Auteurs en B

Balance ton corps – Bertoulle BEAUREBEC / RL oct 2020

Elle a des choses à dire, cette jeune femme de 22 ans, travailleuse du sexe, escort-girl, strip-teaseuse dans un club de Genève et performeuse pornographique. Et elle parle d’expérience.

Un métier voulu et apprécié, loin des clichés véhiculés par la presse d’une exploitation de la femme.

J’ai aimé son ton jamais moralisateur et au plus près de son expérience de terrain.

Elle se définie elle-même comme une salope et explique pourquoi elle revendique ce titre. En 5 principes, elle décrit la soumission du corps féminin et pourquoi elle ne s’y résout pas.

L’écriture inclusive m’a dans un premier temps surprise, puis je m’y suis faite.

Un manifeste féministe d’une jeune afro et queer a mettre dans toutes les tables de chevet.

Quelques citations :

Evidemment, l’homme en question en peut être responsable de sa propre dégueulasserie, c’est obligatoirement la faute (de la femme), vile tentatrice. (p.75)

Mon corps, je lui fais vivre d’innombrables plaisirs, parce qu’il est temporaire et périssable et que je compte bien en profiter tant que je suis en sa possession. (p.87)

Les illustrations de la brochure féminine (sur les organes génitaux) semblaient avoir pris leur pause déjeuner pile au moment où ils auraient dû désigner ce qu’était le clitoris et où il se trouvait. (p.95)

Qu’y a-t-il de pornographique dans les tétons d’une femme qu’il n’y a pas dans les tétons d’un homme ? (p.115)

La nudité des femmes est choquante, sale, vulgaire, pornographique, inappropriée, inacceptable tandis que la nudité des hommes est normal et naturelle. Les corps des femmes doivent être contrôlés, modifiés, lissés, censurés pour avoir le droit d’être exposés. (p.115)

Quand allons-nous comprendre que la façon dont on perçoit les femmes st directement liée à la manière dont on les traite et nous battre en conséquence pour que nous soyons regardées dans l’espace publique – et dans l’espace d’internet – avec la neutralité sexuelle dont les hommes bénéficient ? (p.118)

Elle vient du fait que Gus (appelons-le Gus) est né et a évolué dans une société qui a tant cherché à lui faire croire que c’était naturel pour lui de savoir aborder les femmes, qu’il n’a jamais cherché à se sortir les doigts de l’anus pour s’éduquer ne serait-ce qu’un minimum à la politesse, au respect et au savoir-vivre. (p.121)

La Musardine, 1 octobre 2020, 172 pages

Lu grâce à ma librairie préférée

14 commentaires

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :