Auteurs en V

Les enfants sont rois – Delphine de VIGAN

Si j’avais beaucoup aimé les premiers romans de l’auteure, je dois avouer que ces dernières années, elle m’avait beaucoup moins convaincue. Mais son dernier livre est accueilli de façon élogieuse, je me décide donc à le lire.

L’auteure frappe fort, car Mélanie est une mère que je n’oublierai pas. Sa fille Kimmy non plus, dont la colère déplacerait des montagnes. Les personnages masculins sont plus en retrait, plus passif (comme le père et le grand frère Sammy).

Elle m’a estomaquée, cette mère qui cherche à tout prix la notoriété. Ne pouvant la trouver dans la télé-réalité, Internet devient sa bouée de sauvetage, et pour finir, le but de sa vie.

Et heureusement qu’elle a YouTube et Instagram pour vivre, sinon, elle aurait été engloutie par le vide de son existence.

Dommage collatéral : ses enfants.

J’ai aimé que l’auteure croise les regards sur ce monde impitoyable des youtubeurs, qui peut rapporter gros, mais à quel prix.

J’ai aimé Clara l’enquêtrice, dont les deux parents hussards de la République l’on élevée loin de la télévision, et qui cherche à comprendre cette femme.

J’ai aimé être propulsée en 2031, lorsque les enfants sont majeurs, et que la technologie a fait des progrès. Des progrès, vraiment ?

Quelques citations :

Les fondamentaux ont été adoptés une bonne fois pour toutes : je suis youtubeur donc je suis heureux.

La consommation est au coeur de la plupart des scénarios. Acheter, déballer, manger sont les pincipales activités des enfants.

Toutes ces vidéos obéissent au même ressort dramaturgique : la satisfaction immédiate du désir. Kimmy et Sammy vivent le rêve de tous les enfants : acheter tout, tout de suite.

Les envoyés-sur-place-en-direct-du-Grand-Rien étaient à l’oeuvre.

« Tant qu’elles ne regardent pas du porno, tu sais, on se dit que tout va bien. On n’a pas pensé une seconde à la quantité de pubs qu’elle se sont bouffé l’air de ne pas y toucher… »

La gaieté outrancière du ton, la multiplication des jeux stupides et parfois avilissants, l’adhésion sans réserve et sans discernement à la consommation ou à l’acte d’achat, la malbouffe accueilli avec extase, les mêmes phrases répétées jusqu’à la nausée…

L’image que je retiendrai :

Celle du studio acheté à côté de l’appartement pour filmer et monter les vidéos.

Lu sur Liselotte

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