Auteurs en D

Six pieds sur terre – Antoine DOLE (RL 2021)

Sans le savoir, Camille et Jérémy marchent l’un vers l’autre depuis leur naissance. Devenus adultes, ils s’aiment sans parvenir à être heureux ensemble, Jérémy s’efforçant de cacher à Camille les ombres qui le hantent.

Le jour où Camille lui confie le désir de porter leur enfant, Jérémy ne parvient plus à tenir debout face aux possibles sur le point de s’écrire.

La perspective de devenir père convoque lentement toutes les morts, car comment donner la vie quand on peine soi-même à trouver sa place parmi les vivants ?

J’ai aimé suivre Camille et Jérémy depuis leur naissance ou presque : enfant, à 15 ans puis plus tard.

J’ai été intriguée par cette tâche au plafond qui ne cesse de grandir.

L’histoire de Jérémy m’a parlé, même si la mienne n’est pas totalement identique.

Une lecture qui m’a mis des poisson d’eau dans les yeux et m’a un peu permis d’y voir plus claire.

Des citations :

Il a ce pouvoir, à force de nuits de larmes et de désespoir ami, de plonger dans les ténèbres et de savoir en ressortir. (p.189)

On se faufile. On évite. On esquive. Oui, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. On fait avec les autres, le mal qu’ils nous font, la peine qu’ils nous infligent, leur souvenir en nous. On garde leurs empreintes. Un jour ils font partie de nous. On n’en souffre plus. Ce n’est pas facile, ça ne le sera jamais. Mais ça vaut tout ce mal qu’on se donne. Se sentir plus vivant que mort. On mesure l’un et l’autre : cette part de ténèbres en nous et ce qui la soulage. Jusqu’à une certitude. Une infime et intime vérité qui transperce le voile obscur. La force qui traverse ce monde. L’énergie qui l’emporte, le secoue, le bouscule et l’agite. Et soudain le calme qui l’éclaire. (…) Et sans l’avoir vraiment voulu, sans y avoir pensé, sans savoir comment, on se teint debout, la main dans quelque chose de plus grand que sa douleur. (p.251-252)

C’est dingue ce qu’une brèche peut infliger de dommages et d’avaries. Jusqu’à ce qu’on la trouve, qu’on la nomme, qu’on fasse le nécessaire. (p.254)

L’image que je retiendrai :

Celle de Camille toujours présente avec Jérémy, quelque soit ses rebuffades.

Robert Laffont, 26 août 2021, 252 pages

28 commentaires

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :