De force.
Mais on n’aime pas ainsi.
Que m’a-t-elle donné ?
Un prénom, un toit et deux repas par jour.
Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu.

Mon avis :

En refermant ce roman, je me demande si l’auteure elle-même ne l’a pas écrit De force : beaucoup de délayages, de redites, et une fin décevante.

J’ai tout de même aimé la valse-hésitation pour tenter de deviner qui est le coupable : j’en suis venue à soupçonner tout le monde.

J’ai aimé que l’auteure nous parle de l’amour familial, celui qui ne se commande pas ni ne s’achète, que l’on ne peut obtenir de force.

L’image que je retiendrai :

Celle de la piscine de la propriété vers qui converge tous les regards.

Chiens de sang – Karine GIEBEL

chiensdesangLu sur Liselotte

Présentation de l’éditeur :

Ils sont là. Derrière. Ils approchent.
Aboiements. Tonnerre de sabots au galop…
La forêt est si profonde… Rien ne sert de crier. Courir. Mourir. C’est le plus dangereux des jeux. Le dernier tabou. Le gibier interdit…
Le hasard les a désignés. Diane aurait dû rester à l’hôtel, ce jour-là. Au mauvais endroit, au mauvais moment… Maintenant, ils sont derrière, tout près. Courir. Mourir.
Quant à Rémy le SDF, s’il a perdu tout espoir depuis longtemps, c’est la peur au ventre qu’il tente d’échapper à la traque. Ils sont impitoyables, le sang les grise. Courir. Mourir.
C’est le plus dangereux des jeux. Qui en réchappera ?

Mon avis :

Je continue de rattraper mon retard avec cette auteure, encore un autre de ses anciens romans.

D’entrée de jeu, comme d’habitude, on s’attache aux personnages. Cette fois-ci, les deux personnages principaux sont coursés pour des raisons différentes : Diane dans une forêt de Cévennes, Rémy dans un parc privé de Sologne. Tous deux courent pour leur vie.

L’auteure sait habillement mener ces deux récits de front, avec des ressemblances parfois macabres.

Et bien sûr, comme souvent avec cette auteure, cela ne se finit pas bien, pour personne.

L’image que je retiendrai :

Celle du parc du Lord en Sologne, plein de pièges autour de pièces d’eau magnifiques.

La fin d’une imposture – Kate O’RIORDAN

fin-impostureJoëlle Losfeld, 11 février 2016, 384 pages

Présentation de l’éditeur :

La vie de Rosalie et de Luke s’est délitée voici quelques mois après la révélation de l’adultère commis par Luke. Mais l’annonce de la mort de Rob, leur fils, lors d’un voyage en Thaïlande provoque un séisme familial. Les mois qui suivent sont un cauchemar dans lequel Rosalie doit apprendre à composer avec la perte de son fils, un contexte conjugal compliqué et aussi la dépression de Maddie, sa fille.

Cette dernière se juge coupable de la mort de son frère mais refuse d’expliquer pourquoi à ses parents. Elle se lie avec un gang de filles particulièrement violentes.

Rosalie croit apercevoir le bout du tunnel lorsque, au cours d’une thérapie de groupe, elles font la connaissance de Jed, un jeune homme auquel Maddie s’attache très rapidement, même si cette figure singulière devient de plus en plus angoissante. L’adolescente reprend goût à la vie, alors que le diabolique Jed ne cesse de s’immiscer dans la famille…

Mon avis :

Ca commence doucement avec l’annonce tragique de la mort de Rob ; puis la rébellion violente de sa soeur. L’arrivée de Jeb semble apaiser toute la  famille, mais le suspens remonte crescendo.

Jeb se comporte étrangement.

Seul le père Tom, très proche de la famille, trouve que le comportement de cet adolescent n’est pas normal. La religion joue un grand rôle dans ce roman : la relation du prêtre avec ses ouailles constitue l’un des points de basculement du drame.

La mère a également un rapport très fort avec son confesseur, situation peu usitée dans ce genre romanesque.

Même si la fin est un peu convenue, j’ai pris plaisir à lire ce roman.

L’image que je retiendrai :

Celle de Rosalie s’étant foulée la cheville en se sauvant de la maison natale de Jeb après lui avoir volé tous ses papiers d’identité, mais continuant de conduire sans se faire soigner.

Congo Requiem – Jean-Christophe GRANGE

congo-requiemAlbin Michel, 4 mai 2016, 736 pages

Présentation de l’éditeur :

On ne choisit pas sa famille mais le diable a choisi son clan. 

Alors que Grégoire et Erwan traquent la vérité jusqu’à Lontano, au coeur des ténèbres africaines, Loïc et Gaëlle affrontent un nouveau tueur à Florence et à Paris. 

Sans le savoir, ils ont tous rendez-vous avec le même ennemi : L Homme-Clou. 

Chez les Morvan, tous les chemins mènent en enfer.

Mon avis :

Quel plaisir de retrouver l’auteur dans un univers à chaque fois différent. Quoi que. Depuis Le vol des cigognes, on sent que l’auteur est attiré par le continent africain.

Il nous entraîne ici dans un paysage alternant poussière rouge et vert forestier. Avant de planter le décor dans l’ardoise bretonne.

J‘ai beaucoup aimé l’intrigue, mêlant trois histoires au départ, qui se rejoignent en fin de volume.

L’auteur emprunte également au côté définitif de Game of Thrones pour certains personnages ; à Shutter Island et son monde de la psychiatrie.

Encore une fois, il fait fort, très fort.

L’image que je retiendrai :

Celle de Grégoire, chef de clan détesté par ses enfants, mais finalement vengé par eux. La famille….

Je remercie Aurore des Editions Albin Michel pour l’envoi de ce roman si impatiemment attendu.