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Je me souviens de tous vos rêves – René FREGNI

L’automne en Provence est limpide et bleu, ce n’est pas une saison, c’est un fruit : les touristes sont partis, la nature exulte dans une profusion de couleurs et d’odeurs.

Mais si l’écrivain-flâneur célèbre avec sa sensualité coutumière Manosque et la campagne provençale, il est avant tout attentif à ceux qui vivent dans les recoins de la société, les pauvres, les fous, les errants dont il se sent frère, et dont il parle sans apitoiement.

Les femmes sont aussi très présentes, les servantes d’auberge longuement contemplées, ou Isabelle, « la fiancée des corbeaux », auprès de qui l’écrivain trouve paix et bonheur.

J’ai aimé les longues descriptions de la nature de Provence à l’automne, ses couleurs or et rouge, la chaleur de son soleil.

J’ai aimé les histoire imbriqués dans les chapitres, comme surgies au détour d’une phrase, et qui racontent le monde, les gens.

J’ai aimé que l’auteur nous répète que la vie est tellement plus riche que tout ce que l’on pourrait raconter dans un roman.

La passion du narrateur pour les seins m’a faite sourire, moins quand il s’imagine glisser sa main dans chaque entrejambe féminin. Voir est une chose, imaginer agir en est une autre.

Un livre aux goûts d’automne et de début d’hiver.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat dont la chute du toit lui sera fatale.

Une citation :

Quand je suis au milieu des forêts, au bord des rivières, dans l’or des collines, je ne suis jamais seul. Je pense aux yeux affûtés des renards, à la fouine au jabot de neige, aux implacables mâchoires du brochet, à toutes ces proies et ces prédateurs, cet équilibre, cet éclaboussement de vie. Nous avons inventé l’injustice et la haine, construit de splendides palais que personne n’habite et qui appellent le sang. (p.147)

Gallimard, 11 février 2016, 160 pages

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