Auteurs en L

Si la bête s’éveille – Frédéric LEPAGE

Adam, un jeune enquêteur du NYPD victime d’un inexplicable règlement de compte, se retrouve cloué dans son lit. Un singe auxiliaire de vie, censé aider le flic. Et soudain, entre eux, une haine incompréhensible. Le cauchemar peut commencer…

Tout souriait pourtant à Adam qui allait se marier et emménager dans un magnifique appartement, et sa future femme est enceinte.

Nous suivons donc Adam lors de son agression et de sa difficile convalescence.

Il est aidé d’un singe capucin, sorte de chien d’aveugle pour handicapés. L’occasion pour nous lecteur d’en apprendre plus sur cette aide animale (les besoins des animaux qui se délectent de fruits secs après les avoir cherché dans l’appartement ; mais qui ont également des réflexes de la vie sauvage, et notamment la domination).

Pendant ce temps, sa femme, mais aussi sa supérieure hiérarchique, enquête sur son agression, puis sur un terrible meurtre survenu dans l’immeuble Dakota de Central Park.

J’ai aimé suivre Adam et sa difficile cohabitation avec Clara le singe qui lui en fait voir de toutes les couleurs.

J’ai aimé qu’Adama, grâce à ce qu’il a appris au contact de Clara et des lois de la vie sauvage, envisage ses enquêtes par ce prisme. Au fond, nous avons tous un cerveau reptilien qui se met parfois aux commandes.

L’auteur réussi le pari de mêler deux enquêtes difficiles dans un même roman sans jamais nous perdre.

Un pavé que j’ai eu du mal à lâcher.

Quelques citations :

Nous sommes des animaux avant tout. C’est pour cela que nous optons pour la violence, que nous violons, que nous tuons. Nous transgressons l’ordre social parce que nous ne parvenons pas à transgresser celui que la nature nous impose. (p.320)

N’essaie pas d’imposer à tes pieds, à ton coeur, à ton souffle, le rythme de tes mots, de ta colère ou de ta danse. Dis à tes mots, à ta colère, à ta danse qu’ils doivent s’embarquer sur tes pieds, sur ton coeur, sur ton souffle. Tant que tu feras l’inverse, tu chuteras. (p.433)

… la masse goudronneuse qui pesait depuis dix ans sur son coeur n’était pas la honte de s’être fait justice et d’avoir fait justice à sa grand-mère, mais celle, au contraire, de ne pas s’en être senti coupable. (p.547)

L’image que je retiendrai :

Celle du singe capucin Clara grimpant sur les poutres de l’appartement d’Adam.

Plon, 4 février 2021, 560 pages

Merci à Delphine Goyot des éditions Plon pour l’envoi de ce roman passionnant

14 commentaires

Répondre à aifelle Annuler la réponse.

%d blogueurs aiment cette page :