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Autoportrait en chevreuil – Victor POUCHET

Quelle belle première de couverture qui me rappelle les tapisseries chez ma grand-mère (même si je n’y ai jamais vu de chevreuil).

J’ai aimé qu’il soit question d’un narrateur dont le père est « maboul » : c’est un guérisseur qui coupe le feu, et traque les ondes scalaires dans les bois.

La mère du jeune homme est morte quand il était petit, et le père se remarie avec une boulangère (enfin, la serveuse de la boulangerie). Le père est persuadé que sa femme est enceinte d’une fille, et le bébé sera prénommé Ann, comme prévu.

Si l’adolescent est d’abord proche de ce demi-frère, il le voit se développer dangereusement.

Jusqu’au grand accident.

J’ai aimé la seconde partie, dans laquelle une jeune fille tombe amoureuse du narrateur, qu’elle trouve bancal.

J’ai aimé le père qui éduque comme il peut ses deux enfants, avec des méthodes pas très orthodoxes parfois.

Un jeune homme pas si lisse qu’il n’y parait.

Quelques citations :

J’ai appris qu’il existe un mode spécifique en hébreu : l’infinitif absolu. (…) certitude ancrée dans chaque mot, dans chaque proposition.

Il existe en japonais le mode du tentatif. Si j’ai bien compris, c’est le mode de la suspension. Quand on parle au tentatif, on maintient les choses dans une forme d’incertitude existentielle. (…) A u tentatif, le fait exprimé peut à la fois être et ne pas être, les deux sont possibles et se superposent. (p.23)

Je crois que nous avons un âge qui nous définit le plus profondément, notre camp de base existentiel, le carrefour auquel on revient sans cesse. (p.87)

L’image que je retiendrai :

Celle du chevreuil tombé dans la piscine municipale.

Antigone en parle ici

Finitude, 20 août 2020, 176 pages

8 commentaires

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