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Les Mangeurs de nuit – Marie CHARREL

Je savais que les japonais émigrés aux Etats-Unis avaient été parqués le temps de la seconde guerre mondiale, j’ignorais qu’il en fut de même au Canada.

J’ai eu de la peine pour Aika, jeune japonaise qui débarque au Canada pour se marier avec un homme qu’elle ne connait pas. Le bateau qui la transporte est rempli de ces femmes. Mais j’ai aimé son courage tout au long de sa vie.

J’ai aimé son amie de voyage Kiyoko, une femme pragmatique qui ne souhaite pas vraiment se marier mais plutôt devenir indépendante dans ce nouveau pays.

J’ai aimé sa fille Hannah, bilingue et avide des histoires de son père qui lui raconte les légendes japonaises.

Je suis restée un peu plus distante de Jack, le creekwalker solitaire dont la mère adoptive appartient à la nation autochtone tsimshian.

J’ai appris que les immigrés de la première génération étaient appelés les Issey, et la seconde les Nissey.

J’ai aimé découvrir l’écosystème du saumon en Colombie-Britannique : les ours et les loups s’en repaissent, mais aussi les mousses des rives et les herbes qui absorbent les minéraux des carcasses, les mammifères se nourrissent des herbes, ainsi que les insectes.

J’ai découvert l’AEL : l’asiatic exclusion league qui pourchassait les japonais et les terrorisait. Mais j’ai aimé que certains personnages se rebiffent et fassent croire que l’armée du Japon, s’était eux.

J’ai aimé les contes et légendes, notamment celle de l’ours blanc, racontées dans ce roman en plus du récit initial.

Quelques citations :

Le désir des hommes est insatiables, et nous avons du pouvoir sur eux. Voilà pourquoi j’ai ouvert un bordel plutôt qu’un restaurant : j’y gagne beaucoup plus d’agent. Ici, j’ai du pouvoir. (p.103)….

l’obscurité ne tuait pas la lumière. Elle la révélait. Les souffrances et les deuils, les blessures que lui infligeaient la vie, ses propres faiblesses et échecs ne rendaient que plus intenses et précieuses encore l’étincelle qui brûlait en lui. (p.109)

Pourquoi tu penses que les Japonais réussissent si bien dans le commerce ? Pas parce qu’ils sont plus doués avec l’argent, loin de là, mais grâce aux femmes qui, dans les arrières-boutiques, tiennent les compte et gèrent les relations avec les fournisseurs. (p.118)

L’image que je retiendrai :

Celle du père de Hannah lui racontant la légende des mangeurs de nuit qui donne son titre au roman.

L’Observatoire, 4 janvier 2023, 295 pages

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