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Le chant des revenants – Jesmyn WARD

C’est LE roman américain du moment. Songez : l’auteure a reçu son second National Book Award avec ce titre.

Comme je n’avais pas lu le premier à qui le prix a été décerné, je me jette sur celui-ci.

Ca commence sur les chapeaux de roues avec un égorgement de chèvre pour l’anniversaire de Jojo, 13 ans.

La petite Kayla, 3 ans, dors encore par terre, et la grand-mère se repose dans son lit, souffrant d’un cancer en phase terminale.

C’est Jojo qui nous raconte cette matinée particulière. Puis sa mère, Leonie, raconte à son tour. C’est donc un roman choral.

Le père de Jojo et Kayla doit sortir de prison et Leonie embarque ses enfants et sa copine Misty en voiture pour aller le chercher de l’autre côté de l’état.

On comprend que Leonie n’a que faire de ses enfants, cherchant seulement avec Misty du crack pour se défoncer.

Au fil des pages, Leonie nous dévoile son amour inconditionnel pour Mickael, un blanc dont le cousin a tué son frère, et dont le père ne veut pas entendre parler de Leonie, une jeune femme noire.

Si j’ai aimé découvrir avec effarement la vie de Jojo qui s’occupe seul de sa petite soeur, la protégeant de sa mère, j’ai été plus circonspecte devant le style de l’auteure.

Des phrases fluides, et puis tout à coup, une virgule mal placée qui rompt le rythme. Sans parler des coquilles qui rendent à deux reprises le texte incompréhensible.

Certes, il est question de revenants, ou plutôt, d’âmes qui n’ont pas trouvé le chemin de l’apaisement. Mais j’ai eu l’impression qu’elles étaient là comme en surplus, divisant un peu plus encore cette famille qui n’en a que le nom.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été enthousiasmée par ma lecture. Je m’attendais à un roman aussi fort que ceux de Tony Morrison (le Sud, les esprits), d’où ma déception.

Cela reste néanmoins intéressant du point de vue de la génération de Leonie qui avale du crack comme nous respirons. Triste constat.

L’image que je retiendrai :

J’ai trouvé ce roman plein de couleurs, avec une prédominance de la couleur jaune.

Une citation :

Mamy déclarant à Jojo à propos de sa mère : – Elle ne te nourrira jamais. (p.224)

Belfond, 7 février 2019, 272 pages

Saxaoul est comme moins dubitative devant le style, Cathulu est plus enthousiaste

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