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L’eau rouge – Jurica PAVICIC

En ouvrant ce roman, je ne savais pas situer la Dalmatie sur une carte. Le roman se déroule dans le village de bord de mer de Misto, pas loin de Split (là, le nom de la ville me dit quelque chose).

J’ai donc découvert cette partie de l’ancienne Yougoslavie, agréable petit port de pêche sur la côte méditerranéenne, où poussent palmiers et oliviers.

Mais un jour de septembre 1989, Silva Vela, jeune fille de 17 ans, disparait.

Nous suivons alors tour à tour son père, sa mère et son frère jumeau, mais aussi l’enquêteur puis son remplaçant ; quelques voisins dont l’amoureux de Silva. Et nous les suivons jusqu’en 2017, date à laquelle le mystère est éclairci.

Entre temps, la Yougoslavie n’est plus, les parents ont divorcé, des élèves du lycée de Silva sont morts à la guerre, son frère s’est marié…

J’ai aimé, à travers quelques dates, découvrir l’histoire de la Yougoslavie depuis la chute du mur de Berlin. Car pour moi, mis à part les images de guerre en hiver, ce pays sous le joug de Tito ne rimait pas avec plages et longs étés.

Le style est très factuel et ne s’embarrasse pas de fioritures, mais mon attachement aux personnages a fait que je voulais savoir si le fin mot de l’histoire me serait révélé.

J’ai aimé ces personnages du petit port de pêche, que la grande ville ne tente pas, que la guerre épargne même si elle leur a pris quelques rares enfants.

J’ai eu de la peine pour le frère qui ne cesse de chercher sa soeur, même à l’autre bout du monde, délaissant sa propre famille.

L’auteure nous donne à voir une région vivante, bien que grignotée par le progrès et la modernité.

Ce roman a reçu deux prix dans son pays, gage de sa qualité.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’autoroute yougoslave qui longe le littoral appelée la Magistrale.

Agullo, 11 mars 23021, 358 pages

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