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La République des faibles – Gwenaël BULTEAU

Le 1er janvier 1898, un chiffonnier découvre le corps d’un enfant sur les pentes de la Croix Rousse. Très vite, on identifie un gamin des quartiers populaires que ses parents recherchaient depuis plusieurs semaines en vain.

Le commissaire Jules Soubielle est chargé de l’enquête dans ce Lyon soumis à de fortes tensions à la veille des élections. S’élèvent les voix d’un nationalisme déchaîné, d’un antisémitisme exacerbé par l’affaire Dreyfus et d’un socialisme naissant.

Dans le bruissement confus de cette fin de siècle, il faudra à la police pénétrer dans l’intimité de ces ouvriers et petits commerçants, entendre la voix de leurs femmes et de leurs enfants pour révéler les failles de cette République qui clame pourtant qu’elle est là pour défendre les faibles.

Ce rom pol historique m’a plongé en plein 19e siècle à la fois dans les classes populaires besogneuses et dans celle de la nouvelle bourgeoisie qui tente de se hisser au-dessus de son milieu.

Il y a plusieurs policiers, et il faut bien suivre qui s’occupe de quelle affaire : le garçon retrouvé mort ; la famille du dessus étrange ; la petite Esther au joli visage prostituée par ses parents ; le meurtre d’un des policiers qui menait une double vie.

J’ai aimé la toile de fond : l’affaire Dreyfus, ou plutôt l’acquittement d’Esterhazy que tout le monde attend. Et l’auteur nous rend sensible le coup de tonnerre de l’article d’Emile Zola J’accuse.

La guerre contre la Prusse est encore dans toutes les mémoires, et certains anciens combattants l’ont mauvaise.

J’ai eu de la peine pour Marie-Thérèse, la femme de Soubielle qui, voulant aider sa bien étrange voisine, se met en danger.

Un roman sur la place des femmes portant leurs enfants, sur la question de la paternité reconnue ou pas, mais également sur le déni de grossesse.

Un bémol : certaines expressions m’ont paru bien moderne pour un récit se déroulant au 19e siècle.

L’image que je retiendrai :

Celle de Petit Paul, l’un des enfant de la mystérieuse voisine, turbulent mais attachant.

La manufacture de livres, 4 février 2021, 368 pages

Je remercie ma libraire préférée pour cette lecture

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