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Le train des enfants – Viola ARDONE

Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d’autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.

Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie.

L’enfant se retrouve déchiré entre l’amour maternel qui s’exprime bien mal, et sa famille d’adoption au grand coeur.

J’ai aimé Amerigo, que l’on suit avant son départ : la petite pièce où il loge avec sa mère dans le même lit ; son copain Tommasino avec qui il fait les 400 coups ; le trafic de l’amant de sa mère Forte-Tête ; son grand frère décédé à l’âge de 4 ans.

J’ai aimé découvrir avec ses yeux d’enfant cet épique voyage. Amerigo ne comprend pas grand chose sur ce trajet : lui et les autres enfants vont-ils resté longtemps dans le Nord ? Ne les envoie-t-on pas en Russie se faire couper les mains et cuire dans un four ?

J’ai aimé la découverte de la neige par ces enfants du sud : est-ce de la ricotta qui tombe du ciel ?

J’ai eu de la peine pour la maman d’Amerigo qui ne sait pas exprimer son amour pour son fils, uniquement concentré sur le prochain repas à préparer.

L’auteure a réussi à me faire vivre le déchirement du petit garçon entre ses deux mamans.

Une citation :

Personne ne naît avec la science en infusion, déclare souvent Amerigo.

L’image que je retiendrai :

Celle des points attribuées à chaque paire de chaussures que croise Amerigo selon son état. Dans le Nord, le jeu perd de son attrait car tout le monde a de bonnes chaussures.

Albin Michel, 6 janvier 2021, 304 pages

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