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Dura lex – Bruce DESILVA

A la fin des années 1980, Kwame Diggs, le plus jeune tueur en série de l’histoire, a sauvagement assassiné deux femmes et trois petites filles avec des couteaux de cuisine avant même d’être en âge de conduire.

Lors de son arrestation, il y a dix-huit ans, le Code pénal de Rhode Island prévoyait que tout délinquant juvénile, quel que soit son crime, soit libéré à vingt et un ans.

Il devrait donc être sorti de prison depuis des années mais il est toujours derrière les barreaux, à cause de condamnations supplémentaires pour possession de drogue et agression de deux gardiens.

Le fait que ces accusations soient montées de toutes pièces est un secret de Polichinelle, mais ça ne gêne personne, et surtout pas Mulligan, qui avait enquêté pour le Dispatch à l’époque des faits et qui redoute d’autres meurtres si le tueur est remis en liberté.

La direction du journal, en revanche, n’est pas du même avis : si l’administration n’est pas inquiétée pour ce coup monté contre un tueur, elle pourra se permettre le même type d’agissements avec n’importe qui.

Peut-on prendre des libertés avec la loi au nom de la sécurité ? C’est autour de ce dilemme éthique que le journal, et l’opinion, se déchirent.

Mulligan, de son côté, reprend ses investigations et se lance dans une course contre la montre pour maintenir le criminel en détention.

Parce que si le meurtrier est relâché, partisans du droit et défenseurs de l’éthique risquent de se retrouver dans le même camp : celui des proies.

Voici un polar intéressant à plus d’un titre : d’abord parce que la résolution des crimes arrivent dans les 50 premières pages. Je me suis donc demandée ce qui allait bien pouvoir se passer pendent les 400 autres pages.

Ensuite parce que l’enquête est menée par un journaliste novice qui se laisse embobiner par le méchant tueur.

J’ai aimé la mère de Kwame, qui refuse de voir en son fils un tueur sanguinaire, le considérant encore comme son bébé.

J’ai aimé sentir la tension monter dans la ville à l’approche de la libération de Kwame.

Certains personnages m’ont fait rire, comme celui du juge qui reporte sa décision jusqu’à l’arrivée de son nouveau costume.

Un polar d’ambiance et d’enquêtes passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle du perroquet qui répète tout le temps la même phrase, et à qui tout le monde veut tordre le cou, sans jamais le faire.

Actes Sud Editions, 5 septembre 2018, 448 pages

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